Ce week-end, deux pays tenaient des élections majeurs pour leur avenir, on votait donc en Turquie et en Thaïlande. Avec la rédaction de TV5MONDE, nous faisons le point pour les Français de l’étranger.
Thaïlande : une vague électorale orange
En Thaïlande, un parti progressiste arrive en tête des législatives. Un camouflet pour les généraux au pouvoir. C’est donc le parti Move Forward (Aller de l’avant) qui remporte les élections. Il vient déjà de former une coalition avec les autres formations démocrates.
Élections en Thaïlande: victoire retentissante de l’opposition, défaite du régime de Prayuth Chan-ocha
Reportage de TV5MONDE
L’analyse de la spécialiste Sophie Boisseau du Rocher
Turquie : un second tour favorable à Erdoğan
« Erdoğan est parti pour être réélu », a estimé lundi 15 mai sur franceinfo Ardavan Amir Aslani, avocat et essayiste qui publie La Turquie, nouveau califat ? aux éditions de l’Archipel. Selon les derniers résultats portant sur 95% des bulletins de l’élection présidentielle en Turquie, Recep Tayyip Erdoğan se situait sous la barre des 50% des voix, Kemal Kiliçdaroglu totalisait tout juste 45% des voix et le troisième candidat, le dissident nationaliste Sinon Oğan, est crédité d’environ 5% des voix.
Mais les Turcs sont-ils prêts à tourner la page d’Erdoğan ?
On le sait, les écoles, collèges et Lycées français hors de France peuvent représenter un coût important pour les parents. Ainsi, parmi les Français de l’étranger, de plus en plus de familles ne peuvent pas scolariser leurs enfants dans des établissements homologués du réseau de l’enseignement français à l’étranger. Si les fonds peuvent manquer, il y a aussi d’autres raisons qui expliquent que la majorité des enfants français vivant dans un autre pays ne sont pas scolarisés dans le réseau, comme l’absence d’un établissement, son éloignement, un niveau de classe absent, le besoin de mettre en place un projet personnalisé de scolarisation (PPS), etc. Aussi, d’autres parents préfèrent scolariser leurs enfants dans le système local. Pour autant, ces parents voudraient aussi que leurs enfants puissent malgré tout conserver un lien avec la langue et la culture française. Mais alors quelles alternatives aux établissements des réseaux AEFE (gestion directe, homologation d’établissement géré par un privé ou une association de parent, La Mission laïque française ou encore Odyssey) ?
Un rendez-vous ReflexeS : le 25 mai 2023
Pour faire le point sur les dispositifs alternatifs auxquels les Français de l’étranger peuvent avoir accès, la plateforme, dédiée à l’Education hors de France, ReflexeS, fondée par la sénatrice, et ancienne proviseur en Espagne au sein du réseau de La Mission laïque française, Samantha Cazebonne, invite tous les parents intéressés à une web-conférence le 25 mai 2023.
Comme tous les autres rendez-vous initiés par ReflexeS, il donnera lieu à une consultation en amont et à une table ronde en visioconférence. À son issue, les résultats de la consultation et les grands points abordés seront transmis aux ministères de tutelle (MEAE et MENJ) et/ou retranscrits sous forme de questions écrites au Sénat.
Le dispositif FLAM (Français LAngue Maternelle) vise à soutenir des associations qui proposent des activités autour de la pratique du français en tant que langue maternelle, dans un contexte extrascolaire, pour les enfants français à l’étranger, non scolarisés dans un établissement local d’enseignement français.
Actuellement, ils existent des associations reconnues dans 37 pays : Algérie, Allemagne, Argentine Arménie, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Chine, Croatie, Danemark, Émirats Arabes Unis, Espagne, Estonie, États-Unis, Hongrie, Inde, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Liechtenstein, Malte, Mexique, Namibie, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovénie, Suède, Suisse, Taïwan, Tunisie, Uruguay.
Le Cned s’adresse à tous les publics, qu’ils résident en France ou à l’étranger, quelle que soit leur nationalité. 20 000 inscrits à l’étranger (dont plus de 16 000 scolaires), répartis sur les cinq continents, ont bénéficié en 2021 des enseignements et des formations du Cned. Ils ont pu suivre à distance et en ligne un enseignement scolaire ou supérieur français, ainsi que des formations initiales ou professionnelles.
