Au mois d’août 2022, l’euro a perdu 15 % de sa valeur par rapport au dollar du mois d’août 2021 pour descendre sous 1 dollar ce lundi 05 septembre. En revanche, l’euro ne s’est pas déprécié par rapport aux autres grandes devises comme le yen ou la livre sterling. Les non-résidents accroissant encore leur détention d’actions en euros, la position nette ouverte sur l’euro n’est pas négative. La baisse de l’euro est avant tout liée à une appréciation du dollar qui constitue une valeur refuge en période de crise et qui bénéficie du durcissement de la politique monétaire de la FED.
Le potentiel de dépréciation demeure élevé
Le taux de change de l’euro résiste assez bien compte tenu des incertitudes et des risques qui pèsent sur l’Europe : pénurie énergétique, baisse de la croissance, guerre en Ukraine. Cela peut également signifier que le potentiel de dépréciation de l’euro demeure élevé.
Depuis sa création en 1999, l’euro a été confronté à plusieurs crises qui ont pesé sur son cours. Dès 2000, avec l’éclatement de la bulle Internet, il a connu une forte dépréciation en lien avec la forte aversion des investisseurs pour le risque. Le 31 octobre 2000, un euro valait 0,84 dollar contre 1,1789 le 4 janvier 1999. L’euro s’est apprécié entre 2006 et le début du mois de juillet 2008. Il valait alors 1,58 dollars. La crise des subprimes a entraîné un mouvement de repli (1,29 dollar en mars 2009) puis la crise grecque a provoqué un nouvel accès de faiblesse (1,22 dollar en juillet 2012). Du fait d’une politique monétaire moins expansive que celle en vigueur aux États-Unis, l’euro s’apprécie entre 2012 et 2014 (1,39 en mars 2014). La décision de la BCE de s’engager à compter de 2015 dans une politique monétaire non conventionnelle a, à son tour, entraîné une dépréciation de l’euro (1,06 dollar en novembre 2016). Après avoir baissé durant le premier confinement, l’euro reprend des forces entre la mi 2020 et la mi 2021 (1,2 en juillet 2021) avant de s’éroder depuis (parité avec le dollar à la fin août).
En 23 ans d’existence, l’euro n’a accru que marginalement son rôle en tant que monnaie de réserve, ce qui le fragilise. Au moment de sa création, l’euro représentait 19 % des réserves de change mondiale. Ce ratio a atteint 28 % en 2009 avant de se stabiliser à 20 % depuis 2015. Le poids du dollar est passé de 71 à 60 % de 1999 à 2021.
Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne
Lors de son lancement, l’euro a pâti de la diminution de l’offre de monnaies qu’il a provoquée. Les investisseurs qui avaient le choix entre plusieurs devises européennes n’en avaient plus qu’une. Dans le cadre de la politique de diversification, ils ont opté pour d’autres monnaies (pays émergents, Australie, Japon, Angleterre, etc.). Cet effet s’est depuis estompé.
Depuis 2015, les non-résidents de la zone euro ont continué à acquérir des actions européennes. Ils ont en revanche réduit leurs achats en obligations. Les résidents européens ont de leur côté accru leurs achats d’actifs à l’extérieur de la zone euro en privilégiant les États-Unis et les pays émergents d’où une dépréciation de l’euro.
L’encours des obligations détenues par les non-résidents est passé de 45 à 38 % du PIB de la zone euro de 2015 à 2021 quand celui en actions est passé de 100 à 125 % du PIB. L’encours en obligations et actions détenues par les résidents est passé de son côté de 120 à 162 % du PIB de 2015 à 2021.
Un rééquilibrage des taux de part et d’autre de l’Atlantique en 2023
La faiblesse de l’euro est la conséquence d’un différentiel défavorable en matière de taux d’intérêt et d’anticipations économiques négatives. Elle est aussi le résultat des problèmes d’approvisionnement en énergie de l’Europe, de la disparition de l’excédent commercial de la zone euro, et de tensions internes qui pourraient se multiplier en cas de difficultés économiques ou politiques. Le processus de dépréciation de l’euro pourrait donc se poursuivre surtout si les non-résidents vendaient leurs actions en euros en cas de forte récession. A contrario, le durcissement de la politique monétaire devrait conduire en 2023 à un rééquilibrage des taux de part et d’autre de l’Atlantique. Les anticipations sont peut-être exagérément pessimistes pour l’Europe.
Bonjour à tous, bienvenue dans votre flash du 06 septembre. Aujourd’hui, on parle des chaines du groupe TF1 qui ont disparu du bouquet TNT SAT, de l’homologation de deux nouveaux vaccins contre la Covid-19 et de l’ouverture du procès de l’attentat du 14 juillet à Nice.
TF1 veut faire payer Canal+
C’est ainsi qu’on peut résumer le conflit qui oppose les deux groupes de médias français. Parmi les victimes, les centaines de milliers de Français qui n’ont accès qu’au bouquet Canal + et des dizaines de milliers d’expatriés, de Marrakech à Ankara, de Madrid à Helsinki, qui reçoivent les chaines françaises via l’offre satellite du groupe Canal + TNT SAT. La solution qui se profile, comme avec Molotov au printemps dernier, c’est de rendre payant l’accès aux chaines de TF1, sinon il reste la possibilité de basculer sur le bouquet Fransat.
L’Agence européenne du médicament homologue deux nouveaux vaccins contre la Covid 19
Ouverture du procès de l’attentat du 14 juillet 2016
En France, l’actualité est marquée par l’ouverture du procès qui doit faire émerger la vérité pour les 86 morts fauchés par un camion sur la Promenade des Anglais après le feux d’artifice de la fêtes nationale. Mais en l’absence de l’auteur principal des faits, abattu par la police le soir-même, et en présence sur le banc des accusés de sept personnes – une étant jugée en son absence – parties civiles et opinion publique restent sceptiques. Verdict attendu le 18 décembre.
C’est tout pour aujourd’hui, prenez soin de vous où que vous soyez
S’il est simple d’accéder aux chaînes françaises depuis l’Hexagone, de nombreuses options étant proposées aux utilisateurs, les choses sont bien différentes quand on est expatrié(e). Pour ceux qui sont en Europe, au Maghreb ou en Turquie, la solution la plus efficace est celle du satellite. 2 opérateurs se partagent le marché, TNT SAT (filiale de Canal +) et Fransat, tous deux disponibles chez notre partenaire TVcorner. Mais sans préavis, les chaines du groupe TF1 ont disparu du bouquet de TNT SAT ce vendredi 02 septembre 2022.
