Traité d'amitié franco-espagnol

Traité d'amitié franco-espagnol

Demain, jeudi 19 janvier 2023, l’Espagne et la France signeront un traité d’amitié à l’occasion d’un sommet bilatéral, à Barcelone (Catalogne). Une nouvelle qui ravit le premier des Français de la péninsule ibérique, le député Stéphane Vojetta.

Traité de Barcelone

À l’occasion de ce sommet, le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, et le président français Emmanuel Macron, signeront «un traité d’amitié et de coopération entre les deux pays qui portera le nom de traité de Barcelone».

Ce traité sera le premier du genre entre Madrid et Paris. Il aura pour modèle celui du Quirinal, signé en novembre 2021 avec l’Italie.

Cependant les indépendantistes au pouvoir en Catalogne, région qui a été le théâtre d’une tentative de sécession en 2017, ont appelé à manifester contre ce sommet et le traité.

H2Med, le pipeline d’hydrogène

Autre enjeu de ce sommet bilatéral, le pipeline dédié à l’hydrogène, H2Med. Il reliera Barcelone à Marseille par la mer et devrait transporter d’ici 2030 de l’hydrogène vert produit à partir d’énergies renouvelables.

Le projet s’inscrit dans la stratégie hydrogène de l’Union européenne et doit permettre d’acheminer de l’hydrogène vert, fabriqué à partir d’électricité renouvelable ou de nucléaire, dans le sens France-Espagne. L’accord de principe mentionnait au départ qu’il pourrait transporter du gaz naturel de façon transitoire, ce qui a suscité l’inquiétude de nombreux observateurs. Ils pointaient du doigt un gazoduc déguisé, et un actif échoué très coûteux – le projet est estimé à 2,5 milliards d’euros. Mais il ne devrait finalement transporter que de l’hydrogène, afin de pouvoir être déclaré « projet d’intérêt commun » et bénéficier de financements européens.

Un député ravi

Pour le député des Français de la péninsule ibérique, Stéphane Vojetta, ce sommet représente l’aboutissement de multiples accords inscrits dans une relation bilatérale forte qui ne fut pourtant pas toujours placée sous de bons auspices. 

« Pendant 30 ans, nous avons eu de profonds désaccords. L’agriculture et le terrorisme en sont des exemples. Les deux dernières années, la relation a été très forte, et maintenant nous avons deux dirigeants, Emmanuel Macron et Pedro Sánchez, qui partagent leur génération, leurs visions politiques, gouvernent, construisent des coalitions et tous deux ressemblent à ce que l’Europe doit être. » 

Stéphane Vojetta dans un article publié le 16 janvier 2023 dans le journal Vanguardia

Pour lui, le traité ira bien au-delà de l’accord autour du pipeline. Coopération économique et culturelle, interconnexions énergétiques, défense, industrie militaire et citoyenneté seront au menu. Des sujets qui peuvent aussi faciliter la vie de nos compatriotes installés en Espagne.

Concernant le choix de la ville de Barcelone, Stéphane Vojetta rappelle que c’est un choix espagnol. Cependant, il espère que cela marquera le retour de Barcelone dans la normalité.

« … Ramener Barcelone dans un environnement de normalité, et remettre Barcelone à sa place, au centre de la relation bilatérale entre la France et l’Espagne »

Stéphane Vojetta dans un article publié le 16 janvier 2023 dans le journal Vanguardia

Une réception pour les Français de Barcelone

En fin de journée, les services du consulat ont invité 400 Français sélectionnés par les services de l’Élysée à un cocktail durant lequel le Président français fera un discours. Cette réception sera organisée dans le gymnase du Lycée français de Barcelone, établissement scolaire géré directement par l’État français.

Comme souvent le Président de la République va donc à la rencontre des Français résidant dans la ville ou le pays, mais cette fois, les modalités d’organisation sont sujets à de nombreuses critiques. En effet, un des représentants SNES-FSU de l’établissement scolaire nous alerte sur les conséquences de cette réception.

Au sein du Lycée, c’est le gymnase qui a été choisi pour recevoir les convives. Un bâtiment qui souffre depuis « 10 ans » et qui est en attente d’une rénovation qui ne vient pas, faute de financement. Dans l’urgence, depuis ce lundi, le lieu est réquisitionné par la sécurité et le service de communication du Président de la République, provoquant une grande désorganisation dans l’organisation des cours d’EPS.

« Cela chamboule l’organisation des cours d’EPS et en dégrade très clairement les conditions d’enseignement. Là encore, il est assez ironique de voir que ce gymnase va se refaire une beauté en quatre jours alors que cela fait plus de dix ans que des travaux sont supposés avoir lieu afin de le rénover en profondeur.« 

Un représentant syndical du corps professoral

Une situation qui pousse les représentants du personnel du Lycée français de Barcelone à boycotter la soirée. En effet, alors que le ministre de l’Education, M. Ndiaye, accompagnera le président de la République, il leur avait été refusé une rencontre avec ce dernier ou un de ses collaborateurs alors que le cadre d’enseignement dans ce Lycée se dégrade depuis de nombreuses années. Cependant, mardi 17 janvier, un rendez-vous a pu être pris, ce qui n’a pas changé la position des représentants du personnel qui seront bien absents à la réception. Une tache sur ce déplacement qui interroge sur la volonté réelle du pouvoir politique d’agir pour les Français de l’étranger.

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