Bonjour, nous sommes le 16 janvier 2024 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres : 54 000 demandes de titres d’identité au Royaume-Uni – Une maison d’édition pour les Français de l’étranger – La nouvelle ministre de l’Education nationale mise au pilori par les syndicats
À Londres, le consulat ne chôme pas
En tout cas, il fait ce qu’il peut. Comme nous le révèle Alexander Holroyd, le député des Français du secteur, dans un podcast publié par Lesfrancais.press ce lundi 15 janvier, 54 000 demandes de titres d’identité ont été faites auprès du consulat de France. Malheureusement, toutes n’ont pas été satisfaites. En cause, le manque d’effectif et une procédure encore longue et complexe. Un argument de plus pour une totale dématérialisation comme la demande depuis 2017, Alexandre Holdroy. Pour autant, les moyens manquent pour mener à terme ce chantier. Peut-être en 2025 !
Cela pourrait être le slogan d’une nouvelle maison d’édition, « talents des Français de l’étranger ». Celle-ci a été fondée en décembre 2023 par Rachel Brunet, journaliste chevronnée, qui dirigea quelque temps les éditions du Petit journal de New-York et Miami. Rencontrez-la sur le site Lesfrancais.press
La première rencontre entre la nouvelle ministre de l’Education nationale, Amélie Oudéa-Castéra et les syndicats de professeurs a tourné court ce matin. « Nous avons coupé court à la discussion », a expliqué Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU à la sortie de la réunion, demandant « des excuses publiques ». « Elle n’a pas pris la mesure de l’onde de choc chez les enseignants », a encore jugé Guislaine David, porte-parole du SNUipp-FSU. La ministre de l’éducation nationale a dit sur RTL samedi qu’elle « regrettait » d’avoir pu « blesser certains enseignants » après avoir expliqué son choix de mettre ses enfants dans le privé. En déplacement dans une école parisienne ce matin, elle a encore assuré “croire en l’école publique” mais l’école croit-elle encore en Amélie Oudéa-Castéra ?
Sinon, toujours aucune nouvelle ou confidence sur l’éventuelle nomination d’un nouveau Ministre des Français de l’étranger, certains craignent même que Gabriel Attal fasse l’impasse. A suivre
C’est tout pour ce mardi, passez une très belle journée où que vous soyez !
Des motivations historiques et politiques. En affrontant Israël, qu’il accuse d’« actes génocidaires » à Gaza devant la plus haute juridiction de l’ONU jeudi 11 janvier, le pouvoir sud-africain espère sortir grandi sur la scène internationale et gagner en popularité chez lui avant des élections à risque pour son parti.
Dans une requête de 84 pages adressée à la Cour internationale de justice (CIJ) qui siège à La Haye, l’Afrique du Sud exhorte les juges à ordonner d’urgence à Israël de « suspendre immédiatement ses opérations militaires » dans la bande de Gaza.
Pretoria estime qu’Israël « s’est livré, se livre et risque de continuer à se livrer à des actes de génocide contre le peuple palestinien à Gaza ». Des propos qu’Israël a qualifié de « diffamation sanglante absurde ».
Pour défendre cette première affaire portée par le pays devant la CIJ, Pretoria envoie une « équipe d’élite » d’avocats, a souligné Cathleen Powell, professeure de droit international à l’université du Cap.
Parmi eux, John Dugard, associé au cabinet d’avocats international Doughty Street Chambers, auquel appartient notamment Amal Clooney. Me Dugard a été rapporteur spécial des Nations unies sur les droits humains dans les Territoires palestiniens.
Y figure aussi Tembeka Ngcukaitobi, qui a notamment travaillé sur l’affaire qui a conduit l’ancien président Jacob Zuma en prison.
Une délégation menée par le ministre de la Justice, Ronald Lamola, se rend aussi à La Haye pour soutenir l’initiative.
La requête de Pretoria est motivée par des raisons historiques et politiques, selon les observateurs.
Le parti au pouvoir (ANC, Congrès national africain) soutient depuis longtemps la cause palestinienne, qu’il a associée à la lutte contre l’apartheid. Nelson Mandela avait ainsi affirmé que la liberté de l’Afrique du Sud serait « incomplète sans la liberté des Palestiniens ».
Le président Cyril Ramaphosa a déclaré cette semaine que Nelson Mandela avait inspiré l’action devant la justice internationale. Il a évoqué une « question de principe »: « Le peuple palestinien est bombardé, tué (…). Nous avions le devoir de nous lever et soutenir les Palestiniens. »
Israël a juré de « détruire » le Hamas après son attaque d’une ampleur sans précédent sur le sol israélien le 7 octobre qui a fait environ 1 140 morts, essentiellement des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles israéliennes.
Depuis, les bombardements israéliens ont réduit de grandes parties de la bande de Gaza à l’état de ruines, et ont fait plus de 23 000 morts, majoritairement des femmes et des mineurs, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Les quelque 2,4 millions d’habitants de la bande de Gaza, dont environ 1,9 million ont dû fuir leur foyer selon l’ONU, continuent d’être confrontés à une situation humanitaire désastreuse.
Les décisions de la CIJ sont sans appel et juridiquement contraignantes mais elle n’a aucun pouvoir pour les faire appliquer.
Les motivations de Pretoria sont aussi domestiques, selon les analystes. Pour la première fois de son histoire, l’ANC risque de perdre sa majorité parlementaire lors des prochaines élections prévues entre mai et août, dans un contexte socio-économique morose.
