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  • Immigration : comment dépasser les préjugés ? 

    Immigration : comment dépasser les préjugés ? 

    Dans plusieurs États européens, une forte pression pour limiter les flux migratoires se développe. Or, face à la multiplication des pénuries de main-d’œuvre dans un contexte de dénatalité, le recours aux travailleurs issus de l’immigration apparaît nécessaire. 

    Le vieillissement est rapide en Europe. Le solde naturel, différence entre le nombre de naissances et celui des décès, devient négatif dans la grande majorité des États membres de l’Union européenne. Dans l’ensemble de l’UE, en 2022, le nombre de décès excédait celui des naissances de 1,2 million. En Allemagne, comme en Italie, le solde naturel est négatif de 300 000. Il est négatif de 200 000 en Espagne. Le solde reste légèrement positif pour la France (100 000). 

    En extrapolant les dernières statistiques, la population totale reculera, d’ici 2050, de 7,5 % en Allemagne, de 7,0 % en Espagne, de 14,2 % en Italie et de 8,1 % dans l’ensemble de l’Union européenne si le recul du nombre de naissances par rapport aux décès n’est pas compensé par une immigration importante. En France, elle devrait continuer de croître de 3 %.

    La population en âge de travailler de l’Union européenne diminuera de 280 à 230 millions de 2022 à 2050 

    Dans tous les pays européens, la population en âge de travailler (20-64 ans) diminuera d’ici 2050. Au niveau de l’Union européenne, elle passera de 280 à 230 millions de 2022 à 2050. En Allemagne, les 20-64 ans seront 42 millions en 2050, contre 50 en 2022. Les chiffres respectifs sont pour la France 36 et 33 millions, pour l’Espagne 29 et 22 millions, pour l’Italie 36 et 26 millions. 

    Le recul de la population en âge de travailler de 2022 à 2050 serait de : 

    • 14 % en Allemagne ; 
    • 7 % en France ; 
    • 28 % en Espagne ; 
    • 26 % en Italie ; 
    • 18 % dans l’Union européenne

    La population en âge de travailler (20 à 64 ans) reculera bien plus vite que celle de la population totale entre 2022 et 2050, l’écart d’évolution entre les deux catégories étant de : 

    • 7 points en Allemagne ; 
    • 10 points en France ; 
    • 21 points en Espagne ; 
    • 12 points en Italie ; 
    • 10 points dans l’Union européenne

    Moins d’actifs, plus de personnes à la retraite, signifie une baisse de la croissance potentielle. Un tel phénomène est sans précédent en période de paix. La Première Guerre mondiale en réduisant le nombre de jeunes actifs avait désorganisé les circuits de production durant l’entre-deux guerres. Cette situation avait conduit à l’augmentation du travail féminin.

    Toute chose étant égale par ailleurs, le processus en cours appelé à s’amplifier devrait provoquer un affaiblissement du revenu par tête. La stagnation des gains de productivité ne permettrait pas de compenser l’attrition de la population en âge de travailler. Le recours à des politiques natalistes a des effets aléatoires et différés dans le temps. 

    L’abandon de la politique de l’enfant unique en Chine ne s’est pas accompagné d’un véritable essor démographique. En Russie, les politiques favorables à la natalité n’ont pas donné de résultats tangibles. Même en cas de remontée de la natalité, avant que celle-ci ait des effets concrets en termes de production, il faudra attendre 25 ans.

    Le recours à l’immigration paraît être une solution efficace 

    Pour limiter le recul du ratio de la population en âge de travailler à la population totale, le recours à l’immigration paraît être une solution efficace. À l’exception de l’Allemagne et de l’Espagne, depuis une quinzaine d’années, les pays européens ont limité leurs flux migratoires. 

    Les besoins en main-d’oeuvre sont immédiats pour plusieurs secteurs comme ceux de la santé, du bâtiment ou des loisirs (hébergement-restauration) ou de l’informatique. En France, les déficits peuvent également concerner les métiers de la métallurgie. Avec les départs massifs à la retraite, ces besoins seront croissants. 

    L’apport de travailleurs immigrés est une nécessité pour maintenir la qualité des services et du niveau de production. 

