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  • La droite modérée se rallie à Macron pour les élections européennes

    La droite modérée se rallie à Macron pour les élections européennes

    Après l’annonce du ralliement du parti Agir à LREM pour les élections, c’est au tour de l’ancien premier ministre de Jacques Chirac d’annoncer publiquement son soutien au mouvement d’Emmanuel Macron.

    La droite modérée serait-elle en train de devenir macroniste ? Dans la foulée de la publication de la tribune du président de la République, la majorité a vu les ralliements se multiplier à sa droite.

    Premier à avoir franchi le pas, le ministre de la Culture, Franck Riester, a annoncé  que son mouvement Agir rejoindrait la liste de La République en marche (LREM) aux élections européennes.

    « Nous avons pris la décision (…) de nous rassembler nous les pro-européens pour avoir le maximum de députés au Parlement européen pour accompagner ce mouvement de refondation que souhaite le président de la République », a-t-il déclaré sur France Culture le 5 mars.

    « Nous sommes le parti de la droite pro-européenne » alors que « les Républicains sont sur une dérive plus eurosceptique, plus identitaire », a précisé le président d’Agir. L’annonce de Franck Riester n’est qu’une demi-surprise, puisque le mouvement regroupe déjà les élus LR ayant choisi de rallier la majorité parlementaire, ainsi que certains eurodéputés du centre-droit en désaccord avec la ligne politique de Laurent Wauquiez.

    Lors du lancement officiel du mouvement politique en septembre, Franck Riester avait d’ailleurs d’emblée évoqué la possibilité de faire liste commune avec LREM. L’annonce officielle du ralliement d’Agir a été faite le jour même de la publication de la tribune d’Emmanuel Macron, mais aussi alors que la droite européenne fait face à des divisions profondes sur l’appartenance du parti de Viktor Orban à la famille du PPE (Parti populaire européen).

    Le sort du dirigeant hongrois et de son parti, le Fidesz, devrait être tranché le 20 mars prochain, et risque de faire éclater l’unité de la plus grande famille politique européenne, où les dissensions entre pro-européens et les eurosceptiques se font de plus en plus fortes. Si les agissements d‘Orban contre les libertés publiques et les migrants en Hongrie ont jusqu’ici rencontré une tolérance de la part de l’ensemble du clan PPE, ses attaques frontales contre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne passent plus. Et plusieurs partis nationaux ont réclamé son expulsion.

    C’est d’ailleurs l’absence de prise de position contre le chef d’État hongrois de la part des Républicains qui a été mise en avant par Franck Riester lors de son annonce, estimant qu’il était «  hallucinant » que les Républicains ne fassent pas partie « de ces partis qui ont demandé une clarification du PPE concernant M. Orban. […].C’est triste et révélateur de l’évolution des Républicains en France vers une droite extrême », a-t-il poursuivi.

    Sous la houlette de Laurent Wauquiez, Les Républicains ont choisi une tête-de-liste au profil conservateur, François-Xavier Bellamy, qui s’est déclaré en faveur du maintien d’Orban au sein de la famille politique du PPE, même si la cohabitation est extrêmement difficile.

    Dans le sillage d’Agir, l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, le très pro-européen Jean-Pierre Raffarin, a lui aussi annoncé soutenir le projet européen d’Emmanuel Macron.

    Poussé à la clarification par le président de LR Laurent Wauquiez,  Jean-Pierre Raffarin est sorti du bois le 5 mars dans la foulée de la publication de la tribune d’Emmanuel Macron.  « Je ne dispose que du texte écrit par le président. Mais il s’agit du projet européen le plus abouti. J’adhère au constat, à la vision et au projet. C’est donc le projet du président que je soutiendrai sans aucune hésitation », a-t-il fait savoir dans une interview au Figaro.

    Dans les derniers sondages, la liste des Républicains est créditée de  12 % et 14 % de voix, soit environ 15 sièges dans l’hémicycle européen. Emmenée par le trio François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et l’eurodéputé sortant Arnaud Danjean, la liste LR doit être complété le 6 mars par 27 nouveau noms. La liste finale devra compter 79 candidats.

