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  • Les professeurs appellent à la grève ce 19 mai

    Les professeurs appellent à la grève ce 19 mai

    Les syndicats de professeurs du réseau de l’AEFE, appellent à la grève générale le jeudi 19 mai, face au manque de considération de l’Agence.

    Le 1er mars dernier, lorsque nous publiions L’AEFE sonne le glas des faux-résidents, les syndicats de professeurs se disaient déjà très inquiets pour la rentrée de septembre, pour deux raisons. D’un côté, ils présageaient une chute du nombre de postulants à cause de la disparition des résidents à recrutement différé (RDD), dits les faux-résidents. D’un autre, ils se doutaient que la rédaction d’un nouveau décret par les 3 autorités de tutelle, l’AEFE, le ministère de l’Éducation nationale et le Quai d’Orsay, allait être compliquée. Ils avaient raison sur les deux plans. Face aux désaccords croissants entre les différentes parties prenantes, les syndicats en appellent à la grève le jeudi 19 mai. 

    Inauguration du nouveau Lycée français de Shanghai en 2016 ©AEFE

    Le problème de recrutement 

    A trois mois et demi de la rentrée de septembre, il reste plus de 300 postes à pourvoir à travers le réseau d’établissements français à l’étranger, avec en plus de grosses disparités géographiques. Ainsi d’après Adrien Guinemer, conseiller national UNSA éducation, l’Afrique subsaharienne et l’Amérique latine sont les régions particulièrement touchées par le manque d’enseignants. 

    Durant plus de vingt ans, l’AEFE est parvenue à affecter tous les postes de professeurs détachés (résidents) grâce aux RDD. Le mécanisme est subtil : comme ces professeurs ne justifiaient pas d’un rapprochement de conjoint ou d’une installation sur place depuis plus de trois mois, ils passaient leur premier trimestre en contrat local, avant de devenir résidents, c’est à dire détaché depuis la France. Première conséquence, ils n’avaient pas droit aux avantages et acquis sociaux telle que la cotisation au système français de retraite durant ce laps de temps. Un système loin d ‘être parfait mais qui permettait à l’Agence d’assurer tous les postes, et aux enseignants de pouvoir partir quand ils le souhaitaient à l’autre bout du monde. Finalement, un win-win ! 

    Seulement, en février dernier, l’AEFE a mis un terme à ce procédé à cause d’un passage au tribunal de Nantes avec une ancienne “fausse résidente”. L’affaire a poussé le tribunal à statuer contre l’astuce de procédure.  Conséquence pour la rentrée 2022, 50% des places ne sont toujours pas pourvues pour septembre. 

    Afin de disposer d’équipes pédagogiques au complet, l’Agence a ainsi demandé aux établissements de recruter du personnel, uniquement, en contrat de droit local. Or, les contractuels sont particulièrement précaires car ils n’ont droit à aucun avancement, et ne peuvent cotiser, directement via leur salaire, à la caisse de retraite française. Ainsi, il est quasiment toujours plus intéressant d’être détaché que contractuel, hormis dans des pays comme la Suisse ou le Luxembourg où le droit local est plus généreux que le droit français.  

    Mercredi 11 mai, Olivier Brochet, le directeur général de l’AEFE, a émis un courrier à l’adresse des fonctionnaires des établissements français à l’étranger, leur demandant donc de recruter seulement des professeurs en contrat de droit local pour septembre. Face à cette demande, les syndicats de professeurs sont indignés, car ils voient le nombre de postes de résidents se réduire drastiquement. Il s’agit de l’une des raisons pour lesquelles ils appellent à la grève le jeudi 19 mai. 

    La difficulté de rédiger un nouveau décret 

    Depuis que l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger a décidé de mettre un terme aux RDD, elle a sollicité un nouveau décret à ses ministères de tutelle. L’Éducation nationale, les Affaires étrangères, la direction de l’AEFE et les syndicats représentant les personnels doivent donc trouver une entente… mais les échanges sont parfois houleux. 

    “Je suis furieux car c’est n’importe quoi !” s’exclame Patrick Soldat, membre du SNES-FSU, quant au déroulé des comités techniques visant à établir le nouveau décret qui encadrera les contrats de professeurs.
    En effet, si les syndicats de professeurs souhaitent profiter de la rédaction de celui-ci, pour aligner les avantages sociaux sur ceux de leurs collègues en France, les partis en face ne l’entendent pas de la même oreille. D’après Jérôme Nassoy, ils étaient parvenus lors des premiers comités à obtenir quelques avancées, qui ont par la suite été supprimées. Pour exemple, les indemnités statutaires que les professeurs du premier degré perçoivent en France lorsqu’ils sont en congé maladie, mais pas à l’étranger. Dans le projet initial, les syndicats étaient parvenus à faire changer cette inégalité, avant que le ministère de l’Éducation nationale ne revienne dessus. 

    Mais plus inquiétant encore, les deux ministères et l’AEFE, souhaitent également revenir sur des acquis sociaux historiques. Ils veulent, effectivement, sonner le glas de la Commission consultative paritaire locale (CCPL). Elle est une assemblée d’élus du personnel qui est consultée pour les “questions d’ordre individuel concernant les personnels contractuels”, selon le site du gouvernement. Elle permet donc la bonne transparence des procédures, et le respect des droits des employés. Or, le gouvernement souhaite y mettre un terme. 

    Pour les syndicalistes, c’est la goutte de trop. “Les quelques avancées que nous avions obtenues tombent à l’eau, mais en plus le ministère revient en arrière sur des points fondamentaux. C’est pourquoi la grève initiée par le FSU est rejointe par l’UNSA et le SGEN CFDT”, explique Jérôme Nassoy. Face à ces multiples problèmes, l’AEFE nous a déclaré “ne pas avoir de commentaire à faire sur la situation actuelle”

    Pour l’heure, plusieurs établissements se mobilisent pour participer à la grève, dont le Lycée franco-hellénique d’Athènes, déjà touché par une double imposition dont la bonne issue aura mis plus de 2 ans à être trouvée.