    Contrairement à quelques idées reçues, une immigration importante ne pèse pas sur les salaires. Faire appel à des travailleurs étrangers reviendrait à priver les pays formateurs d’une population active de qualité, mais en règle générale, ces pays connaissent une forte augmentation de leur population. L’économie augmentant à un rythme moindre, elle n’est pas capable d’intégrer la totalité des flux de nouveaux actifs. L’émigration génère des échanges et participe au processus de diffusion des connaissances et des cultures. Il y a un enrichissement mutuel entre pays d’émigration et pays d’immigration.

    Les travailleurs immigrés sont plus jeunes que la population d’accueil et consomment moins de frais de santé 

    Les flux financiers des travailleurs immigrés vers leur pays d’origine participent au développement de ces derniers. Ces travailleurs sont accusés de coûter cher en prestations sociales pour les pays d’accueil. Ce mythe tenace n’a jamais été vérifié par des études statistiques. Les travailleurs immigrés sont plus jeunes que la moyenne de la population d’accueil et consomment de ce fait moins de frais de santé. Ils ont tendance par ailleurs à faire moins appel que le reste de la population aux soins. Les éventuels problèmes sont avant tout liés aux deuxième ou troisième générations qui rencontrent des difficultés d’insertion. 

    PHILIPPE HUGUEN/AFP

    Ces difficultés ne sont pas spécifiques aux personnes dont les aïeux sont d’origine étrangère et reflètent les dysfonctionnements de notre système éducatif et de formation. 

    Le rejet de l’immigration n’est pas un phénomène nouveau. La France dont le déclin de la natalité s’est amorcé au cours du XIXe siècle a fait appel à l’immigration pour assurer son développement économique, immigration qui a donné lieu à des réactions parfois violentes de la part de la population locale. Le 17 août 1893, dans les marais salants d’Aigues-Mortes un pogrom a été organisé avec, à la clef, une centaine de victimes (morts ou blessés) parmi les ouvriers italiens. 

    Après la Première Guerre mondiale, pour remplacer les jeunes soldats tués durant les combats, le recours à la main-d’œuvre étrangère ou en provenance de l’empire colonial est devenu nécessaire. Des tensions xénophobes se sont multipliées dès les années 1920. Avec la grande crise, des centaines de milliers de salariés ont été obligés de repartir de France.

    D’un côté, un refus de plus en plus dur de toute immigration et, de l’autre, des besoins plus importants 

    Après la Seconde Guerre mondiale, la forte croissance économique a nécessité un nouveau recours à l’immigration, portugaise, espagnole et maghrébine. Des tensions épisodiques ont persisté à l’encontre des travailleurs étrangers. Avec l’augmentation du chômage, au début des années 1980, elles se sont durcies. 

    Les relations complexes de la France avec sa population immigrée est aussi un problème d’altérité et de confiance en soi. En 2023, un débat de non-dit s’est imposé : avec d’un côté, un refus de plus en plus dur de toute immigration et, de l’autre, des besoins plus importants nécessitant de faire appel aux travailleurs immigrés qualifiés ou non plus des besoins en lien avec ceux de la population qui souhaitent par exemple être soignés et disposer d’aides à la personne ou d’artisans en temps réel.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 31.05.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 31.05.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans l’édition du 31 mai du flash quotidien des expatriés. Ce mercredi, on parle évidemment des annonces de Gabriel Attal qui lance une chasse aux expatriés fraudeurs et on évoque le cas des frontaliers télétravailleurs en Suisse. 

    Retraités et expatriés ?

    Voilà une situation que le gouvernement voit désormais d’un mauvais oeil. Ce mardi, Gabriel Attal, ministre aux Comptes publics, a annoncé que les Français de l’étranger qui bénéficient d’une pension française et qui ont plus de 85 ans seront soumis à un contrôle. L’objet ? Vérifier qu’ils sont en vie ! Après une expérimentation en Algérie, Bercy a constaté que 30% des bénéficiaires étaient décédés. Une situation que le gouvernement extrapole à tous les pays. Ainsi, 6,3 millions d’euros auraient été détournés en 2019 ! Un chiffre finalement pas si important alors que c’est plus de 4 milliards d’euros qui sont versés par l’assurance-retraite aux 1,2 million de retraités résidant à l’étranger. 

