Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du mercredi 17 mai. Dans nos titres : le bilan du STAFE 2023, la publicité politique en ligne et l’ouverture du festival de Cannes.
Quelles subventions pour vos associations ?
Le STAFE, ce dispositif qui permet aux associations d’expatriés de bénéficier de subventions, a été distribué à hauteur de 1,5 million d’euros. Parmi les bénéficiaires : un dispensaire pour Français en Afrique, une nouvelle salle de sport numérique pour les handicapés français en Belgique ou encore un festival gastronomique en Argentine, mais aussi les nouveaux locaux de l’Alliance français de Phuket ou des projets dans tel ou tel Lycée. Etonnant pour un dispositif de soutien au tissu associatif ! Les établissements scolaires comme culturels sont déjà bénéficiaires de larges subventions, alors pourquoi priver les citoyens de moyens pour développer leur propre initiative ? Une question pour l’instant sans réponse.
Bruxelles veut autoriser et encadrer les publicités politiques en ligne
En France, aucune publicité pour aucun parti politique n’est autorisée. Tout est cadré dans les fameux spots de propagande diffusés sur le service public. Mais ailleurs dans le monde et en Europe, de tels messages sont souvent autorisés. Rien qu’au « plat pays » (Belgique), la montée en puissance des indépendantistes flamands est souvent corrélée au budget dédié aux réseaux sociaux. La Commission européenne veut faire le ménage et poser un cadre commun, ce qui obligerait la France à autoriser de telles publicités. Tous les détails dans l’article disponible sur Lesfrancais.press.
Cannes 2023 : c’est parti pour 11 jours
Après Virginie Efira l’année dernière, c’est au tour de Chiara Mastroianni d’officier comme maîtresse de cérémonie de la 76e édition du Festival de Cannes. L’actrice française a animé la cérémonie d’ouverture et fera de même pour la clôture du Festival le samedi 27 mai. Si vous n’êtes pas à Cannes, comme bon nombre d’entre nous, retrouvez une sélection des films primés lors des précédentes éditions sur TV5MONDEplus, la seule plateforme mondiale, francophone et gratuite !
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un flash un peu plus long que d’habitude car la rédaction fera le pont ce week-end. Bon mercredi à tous !
Ecoutez le bulletin dédié aux Français de l’étranger
La campagne STAFE 2023 s’est conclue en avril avec la promulgation des projets retenus par la commission nationale qui s’est réunie à Paris. En tout c’est 188 projets dans 67 pays qui se partagent une enveloppe de près d’1,5 million d’euros cette année.
Qu’est-ce que le STAFE ?
Le « STAFE », dispositif de Soutien au Tissu Associatif des Français de l’Étranger, sert à apporter un soutien financier à des projets associatifs initiés par des Français établis hors de France. Il a été mis en place en 2018, à la suite de la suppression en août 2017, par la Loi de moralisation de la vie publique, du système des réserves parlementaires, lesquelles permettaient jusqu’alors de soutenir financièrement ce type de projets.
Une sélection par étapes
Si sur le papier le système est idéal, il reste complexe. En effet, les conseils consulaires, constitués des élus locaux, statuent sur les projets proposés dans leur circonscription. Une fois cette étape le dossier sera soumis à Paris à une commission comprenant 3 élus de l’Assemblée des Français de l’étranger, 2 représentants des associations (UFE et ADFE) ainsi que des représentants de l’administration.
Un dispositif indispensable pour les associations
Pourtant ce financement est indispensable pour les associations de Français de l’étranger. Mais sur les 276 projets émanant de 107 postes diplomatiques ont été reçus et examinés par la commission pour un montant total des subventions proposées par les conseils consulaires à 2,44 M€, seulement 188 dossiers ont été financés.
Les projets validés par les conseils consulaires et transmis étaient majoritairement de type culturel (39%) puis éducatif (35%). Les projets d’insertion socio-économique et caritatifs ont représentés respectivement 19% et 7% des projets validés par les conseils consulaires.
Mais parmi les demandeurs de subventions, il n’y a pas que des associations, les Lycées français, les Chambres de commerce ou les Alliances françaises ont aussi déposé des projets et représentent 26% des bénéficiaires du STAFE 2023. Pourtant ces organismes sont déjà largement subventionnés via d’autres lignes de crédit et parfois sont des entreprises privées ou des antennes d’administration publiques. Est-ce au fonds dédié aux associations de financer le changement de local de l’Alliance française de Phuket en Thaïlande pour 14 000 euros ou la rénovation de ceux de Kandy au Sri Lanka pour 10 000 euros, etc. ?
Alors que des voix s’élèvent parmi les responsables d’associations et les élus consulaires pour revoir ce dispositif complexe et opaque, le législateur ne devrait-il pas restreindre l’accès à ce fonds aux seules associations de citoyens ?
Des projets au service de tous ?
Si on peut s’interroger sur un financement public, dédié normalement au secteur non marchand, de certaines initiatives privées, comme le référencement des entrepreneurs français en Australie (un projet qui dépendrait plus du Commerce international que du soutien au tissu associatif), la plupart des projets retenus sont au service de tous comme vous pourrez le constater dans le document téléchargeable en fin d’article. Sur les 188 projets, nous en avons retenu, parmi la sélection du STAFE 2023, 3 que nous voulions vous présenter.
