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  • Coronavirus : l’Italie près d’un mois de confinement.

    Coronavirus : l’Italie près d’un mois de confinement.

    L’Italie souffre.

    Alors que les chiffres sont édifiants : l’Italie s’approche des 100 000 cas et dépasse les 10 700 morts, le confinement s’est durci. Heureusement les données du 30 mars commencent à indiquer un fléchissement de la courbe des nouveaux contaminés. En France, ils sont nombreux à demander un durcissement à l’espagnole (obligation d’avoir son ticket de caisse du produit indispensable justifiant la sortie) pour éviter une courbe à l’italienne en France.

    Lesfrancais.press ont contacté Alexandre Bezardin, élu des Français d’Italie, et force est de constater que la situation est toujours complexe dans la péninsule.

    « Ils sont de plus en plus sévères, il faut désormais rester dans les 100 mètres de son logement » Alexandre Bezardin, conseiller consulaire à Milan

    Chaque jour il faut avoir avec soit un document justifiant le déplacement. « Ils sont de plus en plus sévères, il faut désormais rester dans les 100 mètres de son logement » nous indique M. Bezardin.

    « La situation perdure depuis 3 semaines, en confinement sauf pour faire ses courses » nous rappelle l’élu.

    Alexandre Bezardin, élu des Français d’Italie

    L’Europe, la déception italienne…

    Pour le conseiller Bezardin, une des raisons de ce durcissement est claire : «  les gens des régions touchées comme la Lombardie ont pris d’assaut les trains ! ». En décidant de ne pas suivre le confinement et de se disperser dans la botte italienne, ils ont par là-même provoqué l’extension de la zone de contamination.

    A cela s’ajoute une crise économique, sociale et politique.

    Alors que le premier mois de confinement s’achève et que l’Italie était déjà au bord de l’asphyxie budgétaire, la chute drastique du PIB (on évoque une contraction de 30 à 50% de l’activité) met le Trésor Italien au bord de la faillite.

    « L’union européenne n’en fait pas assez » c’est le sentiment partagé en Italie selon M. Bezardin,

    l’Europe du nord, l’Allemagne en tête, refuse toujours les Eurobonds, et alors que le commissaire européen Thierry Breton tente de déployer un plan à 1500 Milliards, les Italiens se sentent absolument abandonnés.  La solidarité, si elle arrive, aura été tardive. 

    Mais l »Europe est-elle en mesure de faire face à ce type de pandémie? Dans les textes, les mesures liées à une situation d’urgence renvoient explicitement aux autorités nationales (suspension de Schengen, dérapage budgétaire autorisée, etc).

    Dans ces conditions, sans compétences données par les Etats membres, peut-elle faire preuve de la solidarité dans laquelle elle se drape?  Cette crise va sans doute amener des réponses… Pour certains une évidence, ces situations ne peuvent se gérer qu’au niveau continental..pour d’autres, la démonstration que seul l’échelon national est apte à réagir, c’est le chemin pris par la Hongrie avec les pleins pouvoirs accordés au Président Victor Horban ce lundi 30 Mars.

  • Suède : Comment vivent ces Français dans un pays européen sans confinement ?

    Loin de l’état d’urgence de ses voisins qui ont limité les rassemblements et fermer les commerces, et alors que le Royaume-Uni s’apprête à payer un lourd tribut au Covid-19 et que les Pays-Bas ont eux aussi mis en place un confinement qui ne dit pas son nom,  le gouvernement suédois a confirmé sa stratégie de l’auto-responsabilité et de l’immunité de groupe.

    Stefan Löfven – Premier Ministre de Suède

    On note que des directives et non des règles strictes ont été émises, mettant l’accent sur le fait de rester à la maison si les personnes sont malades ou âgées, de se laver les mains et d’éviter tout voyage non-essentiel, ainsi que de travailler à domicile.

    «Nous qui sommes adultes, nous devons être exactement cela: des adultes. Ne pas répandre de panique ou de rumeurs», a déclaré le Premier ministre Stefan Löfven lors d’une allocution télévisée le week-end dernier. «Personne n’est seul dans cette crise, mais chaque personne a une lourde responsabilité», a-t-il ajouté.

    Comme la confiance dans les autorités publiques est élevée en Suède, cela pousserait les habitants à adhérer aux directives volontaires. Un autre facteur serait aussi propice à cette méthode : la démographie.