    Gabriel Attal
    Gabriel Attal

    Les conditions d’accès aux allocations sociales seront durcies 

    Actuellement, si vous résidez en France 6 mois et 1 jour, vous pouvez accéder aux aides sociales versées aux résidents en France (hors allocation logement). Désormais il faudra résider sur le territoire 9 mois pour y prétendre. Pour vérifier le temps de présence en France, le gouvernement va demander à la CNIL l’autorisation de consulter les billets d’avion au départ d’un aéroport européen. 

    Télétravailler pour une société suisse 

    En Europe, les initiatives bilatérales sur le télétravail se sont multipliées. Ainsi la France et la Suisse ont signé une convention sur le point fiscal dès décembre 2022 mais sa ratification prend du temps et à quelques semaines de l’échéance prévue par les textes afin de pérenniser l’accord, ni le parlement français ni le parlement suisse n’ont procédé aux votes nécessaires. Plus inquiétant, aucun accord ne semble émerger concernant les charges sociales et donc la couverture des salariés concernés. Si aucun accord n’est trouvé d’ici le 30 juin, les Français qui télétravailleraient depuis la France pour une société suisse plus d’un jour par semaine se retrouveraient privés de toute couverture sociale. Dans les faits, ca serait la fin du télétravail pour les Français salariés en Suisse. Une urgence que le gouvernement devrait traiter dans les prochaines semaines. 

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin d’informations dédiées aux Français de l’étranger. La rédaction et moi-même vous souhaitons un bon mercredi où que vous soyez ! 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Suisse : ça coince sur le télétravail !

    Suisse : ça coince sur le télétravail !

    Durant le premier confinement, à partir de mars 2020, de nombreux actifs aux 4 coins de la planète ont découvert le travail à distance, la « visio ». 2 ans après la fin des mesures d’exception, dans toutes les entreprises une organisation différente s’est installée. Parmi les salariés, beaucoup ont pris goût à ce qu’ils ont perçu comme un gain de temps. Un sentiment qui est encore plus renforcé chez les Français de l’étranger qui ont vu les opportunités professionnelles se multiplier. Cependant, pour ceux qui font partie de la catégorie des frontaliers, la complexité de leur situation à cheval sur deux pays a empêché l’établissement d’une règle simple et commune. En Europe, les initiatives bilatérales se sont multipliées. Ainsi la France et la Suisse ont signé une convention sur le point fiscal dès décembre 2022 mais sa ratification prend du temps et à quelques semaines de l’échéance prévue par les textes afin de pérenniser l’accord, ni le parlement français ni le parlement suisse n’ont procédé aux votes nécessaires.

    Une convention sur la fiscalité

    Les discussions entre la Suisse et la France, auxquelles des représentants des cantons ont été étroitement associés, se sont tenues au second semestre de l’année 2022 et ont conduit à un accord sur un régime fiscal en matière de télétravail.

    40% maximum de télétravail

    Concernant les travailleurs relevant de l’accord de 1983 signé entre le Gouvernement de la République française et le Conseil fédéral suisse agissant au nom des cantons de Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel et Jura, la France et la Suisse se sont accordées pour que l’exercice du télétravail, dans la limite de 40% du temps de travail, ne remette en cause ni le statut de frontalier, ni les règles d’imposition à la résidence des revenus d’activité salariée qui en découlent. Cet accord concerne la grande majorité des salariés.

    Concernant les autres travailleurs (secteur bancaire, assurances, gestion de patrimoine, etc.), qui relèvent des règles prévues par la convention fiscale bilatérale signée en 1966 en vue d’éliminer les doubles impositions en matière d’impôts sur le revenu et la fortune, un accord sur un régime pérenne a également été trouvé entre les deux Etats, sous forme d’un avenant modifiant cette convention. Celui-ci prévoit de maintenir l’imposition dans l’Etat de situation de l’employeur, si le travail effectué à distance depuis l’Etat de résidence n’excède pas 40% du temps de travail.

    30 juin, date butoir

    Les dispositions de l’avenant à la convention se sont appliquées depuis le 1er janvier 2023. Mais pour une période limitée à 2 trimestres en attendant sa signature, puis sa ratification, par chacun des deux Etats. Celle-ci pourra s’appliquer au plus tard jusqu’au 31 décembre 2024 si l’avenant est signé d’ici au 30 juin 2023 mais pour l’instant le processus est au point mort.