L’ANC voit dans ce recours « une base pour retrouver une primauté perdue ces 30 dernières années avec une gouvernance abandonnant peu à peu ses principes », explique Sara Gon, du groupe de réflexion Institute of Race Relations.
L’Afrique du Sud accueille la plus grande communauté juive d’Afrique subsaharienne. Mais le pays compte une population musulmane largement plus importante, dont une partie pourrait voir le recours contre Israël d’un bon œil.
L’Afrique du Sud pourrait aussi gagner du terrain sur la scène internationale avec sa démarche, estime Sara Gon.
Membre des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), Pretoria considère ce groupe comme un contrepoids à l’ordre mondial dominé par les États-Unis et l’Europe. Et Pretoria a activement soutenu l’élargissement du bloc, notamment à l’Iran, grand rival d’Israël.
Regarder le reportage de TV5MONDE avec le journaliste Edwy Plenel et le chroniqueur international, Slimane Zeghidour
Rachel Brunet lance une maison d’édition consacrée aux talents des Français de l’étranger. Une initiative audacieuse que cette journaliste chevronnée, une consœur du Petit journal de New-York et Miami, porte depuis plusieurs années mais qu’elle a décidé de concrétiser en ce mois de décembre 2023.
La maison d’édition se veut visionnaire et partagera « des histoires captivantes et inspirantes de Français établis à l’international ».
Les fonds seront recueillis grâce à la création d’une campagne GoFundMe pour soutenir ce projet qui vise une levée de 50 000 dollars environ.
La future éditrice est partie d’un contexte médiatique souvent « saturé par des nouvelles sombres et fragmentées » et propose un contrepoids pour « illuminer le panorama des récits humains positifs et stimulants ». Le paysage de l’édition en France est en effet assez compartimenté entre les grandes maisons littéraires et les petites maisons souvent hyper spécialisées et il n’y a pas en tant que tel de projet d’édition propre aux Français de l’étranger et encore moins de maison dédiée aux portraits et itinéraires de chacun.
Talents s’engagera donc à publier des ouvrages mettant en lumière des parcours exceptionnels de Français de l’étranger, actifs dans l’humanitaire, les arts, la culture, la diplomatie, la politique et le monde de l’entreprise. Chaque livre se voudra « une célébration de la détermination entrepreneuriale, de l’engagement, de l’influence, de la créativité et de l’impact positif sur notre monde ».
Rachel Brunet est elle-même une Française au parcours exceptionnel. Cette résidente de New-York a plusieurs livres à son actif et pourra s’appuyer sur cette expérience d’auteur pour identifier les futures plumes de demain.
Notre journal a souhaité l’interroger plus avant sur ce lancement et le projet.
Rachel Brunet
Boris Faure : « Vous revendiquez une démarche positive pour vous démarquer d’une actualité trop souvent anxiogène et d’un monde de l’édition parfois très normatif. Comment vous est venue l’idée de ce projet ? »
Rachel Brunet :« Lorsque j’ai pris la tête du Petit Journal New York en 2018, le média était alors une feuille de chou absolument inconnue de la communauté francophone locale. J’ai fait le pari de parler de façon soutenue de la communauté à travers des portraits. Ce fut un lourd travail mais il m’a permis de rapidement faire décoller le média. J’ai réalisé que les portraits avaient plus de succès, en termes d’audience, que les articles sur des faits ou des événements. Enfin, j’ai réalisé que les lecteurs étaient clairement curieux de découvrir leurs compatriotes et leurs parcours. Il faut coupler à cela le fait que j’aime profondément les gens et que j’ai toujours soif de découvrir les parcours, les points de vue, les positionnements, les aventures professionnelles et personnelles des gens que j’interroge. Mes douze années de vie d’expatriée m’ont aussi permis de réaliser le nombre de Talents français installés à l’étranger et le nombre de parcours absolument incroyables et inspirants qui méritaient d’être relatés. Talents a donc germé naturellement en moi, même s’il m’a fallu du temps pour mettre sur papier le projet. C’est un peu comme si je portais Talents depuis 5 ans, mais que je n’ai pu commencer à le comprendre qu’en 2022. »
Boris Faure :« Parmi les sujets et thématiques que vous souhaitez porter pour mettre en valeur les talents des Français de l’étranger, avez-vous déjà identifié des auteurs potentiels ou personnalités qui pourraient faire l’objet de vos premières publications ? »
Rachel Brunet :« Je ne peux pas, pour l’instant, vous révéler de noms, mais ce que je peux vous affirmer, c’est qu’il y a énormément d’histoires captivantes à explorer parmi les entrepreneurs français et les figures de notre diplomatie ou de notre politique, à l’international. Par exemple, les entrepreneurs qui ont surmonté des obstacles incroyables pour concrétiser leurs idées novatrices et positives pour le monde, la planète, et l’Humain en général, ou les personnalités politiques qui ont mené des changements significatifs malgré les défis complexes du monde politique. Leurs parcours offrent des leçons précieuses sur la persévérance, la vision et l’impact des décisions prises à un moment clé. Ces récits inspirent ceux qui cherchent à créer un changement positif dans leur propre domaine. Et c’est aussi l’une des ambitions de Talents : Inspirer, encore et toujours. »
Rachel Brunet lance « Talents », une maison d’édition consacrée aux talents des Français de l’étranger
Boris Faure :« La campagne de levée de fonds vise un budget de 50000 dollars. Comment allez-vous procéder pour faire connaître le projet et le valoriser ? »
