Algérie : l’élection de tous les enjeux

Algérie : l’élection de tous les enjeux

mars 4, 2019 0 Par Francois Lestanguet

En 2014, lors du précédent scrutin présidentiel, le caricaturiste du monde Plantu dessina avec son mordant habituel la situation. Celle d’un Président gravement affaibli qui se représentait et était assuré d’être réélu. 5 ans plus tard, le scénario se répète. En pire. Le Président a totalement disparu des médias et passe plus de temps dans sa clinique en Suisse qu’au Palais Présidentiel d’Alger. La population est en colère et l’exprime en masse dans la rue. Une attitude courageuse. Le régime a su garder les habitudes d’un système non démocratique et allergique à la contestation de son autorité.

Une candidature confirmée, une équipe de campagne fragilisée

Dimanche 3 mars, Abdelaziz Bouteflika a déposé sa candidature. La cinquième. Il ne le fit pas personnellement, toujours retenu pour ses soins en Suisse. Auparavant, il avait limogé son directeur de campagne, preuve sans doute d’une certaine tension parmi les caciques du régime.

« Son limogeage pourrait être une première réponse, mais ça risque d’être un peu court » selon un observateur anonyme à l’Agence France-Presse. « Ceux qui ont conditionné leur participation au retrait de la candidature du président de la République seront (…) déçus » selon El-Moudjahid, l’organe de presse officiel.

Les Français d’Algérie préoccupés

Alors que les Algériens de France manifestent Place de la République, les Français d’Algérie s’inquiètent. 40,000 d’entre eux sont enregistrés aux Consulats en Algérie. La communauté, à 95% binationale, est en réalité beaucoup plus importante. Les Consulats ont invité nos compatriotes à la plus grande prudence et à consulter régulièrement la fiche « Algérie » du site « Conseils aux Voyageurs » du MAEE.

Un élu français que nous avons consulté nous a indiqué que si les Français d’Algérie peuvent avoir eu une vision positive des débuts de la présidence Bouteflika, ils sont ulcérés de la présence d’un grabataire au scrutin suprême du pays.

Report du scrutin ? Election de Bouteflika ? Plusieurs scénarios possibles

La contestation continuant, des possibilités autres que la réélection dans un fauteuil, au propre comme au figuré, du Président sortant, se profilent. Certains parlent d’un report de l’élection avec instauration de l’état d’urgence. D’autres envisagent la possibilité d’une candidature « joker » en remplacement de Bouteflika, et notamment celle de Ramtane Lamamra, ancien ministre des affaires étrangères.

Un autre scénario se profile depuis dimanche 3 mars. Une présidentielle anticipée. M. Bouteflika ne serait pas candidat. Ceci bien sûr, si il est élu lors du prochain scrutin.

Les prochains jours seront cruciaux concernant ce scrutin. Il intéresse, sans nul doute, particulièrement l’Elysée.

Publicités