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  • Belgique : Un glissement vers l’extreme-droite chez certains LR ?

    Belgique : Un glissement vers l’extreme-droite chez certains LR ?

    Mardi 5 mars, Victoria de Vigneral, élue municipale française sur la commune de Saint-Gilles (région bruxelloise) a rejoint Alain Destexhe pour les élections régionales, législatives et européennes de mai 2019. M. Destexhe, membre du Mouvement Réformateur (droite libérale) a fait acte de dissidence et présentera ses « listes Destexhe » lors de ces scrutins.

    Destexhe, un temps proche de la section locale de l’UMP et contributeur du figaro, est un spécialiste de la dénonciation de l’immigration. Classé par certains à l’extrême droite, il fit récemment une sortie accusant la politique migratoire de Mme Merkel d’être à l’origine du Brexit. Il annonce en janvier 2019 quinze mesures pour freiner l’immigration « avant qu’il ne soit trop tard».

    Mme de Vigneral, qui n’a selon nos informations pas prévenue sa section locale de son départ sur une liste concurrente, fut longtemps une proche collaboratrice du journaliste Alain Lefebvre dans la publication « Juliette et Victor ». M. Lefebvre considéré en octobre 2018 par le journal Le Monde comme un journaliste d’extrême droite y fut désigné comme la figure de proue de cette tendance politique chez les Français de Belgique.

    La campagne LR de 2017 portée à bouts de bras par Sens Commun

    Mme de Vigneral, membre des Républicains, est par ailleurs proche des éléments chrétiens de cette famille politique, et notamment de Sens Commun. Cette obédience, qui fut le fer de lance de la lutte contre le mariage pour tous lors du mandat de François Hollande, fut également fortement mobilisée pour la candidature des LR aux législatives 2017.

    Une mobilisation qui ne fut pas couronnée de succès, la liste LR finissant à une petite 4èmeplace. Les Français de Belgique, comme beaucoup de Français de l’étranger, ont très largement plébiscité Emmanuel Macron et les candidats de la République en Marche. La droite française de Belgique est largement libérale et profondément pro-européenne. Le positionnement de Mme de Vigneral est à cet égard étonnant.

    L’hommage à la mémoire de Léopold II, bourreau du Congo

    Parmi les nouveaux collègues de Mme de Vigneral au sein des « listes Destexhe », citons par ailleurs M. Aymeric De Lamotte. Ce dernier, représentant de l’association « mémoire du Congo » eut l’occasion lors d’une récente émission de la télévision belge, de défendre la mémoire du souverain belge Léopold II. Ce dernier, qui colonisa l’actuelle République Démocratique du Congo comme une propriété personnelle et la géra en entrepreneur, est accusé par certains historiens d’être responsable de la mort de 10 millions de personnes et de nombreuses exactions. Ce scandale, à l’époque déjà, poussa le gouvernement de son pays à prendre le contrôle du pays et à en faire le Congo belge. Nul doute que cette position, extrêmement critiquée, fera polémique lors de la campagne de M. Destexhe et de Mme de Vigneral.

     

  • Bruxelles tâcle les plateformes en ligne sur la désinformation

    Bruxelles tâcle les plateformes en ligne sur la désinformation

    À l’approche des élections européennes, l’agence européenne de cybersécurité appelle à des lois nationales contre les fake news, alors que la lutte des plateformes contre la désinformation demeure lacunaire.

    Insuffisant. Le constat dressé par la Commission a quelques semaines des élections européennes sur la lutte contre la désinformation est sans appel. « Nous avons besoin de voir plus d’avancées dans les engagements faits par les plateformes en ligne pour lutter contre la désinformation », indique un communiqué de l’exécutif européen publié le 28 février.

    « Les plateformes n’ont pas fourni assez de détails montrant que les nouvelles politiques et outils sont déployés dans des délais opportuns et avec des ressources suffisantes à travers tous les États membres », est-il écrit dans le document conjoint des commissaires en charge de la justice, Věra Jourová, en charge de la sécurité (Julian King), de l’économie numérique (Mariya Gabriel) et du marché unique numérique (Andrus Ansip).