    ©Stockabobe

    La couverture sociale

    L’autre point épineux c’est la gestion de la couverture sociale pour laquelle aucun accord n’a été trouvé. Pourtant, l’Office fédéral des assurances sociales suisses a réussi à trouver un accord avec certains Etats de l’Union européenne et de l’Association européenne de libre-échange. Ce texte prévoit que les frontaliers dont le métier le permet, et lorsque les deux pays concernés l’approuvent, peuvent effectuer jusqu’à 49,9% de télétravail depuis leur pays de résidence, sans changement au niveau des assurances sociales. Il entrera en vigueur le 1er juillet 2023 pour une période de cinq ans, qui sera automatiquement prolongée.

    Un accord multilatéral sans la France

    A ce jour, outre la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche ou encore la Belgique ont annoncé avoir l’intention de signer l’accord. Mais la France, dont les frontaliers représentaient fin 2022 plus de la moitié (56,3%) de la main-d’œuvre frontalière en Suisse (23,5% venant d’Italie, 17,1% d’Allemagne) ne s’est pas positionnée. Ce qu’elle devrait faire, en urgence, dans les prochains jours. Car les conséquences peuvent être importantes pour nos compatriotes mais aussi pour les Suisses, en effet si la France ne signe pas le nouvel accord sur les assurances sociales dans les prochains jours, cela entraînera, de facto, le retour à un jour de télétravail par semaine maximum pour les frontaliers. Car sans garantie sur la pérennité de la couverture sociale, comment imaginer qu’un salarié active l’accord sur le volet fiscal ?

    Pourtant la France et la Suisse s’étaient engagées au début de l’été 2022 à trouver des solutions adaptées à ce nouveau mode de travail. Mais les enjeux financiers liés à cette situation complexe semblent tétaniser les « grands argentiers » des deux pays.

    Déclaration conjointe de la France et de la Suisse concernant la mise en place d’un accord provisoire applicable aux travailleurs transfrontaliers en vue d’aboutir à des règles d’imposition pérennes en matière de télétravail :

  • Allocations sociales françaises : renforcement des conditions de résidence

    Allocations sociales françaises : renforcement des conditions de résidence

    Le ministre délégué chargé des Comptes publics Gabriel Attal a dévoilé ce mardi un vaste plan de lutte contre la fraude liée aux allocations sociales qui doit permettre de faire des économies et de doubler les redressements d’ici à 2027. Ces annonces interviennent trois semaines après un premier plan centré sur la lutte contre la fraude fiscale. Dans un précédant article publié ce jour à 11h, nous avons évoqué les mesures pour encadrer les retraités qui sont installés hors de France.

    6 milliards de fraude

    La fraude aux prestations sociales seule est évaluée entre 6 et 8 milliards d’euros par an selon la Cour des comptes. Gabriel Attal se donne 10 ans pour mener le chantier, avec une première étape, à savoir avoir en 2027 « deux fois plus de résultats qu’en 2022« . Les redressements ont déjà augmenté de 35% depuis cinq ans. Il promet pour cela la création de mille postes supplémentaires durant ce quinquennat et un investissement d’un milliard d’euros dans les systèmes d’informations.

    9 au lieu de 6 mois

    En lien avec les Français de l’étranger, Gabriel Attal veut « renforcer » les conditions de résidence en France « pour bénéficier d’allocations sociales ». Il faudra désormais passer neuf mois de l’année dans le pays, contre six prévus actuellement, pour bénéficier des allocations familiales ou du minimum vieillesse, indique le ministre. De même pour les aides au logement (APL) qui ne nécessitent que huit mois de présence pour l’heure.

    Billet d’avion avec les éléments dits PNR que Gabriel Attal veut utiliser pour pister les éventuels fraudeurs

    Pour procéder à ces vérifications, Gabriel Attal «souhaite que les organismes de protection sociale puissent utiliser les données du fichier PNR (les dossiers des passagers des compagnies aériennes) pour savoir en cas de doute si une personne réside vraiment en France ou passe plus de temps à l’étranger». «Nous allons saisir la Cnil pour cela», annonce-t-il.