Zone de diffusion du satellite TNT SAT
Négociations houleuses entre les deux groupes français
Faute d’accord entre les deux parties, Canal+ s’est donc résolu à couper le signal de son côté. Si vous tentez d’afficher l’une des chaînes du groupe, vous verrez un écran noir accompagné d’un message d’information. Cet écran noir est diffusé également en ligne. Impossible en effet d’accéder aux chaînes du premier groupe audiovisuel privé européen depuis la plateforme MyCanal ou depuis TNT SAT.
Concrètement, les accords de diffusion arrivant à leur terme, les deux entités sont entrées dans une nouvelle phase de négociation. Les prétentions de la première chaîne n’ont visiblement pas été du goût de Canal+.
“Face à ces exigences infondées et déraisonnables pour des chaînes qui sont accessibles gratuitement pour tous et qui doivent le rester, le groupe Canal+, partenaire de longue date du groupe TF1 est contraint de renoncer à diffuser ses chaînes.”
Communiqué de presse du groupe Canal +, propriétaire de TNT SAT
La nature du conflit entre Canal+ et TF1, tout comme celui qui a existé entre TF1 et Molotov, tourne autour de ce qu’il est permis de faire avec des chaînes qui sont diffusées gratuitement sur la télévision numérique terrestre (TNT) et sur le net. Pour Canal+ et Molotov, il devrait être possible de les diffuser gratuitement aussi, sans avoir rien à payer. Mais TF1 s’y oppose.
Alors que faire pour retrouver les chaines de TF1 ?
La première des possibilités, c’est évidemment de patienter. Cependant, comme avec Molotov au printemps dernier, TNT SAT risque de devoir rendre payante la réception des chaines du groupe TF1.
Autre option, changer d’opérateur satellite, si vous avez un matériel récent, il suffira de régler l’antenne et de changer de carte dans votre décodeur en souscrivant un service auprès de Fransat ou d’un autre opérateur. TVcorner, notre partenaire, peut vous accompagner grâce à son réseau de professionnels aux 4 coins de l’Europe et en Méditerranée.
Vous pouvez aussi, si vous disposez toujours d’une adresse en France et d’une carte bancaire française, vous tourner vers Salto ou Molotov qui proposent des offres aux Français disposant des deux éléments précités.
A défaut de mener un combat frontal contre la Russie, après son invasion de l’Ukraine le 24 février dernier, les Etats occidentaux ont adopté une série de sanctions qui ont débouché sur un climat de guerre économique.
Les mesures concernent tant les personnes avec des interdictions de se déplacer, les moyens de transports avec la fermeture des espaces aériens, les échanges matériels et immatériels. Jamais, depuis la deuxième Guerre Mondiale, une grande puissance avait subi de telles sanctions. Des banques commerciales russes ont été exclues de Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), un réseau de messagerie. 300 milliards de dollars de réserves de la banque centrale ont été immobilisés.
L’objectif des Occidentaux était de provoquer une paralysie de la 11e économie mondiale dans l’espoir de bloquer son effort de guerre, d’inciter sa population à protester et à dissuader d’autres pays à recourir aux mêmes pratiques, la Chine étant visée avec le risque d’un conflit avec Taïwan. En quelques mois, l’Union européenne a adopté sept plans de sanction. Des analystes avaient prédit l’effondrement de l’économie russe pour l’été ; or cette prévision ne s’est pas encore vérifiée.
Le pouvoir russe est conscient de la fragilité des démocraties face à leurs opinions
La Russie n’est pas l’Afrique du Sud, la Corée du Nord, l’Iran ou la Lybie, qui ont subi ou subissent encore des embargos. La Russie est un pays disposant d’abondantes richesses naturelles et qui a tissé des liens avec des États comme la Chine qui refusent de s’aligner sur les positions occidentales. La guerre économique exige du temps comme l’ont prouvé les précédents en Afrique du Sud ou en Lybie. Le pouvoir russe est conscient de la fragilité des démocraties face à leurs opinions. Les embargos gênent actuellement plus les Européens que les Russes en pouvant déboucher sur une récession et des pénuries. La Russie avec la hausse des cours bénéficie toujours de rentrées de devises en provenance des pays avec qui elle a maintenu des relations (Chine, pays émergents, Amérique latine).
Une mise hors marché sans précédent dans l’histoire contemporaine
Les embargos technologiques pénaliseront la production d’énergie d’ici quelques mois même si les autorités russes comptent sur la Chine pour fournir les pièces détachées nécessaires. La mise hors marché (occidental) du deuxième producteur de pétrole et de gaz est sans précédent dans l’histoire contemporaine. Sur la durée, une réallocation de l’offre devrait intervenir avec le développement du gaz liquéfié dont le coût restera sans nul doute supérieur à celui du gaz naturel.
Le pétrole qui n’est plus acheté par les Occidentaux l’a été par l’Inde et la Chine au prix d’une décote d’environ 25 dollars par rapport au prix du marché. La vente du gaz à l’Europe représente moins de 10 % des recettes publiques russes. L’arrêt des livraisons aurait donc peu d’effet sur la situation économique.
Le Président russe et le Président chinois en 2021
Selon une société de conseil américaine, Rystad Energy, la Russie perdrait autour de 85 milliards de dollars en recettes fiscales pétrolières et gazières cette année, par rapport à un objectif de 300 milliards de dollars. Capital Economics, un autre cabinet de conseil, estime que la Russie a vendu son pétrole à un prix moyen de 85 dollars le baril depuis février. À compter du 31 décembre, les assureurs européens qui dominent le marché du transport pétrolier, ne pourront plus couvrir les pétroliers transportant des cargaisons russes. Il faudra trouver des assureurs de substitution reconnus au niveau mondial. De nombreux ports et canaux pourraient ne pas autoriser le passage des navires si le risque de pollution par les hydrocarbures n’est pas couvert. 14 % des exportations russes pourraient être ainsi menacées.
Seulement 50 milliards, sur les 400 milliards de dollars d’actifs offshore bloqués, ont été réellement gelés
Les sanctions visant les oligarques et le blocage des avoirs à l’étranger auraient des effets mesurés. Selon Anders Aslund, ancien conseiller des gouvernements russe et ukrainien, seulement 50 milliards de dollars, sur les 400 milliards de dollars d’actifs offshore bloqués, ont été réellement gelés.
