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  • Devenez volontaire aux JO 2024 à Paris

    Devenez volontaire aux JO 2024 à Paris

    Depuis le 22 mars et jusqu’au 3 mai 2023, il est possible de postuler pour devenir volontaire aux JO 2024 à Paris. Saviez-vous qu’il n’est pas obligatoire de résider à Paris pour participer à cet événement international dans notre capitale ? Les Français de l’étranger, grâce à leur maîtrise d’autres langues, la connaissance d’autres cultures, sont particulièrement attendus dans les rangs des bénévoles !

    Quelles missions ?

    Les missions sont variées. Certains bénévoles sont dépêchés sur les sites de compétition et d’entraînement, dans le village des athlètes ou encore dans les transports. « Ils accompagnent les délégations sportives sur leur lieu d’entraînement, passent le râteau sur le terrain de beach-volley, accueillent les journalistes, placent les spectateurs… », énumère le comité d’organisation Paris 2024.

    Certains seront missionnés dans des aires de compétition, et ont donc l’occasion de croiser des athlètes ou de voir une partie des compétitions. Par contre, les candidats ne peuvent pas choisir leur mission. L’organisation tente de mettre les aspirants bénévoles au bon endroit, en fonction de ce qu’ils veulent et savent faire. Mais si la mission proposée ne convient pas au candidat, il peut toujours la décliner.

    Quelles sont les conditions pour postuler ?

    Les bénévoles doivent au moins maîtriser le français ou l’anglais, avoir au moins 18 ans le 1er janvier 2024 et être disponible durant au moins dix jours. Pas besoin d’être français, ni de vivre dans l’Hexagone pour candidater.

    « La plupart des missions ne demandent pas de compétences particulières », indique Paris 2024. Certaines nécessitent toutefois des prérequis : avoir le permis de conduire, un certificat de premiers secours, maîtriser une langue étrangère, connaître les règles d’une discipline sportive…

    Et l’hébergement ?

    Les volontaires ne sont pas hébergés, sauf à de « très rares exceptions »« lorsque les horaires de la mission et l’éloignement du domicile obligent à un retour trop tardif », précise le comité d’organisation, présidé par l’ancien canoéiste Tony Estanguet, premier athlète français à avoir obtenu trois médailles d’or au cours de trois JO différents (Sydney 2000, Athènes 2004 et Londres 2012).

    Pour les Français de l’étranger qui veulent tenter l’aventure, il faudra donc s’appuyer sur la famille ou les amis pour être logé voire se tourner vers le parc hôtelier, mais les prix des chambres ou location pendant les J0 2024 vont exploser… Gare à la facture !

    Surtout que les volontaires ne sont pas rémunérés. Pour se rendre depuis leur lieu de résidence au site sur lequel ils sont mobilisés, ils pourront prendre les transports publics locaux gratuitement. Ils bénéficieront également d’un repas offert chaque jour lors de leur mission.

    Comment postuler ?

    Le portail en ligne sur lequel postuler est ouvert depuis le 22 mars et ce jusqu’au 3 mai. Il faut compter entre 30 et 45 minutes pour déposer une candidature. Les candidats recevront une réponse à l’automne 2023.

    A noter : celles et ceux qui seront sélectionnés devront prendre part à des formations (à distance ou en présentiel) pour les préparer aux missions et découvrir le site où ils seront dépêchés. En moyenne, ces formations durent au total deux jours.

  • Netflix et l’Unesco misent sur le cinéma africain

    Netflix et l’Unesco misent sur le cinéma africain

    Netflix et l’Unesco misent sur le cinéma africain. Après avoir lancé un concours lancé en 2021, destiné à identifier les cinéastes les plus prometteurs d’Afrique sub-saharienne, la plateforme diffuse leurs courts-métrages. Une aubaine pour ces jeunes réalisateurs issus du continent.

    Contenus originaux et africains

    Un des objectifs principaux de la plateforme : développer ses contenus originaux. Mais pour ça Netflix doit réussir à trouver ses talents sur le continent africain. “Nous voulons passer à une autre échelle assez rapidement en termes d’offre que nous avons sur le marché, mais nous voyons qu’il y a un manque de producteurs hautement qualifiés sur ce marché”, explique Ben Amadasun, responsable du contenu original et des acquisitions en Afrique chez Netflix à Africa News“Nous travaillons très activement en soutenant les industries et l’écosystème avec des programmes de formation et d’autres initiatives que nous avons mises en place au cours de l’année passée”. Pour l’aider dans sa recherche de talents nationaux, la plateforme vient de nouer un partenariat avec l’UNESCO. Le duo organise jusqu’au 14 novembre prochain un concours de courts-métrages ouvert aux réalisateurs d’Afrique sub-saharienne sur le thème : ”des contes populaires d’Afrique réinventés”. Les lauréats remporteront la somme de 25 000 dollars “à titre personnel”, détaille l’UNESCO et “bénéficieront d’une formation et d’un encadrement par des professionnels de l’industrie”.