Le Cned propose des solutions toujours plus adaptées à l’expatriation et à la scolarisation hors du territoire français grâce à son offre flexible : en classe complète, en cours à la carte, en scolarité complémentaire internationale.
Créé en 2012, le LabelFrancÉducation est attribué par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) aux filières d’excellence bilingues francophones proposant un enseignement renforcé de la langue française et d’au moins une discipline non linguistique en français, conformément au programme officiel du pays d’accueil.
La gestion opérationnelle du LabelFrancÉducation a été confiée à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Le LabelFrancÉducation vise à promouvoir des filières ou des établissements publics et privés d’enseignement élémentaire et secondaire étrangers hors de France, dans des filières générales, technologiques ou professionnelles. Il contribue, dans le cadre de leur enseignement national, au rayonnement de l’éducation, de la langue et de la culture françaises.
En 2022, ce réseau compte 587 filières bilingues francophones dans 62 pays.
Les querelles budgétaires sont consubstantielles aux démocraties. A travers l’histoire, elles sont à l’origine de conflits entre la majorité et l’opposition. Depuis quelques semaines, aux États-Unis, les Démocrates et les Républicains n’en jouent pas moins avec le feu en s’étripant sur le relèvement du plafond de la dette publique. Faute d’accord d’ici le 1er juin, les États-Unis pourraient être en situation de défaut de paiement. Janet Yellen, la Secrétaire d’État au Trésor, a déclaré que son département pourrait ne plus payer les factures des administrations publiques.
Les investisseurs commencent à évaluer le risque de ce qui serait le tout premier défaut souverain américain depuis la guerre de Sécession. Avec les taux d’intérêt faibles, les opposants à l’endettement étaient rangés, ces dix dernières années, dans la catégorie des « idiots du village » par les tenants de la théorie monétaire moderne qui invitaient les États à s’endetter. Avec l’épidémie de covid, ces derniers ont mis en pratique ce recours à l’endettement, en augmentant de plus de 10 points leurs dettes. L’espoir qu’un monde sans inflation puisse permettre le maintien des taux d’intérêt nuls voire négatifs a disparu avec le retour de cette dernière.
Une fatalité face à la dette publique tant aux États-Unis qu’en Europe
Les taux d’intérêt sont désormais orientés à la hausse. Même s’ils demeurent négatifs en valeur réelle, le service de la dette des États est en augmentation. Le gouvernement japonais dépense plus de 8 % de son budget en intérêts. L’endettement devrait se poursuivre, et le simple financement de la progression des dépenses de santé et de retraite lié au vieillissement devrait représenter 3 % du PIB d’ici 2030. Selon les évaluations de The Economist, le déficit public américain pourrait atteindre 7 % du PIB d’ici 2030, un niveau de déficit que les États-Unis n’ont pas connu en dehors des périodes de guerres et de crises économiques. Ce déficit tendanciel inquiète de moins en moins. Il y a une fatalité face à la dette publique tant aux États-Unis qu’en Europe. La Chine qui a longtemps critiqué le laxisme budgétaire occidental multiplie depuis quatre ans les politiques de soutien économique amenant à une progression rapide de son endettement. Pour les pays émergents, ce surcroît atteindrait 2 % du PIB. La Chine devra gérer d’ici 2035 plus de 420 millions de retraités sur une population totale de 1,3 milliard d’habitants. De nombreux États, devront par ailleurs faire face à la forte hausse des dépenses militaires tout comme celles liées à la transition énergétique.
Les États entendent réduire leurs déficits publics avec beaucoup de modération. Censée diminuer les déficits publics, la loi américaine sur la réduction de l’inflation devrait, au contraire, les creuser. En octroyant des subventions sans limite aux entreprises investissant afin d’accélérer la transition énergétique, cette loi pourrait, selon Goldman Sachs, coûter 1 200 milliards de dollars, contre 391 initialement prévu.
Joe Biden lors d’une rencontre avec les leaders du Congrès américain, à la Maison Blanche, le 9 mai 2023 – Brendan SMIALOWSKI / AFP
Le projet de loi visant à relever le plafond de la dette américaine, adopté par les Républicains à la Chambre des représentants le 27 avril, est jugé irréaliste. Il plafonne les dépenses en 2024 à leur niveau de 2022, puis prévoit d’augmenter les budgets de 1 % par an. Plus du quart des dépenses auraient été occultées. Les dépenses de santé, de retraite et de défense n’auraient pas été intégrées dans le calcul.