    Pour rappel, ces règles ne s’appliqueront pas, évidemment, aux aides sociales spécifiquement mises en place pour les Français de l’étranger.

    Fraude des entreprises

    Concernant la fraude aux cotisations des employeurs, qui représente près de 2/3 du montant global, Gabriel Attal entend augmenter les moyens des Urssaf pour limiter la fraude, à travers des embauches et un meilleur croisement des données.

    En outre, le plan prévoit le paiement à la source des cotisations des micro-entrepreneurs par les plateformes qui les font travailler, à l’instar d’Uber ou Deliveroo, car certains sous-déclarent, ce qui représente selon le ministre « une bombe sociale à retardement » dans la mesure où ils ne cotisent pas assez.

  • Gabriel Attal s’attaque aux retraités français à l’étranger

    Gabriel Attal s’attaque aux retraités français à l’étranger

    Le gouvernement va « mener un programme de contrôle des retraités de plus de 85 ans à l’étranger », principalement ceux vivant hors d’Europe, soit environ 500 000 personnes. 

    « Il ne s’agit évidemment pas pour nous de stigmatiser qui que ce soit, mais d’agir, explique Gabriel Attal. Concrètement, cela passera par des rendez-vous fixés dans les consulats ou des banques locales avec lesquelles on travaille. »

    Gabriel Attal, Ministre du Budget, au Parisien ce 30 mai 2023

    Alerte de la Cour des comptes

    Ce problème n’est pas nouveau, puisque dès 2020, la Cour des comptes reconnaissait dans un rapport que « les actions mises en œuvre (…) couvrent insuffisamment le risque de poursuite injustifiée du versement de prestations à des assurés résidant à l’étranger et dont le décès n’a pas été signalé par leurs proches ou est dissimulé par l’envoi de certificats d’existence injustifiés ou falsifiés ».

    L’avis de la Cour des comptes a été complété par un rapport parlementaire publié en septembre 2020, dans lequel l’un des principaux points noirs dénoncé concerne la branche vieillesse et une nouvelle fois la fraude aux pensions versées aux retraités installés à l’étranger. D’après les estimations effectuées par les parlementaires, en 2019, la Cnav a versé autour de 3,9 milliards d’euros de prestations à 1,2 million de retraités résidant à l’étranger, ce qui représente environ 3,3 % des 121,3 milliards d’euros de prestations servies.

    Paris, France – September 07, 2018 : Carte Vitale ©AFP

    Trop de centenaires ?

    Pour Gabriel Attal, il a été constaté un nombre important de centenaires dans certains pays, en particulier en Algérie. Pour prendre la mesure des efforts à réaliser, Gabriel Attal revient sur les contrôleurs envoyés à Alger à l’automne dernier. « Sur 1 000 retraités « quasi centenaires », 300 dossiers non conformes ont été identifiés », affirme-t-il.

    Selon les derniers chiffres communiqués par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), sur l’année 2022, 1 087 595 retraités résidaient à l’étranger sur les 15 049 171 percevant une pension de la Cnav, soit 7,2 % des bénéficiaires. Les pays de résidence les plus représentés sont l’Algérie (341 184), le Portugal (163 850), l’Espagne (157 074), l’Italie (65 829) et le Maroc (60 864).

    Pour rappel, la procédure pour vérifier que le retraité qui perçoit cette pension à l’étranger est toujours en vie manque de fiabilité. Ainsi, pour continuer à percevoir sa pension, il est obligatoire d’envoyer un certificat d’existence à sa caisse de retraite.

    Ce document doit être validé par une autorité compétente comme le consulat ou l’ambassade. Or, dans certains pays, ces contrôles ne sont pas très fiables. Une pension peut toujours être versée alors que son titulaire est décédé et touchée indûment par ses proches. Les auteurs du rapport préconisent de concentrer ces contrôles “dans les pays à fort enjeu financier (Algérie, Maroc, Tunisie) dès lors qu’il n’existe pas d’échanges d’informations d’état civil automatisées avec les autorités locales”.

    Pourtant, l’ensemble des montants touchés s’élevait alors à 6,8 millions d’euros sur l’année 2019, un montant faible face aux plus de 4 milliards versés par l’assurance-retraite (soit 3,2 % du total) à 1,2 million de retraités résidant à l’étranger. La proportion de centenaires parmi les retraités vivant à l’étranger restait par ailleurs similaire à celle observée dans la population en France.

