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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 05.06.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 05.06.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le premier flash quotidien des expatriés de cette semaine. Ce lundi 05 dans votre édition : le Festival de la Mer, une nouvelle carte météo pour vos voyages en France et les prévisions des conséquences de la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites ce mardi. 

    A Ajaccio s’est tenu le Festival de la Mer 

    Un événement organisé par Laurent Dominati, a. Ambassadeur de France, a. Député de Paris et Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press. Pendant 3 jours, scientifiques, professionnels et citoyens se sont réunis pour exposer les solutions pour préserver notre patrimoine maritime. Les Français de l’étranger ont aussi contribué grâce à l’appel à idées lancé sur le site. Vous avez été plus de 10 000 à répondre avec plus de 300 idées issues des 4 coins du monde. Retrouvez-les dans l’article dédié sur nos sites

    La météo des forêts, vous connaissez ? 

    C’est une nouvelle carte proposée depuis vendredi dernier par Météo France. Alors que la saison estivale s’annonce périlleuse pour nos massifs forestiers, ce nouveau dispositif aidera les pompiers et les autorités à prépositionner les moyens d’interventions adéquats. Mais pas seulement, les citoyens, comme les touristes, pourront aussi adapter leur comportement selon le niveau de risque, qui va du vert au rouge écarlate. Lors de vos vacances en France, n’hésitez pas à la consulter pour préparer vos itinéraires de randonnées. 

    Journée de mobilisation contre la réforme des retraites

    Ce mardi 06 juin, les syndicats appellent les salariés à descendre dans la rue alors qu’une nouvelle loi sera mise au vote le 08 juin pour annuler la réforme tant décriée. En Europe, des rassemblements citoyens sont organisés devant les ambassades à Berlin, Londres, devant les consulats à Madrid, Barcelone. En France, les avions et les trains seront fortement perturbés a priori comme les écoles. Pour les petits Français de l’étranger les mouvements s’annoncent suivis alors que mardi est une des dernières journées d’examens pour le Brevet des collèges et le Baccalauréat. Il faudra donc être attentif aux modifications d’organisations annoncées ce jour dans les établissements AEFE concernés. 

    Grève générale
    Grève générale en mars 2023 à Paris ©AFP

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger ! Bon lundi à tous où que vous soyez.

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Le Festival de la Mer : « Sauvons la Méditerranée »

    Le Festival de la Mer : « Sauvons la Méditerranée »

    Le Festival de la Mer, gratuit et ouvert à tous, a réuni à Ajaccio, du 1er au 3 juin 2023, des associations, des fondations, des entreprises, des institutionnels, des étudiants et des scientifiques qui œuvrent pour une cause prioritaire : protéger l’écosystème de la mer Méditerranée. Organisé par Laurent Dominati, ancien ambassadeur de France, ancien député de Paris et président de la société éditrice de votre site, lesfrancais.press, l’événement fut l’occasion pour nous de vous demander quelles sont les idées que les Français de l’étranger ont pu voir mises en application dans leur pays de résidence.

    Vous avez été près de 10 000 à répondre à notre questionnaire, preuve que la défense de notre patrimoine maritime est au coeur des préoccupations de tous les Français. Plus de 350 idées ont été déposées en fin de formulaire. Nous en avons tiré deux axes : l’action citoyenne et l’action politico-économique. Mais avant de se pencher sur ces points, faisons le bilan de cette deuxième édition du Festival de la mer.

    Pédagogie et mobilisation

    Cette année, le Festival de la Mer a invité les enfants à la projection du film « Méditerranée, l’odyssée pour la vie » et leur a donné rendez-vous pour des rencontres et visites privilégiées sur le village Méditerranée – Vita Marina où leur furent proposés des ateliers ludiques et pédagogiques, mais aussi une exposition de photographies de l’artiste et plongeur Pierre-Jean Beaux.

    Le film fut également projeté sur le port Tino Rossi pendant la fête des pêcheurs, jeudi 01 juin, tout comme le magazine Mediterraneo, dont les plus belles images sur la mer Méditerranée ont enchanté les spectateurs nombreux sur les quais. Le Festival de la Mer a aussi invité tous les volontaires à se joindre à l’association Corsica Clean Nature pour un grand nettoyage de la plage du Ricanto tout en assistant au même moment au défi pour la Méditerranée du club d’aviron Kallisté.

    Enfin, vendredi 02 juin, pour connaître l’état de la Méditerranée et les innovations proposées, le Festival a consacré la journée à des tables rondes et des rencontres avec des spécialistes.

    Blue Odyssey Corsica

    Pour finir ce samedi, le Festival de la Mer a accueilli le départ de la mission scientifique Blue Odyssey Corsica. La Blue Odyssey Initiative est une association française basée à Marseille et créée en 2022, qui prône une approche innovante et réaliste de la défense de l’environnement marin. Plus précisément, elle veut comprendre les littoraux sous-marins de petite profondeur, et proposer des solutions concrètes face à la pollution et à la destruction de la biodiversité. Pour cela, elle met en œuvre des expéditions en utilisant le Platypus, un bateau révolutionnaire semi-submersible, qui possède une grande capacité d’emport aussi bien de passagers que de matériel scientifique.

    L’expédition dédiée à la Méditerranée, qui fera le tour de l’île du 03 au 29 juin, participe à la construction de Baromed. Cet outil sera amené à devenir le baromètre de la santé de la mer Méditerranée à travers différents critères scientifiques afin de juger de la qualité de l’eau.