    75 000 dollars de budget par court-métrage

    Ils recevront également un budget de 75.000 dollars pour créer, produire et filmer leurs court-métrages qui seront diffusés en 2022 sur Netflix Africa. Une avancée quand on sait que pour l’instant, seules trois séries originales ont été tournées en Afrique : Shadow diffusée en 2019, Blood and water dont la saison 2 est disponible depuis le 24 septembre et Queen Sono qui vient de voir sa saison 2 être annulée en raison de la pandémie. Toutes ont été produites en Afrique du Sud, pays qui pour l’instant semble réunir tous les critères requis pour un développement rapide. La population parle anglais et le pays bénéficie déjà d’une scène artistique développée. Autre arrivée imminente : le film “Amina” basé sur l’histoire de la reine du même nom, une guerrière de l’empire Zazzau du XVIe siècle. Il sortira le 4 novembre prochain, avec plus de quatre années de retard. Parrainé par la Banque nigériane de l’industrie (BOI) le film avait été tourné en 2015 au Nigéria, la post-production aurait quant à elle été réalisée en Europe.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Fin de la coopération policière entre le Royaume-Uni et l’UE ?

    Fin de la coopération policière entre le Royaume-Uni et l’UE ?

    Si le gouvernement britannique ne s’aligne pas sur les propositions de l’UE, la coopération policière entre le Royaume-Uni et l’UE en matière d’échanges transfrontalièrs pourrait prendre fin, ce qui signifierait que la police britannique serait exclue des bases de données du bloc.

    Selon un communiqué de presse de la commission d’examen des affaires européennes du parlement britannique, la coopération en matière de police transfrontalière pourrait prendre fin si les changements proposés par Bruxelles aux règles communautaires sur le partage des informations des bases de données policières (« Prüm II ») entrent en vigueur sans un accord mettant à jour l’accord de commerce et de coopération.

    Depuis sa sortie de l’UE, le Royaume-Uni est resté aligné sur le bloc en matière de coopération policière par le biais de l’accord de commerce et de coopération entre l’UE et le Royaume-Uni.

    La coopération en matière de police transfrontalière pourrait prendre fin si les changements proposés par Bruxelles aux règles communautaires sur le partage des informations des bases de données policières (« Prüm II ») entrent en vigueur sans un accord mettant à jour l’accord de commerce et de coopération. [SHUTTERSTOCK/Gary Perkin]

    Le cadre Prüm

    Le cadre Prüm pour l’échange automatisé de données permet aux États membres de consulter les données relatives à l’ADN, à la dactyloscopie et à l’immatriculation des véhicules dans une ou plusieurs bases de données nationales d’autres États membres.

    La proposition de Prüm II ajouterait de nouvelles catégories à l’échange automatisé de données, telles que les images faciales de suspects et de criminels condamnés, ainsi que les dossiers de police. Elle prévoit également des routeurs centraux auxquels les bases de données nationales pourraient se connecter, remplaçant ainsi les multiples connexions entre ces bases de données.

    Toutefois, si le gouvernement britannique ne s’aligne pas sur ces propositions, la police britannique pourrait être exclue de ces bases de données et ne pas pouvoir accéder à des informations biométriques essentielles sur les criminels opérant en Europe, explique la commission d’examen des affaires européennes.

    L’organe de contrôle du parlement britannique a également ajouté que cela pourrait avoir des « conséquences significatives » sur la capacité du gouvernement à cibler le crime organisé opérant au-delà des frontières.

    Le président de la commission, le député Sir William Cash, a écrit une lettre au ministre de la Sécurité, Tom Tugendhat, lui demandant de clarifier comment le gouvernement entend répondre aux propositions de Prüm II et si le statu quo de la coopération reste une option.

    Selon lui, il doit confirmer qu’une « évaluation d’impact complète exposant les coûts et les bénéfices de la participation du Royaume-Uni à tout arrangement Prüm renforcé » sera publiée avant que le gouvernement ne décide de sa participation.