  • +16 points de cotisation retraite pour les fonctionnaires détachés depuis le 1 mai 2022

    +16 points de cotisation retraite pour les fonctionnaires détachés depuis le 1 mai 2022

    Le gouvernement a publié, discrètement, un décret modifiant le taux de cotisation à l’assurance retraite des fonctionnaires détachés à l’étranger depuis le 01 mai 2022. La ponction sur le salaire brut passe ainsi de 11% à 27%, soit un gap de 16 points. Une mesure qui ne semble pas prendre en compte les promesses d’actions pour le pouvoir d’achat des Français faites par Emmanuel Macron et les candidats à la députation.

    Un taux fixé par décret

    D’après l’article 87 du code des pensions civiles et militaires de retraite, les fonctionnaires, les militaires ou les magistrats détachés dans une administration ou un organisme implanté sur le territoire d’un Etat étranger ou auprès d’un organisme international peuvent demander, même s’ils sont affiliés au régime de retraite dont relève l’emploi ou la fonction de détachement, à être affiliés et à cotiser au régime de retraite régi par ce code au titre de cet emploi ou de cette fonction, dans les conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.

    L’assiette de la cotisation dûe par l’agent au titre de cette option est constituée par le traitement ou la solde afférent au grade et à l’échelon détenu par cet agent dans l’administration dont il est détaché. Le taux de cette cotisation est fixé par décret.

    Un taux relevé de 16 points

    C’est dans ce cadre qu’un décret du 26 avril fixe le taux de la cotisation des fonctionnaires de la fonction publique de l’Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière, ainsi que des magistrats et militaires détachés dans une administration ou un organisme implanté sur le territoire d’un Etat étranger ou auprès d’un organisme international ayant opté pour l’affiliation volontaire à leur régime spécial de retraite.

    Le taux de la cotisation mentionnée au deuxième alinéa de l’article L. 87 du code des pensions civiles et militaires de retraite est égal à 27,77 %.

    Par dérogation, le taux de la cotisation dû par le fonctionnaire, magistrat ou militaire dont le détachement a été prononcé ou renouvelé avant le 1er mai 2022 est fixé à 11,10 % pour toute la durée de ce détachement.

    Lorsque le détachement en cours au 30 avril 2022 est renouvelé, le taux de 27,77 % s’applique pendant toute la durée de ce renouvellement.

    Des réactions vives à quelques jours du premier tour

    Révélée par Lesfrancais.press lors de l’enregistrement d’un podcast avec les leaders de la Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale (NUPES), ce vendredi 13 mai, la nouvelle a circulé comme une trainée de poudre. A quelques jours de l’ouverture de l’urne électronique (le 27 mai), les candidats, qui challengent les députés sortants de la majorité présidentielle, n’ont pas manqué de dénoncer cette nouvelle disposition sur les réseaux sociaux.

    Mais ils ne furent pas les seuls, la société civile est aussi venue au secours des fonctionnaires. Surtout que cette augmentation va toucher aussi ceux qui travaillent dans des agences ou institutions partenaires comme les professeurs détachés auprès de l’AEFE, comme le souligne le Président de la Fédération des associations de parents d’élèves, la FAPEE, François Normant.

    Cette décision, prise avec peu de transparence, risque de pénaliser fortement les candidats d’Ensemble (Renaissance/ExLREM et ses alliés). Les fonctionnaires sont désormais prévenus, le prochain mandat commence par la promesse de réduire leur pouvoir d’achat, maintenant en cas d’arrivée ou de renouvellement ou à la fin de leur actuelle période de détachement.

  • Mariés avec le crime

    Mariés avec le crime

    Le procureur paraguayen de lutte contre la drogue, Marcelo Pecci, a été tué alors qu’il était en voyage de noces en Colombie. Des tueurs venus en jet ski l’ont abattu sur la plage. Les polices de Colombie, du Paraguay et des États-Unis coopèrent sur ce crime. Gangs, mafias et cartels le font depuis longtemps, et mieux. 

    La criminalité organisée représente une véritable puissance dans les affaires mondiales. Son chiffre d’affaires était estimé en 2016, par l’ONUDC, à 880 milliards de dollars, aujourd’hui à plus de 1500 milliards de dollars. Certains disent 2000, comment savoir ? Le marché de la drogue à lui seul est évalué à 1000 milliards de dollars. Le trafic d’êtres humains (migrations, proxénétisme), 150 milliards. Les exploitations illégales (pétrole, mines, diamant, or, espèces rares) : 260 milliards. Rackets, trafic des déchets, d’armes : 55 milliards. Cybercriminalité : une inconnue à 20 milliards ou 400 milliards ? Chiffres incertains, d’autant que beaucoup d’activités naviguent dans des zones grises, entre le légal et l’illégal. Tout l’argent des trafics n’est pas blanchi, seul celui qui est réinvesti l’est.

    L’organisation mafieuse infiltre la sphère légale, elle ne se contente pas de contrôler des marchés interdits (drogue, armes, traite), ni d’agir par la violence contre la loi (vols, prostitution, racket) ou ses concurrents, elle achète ou contraint les intermédiaires qui deviennent complices permanents : justice, police, gouvernement, banques et entreprises. 

    Au Paraguay une ville nouvelle, Ciudad el Este, aux frontières du Brésil et d’Argentine, la plus grande zone franche d’Amérique, accueille toutes les organisations criminelles, des Triades chinoises au Primeiro Comando de la Capital (PCC) brésilien. Marcelo Pecci avait enquêté sur l’exportation de la drogue colombienne via le Paraguay pour l’Europe : l’affaire « Ultranza Py », 250 millions de dollars, concernait beaucoup d’autorités.

    Sans narcopolitique, un Etat a du mal à devenir un narco-État. 