    Baromed

    Ainsi Baromed est un baromètre qui dresse un état des lieux de la pollution du littoral. Il s’appuie aussi sur une étude des fonds marins corses commandée par le fonds HLD pour la Méditerranée et l’agence de l’eau. Il s’agit d’une base de données importante sur la Corse et la pollution plastique en Méditerranée qui a commencé à être compilée grâce à l’action d’associations comme Mare Corsica, EKKOCEAN, l’agence de l’eau ou encore l’Office de l’environnement de la Corse.

    Le Baromed rassemble l’essentiel des données existantes. L’objectif final étant de se rendre compte de l’état global des fonds marins, notamment la pollution par macrodéchets, mais également de l’état de la biodiversité. L’idée est aussi de mettre en avant les solutions existantes et à venir pour protéger la Méditerranée en réfléchissant à des techniques, une réglementation efficace et des moyens de sensibilisation. 

    Les Français de l’étranger au chevet des océans

    Si parmi les expatriés, ils ne sont que 38% à vivre au bord d’une mer ou d’un océan, ils sont 53% à être informés des différentes initiatives prises à travers le monde pour sauvegarder notre première ressource. Pas de miracle, pour 70% d’entre-eux les techniques dont ils ont la connaissance sont déjà employées en France, pour autant les expatriés ne manquent pas d’idées. Leur pays de résidence influe souvent sur la méthodologie qu’ils désireraient voir appliquée sur nos côtes.

    Ainsi pour ceux qui vivent en Asie, en particulier à Singapour ou en Chine, la solution ne peut venir que par un renforcement des sanctions contre les pollueurs, qu’ils soient des industriels, des transporteurs mais aussi des citoyens.

    « Verbaliser davantage et plus fort les pollueurs particuliers (plaisanciers, baigneurs…) pour en faire des exemples. Ce qu’on pourrait appeler la « Méthode (de) Singapour » !!! « 

    Un Français résidant à Singapour

    Pour d’autres, ceux qui résident autour du bassin méditerranéen, le principal obstacle à une action pérenne pour la mer, c’est l’absence de concertation entre les Etats qui partagent son rivage.

    « Que les deux rives adoptent les mêmes mesures de protection… »

    Une Française résidante en Israël

    Parmi ce groupe d’expatriés, certains s’étonnent que les pays du Maghreb ont réellement banni les sacs plastiques du quotidien alors qu’en Europe ces derniers sont encore largement utilisés.

    « Quand on pense que les vendeurs marocains proposent des sacs recyclables au marché alors que les Européens sont encore aux sacs plastiques, c’est une hérésie ! « 

    Une Française résidante au Maroc

    Car pour tous, et ce quel que soit le pays de résidence, l’ennemi numéro 1 c’est le plastique. Ainsi, dans notre consultation, vous proposez que soit revues la politique de production comme celle de recyclage. Mais aussi, les Français de l’étranger sont consternés quant au manque de communication en France. Qui connait les associations de ramassage ? Qui connait les dates des journées d’actions sur les plages ? Pour les expatriés, une meilleure médiatisation et diffusion de ces dispositifs permettrait à chacun de prendre sa part de responsabilité.

    Mais d’autres doivent prendre aussi leurs responsabilités, et ça les Français résidant hors de France l’ont bien compris. Ils ont dans notre consultation dénoncé les aberrations que sont les bateaux géants de croisière comme la multiplication des embarcations à usage personnel, l’utilisation massive du plastique par les industriels, la mauvaise gestion des rejets des eaux usées dans les mers et océans, etc.

    Le chemin est encore long pour arriver à déployer une réelle politique de protection des mers et océans, mais acteurs professionnels comme citoyens aux 4 coins de la planète semblent être prêts à relever le défi. Rendez-vous en 2024 à Ajaccio pour faire le point sur les avancées.

  • Voyage en France cet été ? Pensez à consulter la météo des forêts

    Voyage en France cet été ? Pensez à consulter la météo des forêts

    Vendredi, Météo France a lancé une nouvelle carte en ligne, dédiée à la météo des forêts, lors de la visite du président Emmanuel Macron auprès de la sécurité civile dans le Gard consacrée à la préparation de la lutte contre les incendies cet été.

    Des incendies de plus en plus dévastateurs

    Le nombre d’incendies de forêts en France entre 2008 et 2022 s’élevait à près de 1200. Le pic a été atteint en 2019 avec 304 incendies. Même si le nombre de feux de forêts restait plutôt constant depuis 2015, les surfaces de forêts brûlées ont fortement augmenté car les feux étaient plus destructeurs. En effet, en 2019, il y a eu 304 feux de forêts pour 44.000 hectares brûlés alors que, à titre de comparaison, en 2022, pour 272 incendies, la surface brûlée dépassait les 62.000 hectares.

    Ainsi, alors que des feux de forêts spectaculaires sont observés dans plusieurs régions du monde et menacent directement les populations locales, ces événements posent plus que jamais la question d’une responsabilité due au changement climatique. Mais le constat scientifique est indéniable : le réchauffement climatique amplifie la fréquence et l’intensité des événements climatiques extrêmes, et en particulier des incendies. Face à l’urgence, l’Etat devait réagir, surtout que l’origine de ces catastrophes est souvent du fait des humains.

    9 incendies sur 10 sont d’origine humaine

    Pas de débat sur les causes des déclenchement d’incendies : c’est (une fois encore) l’activité humaine qui en est responsable dans 90% des cas. Qu’ils émanent d’une activité économique comme les chantiers de BTP et les activités agricoles, ou d’un simple mégot de cigarette jeté par la fenêtre de sa voiture, le résultat est le même : l’incendie ravage des milliers d’hectares de forêt, détruisant faune, flore, et habitations sur son passage, en l’espace de quelques jours.