    Des mots qui font écho à ceux déjà employés par l’exécutif européen en janvier quand Facebook et d’autres médias sociaux ont publié leur premier rapport sur le code de bonnes pratiques contre la désinformation.

    Les rapports sont censés détailler la manière dont les plateformes suivent et respectent le code de conduite de la Commission, un cadre légal décidé par les régulateurs européens pour endiguer la diffusion des infox en ligne.

    L’UE a publié les premiers rapports de conformité du code le 29 janvier. Les signataires des mesures sont entre autres Facebook, Google et Twitter. À ce moment-là, le commissaire à la sécurité, Julian King, avait décrit les premiers rapports de « incomplets et opaques ».

    Facebook

    Le communiqué du 28 février adopte un ton similaire et reproche à Facebook de ne pas avoir fait le rapport « des résultats des activités entreprises en janvier pour ce qui est de la surveillance du placement de publicités » et de ne pas avoir divulgué « le nombre de faux comptes supprimés à cause d’activités malveillantes ciblant principalement l’Union européenne. »

    Ce à quoi Facebook a répondu sur la défensive. « Nous sommes en train de développer des indicateurs de performance autour de la publicité politique, mais ceux-ci ne seront disponibles seulement quand les archives publicitaires seront lancées en dehors des États-Unis », a déclaré un porte-parole de Facebook.

    « Quant au nombre de faux comptes que nous avons éliminés de Facebook, nous fournissons des données à ce sujet dans notre rapport semestriel sur la transparence. Nous nous engageons à soumettre des rapports à la Commission européenne pour mettre en lumière les progrès effectués dans chaque domaine du code de conduite. »

    Twitter

    Dans le même temps, Twitter a aussi fait l’objet de critiques pour le manque de données montrant son engagement à améliorer la surveillance des placements publicitaires. Le réseau social rechigne également à dévoiler ses efforts pour rendre les publicités politiques plus transparentes.

    « Nos rapports continueront de mettre la lumière sur nos efforts pour garantir la sécurité, l’intégrité et la transparence dans la période précédant les élections européennes », a déclaré un porte-parole de Twitter.

    « Nous sommes impatients de détailler dans notre prochain rapport les nouvelles règles sur la transparence des publicités politiques pour les élections. »

    Les indicateurs fournis par Google à la Commission « ne sont pas assez spécifiques et ne précisent pas l’ampleur des mesures prises pour lutter contre le désinformation », indique par ailleurs le communiqué.

    En janvier, Sir Nick Clegg, responsable des affaires internationales chez Facebook, a révélé que les publicités politiques payantes devraient respecter un ensemble de nouvelles règles à l’approche des élections européennes. Les nouvelles mesures devraient être déployées par Facebook en mars.

    Règlementer ou non ?

    Après deux retours insatisfaisants sur le rapport de conformité, l’idée d’une réglementation s’impose de plus en plus.

    Jeudi également, l’agence de cybersécurité de l’UE, l’ENISA, a publié un document d’opinion sur la cybersécurité des élections européennes.

    Dans ce document, l’ENISA recommande aux États membres de l’UE d’envisager « d’introduire une législation nationale pour relever les défis liés à la désinformation en ligne ». Combinée aux efforts de l’UE pour réglementer les médias sociaux et les plateformes en ligne, cette mesure « assurerait une approche harmonisée à travers l’UE pour lutter contre la désinformation en ligne visant à saper le processus démocratique », a déclaré l’agence.

    Udo Helmbrecht, directeur exécutif de l’ENISA, soutient que les motivations de ceux qui cherchent à perturber le processus démocratique, « peuvent être multiples, par exemple pour des gains financiers, la gloire et la réputation, ou pour provoquer le chaos et l’anarchie, miner la confiance en la démocratie et renverser l’opposition politique ».

    Intégrité des élections

    Et au Parlement européen, les législateurs qui font pression pour une réglementation dans le domaine des fausses informations ne manquent pas à l’appel.