    En Colombie, une grève nationale « armée » a été décrétée par le Cartel du Golfe, après l’extradition de son chef, Otoniel, aux États-Unis. Au Mexique, le fils d’El Chapo Guzman a dû être libéré, après des émeutes et des assassinats.  Le Président López Obrador considère qu’il vaut mieux faire la paix que la guerre avec les cartels. Beaucoup de membres de son parti (Morena) sont accusés de faire leur jeu, c’était déjà le cas des autres partis. Le ministre de la sécurité du Président Calderon (PAN), Gennaro Garcia Luma, ex-tsar anti drogue, protégeait le Cartel de Sinaloa. L’ex-ministre de la défense du Président Pena Nieto (PRI), le général Cienfuegos, arrêté pour des liens avec un cartel concurrent, a été libéré. En Equateur, le Président a décrété l’état d’urgence dans trois provinces victimes de la guerre entre groupes révolutionnaires qui contrôlent la route de la drogue colombienne vers le Mexique. Au Honduras le président Juan Orlando Fernandez, à peine sorti de charge, a été extradé vers les États-Unis pour narcotrafic. Son chef de la police aussi. Sans narcopolitique, un Etat a du mal à devenir un narco-Etat. Rien de mieux que la police ou l’armée pour orienter le trafic en faveur de tel ou tel. Au Venezuela le régime de Maduro est considéré comme une passerelle du trafic de cocaïne par la DEA.

    La criminalité organisée ne concernerait-t-elle que des états en faillite ou les pays pauvres ?

    Mais ce serait une erreur de croire que la criminalité organisée n’a d’influence dans la politique qu’en Amérique latine. En Afrique, les groupes dits terroristes, qui sont ceux de seigneurs de guerre, assurent le trafic de drogue, d’armes, de personnes. La criminalité prospère sur les zones de guerres (Sahel, Erythrée, Soudan) dans des Etats plus ou moins faillis. Les Talibans se sont nourris du trafic d’opium, mais le clan Karzaï de l’ancien président, les services secrets du Pakistan n’y sont pas étrangers. 

    La criminalité organisée ne concernerait-t-elle que des états en faillite ou les pays pauvres ? Hong Kong, qui n’est pas pauvre, abrite les triades chinoises. Les Yakusas sont installés au Japon. L’Italie, pays riche, est le modèle de toutes les mafias. La N’drangheta calabraise aurait un chiffre d’affaires de 50 milliards de dollars par an et représenterait 80 % de l’introduction de la cocaïne en Europe, grâce à ses liens avec les producteurs colombiens, brésiliens… Elle est aussi liée aux Triades chinoises, notamment dans le nouveau marché de la cybercriminalité.

    L’internationale du crime organisé.

    Les mafias italiennes ont aussi accueilli à Milan la mafia nigériane, ancrée dans la politique du pays le plus peuplé d’Afrique. Rien ne peut vraiment échapper aux trois principales mafias nigérianes actives dans la prostitution, la drogue, les armes, le pétrole (elles taxeraient 20% de la production de pétrole nigérian), le gouvernement et même la religion.

    Le crime s’adapte à toutes les cultes : le nord protestant n’en est pas exempt. Un rapport de la justice néerlandaise décrit les Pays-Bas comme un « narco État ». Les ports d’Anvers (Belgique) et de Rotterdam sont les portes d’entrée de la drogue et autres trafics. Forts de leurs circuits de distribution, les Pays-Bas se spécialisent dans la fabrication de drogue de synthèse. 

    L’Europe, considérée pourtant comme le continent qui résiste le mieux à la criminalité, est gangrénée par l’internationale du crime organisé. Les mafias italiennes s’introduisent en France et en Allemagne, les quartiers nord de Marseille sont sous le contrôle des gangs nigérians. Serbie et Monténégro sont considérés comme des Etats dominés par le crime organisé. L’assassinat du premier ministre Zoran Dindic en fut le signe. Kosovo, Albanie, Géorgie, Russie exportent leur savoir-faire criminel.

    Selon « l’Indice mondial du crime organisé »,  l’Asie est considérée comme le continent le plus sévèrement touché par le crime. Les Etats du Triangle d’or, Birmanie, Thaïlande, Vietnam, composent avec les Triades chinoises. En Afghanistan, Pakistan, Iran, les routes de la drogue suivent armes et contrebandes. Les principaux marchés sont en Europe et aux États-Unis : certains membres des triades chinoises ont été arrêtés au Canada ou à Rome. 

    Les Etats-Unis, qui ont déclaré la guerre à la drogue dans les années 70, multiplient les accords avec les polices du monde. Pourtant, beaucoup considèrent cette guerre comme perdue, ou hypocrite. Voire un moyen de tenir des états faibles et dépendants. Quelles leçons peuvent donner les Etats-Unis et les Européens puisqu’ils sont incapables de contrôler la consommation et les réseaux de distribution sur leur sol ?

    Paradoxe : la lutte contre la drogue élimine les petits et renforce les gros.  

    L’échec est tel que le mouvement de légalisation des drogues « douces » s’amplifie, du Portugal à la Californie en passant par l’Uruguay. Le but étant de couper la ressource principale du crime organisé en contrôlant la vente, un peu comme le faisait l’Etat français avec le chanvre marocain de la Compagnie du Rif. Le problème est que les drogues douces gagnent de plus en plus en toxicité. 

    Le paradoxe est que la lutte contre la drogue, ou le renforcement des frontières, ne fait qu’éliminer les petits et durcir les gros. Les cartels se constituent en oligopoles, parce que le droit d’entrée sur le marché est très élevé. Plus on élève un mur, plus l’échelle est haute, plus l’organisation est puissante. 

    D’un côté, il y a donc les mafias qui prospèrent sur la misère, grâce aux faillites des Etats. De l’autre celles qui éliminent leurs concurrents grâce aux barrières érigées par les Etats. Les meilleurs sont celles qui font des Etats leur complice. Mais la complicité peut être lointaine. 

    Le blanchiment peut-il se faire sans des Etats honorablement connus pour être le coffre des voyous ? Luxembourg, Suisse, Delaware, Iles Vierges, Panama, Dubaï, Singapour, et bien d’autres ont longtemps facilité la constitution de sociétés écran et le blanchiment. Malgré les mises à jour des règlementations américaines et européennes, serait-il imaginable qu’ils continuent ? Si l’on peut tenter de mettre au ban la Russie, peut-on l’oser pour quelques pays blanchisseurs des milliards du crime organisé ?

    Les Etats les plus résistants face au crime sont les Etats démocratiques et non les Etats « forts ».