    «Contrairement aux foyers multigénérationnels des pays méditerranéens, plus de la moitié des ménages suédois sont composés d’une seule personne, ce qui réduit le risque de propagation du virus au sein des familles.»  Premier ministre Stefan Löfven

    Les responsables politiques ont également assumé qu’ils souhaitaient garder les habitants en bonne santé physique et mentale, une autre raison pour laquelle ils souhaitent éviter les règles qui garderaient les gens enfermés chez eux. Une stratégie populaire aussi bien chez les gens que chez les entreprises. «Le monde des affaires ici pense vraiment que le gouvernement suédois et l’approche suédoise sont plus raisonnables que dans de nombreux autres pays», explique Andreas Hatzigeorgiou, PDG de la Chambre de commerce de Stockholm.

    Pour les Français de Suède, le sentiment est mitigé, partagés entre la confiance envers un Etat qui les a toujours bien accueillis et dont le paternalisme envers sa population est plus que reconnu, et leur culture française désormais marquée par le principe de précaution sans oublier l’habitude aux directives centralisés d’un Etat jacobin-providence.

    L’ambassade de France se contente, elle, de renvoyer vers le numéro d’urgence en cas de doute (1117 à partir du pays) ou vers les sociétés spécialisées en télé-consultation de médecins en langue française. La bonne nouvelle c’est que ces services sont pris en charge par la sécurité sociale suédoise (vous devez être correctement enregistré comme résident).

    Thibaud – infirmier français en suède

    Autre difficulté pour les Français sur place, c’est la fermeture des établissements scolaires attachés à notre pays, alors que les écoles et collèges nationaux sont encore ouverts (les universités et les lycées, eux, ont été fermés). A ce jour aucune solution n’a été mise en place pour garder les enfants alors que les activités professionnelles sont toutes ouvertes comme à l’accoutumée. La seule restriction est de réunir plus de 500 personnes dans un même lieu fermé. Pour certains Français c’est un vrai dilemme comme le confirme Thibaud, infirmier ainsi que sa compagne elle aussi Française :

    « mon amie et moi-même sommes pris dans un étau entre accomplir notre devoir en Suède et l’envie de rentrer pour nous rapprocher de notre famille coincée en France. Savoir sa famille dans ces conditions sans pouvoir leur venir en aide est éprouvant. En particulier pour nos grands-parents qui manquent de force et s’inquiètent grandement pour l’avenir. » Thibaud – infirmier en Suède

    Il faut cependant avouer que nombreux sont ceux nous avoir avoués être heureux de ne pas être dans un pays confiné et le crédit de confiance envers les autorités suédoises permet de patiner les dernières angoisses.

    Cependant ces mêmes autorités n’ont pas exclu devoir mettre en place un confinement à l’avenir….

  • La France met le versement des dividendes en confinement pendant l’épidémie

    Le gouvernement compte interdire le versement des dividendes aux entreprises bénéficiant d’un soutien financier public.  Une interdiction partielle que beaucoup veulent généraliser dans le contexte de crise sanitaire et économique.

    Verser des dividendes risque de devenir mission impossible pour les entreprises, alors que les appels à l’interdiction de cette pratique se multiplient en pleine crise sanitaire internationale.

    En France, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a annoncé le 27 mars  un tour de vis sur le versement des dividendes.

    « J’appelle évidemment toutes les entreprises –en particulier les grandes entreprises de France – à faire preuve de sens civique. Les entreprises qui ont besoin de trésorerie et qui demande l’aide de l’État, elles ne peuvent pas, elles ne doivent pas, verser de dividendes » a-t-il martelé au micro de BFM TV le 27 mars.

    « Une entreprise qui n’a pas de trésorerie pour payer ses charges fiscales et sociales n’en a pas pour payer ses actionnaires » a-t-il cité en exemple,  affirmant qu’une entreprise ayant demandé un report de charge ou une avance de trésorerie devrait rembourser ces aides  « avec une pénalité d’intérêt » si elle versait des dividendes.

    Le recours à la garantie d’État de 300 milliards d’euros mise en place pour les entreprises françaises sera-t-elle conditionnée à un comportement vertueux en matière de dividendes. « Je veux être très clair : toute entreprise qui aura versé des dividendes, je refuserais de lui signer la garantie d’État pour un nouvel emprunt bancaire » a détaillé le ministre.

    Les entreprises recourant au chômage partiel – une disposition inédite mise en place par l’Etat pour limiter le nombre de licenciements – devraient également faire preuve de « la plus grande modération dans le versement des dividendes », sans mentionner d’interdiction pure et simple comme dans les cas précédents.

    Même son de cloche concernant les entreprises dont l’Etat est actionnaire, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui a confirmé que l’Etat leur demanderait de ne pas verser de dividendes cette année « par solidarité » face à la crise du coronavirus.