    « 90% des incendies sont d’origine humaine et plus de la moitié proviennent de gestes bêtes : du mégot, du barbecue, de la meuleuse »

    Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu

    Une carte pour sensibiliser

    Cette nouvelle carte informe sur le degré de risque de départs d’incendies dans chaque département. Elle est, désormais, publiée quotidiennement sur le site de Météo France entre juin et fin septembre, à l’image de ce qui existe déjà pour la météo des plages et de la météo marine.

    Le degré de risque est indiqué par une échelle de couleur qui va du vert (faible) au rouge (élevé). Il est établi par Météo France « à partir des observations et prévisions de plusieurs paramètres météorologiques (la température, la pluie, la force du vent, l’humidité de l’air) et de l’état de sécheresse de la végétation ».

    Les bons gestes à adopter

    Si vos vacances en France vous feront résider à proximité de zones boisées, les autorités gouvernementales rappellent qu’il est plus prudent de maintenir les chemins d’entrée et d’accès à son habitation en état débroussaillé. Mieux vaut également éviter de stocker du bois, juste à côté de la maison. Pour éviter le risque de feu de forêt à pied ou en voiture, voici quelques gestes indispensables :

    • Ne fumez pas en forêt
    • Campez uniquement dans les zones sécurisées et protégées
    • Oubliez le barbecue sympa au milieu du bois, n’allumez pas de feu (sous aucun prétexte) à moins de 200 mètres de la forêt
    • Ne jetez pas de mégots de cigarettes par la vitre de votre voiture
    • Ne laissez pas de bouteilles vides ou de détritus sur place
    • Stationnez sur des surfaces non combustibles, bitumées ou empierrées, non herbeuses
    • Laissez les accès libres aux chemins forestiers
    https://www.skiptax.com/fr/
    https://www.skiptax.com
  • Laissez-vous captiver par « L’imposteur », le dernier roman à suspense de Luc Templier

    Laissez-vous captiver par « L’imposteur », le dernier roman à suspense de Luc Templier

    Luc Templier a eu mille vies. Comédien, metteur en scène, auteur de théâtre, cet homme aux talents multiples est né français mais réside en Belgique à Marche-en-Famenne. D’une plume au style ample et ironique, avec un sens du récit mêlant le drame à la grande Histoire, l’écrivain franco-belge vient de publier « L’imposteur », un deuxième roman après « Le Maître de Waha » qui avait touché un large public.

    Un personnage qui évolue entre la clarté de la foi et l’obscurité des desseins criminels

    L’imposteur c’est ce personnage en clair-obscur qui occupe le centre d’un récit haletant. L’auteur a d’ailleurs joué de la frontière entre fiction et réalité en présentant son livre comme une enquête, un récit qui permettrait de remonter sur les traces d’un prêtre assassin. Cet individu, divisé en lui-même, torturé entre la foi en Dieu et des pulsions de mort démoniaques est un orphelin de père nommé Pierre Mansœur.  Il grandit pendant l’après-guerre dans une France encore toute couturée des cicatrices du second conflit mondial. Sa mère a été violée par des soldats allemands et s’enferme depuis dans la bigoterie. 

    Luc Templier

    Séminariste et assassin

    Elle éduque son enfant unique dans cette foi des campagnes, frustre et un peu ignorante du monde, qui va emmener Pierre dans un séminaire austère alors que sa cousine Rosalie lui tend les bras pour lui faire découvrir les amours terrestres qu’il refuse violemment. Au séminaire, en lieu de se rapprocher de Dieu définitivement il commet son premier assassinat.

    Un roman parcouru par les soubresauts de l’histoire européenne

    Si le récit qui s’en suit est à découvrir pour sa densité criminelle, pour des scènes mêlant tourments de la chair et pulsions de mort soudaines, la fiction vaut aussi pour l’histoire en filigrane que l’on voit se dérouler au second plan. Derrière l’enfermement propre aux hommes et femmes de Dieu qui ont fait vœu de se retirer du monde ou de servir le Seigneur dans l’exclusivité, l’on voit l’Histoire de France s’écrire à travers le discours de De Gaulle à la BBC, l’appel émouvant de l’Abbé Pierre, la publication éclatante de ce classique du féminisme que fut le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, mais aussi les grandes grèves en Belgique et la construction du Mur.

    Par contraste c’est toute la folie de Pierre Mancoeur qui en est soulignée, lui qui vit dans un moment fixe de son histoire personnelle, fruit de ses premiers traumatismes subis en tant qu’enfant au séminaire, et qui n’a de cesse de fomenter sa vengeance contre celui qui l’a outragé.

    Une réflexion sur la banalité du mal

    La plume de Luc Templier puise dans une culture historique qu’on sent solide des réflexions sur la banalité du mal, sur le pardon impossible et l’absence de paix intérieure d’un homme qui se sait tiraillé entre son animalité, son alcoolisme destructeur, et sa violence dévorante, mais qui est en permanence exposé au message du Nouveau Testament, au salut possible pour les criminels et les êtres dévoyés que promet l’évangile.

    Loin de tout message métaphysique pesant ou d’un prêchi-prêcha qui serait peu romanesque, Pierre Mancoeur sous la plume de Luc Templier devient un criminel exemplaire au sens où Eichmann le nazi assassin ou les tueurs du récit « De sang-froid » de Truman Capote sont devenus des personnes marquantes, à la fois monstres hors normes et individus ordinaires responsables de leurs actes terribles.

