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  • 4 Lycées français en péril

    4 Lycées français en péril

    Le réseau des Lycées français dans le monde fait la fierté de notre pays et de ses expatriés. Mais parmi plus de 500 établissements homologués par l’AEFE, quelques établissements connaissent de lourdes difficultés. Certains n’ont pas encore pu se rétablir après l’onde de choc de la pandémie, d’autres sont en proie à l’insécurité du pays où ils se situent, d’autres sont, eux, victimes de différends entre les parents et l’administration. En cette fin d’année, on fait un tour, non exhaustif, des Lycées français en péril dans le monde.

    Lycée Alexandre Dumas à Port-au-Prince (Haïti)

    Depuis septembre 2021 et le fameux courriel du ministère des Affaires étrangères qui ordonne le basculement des enseignements en distanciel, le Lycée français de Port-au-Prince sur l’île d’Haïti est fermé. Le motif : l’insécurité dans le pays le plus pauvre d’Amérique, deux mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse. Depuis élus et familles craignent que les grilles de l’établissement ne puissent plus jamais rouvrir.

    Mais il y a quelques jours le Lycée Alexandre Dumas (LAD) à Port-au-Prince a annoncé la réouverture de ses portes en septembre de cette année. Depuis plus de deux ans, les enseignements se faisaient uniquement en distanciel, une situation que ne cessaient de déplorer parents et élèves.

    Lycée franco-éthiopien d’Addis-Abeba (Ethiopie)

    Ce fut l’établissement d’excellence de toute une nation. Ouvert en 1948 à la demande de l’empereur Haïlé Sélassié, lui-même francophone, le lycée Guébré-Mariam occupe 4 hectares sur Churchill Avenue, les petits Champs-Elysées d’Addis-Abeba. Une fabrique d’élites idéalement nichée entre la mairie de la capitale éthiopienne, la banque centrale, les bureaux de la télévision nationale et l’hôpital du Lion-noir, le plus grand du pays.

    L’établissement, qui tire son nom d’un résistant éthiopien à l’occupation de l’Italie fasciste, a vu défiler de prestigieux élèves : la famille de l’empereur, celle du « Négus rouge » Mengistu Haïlé Mariam, puis les enfants de Meles Zenawi, premier ministre de 1995 à 2012. L’actuelle présidente, Sahle-Work Zewde, y a fait ses classes avant de partir étudier en France. De nombreux diplomates de l’Union africaine, dont le siège se situe dans la capitale éthiopienne, y plaçaient leur progéniture.

    Mais le lycée franco-éthiopien a perdu de sa superbe. Au point que certains diplomates français préfèrent aujourd’hui scolariser leurs enfants dans des écoles privées britanniques ou américaines, pourtant beaucoup plus chères. 

    Le tableau peint par les professeurs, administrateurs et parents d’élèves interrogés est sombreL’établissement a connu quatre directeurs en quatre ans, dont deux ont été congédiés. Et il brille davantage aujourd’hui par sa mauvaise gestion que par le niveau scolaire de ses élèves.

    Un déclassement dû, selon des enseignants, au manque de moyens. Le lycée a beau avoir été exempté par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) en 2022 de payer la participation à la rémunération des résidents (PRR), soit une ristourne d’environ 1,2 million d’euros par an, il reste fragile.

    Lycée Français International Georges Pompidou de Dubaï (Emirats arabes unis)

    Au Lycée Français International Georges Pompidou de Dubaï, c’est la fracture entre les parents d’élèves et l’administration qui met en péril cet établissement.

    Ainsi le Conseil de Gestion, organe pilotant une association réunissant les parents d’élèves, qui gère le foncier et le bâti accueillant l’établissement, a dénoncé la convention le liant à l’AEFE le 17 janvier 2023. Pourtant le collège à la tête de ladite association affirmait encore dans une newsletter envoyée aux parents en février vouloir maintenir la convention (qu’il a, donc, dénoncée sans en avoir informé les parents).

    « En tant que parent, je n’ai entendu parler de cette information que grâce à la casquette de représentante des parents au Conseil d’Établissement quand j’ai assisté à un CEE (Conseil d’Établissement Extraordinaire) le 20 février 2023. L’AEFE et le proviseur nous ont convoqué à cette réunion d’urgence pour voter la contestation à la dénonciation de la convention par notre CDG en janvier« 

    Une membre du Conseil d’établissement sous couvert de l’anonymat

    En fait, la convention actuelle contient des clauses qui ne sont plus compatibles avec la loi émiratie en vigueur depuis 2021. Ce texte réglemente les affaires familiales et personnelles des non-Musulmans. Cette loi devait permettre de garantir les droits des non-Musulmans que ce soit en termes de culture, de coutumes et de langues mais aussi de protéger l’intérêt supérieur des enfants par exemple lorsqu’il est question de séparation parentale.

    Ainsi Le Lycée Français International Georges Pompidou s’est affilié au mois de juin à la CDA. Une administration créée pour contrôler la gouvernance du milieu associatif de l’émirat de Dubaï et les flux financiers s’y rapportant. Le Comité de gestion, le CDG, est maintenant responsable légal auprès de la CDA. Si cela n’a pas d’impact sur le fonctionnement quotidien de l’établissement, les risques financiers et juridiques pour les parents se sont retrouvés amplifiés.

    Alors que l’établissement est en déficit chronique, le Comité de gestion s’est opposé à la nomination d’une nouvelle administratrice financière nommée par l’AEFE. Pourtant, ce principe avait été acté en 2018 lorsque l’AEFE avait dû renflouer les caisses en urgence après une décennie de mauvaise gestion. Mais les nouveaux enjeux légaux dans l’Émirat poussent les parents à vouloir reprendre la main afin d’éviter qu’un cumul de déficits, dont ils seront responsables in fine, se constitue. Une position que conteste évidemment l’AEFE.