    EURACTIV a contacté Europol pour un commentaire mais n’a pas reçu de réponse avant la publication de cet article.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 06.04.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 06.04.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans l’édition du jeudi 06 avril, aujourd’hui on se félicite de la baisse des émissions carbone, on s’étonne du sondage plaçant Marine Le Pen en tête en cas d’élection présidentielle anticipée et enfin on revient sur le rendez-vous loupé entre la première ministre et les syndicats hier mercredi. 

    Baisse des émissions carbone 

    Le Citepa, organisme chargé de décompter les émissions de carbone françaises, a en effet enregistré une forte baisse des émissions carboniques de la France sur les trois derniers mois de l’année. Mais notre pays fait mieux, puisque sur l’année, les émissions territoriales — c’est-à-dire qui ne prennent pas en compte les émissions issues des produits importés, soit la moitié environ des émissions françaises — ont baissé d’environ 2,5 % par rapport à 2021. En 2021, l’Hexagone avait connu un regain carbonique de 6,4 % par rapport à 2020, année qui, à l’inverse, avait vu une baisse de 9,6 % par rapport à 2019, en raison de la Covid-19. Cependant on est encore en-dessous de notre engagement auprès de l’Union européenne pour la réduction de la pollution. Il faut donc redoubler d’efforts. 

    55% d’intentions de vote pour Marine Le Pen 

    La cote de popularité de l’exécutif est au plus bas. En pleine mobilisation contre la contestée réforme des retraites, c’est celle du président de la République qui est particulièrement entachée, notamment depuis l’utilisation du 49.3 pour faire adopter le texte. Selon une nouvelle enquête « L’Opinion en direct » menée par l’institut Elabe pour BFMTV sur les Français et le climat politique, si le second tour de la présidentielle de 2022 avait lieu à nouveau aujourd’hui, Marine Le Pen devancerait Emmanuel Macron.

    Politique

    Élisabeth Borne n’envisage plus d’avancer avec les partenaires sociaux

    C’est la déclaration de la Première ministre à l’issue du rendez-vous ce mercredi 05 avril avec les syndicats pour essayer de trouver une sortie de crise sur la réforme des retraites. Pour les syndicats, cette crise sociale se transforme en crise démocratique. Ils comptent bien se faire entendre demain pour une nouvelle journée d’actions. 

    C’est tout pour aujourd’hui ! A demain pour le dernier flash de la semaine !

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Un long parcours législatif s’annonce pour la « résidence d’attache »

    Un long parcours législatif s’annonce pour la « résidence d’attache »

    Ce mardi 4 avril 2023, le Sénat a adopté la proposition de loi créant une résidence d’attache pour les Français établis hors de France, portée par M. Ronan Le Gleut et plusieurs de ses collègues. Pourtant le gouvernement par la voix de Gabriel Attal s’y opposait, tout en précisant « accueillir favorablement la proposition« . Ce dernier désire mettre en place un groupe de travail afin de déminer les écueils juridiques possibles. Autre opposition à ce projet, la gauche dont les arguments étaient portés avec vigueur par Mélanie Vogel, la sénatrice EELV des Français de l’étranger.

    « L’intention que sous-tend ce texte est évidemment louable, mieux je peux dire que celui-ci est accueilli de façon bienveillante »

    Gabriel Attal, Ministre du Budget au Sénat le 04 avril 2023

    Qu’est-ce qu’une résidence d’attache ?

    La création d’un 3ème statut pour un bien immobilier, en plus de celui de résidence principale ou secondaire permettrait aux Français de l’étranger qui possèdent un bien immobilier en France d’en faire légalement un lieu où se replier en cas de crise dans leur pays de résidence. Ce statut de « résidence de repli », distinct donc de celui de résidence secondaire, ouvrirait une niche fiscale permettant d’éviter les taxes sur les résidences secondaires tout en permettant d’accéder aux aides à la rénovation et autres.

    Comme l’a souligné Gabriel Attal, cette disposition concernerait 300 000 résidences. Précisons que la nationalité n’étant pas prise en compte dans la fiscalité, mais uniquement la notion de résident ou non-résident, parmi les biens potentiellement bénéficiaires de la disposition beaucoup appartiennent à des non-nationaux.

    Illustration ©StockAdobe

    Un flou juridique

    C’est d’ailleurs ce point qui pose problème pour le ministre du Budget, en effet, il serait inconstitutionnel de mettre en place une disposition uniquement réservée aux nationaux, brisant l’égalité devant l’impôt garantie aux résidents en France. Cette loi poserait aussi des problèmes par rapport au droit européen, puisqu’il garantit une égalité de traitement de tous les citoyens des pays membres dans tous les Etats de l’Union européenne.