En zone euro, le gouvernement allemand pense que ses partenaires pourront respecter des critères budgétaires visant à faire redescendre leurs dettes publiques en-dessous de 60 % du PIB. Avec une dette publique de plus de 150 % du PIB, l’Italie n’est pas prête à les appliquer, il en est de même pour la France. Les pouvoirs publics allemands souhaitent rassurer leur opinion publique mais nul n’imagine dans les faits qu’il soit crédule en matière budgétaire à l’encontre de l’Italie, de l’Espagne ou de la France.
La Chine suit le mouvement général en s’endettant.
La Chine suit le mouvement général en s’endettant. Elle masque une partie des déficits publics dans des véhicules de financement opaques. Les collectivités locales pratiquent « le shadow banking » sans limite. En intégrant toutes les dettes publiques directes et indirectes, le montant total dépasse 120 % du PIB et pourrait atteindre, selon le FMI, 150 % d’ici 2027. Le gouvernement chinois a besoin d’un fort taux d’épargne des ménages et du maintien d’un fort excédent commercial. Cette situation rend compliqué le rééquilibrage intérieur de la demande.
Si la hausse des taux se poursuit, les États n’auront pas d’autres solutions que d’augmenter les impôts. Aux États-Unis, l’introduction de la TVA pourrait être imaginée. En Chine, le gouvernement pourrait instaurer la taxe foncière promise de longue date. L’instauration d’une taxe carbone pourrait également s’imposer dans de nombreux pays. L’endettement de tous les États constitue-t-il une bonne nouvelle ? Si l’erreur est commune, elle sera peut-être moins lourde à porter. Dans le passé, le surendettement a toujours été sanctionné mais il n’était pas aussi pratiqué de manière uniforme. La question est de savoir si tous les États courent vers le précipice ou si la vitesse acquise permettra de l’éviter….
Pendant trop longtemps, « l’Europe n’a voulu parler qu’au consommateur », mettant en péril son tissu industriel « si cela permettait de faire baisser les prix » a lancé Emmanuel Macron jeudi (11 mai) dans un discours à l’Élysée. Une affirmation dont Thierry Breton, commissaire au Marché intérieur, s’est fait l’écho tout en remettant l’industrie verte au coeur du débat.
Selon M. Macron, l’UE s’est fourvoyée pendant de nombreuses années en se pensant « comme un marché ouvert » dans une course au prix le plus bas, au risque de créer des dépendances avec des pays tiers, notamment les États-Unis et la Chine.
Réindustrialisation décarbonée
Or, la réponse européenne des derniers mois face à l’Inflation Reduction Act (IRA), un paquet d’investissement américain massif pour soutenir l’industrie verte outre-Atlantique, est la preuve que l’Europe fait enfin une « politique de remise en cohérence », en faisant de la réindustrialisation décarbonée « la mère des batailles ».
« Nous n’avons pas vocation à devenir les consommateurs de l’industrie américaine », a martelé le président, qui ne veut pas non plus dépendre de la Chine.
« Plutôt que de vouloir se battre contre les Chinois, nous allons faire comme eux : défendre notre souveraineté nationale et produire ce dont nous avons besoin en Europe » et donc, réduire les dépendances.
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence intitulée « Accélérer notre réindustrialisation » avec des représentants de l’industrie française au palais de l’Élysée à Paris, France, le 11 mai 2023. [EPA-EFE/YOAN VALAT / POOL]
Pour ce faire, le président appelle à une «pause réglementaire européenne» sur les contraintes environnementales, afin de donner plus de temps aux acteurs de l’industrie pour adapter leurs chaînes de production, alors que la Commission a présenté ces derniers mois des plans d’envergure, comme le Net Zero Industry Act et le Critical Raw Materials Act.
Le premier de ces textes vise à rendre l’industrie européenne plus autonome en renforçant sa chaîne de production au sein de l’UE. Le second propose qu’une partie des ressources en métaux critiques nécessaires à ces nouvelles industries proviennent de mines situées dans l’UE.