    Pour d’autres parents, dont certains membres du Conseil d’établissement (CDG+élus+AEFE+corps professoral+associations tierces de parents d’élèves), c’est le signal pour la nomination de professionnels pour la gestion de la nouvelle association qui a dû être constituée pour répondre aux exigences de la loi des émirats. Ils désirent ainsi qu’un professionnel RH avec des formations pédagogiques françaises, qu’un comptable et qu’un secrétaire de l’association soient recrutés au moins pour le début de la mise en place de cette nouvelle structure.

    Lycée Charles-de-Gaulle à Londres (Royaume-Uni)

    Ce fut un coup dur pour le prestigieux établissement français. À Londres, le lycée Charles-de-Gaulle a reçu la pire note de l’inspection scolaire britannique, l’Ofsted, comme nous vous l’indiquions en mars de cette année.

    De quoi refroidir les parents d’élèves, qui engagent des frais de scolarité de 10.000 euros par an. L’Ofsted a rendu son rapport de 15 pages en janvier dernier. L’évaluation, elle, date de novembre dernier. La note attribuée au lycée français de Londres est«inadéquate». C’est la pire appréciation parmi les trois autres proposées dans l’évaluation de l’Ofsted. Au total, 3450 élèves âgés de 3 à 18 ans sont inscrits au lycée Charles-de-Gaulle, qui dépend de l’AEFE, l’agence pour l’enseignement français à l’étranger. 

    Si le rapport souligne l’excellence académique du lycée, il pointe toutefois du doigt des problèmes de méthodologie : «Ce que les élèves apprennent et le calendrier des apprentissages ne sont pas clairement définis. Cela ne répond pas aux normes des écoles indépendantes», note l’inspection.

    Le rapport soulève aussi des dysfonctionnements à propos de la sécurité et du bien-être des élèves: «Les responsables [du lycée] n’ont pas reçu une formation suffisante pour les aider à comprendre leur rôle dans la protection de l’enfance», «Ils n’identifient pas et ne gèrent pas bien les risques. La tenue des dossiers est mauvaise». «Les élèves ne sont pas en sécurité», complète le rapport.

  • Détenteur d’un contrat d’assurance en France ? Du changement ce premier juin

    Détenteur d’un contrat d’assurance en France ? Du changement ce premier juin

    Les Français de l’étranger sont aussi, parfois, détenteurs d’un bien en France qui mérite d’être assuré. Une voiture laissée chez les parents, une résidence secondaire, un bien hérité, des oeuvres d’art, ou vous pouvez avoir souscrit un contrat assurance maladie de droit français (CFE, etc.) ou une assurance responsabilité civile et/ou juridique. Ce premier juin arrive une nouvelle disposition encadrant la rupture d’un contrat d’assurance en France. Et bonne nouvelle, celle-ci est en faveur du consommateur. On vous explique tout.

    https://www.skiptax.com/fast-sign-up-fr/?code=LFPS23

    Fin du contrat par voie électronique

    Dès ce jeudi 1er juin 2023, il devient possible de mettre fin à son contrat d’assurance par voie électronique. Trois clics suffiront. Le décret ouvrant cette nouvelle voie au profit des consommateurs a été publié dans le cadre des « mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat« .

    La disposition dite de « résiliation en trois clics » pour les contrats d’assurance précise qu’un contrat « doit pouvoir être résilié par voie électronique, dès lors qu’au jour de la résiliation le professionnel offre au consommateur la possibilité de conclure des contrats par voie électronique ».

    Résilier en 3 clics

    Afin que la résiliation du contrat en ligne soit possible, le professionnel devra mettre à la disposition du consommateur une fonctionnalité gratuite, permanente, directe et facile d’accès lui permettant de notifier cette résiliation. Cette fonctionnalité sera nommée ‘résilier votre contrat‘, une formule similaire pourra également être utilisée, indique le site du Service public. C’est donc la fin du périple de l’envoi de la lettre recommandée à envoyer dans un délai souvent difficile à identifier.

    Cette nouvelle fonctionnalité ne concerne pas les assurances professionnelles : « sont concernés les contrats pouvant être conclus en ligne avec les assurances, les institutions de prévoyance et les mutuelles.« 

    Résilier un contrat devrait donc devenir beaucoup plus facile, puisque dans le décret sont fixées les informations que l’assuré devra fournir pour résilier. Des informations simples : nom, prénom, téléphone ou mail, référence du contrat, motif de la résiliation et date de l’événement donnant lieu à la résiliation. 

    Service public précise, conformément aux annonces de Bruno Le Maire au mois de mars, que prochainement d’autres types de contrats devraient être concernés par cette simplification de la résiliation, comme la téléphonie ou l’électricité.

  • Abrogation de la réforme des retraites : la gauche et la majorité se renvoient à leurs responsabilités

    Abrogation de la réforme des retraites : la gauche et la majorité se renvoient à leurs responsabilités

    Après la validation de l’examen de la proposition de loi abrogeant la réforme des retraites de la part du président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, la majorité dénonce une décision illégale, tandis que la gauche plaide pour écouter le pays.

    La proposition de loi, notamment portée par le groupe d’indépendants de LIOT (21 députés), crée des remous depuis plusieurs jours entre les élus de la majorité présidentielle et ceux d’opposition. Le texte vise à abroger la réforme des retraites, promulguée le mois dernier par le président Emmanuel Macron, après des semaines de débats parlementaires houleux et de contestation sociale.

    Mardi matin (30 mai), le président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (La France insoumise, LFI), a autorisé l’examen du texte, jugeant qu’il n’est pas inconstitutionnel. Cette décision n’allait pas de soi, dès lors que l’article 40 de la Constitution prévoit qu’une proposition de loi — qui émane des députés et non pas du gouvernement — ne peut créer une charge supplémentaire pour les finances publiques de l’État.

    C’est notamment sur ce point que se concentrent les critiques de la majorité présidentielle, qui aurait volontiers évité un nouveau débat sur le sujet des retraites, car les groupes Renaissance, MoDem et Horizons ne forment qu’une majorité relative. Dès lors, l’existence d’une majorité absolue sur ce texte est loin d’être acquise.