    C’est sur cette base que Gabriel Attal, ministre délégué chargé des comptes publics et Olivier Becht, ministre délégué chargé du commerce extérieur et des Français de l’étranger, ont annoncé le lancement d’un groupe de travail transpartisan chargé d’identifier les critères permettant de définir les contours de cette notion. Il rassemblera des personnalités qualifiées, des parlementaires et des représentants des Français de l’étranger, ainsi que les administrations concernées. La première réunion du groupe de travail se tiendra le 11 avril prochain, et rendra ses conclusions à l’été 2023.

    Uniquement pour les Français installés dans des pays en crise ?

    A l’origine, cette idée portée par Ronan Le Gleut, mais aussi imaginée par Frédéric Petit avec la résidence de repli dans le programme présidentiel de 2022, devait s’appliquer à tous les Français de l’étranger. Mais sous l’impulsion de Bercy, le périmètre d’application de la proposition de loi serait réduit aux Français résidant dans un pays dit en crise, soit classé rouge, voire orange par le ministère des Affaires étrangères. Une disposition que ne comprennent pas certains sénateurs et les élus locaux des Français de l’étranger comme Jérémy Michel, président du Conseil consulaire des Français de Belgique (qui seraient de fait exclus du dispositif).

    « C est une position « tartuffe » du gouvernement et de Ronan le Gleut. La philosophie était de permettre aux Français de l’étranger de garder ou d’acquérir un bien en France pour pouvoir aussi s’y retrouver et consommer dans notre pays. En la ciblant uniquement sur les Français de l’étranger vivant dans les pays dits de « zones à risques », on détourne le débat en stigmatisant les « exilés » alors que la résidence d’ attache / de repli c’est avant tout le lien fort entre la France et nos compatriotes vivant hors des frontières. »

    Jérémy Michel, président du Conseil consulaire des Français de Belgique

    Cette modification de la définition du champ d’application de la résidence d’attache met le pays où vit le Français de l’étranger au coeur du dispositif et non plus la volonté de l’expatrié(e) de maintenir un lien fort avec la France. C’est un changement de paradigme par rapport aux premières propositions soutenues par de nombreux élus !

    Quelles conséquences fiscales ?

    Pour l’instant le débat n’est pas tranché, loin de là. Les possibilités sont nombreuses, exemption des taxes locales liées à la résidence secondaire, mais Gabriel Attal précise que les résidences détenues par des non-résidents rapportent plus de 340 millions d’euros aux pouvoirs locaux, ou simple dégrèvement au retour ? Le sujet de l’accès aux aides à la transition énergétiques et à la rénovation n’a pas été clarifié non plus.

    Le texte a donc été aussi renvoyé à la Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire du Sénat pour préciser tout l’impact fiscal et sur les droits sociaux que la création d’un tel statut de résidence d’attache entraînerait.

    Une disposition qui desservirait l’ensemble des Français ?

    Mais au-delà des considérations fiscales, pour les sénateurs de gauche ce statut nuirait à l’ensemble des Français. Comme l’a martelé Mélanie Vogel, sénatrice EELV des Français de l’étranger, lors de la séance publique de ce mardi 04 avril, ce texte faciliterait le maintien de biens immobiliers hors du parc locatif. Renforçant de fait les tensions sur le marché des locations, ce que déplore l’élue écologiste.

    Mélanie Vogel
    Mélanie Vogel au sénat ce 04 avril 2023

    Un point qui sera donc étudié en commission mais évidemment, aussi, dans le groupe de travail parallèle initié par les ministres Gabriel Attal et Olivier Becht.

  • La loi anti-squat adoptée ! Qu’est ce que cela changera ?

    La loi anti-squat adoptée ! Qu’est ce que cela changera ?

    La proposition de loi, dite anti-squat, portée par les groupes Renaissance et Horizons et soutenue par la droite et le RN, a été adoptée à une large majorité ce mardi 04 avril 2023. Elle prévoit de tripler les sanctions encourues par les squatteurs – jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

    Négocier avec le Sénat ?

    L’Assemblée nationale a donc voté, ce mardi 4 avril, en deuxième lecture, la proposition de loi de la majorité présidentielle contre les squats, un texte qui inquiète la gauche et les associations de lutte contre le mal-logement, mais pas seulement, l’ONU a aussi émis des critiques, nous y reviendrons plus bas dans cet article.

    Validée par 385 voix contre 147, et 8 abstentions, la proposition, qui a le soutien de la droite et du RN, doit désormais être examinée en deuxième lecture au Sénat, avant une probable tentative de conciliation entre députés et sénateurs dans une commission paritaire.