Fonds européen de souveraineté
M. Macron souhaite aussi permettre des investissements européens de taille grâce, notamment, à la création d’un Fonds de souveraineté, qu’il défend activement.
« Il faut accélérer sur les déploiements parce que sinon, le risque que nous courons, c’est d’être les mieux disant en termes de réglementation et les moins disant en termes de financement », a précisé le président.
Thierry Breton, invité à la conférence, a emboîté le pas au président, en faisant état d’une « véritable mutation au niveau de Bruxelles » sur l’enjeu de l’industrie verte.
Le changement de paradigme autour d’une réindustrialisation décarbonée « précède l’IRA », a-t-il précisé, coupant court à toute critique qui voudrait que l’UE n’ait que « réagi » au plan américain.
Selon le commissaire, le plus difficile reste encore l’exécution des plans de décarbonation, afin de rester fidèle aux objectifs de zéro carbone d’ici à 2050.
L’acceptabilité de nouveaux projets industriels sur les territoires européens est donc cruciale : « un monde dans lequel l’industrie se trouve à 10 000 km de nous, c’est fini ! Proximité et appropriation des territoires sont essentielles », a-t-il tweeté.
Sur ces points, le gouvernement doit présenter un projet de loi dite « industrie verte » en début de semaine prochaine. L’accent devrait être mis, notamment, sur la formation de nouveaux métiers, l’investissement ciblé et la fluidification réglementaire.
En outre, le président a confirmé que de nouvelles réductions d’impôts verraient le jour afin de « baisser le coût du travail et du capital ».
L’inconvénient de fréquenter des ordures, c’est qu’ils se comportent comme tels. Ainsi Prigojine a-t-il parlé de son bienfaiteur Vladimir Poutine comme d’un « papy couillon » : « Le papy bienheureux (Poutine) pense que tout va bien (…) Mais comment allons-nous gagner cette guerre et qu’adviendra-t-il de la Russie s’il s’avère, je ne fais que le supposer, que ce papy est un couillon fini ?” Prigogine finira-t-il au Novichok, le poison du FSB, ou Poutine à la masse ? Au Kremlin les murs pourraient bien s’effondrer en cas d’offensive ukrainienne.
L’Assemblée nationale a voté, à l’unanimité, l’inscription des milices Wagner sur la liste des organisations terroristes. Cette fois, les anciens admirateurs de Poutine n’ont pas tergiversé. J’avais proposé cela il y a quelques mois : cela aurait permis de parler -voire d’agir- clairement en Afrique, ainsi que dans une vingtaine de pays, y compris en Amérique latine. Les chefs de Wagner et leurs complices locaux y sont clairement identifiés. On disait, on dit toujours, que cela ne sert à rien.
Tous ceux qui font leur beurre avec Prigogine pourraient être inquiétés, ruinés.
Cela permet d’arrêter tout membre des milices Wagner, toute personne suspectée de complicité, particuliers, entreprises ou banques. Tous ceux qui font leur beurre avec Prigogine pourraient être inquiétés, ruinés. A condition de le vouloir, bien sûr. C’est ce que pense la Suède, qui préside l’UE en ce moment, et veut inscrire Wagner sur la listes des organisations terroristes de l’Union. Orban s’y opposera-t-il ?
L’Union Européenne a proposé un nouveau paquet de sanctions. S’il est interdit d’acheter du pétrole à la Russie, rien ne l’empêche d’en acheter aux Indiens, qui l’ont acheté aux Russes. Inversement pour les produits européens qui transitent par les Etats contrebandiers, Turquie, Kazakhstan, Turkménistan et bien d’autres.
Étendre les sanctions aux pays qui se sont bien gardés de les appliquer et en profitent
La question est d’étendre, en droit, les sanctions aux pays qui se sont bien gardés de les appliquer et en profitent. Les Américains sont passés maîtres dans l’« extraterritorialité »: ils avaient contraint les entreprises européennes à interrompre leurs investissements et leur commerce avec l’Iran, sous peine d’être écartés du marché américain. L’Union Européenne avait protesté. La puissance américaine imposait sa loi. A la réflexion, les Etats-Unis ont eu raison : les investissements européens auraient aidé l’Iran à fabriquer sa bombe plus vite.