Les oligarques ont réalisé des montages juridiques complexes en recourant aux possibilités offertes par les différents paradis fiscaux comme les îles Caïmans ou Jersey. Ils ont également recours à des prête-noms afin de ne plus apparaître dans les documents officiels. De nombreux établissements financiers, en particulier ceux de petite taille et situés dans des États appliquant avec modération les sanctions, manquent de moyens et de temps pour effectuer toutes les vérifications.
Les difficultés des oligarques accroissent leur dépendance au pouvoir russe, ce qui n’est pas pour déplaire à Vladimir Poutine. Les banques commerciales russes sont confrontées à une série d’interdictions depuis l’invasion, en fonction de leur taille et de leur proximité avec le Kremlin. Les investisseurs occidentaux ne peuvent plus acheter ou vendre des obligations ou des actions émises par dix-neuf banques russes. Dix établissements de crédit russes, dont les deux plus importants en termes d’actifs, ont été expulsés de Swift, le système d’informations bancaires utilisé par 11 000 banques pour les paiements transfrontaliers. Vingt-six ne peuvent plus effectuer de virements internationaux en dollars. Selon la Bundesbank, entre le 1er février et le 30 avril, les opérations entre les banques russes et celles de la zone euro se sont effondrées. Les alternatives à Swift, telles que le recours au télex, sont complexes et lentes.
Les sanctions n’ont pas totalement isolé financièrement la Russie du reste du monde
L’interdiction du dollar dans les échanges avec la Russie pèse sur les importations mais aussi sur toute une série d’opérations qui impliquent à un moment ou un autre le recours à la monnaie américaine. La Russie doit parfois recourir au troc pour une partie de ses activités commerciales transfrontalières. Les sanctions n’ont pas totalement isolé financièrement la Russie du reste du monde. Les banques qui sont associées à l’achat de pétrole et de gaz, notamment Gazprombank, sont toujours autorisées à utiliser Swift. Les banques russes de taille modeste sont restées connectées au réseau. L’Inde, qui importe du pétrole russe, recherche toujours un moyen viable de le payer en roupies. Le système d’informations bancaires chinois, CIPS, est de plus en plus utilisé. Les volumes d’échanges sur la paire yuan-rouble à la bourse de Moscou ont récemment atteint des sommets.
Le taux de change du rouble est administré et ne saurait être un indicateur fiable de la santé de l’économie russe
Le gel des réserves détenues par la Banque centrale de Russie en Occident, soit environ la moitié de sa réserve totale de 600 milliards de dollars, a eu des résultats tout aussi mitigés. Quelques heures après l’annonce de la mesure, le rouble a perdu 30 % de sa valeur. Pour limiter la dépréciation de la monnaie, la banque centrale russe a porté à 20 % ses taux provoquant une récession. En juin, les sanctions ont également contraint la Russie à son premier grand défaut de paiement sur sa dette extérieure depuis plus d’un siècle, après avoir empêché la banque centrale de traiter 100 millions de dollars de paiements dus aux détenteurs d’obligations. Au milieu de l’été, le rouble avait néanmoins retrouvé son taux de change d’avant sanctions et les taux directeurs étaient revenus à 8 %.
Le taux de change du rouble est avant tout administré et ne saurait être un indicateur fiable de la santé de l’économie russe. Il n’en demeure pas moins que les réserves de devises de la Russie augmentent grâce aux recettes de pétrole et de gaz vendus à vil prix. Le défaut technique de paiement de la Russie a donc peu de conséquences pour l’économie, les importations pouvant être réglées.
Les règles qui étaient appliquées à l’Iran ou à la Corée du Nord le sont désormais à la Russie
Parmi les sanctions les plus efficaces figurent les interdictions de licences pour les exportations. Les entreprises occidentales doivent, en effet, demander des licences pour exporter des produits en Russie. Or, elles sont de moins en moins accordées. Les restrictions vont bien au-delà des produits « à double usage» – ceux qui ont des applications à la fois militaires et commerciales – comme les drones et les lasers.
Si les microprocesseurs, les ordinateurs, les logiciels et les équipements énergétiques ne sont plus exportables, c’est également le cas de biens de faible technologie, tels que les produits chimiques et les matières premières. Les règles qui étaient appliquées à l’Iran ou à la Corée du Nord le sont désormais à la Russie.
Jusqu’en 2020, les fabricants d’armes en Russie recouraient à plus de 70 fournisseurs américains ou européens
Les États-Unis ont recours au dispositif d’extraterritorialité. En vertu de la « Foreign Direct Product Rule », les contrôles sont étendus non seulement aux produits fabriqués aux États-Unis, mais aussi aux produits étrangers fabriqués à l’aide de logiciels et d’outils américains ou contenant des intrants américains. Les États-Unis ont ainsi réduit de 90 % les exportations mondiales de microprocesseurs vers la Russie en moins d’un an. Jusqu’en 2020, les fabricants d’armes en Russie recouraient à plus de 70 fournisseurs américains ou européens.
Les secteurs des transports et des mines sont également dépendants d’entreprises occidentales. Le métro de Moscou qui bénéficiait d’un contrat de maintenance opéré par une entreprise allemande pourrait connaître quelques difficultés dans les prochains mois.
La production manufacturière a diminué de 7%. Automobile : -90% ; pharmacie : -25% ; équipements électriques : -15 %
Les entreprises chinoises, qui fournissent généralement un quart des importations russes, ont tardé à aider, car elles aussi craignent de perdre l’accès aux pièces occidentales essentielles. Même Huawei a réduit ses liens avec la Russie. La production manufacturière russe a diminué de 7 % entre décembre et juin, du fait des problèmes du secteur de l’’automobile (baisse de 90 % de la production), de celui de la pharmacie (25 %) et de celui des équipements électriques (15 %). En mai, la Russie a assoupli les normes de sécurité pour permettre la production de voitures sans airbags ni freins antiblocage. Le déploiement de la 5G a dû être ralenti.
Faute de pouvoir accéder à des pièces détachées, la production de pétrole et de gaz pourrait être pénalisée. Les industries de base, telles que l’extraction et le raffinage des métaux, sont également en baisse.
La Russie s’approvisionne sur les marchés parallèles
Pour compenser l’absence des importations en provenance des pays occidentaux, la Russie s’approvisionne sur les marchés parallèles, les marchés gris non autorisés contrôlés par les mafias en tout genre. Les autorités russes font appel à des revendeurs de l’Asie du Sud Est. Ces derniers mois, ils ont réussi à importer des serveurs et des téléphones, sans le consentement des marques concernées. Un trafic de cartes Visa avec des fausses identités a été également constaté, permettant à des Russes de voyager en-dehors de leur pays.