    Le Conseil de l’Europe, l’ONUDC, l’OCDE, Europol et Eurojust recommandent des législations afin d’unifier le droit pénal et faciliter la coopération. Pour l’instant, les Etats les plus résistants face au crime sont les Etats démocratiques et non les Etats « forts ». Ces derniers font de la police – ou de l’armée – un Etat dans l’Etat, hors contrôle, apte à se vendre. Les Etats autocrates sont compréhensifs avec le crime, l’utilisent ou l’imitent. La corruption y festoie. Les démocraties, systèmes ouverts, sont plus transparentes. 

    Il leur reste à conforter leurs principes : lutte contre le blanchiment, adaptation des législations dans un cadre international. En Europe, une législation sur les organisations criminelles est urgente. La loi italienne est la seule qui définit une mafia. Elle montre aussi qu’elle reste insuffisante. C’est dire si les autres pays européens paraissent fragiles, les Pays-Bas en sont la preuve. Il faut anticiper les défenses nationales européennes. Ce que l’on fait aux oligarques : la confiscation des biens pour appartenance à un réseau-, ne peut-on le faire à ceux qui sont mariés avec le crime ?

    La veuve de Marcelo Pecci serait surprise de l’apprendre, comme 80% de la population mondiale qui vit dans un Etat où le taux de criminalité est élevé. Voici un chantier digne de l’Europe- elle seule peut le faire, en commençant par nettoyer chez elle. Qu’est-ce que l’état de droit quand le crime organisé règne sur des territoires, des banques, des entreprises, des gouvernements ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati 

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Stéphane Vojetta, le député-candidat enraciné dans sa circonscription

    Stéphane Vojetta, le député-candidat enraciné dans sa circonscription

    On reçoit dans ce podcast Stéphane Vojetta, le député sortant pour la Vème circonscription des Français établis hors de France. Inscrit au groupe de la majorité présidentielle, il est candidat à sa succession malgré le parachutage par son parti Renaissance (ex LREM) de l’ancien Premier ministre socialiste, Manuel Valls.

    Une procédure d’investiture très médiatisée

    Tout commence au cours de l’été 2021 : Samantha Cazebonne, la députée de la circonscription, incluant l’Espagne, le Portugal ainsi qu’Andorre et Monaco, poussée par la direction de LREM, annonce se présenter à l’élection sénatoriale qui eut lieu en septembre 2021. 1ère de la liste proposée par la majorité présidentielle, elle sera la seule élue par les conseillers des Français de l’étranger. Logiquement, elle abandonne son siège à son suppléant Stéphane Vojetta. Dès l’automne, les rumeurs ont commencé, annonçant Christophe Castaner et déjà Manuel Valls.

    Comme le raconte le député sortant, toutes ces rumeurs furent balayées d’un revers de main par la même Samantha Cazebonne et tous les membres de la direction de la République en Marche (parti désormais renommé Renaissance). Stéphane Vojetta était invité à se concentrer sur la campagne présidentielle. Fidèle et confiant envers son parti, il participa activement au succès d’Emmanuel Macron. Jusqu’au soir du second tour, depuis Madrid, où il s’impliqua à chaque étape, de la distribution de prospectus au suivi du déroulé du vote, Stéphane Vojetta découvre, à la télévision, Manuels Valls dans le carré VIP auprès d’Emmanuel Macron. Sur place, notre équipe avait demandé à l’ancien Premier ministre une interview pour évoquer cette candidature annoncée, il nous avait répondu : « pas encore ».

    Ensuite, comme Stéphane Vojetta le décrit dans le podcast, les évènements se sont accélérés et comme nous tous, c’est par voie de presse que le député sortant apprenait qu’il n’était plus investi par son propre parti.

    Lâché par Paris, soutenu par la base

    Dans la seconde partie du podcast, on revient sur la déclaration de soutien à Manuel Valls de Samantha Cazebonne. Une rupture professionnelle qui a blessé son ancien suppléant, qui préfère, pudiquement, tourner la page.

    Communiqué du 11 mai 2022 de Samantha Cazebonne

    Stéphane Vojetta préfère donc se concentrer sur le terrain et la campagne. L’occasion pour lui de faire découvrir son projet, et pour cela il bénéficiera du soutien des sections locales du parti présidentiel. Un soutien mérité par un engagement, en effet avant d’être député, Stéphane Vojetta s’impliquait déjà au quotidien pour les expatriés de son secteur, en particulier auprès des plus jeunes, une présence qui avait été récompensée par une large élection comme conseiller consulaire (poste dont il démissionna lors de sa prise de fonction à l’Assemblée nationale).

    Nathalie Coggia

    Ce soutien sera plus qu’une bienveillance des sections locales. Nathalie Coggia, qui est la référente pour toute la péninsule ibérique et membre du comité exécutif national de La République En Marche (LREM, désormais rebaptisé Renaissance), a décidé d’accepter la place de suppléante auprès de Stéphane Vojetta. Un (gros) caillou dans la chaussure de Manuel Valls qui va devoir mener campagne sans relais local.

    Un road trip pour aller au plus proche des Français expatriés

    Fidèle à ses valeurs et à ses engagements, Stéphane Vojetta se veut un député de proximité. Pour sa campagne, il a donc décidé de mener un « road trip » en traversant le Portugal et l’Espagne pendant les quelques jours qui nous séparent du premier tour.

    Au plus près des Français de sa circonscription, Stéphane Vojetta partagera sa méthodologie et ses ambitions pour ses compatriotes installés dans ces 2 pays comme dans les 2 principautés. Cette tournée bénéficiera à chaque étape de la mobilisation des marcheurs qui dans leur très grande majorité ont décidé de le soutenir.

    Peu rancunier, Stéphane Vojetta réduit le choix de Manuel Valls à une simple erreur d’interprétation de la direction parisienne. Le député-sortant réaffirme ainsi dans le podcast son ancrage dans l’environnement d’Emmanuel Macron et nous indique que sa campagne sera menée sous le signe de l’unité.