Réaménagement des espaces « soins » et « chambres d’hospitalisation » à Yaoundé
L’association d’entraide médicale des Français du Cameroun a deux activités principales :
L’assistance aux Français nécessiteux (aide médicale financière et/ou matérielle ; aide sociale pour les compatriotes démunis) ;
La gestion du CMS (Centre Médico Social) de Yaoundé, qui offre une structure médicale permettant aux membres de l’association de recevoir soins et conseils de qualité en matière de prévention et dans le domaine sanitaire et social.
Elle a obtenu, pour cette campagne STAFE 2023, 20 000 euros pour mettre à niveau des équipements et appareils médicaux au sein de son dispensaire. Un soutien bienvenu pour cette association qui prend en charge les Français en difficulté dans ce pays tout en s’ouvrant aux locaux à travers son centre médico-social.
Plus de 7 000 Français en situation de handicap sont accueillis en Belgique du simple fait du manque de structures adaptées en France et de problèmes de méthodologie quant à l’approche psychologique et médicale. Si le gouvernement a exprimé son souhait de mettre fin à cet exode, souvent contraint, dans les faits peu de Français ont pris le chemin inverse.
Pour aider les patients et les familles, Isabelle Resplendino a créé une association qui cette année va être, enfin, bénéficiaire du STAFE. Ainsi l’association pour les Français en situation de handicap en Belgique va recevoir 20 000 euros pour créer un système mobile de salle de sport numérique et d’apprentissages interactifs pour des élèves français en Belgique.
Lucullus – Association Française de Gastronomie en Argentine, rassemble des professionnels de la gastronomie française en Argentine. Le groupe se compose d’environ 30 membres basés en Argentine. Les membres de Lucullus sont des chefs de restaurants, hôtels, établissements gastronomiques, restaurants indépendants, traiteurs, boulangers, écoles culinaires et hôtelières français installés en Argentine.
Cette association qui partage avec les Argentins les valeurs françaises à travers sa gastronomie, en particulier lors de l’évènement « Viva Francia« , a obtenu 5000 euros pour développer 3 événements culinaires et culturels français dans le courant de l’année 2023, autour de la gastronomie française, en partenariat direct avec l’ambassade de France, le label GoûtDeFrance et différents acteurs associatifs français locaux.
Comme chaque année, en mai, TV5MONDEplus vous propose une sélection de films à (re voir. En tout, ce sont 12 films, tous présentés à Cannes et souvent primés, que la seule plateforme francophone mondiale et gratuite vous met à disposition tout au long du mois de mai. De 1959 à 2017, une sélection d’oeuvres pour partager avec vous le grand Cinéma, 12 séances à regarder à la maison en famille ou entre amis.
Dans Paris
2006 – Réalisé par Christophe Honoré
Christophe Honoré s’inscrit dans la lignée de la Nouvelle Vague avec ce film qui offre à Guy Marchand son plus beau rôle depuis longtemps, et qui lui a valu une nomination aux César.
Synopsis
A Paris, Paul est très malheureux depuis qu’Anna l’a quitté. Incapable de trouver l’énergie pour avancer dans sa vie, il retourne vivre chez son père. Jonathan, son frère cadet, éternel étudiant, n’a pas encore quitté le domicile paternel. Il se montre insouciant, enchaînant les histoires sentimentales. Mais cette légèreté dissimule mal de profondes blessures : Jonathan ne s’est jamais vraiment remis de la mort de sa soeur, qu’il adorait. Tandis que le jeune homme poursuit sa vie décousue, Paul s’enfonce toujours plus dans la dépression.
L’amant d’un jour
2017 – Réalisé par Philippe Garrel
Synopsis
Après une rupture, une jeune femme dans la vingtaine rentre chez son père. Elle y découvre ce dernier en couple avec une femme du même âge qu’elle…
https://www.youtube.com/watch?v=45-23k5LCDg
Les Apaches
2013 – Réalisé par Thierry de Peretti
Synopsis
Pendant que des milliers de touristes envahissent les plages, les campings et les clubs, cinq adolescents de Porto-Vecchio trainent. Un soir, l’un d’eux conduit les quatre autres dans une luxueuse villa inoccupée…
L’école de la chair
1998 – Réalisé par Benoît Jacquot
Synopsis
Ils se rencontrent à Paris. Dominique et Quentin. Il est jeune, elle moins. Elle vit, il survit. Tout les sépare, leur monde est étranger l’un a l’autre. Et comme toujours un regard suffit à les enchaîner pour un temps…
Orfeu Negro
1959 – Réalisé par Marcel Camus
Synopsis
A la veille du carnaval de Rio, Eurydice arrive de la campagne pour y retrouver sa cousine Sérafina. Elle fait la rencontre d’Orphée, conducteur de tramway et artiste adulé par le peuple pour ses qualités de danseur et de guitariste…
Petits arrangements avec les morts
1993 – réalisé par Pascale Ferran
Synopsis
Tout commence sur la plage d’Audierne, en Bretagne. Vincent, dont la soeur Lili est morte il y a longtemps, repense au passé. Jumbo, un enfant dont un ami est mort d’un cancer, tente, lui aussi, de s’arranger avec la douleur de la perte. François, le frère de Vincent, également sur place, nourrit une rancune tenace envers lui. Il lui reproche son attitude au moment de la mort de Lili. Zaza, la soeur de Vincent, une infirmière, ne supporte plus le contact avec les patients dont certains décèdent. Suzanne, la soeur de Zaza, essaie de redonner du baume au coeur à tous ses proches, malmenés par la vie. Un lent travail de deuil commence. Il s’exprime par la parole et les silences.