Rachel Brunet :« En tant que journaliste, je compte bien évidemment sur la presse pour faire connaître mon projet. D’ailleurs, je vous remercie sincèrement de communiquer sur Talents et sa levée de fonds au sein de vos colonnes.Je suis aussi en train d’actionner tous les réseaux politiques possibles — je dirais sur un ton taquin et non sans humour, qu’avec les Européennes qui arrivent, peut-être que le timing est bon pour moi — ainsi que les réseaux professionnels d’entrepreneurs ainsi que mes réseaux institutionnels que je connais, et avec qui j’ai pu collaborer dans le passé. J’ai bon espoir, mon projet séduit et j’en suis fière. »
Boris Faure : « Vous avez vous-même un parcours international et journalistique remarquable. Talents mettra-t-il en valeur des itinéraires comme le vôtre ou allez-vous aussi chercher des parcours hétérodoxes ou décalés ? »
Rachel Brunet :« Merci pour le compliment. Je veux surtout mettre en avant des parcours inspirants de personnes qui sont sorties des sentiers battus en même temps qu’elles sont sorties des frontières françaises. Des personnes qui nous font réaliser que tout est possible. Et des personnes qui replacent l’humain au coeur de tout.Vous me parliez de ce climat anxiogène dans les médias que je veux quelque part contrecarrer avec des récits positifs. Mon ambition est aussi de mettre en avant des personnes œuvrant dans l’humanitaire, ne serait-ce déjà pour rendre hommage à leur courage et leur détermination, mais aussi pour rappeler qu’il y a des gens qui prennent des risques physiques pour venir en aide à ceux qui souffrent et meurent dans des régions en guerre. »
Les mineurs français vont pouvoir voyager vers le Royaume-Uni avec une simple carte d’identité. Pour évoquer ce sujet, mais aussi la problématique Eurostar, les avancées sur le front des titres d’identité, et les préparatifs de la célébration des 120 ans de l’Entente cordiale, nous recevons Alexandre Holroyd, député des Français établis hors de France – Europe du Nord. Il répond à nos questions.
Passer la frontière avec une carte d’identité
C’est un premier assouplissement des règles pour passer la frontière avec le Royaume-Uni. Le gouvernement britannique vient d’annoncer que les élèves français mineurs et scolarisés en France n’auront plus besoin de posséder un passeport pour visiter le pays lors d’un voyage scolaire, comme cela était le cas depuis l’application officielle des règles du Brexit en la matière, en 2021. Une simple carte d’identité suffira désormais aux jeunes Français pour passer la frontière.
Si les élèves d’une classe ne sont pas Français, “les enfants ressortissants de l’Union européenne, d’autres pays de l’Espace économique européen et de la Suisse pourront voyager avec leur carte d’identité nationale, à condition qu’ils soient scolarisés dans un établissement situé dans l’Hexagone« , avait précisé début décembre le ministre de l’Intérieur britannique, James Cleverly, en réponse à une question d’un parlementaire de la Chambre des Lords, à Londres. Cette mesure est effective depuis le 28 décembre 2023.
Cette solution s’est imposée alors qu’une réflexion sur la création d’un passeport collectif, pour tenter de rendre les procédures moins lourdes, avait eu lieu. Mais le fait est que le nombre de voyages scolaires organisés vers le Royaume-Uni a logiquement baissé depuis deux ans, cette piste a été abandonnée. En 2022, The Guardian expliquait d’ailleurs que les excursions avaient désormais comme destination d’autres pays anglophones comme l’Irlande.
Alexandre Holroyd
Voyage des mineurs, Eurostar, Entente cordiale
Lesfrancais.press : “Les étudiants et élèves français n’auront plus besoin de passeports et de visas pour les voyages scolaires au Royaume-Uni. Après des années de combat pour faciliter les voyages scolaires post-Brexit, quelle est votre réaction après l’autorisation, pour les élèves, de traverser la frontière sur seule présentation de leur carte d’identité ?”
Alexandre Holroyd : “Je me réjouis de cette nouvelle qui est une avancée importante dans les relations franco-britanniques. L’exemption de visa pour les ressortissants français en voyage scolaire de courte durée ne peut qu’intensifier les échanges culturels et linguistiques pour nos élèves. C’est pour cela que je me bats pour résoudre ce problème depuis des mois. C’est un signe fort de la part du Royaume-Uni qui témoigne de sa volonté d’accueillir nos élèves et nos classes. Je m’en félicite !
À travers mon mandat il me tient à cœur de développer les échanges entre la France et le Royaume-Uni pour nos jeunes. Si cet assouplissement des règles par le Royaume-Uni œuvre en ce sens, je continue de m’engager pour défendre un environnement d’apprentissage multiculturel. Depuis mon élection je défends l’élargissement du Pass culture aux jeunes français de l’étranger, désormais prévu pour 2024. Mais je tiens également à soutenir nos étudiants et les échanges universitaires qui ont pâti du Brexit. Ce sont des expériences riches d’apprentissage, de diversité et de découvertes. C’est pourquoi je tiens à œuvrer en faveur d’une relance et faciliter les échanges dans le cadre des études.”
Lesfrancais.press : “Il y a eu des grèves à Eurostar. Quelle est votre réaction ? Comment rendre les trains plus fiables ?”
Alexandre Holroyd : “Je déplore que les passagers aient subi les conséquences de cette grève de Getlink, le gestionnaire du tunnel sous la manche (et non pas d’Eurostar). Celles et ceux qui souhaitaient rejoindre leurs proches Outre-Manche se sont retrouvés bloqués à Londres, Douvre, Paris ou Calais, dans l’incertitude et la panique. J’ai suivi de près le désengorgement de la situation et remercie notre ministre des Transports, Clément Beaune, pour son intervention qui a permis la levée rapide du blocage. Cela dit, il est inacceptable de prendre ainsi en otage les passagers dans un tel moment, à quelques heures des fêtes de fin d’année avec toute l’importance que celles-ci revêtent pour toutes les familles.