    À la suite de la déclaration de la Commission du 28 février, le président du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, s’est exprimé avec force.

    « L’intégrité des prochaines élections européennes et de nos démocraties est en danger », a-t-il tweeté. « On ne peut pas continuer comme ça. Les arguments en faveur d’une réglementation sont écrasants. »

    En marge d’une récente conférence sur la cybersécurité qui s’est tenue à Bruxelles, Euractiv a rencontré Julian King, commissaire chargé de la sécurité.

    Selon lui, la réglementation serait sans aucun doute à l’ordre du jour si les plateformes n’intensifiaient pas leurs efforts dans la lutte contre la désinformation.

    Cependant, à la question de savoir si une réglementation future serait « inévitable », Julian King a répondu qu’il voulait « donner aux plateformes la chance de faire leurs preuves ».

    Samuel Stolton

  • Macron lance la campagne des européennes

    Macron lance la campagne des européennes

    Dans un texte publiée dans les 28 pays de l’Union européenne, Emmanuel Macron appelle à une « renaissance » des institutions du Vieux continent. Une façon pour le chef de l’Etat de lancer la campagne pour le prochain scrutin continental autour de trois axes : « liberté », « protection » et « progrès ».

    Emmanuel Macron promet une « renaissance européenne ». C’est par la voie d’une tribune diffusée dès ce lundi soir et relayée mardi matin dans plusieurs titres de presse des 28 pays du Vieux continent que le président de la République lance la bataille pour le scrutin européen du 26 mai prochain. Un texte dans lequel le locataire de l’Elysée met en lumière « l’urgence » de la situation et affiche trois axes qui devraient être ceux de la campagne : « plus de liberté », « plus de protection » et « plus de progrès ».

    « Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence », écrit notamment le chef de l’Etat. « 

    C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès. »

    Prenant l’exemple du Brexit, « un symbole »,  pour dénoncer les risques d’un « repli nationaliste », Emmanuel Macron prend la défense de l’Union européenne, « un succès historique » ayant permis paix, réconciliation, prospérité et liberté. Pas de quoi l’empêcher de pointer cependant « le piège » du « statu quo » et de « la résignation », qui laisserait les citoyens penser que l’Europe est devenue « un marché sans âme ».

    L’Elysée, qui parle d’un « bon moment pour interpeller les citoyens », souligne qu’il s’agit de première fois qu’un président s’adresse à tous les européens dans leur langue. Une façon de « montrer que l’Europe est une forme de bien commun à défendre et à réformer », explique la présidence.

    Côté propositions, Emmanuel Macron plaide pour une remise à plat de l’espace Schengen (et donc la question hautement sensible de la libre-circulation des personnes, la mise en place d’une police des frontières commune aux Etats membres et celle d’un office européen de l’asile. Il appelle également à la création d’une « Agence européenne de la protection des démocraties » pour sécuriser les processus élections « contre les cyberattaques et les manipulations » mais aussi à l’interdiction du financement des partis politiques européens par « des puissances étrangères ». Une (évidente) allusion – sans la nommer – à la Russie.

    Le chef de l’Etat, qui souhaite l’instauration d’une « préférence européenne » pour les marchés publics lancés dans l’UE, évoque également l’épineux cas des géants du numérique, les fameux Gafa, qui doivent selon lui être régulés « en créant une supervision européenne des grandes plateformes » mais aussi en « dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle ».

    Pour ce qui est du « progrès », Emmanuel Macron dit vouloir « un bouclier social garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement ».

    Progrès social donc, mais aussi progrès environnemental : le président de la République enjoint les Européens à « prendre la tête du combat écologique ». « L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé… Cet impératif doit guider toute notre action. »

    Le Président de la République française s’exerce, donc, pour la première fois à la communication pan-européenne auprès des peuples des 27 états qui mandateront leurs représentants le 26 mai. Cependant le cap n’est pas défini, entre fédéralisme et Europe des états-nations.

    C’est, donc, une belle réussite en terme de communication, une macronerie, où chacun peut trouver de quoi être satisfait.  Seules les élections clarifieront le positionnement de la République En Marche et ses alliés pour le futur de l’Europe.