L’autre côté de la mer
1997 – Réalisatrice : Dominique Cabrera
Synopsis
Georges Montero, industriel pied-noir reste en Algérie après l’indépendance, revient en France en 1994 pour se faire opérer de la cataracte. Son chirurgien, Tarek Timzert, est un « beur » qui a coupé tous les liens avec sa culture originelle. A travers la relation qui se noue entre eux, Georges devra choisir entre rester en France ou bien rentrer, le coeur libre mais à ses risques et périls à Oran, au moment ou la guerre civile prend de l’ampleur.
Hope
2014 – réalisé par Boris Lojkine
Synopsis
En route vers l’Europe, Hope rencontre Léonard. Elle a besoin d’un protecteur, il n’a pas le coeur de l’abandonner. Dans un monde hostile où chacun doit rester avec les siens, ils vont tenter d’avancer ensemble, et de s’aimer.
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Un homme qui crie
2010 – réalisé par Mahamat-Saleh Haroun
Synopsis
Le Tchad de nos jours. Adam, la soixantaine, ancien champion de natation est maitre nageur de la piscine d’un hôtel de luxe à N’Djamena. Lors du rachat de l’hôtel par des repreneurs chinois, il doit laisser la place à son fils Abdel. Il vit très mal cette situation qu’il considère comme une déchéance sociale.
Brodeuses
2003 – réalisé par Éléonore Faucher
Synopsis
Claire vit dans la campagne nantaise quand elle se retrouve enceinte de cinq mois et demi sans l’avoir voulu. Elle décide d’accoucher sous X. C’est alors qu’elle rencontre Mme Melikian, brodeuse, qui lui apporte un nouveau regard sur la vie.
Pieds nus sur les limaces
2009 – réalisé par Fabienne Berthaud
Synopsis
Clara est mariée à Pierre, jeune avocat plein d’avenir. Elle vit et travaille avec lui à Paris. C’est un couple normal et sans problème. A la mort brutale de sa mère, Clara se retrouve responsable de sa soeur cadette, Lily…
Le Jupon rouge
1986 – réalisé par Geneviève Lefebvre
Synopsis
Bacha, Manuela et Claude sont trois femmes de générations différentes. La première, d’origine polonaise, a connu, adolescente, la déportation. A soixante ans, elle est un des piliers d’Amnesty International. Manuela, son amie depuis vint ans, la quarantaine, l’assiste dans sa lutte et travaille parallèlement comme décoratrice et costumière de théâtre. Claude, vint ans, est une jeune vendeuse que Bacha présente un jour à Manuela. Entre Claude et Manuela, c’est le coup de foudre. Cette passion imprévue, dont Bacha est exclue, la bouleverse ; elle se sent trahie par Manuela.
Pour la 76e édition du Festival de Cannes, les organisateurs ont sélectionné des cinéastes et des acteurs de tous les pays et de toutes les générations. On fait le point pour les Français de l’étranger sur cette nouvelle quinzaine dédiée au 7ème art et qui commence aujourd’hui.
L’outsider
« Banel et Adama », de Ramata-Toulaye Sy (compétition)
Si la compétition 2023 compte de nombreux concurrents illustres qui ont déjà remporté une Palme d’or (Nanni Moretti, Ken Loach, Wim Wenders, Hirozaku Kore-Eda, Nuri Bilge Ceylan), elle permet également de découvrir des nouveaux venus. Parmi ces derniers, deux réalisatrices : la Tunisienne Kaouther Ben Hania (« Les Filles d’Olfa ») et la Sénégalaise Ramata-Toulaye Sy. Dans son premier film, « Banel et Adama », la cinéaste raconte l’histoire d’amour contrariée entre deux jeunes personnages qui vivent dans un village reculé du nord du Sénégal et doivent affronter des coutumes locales qui ne favorisent en rien l’épanouissement et l’émancipation. Peut-être une excellente surprise en perspective.
Deux femmes d’exception
« May December », de Todd Haynes (compétition)
Difficile d’imaginer une plus belle distribution féminine. Dans son nouveau film, l’orfèvre Todd Haynes dirige Julianne Moore et Natalie Portman et met en scène la mystérieuse relation qui s’instaure entre une actrice hollywoodienne et la femme qu’elle doit incarner à l’écran. Huit ans après le somptueux « Carol » , une autre histoire féminine située dans l’Amérique puritaine des années 1950 qui a valu à Rooney Mara de recevoir un prix d’interprétation, « May December » s’impose parmi les films les plus attendus de la compétition.
Un duo d’enfer
« Jeanne du Barry », de Maïwenn (en ouverture, hors compétition)
Grandeur et décadence, passion et scandale… Dans sa nouvelle fiction, l’imprévisible Maïwenn retrace l’existence agitée de Jeanne du Barry, courtisane et favorite du roi Louis XV. Dans le premier film d’époque de sa carrière, la cinéaste, qui incarne également le rôle principal, donne la réplique à un certain Johnny Depp qui retrouve donc son métier d’acteur après avoir défrayé la chronique judiciaire ces dernières années. Enfant chérie de la compétition – elle y a présenté « Polisse », en 2011 (Prix du jury) et « Mon Roi », en 2015 (Prix d’interprétation pour Emmanuelle Bercot) -, Maïwenn connaît cette fois l’honneur d’inaugurer en grande pompe le Festival avec une montée des marches évidemment… royale.