En novembre dernier, j’ai justement rencontré les services d’Eurostar pour aborder avec eux l’amélioration de la gestion et de la fluidité des flux de voyageurs. Avec le développement du dispositif SmartCheck, le contrôle d’identité serait facilité et préviendrait les files d’attente sur place. A l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024, la gestion des flux est primordiale.”
Lesfrancais.press : “Il y a eu plus de 54 000 demandes de passeports et de cartes nationales d’identité reçues au consulat de Londres en 2023. Quelle est votre réaction?”
Alexandre Holroyd : “Je félicite ce nouveau record et salue les services du Consulat de Londres qui se mobilisent pleinement pour répondre dans les meilleurs délais à ces demandes. Ceux-ci sont bien souvent tributaires des délais de traitement de ces demandes en administration centrale. C’est pour cette raison que depuis mon élection en 2017 je n’ai cessé de me battre pour la dématérialisation des démarches administratives. Je concentre mes efforts pour réduire les délais moyens actuels de ces demandes. La dématérialisation est primordiale tant pour assurer la fiabilité du service public que pour la pérennisation des relations franco-britanniques.”
Lesfrancais.press : “Un mot sur les célébrations de l’entente cordiale ?”
Alexandre Holroyd : “Si l’année 2024 marque l’année des Jeux Olympiques à Paris, elle marque également les 120 ans de l’acte de rapprochement entre la France et le Royaume-Uni. Cet anniversaire est historique, mais j’y vois avant tout le marqueur d’une amitié franco-britannique qui perdure. J’ai à cœur, depuis le début de mon mandat, de relancer nos relations franco-britanniques avec l’ensemble des acteurs que cela implique. Notre amitié avec le Royaume-Uni est riche de sa diversité par les acteurs associatifs, les tissus locaux ou encore les acteurs économiques. Cette célébration est l’occasion de les mettre en avant et de se rappeler que les relations franco-britanniques sont des relations de coopération et de défis.”
Il était donc urgent, pour les dirigeants britanniques et français, dont le Premier ministre Rishi Sunak et le Président Emmanuel Macron, de trouver une solution. Les discussions ont eu lieu lors du sommet bilatéral du 10 mars 2023 et ont débouché sur un engagement de mettre en place des « mécanismes appropriés » pour permettre des voyages sans visas pour les enfants participant à des séjours scolaires organisés.
Deux grandes personnalités nous ont quittés en cette fin d’année 2023, l’ancien Président du Bundestag et Ministre allemand, Wolfgang Schaüble, et l’ancien Président de la Commission européenne et Ministre français, Jacques Delors. L’un et l’autre étaient des hommes de convictions. Ils se sont battus, toute leur vie, en faveur de l’Europe et en faveur de la paix. Ils ont influé par leurs idées et leur action sur le destin du Vieux Continent : le premier a, aux côtés d’Helmut Kohl, contribué à la réunification de l’Allemagne ; le second, a été l’un des principaux artisans du marché unique et de la monnaie commune qui sont les deux grands piliers de l’Union européenne.
L’euro qui fête le 1er janvier 2024 son quart de siècle s’est imposé comme la deuxième grande monnaie mondiale après le dollar. Face à l’accumulation des chocs, ces dernières années – crise financière de 2008/2009, crise des dettes souveraines de 2010/2013, épidémie de covid, guerre en Ukraine, guerre au Proche-Orient – l’euro a été un paratonnerre pour les États membres. Outil de mutualisation, la monnaie commune a évité les errements des années 1970 durant lesquelles les deux chocs pétroliers avaient débouché sur des variations de changes et des difficultés financières importantes pour plusieurs États européens.
La monnaie commune est devenue une évidence pour la quasi-totalité des Européens
Lors de ces vingt-cinq dernières années, seule la Grèce a été acculée au bord du précipice mais ce pays a préféré rester dans la zone euro plutôt que tenter une dangereuse aventure en solitaire. Grâce à l’appui de l’Union européenne, ce pays a réussi à s’en sortir au point d’être considéré par l’hebdomadaire « The Economist » comme l’État de l’année 2023.
Rares sont les dirigeants politiques qui aujourd’hui réclament la sortie de leur État de la zone euro. La monnaie commune est devenue une évidence pour la quasi-totalité des Européens. La construction européenne fondée sur la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, n’en demeure pas moins fragile. Depuis la crise des dettes souveraines, le marché des capitaux tend à se fragmenter ou à se renationaliser.
Les excédents de la balance des paiements courants de l’Allemagne ou des Pays-Bas ne s’investissent plus au sein des pays déficitaires. Plus grave encore, les tentations protectionnistes refont surface. Depuis l’épidémie de covid et depuis le début de la guerre en Ukraine, les États multiplient les aides en faveur des entreprises au nom du souverainisme économique. La Commission de Bruxelles a accepté ces pratiques contraires au marché unique de manière temporaire mais le transitoire semble s’éterniser.