    Fabien Ferasson de Quental avec l’AFP

  • « Pour une renaissance européenne », la tribune aux européens d’Emmanuel Macron, président de la République

    « Pour une renaissance européenne », la tribune aux européens d’Emmanuel Macron, président de la République

    Citoyens d’Europe,

    Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence.

  • Algérie : l’élection de tous les enjeux

    Algérie : l’élection de tous les enjeux

    En 2014, lors du précédent scrutin présidentiel, le caricaturiste du monde Plantu dessina avec son mordant habituel la situation. Celle d’un Président gravement affaibli qui se représentait et était assuré d’être réélu. 5 ans plus tard, le scénario se répète. En pire. Le Président a totalement disparu des médias et passe plus de temps dans sa clinique en Suisse qu’au Palais Présidentiel d’Alger. La population est en colère et l’exprime en masse dans la rue. Une attitude courageuse. Le régime a su garder les habitudes d’un système non démocratique et allergique à la contestation de son autorité.

    Une candidature confirmée, une équipe de campagne fragilisée

    Dimanche 3 mars, Abdelaziz Bouteflika a déposé sa candidature. La cinquième. Il ne le fit pas personnellement, toujours retenu pour ses soins en Suisse. Auparavant, il avait limogé son directeur de campagne, preuve sans doute d’une certaine tension parmi les caciques du régime.

    « Son limogeage pourrait être une première réponse, mais ça risque d’être un peu court » selon un observateur anonyme à l’Agence France-Presse. « Ceux qui ont conditionné leur participation au retrait de la candidature du président de la République seront (…) déçus » selon El-Moudjahid, l’organe de presse officiel.

    Les Français d’Algérie préoccupés

    Alors que les Algériens de France manifestent Place de la République, les Français d’Algérie s’inquiètent. 40,000 d’entre eux sont enregistrés aux Consulats en Algérie. La communauté, à 95% binationale, est en réalité beaucoup plus importante. Les Consulats ont invité nos compatriotes à la plus grande prudence et à consulter régulièrement la fiche « Algérie » du site « Conseils aux Voyageurs » du MAEE.

    Un élu français que nous avons consulté nous a indiqué que si les Français d’Algérie peuvent avoir eu une vision positive des débuts de la présidence Bouteflika, ils sont ulcérés de la présence d’un grabataire au scrutin suprême du pays.

    Report du scrutin ? Election de Bouteflika ? Plusieurs scénarios possibles

    La contestation continuant, des possibilités autres que la réélection dans un fauteuil, au propre comme au figuré, du Président sortant, se profilent. Certains parlent d’un report de l’élection avec instauration de l’état d’urgence. D’autres envisagent la possibilité d’une candidature « joker » en remplacement de Bouteflika, et notamment celle de Ramtane Lamamra, ancien ministre des affaires étrangères.

    Un autre scénario se profile depuis dimanche 3 mars. Une présidentielle anticipée. M. Bouteflika ne serait pas candidat. Ceci bien sûr, si il est élu lors du prochain scrutin.

    Les prochains jours seront cruciaux concernant ce scrutin. Il intéresse, sans nul doute, particulièrement l’Elysée.

  • Coup de mou pour le cinéma français à l’étranger en 2018

    Coup de mou pour le cinéma français à l’étranger en 2018

    Après une très bonne année 2017, le cinéma français a attiré deux fois moins de spectateurs dans le monde en 2018, faute de locomotives comme le «Valérian» du réalisateur français Luc Besson, dans un marché en pleine mutation.

    Le nombre de billets vendus pour les films en langue française et les productions majoritairement françaises s’est établi à 40 millions, deux fois moins que l’année précédente (-52%), et les recettes ont elles aussi été divisées par deux à 237 millions d’euros (-51%).

    Résultat: le cinéma français s’est mieux porté en France (77 millions de billets vendus) qu’à l’étranger, contrairement aux années précédentes.