« Killers of the Flower Moon », de Martin Scorsese (hors compétition)
Il a remporté une Palme d’or en 1976 (« Taxi Driver »), un Prix de la mise en scène en 1986 (« After Hours ») et a été président du jury en 1998, année où le réalisateur grec Theo Angelopoulos a été sacré pour « L’Eternité et un jour ». A 80 ans, Martin Scorsese effectue son grand retour sur la Croisette avec « Killers of the Flower Moon ». Dans ce film événement inspiré par des faits réels et par l’ouvrage éponyme du journaliste et écrivain américain David Grann, le cinéaste évoque l’assassinat de plusieurs membres d’une tribu amérindienne en Oklahoma dans les années 1920. « Un moment de l’histoire américaine qu’il ne faut pas oublier », souligne-t-il. Robert De Niro et Leonardo DiCaprio, complices de Scorsese depuis des lustres, figurent dans la distribution.
Sortie en salle le 18 octobre en France, puis sur la plateforme Apple TV + dans le monde entier.
Train de stars
« Asteroid City », de Wes Anderson (compétition)
Avec lui, il faut toujours envisager d’allonger et d’élargir le tapis rouge… Avec son nouveau film, l’amuseur Wes Anderson se surpasse et dirige un train entier de stars : Tilda Swinton, Adrien Brody, Tom Hanks, Scarlett Johansson, Margot Robbie, Edward Norton, Willem Dafoe, on en passe… Tout ce beau monde prendra la pose devant les photographes en pâmoison et, espérons-le, donnera le meilleur de lui-même dans cette comédie délirante qui s’amuse avec les conventions de l’Amérique des années 1950 et les lubies de personnages fascinés par la conquête spatiale. Avec cet « Asteroid City » déjanté, la légèreté et l’humour semblent a priori garantis, ce qui n’est pas si fréquent dans le paysage de la compétition.
Sortie le 21 juin en France.
Polar fiévreux
« Anatomie d’une chute », de Justine Triet (compétition)
Il y a quatre ans, Justine Triet découvrait les joies de la compétition avec « Sybil », l’histoire farfelue de la rencontre entre une psychanalyste surmenée qui rêve d’une reconversion en romancière (Virginie Efira) et une jeune actrice en détresse (Adèle Exarchopoulos). La cinéaste revient en sélection cette année avec un polar tortueux où elle examine les relations troubles au sein d’un couple vivant à l’écart de la civilisation et parents d’un enfant aveugle. Sandra Hüller et Swann Arlaud incarnent les rôles principaux de ce film fiévreux qui devrait faire beaucoup parler de lui sur la Croisette.
Sortie le 23 août.
Humour et bouteille
« Les Feuilles mortes », d’Aki Kaurismaki (compétition)
Vingt et un ans après avoir flirté avec la Palme d’or pour son magnifique « Homme sans passé » (récompensé par un Grand Prix), l’inclassable cinéaste finlandais tente une nouvelle fois sa chance en compétition. Dans « Les Feuilles mortes », Aki Kaurismaki, avec son humour noir, son style laconique et sa douce mélancolie, dresse le portrait de deux personnages qui, avares de mots, cherchent pourtant désespérément à communiquer. « Les Finlandais sont très sentimentaux alors qu’ils prétendent ne pas l’être, aime à répéter le cinéaste. En Finlande, on ne parle pas du tout, sauf quand on est saouls. D’où l’intérêt de l’être en permanence. Vous voyez, je vis dans un pays vraiment intéressant. »
On ne l’attendait pas au rendez-vous, et encore moins avec deux films ! Discret depuis de nombreuses années, Wim Wenders (77 ans) fera doublement parler de lui cette année sur la Croisette. D’abord avec « Anselm », un documentaire sur l’artiste contemporain allemand Anselm Kiefer, qui sera présenté en séance spéciale. Ensuite et surtout avec « Perfect Days » (compétition), une fiction tournée au Japon où Wenders observe le monde via… le regard d’un homme qui travaille dans les toilettes publiques de Tokyo. Impatience.
Vers une troisième Palme ?
« The Old Oak », de Ken Loach (compétition)
A l’âge vénérable de 86 ans, il pourrait entrer dans l’histoire du Festival en étant le premier cinéaste à remporter une troisième Palme d’or. Déjà sacré en 2006 pour « Le vent se lève » et en 2016 pour « Moi, Daniel Blake », l’inusable Ken Loach tente une nouvelle fois sa chance avec « The Old Oak », l’histoire d’un patron de pub dont l’établissement est menacé de fermeture et qui rencontre une jeune réfugiée syrienne. Toujours coécrit avec le fidèle Paul Laverty, ce film politique et engagé devrait ravir les nombreux admirateurs de Ken Loach, qui a rarement déçu à Cannes. « Aujourd’hui encore plus qu’hier, affirme l’infatigable cinéaste, il est nécessaire de tourner des films qui évoquent les réalités de notre société. »
« The Old Oak », de Ken Loach, Cannes 2023
A table
« La Passion de Dodin Bouffant », de Tran Anh Hung (compétition)
Personne ou presque ne misait sur la présence en compétition du réalisateur français d’origine vietnamienne Tran Anh Hung. Erreur ! Le cinéaste concourt pour la Palme d’or avec un film énigmatique, inspiré d’un classique de la littérature gastronomique écrit dans les années 1920 par Marcel Rouff. Dans « La Passion de Dodin Bouffant », le réalisateur met en scène les relations passionnelles et culinaires entre une cuisinière de grand talent, Eugénie, et un gourmet réputé, Dodin. Dans le rôle principal, Juliette Binoche, qui a connu l’un de ses plus grands succès internationaux avec un autre film « gourmand » (« Le Chocolat », de Lasse Hallström) dialogue avec l’incontournable Benoît Magimel.