Aides d’Etat et distorsions de concurrence
En un an et demi, 275 demandes nationales d’aides d’État ont été ainsi validées pour un montant de 740,9 milliards d’euros. Ces aides faussent la concurrence au sein de l’Union et avantagent les États disposant de capacités financières importantes. L’Allemagne a ainsi attribué près de la moitié des aides d’État, soit deux fois plus que son poids dans le PIB de l’Union. La France est à l’origine de 23 % des aides quand son PIB représente 17 % de celui de l’Union. L’Italie, au contraire, n’a attribué que 8 % des aides alors que son PIB représente 12 % du PIB de l’Union.
La multiplication des soutiens défavorise les petits États et pourrait aboutir à des surproductions et au gaspillage des deniers publics. Cette pratique contribue à la divergence économique des États quand l’objectif du marché unique est, au contraire, leur convergence par le jeu d’une saine concurrence.
Face à cette menace, le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, à l’occasion d’un discours à Frankfort, mi-décembre, a tenu à rappeler que le contrôle des aides d’État dans l’Union européenne constituait « une condition essentielle pour parvenir à une allocation équitable et optimale des ressources au sein de notre marché unique ». Il a clairement appelé à la réaffirmation du marché unique. Il demande que les investissements soient décidés et financés au niveau européen. À cette fin, il souhaite que l’Union européenne dispose d’une « capacité budgétaire centrale de taille significative ».
La transition énergétique et le marché unique
Le marché unique est mis à mal également par des politiques visant à agir sur les prix de certains biens ou services. Plusieurs États mettent ou ont mis en œuvre des mesures de réduction de prix de l’énergie, ce qui fausse la concurrence et va à l’encontre de la lutte contre le réchauffement climatique. La Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) considèrent que ces mesures nourrissent l’inflation et qu’il faut y mettre un terme le plus rapidement possible.
La transition énergétique donne lieu également à des dispositions contraires à l’esprit du marché unique. Le bonus/malus français sur les véhicules tend à pénaliser essentiellement ceux en provenance d’Allemagne. Ce type de dispositif n’a de sens que s’il est européen. En acceptant des dérogations, la Commission de Bruxelles a ouvert la boîte de pandore avec le danger d’une surenchère de la part des États membres qui mettent en avant la nécessité de répondre à l’Inflation Reduction Act américain qui vise à avantager les investissements aux États-Unis.
Or, la réponse doit être de nature européenne et non nationale. Depuis 1951, la construction européenne a été rendue possible par la volonté des dirigeants politiques de renforcer les liens entre les différents États, qu’ils soient économiques ou culturels. Jacques Delors en est le parfait symbole en ayant été à l’origine de l’euro et du programme d’échanges d’étudiants Erasmus entre établissements d’enseignement supérieur. C’est en renouant avec la recherche de solutions pragmatiques que l’Union européenne restera fidèle à ses fondateurs tout en s’adaptant aux exigences du XXIe siècle.
Stéphane Séjourné, ancien conseiller Europe d’Emmanuel Macron, a été nommé ministre des Affaires étrangères jeudi (11 janvier), relançant la course à l’investiture Renaissance pour les élections européennes.
« Je mesure l’honneur qui m’est fait. Il est immense. J’aurai à cœur de porter la voix singulière de notre pays dans le monde » , a déclaré M. Séjourné sur X, jusqu’alors président du groupe parlementaire « Renew Europe », dominé par M. Macron, au Parlement européen.
La nomination de M. Séjourné est une surprise : le poste de ministre des Affaires étrangères n’a été pourvu que dans les dernières minutes précédant la présentation du gouvernement jeudi. Il succède à Catherine Colonna, ancienne ambassadrice à Londres et auprès de l’OCDE, au gouvernement depuis mai 2022.
Cette décision devrait avoir des répercussions dans les cercles centristes européens, à seulement cinq mois des élections.
« À la tête de Renew Europe, Stéphane Séjourné a fait montre d’un exceptionnel sens de la diplomatie, de la négociation et du collectif. Le Quai d’Orsay est un ministère à la mesure de son talent », a posté Valérie Hayer, députée européenne Renaissance, sur X.
M. Séjourné, qui fut conseiller UE de M. Macron avant de devenir député européen puis président de Renew Europe, était perçu par nombre de ses collègues comme le choix naturel pour mener la campagne européenne au nom de Renaissance en 2024, parti dont il est également le secrétaire général.
« Ça va être [Stéphane] Séjourné », déclarait il y a quelques jours encore un conseiller du groupe parlementaire Renew à Euractiv.
Cette nomination devrait avoir des répercussions dans les cercles centristes européens, à seulement cinq mois des élections. [EPA-EFE/YOAN VALAT]
Second souffle
L’enjeu de la tête de liste est considérable. Renaissance est loin derrière le Rassemblement national (RN) dans les sondages, accusant un retard d’une dizaine de points environ.
La nomination de M. Séjourné au poste de ministre des Affaires étrangères s’inscrit dans le cadre d’un remaniement gouvernemental qui a fait de Gabriel Attal le plus jeune Premier ministre de l’histoire de France, dans l’espoir de redonner un second souffle à la popularité de M. Macron et à son parti Renaissance.
M. Attal, que les analystes jugent « télégénique » et « à l’aise », devrait se lancer indirectement dans la campagne au nom du gouvernement face au président du RN et tête de liste aux élections européennes, Jordan Bardella, âgé de 28 ans.
Au niveau européen, les sondages du 30 décembre suggèrent que le groupe parlementaire d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) pourrait dépasser Renew Europe pour devenir la troisième force du nouveau Parlement européen – ce qui pourrait porter un coup sérieux aux ambitions européennes de M. Macron.
« Nous sommes prêts. [Le remaniement gouvernemental] n’a absolument aucun impact sur notre stratégie », a déclaré l’eurodéputé RN Jean-Paul Garraud à Euractiv.