    Un livre à recommander

    Je recommande cette exposition salutaire mais terrible à la banalité du mal  avec la rencontre d’un personnage abouti que Luc Templier aura su rendre vivant et troublant. J’ai aimé le style d’un écrivain qui a atteint sa pleine maturité, l’ambiguïté de son anti-héros, des passages sensuels et impudiques, et la plongée dans la foi qui pourrait sauver les damnés mais ne le fait pas. Pénétrer les coulisses d’écoles religieuses où le pire se dissimule derrière les beaux sermons plaira aux plus anticléricaux comme aux esprits épris de la vraie foi. Enfin l’histoire sera appréciée par tous ceux qui aiment se replonger dans l’après-guerre. Je ne dirai rien de sa fin, qui est surprenante à souhait et qui éclaire tout le récit d’un jour nouveau… Au final un roman à découvrir. Aux Éditions Académia et dans toutes les meilleures librairies.

    Trois questions à l’auteur

    Boris Faure : Ce roman nous plonge dans la banalité du mal d’un personnage tiraillé entre l’impossibilité de la rencontre avec Dieu et la tentation de s’abandonner à des pulsions diaboliques. C’est à la fois un roman métaphysique et policier, un thriller qui se déroule durant l’après seconde guerre mondiale. Comment en vient-on à écrire un roman aussi fort et violent ?

    Luc Templier : La plupart du temps, les sujets de mes livres arrivent par « hasard », lors d’une rencontre, d’une conversation, un fait divers… Je dis souvent que « j’aime le hasard parce que j’aide la chance ». Je suis sans cesse à l’affût d’un livre à venir. Il ne s’agit pas d’attirer la trame complète d’un futur roman, mais de tirer un fil. Un roman, chez moi, se construit sans plan, par la force des personnages, des intuitions – surtout celles qui me sont le plus étrangères et me mettent au défi. Un plan m’empêcherait de m’égarer et de traiter des espaces inconnus – c’est ce qui est le plus passionnant. Je crois que la littérature doit mettre au défi l’auteur et le lecteur (positivement et/ou négativement). J’ai situé l’action de « L’Imposteur » dans l’après-guerre afin de pouvoir traiter de thèmes d’aujourd’hui, mais avec distance ; cette distance dans le temps me permet, me semble-t-il, de mieux immerger le lecteur dans l’intrigue… Ainsi avais-je traité les thèmes de l’Abandon et du Pardon dans mon roman à succès « Le  Maître de Waha » (Ed. Mols) en transposant ces mêmes sujets à la fin du Moyen Age.  

    Boris Faure : Dans « L’IMPOSTEUR », je souhaitais aborder, de près ou de loin – comme je l’explique dans l’avant-propos – des fatales « erreurs d’aiguillage », de la banalité du mal, de la rédemption (parfois impossible ou jouée), de la personnalité et de la biographie inventée (le vrai/le faux). Que dit-on et que retient-on de soi ?!

    Luc Templier : Si le roman est fort (et violent) c’est parce que j’ai osé m’aventurer dans l’ombre ; la nôtre et celle des personnages, sans me censurer… Je n’ai pas inventé le climat de violence ; il m’a été offert par toutes les rencontres préparatoires et celles que j’ai faites au fil de l’écriture du roman : les prêtres mariés , les enfants abusés, les femmes victimes, les psychiatres, les avocats de prédateurs…

    Quant à la charge assez frontale envers l’Église Catholique romaine (le Vatican, sa hiérarchie et sa curie) elle vient d’un constat simple : avec leurs dogmes, leurs interdits, ils ont créé énormément de violence et ont vidé les églises… mais bien plus grave : ils ont détourné de la spiritualité.

    Boris Faure : On sent une culture historique solide chez vous, votre précédent roman se déroulait au 16ème siècle dans cette partie de l’Europe du Nord qui allait devenir la Belgique. Est-ce que derrière l’écrivain il y a aussi un historien qui demeure ?

    Luc Templier : J’aime l’Histoire, c’est un fait. Mes études universitaires (Sciences de l’Art à Paris 1- Sorbonne) m’ont permis de traverser l’Histoire à travers le prisme de l’Art. J’ai par ailleurs été Conservateur d’un Musée pendant de nombreuses années. L’Art et l’Histoire sont indissociables et reflètent toutes les émotions humaines. J’aime situer mes actions dans un temps passé pour donner plus d’ampleur aux décors et aux sujets d’aujourd’hui que je traite.

    Ici, je parsème le roman des événements les plus tragiques du vingtième siècle, ce qui donne une autre indication de l’origine de la violence ambiante et dont Pierre Mansœur semble se servir pour se dédouaner.

    Boris Faure : Le jugement de l’écrivain sur le personnage de l’assassin, Pierre Mansœur, est, de mon point de vue, porteur d’une ambivalence toute littéraire : pas de pardon possible, mais une explication de ses gestes par les traumas subis. Sans révéler la fin du livre, on peut affirmer que ce roman n’est pas une psychanalyse, que le personnage principal garde son mystère  et son épaisseur psychologique de bout en bout (en tout cas c’est mon point de vue de lecteur). Comment jugez-vous votre propre personnage et ses gestes ?

    Luc Templier : C’est tout à fait juste. Le lecteur, comme l’auteur, sont ici devant une énigme difficile à déchiffrer. Le vrai et le faux se damassent, se mêlent et s’emmêlent, le récit se contredit, s’efface, se réécrit… le lecteur est sur les montagnes russes de ses émotions et jugements… et ces subterfuges, ces acrobaties d’écriture, forment une toile dans laquelle Pierre Mansœur et le lecteur sont pris au piège. J’ai rarement écrit un texte aussi faux qui donne un tel sentiment de vérité. 

    J’ai passé ce W-E dans les librairies et les cercles littéraires où j’ai pu constater combien ce héros suscite des commentaires et des analyses passionnés.

    Je ne juge pas mon personnage : je le peins ; je le sculpte ; je l’anime ; je lui offre la vie, forcément nuancée, forcément sublime, forcément tragique ! 