    Déploiement d’enquêteurs dans le réseau consulaire

    Sur la base de leur interprétation et face à la multiplicité supposée des déclarations frauduleuses, le gouvernement souhaite, donc, mettre en œuvre de nouvelles modalités de contrôle. Parmi ces dernières, Gabriel Attal met en avant la création d’unités de contrôle qui se déploieront dans les pays cibles en s’appuyant sur le réseau consulaire.

    Fusion de la carte vitale et de la carte d’identité ?

    Parmi les annonces symboliques, Gabriel Attal proposait une fusion entre la carte Vitale et la carte d’identité afin de lutter contre le prêt et la location de carte Vitale pour profiter de soins gratuits. 

    Mais cette annonce n’a apparemment pas fait l’objet de concertation au sein du gouvernement puisqu’un un cadre du ministère de l’Intérieur a réagi immédiatement et mis en garde contre une telle mesure « techniquement impossible » et « constitutionnellement bancal« .

  • Quand deux Allemagne se font face 

    Quand deux Allemagne se font face 

    Lors d’une réunion publique, à l’est du pays, le Chancelier Olaf Scholz s’est fait apostropher par un de ses concitoyens qui considérait que l’Allemagne est un vassal des États-Unis. En réponse, le Chancelier a indiqué, de manière politique, qu’actuellement le problème vient de l’est et de non de l’ouest. Il a conclu que « l’Allemagne n’obéissait aux ordres de personne ». 

    Trente-trois ans après la fin de la guerre froide, le dirigeant du pays le plus puissant d’Europe a encore besoin de rappeler que l’Allemagne est indépendante. Dans les cinq Länder de l’est qui ont rejoint l’Allemagne fédérale en 1990, malgré des centaines de milliards d’euros d’investissement, de nombreux habitants estiment que l’Allemagne est alignée sur les États-Unis et mène un combat qui n’est pas le sien contre la Russie. Les 20 % des Allemands vivant dans ces Länder ne réagissent pas comme les Polonais, les Tchèques ou les Roumains. Si la moitié des Allemands de l’ouest estiment que les États-Unis sont un « partenaire fiable » et que l’Allemagne devrait accroître son aide militaire à l’Ukraine, près des trois quarts des Allemands de l’est pensent le contraire. Une enquête sur les attitudes à l’égard de la Russie en 2020 a montré un écart similaire.

    26 % d’ « Ossis » voteraient pour l’AFD lors d’une élection nationale 

    Les Allemands de l’est étaient beaucoup plus nombreux à considérer que Vladimir Poutine était un président efficace. Ils étaient aussi moins nombreux à voir en lui un danger pour l’Europe. Ils pensent majoritairement que la propagande occidentale s’en prend à la Russie pour des intérêts économiques. Les anciens officiers de l’armée et du renseignement d’Allemagne de l’Est, formés par les Soviétiques et dont le prestige s’est effondré après l’unification, sont d’importants relais anti-américains et anti-européens. Ils inondent les réseaux de messages accusant l’OTAN d’avoir provoqué la Russie et les compagnies pétrolières américaines de profiter de la guerre aux dépens de l’Allemagne. Ces opposants aux États-Unis nourrissent les rangs du parti d’extrême droite, l’Alternative für Deutschland (AFD). Ce dernier est devenu en 2023 le parti le plus populaire à l’est (hors Berlin). 26 % d’Ossis voteraient pour l’AFD lors d’une élection nationale et 9 % pour le parti d’extrême gauche, Die Linke. 

    Manifestation avec les leaders de l’AFD en 2019 ©Pascal Thibault/AFP

    À l’ouest, ces deux partis ont deux fois moins de supporters. Si peu d’Ossis ordinaires souhaitent revenir aux temps du Pacte de Varsovie, ils sont nombreux à considérer être les délaissés de l’Allemagne. Les Länder de l’est sont nettement plus âgés que le reste du pays. Ils ont connu une émigration forte au point de créer des villes fantômes disposant de peu d’activités économiques.