    C’est d’ailleurs pour cette raison que la Première ministre avait recouru à l’article 49.3 de la Constitution, permettant une adoption sans vote de l’Assemblée de la réforme des retraites — à condition que le gouvernement ne soit pas renversé par l’adoption d’une motion de censure de riposte.

    Après la décision d’Éric Coquerel, les groupes formant la majorité ont donc diffusé un communiqué dénonçant « une atteinte grave à nos institutions ».

    « L’irrecevabilité de la proposition de loi du groupe LIOT ne fait aucun doute », selon les présidents des trois groupes, le texte de LIOT conduisant « indéniablement » à une aggravation des dépenses publiques. Ces dernières s’élèveraient à environ 8 milliards d’euros d’ici 2027 selon la majorité et seraient « d’un montant maximal estimé à 11,5 milliards d’euros », selon Éric Coquerel.

    Afin de combler les coûts engendrés par une telle abrogation, la proposition crée un gage sur l’imposition du tabac — pratique courante utilisée par les parlementaires. Le président de la commission des finances a donc jugé que cela était satisfaisant. Il a aussi défendu une « application souple » de la Constitution, en protection de « l’initiative parlementaire » et du « droit de l’opposition ».

    Le rapporteur général de la commission des finances, Jean-René Cazeneuve, s’est inquiété d’une « décision infondée en droit, dans l’irrespect de notre constitution », dans une lettre envoyée au président Éric Coquerel.

    Pour la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’exprimant sur France 2 avant l’officialisation de la décision d’Éric Coquerel, « l’interprétation de l’article 40 [de la Constitution] n’a pas à être politique. Il s’agit d’appliquer la loi telle qu’elle est et non telle qu’on voudrait qu’elle soit ».

    « Sortie de crise »

    Dans un courrier adressé à Emmanuel Macron lundi, le président du groupe LIOT Bertrand Pancher, expliquait que l’objectif de la proposition de loi était « de présenter au pays une voie d’apaisement et de sortie de la crise ». Face aux rumeurs selon lesquelles les élus de la majorité pourraient empêcher le vote du texte — par des techniques d’obstruction parlementaire —, M. Pancher avertit que « de telles manœuvres seraient vues comme un nouveau déni de démocratie de nature à alimenter les extrêmes ».

    Enfin, alors que la mobilisation sociale s’était tarie dans les dernières semaines, l’intersyndicale a appelé mardi à une nouvelle journée de grève, le 6 juin prochain, contre la réforme des retraites. Les syndicats soutiennent l’abrogation de la réforme des retraites. Ils considèrent également qu’elle représenterait une « sortie de crise ».

    Le vote doit avoir lieu le jeudi 8 juin à l’Assemblée nationale. Si le texte est adopté, il devra cependant être examiné par le Sénat qui, majoritairement de droite, pourrait le rejeter.

    Coup de théâtre ce mercredi

    Au lendemain de la décision d’Éric Coquerel (La France insoumise) de juger la proposition de loi recevable, au nom du « droit de l’opposition », la macronie est bien décidée à tout faire pour éviter que le débat sur les retraites ne revienne dans l’hémicycle.

    Au grand dam de Mathilde Panot, qui a dénoncé une « dérive mafieuse ». Pourtant la macronie a remporté la première manche en parvenant à ne pas faire adopter l’article premier de ce texte qui revenait sur la retraite à 64 ans.

    Mathilde Panot et des députés La France insoumise le 16 mai 2023 à l’Assemblée nationale – Emmanuel DUNAND / AFP

    Les parlementaires Liot n’auront d’autre choix que de la réintroduire dans l’hémicycle lors des débats le 8 juin prochain. De quoi permettre à l’exécutif de pouvoir reprendre la main.

  • Des banques de plus en plus sous contrôle 

    Des banques de plus en plus sous contrôle 

    Jusqu’en au XIXe siècle, les banques réglaient les fins de mois des États impécunieux. Celle des Médicis de Florence a ainsi joué le rôle de prêteur en dernier ressort des Rois et des Empereurs. Aujourd’hui, les banques ont parfois besoin des États pour éviter le dépôt de bilan. 

    Leur fragilité a été soulignée avec acuité lors de la crise des subprimes en 2007/2009. La non-intervention de l’État fédéral américain pour sauver Lehman Brothers a failli déboucher sur une implosion généralisée de la sphère financière. Afin d’éviter la réédition d’une telle crise, les États ont renforcé leur pouvoir de contrôle sur les établissements financiers. 

    Aux États-Unis, le régulateur, la Federal Deposit Insurance Corporation, un régulateur américain, a imposé aux banques américaines le sauvetage de la Silicon Valley Bank (SVB) et de la Signature Bank pour un coût global dépassant 16 milliards de dollars. Elles seront également appelées à couvrir les pertes de la First Republic.

    Les pouvoirs publics s’immiscent de plus en plus dans la gestion des établissements financiers 

    Aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe, les responsables politiques s’interrogent sur la nécessité d’augmenter le niveau de protection des dépôts bancaires. Les pouvoirs publics, dans le cadre de la régulation, s’immiscent de plus en plus dans la gestion des établissements financiers. Les périodes de crise sont propices à l’interventionnisme étatique. Compte tenu de la fréquence de plus en plus rapide des crises, ce dernier ne peut que s’accroître. 

    La protection des déposants des banques a commencé après la grande crise de 1929 qui avait provoqué la faillite de plusieurs d’entre elles. Cette protection n’allait pas de soi. Le Président Franklin Roosevelt qui est souvent crédité de l’avoir inventée s’y était, dans les faits, opposé estimant que son introduction encouragerait au laxisme et à la prise de risques inconsidérés de la part des établissements financiers qui en bénéficieraient. Elle fut néanmoins instaurée en 1934 aux États-Unis.