    En 2018, le plus gros succès de fréquentation à l’étranger est «Taxi 5», avec 2,44 millions de billets vendus, mais le film ayant généré le plus de recettes est «Le Sens de la fête», une comédie sur l’organisation d’un mariage signé d’Olivier Nakache et Éric Toledano, le duo des cinéastes d’«Intouchables».

    Le film a réalisé 1,67 million d’entrées dans le monde, suivi notamment par «La Ch’tite famille» de Dany Boon.

    «Les films qui tirent la fréquentation vers le haut sont souvent des films Europacorp, réalisés ou produits par Luc Besson», souligne Serge Toubiana, président d’Unifrance, l’organisme chargé de la promotion du cinéma français à l’étranger. Sans «Lucy», «Taken» ou «Valérian» (30 millions d’entrées dans le monde l’an dernier), des opus de l’escarcelle Besson, «on revient à un chiffre correspondant au socle de fréquentation du cinéma français à l’étranger», dit-il.

    Cette configuration a également pesé sur la fréquentation des films français en Asie, qui tombe au 5e rang des zones d’exportation du cinéma français, loin derrière l’Europe occidentale et l’Amérique latine.

    Fabien Ferasson de Quental

  • L’actu en capitales: LREM, futur allié du centre au Parlement européen

    L’actu en capitales: LREM, futur allié du centre au Parlement européen

    L’actu en capitales récapitule l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

    PRAGUE

    Weber heureux de l’arrivée de LREM : L’arrivée du parti d’Emmanuel Macron au Parlement européen renforcera la scène politique du centre, quel que soit le groupe qu’il choisit de rejoindre, a assuré Manfred Weber, Spitzenkandidat du PPE.

    « Pour l’instant, nous ne savons pas du tout [quel groupe ils veulent rejoindre]. Nous sommes le centre droit, chrétien démocrate, et nous sommes toujours prêt à coopérer avec tous les mouvements pro-européens qui partagent nos valeurs », a-t-il ajouté.

    En ce qui concerne le parti de Viktor Orbán, Fidesz, Manfred Weber estime qu’il est normal de critiquer l’UE, mais qu’attaquer le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, était inacceptable. « Quand un parti membre du PPE attaque un président de ma Commission issu du PPE, ce n’est pas possible. » (Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

    BRUXELLES

    Orbán, ça suffit : Deux partis de centre-droit, les chrétiens démocrates flamands (CV&V) et le centre démocrate humaniste francophone (cdH), se sont alliés au Parti populaire chrétien-social (CSV) luxembourgeois et ont adressé une lettre au président du PPE, Joseph Daul, pour lui demander d’exclure Fidesz, le membre hongrois du groupe et parti de Viktor Orbán du PPE. « Quiconque contrarie continuellement les valeurs et l’idéologie chrétienne démocrate n’a aucune place dans notre groupe », a tweeté le dirigeant du parti, Wouter Beke.

    Le plastique, ça suffit aussi : Le gouvernement wallon a décidé d’interdire les emballages plastifiés des publicités et des publications papier gratuites, les petites cartes plastifiées souvent glissées sous les essuie-glaces à des fins publicitaires et les confettis en plastique. Leur disparition devrait être progressive : moins 20 % cette année, moins 30 % en 2020 et moins 50 % en 2021, avant une interdiction complète en 2022. (Alexandra Brzozowski, Euractiv)

    LONDRES

    De plus en plus de migrants : Malgré une très nette baisse des arrivées dans le reste de l’UE, le nombre de non-Européens arrivant au Royaume-Uni a atteint un plus-haut depuis 15 ans, selon les chiffres du gouvernement. Entre septembre 2017 et septembre 2018, il est arrivé 261 000 de non-Européen de plus qu’il n’en est reparti, selon le ministère de l’Intérieur. (Samuel Stolton, Euractiv)

    NICOSIE

    Gaz naturel : La prospection  dans la zone économique exclusive chypriote a permis de localiser entre 142 et 227 milliards de mètres cubes de gaz, une des découvertes de ce type les plus importantes de ces dernières années, ont indiqué le gouvernement et la firme américaine ExxonMobil.