La Chine a déjà fait savoir que si l’UE mettait des entreprises chinoises qui commerçaient avec la Russie sur une « liste noire », elle répliquerait. Cette menace fait réfléchir : elle incite à tenter le coup, juste pour voir si la Chine oserait contrarier son plus grand marché : l’Europe.
« L’Europe ? Quel numéro de téléphone ? » ironisait Kissinger en 1970. Depuis l’Europe s’est incarnée. Il y a la Présidente de la Commission, le Président du Conseil, le Haut Représentant et le Berlaymont, bâtiment où survit le bas peuple de la technocratie d’élite européenne.
Il y a aussi les chefs de gouvernement, comme Orban, qui accueillit le Pape. Ce dernier vanta l’accueil des migrants : même si Orban est illibéral anti migrants, le Pape sait, lui, que les Magyars ont migré de l’Oural. On fit au Pape un procès pour Poutinophilie parce qu’il disait qu’il fallait parler avec le « mal », qu’il invitait à la paix. Qui prierait pour la paix si ce n’est le Pape et les bouddhistes chinois ? Le Pape, c’est l’espérance d’un choix nouveau pour la Russie, la voie romaine, c’est-à-dire européenne. Il a reçu Zelensky à Rome.
La France est de plus en plus seule en Europe. L’Allemagne, pas à pas, grandit.
Autre incarnation de l’Europe, Olaf Scholz fit un discours au Parlement dans la grande tradition des chanceliers allemands : sans aucun charisme. L’affirmation d’un « Europe géopolitique » ne passe pas par « l’autonomie stratégique » de Macron, mais, pragmatiquement, dans la réaffirmation de l’alliance avec les États-Unis, en investissant « dans notre sécurité et notre défense, dans notre résilience civile, dans notre souveraineté technologique, dans la sécurité des approvisionnements, dans notre indépendance vis-à-vis des matières premières critiques. »
« Cela inclut une coordination bien plus étroite de nos efforts de défense et la construction d’une économie de la défense intégrée en Europe. ». Ouf ! Scholz plaide pour la promotion d’une politique étrangère tournée vers le Sud avec de nouveaux accords de libre échange : Mercosur, Mexique, Inde, Indonésie, Australie, Kenya. Tant mieux. Il accepte l’élargissement de l’UE, sous conditions : « Une Union élargie doit être une Union réformée. (…) Utiliser la discussion sur les réformes de l’Union pour encourager la Commission européenne à engager un processus de violation des traités à chaque fois qu’on atteintà nos valeurs fondamentales : liberté, démocratie, égalité, État de droit et protection des droits humains ? » Voilà pour Orban. Voilà de quoi animer la prochaine visite d’Etat d’Emmanuel Macron du 2 au 4 juillet en Allemagne. Attention : la France est de plus en plus seule en Europe. L’Allemagne, pas à pas, grandit. Sans charisme, efficace.
Poutine est-il la Russie ou un « papy couillon » ?
Sur la place rouge, Poutine expliquait donc que l’Occident voulait détruire la Russie. Lui, en fait. Poutine est-il la Russie ou un « papy couillon » ? Le 20 juin 1792, Napoléon, voyant Louis XVI au balcon des Tuileries porter la Cocarde aurait dit « che coglione ! ». Roi déjà déchu.
Charles III d’Angleterre, même déguisé en prince Disney, incarne-t-il « le Royaume » ? Xi Jinping, surnommé Winnie l’Ourson, est-il la Chine ? L’impératrice Cixi gouvernait « derrière le voile », parce qu’elle exerçait le pouvoir dissimulée derrière un rideau.
Le pouvoir a-t-il un visage ? Dans les démocraties, le visage du pouvoir est moqué et éphémère. Généralement, les démocraties distinguent la figure qui incarne l’État de celle qui dirige le gouvernement. Sauf en France et aux États-Unis. Mais aux États-Unis, les pouvoirs sont divisés, équilibrés. Est-ce une bonne idée d’incarner à la fois le « Royaume » et le pouvoir ? Les Magyars, oublie Orban, avaient trois chefs : un pour la justice, un pour la guerre, un pour le culte. Il manque sans aucun doute à l’Europe un « chef pour la justice », ce qu’aurait pu devenir la Cour Européenne des Droits de l’Homme, si l’UE avait suivi son processus d’adhésion. (Ce que voulait le dernier président français de la CEDH, Jean-Paul Costa, grand président, récemment décédé. Il aurait mérité un immense hommage.)