Qui pour prendre le relais ?
Cette nomination relance donc les paris sur la future tête de liste Renaissance pour les élections européennes.
Plusieurs noms ont déjà été mentionnés au détour de conversations ou dans les médias, sans jamais être confirmés par l’Élysée.
Il s’agit notamment de l’ancien ministre des Transport et secrétaire d’État à l’Europe, Clément Beaune, qui s’est distancé de M. Macron après sa menace de démission lors du vote sur le projet de loi immigration en décembre 2023.
Olivier Véran, ancien ministre de la Santé et porte-parole du gouvernement jusqu’au remaniement de jeudi, pourrait également être pressenti tête de liste, selon plusieurs médias.
Des noms plus improbables ont été évoqués, comme Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, ou Bruno Le Maire, ministre de l’Économie.
« Une fois que nous connaîtrons le cabinet dans son intégralité, nous aurons des indices [sur qui peut se présenter] », a déclaré une eurodéputée Renew Europe à Euractiv.
L’eurodéputé néerlandais Malik Azmani, premier vice-président du groupe Renew Europe, prendra la direction par intérim.
Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du lundi 15 janvier, on revient sur la relation France à Danemark à l’occasion du couronnement de Frédérik X, on explore le rapport entre le peuple français et ses expatriés avec la sénatrice Hélène Conway-Mourtet avant de conclure sur les premières gaffes du gouvernement Attal.
Un nouveau roi français au Danemark ?
Le saviez-vous, le père de Frédérik X qui a succédé à sa mère hier, dimanche, au Danemark, est Français. Henri de Laborde de Monpezat (décédé en 2018), issu de la petite noblesse du Béarn, est né à Talence, en Gironde, lui-même fils du comte de Monpezat et d’une fille de cheminot, il rencontra sa future épouse dans le cadre de ses fonctions de diplomate français. Voilà une des nombreuses anecdotes que nous livre en plus de son analyse économique et politique, l’ambassadeur de France au pays de la Petite Sirène, Christophe Parisot, dans un podcast à découvrir sur Lesfrancais.press et les principales plateformes de streaming.
Lors d’une précédente interview, la sénatrice Hélène Conway-Mouret qui représente les Français de l’étranger nous avait confié vouloir améliorer l’image que les Français, et notamment les Sénateurs, ont des Français de l’étranger. Est-ce à dire que nos compatriotes expatriés restent des « mal considérés » pour ne pas dire des « mal aimés » ? Dans un nouveau podcast, la sénatrice nous révèle qu’elle est très étonnée que l’« on n’utilise toujours pas le thème de diaspora. » ! « On n’ose pas ». « La France a un rapport particulier avec ceux qui partent » ajoute-t-elle. Hélène Conway-Mouret organisera en 2024 un colloque au Sénat pour mettre en valeur les parcours inspirants de Français de l’étranger. Nous y reviendrons !
Hélène Conway-Mouret
Premier week-end pour le nouveau gouvernement : 2 écueils
En déplacement, vendredi avec Gabriel Attal, la nouvelle ministre de l’Éducation a provoqué un tollé en assurant avoir placé ses enfants dans une école privée face au « paquet d’heures non remplacées » des établissements publics. Elle explique son choix par, je la cite, « paquet d’heures qui n’étaient pas sérieusement remplacées » dans les établissements publics, comme elle l’a expliqué durant un micro-tendu. Une petite phrase qui a fâché les syndicats qui appellent déjà à une grève. Autre nomination controversée, celle au ministère élargi du Travail, la Santé et les Solidarités de Catherine Vautrin, un choix qui ne plaît pas à tout le monde puisque cette femme de droite, catholique affirmée, qui s’était opposée au Mariage pour tous, va s’occuper de dossiers brûlants comme la constitutionnalisation de l’IVG et la fin de vie.
En parallèle, on attend la nomination du ministre qui sera en charge des Français de l’étranger, auprès de Stéphane Séjourné, elle devrait avoir lieu ce lundi 15 janvier. En attendant, toute la rédaction vous souhaite un beau début de semaine où que vous soyez.
En Equateur, le gouvernement a décrété l’état d’urgence. Un ancien chauffeur de taxi devenu chef d’une bande de narcotrafiquants a déserté de sa prison. C’est la guerre et le possible retour des Etats pirates.
Au Honduras, un 81éme journaliste, spécialiste du narcotrafic, a été abattu. Les massacres continuent. Une partie du territoire comme des « institutions », est contrôlée par les cartels. Au Ghana, la contrebande de fèves de cacao détourne les récoltes. Peut-être les paysans ont-ils raison, comme en Birmanie ou ailleurs, l’État n’est qu’un prête-nom de bandits galonnés. À Kalamata, en Grèce, le pétrole russe passe d’un tanker à l’autre pour échapper aux sanctions. Au Yémen, les rebelles Houthis, téléguidés par les Mollahs, attaquent le trafic maritime. États-Unis et Royaume-Uni ripostent, comme au vieux temps des Barbaresques. La frégate française « La Provence » essuie le feu, elle aussi.
Chacun croit qu’un pays est un pays, que partout il y a des gouvernements, des États.
En Libye, la contrebande aux mains de groupes armés assèche la distribution d’essence dans le sud. En Syrie, le Captagon, une drogue de synthèse, est répandu dans tout le Moyen-Orient par Assad, chef d’un Etat cannibale. La Chine distribue sa drogue, le Fentanyl, par les cartels aux États-Unis. Toujours sur fond de drogue, elle a annoncé une trêve entre les groupes rebelles armés du nord de la Birmanie et la Junte.