Face à la fermeture de leur pays, selon Konstantin Sonin, de l’Université de Chicago, plusieurs centaines de milliers de Russes auraient émigré, dont beaucoup sont hautement qualifiés. Plus de 1 200 entreprises étrangères implantées en Russie ont fermé leurs établissements, selon des chercheurs de l’Université de Yale. Le FMI prévoit que le taux de croissance du pays en 2025-26 aura diminué d’environ de 50 % par rapport aux estimations d’avant le déclenchement de la guerre.
L’effondrement rapide de la Russie n’a pas eu lieu mais son avenir est sombre.
L’effondrement rapide de la Russie n’a pas eu lieu mais son avenir économique n’en demeure pas moins sombre, à la condition que les États occidentaux arrivent à maintenir le régime des sanctions durant une période assez longue, quitte à en subir les contreparties économiques.
La ville de Chengdu, qui compte 21 millions d’habitants, a fait état vendredi de 150 nouveaux cas positifs à la Covid-19. Pour enrayer les contaminations, les autorités ont lancé un dépistage général de la population et ordonnent depuis jeudi aux habitants de « rester chez eux » jusqu’à nouvel ordre, selon des informations d’Euronews.
Vue du centre ville de Chengdu
Sortie autorisée sur présentation d’un test PCR
Chaque foyer est néanmoins autorisé à envoyer chaque jour une personne à l’extérieur pour acheter des provisions, sous réserve de la présentation d’un test PCR datant de moins de 24 heures.
La Chine continue à suivre une stricte stratégie sanitaire en dépit d’un nombre de contaminations très inférieur au reste du monde. Cette politique se traduit par des confinements dès l’apparition de cas positifs, des tests PCR quasi obligatoires toutes les 72, 48 voire 24 heures, des placements en quarantaine mais aussi par la fermeture d’usines et d’entreprises.
La situation fait craindre un retour des mesures généralisées que les expatriés subissent déjà et qui se cumulent aux conséquences de la sécheresse.
L’Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert à deux vaccins de rappel contre la Covid-19 à ARNm adaptés, ciblant la souche originale de Covid-19 ainsi que le sous-variant BA. 1 Omicron.
Les vaccins adaptés au variant sont Comirnaty de Pfizer/BioNTech et Spikevax de Moderna. Ils ont été approuvés lors d’une réunion extraordinaire du Comité des médicaments à usage humain (CMUH) de l’EMA jeudi (1 septembre).
À la suite de la décision de l’EMA, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a déclaré dans un communiqué que « nous allons maintenant procéder à une autorisation accélérée de ces vaccins afin de garantir qu’ils puissent être déployés rapidement dans toute l’UE. »
« [Les vaccins] sont développés pour offrir une protection accrue et plus large contre les variants actuels et futurs. Sous réserve de l’évaluation scientifique de l’EMA, nous attendons également un avis sur les vaccins adaptés Omicron BA.4 et BA.5 dans les semaines à venir, dans le cadre de l’approche de notre large éventail de vaccins qui caractérise notre travail depuis le début », a-t-elle ajouté.
Elle a également appelé les États membres de l’UE à inclure les vaccins de rappel adaptés dans leurs campagnes de vaccination, soulignant l’importance de la vaccination dans la lutte contre le coronavirus.
« Pour soutenir les efforts des États membres, la Commission présentera bientôt des actions pour les stratégies de vaccination contre la Covid-19 et définira des mesures pour éviter une recrudescence de la Covid-19 cet automne et cet hiver », a déclaré Mme Kyriakides. Elle a également ajouté que l’EMA et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publieront leurs réflexions sur le déploiement des vaccins adaptés.
« Nous devons être prêts à affronter un autre hiver avec la Covid-19 », a déclaré la commissaire à la Santé.
À la recherche du bon variant
Selon le dernier compte rendu de l’ECDC sur la Covid-19, également publié jeudi, c’est le sous-variant Omicron BA.5 qui est actuellement à l’origine des infections sur le continent européen.
Les vaccins récemment approuvés, qui pourront être utilisés en tant que dose de rappel, ne ciblent pas spécifiquement ce variant, mais plutôt le BA.1. Les autorités britanniques ont toutefois précisé que le vaccin Spikevax adapté « génère une bonne réponse immunitaire contre les sous-variantes BA.4 et BA.5 de l’Omicron ».
Le Royaume-Uni est devenu le premier pays à approuver un vaccin de rappel dit «bivalent » à la mi-août, lorsque l’agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) a donné le feu vert au vaccin de rappel adapté au variant de Moderna, qui cible la souche originale et le sous-variant Omicron BA.1.
Son utilisation a été approuvée pour la campagne de rappel au Royaume-Uni à partir de septembre.
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé mercredi les vaccins de rappel contre la Covid-19 mis à jour par Pfizer/BioNTech et Moderna, qui ciblent à la fois la souche de Covid-19 originale et les sous-variants Omicron BA.4 et BA.5.
À la différence des vaccins de rappel contre le sous-variant Omicron BA.1 approuvés par l’UE et le Royaume-Uni, les vaccins contre les variants BA.4 et BA.5 approuvés par la FDA ne font pas encore l’objet d’une évaluation fondée sur des données obtenues chez l’homme.
La décision est prise sur la base des données des vaccins originaux ainsi que des essais cliniques des vaccins de rappel contre le sous-variant Omicron BA.1.
Hier, le capital, c’était la terre. Labourages et pâturages irriguaient l’économie. Blé, riz, maïs essaimaient cités et empires, systèmes de pouvoir et d’échanges. Puis la richesse ce fut l’énergie : charbon, pétrole animaient les machines. Le capital, c’était l’usine. Tout cela accompagné de cette invention géniale, parce qu’elle enjambe l’espace et le temps, la monnaie, c’est-à-dire la banque et le crédit. De là à se plaindre que l’économie financière domine le monde, vieux laïus comme du temps des Crésus, Fugger, des banquiers génois, de la banque du Pape et de Luther.
Aujourd’hui, le capital, c’est le traitement de l’information. Après l’agriculture et l’industrie, voici la civilisation de l’information ou de l’intelligence, fut-elle artificielle. Le capital, c’est donc la connaissance, des datas (matières brut) à leur analyse par algorithmes, de l’IA à l’instituteur.