« L’été dernier », de Catherine Breillat, Cannes 2023
Amour interdit
« L’Eté dernier », de Catherine Breillat (compétition)
Elle n’avait plus donné signe de vie artistique depuis 2013 et son « Abus de faiblesse ». Une décennie plus tard, Catherine Breillat (74 ans) est de retour aux affaires et au Festival de Cannes avec « L’Eté dernier », présenté en compétition. Dans ce film potentiellement sulfureux (la marque de fabrique de la réalisatrice), Breillat raconte l’histoire passionnelle entre une avocate quinquagénaire renommée et son beau-fils, âgé de… 17 ans. L’occasion pour l’excellente Léa Drucker de concourir pour le Prix d’interprétation.
Sortie le 20 septembre en France.
Toujours vert
« Indiana Jones et le Cadran de la destinée », de James Mangold (hors compétition)
80 ans et toutes ses dents, ou presque… Soucieux d’accueillir hors compétition des blockbusters ambitieux qui témoignent de sa sympathie pour Hollywood, le Festival de Cannes déroule cette année le tapis rouge pour « Indiana Jones et le Cadran de la destinée », de James Mangold. La présentation du dernier épisode de la saga donne l’occasion de rendre un hommage à Harrison Ford pour l’ensemble de sa carrière, au cours de laquelle le comédien a tourné avec les grands auteurs (Coppola, Polanski, Pakula) mais aussi donné le meilleur de lui-même dans certaines des franchises les plus lucratives de l’industrie cinématographique américaine.
Sortie le 28 juin dans le monde entier.
Le peintre et sa muse
« Bonnard, Pierre et Marthe », de Martin Provost (Cannes Première)
Martin Provost a connu un triomphe critique et public en 2008 avec « Séraphine », son portrait sensible de la peintre autodidacte Séraphine de Senlis. Une fiction qui valut à Yolande Moreau de recevoir le César de la meilleure actrice pour sa prestation mémorable. Le cinéaste retrouve l’univers de la peinture dans ce nouveau film où il évoque la relation amoureuse et artistique entre Pierre Bonnard et l’énigmatique Marthe de Méligny. Incarné par Vincent Macaigne et Cécile de France, ce biopic que l’on espère dépourvu d’académisme donne l’occasion à Martin Provost de présenter pour la première fois un film à Cannes.
« Bonnard, Pierre et Marthe » de Martin Provost, Cannes 2023
Une page d’histoire
« Le Procès Goldman », de Cédric Kahn (Quinzaine des cinéastes)
1976. Soupçonné d’avoir causé la mort de deux pharmaciennes lors d’un braquage boulevard Richard-Lenoir, à Paris, le militant d’extrême-gauche Pierre Goldman est l’objet d’un procès ultra-médiatisé où il est défendu par l’avocat Georges Kiejman et soutenu par de nombreuses personnalités, dont Simone Signoret. Pendant plusieurs mois, le « cas » Goldman va diviser l’opinion publique… Le talentueux Cédric Kahn (« Roberto Succo », « Les Regrets ») consacre un film très attendu à cette ténébreuse affaire, présenté en ouverture de la Quinzaine des cinéastes (l’ex-Quinzaine des réalisateurs).
Sortie le 27 septembre en France.
Forza Italia
« Vers un avenir radieux », de Nanni Moretti (compétition)
Les Italiens sont à la fête cette année en sélection officielle avec pas moins de trois représentants. Outre les nouveaux films d’Alice Rohrwacher (« La Chimère ») et de l’immense Marco Bellocchio (« L’Enlèvement »), la compétition accueille une nouvelle fois l’inimitable Nanni Moretti qui présente « Vers un avenir radieux ». Dans cette fiction qui met en scène un cinéaste en crise dans sa vie privée comme professionnelle, le metteur en scène dirige deux complices de longue date – Margherita Buy et Silvio Orlando – et un nouveau venu dans son univers : le Français Mathieu Amalric. Palme d’or en 2001 avec « La Chambre du fils », Prix de la mise en scène en 1994 avec « Journal intime », le cinéaste italien connaîtra peut-être un nouveau triomphe cette année.
Voici un film qui porte bien son nom. Annoncé en sélection officielle de façon certaine la veille de la conférence de presse du 13 avril et… absent de la liste des concurrents le jour dit, « Le Retour », de Catherine Corsini, a finalement été repêché dix jours plus tard et figure donc bel et bien en compétition. Précédée d’une réputation sulfureuse – en cause : son tournage agité en Corse et des dénonciations anonymes concernant de présumés conflits sur le plateau -, cette fiction évoque l’été d’une mère et de ses deux filles adolescentes aux prises avec des souvenirs douloureux et des tentations multiples. Déjà présente en compétition il y a deux ans avec « La Fracture », son évocation maladroite du mouvement des Gilets jaunes, Catherine Corsini sera peut-être plus inspirée cette année. Ou pas.