    La Banque centrale européenne a fixé le niveau de la garantie à 100 000 euros par déposant et par banque 

    Cette garantie s’est diffusée au sein des pays de l’OCDE. Au sein de la zone euro, après la crise des dettes publiques entre 2010 et 2012, la Banque centrale européenne, de concert avec les États membres, a fixé le niveau de la garantie à 100 000 euros par déposant et par banque. De plus en plus, l’idée d’une couverture totale des dépôts se diffuse. 

    Aux États-Unis, le régulateur a décidé que l’ensemble de la place financière se devait de protéger les déposants des banques en difficulté. Il n’a fait que reprendre les déclarations du Président, du secrétaire au Trésor ou du Président de la Réserve fédérale. Face à un problème de solvabilité lié à des retraits massifs de la part des clients, la FED a, dans le cadre de son « programme de financement à terme bancaire », accepté le principe d’une valorisation des titres à long terme au pair même quand sur le marché ils subissent une décote. 

    La volonté des pouvoirs publics de sauver quoi qu’il en coûte les établissements financiers pour éviter tout effet domino a pour corollaire une surveillance accrue de la gestion des actifs et du montant des fonds propres.

    Le régulateur américain envisage de durcir les règles 

    Aux États-Unis, la faillite de Fannie Mae et Freddie Mac lors de la crise financière de 2007/2009 a conduit à une surveillance accrue des pratiques bancaires et des fonds propres. Après les problèmes rencontrés par plusieurs banques californiennes, le régulateur américain envisage de durcir les règles sur le risque des taux d’intérêt. 

    La réglementation actuelle permet aux banques de compter la valeur nominale des obligations d’État de toute durée comme des liquidités de première qualité (c’est-à-dire des fonds accessibles en cas de crise). En revanche, quand les taux montent, la valeur des obligations baissent. Les États demandent aux banques comme aux assureurs de détenir de fortes quantités de ces actifs réputés sûrs ce qui expose évidemment les secondes au risque de taux de manière importante. 

    ©Stockadobe

    Aux États-Unis, depuis 1933 et le Plan dit de Chicago, les banques sont censées détenir des quantités importantes de liquidités. Il en est de même pour la zone euro. Mais, ces réserves peuvent s’avérer insuffisantes en cas de « bank run ». Aux États-Unis, pour s’en prémunir, certains recourent à des fonds du marché monétaire qui ont accès à la facilité de prise en pension de la Réserve fédérale. Les Américains peuvent, ainsi, placer des liquidités dans ces fonds qui à leur tour les placent directement auprès de la Fed, contournant alors complètement le système bancaire. 

    En Europe, les épargnants peuvent également placer leurs liquidités dans des OPC monétaires. Ces dernières avaient connu un vif succès dans les années 1980 du fait d’un rendement élevé et d’une fiscalité attractive. Les fonds du marché monétaire ont reçu quelques 435 milliards de dollars d’entrées depuis la faillite de SVB, un flux de trésorerie qui contribue à déstabiliser les banques.

    Les banques sont à la base de l’investissement 

    Une autre façon dont le système pourrait devenir plus étroit est si la Fed ou d’autres banques centrales importantes lancent des monnaies numériques de banque centrale, qui fonctionnent comme des alternatives aux comptes bancaires. Le développement d’un système de financement sans l’intervention des banques commerciales ne serait pas sans générer de nouveaux problèmes. Ces dernières jouent un rôle clef dans la transformation des dépôts en ressources longues. Elles sont parties prenantes dans la mutualisation des risques. Elles garantissent tout à la fois la liquidité, la sécurité et le rendement des placements. 

    Les banques sont à la base de l’investissement qui est le moteur de la « destruction créatrice » chère à Schumpeter. Le contrôle étatique de la sphère bancaire augmente en Occident. Il est total au sein de nombreux pays émergents. En Chine et au Vietnam, les volumes de crédit sont décidés par les pouvoirs publics. Les plus grandes banques sont détenues majoritairement par l’État qui est responsable dans les faits de la politique monétaire. 

    Comme aux États-Unis, les autorités chinoises n’hésitent pas à secourir des établissements en difficulté. Le développement du shadow banking en Chine via des structures dépendant des collectivités locales constitue une réelle menace pour l’équilibre du système financier. En voulant sauver ce dernier, les autorités créent de nouveaux dangers.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 01.06.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 01.06.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans ce premier flash quotidien du mois de juin. Aujourd’hui, on revient sur la dictée des élus, on rêve de devenir un porteur de la flamme olympique, et on aborde le retrait de la NUPES de la commission des affaires sociales.

    Papier, stylo, dictée

    Voilà un triptyque qui doit vous rappeler des souvenirs, pas forcément bons d’ailleurs. Le week-end dernier au Sénat et en visioconférence, les élus des Français de l’étranger étaient conviés à une dictée géante. Ils étaient une petite cinquantaine à tenter l’exercice qui n’était pas facile. Dans le texte, ils ont eu droit au mot le plus long de notre langue, je ne tenterai pas de le prononcer mais on vous invite à le rechercher. Ironie, il désigne la peur des mots longs… Au final, les résultats furent plutôt bons avec des copies allant de zéro à 12 fautes. 

    Devenir porteurs de la flamme olympique 

    Evénements phares et très attendus avant les Jeux de Paris 2024, le relais de la flamme olympique et le relais de la flamme paralympique sont des moments uniques qui distinguent les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques de tout autre événement sportif à travers le monde. Le comité pour les Jeux de Paris a lancé la campagne de recrutement des porteurs. 11 000 personnes auront l’honneur de conduire la flamme dans notre capitale. Les Français de l’étranger comme tous les citoyens peuvent poser leur candidature. Tous les détails sur le site Lesfrancais.press.