    Accélérer les délais d’expulsion

    Lors des débats en séance jeudi, les députés de gauche ont cherché en vain à revenir sur un ajout des sénateurs en première lecture : par cet article, le juge ne pourra plus accorder des délais aux squatteurs dont l’expulsion a été judiciairement ordonnée.

    La proposition de loi accélère, par ailleurs, les procédures en cas de loyers impayés. Il est prévu notamment de manière systématique dans les contrats de bail une « clause de résiliation de plein droit« , que le propriétaire pourra activer sans avoir à engager une action en justice.

    La proposition de la majorité a été discutée alors que s’achevait vendredi la trêve hivernale, synonyme de reprise des procédures d’expulsions locatives. Quelque 350 personnes ont manifesté samedi à Paris contre le retour de ces expulsions et la proposition de loi, qui va « contribuer à la chasse aux pauvres orchestrée par Emmanuel Macron », selon Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement.

    Les députés LFI ont déposé de leur côté une proposition de loi « d’urgence pour protéger les locataires de la hausse des loyers et des charges », et réclament sa mise à l’ordre du jour. Le logement est une « bombe sociale », d’après son initiateur, William Martinet.

    Lever les freins à la location

    Pour les résidents et encore plus pour les Français de l’étranger, la distance complexifiant la gestion locative et encore plus celle d’un conflit juridique, les délais de traitement par la justice des cas de squat ou d’impayés de loyer et la difficulté à faire exécuter les arrêts des juges, pouvaient bloquer la mise sur le marché locatif de bien ou tout simplement décourager l’acquisition d’un bien en France.

    Pour les expatriés, une simplification de la loi et un alignement sur les standards internationaux est donc une bonne nouvelle.

    Agence immobilière en France ©Google images

    L’ONU inquiète

    Mai cette loi va peut-être plus loin que les normes internationales. C’est en tout cas le sentiment des experts de l’ONU qui ont alerté, hier mardi 04 avril, sur les potentielles dérives du texte.

    Après les associations de locataires, celles qui luttent contre le mal-logement associées au Syndicat de la magistrature, après la Défenseure des droits, après la Commission nationale consultative des droits de l’homme, c’est au tour des experts de l’Organisation des Nations unies (ONU) de s’inquiéter de la proposition de loi visant à défendre les logements contre l’occupation illicite.

    Le rapporteur spécial de l’ONU sur le logement convenable, Balakrishnan Rajagopal, et le rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté et les droits humains, Olivier De Schutter, ont adressé au gouvernement français une communication officielle longue de huit pages, rendue publique mardi 4 avril. 

    « Nous alertons sur la régression que constitue cette proposition de loi, et sur le risque qu’elle conduise la France à violer ses engagements internationaux »

    M. De Schutter à l’AFP

    S’il n’est pas exceptionnel que des rapporteurs de l’ONU transmettent une telle communication à un pays membre, c’est, « à ma connaissance, la première fois que la France est saisie au sujet d’un texte de loi relatif au logement », précise-t-il.

    Pour les experts, le texte va à l’encontre des engagements internationaux de la France. Pour rappel, le 4 novembre 1980, la France a ratifié le Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels. Le Pacte, ratifié par 171 Etats, oblige le pays à «donner la priorité voulue aux groupes sociaux vivant dans des conditions défavorables en leur accordant une attention particulière. Les politiques et la législation ne devraient pas, en l’occurrence, être conçues de façon à bénéficier aux groupes sociaux déjà favorisés, au détriment des autres couches sociales», rappellent les deux rapporteurs spéciaux de l’ONU. C’est sur la base de ce texte qu’ils alertent sur une potentielle violation des engagements internationaux de la majorité, avec la proposition de loi «antisquat» en l’état.

    En réponse, ils recommandent à la France de réaliser «une étude d’impact approfondie» afin de déterminer qui et combien de personnes sont susceptibles d’être affectées par cette loi « anti-squat ». En l’absence d’une telle étude, les rapporteurs sont catégoriques : «il n’est pas possible de vérifier si ces changements [liés à la promulgation d’une telle loi] peuvent être justifiés». Les sénateurs, lors de la deuxième séance, pourront peut-être s’emparer à temps de la question soulevée par les rapporteurs. Et agir en conséquence.

  • Noam Mouelle, un Français au palmarès du Boat Race

    Noam Mouelle, un Français au palmarès du Boat Race

    Noam Mouelle, doctorant français, faisait partie de l’équipage gagnant de la course de bateaux de Cambridge, la fameuse « Boat Race » qui voit les universités britanniques s’affronter en aviron. Il fut le premier concurrent noir de l’épreuve masculine et il n’est que le 3ème Français à inscrire son nom au palmarès

    L’événement, qui dure depuis 194 ans, a vu Cambridge battre Oxford par une longueur et un tiers sur le Championship Course, Noam Mouelle jouant un rôle clé dans l’équipe comme rameur principal.