L’art de la contemplation
« Les Herbes sèches », de Nuri Bilge Ceylan (compétition)
Il aime donner du temps au temps, filmer des personnages en crise, dresser des portraits subtils et critiques de son pays natal : la Turquie. Plusieurs fois récompensé à Cannes et Palme d’or en 2014 avec l’admirable « Winter Sleep », Nuri Bilge Ceylan est de retour en compétition avec « Les Herbes sèches ». Dans ce film où il arpente de nouveau les contrées de l’Anatolie, le cinéaste met en scène les espoirs et désillusions d’un homme et d’une femme professeurs qui rêvent confusément d’un avenir meilleur, loin du quotidien morose et répétitif auquel ils sont confrontés.
« Le Règne animal », de Thomas Cailley (Un Certain Regard)
Ce sera probablement l’un des films les plus surprenants de l’édition 2023. Dans cette fiction singulière, le talentueux Thomas Cailley (dont le premier film, « Les Combattants », avait été présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2014) décrit un univers futuriste inquiétant où les mutations de l’homme vers l’animal imposent leurs lois. Des lois anarchiques qui contraignent l’ordre social à tenter de domestiquer les « mutants » dans des centres spécialisés. Au coeur de ce film présenté en ouverture de la section Un Certain Regard, un duo d’acteurs charismatiques : Romain Duris et Adèle Exarchopoulos. De quoi, peut-être, rugir de plaisir.
Du troc aux monnaies digitales, les moyens de paiement ont fortement évolué au fil des siècles, expression et moteurs du progrès des techniques. Certains rêvent de s’affranchir des monnaies officielles au profit des cryptomonnaies, d’autres espèrent mettre un terme au dollar et à la toute-puissance des États-Unis.
Dans le domaine sensible des monnaies, les notions de confiance et d’efficience prédominent. L’économiste Stuart Mill écrivait, au XIXe siècle que « la monnaie est un instrument qui permet de faire vite et commodément ce que l’on pourrait faire sans lui moins vite et moins commodément ». Le recours à une monnaie pour faciliter les échanges date de plus de 3 000 ans. Les premières devises sont souvent issues des unités de poids. Les premières pièces de monnaie métallique auraient vu le jour dans le Royaume de Lydie où régna le fameux Crésus. Les Chinois ont émis les premiers billets voici plus de 2 000 ans.
« Crédit» provient du latin « credere », croire, avoir confiance
Dès 2300 avant Jésus-Christ, des écritures comptables sont réalisées pour gérer dettes et créances en se fondant sur la comparaison de la valeur des biens produits et échangés en prenant comme référence des valeurs étalons admis de tous. En Égypte, avant même la circulation de la monnaie fiduciaire, des unités de compte sont utilisées couramment comme le Sha et ou le Quite par les scribes. Dès l’Antiquité, la notion de confiance est associée à celle de monnaie ou d’unité de compte. Ainsi, « crédit» provient du latin « credere », croire, avoir confiance et « fiduciaire » du latin « fiducia », la confiance.
La monnaie est une unité de compte qui permet de mesurer et de comparer des biens et des services hétérogènes. Elle offre la possibilité d’effectuer des comparaisons dans le temps et en des lieux différents. La monnaie est un facilitateur d’échanges en permettant le règlement facile des achats. Elle remplace le troc qui est une relation bilatérale complexe. La monnaie fluidifie les échanges. Les agents économiques doivent de ce fait avoir confiance en elle. Elle doit être facilement transférable et difficile à contrefaire. La monnaie joue un rôle d’arbitrage. Elle offre la possibilité de créer une grille générale des valeurs et est donc indispensable au fonctionnement du système de prix. Sans elle, il serait impossible d’avoir une vision complète des prix et des coûts dans une économie mondialisée comptant un nombre très important de biens et de services. Tout calcul économique serait impossible si le troc était resté la règle. Le nombre d’échanges aujourd’hui se compte, en effet, en dizaines de milliards chaque année. La monnaie est un instrument de réserve. Pour reprendre Keynes, elle sert à faire « le lien entre le passé et le présent et l’avenir ». L’actif monétaire permet de reporter un achat ou le règlement de ce dernier et d’épargner en vue d’une consommation. La monnaie dispose d’un pouvoir bien supérieur à celui du troc.
L’esprit du troc dans la balance des paiements
Certes, si avec la sophistication croissante de l’économie, le troc est devenu marginal, son esprit a pesé et pèse encore sur les échanges internationaux à travers notamment le principe de l’équilibre des balances des paiements des États et des systèmes de compensation. Des importateurs d’un État peuvent avoir besoin d’acquérir des devises étrangères pour réaliser leurs achats si les exportateurs n’acceptent pas leur monnaie. Cela suppose qu’ils puissent accéder à ces devises étrangères auprès de leurs établissements financiers qui devront en acquérir sur les marchés ou auprès de la banque centrale du pays importateur. In fine, des ventes d’actifs financiers ou physiques peuvent être nécessaire pour solder un déficit. Si les échanges sont réglés dans la monnaie du pays importateur (exemple les États-Unis) ou si une monnaie joue le rôle d’étalon international (le dollar), il en résulte la constitution de réserves de change qui peuvent être placées ou le cas échéant converties en or si le système monétaire le permet.
Dans les prochaines années, les États ne sont pas disposés à abandonner leur droit de seigneuriage au profit de structures privées.