    Cette annonce attendue de Bruno Le Maire intervient après une flopée d’annonce de réduction ou d’annulation des versements de dividendes par des entreprises françaises. Le géant de l’aéronautique  Airbus avait  annoncé dès le 22 mars qu’il renonçait au versement du dividende promis à ses actionnaires. L’équipementier aéronautique  Safran a aussi annoncé qu’il renonçait au versement de dividende 2019 pour un montant d’1 milliard d’euros comme le spécialiste de l’affichage publicitaire, JCDecaux.

    Sens civique des entreprises

    Alors qu’un projet de loi avait été envisagé pour encadrer législativement le versement des dividendes, c’est finalement un appel au « sens civique » des entreprises qui a été préféré par les services de Bercy.

    Pourtant de nombreuses organisations syndicales, mais aussi non gouvernementales avaient appelé ces derniers jours à une action plus musclée de la part du gouvernement. L’ONG Oxfam a notamment dénoncé des mesures trop laxistes face à la crise économique qui se profile dans le sillage du coronavirus. « La mesure annoncée est clairement insuffisante […] On ne peut pas juste se reposer sur le « sens civique » des entreprises, l’État ne doit pas juste « inviter », […] il faut imposer ! » a dénoncé Quentin Parrinello, porte-parole d’Oxfam, ajoutant qu’il « serait incompréhensible et inacceptable qu’un seul euro d’aide publique soit utilisé pour rémunérer des actionnaires ou payer des bonus aux PDG des grandes entreprises ».

    Du côté des syndicats, les appels à aller plus loin dans l’encadrement du versement des dividendes ont également été nombreux, notamment de la part de la CFDT qui avait demandé dès le 25 mars aux grands groupes français d’agir sans délai sur le versement des dividendes. Les organisations patronales – notamment le MEDEF – ont aussi approuvé la mise en œuvre des mesures du ministère de l’Économie.

    Un gel au niveau européen ?

    Si la France a officialisé sa ligne de conduite sur la question des dividendes, d’autres appels en Europe pourraient généraliser l’idée d’un gel global pendant la crise du coronavirus. La Banque centrale européenne a d’ailleurs appelé les banques de la zone euro à ne pas verser de pendant toute la durée de la pandémie.

    En Norvège, le régulateur bancaire national a également appelé le ministère des Finances a prononcer la suspension du versement des dividendes pour la durée de la pandémie, au moins.

    Au Parlement européen, l’intergroupe de La France Insoumise a également mis sur la table le sujet, en appelant à une interdiction pure et simple du versement de dividende pour 2 ans.

    Selon Oxfam, les entreprises européennes devaient verser 359 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires pour l’année 2020, soit une hausse de 12 milliards d’euros  par rapport à 2019.

  • En finir avec les pythies de mauvaises aventures

    En ces temps de crise, la France ne s’épargne pas les polémiques inutiles. Le décès d’Uderzo nous rappelle que nous restons d’inlassables Gaulois prompts à la division et aux polémiques inutiles. En quelques semaines, les masques, les tests ainsi que la chloroquine ont enflammé les chaînes d’information et les réseaux sociaux.

    Tous infectiologue ?

    Sans évènements sportifs, sans activités de loisirs ni de consommation, nous n’avons pas de nombreux sujets de discussion, hormis ceux attachés au coronavirus. La modestie et la prudence devraient guider nos propos. À preuve du contraire, nous ne sommes pas 67 millions à avoir un diplôme d’infectiologue ou d’épidémiologiste. À notre corps défendant, les membres du corps médical ne devraient pas demander à l’opinion de les départager sur les solutions à apporter à la crise sanitaire.

    Les masques et 2009 ?

    Sur les masques, nous sommes fantastiques. Après avoir été vouée aux gémonies pour avoir dépensé sans compter en masques et en vaccins, afin de lutter contre le H1N1 en 2009, Roselyne Bachelot est désormais encensée. Comme quoi, entre la haine et la passion, le couloir est étroit. Le Gouvernement devrait soumettre à autorisation la pratique d’un de nos sports favoris : l’autodénigrement. Nous nous délectons de notre malheur et de nos erreurs réelles ou supposées, actuelles et à venir.

    2020 au dessus de 1929

    Cette attitude ne concerne pas exclusivement la santé. Elle s’applique également à l’économie. De nombreux économistes et le Ministre de l’Économie lui-même prédisent que cette crise pourrait être pire que celle de 1929. En l’état actuel, il est pourtant bien difficile d’établir une projection à trois ou six mois. En revanche, répéter que demain sera effroyable ne peut que contribuer à l’autoréalisation de cette macabre prophétie.