    Nous sommes allés à sa rencontre. 

    “On s’attendait à une course très serrée en raison d’un des deux équipages, mais la course le fut moins que prévu et on a su la maîtriser grâce à notre barreur qui a géré les conditions météorologiques.”

    Noam Mouelle

    « Ma famille était présente » 

    Pour Noam Mouelle, cette victoire fut riche en émotions, ses parents et sa sœur étaient venus assister à la célèbre compétition.

    “Je suis hyper content et fier. Il y avait beaucoup de gens dont mes parents qui ont regardé la course. Ça fait un moment que je fais de l’aviron. Faire une compétition internationale a toujours été une source de motivation n’ayant pas encore le niveau pour participer aux Jeux Olympiques. Un défi que j’aimerais bien relever si l’opportunité se présente.” 

    Noam Mouelle

    Après avoir terminé ses études de l’autre côté de la Manche, Noam Mouelle s’est inscrit à l’Imperial College de Londres, estimant que c’était le meilleur environnement pour lui afin de poursuivre des études de physique tout en continuant sa passion pour l’aviron.

    D’autres succès ont précédé ce coup d’éclat et petit à petit Noam Mouelle s’est intégré au sein de la communauté britannique de l’aviron. Et tout d’un coup, au fil des entraînements, ce qui était impensable auparavant est devenu réalité.

    “D’une manière générale on s’entraîne depuis le mois de septembre. On s’entraîne 12 fois par semaine. C’est deux fois par jour sauf un jour de repos qu’on a. Ce sont des entraînements soit sur l’eau soit en cheval.” 

    Noam Mouelle

    Une victoire pour la diversité !

    Si Noam Mouelle marque l’histoire en étant déjà que le 3ème Français a remporter cette course en près de 200 ans, il est aussi le premier issu d’une famille aux ascendants africains. Ainsi, le British Rowing Inclusive Club Guide de 2018 a révélé que seulement 4 % de ses membres appartenaient à des minorités noires, asiatiques ou ethniques.

    Rowing – University Boat Race – Oxford v Cambridge – River Thames, London, Britain – March 26, 2023 Cambridge rowers Noam Mouelle and Nicholas Mayhew celebrate after winning the men’s race Action Images via Reuters/Peter Cziborra

    Aujourd’hui, on pense que la proportion a évolué à un peu plus de six pourcents, un chiffre qui reste faible. Et ce malgré une foule d’initiatives positives et bien intentionnées mises en place par diverses organisations, on ne peut nier que l’aviron reste encore un sport élitiste et fermé aux personnes issues des minorités.

    C’est un problème que Noam Mouelle espère voir appartenir au passé. S’il ne souhaite pas être considéré comme un pionnier ou un exemple à suivre pour les autres, sa victoire est un signal pour tous ceux qui voudraient s’adonner à ce sport et qui n’osent pas pour des raisons culturelles ou sociales.

  • La fin de l’argent facile a-t-elle sonné ?

    La fin de l’argent facile a-t-elle sonné ?

    Depuis plus de quarante ans, la France cultive l’art bien entretenu du déficit public. L’Union européenne a simplement freiné ses ardeurs en la matière, en devenant un parfait bouc émissaire. Les barres des 3 % de déficits publics et des 60 % de dette publique ont longtemps servi de garde-fous avant de rompre sous les coups des crises à répétition. La dette frôle désormais les 3 000 milliards d’euros et représente plus de 110 % du PIB quand sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing elle ne dépassait pas 25 % du PIB. 

    En 2022, le déficit public s’est élevé de 4,7 % du PIB. Ce taux est jugé comme un exploit, voire le signe d’une bonne gestion, car il avait été prévu à 5,5 % en loi de finances initiale. Depuis trois ans, les Français goûtent aux délices du « quoi qu’il en coûte ». Pour atténuer les conséquences de l’épidémie de covid-19 et de la vague inflationniste liée à la guerre en Ukraine, le gouvernement a desserré les cordons de la bourse dans des proportions sans précédent hors période de guerre.

    L’État fonde sa légitimité dans le « dépenser plus »  

    Les faibles taux d’intérêt qui ont prévalu des années 2015 à 2021 ont popularisé l’idée que les pouvoirs publics pouvaient distribuer de l’argent sans limite ni contrainte. En vertu de quelle argutie, faudrait-il changer les habitudes prises ces dernières années ? L’État fondant sa légitimité non plus à travers l’exercice de ses fonctions régaliennes mais dans le « dépenser plus », éprouve les pires difficultés à renverser cette tendance. 