    Les Allemands de l’est restent sous-représentés dans tous les postes à forte valeur ajoutée. Une méfiance à leur égard persiste. Il n’y a pas de généraux Ossis dans l’armée allemande. Ils représentent bien moins de 5 % des juges fédéraux ou des PDG des 100 plus grandes entreprises allemandes. Une étude de 2022 suggère qu’ils occupent une minorité de postes de direction même à l’est. Ce retard persistant est en partie le résultat de handicaps évidents.

    Moins une fusion qu’une prise de contrôle brutale  

    L’unification a à peine touché la plupart des Wessis, mais elle a fait basculer l’est, note Katja Hoyer, une universitaire née en Allemagne de l’est, dans une nouvelle histoire de l’État communiste, « Au-delà du mur ». Cela ressemblait moins à une fusion qu’à une prise de contrôle brutale, dans laquelle les « nouveaux États » sont tombés sans aucun capital propre, peu d’actifs commercialisables et de mauvaises compétences.

    Sans surprise, un quart des Ossis âgés de 18 à 30 ans, souvent les plus qualifiés ou les plus ambitieux, ont déménagé vers l’ouest. Environ 3 millions se sont déplacés dans l’autre sens, mais en grande partie dans les grandes villes, laissant les zones rurales désolées. Les nouveaux arrivants se sont emparés de propriétés de choix, poussant les autochtones vers des franges urbaines moins chères. 

    En mars, un plébiscite local sur des mesures environnementales plus strictes à Berlin, la capitale allemande autrefois divisée, a révélé une nouvelle fracture : les quartiers centraux gentrifiés ont voté massivement en faveur de ces mesures, tandis que parmi les mornes lotissements de banlieue de Marzahn-Hellersdorf, un bastion de l’AFD, les trois-quarts ont voté contre. 

    Pourtant, ce qui dérange les orientaux, dit M. Oschmann, c’est moins l’économie que les mentalités. Dans la mesure où ils s’en soucient, les Allemands de l’ouest voient l’est comme « un lieu de maladie, de déséquilibre, de gémissements bruyants », dit-il. L’ancienne Allemagne de l’Est a peut-être en fait bénéficié de meilleures garderies pour les enfants, de moins de frictions de classes et d’une plus grande égalité pour les femmes, mais dire cela invite à ignorer le côté brutal du régime communiste.

    Les deux parties de l’Allemagne convergent lentement 

    La culture populaire a tendance à dépeindre l’Allemagne de l’Est comme une chambre des horreurs ou un parc à thème à la mode épouvantable. Les deux parties de l’Allemagne convergent en fait lentement. L’écart de revenus, en particulier, se réduit, aidé par les gros investissements d’entreprises telles qu’Infineon, Intel et Tesla. Mais comme le révèlent des secousses telles que la guerre en Ukraine, les fissures sous-jacentes de la société allemande pourraient mettre encore une génération à se refermer.

  • La Hongrie « inapte » à assurer la présidence de l’UE, selon les eurodéputés

    La Hongrie « inapte » à assurer la présidence de l’UE, selon les eurodéputés

    Les multiples violations de la législation européenne par la Hongrie la rendent inapte à assurer la présidence tournante de l’Union en 2024, ont averti les eurodéputés cette semaine, dans une résolution qui devrait être adoptée la semaine prochaine.

    Soutenue par les trois principaux partis du Parlement européen, le PPE de centre droit, les socialistes et démocrates, et le parti libéral Renew Europe ainsi que par les Verts et la Gauche européenne, la résolution n’est pas juridiquement contraignante, mais ouvre la voie à un nouveau conflit politique majeur entre Bruxelles et Budapest, où le Fidesz est au pouvoir depuis 2010.

    Le gouvernement hongrois doit assurer la présidence semestrielle du Conseil des ministres de l’UE à partir de juillet 2024, moins d’un mois après les prochaines élections européennes.

    Le gouvernement hongrois doit assurer la présidence semestrielle du Conseil des ministres de l’UE à partir de juillet 2024, moins d’un mois après les prochaines élections européennes.

    Influence et corruption ?

    Bien que la présidence tournante ait beaucoup moins d’influence politique pour façonner le débat depuis l’introduction d’un président permanent du Conseil européen par le traité de Lisbonne, elle est responsable de l’élaboration des négociations sur les lois de l’UE.