    Face aux défis sanitaire et économique, deux tentations nous menacent, celle de l’étatisation et celle du protectionnisme. L’étatisation est aujourd’hui réclamée à cor et à cri. Quand l’épidémie sera endiguée, le repli de l’État dans la gestion courante n’est pas garanti. Les habitudes prises et les territoires conquis sont difficiles à abandonner et à rétrocéder en France, pays où le jacobinisme est un trait de caractère.

    Cette crise permet également à certains de vendre l’idée, facile et souvent populaire, du protectionnisme. Le libre échange est aujourd’hui accusé de tous les maux quand nous lui devons une grande partie de notre croissance et de notre pouvoir d’achat depuis plus de 70 ans. Oser croire que la France puisse s’auto-suffire en tout est une vue de l’esprit dont la réalisation, même partielle, aurait des conséquences considérables en termes de croissance et de niveau de vie.

  • Docteur Knock et docteur Mabuse au chevet du monde.

    Ce qui se répand plus vite que le coronavirus, c’est la bêtise. En chacun de nous sommeille un expert, et surtout un malade. « Un bien portant est un malade qui s’ignore » dit le docteur Knock, ce personnage de Jules Romains qui convainc toute une population de s’aliter. Tous confinés, déjà malades. Quant au docteur Mabuse, le génie du mal selon Fritz Lang, ses complots visent à ruiner le monde pour mieux le dominer. La ruine est à l’œuvre. Parmi les 3 milliards d’êtres humains qui méditent sur les raisons de leur enfermement, beaucoup croient à une conspiration : Comment s’en étonner quand, en France, pays de culture, 9%[1] des gens pensent que la terre est plate ? Et qu’aux Etats-Unis, phare de la modernité,  0.5%[2] des femmes pensent avoir des enfants sans relation sexuelle ?

    Les Dr Knock n’ont pas tort : Non seulement l’épidémie a des chances de faire le tour du monde avant que l’on trouve remède et vaccin, mais d’ici là, la crise mondiale rendra beaucoup de gens malades. Et les Dr Mabuse ont raison : De grandes âmes ont l’air de se réjouir sur l’air du « on vous l’avait bien dit », espérant des mondes comme purifiés par le Covid 19. Comme les Marxistes d’antan, chacun brandit sa grille de lecture préfabriquée pour décrypter le virus : la faute aux banques américaines, au Parti Communiste Chinois, à la mafia italienne ou russe, au pétrole, à Maastricht, au libéralisme économique, aux 35 heures à l’Hôpital, au consumérisme débridé et au manque de prêtres.

    Chacun y va de son couplet, du retour de l’Etat au souverainisme, alors que les pays qui ont fermé les frontières sont les plus touchés et que c’est la médecine qui soigne, pas l’Etat. En Corée, pays qui résiste le mieux à l’épidémie, on ne ferma pas les frontières, la médecine est à 90% privée, les dépenses de santé représentent 8% du Pib et non12% comme en France. Pourquoi faut-il attendre l’autorisation de l’Etat pour commander les tests, les masques, le gel, et administrer la chloroquine ? La gestion centralisée, dogmatique, procédurière, ne montre pas l’Etat en sauveur. A moins de changer l’Etat… L’exploit de restreindre à ce point les libertés élémentaires inquiète plus qu’il ne rassure. Enfin l’information parcellaire, biaisée, inexacte n’augure rien de bon. En Italie, pour soi-disant lutter contre les fake news, le gouvernement souhaite que les informations sur le coronavirus soient « autorisées ». Censure de guerre ?

    Curieusement, ce qui apparait comme défaillant dans cette crise n’est pas relevé : le manque de coopération internationale pour une crise mondiale. Nul G7, alors qu’il devrait se retrouver (par visioconférence) toutes les semaines. Et ces dizaines d’organisations internationales, d’un coup muettes ?  Seul le partage de l’information, pour la recherche comme la prévention, pour la crise sanitaire comme pour la crise économique, permet de repérer les failles, de sélectionner  les parades.  Ainsi, alors que la France rechigne, Maroc, Algérie, Etats-Unis, Russie, se précipitent sur la Chloroquine. Tant mieux. Rien n’est pire que les pensées uniformes. Si l’Allemagne réussit mieux que la France, c’est peut-être parce que les décisions sont d’abord prises au niveau local. La concentration des pouvoirs n’est jamais rassurante, même quand ceux-ci sont assurés par des sages comme Trump, Johnson, Xi Jinping ou Macron.