    Port de Marseille où arrivera la flamme olympique ©AFP

    Elle fut rejetée en commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale. Le parti présidentiel ayant réussi à empêcher l’adoption de cette proposition qui doit être étudiée le 08 juin dans l’hémicycle. En réaction, les députés de la NUPES, LFI, EELV et PS ont décidé de quitter l’instance préparatoire. Mais pourtant ils n’abandonnent pas de soutenir la proposition des élus de l’Outre-mer et réintroduiront donc la clause permettant d’annuler le nouvel âge de départ à la retraite soit 64 ans. Verdict la semaine prochaine  !

    Mathilde Panot et des députés La France insoumise le 16 mai 2023 à l’Assemblée nationale – Emmanuel DUNAND / AFP

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour le dernier bulletin des Français de l’étranger de la semaine.

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • En Asie, Odyssey combine le meilleur de l’éducation française et anglo-saxonne

    En Asie, Odyssey combine le meilleur de l’éducation française et anglo-saxonne

    Odyssey est un groupe français d’éducation internationale fondé par Luc Chatel, ancien ministre à l’Education nationale de 2009 à 2012 sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Depuis 2018, Odyssey a ouvert ou intégré une quinzaine d’établissements sur 3 continents (Afrique, Asie et Europe).

    La particularité de ces établissements est une ouverture sur un enseignement plurilingue, intégrant les exigences académiques françaises, une vie scolaire à l’anglo-saxonne et un ancrage dans l’environnement local.

    Ainsi, les écoles Odyssey proposent un cursus dès les plus petites classes, suivant le programme de l’éducation nationale français et dispensé en deux langues : le français et l’anglais. En Asie Pacifique, les écoles complètent la formation plurilingue avec une initiation à la culture et à la langue locale. Florian Cossa, Chef d’établissement à « La Petite Ecole Singapore », nous explique le concept plurilingue mis en place dans son établissement dans le podcast à écouter ci-dessous. Il est accompagné de Fanny Piovarcsy, la responsable Communication & Développement pour la zone Asie-Pacifique.

    « Nous ouvrons une classe trilingue, où les professeurs pour le français, l’anglais et le mandarin co-enseignent davantage »

    Florian Cossa, directeur de La Petite Ecole Singapore

    Ecoutez le podcast avec Florian Cossa et Fanny Piovarcsy

    Une communauté éducative bienveillante

    Les écoles du Groupe Odyssey sont des établissements à taille humaine et accueillent des élèves issus de familles d’expatriés mais aussi des élèves locaux. Cette mixité favorise l’intégration des expatriés en offrant un enseignement linguistique et multiculturel ainsi qu’un contact avec les familles locales.

     « Les établissements Odyssey sont de véritables passeports pour le monde, grâce au Baccalauréat français notamment « 

    Fanny Piovarcsy, la responsable Communication & Développement pour la zone Asie-Pacifique.

    Présent en Asie à Singapour, mais aussi au Vietnam et en Thaïlande, à travers la marque « La Petite Ecole », le groupe Odyssey va renforcer son offre dès la prochaine année avec un deuxième établissement au Vietnam. Courant 2024, Odyssey prévoit aussi d’autres ouvertures dans la zone Asie. Dans tous les établissements, l’axe éducatif est le même, centré sur une communauté éducative bienveillante, pour cela, comme nous le révèle Florian Cossa, le groupe Odyssey reste en veille sur le monde entier pour dénicher les approches éducatives et les inclure dans leur dispositif, de l’Australie à l’Ukraine, les idées ne manquent pas.

    Des écoles homologuées par l’Education nationale

    Si le groupe s’ancre dans une éducation bilingue (parité horaire), le groupe Odyssey reste lié au ministère de l’Education nationale français. Membre du réseau AEFE, Odyssey garantit le respect du suivi des programmes français. Cet ancrage permet aussi aux Français de l’étranger de solliciter les bourses consulaires pour financer le cursus scolaire de leur(s) enfant(s).

    Des enfants des 4 coins du monde

    Si Odyssey propose une éducation française ouverte sur le monde à travers son parcours pédagogique, cette ouverture se retrouve aussi dans les profils des enfants qui suivent les programmes et partagent leur richesse culturelle en classe, dans la cour de récréation, ou encore lors des activités périscolaires organisées par l’école.

    Cette démarche est aussi présente dans l’organisation propre des établissements, ainsi l’établissement à Singapour va déménager pour le quartier de « Holland Village », renforçant son intégration au paysage local tout en se rapprochant des familles.

  • Papier, stylo, dictée ! 

    Papier, stylo, dictée ! 

    Pour la première fois, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) s’est associée à l’Association des élus de France pour l’organisation de la « dictée géante des élus », ouvrant ainsi aux conseillers des Français de l’étranger la possibilité de participer à cet exercice. 

    Au Sénat et en visio

    C’est au Sénat que s’est tenue cette dictée avec un accès en visioconférence pour les élus de l’étranger. Et même si la connexion s’est avérée compliquée et la correction de la dictée à distance un peu chaotique, les élus des Français de l’étranger ont apprécié ce moment d’échange et l’amusement procuré par la dictée. 

    Noémie Green, conseillère des Français de l’étranger en Suède, « salue l’initiative de rassembler les élus du monde entier autour de l’amour de notre langue française », Annie Michel, élue des Français à New York, s’est inscrite « par jeu et grand intérêt pour notre belle langue française », enthousiasme partagé par Mélanie Montinard, conseillère des Français au Brésil, qui « adore les dictées » et qui apprécie aussi la démarche d’associer les représentants des Français de l’étranger à cette dictée, « c’est un message pour nous dire que nous sommes des élus à part entière ».   

    Les élus réunis au Sénat pour la dictée ©LFP/Jérémy Michel

    Défendre la francophonie

    Plutôt doué pour l’orthographe, David Franck, élu pour les Français d’Ukraine, s’est inscrit pour « montrer l’attachement aux mots même avec la vie pleine de maux » et pour qui « défendre sa langue reste un impératif, surtout en ce moment en Ukraine ». Quant à Jean-Baka Domelevo Entfellner, représentant les Français du Kenya-Ouganda-Burundi-Randa-Tanzanie-Zambie-Zimbabwe, il tient à garder son « agilité avec la langue française », lui qui vit dans un milieu anglophone depuis plus de 10 ans. 