    Ecoutez le podcast avec Stéphane Vojetta

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    Podcast liste
  • Retrait de la candidature de M’jid El Guerrab sur la IXème circonscription

    Retrait de la candidature de M’jid El Guerrab sur la IXème circonscription

    Le feuilleton des candidatures sur la circonscription d’Afrique du Nord et de l’Ouest se termine peut-être enfin !! Le député sortant M’jid El Guerrab a annoncé ce samedi 14 mai le retrait de sa candidature et appelle à voter pour Elisabeth Moreno, la ministre-candidate investie par Renaissance (ex LREM).

    Le choix du président Macron

    Le député sortant, M’jid El Guerrab, élu sous l’étiquette En Marche en 2017 a eu des heures difficiles depuis le prononcé de sa condamnation. Coups de téléphone, sms, se sont enchainés pendant 48h.

    Le député sortant, M’jid El Guerrab, élu sous l’étiquette « En Marche » en 2017 a eu des heures difficiles depuis le prononcé de sa condamnation. Coups de téléphone, sms, se sont enchainés pendant 48h. La pression est venue de tout en haut. L’ancien militant était devenu député par la volonté d’Emmanuel Macron en 2017. Son choix pour 2022, c’est Elizabeth Moreno. Le message a finalement était reçu ce samedi 14 mai.

    « En se retirant de la campagne électorale qui a déjà commencé, M’jid El Guerrab appelle tous ses concitoyens, qui ont la France au coeur, à voter massivement pour la candidate officielle de la majorité, Madame Elisabeth Moreno », ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes, peut-on lire dans son communiqué.« 

    Communiqué de presse du 14 mai de M’jid El Guerrab

    Une conférence de presse qui clôt une carrière

    C’est donc depuis Casablanca au Marco que M’jid El Guerrab a fait son annonce devant des journalistes issus principalement du Maroc. Mais les difficultés ne sont pas pour autant éloignées pour la majorité politique sur la très convoitée 9e circonscription des Français de l’étranger. Un entrepreneur réputé proche du couple Macron, Ahmed Eddarraz, a annoncé, lui, maintenir sa candidature malgré l’investiture de la ministre Elisabeth Moreno, qu’il ne juge « pas prête ».

    A rappeler que la 9ème circonscription est l’une des onze circonscriptions législatives des Français établis hors de France et regroupe les Français établis en Algérie, au Burkina Faso, au Cap-Vert, en Côte d’Ivoire, en Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Liberia, en Libye, au Mali, au Maroc, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal, au Sierra Leone et en Tunisie.

  • Le français, langue plurielle

    Le français, langue plurielle

    Lors du congrès des 120 ans de la MLF, le chercheur en sciences du langage, Koia Jean-Martial Kouamé, a tenu une conférence sur les évolutions et transformations du français dans l’espace francophone.

    Le français est la 5ème langue la plus parlée au monde. Particulièrement présente en Afrique (47%) et en Europe (44%), elle est en constante évolution.
    Lors du congrès des 120 ans de la Mission laïque française, le chercheur en sciences du langage Koia Jean-Martial Kouamé a tenu une conférence sur les évolutions de la langue de Molière à travers le globe.

    Une langue à plusieurs fonctions

    Lorsque le français se déplace, il revêt une ou plusieurs fonctions. Dans l’hexagone, il les rassemble toutes. D’un côté, il peut être la langue officielle ou co-officielle d’un pays. Il va donc être utilisé par les administrations et les institutions, comme au Liban. Il peut aussi être la langue des institutions scolaires, des médias ou bien encore être véhiculaire. C’est-à-dire qu’il est parlé entre deux personnes de nationalités différentes. Enfin, il peut être également utilisé dans le foyer familial. Cette dernière fonction est parfaitement illustrée par les familles françaises vivant à l’étranger, qui parlent français à la maison mais la langue locale à l’extérieur.

    Au travers de ces fonctions, notre langue subit, ou plutôt se nourrit, des transformations. Le chercheur nous explique qu’effectivement, si le français baigne dans un environnement culturel et linguistique différent, il entre ainsi en interaction avec d’autres langues ou dialectes. Par conséquence logique, il se transforme.

    Des échanges continuels

    “Et on dit premier gaou n’est pas gaou oh – C’est deuxième gaou qui est niata oh ah”. Si vous êtes fan de Magic System, vous aurez sûrement reconnu les paroles de “1er Gaou” du groupe ivoirien. Comme nous l’explique Koia Jean-Martial Kouamé, le vocable “gaou” vient du nouchi. Un dialecte né de la rencontre du français et de l’un des dialectes ivoiriens. Car si le français influe sur les langues locales, l’inverse est tout aussi vrai. De cette manière, naissent des troisièmes langues, dites hybrides, et souvent inventées par les jeunes générations.
    Par ailleurs, la création d’un troisième idiome est la conséquence forcée de la rencontre de deux langues. C’est le cas des habitants qui baignent dans un milieu plurilinguistique qui

    peuvent également mélanger les codes langagiers. Prendre la syntaxe de leur langue maternelle et l’utiliser lorsqu’ils parlent français. Il s’agit d’un phénomène particulièrement observé par les professeurs des établissements français à l’étranger.

    Congrès des 120 ans de la Mission laïque française

    Faire évoluer l’approche enseignante du français à l’étranger

    “Si j’ai une migraine, je dirai en français “j’ai mal à la tête”. Mais dans toute l’Afrique subsaharienne, nous entendrons “ma tête me fait mal”. Car dans les langues premières c’est comme ça que ça se dit.”

    Dans leurs classes, les enseignants ont majoritairement des élèves du pays. Ils ont grandi et évoluent avec leur langue locale aux structures grammaticales parfois très éloignées de la nôtre.
    De cette manière, lorsqu’ils apprennent la langue de Molière, ils peuvent commettre ce qui nous paraît être des impairs. Seulement, ça n’en sont pas pour eux étant donné qu’ils ont une autre logique linguistique et syntaxique. Le conférencier appelle donc les professeurs à s’interroger sur les origines de ces erreurs, et à ne pas réprimander leurs apprenants.

    Il explique qu’actuellement si beaucoup de recherches scientifiques sont faites sur les variations, elles ne sont pas suffisamment prises en compte dans l’enseignement. Grâce à la conférence au congrès de la MLF, Koia Jean-Martial Kouamé cherche à nous faire connaître ces variétés et donc à reconsidérer l’enseignement octroyé aux élèves. Ne pas être dans la punition où l’enfant est mis en échec, mais faire des recherches afin de comprendre et donc accompagner.