    Réponses locales, intelligence globale : L’épidémie n’est pas le résultat de « la mondialisation capitaliste ». L’antidote l’est. Il y a toujours eu des épidémies : La peste antonine[3] venait déjà de Chine. En dix ans ou en dix jours, tout virus se répandra. Mais jamais les épidémies n’ont été à ce point maîtrisées. La science, universelle et partagée, l’échange d’information, permettent de combattre la maladie. La variole, qui tuait encore 2 millions de personnes en 1967, a été éradiquée.

    En revanche, jamais on n’arrêta des économies -la production de richesse- pour sauver des vies. Aucune société passée n’a sacrifié son bien-être à la vie de ses concitoyens : les sacrifices demandés au nom des guerres et des idéologies en témoignent. Curieuse, cette mondialisation capitaliste qui se saborde pour sauver des personnes âgées, qui l’eût cru ?

    Toute autre attitude serait impensable. La démocratie ne permet pas que l’on méprise la vie. Et dirigeant ne veut être accusé d’être moins humaniste que les démocraties décadentes. D’autant que dans cette petite planète, cacher la vérité est aussi difficile que de la dire. Et que les pouvoirs s’entendent à montrer leur autorité.

    Demain, le monde d’après les crises sera comme celui d’hier : incertain. Revenir à la normale risque d’être impossible, parce qu’il n’y a pas de « normale ». Ni l’économie, ni le droit, ni l’information, ni les gouvernements. C’est pourquoi mieux vaut s’en tenir à des objectifs et des principes : préférer la liberté à la contrainte, l’information pluraliste au rabâchage télévisuel, l’ouverture à la fermeture, relancer l’économie en luttant contre la pauvreté, éloigner les guerres.

    Et distribuer de la chloroquine dés qu’on en a, même si ce devait être un placebo.  Les milliards de crédit annoncés n’en sont-ils pas ? Ni pour les lits, ni pour les médecins, ni pour les médicaments, le rationnement n’est une solution. Tous les peuples préféreront toujours la société de consommation – ou d’abondance – au rationnement. Et c’est bien ce qui nous sauvera de toutes nos crises : la reprise. Malgré les Knock et les Mabuse, quand on n’est plus malade, on se lève.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    [1] Ifop, 2019.

    [2] British Medical Journal, étude réalisée par l’Université de Caroline du Nord, 2013.

    [3] IIème ap.JC.

  • Pour une force européenne de la santé ! Rencontre avec Véronique Trillet-Lenoir, Eurodéputée LREM et porte-parole pour la Santé du groupe

    De la crise que nous traversons, se dégage déjà le profond besoin d’une véritable Europe de la santé. La réponse se devra d’être à la hauteur du défi.

    Véronique Trillet-Lenoir, médecin de formation, est une eurodéputée (LREM) membre de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) au Parlement européen et une porte-parole sur la santé à la délégation Renaissance.

    Véronique Trillet-Lenoir (à gauche) avec la Présidente de la Commission Européenne

    En quelques semaines, l’Europe est devenue l’épicentre de la pandémie COVID-19, alarmante pour la santé des citoyens européens, mais aussi pour l’économie et l’emploi. Progressivement, mais inégalement, l’épidémie gagne l’ensemble des 27 États membres. Elle révèle, une fois de plus, la fragilité de l’Union européenne en matière de santé publique. Les États membres conservant d’importantes prérogatives d’organisation des soins, l’Union européenne ne dispose que d’une compétence d’appui. Son pouvoir limité de coordination et sa périlleuse dépendance pharmaceutique aux autres grandes puissances entravent la réactivité de ses réponses.

    Recommandations du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), assistance aux ressortissants, financement de la recherche, mise en réserve de matériels médicaux, contrôle des frontières et exemples réconfortants de transferts de patients entre États membres : les efforts entrepris ne compensent malheureusement pas la disparité des systèmes de soins nationaux et l’hétérogénéité des mesures prises, la fragilité des stocks sanitaires, le manque de solidarité, le refus de coopération sur les matériels, leur rétention ou, pire, leur détournement et les fermetures brutales de couloirs aériens et de frontières.

    Il aura malheureusement déjà fallu plusieurs crises sanitaires (vache folle, SRAS, Médiator, prothèses mammaires PIP) pour qu’on en vienne à renforcer la législation européenne, ou à créer de nouvelles agences. Nous devrons donc être plus ambitieux. Il ne s’agira plus d’ajuster un système, mais plutôt d’entamer sa refonte en profondeur.

    Même si l’heure n’est pas encore au bilan, nous pouvons déjà tirer quelques leçons et proposer des solutions. D’abord pour maîtriser l’urgence actuelle, mais aussi pour inventer un dispositif de santé robuste et anticiper les crises sanitaires ultérieures.