    Exode de l’argent russe : Le capital russe placé dans les banques chypriotes ne cesse de baisser. Selon la Banque centrale, les dépôts russes sont de moins en moins importants. Sur deux ans, le déclin se chiffre à 2,44 milliards d’euros. Une baisse qui pourrait être liée aux efforts de l’UE de lutter contre le blanchiment d’argent. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv)

    ATHÈNES

    Doute sur les surplus : Les surplus prévus pour l’économie grecque ne sont pas réalistes et devront être revus à la baisse avec les créanciers du pays, estime le commissaire à l’économie, Pierre Moscovici. Selon les allusions qu’il a fait, ces mesures auraient été imposées par l’ancien ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à présent au FMI.

    BRATISLAVA

    Menace russe : Une rencontre du B9, plateforme de coordination du flanc oriental de l’OTAN, a eu lieu en Slovaquie. « Nous réitérons notre soutien à l’approche de l’OTAN vis-à-vis de la Russie, qui est basée sur une défense et une dissuasion fortes, ainsi que sur une ouverture au dialogue […] afin d’éviter toute incompréhension, erreur de jugement et escalade involontaire », ont conclu les paties prenantes.

    La perception de la menace n’est cependant pas uniforme, a indiqué le président slovaque, Andrej Kiska. Ainsi, la part de la population qui estime que la Russie pose une menace existentielle s’élève à 70 % en Estonie, alors qu’elle ‘nest que de 27 % en Hongrie. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

    ZAGREB

    Référendum sur l’euro : Le parti d’extrême droite Most (« Pont »), s’oppose à l’entrée dans la zone euro. Il assure que la plupart des citoyens y sont opposés et réclame donc un vote. Tous les partis présents au parlement ont accepté le projet d’entrée dans l’euro, qui devrait intervenir dans les quatre ans à venir, si les réformes nécessaires sont appliquées à temps. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

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  • « taxe Gafa », Bruno Le Maire en appelle à l’OCDE

    « taxe Gafa », Bruno Le Maire en appelle à l’OCDE

    Alors que la réforme européenne sur la taxation des géants du numérique piétine depuis près d’un an, Bruno Le Maire opte désormais pour un accord à l’OCDE.

    Nouveau rebondissement pour la taxation des géants du numérique. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a renoncé jeudi 28 février à une taxe européenne sur le chiffre d’affaires des géants du numérique, rapporte l’AFP. Il opte désormais pour une « position commune » des 28 États membres de l’Union européenne à l’OCDE afin d’obtenir, d’ici à la fin de l’année, un accord mondial.

    « Il n’y aura pas d’accord (…) sur le projet de directive européenne » de taxation des géants du numérique sur leur chiffre d’affaires lors de la prochaine réunion de l’Eurogroupe du 12 mars, a lâché Bruno Le Maire sur Public Sénat.

    Le projet de taxation européenne, dans les tuyaux depuis mars dernier, a viré à la cacophonie générale. Alors que la Commission européenne tablait sur une réforme provisoire adoptée fin 2018, l’échéance a progressivement été reculée en 2020 au plus tôt avec une version édulcorée du projet initial, présentée par Paris et Berlin lors de la dernière réunion du conseil des ministres européens des Finances le 4 décembre dernier.

    Une réforme européenne qui piétine

    La Commission européenne avait initialement proposé une taxe de 3 % sur les revenus des grandes entreprises tech – et non sur les profits, comme cela se fait traditionnellement. L’instance souhaitait également définir dans le droit européen la « présence numérique » d’une entreprise. Actuellement, le droit européen définit uniquement la « présence physique » – comme les bureaux, les magasins ou le siège social. Celle-ci permet à un État membre de taxer l’entreprise en question. Mais cette définition n’est plus adaptée à l’heure d’une économie numérique, où une entreprise comme Facebook dispose d’un siège social à Dublin, mais opère dans toute l’Europe.