L’expression de la puissance publique
La monnaie demeure l’expression de la puissance publique aux côtés de la police ou de l’armée. C’est un outil de contrôle et de coercition sur un territoire donné. La monnaie permet de financer des déficits que comme les dernières crises l’ont prouvé. La base monétaire est passé de 1000 à 9000 milliards de dollars aux États-Unis de 2002 à 2022 et de 800 à 6000 milliards d’euros en zone euro. Perdre ce pouvoir affaiblirait les États. Les banques centrales feront tout pour limiter la montée en puissance de monnaies privées. Elles ont ainsi bloqué le projet Libra de Facebook. Le passage à un système de monnaies digitales de banque centrale avec une gestion sur la blockchain évoqué ces dernières années n’est pas en soi une évidence. Il réduirait les dépôts bancaires et pourraient entraver le crédit. Il supprimerait le rôle d’intermédiation joué par les banques. Pour éviter une contraction du crédit, les banques centrales devraient reprêter aux banques l’argent collecté sous la forme de monnaie digitale de banque centrale. Le système pourrait être bien moins fluide qu’aujourd’hui.
Les cryptomonnaies obéissent à des considérations plus obscures que celles des monnaies
L’abandon des monnaies au profit des cryptomonnaies n’est pas non plus réellement d’actualité. Les cryptomonnaies comme le bitcoin ou l’ethereum ne remplissent pas toutes les conditions pour être de véritables monnaies. Leur caractère hautement spéculatif les disqualifie pour être tout à la fois des étalons monétaires ou, des monnaies d’échange et de réserves. Le cours du bitcoin a été divisé par trois en quelques mois en 2022. Son encours est passé de 1200 à 400 milliards de dollars, bien loin de l’encours des réserves en dollars, 13 000 milliards en 2022. Le cours des cryptomonnaies obéissent à des considérations encore plus obscures que celles des monnaies officielles. La création est, en outre, de plus en plus critiquée en raison de son coût énergétique.
Dans les prochaines années, la monnaie restera donc avant tout créée par les banques, comme aujourd’hui, la quantité disponible étant influencée par les politiques monétaires des banques centrales. Ces dernières seront néanmoins confrontées à un défi : veiller à la crédibilité de la monnaie tout en permettant le financement des investissements nécessaires à la transition énergétique ou au vieillissement.
D’un côté, les États ont des besoins financiers importants, de l’autre la lutte contre l’inflation exige une réduction de la base monétaire. Une inflation débridée pourrait amener des doutes sur les monnaies et inciter les agents économiques à s’en détourner. Depuis 1980, les banques centrales ont réussi à contenir l’inflation en utilisant l’arme des taux. Avec des dettes publiques qui dépassent 100 % du PIB, cette arme n’est pas sans limite comme le prouvent les difficultés rencontrées par le secteur bancaire aux États-Unis. La sensibilité de l’opinion vis-à-vis des hausses de taux est plus élevée aujourd’hui qu’il y a quarante ans. Les banques centrales doivent tenir compte tout à la fois des réactions de la population ainsi que de la solvabilité des États et des banques.
Pour lutter contre l’inflation, les banques centrales auront besoin de l’appui des États qui devront freiner la demande en jouant sur la fiscalité et les dépenses. Les banques centrales seront dans les faits certainement moins indépendantes que dans le passé.
Alors que les négociations en trilogue sur le règlement relatif à la publicité politique en ligne progressent déjà lentement, la nouvelle proposition de la Commission européenne sur le ciblage basé sur des données sensibles devrait encore compliquer la situation.
Le projet de loi entend introduire des règles de transparence pour les campagnes politiques avant les élections du Parlement européen de 2024, mais le calendrier devient de plus en plus incertain alors que les institutions de l’UE peinent à progresser, selon des fonctionnaires de l’UE impliqués dans les négociations qui se sont confiés à EURACTIV sous couvert d’anonymat.
Le dernier obstacle concerne l’utilisation de données sensibles pour la publicité politique en ligne.
Dans une note consultée par EURACTIV, la Commission expose plusieurs scénarios potentiels, y compris certaines mesures qui pourraient abaisser les protections en dessous du seuil du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA).
Un rythme qui fâche
Le manque de progrès entraîne une frustration croissante, en particulier du côté du Parlement européen. Au sein du Conseil de l’UE, la présidence suédoise insiste sur le fait que l’objectif est de finaliser un accord d’ici la fin de son semestre en juin.
Parmi les questions qui restent en suspens, il y a la création de référentiels publicitaires centralisés, l’interdiction des sponsors de publicités de pays tiers, ainsi que l’application et les mesures couvrant la fourniture transfrontalière de publicités politiques.
Un fonctionnaire du Parlement européen a confié à EURACTIV qu’il y avait eu peu de progrès sur les dispositions clés du règlement, que ce soit au niveau technique ou politique, et qu’il y avait même eu des discussions sur l’ajout d’un trilogue supplémentaire au calendrier.
« Je ne pense pas que cela résoudrait le problème », a indiqué le fonctionnaire, « parce que le problème n’est pas le nombre de trilogues, le problème est le manque de progrès au niveau technique, en particulier pour résoudre les questions difficiles ».
Un deuxième fonctionnaire parlementaire s’est montré plus positif quant à la possibilité de parvenir à un accord. « Je dirais qu’il y a une volonté globale d’avancer et de finaliser l’accord à temps pour qu’il soit en place pour les prochaines élections. »
La lenteur des progrès est également due à un manque de volonté politique de la part des deux institutions lorsqu’il s’agit de trouver un compromis. Les tensions ont atteint leur paroxysme lors de la dernière réunion politique en trilogue vendredi dernier (5 mai), qui s’est concentrée sur la question cruciale du ciblage et de l’amplification.