    Créons une Force européenne de la santé pour poser les fondements d’une politique commune souveraine et innovante !

    Dotons l’Union européenne d’une coordination plus opérationnelle

    À court terme, l’interopérabilité des systèmes de santé nationaux est indispensable, elle devrait pouvoir s’appuyer sur le « corps médical européen », pourtant créé à cet effet. Achats groupés, échanges coordonnés de matériel, mobilisation des professionnels de santé, transports de patients en vue de soins transfrontaliers devront être mieux anticipés.

    À moyen terme, les agences sanitaires européennes devront disposer d’un vrai pouvoir d’évaluation et de contrôle de leurs recommandations. Elles seront ainsi à même de constituer un levier décisionnel, un solide réseau d’expertise capable d’activer rapidement des plans de santé publique.

    Un portail européen facilitera les échanges sur les données épidémiologiques, les recommandations de pratiques et l’état des stocks médicaux. Des informations validées et des alertes éventuelles transmises aux citoyens permettront de lutter efficacement contre la désinformation.

    Restaurons la souveraineté européenne en matière de santé

    Pour lutter contre les pénuries de médicaments et de dispositifs médicaux, il conviendra d’organiser le rapatriement sur le territoire européen de la fabrication de principes actifs (80 % actuellement hors Union européenne), de préserver les médicaments de première nécessité en prévoyant des réserves mobilisables et d’inciter les industriels de la santé à relocaliser les sites de production en Europe tout en favorisant des technologies innovantes et réactives.

    Renforçons la coopération européenne en matière de recherche

    Des essais cliniques européens sont déjà en cours. Ils devront privilégier le pragmatisme et la promulgation rapide des résultats. Les progrès de la science pourront ainsi bénéficier à un maximum de patients dans les meilleurs délais.

    Adossés aux réseaux déjà structurés et aux futures universités européennes, de larges consortiums pourront être financés. Leur recherche devra porter sur les diagnostics, les thérapeutiques et les vaccins, mais aussi sur les mécanismes des crises sanitaires (environnementales, alimentaires, infectieuses…), en s’appuyant sur l’intelligence artificielle.

    Ce scénario impliquerait sans doute, pour les États membres, le renoncement à certaines de leurs prérogatives au bénéfice d’une gestion efficace de la santé publique à l’échelle européenne. Ce serait le prix à payer pour bâtir l’Europe de la santé.

    Ainsi nous répondrons, de manière réactive et coordonnée, à l’attente qu’ont les citoyens d’une Europe protectrice et solidaire.

  • Confinement en France : prolongement jusqu’au 15 avril… au minimum

    Le gouvernement français a décidé de prolonger le confinement de la population pour deux semaines à compter de mardi, soit jusqu’au 15 avril, a annoncé vendredi le Premier ministre Edouard Philippe, précisant que cette période pourrait être prolongée.

    « Avec l’accord du président de la République, j’annonce aujourd’hui le renouvellement de la période de confinement pour deux semaines supplémentaires à compter de mardi prochain, soit jusqu’au mercredi 15 avril » dans les mêmes conditions, a déclaré Edouard Philippe, à l’issue d’un Conseil des ministres. « Cette période pourra évidement être prolongée si la situation sanitaire l’exige ».

    Le pic épidémique du coronavirus pas atteint

    L’allongement du confinement a pour but d’interrompre la propagation du coronavirus dont les cas lourds déferlent en l’Ile-de-France et menacent les services hospitaliers de saturation.

    « Nous sommes encore au début de la vague épidémique », a justifié Edouard Philippe depuis le palais de l’Elysée en prévenant que les règles restaient les mêmes, mais que « cette période pourra évidement être prolongée si la situation sanitaire l’exige ».

    L’épidémie a déjà fait quelque 1.700 morts rien que dans les hôpitaux, dont une adolescente de 16 ans, sa plus jeune victime.

    Pour soulager le système de santé du Grand Est, principal foyer de la maladie, un avion militaire a réalisé une nouvelle évacuation de six malades de Mulhouse vers Bordeaux, au lendemain d’un transfert inédit par TGV médicalisé de patients vers le Centre et l’Ouest du pays, moins touchés.

    Et 48 nouveaux malades du Grand Est vont être transférés ce week-end par trains médicalisés vers des hôpitaux de la Nouvelle-Aquitaine, selon l’Agence régionale de santé (ARS) à Bordeaux.

    C’est maintenant l’Ile-de-France qui touche ses limites, alors que le pic épidémique n’est toujours pas atteint, comme en témoigne le dernier bilan national de jeudi soir, avec 548 nouveaux patients placés en réanimation en 24 heures et 2.365 nouveaux hospitalisés, pour un total de près de 14.000.