    En France, les dépenses publiques représentent près de 60 % de la création de richesses réalisée par l’ensemble des citoyens. À ce niveau de socialisation, oser qualifier le système économique en vigueur d’ultralibéral est un véritable abus de langage. Ces dernières années, pour compenser la médiocrité de la croissance, les pouvoirs publics ont multiplié les aides et prestations au profit de la population et au détriment des dépenses d’investissement. Plus de la moitié des dépenses publiques en France sont de nature sociale. L’effort croissant de redistribution n’a pas, bien au contraire, empêché un sentiment de défiance à l’encontre des pouvoirs publics de prospérer tout comme celui d’un appauvrissement et d’une montée des inégalités. 

    En revanche, toute réduction des dépenses publiques est perçue comme une régression, comme une remise en cause de droits chèrement acquis. La soustraction de la gestion publique aux règles budgétaires et monétaires classiques inquiète de moins en moins. Les thuriféraires de l’équilibre des comptes publics sentent le compassé et sont relégués au rang de vestiges d’une pensée obsolète. La rigueur budgétaire est honnie en France. Elle s’assimile aux notions de sacrifices et de régression. Les responsables politiques qui l’ont réellement appliquée en sont rarement récompensés dans les urnes comme l’ont prouvé les amères expériences de Raymond Barre ou de Pierre Bérégovoy.

    La montée aux extrêmes des déficits et de la dette mène toujours à la catastrophe 

    De l’Empire Romain à la Grèce du XXIe siècle, l’Histoire nous rappelle que la montée aux extrêmes des déficits et de la dette mène toujours à la catastrophe. Tout emprunt qui ne génère pas une création de richesses permettant de le rembourser est une charge que les contribuables devront à un moment ou à un autre assumer, à moins que les épargnants en fassent les frais à travers un abandon de créances.

    Le temps de la facilité et de l’illusion monétaire se termine. La hausse des taux d’intérêt a sonné le glas de l’argent facile. Le poids des intérêts à payer pour l’État en France devrait être multiplié par deux en moins de cinq ans. L’heure des choix en matière budgétaire ne pourra pas être éludée plus longtemps. Compte tenu de la demande croissante en biens publics en lien avec le vieillissement de la population, la transition énergétique et le retour des tensions militaires, la croissance des dépenses publiques ne peut que s’accélérer dans les prochaines années. 

    Pour éviter un emballement délétère de la dette, les pouvoirs publics ont comme outils la réalisation d’économies, l’augmentation des impôts, l’obtention de gains de productivité et l’inflation. Ils peuvent évidemment opter pour un savant cocktail de tous ces outils. Si la réalisation d’économies budgétaires est le moyen le plus efficace pour maîtriser les déficits publics, la France n’en a pas la culture, à la différence de l’Allemagne, du Canada ou de la Nouvelle Zélande.

    Le recours à l’arme fiscale frappe toujours et avant tout les classes moyennes 

    La solution fiscale est celle qui a toujours été privilégiée au point que le taux des prélèvements obligatoires dépasse désormais 45 % du PIB. Pour autant, de plus en plus de voix réclament, au nom de l’équité, une augmentation des impôts et taxes acquittés par les entreprises et les ménages à revenus élevés. Or, quelques multinationales et milliardaires qui ont, par ailleurs, la possibilité d’optimiser fiscalement leur situation, ne rempliront pas à eux seuls les caisses de l’État. Le recours à l’arme fiscale frappe toujours et avant tout les classes moyennes qui ont l’avantage ou plutôt l’inconvénient d’être nombreuses et peu mobiles. 

    La taxation des entreprises si elle est populaire ne doit pas faire oublier que celle-ci, in fine, se répercute non seulement sur les actionnaires certes mais aussi sur les salariés et les consommateurs. En matière de fiscalité, l’efficience passe par un principe simple maintes fois répété : des assiettes larges et des taux faibles. Cela signifie la suppression des niches fiscales qui n’ont, en règle générale, qu’une faible utilité économique. L’introduction du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus financiers en 2019 a prouvé qu’un impôt simple pouvait générer des recettes. Au nom de la démagogie, la tentation de relever sans réformer les impôts risque malheureusement de l’emporter.