    Sans oublier qu’on ne connaît jamais personne…

  • Les États-Unis à la recherche d’un second souffle 

    Les États-Unis à la recherche d’un second souffle 

    À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont construit un nouvel ordre mondial reposant sur le dollar et le libre-échange. Ils ont imposé une pax americana. Le mouvement des non-alignés emmené, à partir de 1956 par l’Inde, l’Égypte, la Yougoslavie et l’Indonésie tout en rêvant d’incarner une troisième voie entre les États-Unis et l’URSS, a penché en faveur de cette dernière. L’implosion de l’URSS, en 1991, fit des États-Unis l’unique superpuissance durant une vingtaine d’années. 

    Les guerres en Irak et en Afghanistan ainsi que la crise financière des années 2007/2009 ont ébranlé la toute-puissance des États-Unis qui sont également fragilisés par l’antagonisme croissant des opinions. L’émergence de la Chine comme acteur de premier plan a bouleversé l’ordre géopolitique mondial. Dans une période de doute tant interne qu’externe, les gouvernements américains ont eu tendance à privilégier une approche plus égoïste, plus autocentrée. Ils ont développé un arsenal juridique pour imposer leur politique à leurs adversaires comme à leurs alliés (règle de l’extraterritorialité).

    Les États-Unis ne sont plus en capacité d’imposer leur vision au reste du monde 

    Au niveau international, les rapports de force ont profondément évolué. Les pays du G7 représentent 40 % du PIB mondial en 2022, contre 62 % en 1975. Les pays émergents et du Sud rechignent à appliquer les consignes des États de l’OCDE. Nombreux sont ceux qui refusent d’appliquer les embargos à l’encontre de la Russie à l’image du Brésil ou de l’Inde. 

    Les États-Unis ne sont plus en capacité d’imposer leur vision au reste du monde. La Russie a décidé de manière unilatérale de redessiner ses frontières à l’Ouest et la Chine menace de conquérir par la force Taïwan. Le risque d’un conflit entre les deux grandes puissances mondiales rééditant celui entre Athènes et Sparte qui fut décrit par Thucydide n’est pas impossible comme vient de le souligner Henry Kissinger dans une interview à The Economist. À ses yeux, « les deux parties se sont convaincues que l’autre représente un danger stratégique ». Les deux États sont dotés de l’arme nucléaire et sont les plus avancés dans l’utilisation de l’intelligence artificielle. Un enchaînement tel que le monde l’a connu avec la Première Guerre mondiale pourrait se reproduire.

    Réaffirmer le rôle des États-Unis tout en évitant les risques d’une montée aux extrêmes

    Joe Biden tente depuis son arrivée à la Maison Blanche de réaffirmer le rôle des États-Unis tout en évitant les risques d’une montée aux extrêmes. Il mène une politique visant à améliorer la situation des classes moyennes et à accélérer la transition énergétique. Il a répudié le « consensus de Washington » du marché libre et souhaite que l’État puisse jouer un rôle plus important dans la société. Il demeure vigilant face aux provocations chinoises vis-à-vis de Taïwan sans pour autant prendre des mesures irréparables. Il soutient l’Ukraine financièrement et militairement tout en veillant à ce que le conflit reste cantonné. 

    Joe Biden a décidé de mettre en œuvre une politique industrielle dynamique reposant sur des crédits d’impôt (loi IRA). Cette politique vise à restaurer la puissance industrielle américaine, à accélérer la transition énergétique et à rallier aux Démocrates les populations d’ouvriers et d’employés qui ont basculé dans le camp des Républicains. 

    L’intervention de l’État et le protectionnisme stimuleront l’industrie, aidant la classe moyenne et refroidissant les fièvres populistes américaines.

    Par rapport à la Chine, l’administration démocrate a abandonné la rhétorique guerrière de Donald Trump ; la vigilance a remplacé le découplage. Joe Biden souhaite trouver un terrain d’entente avec les autorités chinoises sur le changement climatique, la dette africaine et même l’Ukraine. Les 10 et 11 mai, Le conseiller à la sécurité nationale américain Jack Sullivan a passé huit heures avec son homologue chinois. Ce premier contact de haut niveau depuis des mois traduit une volonté d’accalmie avec les tensions en lien avec la situation de Taïwan. 

    Joe Biden entend assumer un leadership moins erratique que celui de Donald Trump même si l’administration américaine enfreint quelques règles économiques mondiales. À ce titre, elle ne manque pas de souligner que l’Union européenne recourt également à une politique protectionniste en multipliant les subventions que ce soit pour la fabrication des batteries, les transports ou l’agriculture. Si Joe Biden défend l’idée de relations internationales apaisées, les États-Unis continuent d’augmenter le budget de leur Défense tant pour venir en aide à l’Ukraine que pour dissuader la Chine d’attaquer Taïwan.

    Les États-Unis représentent 25 % du PIB mondial, part constante depuis quarante ans 

    Au-delà des divisions internes de plus en plus criantes, les États-Unis demeurent la première puissance mondiale. Avec moins de 5 % de la population mondiale, le pays est à l’origine de 25 % du PIB mondial, part constante depuis près de quarante ans. Le dollar dont la fin est annoncée depuis cinquante ans est toujours la première monnaie internationale. Aucun autre pays n’est aussi prospère, innovant et productif. 

    Les États-Unis restent la seule puissance militaire capable d’être présente tout autour de la planète et disposant d’une panoplie complète d’armes. 

    ©Stockadobe

    Dotés d’une population en croissance, d’une économie attirant les capitaux et les talents de toute la planète, les États-Unis sont moins faibles qu’il n’y paraît. Or, les autorités américaines tendent à considérer que le pays est menacé. En conservant les mesures protectionnistes de l’ère Trump en particulier celles contre la Chine, elles créent dans les autres pays une acrimonie. Le recours croissant à la règle d’extraterritorialité est une source d’incompréhension au sein même des pays alliés. L’Inflation Reduction Act par son ampleur est également perçu, à l’extérieur, comme une menace. 