L’homme d’affaire Evguéni Prigojine et le président russe Vladimir Poutine dans une usine à Saint-Petersbourg, en septembre 2010. (ALEXEY DRUZHININ / SPUTNIK)
Il y a bien des dangers à être gouvernés par des couillons ; bien plus qu’à voir un pays incarné par un sot. Le fils aîné, bâtard, de Napoléon, le Comte Léon, surnommé « Napoléon zéro », tant il était nul, s’il avait été couronné, aurait-il été vaincu comme son cousin à Sedan ? Idiot, entouré d’idiots, il n’aurait pas eu des rêves de grandeur, personne ne l’aurait laissé gouverner. Le roi Georges avait ses crises de folie. L’exercice du pouvoir doit être régi par d’autres règles que l’incarnation de la permanence.
Toute concentration du pouvoir est dangereuse, la confusion plus encore.
Toute concentration du pouvoir est dangereuse, la confusion plus encore. Elle l’est en Russie, en Turquie, en France, aux États-Unis, en Chine. Personne ne connaît le nom du chef d’Etat suisse, ni du roi de Norvège, ni des chefs d’état finlandais ou islandais, figures de ces pays « les plus heureux du monde ». Ce sont des pays où les citoyens ne sont pas ni des « sujets », ni des « assujettis ».
Poutine qui se veut tsar est bien puni d’avoir fait d’un petit salopard un chef d’armée milliardaire. Hélas, tant de morts et de tortures à cause de cette bêtise, lâcheté, indifférence, impuissance. Pourquoi les eunuques gouvernèrent-ils la Chine ? Ils écartaient couillons et forts en gueule.
Ne vaut-il pas mieux, finalement, être gouvernés par un « Papy couillon » que par une grande gueule? Si Prigojine avait raison, ce serait une chance pour la Russie et l’humanité tout entière. Elle pourrait enfin devenir ce qu’elle devrait être : un pays libre. Vingt mille personnes ont été arrêtées par la police pour leur position anti-guerre. Poutine est plus un salopard à la Prigojine qu’un couillon à la Nicolas II. Un pays n’est libre que si les citoyens ne se laissent impressionner ni par les grandes gueules ni par les petits couillons. Cela vaut aussi pour les démocraties.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Bonjour à tous, nous voilà repartis pour une nouvelle semaine tronquée par le pont de l’ascension, mais pour l’instant, dans le flash quotidien des expatriés du lundi 15 mai, on revient sur la libération des deux otages français en Iran, la situation des établissements en gestion directe par l’AEFE puis on évoque l’échec français à l’Eurovision.
2 Français libérés des geôles iraniennes
Ce fut la bonne nouvelle du week-end avec leur arrivée en France ce samedi, affaiblis mais libres. Cependant il reste quatre ressortissants Français emprisonnés en Iran. Parmi eux, la professeure de français Cécile Kohler et son conjoint Jacques Paris, tous deux membres du syndicat Force ouvrière, arrêtés le 7 mai 2022, « lors d’un séjour touristique », selon leurs proches.
Une visioconférence aux regards croisés sur les EGD
La semaine dernière, à l’initiative de la Fédération des Parents d’élèves la FAPEE, se sont réunis Samantha Cazebonne, sénatrice des Français établis hors de France, Jean-Hervé Fraslin, conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger, Jean-Yves Leconte, sénateur des Français établis hors de France, Jean-Paul Négrel, directeur général adjoint de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) et Frédéric Petit, député des Français établis hors de France afin d’évoquer la situation des Établissements en gestion directe de l’AEFE. Tout le monde s’est accordé sur un besoin de transparence quant à la gestion, cependant les méthodes pour y parvenir sont bien différentes. Un débat et des conclusions parfois originales à retrouver sur Lesfrancais.press.