    Finalement, si ces “erreurs” syntaxiques peuvent nous paraître aberrantes et nous laisser penser qu’elles détruisent notre langue maternelle, il n’en est rien. Car la langue, comme ça l’a été en France, évolue et se nourrit des influences extérieures.

    Regardez la conférence avec Koia Jean-Martial Kouamé

  • TV5MONDEplus fait le Festival de Cannes

    TV5MONDEplus fait le Festival de Cannes

    Pour sa 75e édition, le Festival de Cannes reprend ses quartiers du 17 au 28 mai sur la Croisette. Après deux années perturbées par la pandémie, le premier évènement médiatique mondial réunira acteurs et réalisateurs de renom, et révèlera les talents de demain du cinéma. Avec TV5MONDEplus, tout au long du mois de mai, vous aurez l’occasion de vous plonger dans des chefs d’œuvres présentés et primés à Cannes ces dernières années.

    On vous présente la sélection réalisée par les équipes de TV5MONDEplus, la seule plateforme mondiale, gratuite et francophone.

    6 films français pour vivre le cinéma

    Hope de Boris Lojkine

    Un film présenté en 2014 dans la sélection « Semaine de la critique » et qui a reçu le prix décerné par les auteurs et scénaristes.

    Synopsis : lors qu’il traverse le Sahara pour remonter vers l’Europe, Léonard, un jeune Camerounais, vient en aide à Hope, une Nigériane. Dans un monde hostile où chacun doit rester avec les siens, ils vont tenter d’avancer ensemble, et de s’aimer.

    https://www.youtube.com/watch?v=d43jIW_XikU
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    L’autre côté de la mer de Dominique Cabrera

    Un film présenté en 1997 dans la sélection « Quinzaine des réalisateurs ».

    Synopsis : Paris, été 1994. Georges Montero, petit patron pied-noir d’une conserverie d’olives, est resté en Algérie après l’Indépendance. Il arrive aujourd’hui pour la première fois en France, à l’occasion d’une opération de la cataracte, au moment où la guerre civile prend de l’ampleur dans son pays. Son ami Belka, émigré récent, le pousse à rester en France. Derrière le dos de Georges, il a manigancé la vente de sa conserverie à Oran. Tarek Timzert, son chirurgien (ophtalmologue dans un grand hôpital parisien), est un « beur » qui a coupé tous liens avec sa culture originelle. A travers la relation qui se noue entre le pied-noir d’un côté, et l’aveugle à ses racines de l’autre, Georges fera le chemin qui l’amènera à choisir entre rester en France ou bien rentrer le cœur libre, mais, à ses risques et périls, à Oran. Tarek, lui, verra plus clair…

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    La sentinelle d’Arnaud Desplechin

    Un film présenté en 1992 en compétition officielle au Festival de Cannes.

    Synopsis : Mathias Barillet a 25 ans. Il est fils de diplomate et poursuit des études de médecine légale. Mathias vit en Allemagne, où son père était en poste mais il a décidé de fuir l’ennui d’Aix-la-Chapelle pour venir s’installer à Paris. Dans le train qui le ramène vers sa patrie, Mathias rencontre lors d’un contrôle douanier un homme qui le menace, le couvre d’injures puis disparaît. Troublé, il découvre le lendemain dans ses bagages une tête humaine : tête réduite, à la manière de celles des Indiens Jivaros. Fasciné par ce fragment de dépouille humaine, il s’en sent responsable. A qui appartenait-elle ? Qui la lui a confiée ? Et pourquoi ?

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    Le candidat de Niels Arestrup

    Réalisé par Niels Arestrup, qui reçu le Grand Prix du Festival de Cannes en 2009, ce film fut présenté dans la « Quinzaine des réalisateurs » à Cannes en 2007.

    Synopsis : Après un résultat décevant au premier tour de l’élection présidentielle et à quelques jours du second, le candidat Michel Dedieu réunit ses conseillers dans sa demeure familiale afin de préparer le débat télévisé qui l’opposera à son adversaire, le président sortant. Mais la fatigue et la tension entraînent le départ de son épouse. Isolé, fragilisé, brusqué, Michel découvre peu à peu qu’il est manipulé et utilisé par son parti, prêt à le sacrifier pour sauver ses élites. Michel décide de se libérer de l’image où on a voulu l’enfermer et impose sa propre vue politique.

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    Violence des échanges en milieu tempéré de Jean-Marc Moutout

    Ce film, co-produit avec la Belgique, fut présenté en 2003 et est devenu depuis, selon les experts du milieu cinématographie, une oeuvre culte à ne pas manquer.

    Synopsis : À 25 ans, Philippe arrive de « province » pour intégrer à Paris un grand cabinet de consultants en entreprise. Le matin de son premier jour de travail, il rencontre Éva, jeune mère-célibataire dont il s’éprend. Après avoir réussi sa première mission, Philippe se voit confier une nouvelle responsabilité : sélectionner les employés jugés convenir à la nouvelle organisation d’une entreprise… et licencier les autres. Dès lors, Philippe doit se convaincre et convaincre Éva du bien fondé de sa tâche et faire face aux hommes et aux femmes dont il prépare le licenciement.

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    Vivant ! de Vincent Boujon

    Ce film documentaire fut présenté en 2015 en sélection officielle à Cannes.

    Synopsis : Réunir cinq gays séropositifs autour d’un premier saut en parachute et observer les liens qui se créent entre cet anxiogène pas dans le vide et leur expérience commune de la maladie. Sur un pitch pour le moins casse-gueule, très « leçon de vie allégorique », ce documentaire parvient peu à peu à faire oublier son dispositif. Il émeut car il sait regarder ses personnages en face, jamais de haut.