L’école est-elle celle du monde d’aujourd’hui ou de celui d’hier ?
Dans la civilisation de la connaissance, le capital, c’est le cerveau. Les recherches se multiplient. Aux Etats-Unis, Obama avait lancé The « Brain initiative », en Europe la Commission le « Human brain project ». Mieux connaitre le cerveau ne ferait-il pas gagner du temps d’apprentissage ? C’est ce que projetait John Negroponte, le créateur du MediaLAB au MIT. Une pilule pour apprendre tout Shakespeare, disait-il sur TED.
L’école d’aujourd’hui est-elle l’école du monde d’aujourd’hui ou de celui d’hier ? Qu’y apprend-on, sinon être à l’heure, pointer, la discipline du bureau et de l’usine, plutôt que celle du nouveau monde ?
Elon Musk déteste l’école. Il a créé la sienne : « Ad Astra ». Ecole mystérieuse, différente : pas de séparation entre les âges (une recommandation de l’OCDE il y a 20 ans) ; pas de mémorisation ni d’apprentissage des outils. Se confronter à des problèmes, ce qui conduit à chercher les outils pour les résoudre, comme dans un jeu. Les « matières » : intelligence artificielle, coding, robotique, science appliquée, mais pas les langues : inutile puisque des logiciels de traduction existent. Ecole élitiste, décalée, inadaptée ? Et si Elon Musk avait raison, pour l’éducation comme pour l’automobile, le paiement digital ou la conquête de l’espace ?
Elon Musk avait quitté l’université, comme Mark Zuckerberg, Bill Gates ou Steve Jobs. De nombreuses écoles alternatives existent. Nicholas Negroponte promouvait « l’école sans profs », avec le projet One Laptop per Child (un ordinateur pour chaque enfant), qu’il a expérimenté dans les villages d’Afrique, au Cambodge ou au Pérou. Tous les cours existent en ligne, ce qui importe c’est « d’apprendre à apprendre ». Les logiciels le permettent. On l’apprend même aux ordinateurs, c’est le principe de l’intelligence artificielle.
A l’heure de Ted, Google et Wikipédia, la mémorisation parait hors champ, vague exercice musculaire du cerveau, puisque le cerveau n’est pas un muscle. L’interface avec un ordinateur permet aux paraplégiques d’écrire. La recherche neurologique identifie les zones du cerveau pour repérer celles qui s’allument en fonction de l’acquisition de connaissances, par exemple le langage, ou le calcul. Mais aussi telle ou telle émotion. Pourrons-nous piloter un hélicoptère simplement en s’asseyant, en « téléchargeant » le programme d’apprentissage en instantanée ? Pas le mode d’emploi, bien sûr : l’apprentissage comme dans un jeu vidéo, façon cinquième élément ? C’est ce dont rêvent Elon Musk et les autres. Attention : ils ont peut-être raison. A ceci prêt qu’on ne voit vraiment pas pourquoi un hélicoptère aurait encore besoin de pilote.
Une école de management qui prétend former les 200 prochains plus grands patrons du monde
Jack Ma, l’ex prof d’anglais devenu l’homme le plus riche de Chine (Alibaba) finance des écoles rurales. Il a lui aussi créé son école de management, qui prétend former les 200 prochains plus grands patrons de Chine, c’est-à-dire du monde. Selon le China Daily, Hupan College se distingue par « une responsabilité sociale forte » et « une exigence morale élevée dans les affaires ». Ainsi reviendraient l’enseignement des « humanités » confucéennes dans la haute aristocratie chinoise. Pour 45.000 $ par an seulement, moins cher que les Américains. La compétition est partout. Joe Biden, démagogue ou lucide, a annulé la dette des étudiants américains. La France, elle, reste en pointe, comme une bonne partie de l’Europe : l’éducation y est vraiment gratuite. L’université aussi, ou presque. Ce qui est aussi sa faiblesse, car les ressources des universités françaises sont bien maigres para rapport aux universités américaines, britanniques ou chinoises. Le modèle est donc à revoir, surtout si l’on veut créer, ce qui devrait être le cas, des universités françaises à l’étranger, comme on a créé des lycées.
Un monde en révolution produit une révolution dans l’éducation
« Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent ! » disait Mao. La diversité permet de comparer et d’éliminer erreurs et impasses. Celui qui sait ce qu’il faut faire en matière d’éducation est un alchimiste, un mage, ou un grand prétentieux.
Ce qui est certain, c’est qu’un monde en révolution produit une révolution dans l’éducation. L’ONU organise en ce mois de septembre un sommet mondial : « Transformer l’éducation », avec ministres et chefs d’Etat pour répondre aux « crises de l’éducation ».
Pour l’instant, la révolution éducative est quantitative. Les écoles se multiplient. En 2000, 400 millions d’enfants n’allaient pas à l’école. L’UNESCO estime que 244 millions d’enfants de 6 à 18 ans ne sont pas scolarisés dans le monde. C’est deux fois moins qu’il y a vingt ans, avec une population mondiale en croissance. Mais 84 millions d’enfants n’iront toujours pas à l’école en 2030. 9% des enfants, ne vont pas à l’école primaire. C’était 28% en 1970, Encore 15% en 2000.
Les dépenses des gouvernements en éducation représentent 3,7% du PIB mondial (Banque mondiale). Il y a un lien entre l’investissement public dans l’éducation et les évaluations à l’issue du parcours éducatif. Le classement Pisa de l’OCDE met la Chine en tête. Devant l’Estonie, la Canada, la Finlande, l’Irlande et la Corée. La France a un score moyen, elle se maintient dans les vingt premiers pays.
Est-ce pour la qualité de l’enseignement ou pour les contacts ?
D’autres classements, comme celui de l’Université du New Jersey place Finlande et Corée en tête. Evaluation et classement sont délicats, et biaisés. Qu’est-ce qu’on classe ? D’une façon générale, Finlande, Corée, Japon, Singapour se retrouvent en tête. Les étudiants choisissent encore Etats-Unis et Royaume-Uni. Est-ce pour la qualité de l’enseignement ou pour les contacts, l’agrégation à un « système de reproduction sociale des élites » ? (L’université française a la chance d’avoir Pierre Bourdieu et Raymond Boudon pour le contester).