    La plupart de nos élus français de l’étranger inscrits ont tous reçu une mention plus qu’honorable, allant de deux à quatre fautes, alors même que les mots « Hippopotomonstrosesquippedaliophobie », « Arachibutyrophobie » et « Tyrosémiophilie » ont été glissés par les organisateurs pour complexifier un peu plus le texte de Léopold Sédar Senghor « la francophonie comme culture » choisi pour la dictée.

    La francophonie, c’est aussi ce qui a motivé nos élus à participer à cette dictée 

    Mélanie Montinard, grâce à son expérience de Française à l’étranger, trouve que « la francophonie est beaucoup plus coloriée, beaucoup plus diverse que l’image que l’on se fait en France, chacun vit sa propre francophonie ». « La langue française est aussi un point de rencontre » ajoute Mélanie, c’est aussi ce que met en avant Noémie Green : « cela crée du lien, et même si parfois la langue française est difficile à expliquer, c’est stimulant de l’enseigner et de faire partie de la grande famille de la francophonie. »

    Ne pas avoir peur de l’orthographe

    Annie Michel enseigne la langue française et a réussi à « appréhender (mes) peurs sur l’orthographe » et prépare ses élèves à l’examen de l’Advanced Placement aux Etats-Unis tout en faisant la promotion de la francophonie : « une langue commune permet la compréhension mutuelle et la conscience d’une histoire, d’où potentiellement une solidarité au sein du groupe dont les membres sont unis par cette langue ». 

    ©LFP/Jérémy Michel

    Agnès Firmin-Le Bodo, ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, marraine de l’édition 2023, prend aussi le même chemin, celui de la conscience d’un groupe uni autour d’une même langue, citant notamment Albert Camus qui écrivait : « Ma patrie, c’est la langue française ». 

    Promouvoir la francophonie c’est aussi comme Jean-Baka Domelevo Entfellner nous le partage « écrire correctement à chaque fois que je m’exprime par écrit ». C’est le même souhait que j’ai à la rédaction de cet article. Et si quelques coquilles se glissent dans ces lignes, David Franck nous alertera sans doute, lui qui « s’amuse (ou s’exaspère) de relever autant de fautes dans les bandeaux des chaînes d’info, ou dans les liaisons impropres que peuvent faire les journalistes ». 

    5 interviews d’élu(e)s ayant participé à la dictée

    Mélanie Montinard, Conseillère des Français de l’étranger, Brésil 

    Pourquoi s’être inscrite à cette dictée ?

    Pour le défi et j’ai toujours adoré les dictées quand j’étais à l’école.

    Êtes-vous douée en orthographe ?

    Cela va ensemble, quand on aime bien, on est souvent douée, et inversement 

    La défense de la langue française, et plus généralement de la francophonie, est-ce quelque chose qui vous tient à cœur ?

    La défense de la langue française et de la francophonie me tient à cœur. En tant que Française à l’étranger depuis 1998 je me suis rendu compte que la francophonie est beaucoup plus coloriée, beaucoup plus diverse que notre nombrilisme à la française.  Mon mari est tahitien, je travaille beaucoup avec les migrants d’Amérique latine (sénégalais, marocains, congolais…) et chacun vit sa francophonie. C’est aussi le point de rencontre à l’étranger. Les Français sont difficiles à fédérer, et utiliser la langue française est un outil de réunion, de rassemblement.  La francophonie ce n’est pas seulement la France, ni le Canada, la Belgique ou le Liban ou la Suisse. La Francophonie c’est aussi le Congo, Le Sénégal, la Maroc, et je souhaite que les consulats français associent aussi ces partenaires pour les actions de soutien à la francophonie.

     Combien de fautes à la dictée des élus ?

    4 fautes 


    Jean-Baka Domelevo Entfellner, Conseiller des Français de l’étranger, Kenya, Ouganda, Burundi, Rwanda, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe

    Pourquoi s’être inscrit à cette dictée ?

    J’aime bien la langue française, et aussi les dictées ! Je suis un gamin de la radio (jamais eu la télé chez moi pendant mon enfance), et donc un grand auditeur des chaînes de radio, particulièrement des chaînes publiques françaises : France Inter pendant mon enfance, et maintenant plutôt France Culture, et RFI. Du coup, j’ai eu l’occasion de participer assez récemment aux dictées de Rachid Santaki qui passaient sur France Culture le week-end en soirée. Je les faisais toujours avec grand plaisir chez moi, sur le premier bout de papier qui me tombait sous la main à l’heure où commençait la dictée.

    Êtes-vous doué en orthographe ?

    Généralement plutôt bon en orthographe, oui, mais c’est lors des dictées qu’on se rend compte qu’il y a encore énormément de mots qu’on ne sait pas bien orthographier, et puis plein de mots qu’on n’a plus utilisés depuis des décennies, surtout quand comme moi on vit en environnement anglophone depuis des années (5 ans en Afrique du Sud puis 6 ans au Kenya). On perd petit à petit un peu de son agilité avec les mots de la langue française. C’est relatif, bien sûr, et ça s’entretient en lisant en français.

    La défense de la langue française, et plus généralement de la francophonie, est-ce quelque chose qui vous tient à cœur ?

    Oui, c’est évidemment important ; c’est quelque chose que je porte par mon amour de la langue et qui fait l’importance du parler français dans le monde : le français est une langue avec laquelle on évolue dans toute l’Afrique francophone, par exemple, mais aussi une langue officielle des Nations Unies, etc. En tant qu’élu des Français de l’étranger, je prête attention à la vie de nos établissements d’enseignement français, au Kenya et dans les autres pays de ma circonscription. Chez nous, les établissements d’enseignement français ont souvent une minorité d’enfants de familles françaises, ces établissements participent donc beaucoup du mouvement d’extension de la sphère de la francophonie.