    « On pousse les murs partout pour accueillir le plus possible ces patients en réanimation, (mais) on n’est pas encore au plateau de la courbe de l’épidémie, il va falloir trouver des solutions », a averti vendredi matin le professeur Bruno Riou, directeur médical de crise de l’AP-HP (hôpitaux de la région parisienne).

    Il a souhaité que des évacuations similaires soient rapidement envisagées de la région capitale vers d’autres moins affectées afin « de retrouver de la disponibilité pour les malades » à venir, alors que les services de réanimation de Seine-Saint-Denis sont déjà pleins.

     

  • Ministre et élus se sont réunis en téléconférence pour apporter des solutions aux touristes et aux expatriés

    Ministre et élus se sont réunis en téléconférence pour apporter des solutions aux touristes et aux expatriés

    Jean-Baptiste LEMOYNE, Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a échangé pendant 3 heures avec les parlementaires représentant les Français de l’étranger. Un long échange sur les nombreux problèmes rencontrés par nos compatriotes touristes ou expatriés en ces temps de pandémie mondiale et alors que les frontières sont de plus en plus hermétiques.

    Il s’est réjoui des avancées qui ont déjà pu être obtenues : suspension du délai de carence pour l’accès aux soins en France et l’obtention d’un délai de deux mois supplémentaires pour l’envoi des certificats de vie. M. le Ministre Jean-baptiste LEMOYNE a souligné que le ministère s’attèle « matin, midi et soir » aux rapatriements des Français : entre 10 et 15.000 reviennent chaque jour.

    Laurence HAGUENAUER, directrice des Français et de l’Administration consulaire, qui participait à la visioconférence, a loué la capacité d’adaptation du réseau consulaire. Les personnels consulaires mobilisés en urgence travaillent en présentiel, par exemple pour la délivrance de laissez-passer, mais aussi du télétravail.

    Zone internationale à Marrakech
    Zone internationale à Marrakech

    Rapatriements et circulation en France

    Sur le prix exorbitant des billets d’avion, M. LEMOYNE a demandé un effort aux compagnies françaises mais n’a pas de levier sur les autres. Anne GENETET, comme Christophe FRASSA, Amélia LAKRAFI et Olivier CADIC ont insisté sur ce problème insurmontable pour les Français, qui paient des billets hors de prix pour des vols finalement annulés, mais pas remboursés. Olivier CADIC souligne l’incohérence entre l’injonction à s’inscrire sur le site Ariane puis celle de se rapprocher des compagnies aériennes lorsqu’une crise éclate. Il regrette que le nombre de personnes concernées par pays et des solutions proposées ne soit pas communiquées. L’interdiction de déplacements en vigueur dans certains pays comme au Pérou est de nature à empêcher les Français de prendre les vols de rapatriement.  M. LEMOYNE répond qu’un sauf-conduit a été obtenu en Argentine et qu’il cherche à obtenir la même chose au Pérou. Pour empêcher les vols « ferry » qui partent vide à l’étranger, des procédures sont engagées avec les ambassades des autres pays en France, mais cela prend beaucoup de temps et ce n’est donc pas toujours possible et cette coordination ne sera pas systématisée. Des avions militaires sont utilisés et le seront encore, notamment en Tchad et en République centrafricaine.

    Joëlle GARRIAUD-MAYLAM s’est interrogée sur la coopération européenne pour les rapatriements, dans le cadre des accords de Maastricht.

    Sur la déclaration d’attestation provisoire qui inquiète les Français en passe d’être rapatriés, M. LEMOYNE répond à Mme RENAUD-GARABEDIAN qu’il leur faudra conserver leur billet d’avion retour et réaliser une attestation sur papier libre.  Tandis que la députée Amélia LAKRAFI alerte sur le malaise généré par le rapatriement des salariés par les compagnies pétrolières, tandis que d’autres restent sur place..

    les élections consulaires en juin ?

    Jugées irréalisables par de nombreux élus notamment le bureau de l’Assemblée des Français de l’Etranger, M. LEMOYNE rappelle que la décision sera prise à la mi-mai.

    Si les élections municipales peuvent avoir lieu et donc aussi les sénatoriales :

     « il y aura une vraie question, qu’on se poser en fonction de l’évolution de la situation ». Il a souligné des enjeux juridiques incontournables. On répète que l’on attend le rapport qui doit être rendu public à la mi-mai. « On va refaire des rétro-planning et tout mettre en place. On a un certain nombre de mesures règlementaires à prendre. C’est le rôle du bureau des élections. » confirme Mme HAGUENAUER.