    Le nationalisme économique des États-Unis et sa réticence à ouvrir ses marchés sapent son influence. L’Europe craint une course aux subventions et une escalade des tensions avec la Chine dont elle serait la première victime. L’économie allemande est deux fois plus exposée à la Chine que les États-Unis en cas de réduction des échanges.

    Des partenaires plus méfiants d’autant plus que leur allié est devenu imprévisible 

    Les États-Unis avec le FMI, les accords du GATT avaient, après la Seconde Guerre mondiale, promu un ordre mondial reposant sur le multilatéralisme. Par peur d’en perdre le contrôle, ils privilégient depuis plusieurs années un bilatéralisme fondé sur les rapports de force. Les partenaires des États-Unis sont de plus en plus méfiants à l’encontre de leur allié d’autant plus qu’il est devenu imprévisible. 

    Nul ne sait quelle sera l’orientation de l’administration américaine après 2024. La constance américaine qui a prévalu entre 1945 et les années 2000 semble avoir disparu. Les Américains doivent être persuadés qu’une approche plus optimiste sera la clé d’un pays fort et respecté. Par leur puissance, les États-Unis ont seuls la capacité à fixer un cadre cohérent en matière de transition énergétique, d’intelligence artificielle ou de commerce.

  • Bruno Le Maire se démène face à S&P pour éviter une dégradation de la note française

    Bruno Le Maire se démène face à S&P pour éviter une dégradation de la note française

    Le gouvernement se bat bec et ongles pour prouver à l’agence de notation S&P Global qu’elle ne devrait pas dégrader la note de la France, malgré un niveau d’endettement parmi les plus élevés de l’Union européenne.

    « Nous avons de bons arguments à faire valoir », a déclaré le ministre de I’Économie Bruno Le Maire à France Inter, quelques jours avant la publication par S&P de la nouvelle notation financière de la France, vendredi (2 juin).

    La note actuelle de « AA – » est susceptible d’être dégradée, alors que le niveau d’endettement français est parmi les plus élevés de l’UE, à 111,6 % du PIB en 2022. Le déficit, quant à lui, est légèrement inférieur à 5 % du PIB – bien loin des 3 % ancrés dans les traités européens.

    Une autre agence de notation, Fitch, avait déjà dégradé la note de la France de « AA » à « AA – » à la fin du mois d’avril, faisant état d’un plan de réduction de la dette insatisfaisant et alertant sur le risque relatif aux mouvements sociaux.

    « L’impasse politique [actuelle] et les mouvements sociaux (parfois violents) constituent un risque dans la mise en œuvre du programme de réformes d’Emmanuel Macron », avait averti Fitch.

    Mais M. Le Maire garde le cap sur les réformes : « nous avons une stratégie crédible de l’accélération du désendettement », a-t-il déclaré sur France Inter. Le gouvernement s’est déjà engagé à ramener le niveau d’endettement à 108,3 % d’ici 2027.

    Le pays est également sorti de la phase la plus grave de l’inflation, a annoncé mercredi (31 mai) le directeur de la Banque centrale française, François Villeroy de Galhau.

    Tous les voyants sont donc au vert pour être « intraitable » sur le plan de réduction de la dette, a affirmé M. Le Maire : un message qu’il explique avoir fait passer de manière claire aux représentants de S&P, qu’il a rencontré dans le courant de la semaine.

    Du « quoi qu’il en coûte » au serrage de vis

    La volonté politique à reprendre le contrôle des finances publiques fait suite à des années de dépenses massives afin de lutter contre les pires effets de la pandémie de Covid-19, et soutenir l’économie à bout de bras.

    En l’espace d’un an, le gouvernement français a fait part de sa volonté de changer de cap : la réforme des retraites, sujet de tant de controverses, devrait permettre d’économiser jusqu’à 13,5 milliards d’euros d’ici à 2030.

    En outre, une réforme de l’assurance chômage, mise en œuvre le 1er février 2023 et qui vise à réduire le temps pendant lequel les chercheurs d’emploi peuvent bénéficier d’allocations si le taux de chômage est sous la barre de 9 %, devrait rapporter 4,5 milliards d’euros par an à partir de 2025.

    L’étendue du bouclier tarifaire, enfin, a été réduite au profit d’aides plus spécifiques.

    «La question de la maîtrise des finances publiques revient sur le devant de la scène parce que l’économie ralentit et que les taux d’intérêt augmentent », a déclaré à EURACTIV Charlotte de Montpellier, économiste senior chez ING.

    Tant et si bien que le coût de la dette représentait près de 50 milliards d’euros en 2022, selon le média spécialisé fipeco.

    « Nous avons de bons arguments à faire valoir », a déclaré le ministre de I’Économie Bruno Le Maire à France Inter, quelques jours avant la publication par S&P de la nouvelle notation financière de la France, vendredi (2 juin). [CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA-EFE]

    Une dégradation est-elle grave ?

    Le gouvernement s’est donc attelé à la tâche pour prouver à S&P — et, indirectement, aux marchés financiers — qu’il prend la réduction de la dette au sérieux.

    Si la dégradation de la note se concrétise vendredi, « le coût de financement sur le marché obligataire augmentera pour l’Etat français, rendant les emprunts plus coûteux. En conséquence, la charge de la dette s’en trouvera augmentée », a expliqué à EURACTIV Jezabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférence à Paris I-Sorbonne et spécialiste de l’économie financière.

    Les agences de notation de crédit suivent et accentuent les réalités du marché, plutôt qu’elles n’anticipent de nouvelles tendances, a-t-elle ajouté.