     Combien de fautes à la dictée des élus ?

    A priori 1 faute, mais j’ai un doute sur «hippopotomonstrosesquipédaliophobie», je pense que je l’ai finalement bien orthographié. 


    Noémie Green, Conseillère des Français de l’étranger, Suède

    Pourquoi s’être inscrite à cette dictée ?

    Cette dictée est un exercice ludique qui crée du lien et qui présente également de nombreuses vertus. On y découvre des textes, on se penche sur l’étymologie de mots jamais rencontrés auparavant pour en comprendre le sens. En prenant le temps de réfléchir, de s’appliquer à bien écrire le français, on célèbre la langue. L’exercice ne peut être qu’enrichissant.

    Êtes-vous douée en orthographe ?

    Oui, enfin je crois. J’ai fait une prépa littéraire et je suis professeur de français donc j’espère l’être.

    La défense de la langue française, et plus généralement de la francophonie, est-ce quelque chose qui vous tient à cœur ?

    Oui, la défense de la langue française me tient particulièrement à cœur. J’aime l’enseigner et la faire découvrir. Je suis très heureuse de faire partie de la grande famille de la francophonie et j’en suis une fervente défenseuse. J’ai créé ma propre école de langue, 123 Voilà, il y a dix ans maintenant. Nous donnons des cours de français aux tout-petits comme aux grands et organisons des événements francophones.

     Combien de fautes à la dictée des élus ?

    Je pense avoir fait 5 fautes


    David Franck, Conseiller des Français de l’étranger, Ukraine 

    Pourquoi s’être inscrit à cette dictée ?

    Je me suis inscrit à cette dictée pour montrer l’attachement aux mots, même avec la vie pleine de maux. Aujourd’hui, nous écrivons sur les portables avec des abréviations, des sons… les mots ont un sens, même s’ils ont le même son.

    Êtes-vous doué en orthographe ?

    Généralement, je suis doué en orthographe et je reprends tous mes amis quand ils font des erreurs. Je m’amuse (ou m’exaspère) de relever autant de fautes dans les bandeaux des chaînes d’info, ou dans les liaisons impropres que peuvent faire les journalistes. 

    La défense de la langue française, et plus généralement de la francophonie, est-ce quelque chose qui vous tient à cœur ?

    Bien entendu, défendre sa langue reste un impératif, surtout en Ukraine. Notez qu’en Ukraine, après la première phase de la guerre, une des premières mesures du gouvernement a été de supprimer la langue russe comme langue officielle. Le « plan de paix » des Russes envoyé ces derniers jours aux Ukrainiens inclut le rétablissement du russe comme langue officielle en Ukraine…  Les langues sont essentielles dans une société pour se reconnaître et/ou se différencier. Un Français reconnaît d’ailleurs instantanément un Canadien ou un Belge quand il emploie certains termes. 

     Combien de fautes à la dictée des élus ?

    Au moins 2.


    Annie Michel, Conseillère des Français de l’étranger, Etats-Unis (New-York)

    Pourquoi s’être inscrite à cette dictée ?

    C’est une inscription par curiosité, par jeu et grand intérêt pour notre belle langue française que j’ai enseignée de 1971 à 2022. Je pense qu’une dictée est une tradition pédagogique incontournable !

    Êtes-vous douée en orthographe ?

    Maintenant, je le pense (!). Petite, j’ai expérimenté, en CP, la méthode globale : une catastrophe pour moi, j’ai dû faire de gros efforts pour combattre cette crainte devant cet exercice présenté par des enseignants, qui à l’époque, et dans mon école, punissaient au lieu d’encourager, chaque fois, j’éprouvais une grande peur devant les dictées et, en grandissant, je me suis ressaisie et me suis améliorée en orthographe. 

    La défense de la langue française, et plus généralement de la francophonie, est-ce quelque chose qui vous tient à cœur ?

    Oui, bien entendu puisque je suis professeure certifiée de lettres par amour de la langue française. Toutefois, vivant aux États-Unis depuis plus de 30 ans, le mot francophonie a pris un sens très fort, notamment en enseignant la littérature et la culture francophones, en préparant l’examen Advanced Placement à l’université (AP French Language and Culture) ces six dernières années dans un lycée américain. On dira donc qu’une langue commune permet la compréhension mutuelle et la conscience d’une histoire, d’où potentiellement une solidarité au sein du groupe dont les membres sont unis par cette langue, c’est ainsi que la francophonie unit les francophones.

  • Français de l’étranger : et si vous portiez la flamme olympique ?

    Français de l’étranger : et si vous portiez la flamme olympique ?

    Evénements phares et très attendus avant les Jeux de Paris 2024, le relais de la flamme olympique et le relais de la flamme paralympique sont des moments uniques qui distinguent les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques de tout autre événement sportif à travers le monde.

    Les Eclaireurs ouvriront officiellement les célébrations des Jeux

    L’arrivée de la flamme olympique à Marseille à bord du trois-mâts, le Belem, le 8 mai 2024, marquera le début d’une fête continue à travers la France pendant plus de deux mois, qui se prolongera pendant les Jeux puis à l’occasion du relais de la flamme paralympique organisé en amont de la cérémonie d’ouverture, le 28 août.

    Vue du port de Marseille ©Paris 2024

    Les Eclaireurs illumineront la beauté et la diversité des territoires français traversés et mettront en valeur le rôle du sport et ses acteurs à travers la France.

    Enfin, les Relais seront faits de petites et de grandes histoires humaines : la rencontre de toutes celles et ceux qui se retrouveront pour voir passer la flamme, et celles des 11 000 Eclaireurs, connus ou non, qui auront l’honneur de la porter.

    Qui seront les porteurs ?

    Au total, environ 11 000 personnes vivront l’expérience unique de porter la torche : 10 000 personnes pour le relais de la flamme olympique et 1 000 pour le relais de la flamme paralympique.