Beaucoup se plaignent de la baisse du niveau éducatif en France. A commencer par les enseignants. La pénurie de profs en témoigne. Il en manquerait des milliers. Le nombre moyen d’élèves par enseignant dans les établissements publics est en moyenne pour les pays de l’OCDE de 14,5 enfants dans le primaire et de 13 enfants dans le secondaire. En France, il est au-dessus de la moyenne : 18,3 et 12,7. (Norvège : 10,5 et 10,2. Belgique 12,1 et 9,3 ; Allemagne 15,2 et 12, 8. États-Unis, 16 et 16. Royaume-Uni 20,8 et 16,4.)
La France est un des rares pays qui développe un réseau mondial
L’éducation à la française, avec ses défauts et ses qualités, reste attirante. La France est un des rares pays qui développe un réseau mondial : 138 pays. Le réseau français s’appuie principalement sur le public, (avec 500 millions de subventions) même si l’éclosion d’écoles privés prend de l’ampleur.
Le réseau français connait des succès incontestables : 98,5% d’élèves admis au bac, dont 83% avec mention. Plus de 14.000 (dont 8500 étrangers) iront étudier dans des universités françaises. Pourtant, le système éducatif français n’est plus tout à fait un modèle d’excellence. Sa chance, sa prétention à l’universalisme, doit lui permettre de s’adapter aux différentes cultures du monde.
Des écoles nouvelles avec des méthodes nouvelles
Des écoles nouvelles avec des méthodes nouvelles cultivent les différences. Peut-être ces expériences d’un enseignement français différent, parce qu’adapté à des pays étrangers ouvrira la voie à une nouvelle façon de penser le modèle éducatif français en France, considéré comme à bout de souffle. Entre ceux qui veulent le retour à l’uniforme et Elon Musk, il y a toute l’imagination du monde. Et l’école du XXIème siècle.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour une nouvelle publication d’informations dédiées aux Français de l’étranger. Aujourd’hui, c’est un flash dédié à la rentrée scolaire qui est lancée dans tous les établissements. Si l’AEFE est sereine, les syndicats et les politiques s’inquiètent pour l’année à venir.
Une rentrée scolaire difficile dans certains établissements
Dans une interview exclusive à retrouver sur Lesfrancais.press, Olivier Brochet, le Directeur général de l’AEFE, nous apprend que si pour la majorité des établissements français à l’étranger la pandémie de coronavirus est derrière eux, pour d’autres ce n’est pas encore le cas, comme à Shanghai. De plus, pour certains lycées ce sont les crises internes aux pays qui posent problème sur le plan sécuritaire. Nous pensons notamment à Haïti ou Kiev. Ainsi, la reprise des cours se fait en distanciel ou sous format hybride pour ces écoles, à part pour la capitale ukrainienne où la rentrée a été décalée à mercredi 07 septembre… pour l’instant.
Olivier Brochet, le directeur de l’AEFE dans son bureau, août 2022
Les syndicats inquiets
Si hormis pour quelques établissements, Olivier Brochet et l’AEFE sont confiants pour cette rentrée 2022, les syndicats sont eux inquiets. Les leaders syndicaux expriment eux leur méfiance dans un article sur Lesfrancais.press alors que la question du budget n’est toujours pas résolue, que les modalités d’embauche restent flous après la publication d’un décret que le corps professoral considère comme bâclé et ne répondant pas à toutes les interrogations sur l’évolution de leurs statuts.
Des chantiers non aboutis
Un autre grief porté contre la direction vient de la sénatrice Samantha Cazebonne, ancienne proviseure, élue de la majorité présidentielle, à l’origine de plusieurs lois de modernisation du réseau scolaire. Pour cette dernière, l’AEFE freine les évolutions indispensables au bon fonctionnement des établissements. Elle s’inquiète en particulier pour la mise en place des Institutions de Formation Régionaux qui doivent permettre de former de nouveaux professeurs et des assistants de vie scolaire (AVS) pour les élèves frappés d’handicap et dont le déploiement reste opaque. La parlementaire exhorte la direction à suivre l’esprit de modernisation de la gouvernance de l’AEFE et à associer élus, parents d’élèves aux décisions prises et aux processus d’exécution de celles-ci. A retrouver dans un podcast sur Lesfrancais.press.
Samantha Cazebonne
Une année qui s’annonce houleuse pour les établissements scolaires français à l’étranger à l’image de la période particulière que nous traversons depuis 2020. C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau flash. Bon lundi à tous !
Avec Samantha Cazebonne, ancienne proviseur de Lycées français en Espagne, ancienne députée des Français de la Péninsule ibérique, actuelle sénatrice des Français de l’étranger, élue par les conseillers consulaires en 2021, nous faisons le point sur la rentrée scolaire et parlementaire. L’occasion d’aborder les problématiques rencontrées en ce mois de septembre 2022, mais aussi de faire le point sur les réformes qu’elle a fait voter lors du précédent quinquennat sur la gouvernance de l’AEFE, le lancement des Instituts de Formation Régionaux et le déploiement des Accompagnants de Vie Scolaire pour les petits expatriés frappés par un handicap.
La pénurie de professeurs
Comme en France et dans de nombreux pays européens, le réseau scolaire français à l’étranger, que ce soit en gestion directe de l’AEFE ou lorsque l’établissement est confié à des tiers, est confronté à une pénurie de professeurs.
Pour pallier la crise des vocations, Samantha Cazebonne a décidé de porter un projet à destination des anciens élèves du réseau. Ces diplômés sont pour la sénatrice un vivier qui a été trop longtemps négligé. Car formés à la française, rodés aux usages des Lycées français, maitrisant la culture locale ainsi que la langue, ces profils sont parfaitement adaptés à la mission. Une idée qu’elle tentera de traduire en disposition concrète et qui s’appuierait sur les Instituts de Formation Régionaux (IFR) lancés en janvier 2022.
Mais au-delà des dispositions pratiques, Samantha Cazebonne évoque les deux grands maux qui touchent le corps professoral, soit le manque de reconnaissance sociale et financière. Une situation qui doit évoluer et qui passera par une revalorisation des contrats locaux qui ne sont pas des professeurs « de seconde zone ».