    Le but de cette réforme européenne : taxer davantage les entreprises du numérique opérant en Europe, et dont certaines se livrent massivement à de l’optimisation fiscale. Un procédé légal, mais moralement discutable, leur permettant de transférer une partie de leurs bénéfices vers des États membres à faible imposition, comme l’Irlande et le Luxembourg. Ainsi, en 2017, Google, à lui seul, aurait transféré près de 20 milliards d’euros vers le paradis fiscal des Bermudes. Mais le projet de la Commission divise fortement au sein de l’UE, où les décisions en matière de fiscalité doivent être adoptées à l’unanimité.

    Une loi française… avant un compromis à l’OCDE ?

    Face à cette inertie, nombre de pays y vont de leur projet de loi : le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Autriche, la France… Bruno Le Maire doit présenter son projet pour taxer les fameux Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple) sur leur chiffre d’affaires en France la semaine prochaine en Conseil des ministres. Il devrait annoncer une taxe à hauteur de 3 % sur le chiffre d’affaires, s’appliquant à « toute entreprise proposant des services numériques » en France. Deux conditions devront être remplies : le chiffre d’affaires devra dépasser « 750 millions d’euros au niveau mondial et 25 millions d’euros en France », selon une interview accordée au JDD fin janvier. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une taxe sur les Gafa, mais sur les entreprises du numérique en général, y compris françaises et européennes. La loi française devrait être adoptée « cette année », avec une rétroactivité de la taxe au 1er janvier 2019. L’État espère collecter 500 millions d’euros.

    « Nous pouvons trouver un nouvel accord pour qu’il y ait une position commune européenne à l’OCDE et, avec le soutien des États-Unis, nous puissions avoir une taxation du digital proposée au niveau international à l’OCDE d’ici la fin de l’année 2019 », a précisé Bruno Le Maire.

    Le ministre s’est félicité des propos tenus la veille par le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, qui s’est lui aussi engagé à trouver un accord à l’OCDE d’ici la fin de l’année. « C’est une excellente nouvelle », a affirmé Bruno Le Maire. De passage à Paris, Steven Mnuchin a répété qu’il n’était pas favorable au projet français de taxation des géants du numérique sur leur chiffre d’affaires. Il s’est toutefois « réjoui de l’intention française de l’abroger si un accord mondial était trouvé au sein de l’OCDE ».

    Fin janvier, 127 pays, dont les États-Unis, se sont engagés dans le cadre de l’OCDE à trouver d’ici à 2020 un accord international sur la taxation des géants du numérique. Un progrès majeur, alors que Washington bloquait jusqu’ici toute tentative de réforme de la fiscalité internationale, par crainte de pénaliser ses champions.

    La rédaction avec l’AFP

  • Acte 16 : Mobilisation en chute

    Acte 16 : Mobilisation en chute

    Après un regain de fréquentation constaté lors de l’acte 15, le seizième épisode de la mobilisation des gilets jaunes enregistre une nouvelle baisse de participation. Ce samedi 2 mars, des mobilisations ont eu lieu à Paris, comme à l’accoutumée, ainsi qu’à Lille, Lyon, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Montpellier ou encore Marseille. Au total, les autorités ont enregistré 5 600 manifestants à 14 heures.

    Concernant Paris, plusieurs appels à manifester avaient été lancés sur Facebook, invitant à se rassembler sur les Champs-Elysées et sur la place de l’Etoile. Les trois principales pages Facebook réunissaient près de 10 000 personnes se disant intéressées. L’une des pages appelait à « bloquer la place de l’Etoile le plus longtemps possible », une autre à ne « pas déclarer les manifs », afin de « faire peur au gouvernement ».

    En région, c’est Lille qui a enregistré la manifestation la plus importante, avec 1 300 personnes. Les organisateurs de l’événement « Acte 16: L’Europe à Lille », sur Facebook, avaient invité « les gilets jaunes des pays voisins: Belgique (de Flandre et de Wallonie), Angleterre, Luxembourg, Pays-Bas et Nord de l’Allemagne, à converger sur Lille pour une grande manifestation internationale ». Une manifestation d’ampleur a également eu lieu à Lyon, avec 1 000 participants. Les gilets jaunes avaient prévu de rassembler tous les membres du mouvement de la région devant le palais de justice de la ville.

    La rédaction avec l’AFP

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