La Zarra échoue à l’Eurovision 2023
La malédiction de la France, qui n’a pas gagné à l’Eurovision depuis 1977, n’a pas pris fin samedi 13 mai, lors de l’édition 2023 du concours de chant qui se déroulait à Liverpool (Royaume-Uni). La représentante de la France, la chanteuse québécoise La Zarra, s’est en effet classée à la 16e position sur 26 candidats pour cet Eurovision 2023. Avec 104 points (54 du jury et 50 des spectateurs), l’artiste n’a pas réussi à convaincre malgré une prestation plutôt réussie de son titre Evidemment, effectuée à cinq mètres du sol. Seul bémol, un geste maladroit lors de l’annonce des points qui fit scandale. Tous les détails sur nos sites.
La malédiction de la France, qui n’a pas gagné à l’Eurovision depuis 1977, n’a pas pris fin samedi 13 mai, lors de l’édition 2023 du concours de chant qui se déroulait à Liverpool (Royaume-Uni). La représentante de la France, la chanteuse québécoise La Zarra, s’est en effet classée à la 16e position sur 26 candidats pour cet Eurovision 2023. Avec 104 points (54 du jury et 50 des spectateurs), l’artiste n’a pas réussi à convaincre malgré une prestation plutôt réussie de son titre Evidemment, effectuée à cinq mètres du sol.
La Suède remporte la compétition
Donnée favorite, la Suède a gagné la concours, représentée par la chanteuse Loreen, déjà victorieuse en 2012, avec Tattoo, grandiloquente chanson d’amour.
Peut-on croire les bookmakers ?
La question se pose chaque année au moment de prendre les paris pour l’Eurovision. S’ils ont vu juste sur le duel entre la Suède et la Finlande, ils sont en revanche passés à côté du résultat de la candidate française. Longtemps présente dans le top 4, La Zarra a terminé la compétition à Liverpool dans le ventre mou du classement. Elle fait mieux que les Bretons Alvan et Ahez l’an dernier, 24e avec 17 points. Et aussi bien que Bilal Hassani en 2019, partageant la même place – 16e – et presque le même nombre de points – 104 pour la Québécoise contre 105 pour l’interprète de « Roi ».
Déception française
La déception est forcément grande pour la délégation française, alors que les bookmakers avaient pendant longtemps pronostiqué qu’elle finirait à la troisième marche du podium, comme le rapporte Le Parisien. « Bien sûr qu’on est déçu », a réagi auprès de BFMTV la patronne de la délégation française, Alexandra Redde-Amiel. « Tout le monde est très fier de La Zarra », a-t-elle néanmoins assuré, avant d’affirmer : « Pour moi, La Zarra a gagné aujourd’hui. Elle a gagné de rendre fier la France [avec une] prestation d’un chic ! »
La principale concernée a, elle aussi, préféré positiver. « Je suis très, très contente d’avoir participé à l’Eurovision. Je suis très contente de tout ce qui s’est passé. Avec le staging qu’on a fait, pour moi, on repart gagnant », a-t-elle déclaré à BFMTV, quelques instants après l’annonce de la victoire de Loreen. « Il y a des gens qui chantent Evidemment, qui chantent la francophonie. Je crois qu’on est gagnant juste avec ça », a-t-elle ajouté.
« Toz » ou doigt d’honneur, quel est le geste de La Zarra qui fait scandale ?
La prestation de La Zarra a rapidement été éclipsée par un geste de la main polémique de la chanteuse lors de l’annonce des points attribués par le public à la France. Au moment où La Zarra a appris que le public lui avait attribué 50 points, l’artiste a effectué un geste de la main interprété par beaucoup comme une sorte de doigt d’honneur.
Selon Le Parisien, ce geste serait en réalité un « toz ». Ce mot est un dérivé du mot « pet » dans la langue arabe, et le geste qui lui est associé est utilisé pour signifier « un refus catégorique, l’indifférence, voire l’exaspération », écrit le quotidien francilien. Un geste que n’ont pas manqué de remarquer de nombreux téléspectateurs de l’Eurovision 2023, et qui a suscité de nombreuses critiques. Revoyez ci-dessous le geste en question, partagé par un internaute sur Twitter.
Zelensky privé de parole
Illustrant la difficulté de définir les contours d’une neutralité politique affichée tout en portant haut les couleurs d’un pays ravagé par la guerre, les organisateurs de l’Eurovision ont suscité la polémique en refusant que le président ukrainien Volodymyr Zelensky adresse un message lors de la finale. La nature de l’événement « interdit les déclarations politiques ou assimilées durant le concours », a expliqué l’European Broadcasting Union dans un communiqué.