    Christophe FRASSA a insisté sur la nécessaire annulation des tirages au sort dans les circonscriptions où de nouvelles candidatures pourraient être enregistrées. 

    Santé et sécurité

    Les patients français en difficultés médicales doivent impérativement se signaler aux postes et les dernières liaisons aériennes seraient utilisées pour acheminer les médicaments. À Olivier CADIC qui demande quel dispositif est mis en place pour la santé des personnels consulaires, M. LEMOYNE répond que la solution est trouvée poste par poste. En tout état de cause, les autres agents ne sont pas exposés lorsqu’un agent a été testé positif. Dans certains cas, il pourrait être envisagé que des Français soient abrités dans des bâtiments publics français à l’étranger. C’est une solution d’urgence, à étudier cas par cas.

    Sur le télédiagnostic demandé par Meyer HABIB, M. LEMOYNE rappelle que c’est un secteur concurrentiel et que le rôle du ministère n’est pas de recommander un organisme plus qu’un autre.

    Visas et permis temporaires

    Aux inquiétudes portant sur les permis temporaires, cartes de séjour ou titres de séjour, M. LEMOYNE rappelle que peu de personnes sont concernées par les titres de séjour (étudiants et VT). Il conseille quoiqu’il en soit de privilégier les démarches locales. Les postes vont être invités à faire des démarches pays par pays, afin de faire en fonction de leurs besoins. La question avait notamment été posée par Roland LESCURE, pour des visas de 2 ans arrivant à expiration dans les 2 ou 3 prochains mois.

    Alors que des mesures sont prises dans les prisons comme l’a souligné Hélène CONWAY-MOURET, les visites sont interdites et des « drames » sont à craindre dans de nombreuses d’entre elles, l’administration répond que les postes sont en lien par téléphone avec les familles de détenus.

    Ministère de l'Éducation : fermeture des établissements scolaires ...
    Lycée français de Bahrein – MLF

     Education et lien social

    L’épineuse question des bourses a largement nourri les débats : la Commission Nationale des Bourses doit avoir lieu mi-juillet dernier délai, selon Olivier BROCHET. Les commissions locales doivent être réunies avant : cela pose des problèmes évidents dans de nombreux pays. L’évolution de la situation des familles complique l’exercice. M. LECONTE s’interroge sur la capacité de les instruire alors qu’on ne peut pas calculer les revenus à N-1 pour beaucoup de familles. À la proposition de Frédéric PETIT de déclaration sur l’honneur suivie d’une transmission des documents plusieurs mois après, M. LEMOYNE répond qu’il n’y est pas favorable, mais n’exclut pas une procédure « allégée ». Cependant il y aura la possibilité de demander des bourses exceptionnelles pour la Chine et le Vietnam, où la crise dure depuis plus de 3 mois. La question se posera rapidement pour les autres pays, en lien avec une nécessaire discussion budgétaire.

    M. LEMOYNE est en lien avec le ministère de l’Éducation nationale pour évoquer la tenue des épreuves du baccalauréat, dont les premières épreuves ont lieu à la mi-mai en Amérique du Nord. Sur la possibilité que l’État puisse se porter garant des établissements homologués et des Alliances françaises comme signalé par Jean-Yves LECONTE, la direction de l’AEFE répond que les établissements les plus fragiles sont des associations de droit local donc il faudrait plutôt un fonds d’urgence, comme celui pour les PME. Une conférence téléphonique est prévue le 31 mars sur le sujet avec les écoles partenaires.

    Solidarité : un fonds et des procédures accélérées ?

    Sur la possibilité de crédits CCPAS ou d’aides occasionnelles, Mme HAGUENAUER répond à Claudine LEPAGE ou encore à Mme LAKRAFI que l’ensemble des allocations seront bien versées et que les demandes d’enveloppes ou d’aides exceptionnelles pourraient être étudiées. Les Français en difficulté doivent se signaler auprès des postes, qui ont des crédits spécifiques d’aide. Ces crédits seront abondés au fur et à mesure des besoins. Mme HAGUENAUER informe que l’idée d’accélérer le versement des subventions STAFE a bien été proposée et que la procédure doit être formalisée. Néanmoins, le dispositif STAFE n’a pas pour vocation de remplacer les CCPAS ou d’assurer le fonctionnement des associations. Anne GENETET a demandé que les bâtiments de l’État français à l’étranger inoccupés soient utilisés pour accueillir les Français bloqués à l’étranger. Olivier CADIC a informé du dépôt d’une proposition de loi, par laquelle les Français de l’étranger pourraient bénéficier du fonds de solidarité créé par la loi sur l’urgence sanitaire.

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