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  • Elisabeth Moreno sera la candidate de Renaissance en Afrique du Nord et de l’Ouest

    Elisabeth Moreno sera la candidate de Renaissance en Afrique du Nord et de l’Ouest

    Mise à jour le 14 mai à 18h

    Ce 12 mai, le député sortant, M’jid El Guerrab, a été condamné à Paris pour l’agression sur Boris Faure à un an de prison ferme et deux ans d’inéligibilité. Même si l’appel lui permettrait de se présenter au scrutin de juin, ça ne sera pas sous les couleurs de Renaissance (ex LREM) ou même d’un de ses alliés (il décida le 14 juin finalement de se retirer). En effet, la commission d’investiture a annoncé, le même jour en fin de soirée, la nomination d’Elisabeth Moreno, et non Zineb El Rhazoui qui était pourtant fortement pressentie depuis plusieurs semaines.

    Une ministre pour conserver la circonscription

    C’est donc Elisabeth Morano, la ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, qui tentera de séduire les électeurs de la circonscription d’Afrique du Nord et de l’Ouest.

    Carte de la IX ème circonscription ©Wikipedia

    Renaissance envoie donc l’artillerie lourde pour espérer conserver cette circonscription. La ministre, en plus de son brillant parcours professionnel, diplômée d’une maîtrise en droit des affaires obtenue à l’Université Paris-Est Créteil ainsi que d’un double Executive MBA de l’ESSEC et de la Mannheim Business School en Allemagne, complète sa formation à l’École Nationale de la Magistrature afin de devenir juge consulaire. Elle a l’avantage de détenir la double nationalité cap-verdienne, un pays faisant partie de la IXème circonscription. Mais pas question de vote communautaire pour Elisabeth Morano, Les Français sur place sont moins de 300 à être inscrits au registre consulaire.

    Première campagne pour Elisabeth Moreno

    le seul bémol c’est que la ministre ne s’était encore jamais présentée face à nos concitoyens. Cette première campagne ne sera pas de tout repos. Avec une douzaines de pays, la circonscription d’Afrique du Nord et de l’Ouest est vaste et rassemble plus de 117 000 Français d’horizons variés et aux besoins différents.

    Maghreb, Sahel, une circo à « problèmes » ?

    Au Maghreb, la gestion des retraites des binationaux pose problème. La situation est régulièrement dénoncée dans des rapports parlementaires ou des avis de la Cour des comptes, du fait d’une absence de traçabilité réelle des pensionnés qui ne manque pas d’étonner les sages.

    La situation des Français du Mali est aussi délicate alors que les relations entre les deux pays se sont crispées depuis 2 ans. Et les prochains mois seront encore plus difficiles avec un départ des troupes, déployées pour maintenir la sécurité, désormais inévitable alors que les intérêts économiques de notre nation y sont encore importants. Plus généralement, les Français dans les pays dits du Sahel sont actuellement dans le viseur de plusieurs factions, comme une réponse à notre politique étrangère sur la zone qui a échoué ces 5 dernières années.

    Elisabeth Moreno va devoir donc jongler entre la politique internationale, les problèmes liés aux certificats de vie et au paiement des pensions, et bien d’autres thèmes pour répondre aux attentes fortes et légitimes des Français de la IXème circonscription des Français établis hors de France. Et tout ça dans un délai très court, en effet les urnes électroniques seront ouvertes dès le 27 mai et le premier tour se conclura le 05 juin (soit 1 semaine avant la France). Pour rappel, le second tour aura lieu le 19 juin comme en France.

  • Relation avec les administrations, les ambitions des futurs députés des expatriés

    Relation avec les administrations, les ambitions des futurs députés des expatriés

    Les élections législatives sont un des piliers, avec l’élection présidentielle, de notre démocratie. En accord avec la séparation des pouvoirs, le corps législatif est élu au suffrage universel direct selon la règle du scrutin majoritaire à deux tours. Les futurs députés devront ensuite donner leur confiance à un Premier ministre (issu de la nouvelle majorité) qui aura pour charge de gouverner la France au quotidien. Dans un article du 10 mai, le site Lesfrancais.press a dévoilé les projets fiscaux des deux alliances qui sont en compétition pour obtenir la majorité. Aujourd’hui, on explore les ambitions des futurs députés des expatriés quant à la relation des Français établis hors de France et de leur administration consulaire.

    Illustrations de la nouvelle carte electorale QR code ©Ministère de l’intérieur 2022

    Renaissance : cap sur la dématérialisation

    Les candidats « Ensemble », alliance qui réunit Renaissance (ex LREM), Horizons (le parti d’Edouard Philippe), Agir et le Modem, vont porter pendant leur campagne les engagements pris par Emmanuel Macron dans son programme dédié aux expatriés.

    Dans le programme, on peut lire qu’il s’engage à simplifier le quotidien des Français de l’étranger. Il faut comprendre ici que le Président de la République a pris acte de la dégradation du service consulaire pendant son premier mandat. Délais d’attente délirants (parfois plusieurs mois), absence de service téléphonique, erreurs dans les convocations pour les élections, tentative de capter les fonds dédiés aux associations, les griefs des élus consulaires comme des citoyens se sont étalés sur les réseaux sociaux et dans les médias tout au long des 3 dernières années.

    Face à ce constat, la majorité présidentielle veut accélérer la mutation du réseau consulaire. Celle-ci aurait été bloquée par la pandémie qui a obligé de remettre les projets tout en imposant un service dégradé, pour les citoyens -on l’a vu plus haut, mais aussi pour les fonctionnaires qui se retrouvent entre les usagers et l’Etat qui a diminué ses moyens d’année en année.

    France Services Français de l’Étranger

    L’ambition des députés d’Ensemble sera donc de transformer les promesses en lois, enveloppes budgétaires et circulaires qui permettront de finir la transition. A la fin du mandat, la grande majorité des Français établis hors de France devraient donc, en cas de victoire, bénéficier de 2 nouveaux services.

    En premier lieur, le service de la plateforme France consulaire, actuellement en test en Europe, devrait être étendu à l’ensemble de la planète. Renommé France Services Français de l’Étranger, par souci de cohésion alors que l’Etat déploie en France actuellement des « maisons du service public », ce service permettra de joindre l’ensemble des services publics 7 jours sur 7 et 24h sur 24 à l’aide d’un numéro gratuit et local. Une vraie révolution à condition que les agents à Paris soient bien formés aux différentes problématiques, et qu’ils disposent d’une source de données mise à jour et prenant en compte la particularité de chaque pays.