Les Instituts de Formation Régionaux
L’année 2022 a vu naître seize instituts régionaux de formation (IRF). Il s’agit, sur le papier, de “nouvelles structures qui renforcent quantitativement et qualitativement la formation au bénéfice de tous les personnels de l’ensemble duréseau scolaire mondial”, d’après le site de l’AEFE. Autrement dit, des organismes gérés par l’AEFE afin de former et certifier de nouveaux professeurs pour le réseau à l’étranger. Les futurs enseignants seront encadrés par les professeurs expatriés, c’est-à-dire des éducateurs mandatés par l’Éducation nationale le temps de leur mission. Ce nouveau dispositif a été créé suite à une loi portée par Samantha Cazebonne au début de cette année 2022, la sénatrice est donc particulière attentive à son déploiement.
Un déploiement que Samantha Cazebonne juge opaque, la direction de l’AEFE s’étant emparée, selon elle, du projet. Une situation qui étonne la sénatrice qui « ne demande qu’à être associée » à cette création. Une attitude qui risque de gêner la réussite de ces IFR alors qu’elle, comme les autres responsables politiques et associatifs, dispose des compétences complémentaires à celles de l’administration.
Elle appelle, donc, dans l’esprit de la loi sur la nouvelle gouvernance de l’AEFE, autre volet du texte législatif porté par Samantha Cazebonne, à l’organisation d’Etats généraux pour que ces Instituts de Formation Régionaux soient adaptés aux nouveaux besoins.
Une réforme de la gouvernance qui appelle à aller plus loin
Grâce à l’action de la sénatrice, les parents d’élèves ont vu leur poids renforcé dans la direction collégiale de l’Agence pour l’Education Française à l’Etranger incarnée par le conseil d’administration qui se réunit plusieurs fois par an à Paris. Pour Samantha Cazebonne, c’était une manière de « corriger une injustice » alors que les parents d’élèves (principaux pourvoyeurs de fonds) n’avaient que 2 sièges. En doublant le nombre de voix (soit 4 sièges), elle espère permettre à ces derniers de pouvoir mieux se faire entendre.
Mais Samantha Cazebonne reste lucide, la majorité étant conservée par l’administration, pour elle le Conseil d’administration se limite le plus souvent à un rôle de « chambre d’enregistrement » des décisions prises par la direction parisienne. Pour cela, elle voudrait aller plus loin en créant des commissions chargées de préparer les réflexions et caps qui seraient soumis au Conseil d’administration. La sénatrice veut ainsi sortir d’une logique mécanique pour que le Conseil d’administration soit un vrai outil de travail et de réflexion.
Samantha Cazebonne lors de l’inauguration du Lycée français de Panama en présence d’O. Brochet, directeur de l’AEFE
Accompagner les enfants expatriés en situation de handicap
Samantha Cazebonne a fait sa carrière dans l’Education, logiquement, ses mandats comportent de grands volets liés à ce sujet fondamental pour les Français comme pour les expatriés. Naturellement, on la retrouve aussi à l’origine de l’élargissement du dispositif des accompagnateurs de vie scolaire (AVS), existant en France depuis 2016, aux jeunes Français de l’étranger frappés par un handicap.
La sénatrice revient en détails sur cette disposition attendue par de nombreuses familles et associations. Les fameux AVS devaient être recrutés localement ou en France et formés dans les fameux IFR. Cependant, en toute transparence, la parlementaire s’inquiète du retard pris et de l’absence de financement comme de méthodologie. Car plus qu’une formation, Samantha Cazebonne voudrait que ces intervenants soient certifiés et reconnus tant dans le pays de résidence qu’en France.
Les bourses scolaires
Dernier sujet lié à la rentrée scolaire : les bourses scolaires. Alors que l’inflation sévit dans la quasi totalité des pays, les bourses sont peu revalorisées et les plafonds permettant d’y accéder s’éloignent un peu plus de la réalité à laquelle sont confrontés les Français de l’étranger lorsqu’ils veulent mettre leurs enfants dans le réseau français, qui rappelons-le n’est pas gratuit, même pour les citoyens français.
Samantha Cazebonne, sans ambage, s’inquiète de l’exclusion des classes moyennes des établissements français qui subissent cet effet de ciseaux. Elle veut donc porter une nouvelle disposition législative pour faire croitre l’enveloppe budgétaire des bourses mais surtout pour réviser le mode d’attribution afin de répondre, au mieux, aux défis que rencontrent les expatriés dans leur vie quotidienne.
« J’ai envie de faire passer des messages »
Dans la dernière partie du podcast, Samantha Cazebonne évoque la situation politique mais aussi son propre engagement. Consciente du privilège de porter la voix de ses concitoyens, d’abord de la Péninsule ibérique et désormais des quatre coins de la planète, la sénatrice veut rendre utilise « son temps en politique » en faisant passer les messages des expatriés et en transformant leur vie quotidienne.
Cet engagement, elle le mènera encore pendant ce mandat, en espérant que la voix des Français de l’étranger sera plus entendue que lors du dernier mandat pendant lequel, elle regrette que Jean-Baptiste Lemoyne, l’ancien Ministre des Français de l’étranger, ne fut pas assez entendu.
La Loi de Finances 2023
Première étape du parcours parlementaire à venir, la Loi de Finances 2023. Revenant sur le financement du réseau scolaire, Samantha Cazebonne s’étonne que l’AEFE a pu débloquer 20 millions d’euros pour accueillir les nouveaux professeurs mais soit incapable de fournir un budget pour les Instituts de Formation Régionaux ou d’adapter les cotisations demandées aux parents d’élèves français à la situation économique de leur pays de résidence. Elle propose plusieurs pistes pour débloquer des fonds.
Les promesses du candidat Macron
Qui dit agenda parlementaire, on pense évidemment à la planification des lois et amendements qui rendront concrètes les promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Si la parlementaire se dit prête à accélérer sur ces sujets comme la résidence de repli, une généralisation du Service Universel, la distribution des « Pass culture », à l’image des députés de la majorité, elle rappelle que le « top départ » des réformes est dans les mains du nouveau ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht. Nous ne manquerons pas de lui poser la question lors de l’interview qui sera diffusée sur notre site dimanche 11 septembre à 17H (CET).
Stéphane Vojetta, le cas de la Péninsule ibérique
Pour finir, on évoque la situation de la Vème circonscription des Français de l’étranger, réunissant Andorre, Monaco mais surtout l’Espagne et le Portugal. Rappelez-vous, en octobre 2021, à la suite de l’élection de Mme Cazebonne comme sénatrice des Français de l’étranger, c’est Stéphane Vojetta, son suppléant, et en accord avec le fonctionnement constitutionnel de l’Assemblée nationale, qui siégea au Palais Bourbon. Logiquement ce dernier pensait obtenir l’investiture de La République en Marche.