    Qu’ils soient candidats, désignés par un jury, parrainés… tous les porteurs de la flamme auront en commun d’être sélectionnés pour leur parcours de vie inspirant répondant à au moins l’une des trois énergies des relais de la flamme de Paris 2024 :

    • L’énergie du sport, qui sera au cœur de l’identité des Relais. Pourront être sélectionnés, des athlètes, mais aussi des bénévoles de clubs, sportifs amateurs, acteurs des Jeux…
    • L’énergie des territoires : Ceux qui entreprennent, qui innovent, qui créent et qui incarnent l’excellence à la française, dans tous les secteurs d’activité…
    • L’énergie du collectif : ceux qui s’engagent au quotidien pour une société plus solidaire, plus inclusive, plus durable, plus juste.

    Ils auront pour ambassadeurs des athlètes prestigieux, “les capitaines des Relais” pour impulser l’énergie du sport au travers de ces relais et ouvrir la voie des célébrations : Laure Manaudou (championne olympique de natation), Florent Manaudou (champion olympique de natation), Mona Francis (championne d’Europe de para triathlon) et Dimitri Pavadé (médaillé d’argent aux Jeux Paralympiques de Tokyo en saut en longueur).

    « M’engager pour les Jeux de Paris 2024 est un rêve pour moi, car j’ai toujours rêvé de faire les Jeux Olympiques en France. Représenter la France en m’engageant de cette manière étant donné que je ne suis plus en activité était une suite logique à ma carrière. Être ambassadrice aux côtés de mon frère est encore plus beau. Le symbole de paix et de respect dans le sport est très important pour moi. »

    Laure Manaudou, ancienne championne olympique de natation

    Comment participer ?

    Pour les plus impatients et motivés, les sélections débuteront le 1er juin ! Les membres du Club Paris 2024 pourront nominer un proche répondant aux critères de sélection. 500 d’entre eux auront la chance de porter la précieuse torche. Rendez-vous sur https://www.paris2024.org/fr/porteurs-Flamme/ à partir du 1er juin 2023 pour en savoir plus. La sélection est ouverte à tous les Français même s’ils résident hors de France.

    Les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne lanceront également leurs sélections le 1er juin et à partir du 17 juillet 2023, suivra la campagne de sélection de Coca-Cola.

    Lancée en juin 2023, la sélection des porteurs de la flamme se prolongera jusqu’au début de l’année 2024, moment où seront annoncés les heureux élus.

  • Lutte contre les incendies : l’UE a doublé ses capacités 

    Lutte contre les incendies : l’UE a doublé ses capacités 

    L’UE a doublé les capacités de sa flotte de lutte contre les incendies, avec 28 appareils au total, pour un été qui s’annonce « intense » après d’importants ravages en 2022, a annoncé le commissaire à la Gestion des crises, Janez Lenarcic. Ce doublement est en avance sur le calendrier, initialement, calé sur 2030. Preuve de l’urgence de la situation !

    « Cette année est déjà bien plus sèche que la moyenne. Et cette sécheresse, combinée avec la chaleur à laquelle nous nous attendons, est bien sûr un moteur majeur des feux de forêt »

    Le commissaire slovène lors d’une interview avec l’European Newsroom, regroupant des agences de presse européennes, dont l’AFP.

    Après un été 2022 « le plus chaud enregistré en Europe », la présidente de la Commission Ursula von der Leyen avait annoncé en septembre dernier un doublement de la flotte européenne d’avions et d’hélicoptères bombardiers d’eau.

    La réserve de l’UE passe ainsi de 13 appareils à 28, positionnés dans 10 Etats membres (Croatie, Chypre, République tchèque, France, Allemagne, Grèce, Italie, Portugal, Espagne, Suède). Ils sont prêts à être déployés de juin à octobre en cas d’urgence, pour apporter de l’aide à un pays dont les moyens sont débordés. L’UE finance la mise à disposition de ces moyens par les autorités nationales.

    Il s’agit de 10 Canadair, 14 avions amphibies légers et quatre hélicoptères.

    « Nous avons approximativement doublé le nombre d’appareils et la capacité en termes de volume d’eau qui peut être transporté »

    Le commissaire slovène lors d’une interview avec l’European Newsroom, regroupant des agences de presse européennes, dont l’AFP.
    « Cette année est déjà bien plus sèche que la moyenne. Et cette sécheresse, combinée avec la chaleur à laquelle nous nous attendons, est bien sûr un moteur majeur des feux de forêt », s’est inquiété le commissaire slovène lors d’une interview avec l’European Newsroom, regroupant des agences de presse européennes, dont l’AFP. [Ververidis Vasilis / Shutterstock]

    Pompiers prépositionnés

    En outre, plus de 400 pompiers sont prépositionnés en Grèce, en France et au Portugal, a ajouté le responsable, lors de cet entretien depuis le Centre de coordination de la réaction d’urgence de l’UE.

    Ce centre, qui fête ses dix ans d’existence, coordonne l’acheminement de l’aide aux pays frappés par une catastrophe majeure, partout dans le monde.

    Ce mécanisme de protection civile de l’UE a servi à envoyer équipements, nourriture et médicaments à l’Ukraine depuis le début de l’offensive russe, ou encore en réponse à la pandémie de Covid-19 (envoi de vaccins à des pays tiers, organisation du rapatriement de citoyens européens…). Plus récemment il a aidé les populations affectées par le séisme dévastateur en Turquie et en Syrie.

    Etabli en 2001, le mécanisme a été activé en moyenne 20 fois par an pendant les vingt premières années et l’est désormais plus de 100 fois par an, a indiqué Janez Lenarcic, estimant qu’il faudrait à l’avenir y affecter plus de ressources financières.

    « A cause du changement climatique, nous assistons à des désastres naturels de plus en plus fréquents et intenses », a-t-il souligné, rappelant les inondations dévastatrices de l’été 2021 en Allemagne et en Belgique ainsi que celles qui touchent actuellement l’Italie.

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