    Commander son passeport en ligne

    En suivant cet axe de la dématérialisation, Emmanuel Macron et son futur gouvernement devrait généraliser la possibilité de procéder au renouvellement des titres d’identité, d’un dépôt de procuration, ou de l’établissement des certificats de vie partout via un service en ligne, accessible par exemple avec l’identité numérique.

    Enfin, la majorité présidentielle, si elle est reconduite, prendra des mesures pour que le réseau associatif qui œuvre pour les Français de l’étranger soit conforté en augmentant les subventions et en prenant soin que l’objet du fonds dédié ne soit pas capté par l’administration ou les agences para-publiques.

    NUPES : rétablir l’action publique

    A gauche, c’est une toute autre vision qu’on propose aux expatriés. La France insoumise et ses alliés proposent un retour de l’action publique sur le terrain au plus près des citoyens hors de France. Evidemment pas de dématérialisation des services, même si comme le précise régulièrement Jean-Luc Mélenchon, son parti n’est pas opposé aux avantages que peut apporter la technologie.

    Pour la Nouvelle Union Populaire Ecologiste et Sociale, c’est par la présence physique d’agents ou de Consuls honoraires que le lien avec les Français établis hors de France et leur Etat, via l’administration, sera renoué. Pour cela, les futurs députés des Français de l’étranger issus de cette formation devraient pouvoir compter sur un renforcement des moyens via la réforme fiscale programmée, en cas de victoire, qui devrait taxer lourdement les hauts patrimoines où qu’ils soient.

    Renforcer le personnel consulaire

    Ce flux financier serait utilisé en premier pour améliorer les conditions de travail des fonctionnaires et pour renforcer les équipes. Depuis les élections consulaires, la France insoumise envoie de nombreux signaux aux fonctionnaires, leur promettant un suivi régulier avec leurs représentants syndicaux recrutés localement ou par détachement afin de faire remonter leurs demandes.

    Pour les seconder, La France Insoumise et ses alliés proposent aussi de reprendre une politique de nomination de consuls honoraires (bénévoles) intense.

    Multiplier les échanges

    Les candidats de gauche font aussi une analyse sociologique des relations entre les consulats et les Français de l’étranger. Pour eux, l’absence de liens sociaux entre expatriés, émigrés et le tissu consulaire explique en partie le fossé qui sépare ces Français. Pour y remédier, La France Insoumise propose de :

    • Réaliser une enquête sur les attentes des Français en termes de droits et de citoyenneté pour faire vivre la participation et recueillir les attentes
    • Organiser des débats d’idées réguliers et proposer des actions citoyennes en lien avec les initiatives locales 
    • Mieux associer les binationaux à la vie démocratique locale, garantir le bilinguisme et les échanges interculturels

    Deux visions

    C’est donc deux visions de la relation consulaire qui s’opposent pour cette élection. Le choix des expatriés mais surtout de tous les Français auront donc des incidences importantes sur la manière de vivre son expatriation. Une raison, en plus s’il en fallait, pour se mobiliser et voter les 5 et 19 juin (dès le 27 mai par voie électronique pour le premier tour).

  • Une responsable syndicale arrêtée pour espionnage en Iran

    Une responsable syndicale arrêtée pour espionnage en Iran

    Les deux Français arrêtés pour espionnage en Iran sont accusés d’être des « agents » de renseignements « expérimentés ». Les autorités françaises sont pleinement mobilisées. Dès cette information connue, l’Ambassadeur de France à Téhéran a effectué des démarches auprès des autorités iraniennes pour obtenir un accès consulaire à nos deux compatriotes, et le chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran à Paris a été convoqué au ministère de l’Europe et des affaires étrangères par le directeur général des affaires politiques et de sécurité.

    Une responsable syndicale et son mari

    Selon des sources proches du dossier, les prisonniers seraient une responsable d’un syndicat de l’enseignement, Florence Kohler, et son compagnon. Cette fonctionnaire est chargée d’expertise et de conseils auprès des établissements en France et à l’étranger.

    Si les autorités évoquent un potentiel espionnage sur le nucléaire, il est possible de lier cette arrestation à la situation intérieure du pays. En effet, l’Iran est secoué actuellement par des manifestations régulières de professeurs contre leurs conditions de travail. Plusieurs d’entre eux ont été arrêtés, entraînant d’autres manifestations pour leur libération.

    Négociations sur le nucléaire

    Mais de son côté, le ministère iranien des Renseignements a annoncé mercredi l’arrestation de deux « Européens », des Français donc, en marge du déplacement en Iran du négociateur de l’Union européenne chargé de coordonner les pourparlers sur le nucléaire, actuellement au point mort.

    « Deux Européens, qui étaient entrés dans le pays dans le but de déclencher le chaos et déstabiliser la société, ont été identifiés et arrêtés »

    Le ministère des Renseignements, dans un communiqué officiel le 11 mai 2022

    A Téhéran, M. Mora a rencontré mercredi le chef des négociateurs iraniens, Ali Bagheri, l’Iran étant engagé depuis un an dans des négociations directes avec la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine, et indirectes avec les Etats-Unis, pour relancer un accord conclu en 2015 sur son programme nucléaire.

    Parmi les principaux obstacles figure la demande de l’Iran de retirer les Gardiens de la révolution, son armée idéologique, de la liste noire américaine des « organisations terroristes étrangères », mais le Président des Etats-Unis Joe Biden semble ne pas vouloir céder à cette exigence.

    espionnage en Iran

    Un outil de négociation

    L’annonce du ministère, lors de la visite d’Enrique Mora, intervient tandis que Téhéran menace déjà d’exécuter un chercheur irano-suédois emprisonné depuis 2016, et qu’un autre ressortissant iranien risque la prison à vie en Suède. Pour rappel, Benjamin Brière est incarcéré pour le même motif depuis 2 ans.

    L’Iran fait depuis longtemps face à des allégations selon lesquelles il utilise ses arrestations comme monnaie d’échange avec l’Occident, ce que nie la République islamique.

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