En Chine,le ministre de la Défense, le chef d’état-major, neufs généraux ont été limogés. La corruption dans l’armée transformerait le carburant des missiles en eau.
Chacun croit qu’un pays est un pays, que partout il y a des gouvernements, des administrations, des États, reflets de nations qui forgeraient leur unité. Ils se retrouveraient tous à l’Onu pour discuter des affaires du monde. Illusion. L’humanité n’a jamais fonctionné ainsi. À l’ONU une majorité de dictateurs discourent des droits de l’homme.
Le nationalisme justifie la mainmise sur les peuples. La plupart des forces armées servent à contrôler les populations qu’elles sont censées défendre. C’est le cas en Amérique latine comme en Asie. Que les États-nations ne soient pas nationaux, c’est la règle plutôt que l’exception. Ce n’est pas le plus important : souvent, les États ne sont pas des États. L’État n’est pas une forme définitive du pouvoir politique et a de grandes chances de ne pas l’être demain, en tout cas sous ses contours actuels.
Les États occidentaux ont calqué leurs institutions et concepts : empires, royaumes, cités-états, sur d’autres mondes, en Amérique, Asie, Afrique, comme si ces formes étaient universelles. Il n’en est rien : l’empire mongol était un réseau de clans. Singapour n’est pas Venise. Les royaumes africains, sans frontière, n’en étaient pas. Les empires s’effondrent moins de batailles que de désunions ; de la désertion de populations qui n’ont aucune envie de se battre pour un pouvoir qui les opprime. Pourquoi ne pas changer de maître ?
Pourquoi les esclaves défendraient-ils leurs maîtres ? L’histoire des pouvoirs n’est pas que celle des États.
La conquête arabe se fit par désertion. Les Chrétiens, persécutés par le patriarche et l’empereur de Byzance, ouvrirent les portes de Jérusalem et d’Alexandrie. Les Amérindiens aidèrent les Conquistadores à abattre leurs oppresseurs. Le colonialisme britannique s’empara des Indes contre le Grand Moghol avec les potentats locaux. Les Français colonisèrent l’Afrique avec peu d’hommes, plutôt des troupes recrutées sur place. Le message de « délivrance » portée par les Républicains de l’époque n’était pas de mauvaise foi. Pourquoi les esclaves auraient-ils défendu leurs maîtres ? L’histoire des pouvoirs n’est pas que celle des États.
La contrebande permet au pétrole russe de se vendre, grâce aux pirates, et aux États pirates.
Les guerres et les désordres du monde actuel s’inscrivent dans le temps long. Si la contrebande permet au pétrole russe de se vendre, c’est grâce aux pirates, et aux États pirates.
Dubaï est une de ces plaques tournantes de ce trafic. Il y en a bien d’autres. Les compagnies maritimes immatriculées dans des pays fantomatiques, déjouent les sanctions.
Les pavillons de complaisance ne fonctionnent pas que pour le transport maritime. Armes, technologies, minerais, s’échangent en mer ou dans les ports complices. Ils se négocient aussi en Suisse, où les sociétés de trading battent des records. Les Suisses conjuguent la plus belle démocratie avec les trafics les plus illégaux.
En Equateur, il y a longtemps, il y avait un « État ». Des archéologues ont découvert sous la forêt amazonienne un réseau de villes disparu il y a deux mille ans. Tout empire périra. Les plus anciennes sociétés politiques de la planète sont le Japon, la France et le Danemark. De façon plus contestable, parce que souvent éclatée et dominée par des dynasties étrangères, la Chine. Quand la Chine éclatera…
L’existence d’un État, pas plus que de la liberté, n’est un acquis. Les États faillis sont plus nombreux qu’on ne le croit.
Valéry :« Nous usons comme de dons gratuits de mille choses qui ont été payées par des vies humaines, de perles dont le pêcheur a vomi le sang, de livres échappées au bûcher ». L’existence d’un État, pas plus que de la liberté, n’est un acquis. Les États faillis sont plus nombreux qu’on ne le croit. Soudan, Ghana, Venezuela, Congo, Equateur, Mali, Benin, Syrie, Birmanie, ont-ils des lois ?
Certains considèrent la Russie elle-même gangrenée par des mafias dont la complicité se maintient sous le juge arbitre du Kremlin. D’autres considèrent, qu’outre le parti et l’armée, le pouvoir chinois ne pourrait tenir sans les Triades, les mafias chinoises. Qu’en est-il dans les Balkans ?
La capacité à faire respecter les lois, à vouloir respecter les lois, pour le pouvoir politique, n’est pas une donnée. L’État n’est pas une certitude. L’état de droit, c’est-à-dire un État qui se soumet au droit, moins encore.
Le bien-être morose actuel de la France et de l’Europe, est peut-être une bulle paradisiaque. Sous les coups externes, les guerres, les coups internes, la médiocrité ou les impuissances d’Etats devenus inefficaces, la bulle pourrait éclater.
Thierry Breton, Commissaire européen, a révélé que Donald Trump, alors Président, avait asséné à Ursula von der Leyen que si l’Europe était attaquée, « Bien sûr, les États-Unis ne bougeraient pas ». À bon entendeur, Salut. Poutine a entendu.
Le bien-être morose actuel de la France et de l’Europe, est peut-être une bulle paradisiaque.