    En ce sens, une dégradation de la note « est déjà largement intégrée dans le calcul des taux par les investisseurs », souligne Mme de Montpellier, de telle sorte que l’annonce vendredi, si effectivement elle se confirme, n’aura que peu ou pas d’effet sur la situation économique du pays.

    Quant à Eric Heyer, directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il va même plus loin : même dégradée, « la note reste bonne », écrit-il pour The Conversation.

    Tout investisseur raisonne en termes relatifs, explique M. Hayer, et la France conserve l’une des notes les plus élevées au monde. Elle se situe en dessous de l’Allemagne, des Pays-Bas et des États-Unis, mais au même niveau que le Royaume-Uni et la Belgique, et mieux placée que la Chine et le Japon.

    Financer la transition écologique

    Alors que la réduction de la dette semble revenir dans l’agenda politique, d’autres avertissent que la transition écologique nécessitera des financements importants : jusqu’à 66 milliards d’euros chaque année à l’horizon 2030, selon un rapport publié récemment, qui ne veut pas exclure l’endettement public.

    « Retarder au nom de la maîtrise de l’endettement public des investissements nécessaires
    à l’atteinte de la neutralité climatique n’améliorerait que facialement la situation, sans aucun bénéfice sur le fond », écrivent Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz, coauteurs du rapport.

    La question n’est pas tant l’utilisation de la dette comme mécanisme de financement, que les projets et dépenses pour lesquels elle est utilisée. Ainsi doit-elle se concentrer sur des projets rentables sur le temps long – tant sur le plan financier qu’écologique, par exemple.

    Il est donc impératif de commencer à réfléchir à des financements alternatifs pour les dépenses relatives à la transition écologique mais dont la rentabilité est faible ou nulle, explique Mme Couppey-Soubeyran, qui préconise la création de sociétés financières publiques, dont le rôle serait de subventionner les dépenses non-éligibles à de la dette.

    Le rapport Pisani-Mahfouz parle aussi d’un Impôt sur la fortune (ISF) « vert », qui prendrait la forme d’un prélèvement forfaitaire exceptionnel de 5 % sur les actifs financiers des 10 % des ménages les plus aisés. Une telle mesure rapporterait 150 milliards d’euros sur trente ans, soit cinq milliards par an.

    Loin des 66 milliards d’euros nécessaires chaque année, mais un bon début, soulignent les experts.

    Toutefois, M. Le Maire a totalement exclu cette option, refusant d’alourdir la charge fiscale des Français les plus fortunés, « qui payent 75 % de l’impôt sur le revenu ».

    En espérant que le message passe chez S&P.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 02.06.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 02.06.23

    Bonjour à tous, ce vendredi 02 juin dans le flash quotidien des expatriés, on fait le point sur 3 établissements français en péril dans le monde, on se réjouit des nouvelles modalités pour se libérer d’une assurance en France. On conclut la semaine sur le cri de désespoir des parents de la jeune collégienne qui s’est donnée la mort il y a 15 jours alors qu’elle était harcelée au Collège en France. 

    Rien ne va plus dans les écoles françaises en Ethiopie, aux Emirats arabes unis et à Londres. 

    Alors que le Lycée de Port-au-Prince, sur l’île d’Haïti, a enfin annoncé qu’il rouvrira ses portes en septembre 2023 après 2 ans de totale fermeture, on s’inquiète pour 3 autres établissements. Si le rapport du ministère britannique alerte sur les risques liés à la sécurité dans le vénérable Lycée Charles De Gaulle de Londres, on s’inquiète peu pour son avenir, les travaux devraient être finalisés au cours de l’été. Par contre, dans la capitale éthiopienne, l’établissement géré par la Mlf est la cible de toutes les critiques. La première raison c’est le recrutement aux conditions locales des professeurs, qui avec l’inflation et la chute de la monnaie nationale a fait fuir les talents alors que les salaires proposés une fois convertis sont inférieurs à 500 euros. Tandis qu’à Dubaï, c’est la responsabilité financière des pertes de l’établissement qui sème la zizanie entre parents d’élèves mais aussi avec l’AEFE et ce alors qu’une nouvelle loi émiratie limite les flux venant de l’étranger. Qui paiera en cas d’énième déficit ?

    Lycées français en péril

    En France on se libère de son contrat d’assurance en 3 clics 

    Les Français de l’étranger sont aussi, parfois, détenteurs d’un bien en France qui mérite d’être assuré. Une voiture laissée chez les parents, une résidence secondaire, un bien hérité, des oeuvres d’art, ou vous pouvez avoir souscrit un contrat assurance maladie de droit français (CFE, etc.) ou une assurance responsabilité civile et/ou juridique. Ce premier juin il devient possible de mettre fin à son contrat d’assurance par voie électronique. Trois clics suffiront. Le décret ouvrant cette nouvelle voie au profit des consommateurs a été publié dans le cadre des « mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat« . Tous les détails dans l’article sur le site Lesfrancais.press.

    Lindsay, victime de harcèlement mais peut-être aussi de la négligence des adultes 

    « Elle était vraiment en détresse, personne ne l’a aidée », a déclaré la maman de la jeune fille de 13 ans. Près de trois semaines après le suicide de Lindsay, la famille de cette collégienne de 13 ans qui s’est donnée la mort le 12 mai après avoir subi du harcèlement scolaire, a dénoncé lors d’une conférence de presse les défaillances, les dysfonctionnements, le manque de soutien et de réponse apportés face à la situation vécue par la jeune fille. Elle a aussi porté plainte contre le proviseur de l’école, l’Education nationale et Instagram. 

    C’est tout pour cette semaine, on se retrouve lundi pour une nouvelle édition !