Et pourtant, c’est Manuel Valls qui fut adoubé par le parti présidentiel. Malgré son aura d’ancien Premier ministre, le candidat officiel ne parvient pas au second tour. Une situation qui aurait pu être embarrassante mais que Samantha Cazebonne assume au nom de la fidélité au Président de la République. Les détails dans les dernières minutes du podcast ci-dessous.
La majorité des établissements français à l’étranger vient de faire sa rentrée des classes. L’occasion pour l’ensemble des syndicats du personnel éducatif de définir ses objectifs et sa ligne de conduite pour l’année à venir.
Une nouvelle année scolaire vient de débuter. La précédente a été fortement marquée par les débats houleux entre les syndicats de professeurs, l’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et les ministères concernés. Grèves, rédaction d’un nouveau décret, phase de recrutement des professeurs difficile, plusieurs chantiers ont débuté que les représentants de professeurs comptent bien poursuivre.
La défense du personnel au coeur de la ligne de conduite
Le SNES hors de France et l’UNSA éducation ont tous deux posé comme premier objectif pour cette nouvelle année, la défense du personnel sur le plan salarial.
Entre l’inflation grimpante à travers le monde et la chute de la valeur de l’euro, le pouvoir d’achat des professeurs a fortement baissé ces derniers mois. Cela est d’autant plus accentué par les stigmates laissés par la crise Covid, qui n’est d’ailleurs pas terminée dans certaines régions du monde comme en Chine.
De plus, les aides exceptionnelles pour les Français de l’étranger viennent de prendre fin. Certes, elles ont touché peu de personnes car les démarches pour les percevoir étaient fastidieuses, mais elles étaient tout de même les bienvenues. Ainsi, la conjoncture économique place le corps enseignant dans une situation difficile au niveau financier.
Adrien Guinemer de l’UNSA éducation
C’est pourquoi, les deux organisations de professeurs souhaitent se focaliser en premier lieu sur ce dossier. Selon Patrick Soldat, membre du SNES-FSU, l’attention sera encore plus portée sur les personnes en contrat de droit local qui sont d’autant plus victimes de l’inflation dans des pays comme le Liban ou la Bolivie.
Par ailleurs, la défense du salaire des professeurs passe également par les Indemnités spécifiques à la vie locale (ISVL). Celles-ci sont définies par le décret 2022-896 concernant “les modalités de recrutement, de rémunération et de gestion des personnels des établissements français à l’étranger” et sont calculées en fonction du lieu de résidence. Or, dans ce nouveau décret les ISVL, jugées insuffisantes dans le contexte économique actuel par les représentants de professeurs, n’ont pas été modifiées. Les syndicats aimeraient donc pouvoir faire en sorte qu’un “nouveau système plus réactif à l’inflation dans le monde soit mis en place”, comme l’explique Adrien Guinemer de l’UNSA éducation.
De plus, il indique que s’il y a une réunion trimestrielle afin de définir le montant des ISVL, le budget leur étant alloué ne change pas. Avant d’ajouter que “nous allons faire attention au budget octroyé à l’opérateur public”.
Stage « Exercer hors de France » à Chartres le 18 octobre 2021 par l’UNSA éducation Hors de France
Le budget octroyé à l’AEFE
Le SNES et l’UNSA vont également porter une attention particulière au budget octroyé à l’opérateur public. Au même titre que les autres budgets de l’État, celui-ci va être voté dans les mois à venir dans le cadre de la Loi de finances.
De son côté, l’UNSA va regarder de près les moyens donnés à l’Agence afin de pouvoir atteindre le doublement des effectifs du réseau d’ici à 2030, comme le souhaite le président de la République. Selon l’organisation syndicale, “sans un budget plus important, nous ne pouvons y parvenir”.
Pour le SNES, il est important de savoir où est-ce qu’ira le budget voté. Effectivement, les membres du syndicat s’inquiètent de la fusion de plus en plus appuyée entre le public et le privé. Afin de répondre au plan CAP 2030, qui vise à étendre le réseau et donc doubler le nombre de ses élèves, l’AEFE crée de plus en plus d’alliances avec des établissements privés. Si le directeur de l’Agence, Olivier Brochet, s’en défend en disant que “ceci a toujours existé” et que l’opérateur public “reste la colonne vertébrale du réseau”, l’utilisation du public pour développer le privé alarme les élus de gauche et les représentants du personnel.
“Maintenir un recrutement transparent”
Lorsque le nouveau décret est paru le 17 juin dernier, il laissait envisager la suppression des Commissions consultatives paritaires centrales ou locales (CCPC et CCPL). Sachant qu’elles visent à maintenir de la transparence dans le système de recrutement du personnel, les syndicats s’étaient mis vent debout face à cette éventualité. Le SNES-FSU a donc saisi le Conseil d’État qui leur a donné raison au cours de l’été, car les CCP sont bien inscrites dans la loi. Or, celle-ci prime sur les décrets. Si l’ensemble des syndicats a accueilli le maintien des commissions comme une victoire, il compte bien rester attentif. Effectivement, comme le rappelle Adrien Guinemer, “la loi peut être changée et si cela arrive nous ne pourrons pas faire grand chose”.
Patrick Soldat, membre du SNES-FSU
Par ailleurs, plusieurs points du décret restent en suspens aux yeux des organisations syndicales. Effectivement, si le directeur de l’AEFE, Olivier Brochet, se félicite de la rédaction rapide de ce décret, c’est justement cette célérité qui a été contestée par les syndicats l’an dernier. Ils souhaitaient pouvoir prendre le temps de le rédiger afin de revoir l’ensemble du décret et ouvrir de nouveaux chantiers qui leur tiennent à cœur depuis longtemps. Nous pensons notamment au bornage sur la durée des temps de détachement ou la reconnaissance du droit à la mobilité à l’étranger pour le personnel installé en France. Celui-ci est souvent bloqué dans son académie et ne peut donc envisager l’expatriation. Selon le professeur de l’UNSA, le refus à la mobilité à l’étranger est motivé par le manque de personnel en France. Or, il appuie le fait que les établissements français à l’étranger connaissent le même problème et qu’ils n’en sont pas responsables. Il voudrait donc voir les ministères concernés trouver des solutions pour rendre au métier d’enseignant son attrait d’antan. Bien entendu cela passe par la reconnaissance du corps enseignant, c’est-à-dire une reconnaissance financière entre autres.