La controverse sur les techniques de ciblage est centrée sur l’utilisation de catégories de données sensibles telles que la race et les croyances religieuses, pour lesquelles le règlement général sur la protection des données (RGPD) prévoit des garanties spécifiques.
La proposition initiale de la Commission comprenait des restrictions sur cette pratique à deux exceptions près : lorsque les individus donnent leur consentement explicite ou lorsque les données sont traitées par une organisation dont l’individu est membre, comme un parti politique.
Cependant, les députés veulent aller beaucoup plus loin en limitant les données utilisées pour le ciblage et la diffusion des publicités à celles qui ont été explicitement fournies par la personne concernée pour la publicité politique en ligne.
Lors du trilogue de vendredi, la vice-présidente de la Commission chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, a présenté une tentative de médiation avec trois scénarios possibles. Ceux-ci ont ensuite été mis par écrit dans une note obtenue par EURACTIV et partagée avec les colégislateurs en début de semaine dernière.
Exemple de publicités en Belgique
Une proposition controversée
Cependant, la proposition de l’exécutif européen a reçu un accueil mitigé auprès des législateurs européens, d’autant plus que Mme Jourová s’est ralliée à une approche plus légère de l’utilisation des données sensibles, estimant qu’une interdiction totale serait en contradiction avec le RGPD.
Le scénario privilégié par la Commission revient à autoriser ce type de ciblage sur la base du consentement et de contacter les membres d’organisations telles que les partis politiques.
Encore plus controversée, cette approche signifierait qu’une disposition du règlement sur les services numériques interdisant aux fournisseurs de plateformes en ligne de présenter aux utilisateurs des publicités basées sur le profilage utilisant des catégories spéciales de données ne s’appliquerait pas, et qu’une clarification sur l’interaction entre les deux législations serait nécessaire.
Selon la note, l’inconvénient de ce scénario est qu’il pourrait avoir un impact sur l’application horizontale du DSA et pourrait nécessiter une adaptation des modèles d’entreprise des fournisseurs de services intermédiaires.
Dans le même temps, le document met en garde contre le fait que cela réduirait la capacité de la Commission à utiliser le DSA comme un outil pour empêcher les plateformes de diffuser des désinformations basées sur le traitement des données sensibles.
Ce scénario semble être poussé par le service de la justice et des consommateurs de la Commission, qui est à l’origine du RGPD, et il n’est pas spécialement bien accueilli par le département de la politique numérique en charge de l’application du DSA.
L’approche pourrait même fournir aux plateformes une justification légale, peut-on lire dans la note, pour permettre la diffusion de désinformation présentée comme de la publicité politique basée sur des données sensibles en conformité avec le règlement sur la publicité politique.
Les deux autres scénarios présentés dans la note concernent l’interdiction pour les plateformes en ligne de présenter des publicités politiques basées sur des données personnelles sensibles et l’interdiction du ciblage pour les publicités politiques basées sur des données sensibles dans le contexte des services de publicité politique.
Bonjour à tous, nous sommes le mardi 16 mai et je vous souhaite la bienvenue dans le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui, on redécouvre les alternatives à la scolarité dans les réseaux AEFE, on revient sur les élections en Thaïlande et en Turquie avant de se plonger dans les annonces d’Emmanuel Macron hier soir sur TF1.
FLAM, LabelFrancÉducation et CNED : les alternatives au réseau AEFE
Pour faire le point sur les dispositifs alternatifs auxquels les Français de l’étranger peuvent avoir accès, la plateforme, dédiée à l’Éducation hors de France, ReflexeS, fondée par la sénatrice, et ancienne proviseure en Espagne au sein du réseau de La Mission laïque française, Samantha Cazebonne, invite tous les parents intéressés à une web-conférence le 25 mai 2023. Toutes les informations sur nos sites.
En Thaïlande, l’opposition prend le pouvoir alors qu’en Turquie elle s’en éloigne
C’est ainsi qu’on pourrait résumer les élections qui se sont déroulées ce week-end dans ces deux pays. Si à Bangkok une nouvelle génération remporte les législatives c’est grâce à son programme anti-pollution et aussi à sa promesse de rendre des libertés au peuple alors que les militaires, partisans d’une monarchie forte, soutenaient le parti conservateur. A Ankara, malgré le beau score du principal opposant qui met le président Erdogan en ballotage pour la première fois, la déception des laïcs et autres démocrates est forte. Sauf surprise, le chef de l’Etat turc devrait rempiler pour un troisième mandat.
Macron lance de nouveaux chantiers
Comment faire oublier la réforme des retraites ? En lançant de nouveaux chantiers ! Le Président de la République les a égrenés tout au long de son interview au 20h de TF1. Au menu : réindustrialisation, pouvoir d’achat, baisses d’impôts (2 milliards sur le quinquennat), des thèmes qu’Emmanuel Macron désire mettre au centre de son second quinquennat. Mais les Français sont-ils encore à l’écoute alors qu’ils ne sont plus que 25% à lui donner leur confiance ? Et pourtant, le Président devra tenir encore 4 ans.
French President Emmanuel Macron is seen on a screen as he attends an interview with French broadcaster TF1 in Paris, France, May 15, 2023. REUTERS/Pascal Rossignol
C’est tout pour aujourd’hui ! Toute la rédaction et moi-même, nous vous souhaitons un beau mardi !