    Une croissance forte suppose la restauration des gains de productivité et donc la compétitivité des entreprises

    Une croissance forte, en générant des recettes publiques, permettrait, comme ce fut le cas durant les Trente Glorieuses, d’endiguer la marée haute des déficits. Cette solution suppose la restauration des gains de productivité et donc la compétitivité des entreprises. Elle passe par la maîtrise des coûts, l’innovation et les compétences. Elle est évidemment la solution la plus vertueuse mais elle exige un effort dans la durée. 

    À défaut, les pouvoirs publics pourront compter sur l’inflation pour élimer le poids de la dette publique comme ce fut le cas à la sortie de la Seconde Guerre mondiale avec, toutefois, comme inconvénient le risque d’attiser les tensions sociales et de fragiliser la monnaie commune. 

    Dans un système de changes flottants, la monnaie qui est tout à la fois un étalon, un instrument d’échange et de réserve, repose sur la confiance. Quand elle est partagée par vingt États membres comme c’est le cas au sein de la zone euro, chacun d’entre eux doit respecter les règles du contrat d’adhésion et avoir une pratique budgétaire qui ne la mette pas en danger. C’est au nom de ces principes que le Pacte de stabilité budgétaire sera prochainement de retour. C’est au nom de ces principes que la France sera amenée à revenir à un minimum d’orthodoxie non pas pour son malheur mais pour son bien. 

  • Les émissions de carbone de la France ont baissé en 2022

    Les émissions de carbone de la France ont baissé en 2022

    Dans ses chiffres provisoires, le Citepa enregistre une baisse des émissions de carbone de la France entre 2021 et 2022, en ligne avec les objectifs de la Stratégie nationale bas-carbone, mais insuffisant selon les objectifs européens.

    « Les résultats sont là. Nos émissions ont baissé de 8,5 % au dernier trimestre 2022 »s’est félicitée lundi (3 avril) la ministre de la Transition énergétique française, Agnès Pannier-Runacher.

    Le Citepa, organisme chargé de décompter les émissions de carbone françaises, a en effet enregistré une forte baisse des émissions carboniques de la France sur les trois derniers mois de l’année.

    Mais la France fait mieux, puisque sur l’année, les émissions territoriales — c’est-à-dire qui ne prennent pas en compte les émissions issues des produits importés, soit la moitié environ des émissions françaises — ont baissé d’environ 2,5 % par rapport à 2021.

    En 2021, l’Hexagone avait connu un regain carbonique de 6,4 % par rapport à 2020, année qui, à l’inverse, avait connu une baisse de 9,6 % par rapport à 2019, grâce au Covid-19.

    Mais la France fait mieux, puisque sur l’année, les émissions territoriales — c’est-à-dire qui ne prennent pas en compte les émissions issues des produits importés, soit la moitié environ des émissions françaises — ont baissé d’environ 2,5 % par rapport à 2021. [SHUTTERSTOCK/Dmitry Danilenko]

    Reprise du rythme de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC)

    La France reprendrait donc un rythme de croisière tel que défini dans sa Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), dont la vitesse avait été abaissée 2020 par le gouvernement par rapport à la trajectoire originelle initiée en 2015.

    Avant la révision de 2020, les émissions de ne devaient pas dépasser 399 millions de tonnes de carbone par an. Après la révision, le barre fut relevée à 422 millions. Dès lors, les 408 millions de tonnes d’émissions carboniques territoriales enregistrées en 2022 par le Citepa répondent bien aux attentes de la SNBC, mais seulement parce que ses objectifs ont été abaissés.

    Néanmoins, les courbes projetées avant et après la révision de 2020 se rejoignent d’ici à 2028. De plus, la nouvelle version définit une trajectoire qui mène jusqu’à la neutralité carbone tandis que la première version ne menait, in fine, qu’à une réduction de 75 % des émissions carboniques du pays par rapport à 1990.

    Quoi qu’il en soit, la « sobriété » consentie ces derniers mois semble donc avoir porté ses fruits, même si elle fut, en partie, forcée par une hausse des prix de l’électricité.

    Ainsi, les ménages semblent avoir baissé leurs émissions de 15 %, l’industrie de 8 %, tandis que le transport et l’énergie ont augmenté, respectivement, de 2 et 8 %, relèvent Les Échos.

    À la fin, les Français ont donc émis, 25 % de moins qu’en 1990. Ce chiffre peu paraitre suffisant, mais le rythme annuel de baisse des émissions n’est pas en ligne avec l’objectif moyen de l’UE de — 55 % d’émissions en 2030, peut-on lire dans le 4e rapport annuel du Haut conseil pour le climat.

    L’organisme de recherche recommande donc « une accélération sans précédent de la baisse des émissions dans tous les secteurs ».