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française

    Nous recevons Jean-Marc Merriaux, le directeur général de la Mission laïque française, alors qu’au mois de mai s’est tenu le congrès 2023 de l’organisation à Reims. Cette édition était axée sur les enjeux pédagogiques actuels.

    Ecoutez le podcast avec Jean-Marc Merriaux

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française ©Mission laïque française

    30 pays

    Association à but non lucratif reconnue d’utilité publique, la Mission laïque française est à la tête d’un réseau de 109 établissements d’enseignement français à l’étranger scolarisant plus de 60 000 élèves dans 38 pays. Elle mène également 19 actions de coopération éducative dans 9 pays. Partenaire de l’État, opérateur pour le compte des entreprises françaises et de l’État dans certaines opérations de développement, la Mission laïque française (Mlf) crée et gère des écoles, collèges, lycées dans le monde entier. Ses établissements sur programme français sont partie intégrante du réseau des établissements français à l’étranger, aux côtés des écoles gérées par l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE).

    La Mission laïque française est particulièrement présente en Espagne, au Liban et au Maroc.

    « Nous avons une vision systémique de l’enseignement français à l’étranger »

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française

    Résilience à la Covid-19

    En début de podcast nous évoquons, évidemment, la période si difficile pour les acteurs du monde éducatif, de la pandémie. Jean-Marc Merriaux revient pour nous sur les conséquences de celle-ci.

    Si bien sûr la Covid-19 a bousculé les établissements du réseau Mlf, on apprend surtout que ces derniers ont été très réactifs et les solutions apportées ont souvent été parfaitement adaptées à la situation. Depuis, la Mission laïque française a pu renforcer la place du numérique dans son arsenal pédagogique, prenant une longueur d’avance sur ses concurrents.

    « On a été reconnu pour notre capacité d’adaptation (…) On a développé tout une palette de formations professionnalisantes sur le numérique pour nos enseignants »

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française

    Les liens avec l’AEFE

    Il existe un partenariat renforcé entre l’AEFE, opérateur public de l’État sous tutelle du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et la Mlf, association de droit français sans but lucratif (loi 1901), reconnue d’utilité publique et acteur majeur du réseau depuis 120 ans.

    Un nouvel accord-cadre, entré en vigueur au 1er janvier 2022, lie jusqu’en 2027 les deux institutions. Le soutien important de l’État à la Mlf, à travers l’action de l’opérateur public, est confirmé par la mise à disposition dans les huit établissements conventionnés de la Mlf de personnels enseignants et d’encadrement employés par l’AEFE. Un soutien renforcé est accordé dans ce cadre aux établissements conventionnés de la Mlf au Liban et en Éthiopie, deux pays de première importance pour la diplomatie française et nécessitant une vigilance et un accompagnement accrus dans la période actuelle.

    L’ensemble des relations est régulé en plus par 2 autres textes liant la Mlf avec le ministère des Affaires étrangères et avec celui de l’Education nationale.

    « Nous sommes là pour accompagner la politique publique « 

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française

    Choisir la Mlf

    Pour diffuser ses principes, la Mlf mise avant tout sur une pédagogie « laïque » et qui se caractérise par une liberté de jugement, une culture du débat, une ouverture morale et mentale, sans oublier l’épanouissement personnel.

    « Nous avons 3 piliers historiques : un environnement laïque, le plurilinguisme et l’interculturalité « 

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française

    Aussi, les écoles de la Mlf- contrairement à la plupart des établissements de l’Hexagone – font une large place aux langues, non comme simples objets d’étude mais comme outils d’apprentissage. De fait, les apprentissages se font en français, dans la langue locale (voire les langues locales) et en anglais.

    Cette vision et cette inclusion permettent aux élèves de pouvoir accéder aux examens locaux et français tels que le Baccalauréat.

    « Le Baccalauréat permet d’accéder à un large panel de formations à travers le monde « 

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française

    Le développement durable

    La thématique générale du congrès 2023 était axée sur la formation des « jeunes citoyens de notre planète » et la nécessité pour la Mission laïque française de la faire reposer sur le développement de leur esprit critique, sur leur capacité d’analyse et de raisonnement.

    « Beaucoup d’innovations sont présentes dans nos établissements (…) En particulier, tout ce qui concerne les compétences du XXIème siècle : communiquer, collaborer, développer son esprit critique et sa créativité »

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française

    Le congrès qui s’est déroulé à Reims a ainsi permis de mettre en lumière les actions menées par les différents établissements scolaires français de l’étranger appartenant au réseau Mlfmonde. Un coup de projecteur fut donné aux médias créés par les élèves dans chaque établissement. En effet, la Mlf veut éduquer ses élèves à la compréhension des univers médiatiques de chaque zone culturelle.

    « On veut offrir un panel de compétences transversales à nos élèves « 

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française
    Studio webradio lors du congrès à Reims en mai 2023 ©Mission laïque française – Elisa Felz.

    Des ambitions pour l’avenir

    On conclut ce podcast en faisant un point sur les ambitions mondiales de la Mlf. Ainsi, la Mission laïque française veut renforcer son réseau au cours de la décennie en créant de nouvelles collaborations pour l’éducation au Maroc, en Egypte et en Afrique subsaharienne.

    Aussi, Jean-Marc Merriaux veut, encore, intensifier l’inclusion de ses établissements dans les tissus locaux et dans le contexte international. Pour cela, l’ensemble des établissements vont continuer à déployer des dispositifs pédagogiques enracinant l’école dans son environnement local tout en ouvrant un maximum de portes, localement, nationalement ou internationalement, aux élèves pour maîtriser leur avenir. Une ambition que, de génération en génération, la Mission laïque française mène depuis 120 ans.

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