    La résolution « remet en question la capacité de la Hongrie à remplir cette tâche en 2024 de manière crédible, étant donné qu’elle ne respecte pas le droit de l’UE ni les valeurs inscrites à l’article 2 du TUE [traité sur l’Union européenne] ni le principe de la coopération sincère ».

    La résolution exhorte ensuite les gouvernements de l’UE à « trouver une solution appropriée dès que possible » et « rappelle que le Parlement pourrait prendre des mesures appropriées si une telle solution n’était pas trouvée ».

    En réponse, le porte-parole du gouvernement hongrois, Zoltán Kovács, a accusé les eurodéputés de « la même vieille accusation rabattue selon laquelle la Hongrie viole les principes fondamentaux de l’UE et n’est donc pas en mesure d’exercer la présidence ».

    « Cependant, nous en connaissons la véritable raison : ils n’aiment pas la position en faveur de la paix de la Hongrie et cherchent à nous pousser au conflit », a-t-il ajouté. Ces propos font référence à la position de la Hongrie sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a vu Budapest voter contre les sanctions à l’encontre de la Russie et s’opposer à l’envoi d’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine.

    « Nous ne les laisserons pas priver la Hongrie d’une telle opportunité », a ajouté la ministre de la Justice, Judit Varga.

    « Le Parlement européen n’a pas été consulté sur cette question. Aucun de ceux qui ont l’ont été n’a pensé que la Hongrie ne devait pas occuper la place qui lui revient. Nous sommes en contact quotidien avec le secrétariat général du Conseil et nous nous préparons à cette tâche », a déclaré Mme Varga.

    Par ailleurs, la résolution accuse le gouvernement Fidesz de « corruption systémique » et « condamne les campagnes de communication anti-UE du gouvernement hongrois, qui font partie de la stratégie du gouvernement visant à détourner l’attention de son non-respect des valeurs inscrites à l’article 2 du traité sur l’UE ».

    Ces dernières années, le gouvernement Fidesz du Premier ministre Viktor Orbán a été en conflit quasi permanent avec les institutions de l’UE, principalement en raison de différends concernant l’indépendance de la justice, la liberté de la presse et de la société civile et l’État de droit.

    La Commission a également bloqué des milliards d’euros du Fonds européen pour la relance post-pandémique de l’Union, alors que la Hongrie est l’un des principaux bénéficiaires nets des fonds européens.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.05.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.05.23

    Bonjour à tous, ce mardi 30 mai dans le flash quotidien des expatriés, on revient sur la Palme d’Or 2023 qui est française, on évoque le coût de la transition énergétique avant de conclure avec les essais sauvages du Docteur Raoult. 

    « Anatomie d’une chute »

    Un film de Justine Triet a reçu la Palme d’Or samedi dernier. A 44 ans, Triet est la plus grande cinéaste française en ce moment et ce depuis la découverte à Cannes de sa Bataille de Solférino, dans la petite sélection off de l’Acid, suivie par Victoria à la Semaine de la critique et Sibyl, déjà présenté en compétition. On ne peut que féliciter le jury mené par le Suédois Ruben Ostlund pour ce choix, et c’est bien la preuve qu’un cinéaste avec lequel on n’a pas d’affinités de point de vue peut nous combler au-delà de tout.

    Palme d'or
    L’équipe à Cannes du film « Anatomie d’une chutes » ©AFP

    66 milliards d’ici 2030

    Voilà le coût estimé par le gouvernement pour mener à bien la transition énergétique et écologique d’ici 2030. 7 milliards d’euros par an devront être investis dans le domaine énergétique, tandis que 3 milliards d’euros par an devront être alloués au transport routier. Pour le financement, un rapport estime qu’il faudra rediriger les taxations et impositions des énergies fossiles vers les énergies vertes. 

    action climatique

    Raoult et l’IHU Méditerranée sur la sellette

    Dans une tribune publiée dimanche dans Le Monde, des organisations impliquées dans la recherche médicale dénoncent la méthode employée par des scientifiques au sein de l’IHU Méditerranée Infection de Marseille pour mener un « essai thérapeutique « sauvage » sur l’hydroxychloroquine. Pour eux le médecin marseillais Didier Raoult a joué à l’apprenti sorcier et doit être sanctionné.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition !

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