Cette semaine, le gouvernement suédois a alerté sa population qu’il n’écartait pas une attaque de la Russie. Personne ne croit à un tel scenario. L’armée russe semble trop affaiblie pour oser un deuxième front en plus de l’Ukraine. Mais personne ne croyait à une attaque terrestre de Poutine. Certaines actions militaires ne requièrent pas de chair à canon : coupures de câbles sous-marins, cyberattaques, désinformation : tout cela a déjà eu lieu contre les pays baltes, la Suède, la Finlande, d’autres, dont la France. L’emprisonnement de notre concitoyen, Martin Ryan, en Azerbaïdjan, comme les quatre citoyens français en Iran, est des prises d’otages digne de gangsters maîtres chanteurs. Le clan Aliev est-il autre chose qu’un gang familial qui possède un État, comme tant d’autres ? Faire avec, parfois. Être capable, aussi, de répondre.
Les Européens sont-ils prêts ? Thierry Breton a proposé un fonds de cent milliards d’euros pour la défense. Trump peut être élu. Même s’il ne l’est pas, il traduit un décalage persistant entre l’Europe et les Etats Unis.
Il y a de faux États, qui sont des États sans peuples.
Il y a de faux États, qui sont des États sans peuples. Des prête-noms à des contrebandiers, de trafiquants de toute sorte. Quand ce n’est que du pétrole, soit, chacun en a besoin tant que l’on n’a pas réussi à le remplacer, par exemple avec l’énergie nucléaire. Il s’agit aussi de drogue, et de traite, d’armes.
Athènes, l’ancêtre des démocraties, vainquit l’empire perse à Salamine. Elle avait fabriqué 200 bateaux de guerre, des trières, grâce aux mines d’argent du Laurion. Les archéologues ont trouvé les tunnels des mineurs. Seuls des enfants ou des adolescents pouvaient s’y faufiler pour creuser le plomb argentifère. Le scandale n’est pas que la liberté des uns se paie parfois par l’esclavage, comme à Athènes. Il est que le plus souvent l’esclavage nourrit l’esclavage. Pire encore : l’esclavage est volontaire, quand ceux qui sont libres méprisent la liberté, tolèrent les criminels en leur sein.
L’Europe est-elle à ce point pauvre qu’elle ne peut se doter de législation qui mette hors de ses côtes les trafiquants ? Est-elle à ce point démunie pour transborder le pétrole en Grèce ? En Turquie ? En Syrie ? En Libye ? En Iran ? N’est-elle rien en Méditerranée ? N’est-elle rien dans le monde ?
L’esclavage est volontaire, quand ceux qui sont libres méprisent la liberté, tolèrent les criminels en leur sein.
Pendre les pirates, un à un, est un objectif de justice. Et encore : un pirate n’est qu’un hors-la-loi, un État pirate, lui, détruit le droit. Aux démocraties de répondre à ces États pirates qui se manifestent comme jamais parce qu’ils voient ou croient voir de la faiblesse au sein des démocraties. Aux Européens de commencer.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président-directeur général de la société éditrice du site Lesfrancais.press
En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.
Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.
Animé par Caroline Ettori.
Hélène Conway-Mouret est l’invitée d’« En toute confidence ». La sénatrice des Français établis hors de France formule, dans son interview, le « vœu de la paix » à destination de notre communauté d’expatriés. La parlementaire espère ainsi que ce « monde chaotique retrouve la sérénité en 2024 ».
Sécurité et défense : priorité numéro 1
Spécialiste des questions de défense, la membre du Sénat évoque dans cet échange l’importance de ce sujet. D’ailleurs, les sondages effectués pour connaître les priorités des personnes indiquent souvent le thème de la sécurité comme numéro un de leurs préoccupations. 2024 est une année d’élections européennes, et Hélène Conway-Mouret souhaite que la « défense commune fasse partie des programmes politiques de différents partis ».
Hélène Conway-Mouret
L’importance des élections européennes de juin
La sénatrice, adhérente au Parti Socialiste, rappelle d’ailleurs l’importance de ce scrutin de juin prochain. Elle déclare d’ailleurs qu’ « envoyer au Parlement européen celles et ceux qui ont failli au niveau national, ou les copains, c’est fini ! » Elle ajoute : « il nous faut des parlementaires qui soient en capacité de défendre les intérêts français et européens.» Lors de ces élections européennes, les Français vivant dans les vingt-six Etats de l’Union, en dehors de la France, pourront voter soit pour les listes françaises, soit pour les listes présentées dans leurs pays de résidence. Pour vous, Hélène Conway-Mouret apporte un éclairage pour choisir entre ces deux options.
Que changer dans la loi… Conway qui a créé les conseillers des Français de l’étranger ?
De 2012 à 2014, notre invitée a été Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger. Une loi qui porte son nom a été votée. Elle instaure notamment les conseillers consulaires dans les pays, c’est à dire les élus locaux pour les Français de l’étranger. Dix ans après, que changeriez-vous ? C’est la question que nous avons posée.
Français de l’étranger, inscrivez-vous à votre consulat
Pour développer et moderniser le réseau consulaire, la sénatrice incite « les Français de l’étranger à s’inscrire au consulat ». « Seulement la moitié » ont fait cette démarche. Or, c’est le nombre de personnes enregistrées au registre consulaire qui, par la suite, va déterminer les moyens débloqués.
Hélène Conway-Mouret
Pour les expatriés : « on n’utilise toujours pas le thème de diaspora »
Lors d’une précédente interview, l’élue de la haute assemblée nous avait confié vouloir améliorer l’image que les Français, et notamment les Sénateurs, ont des Français de l’étranger. Est-ce à dire que nos compatriotes expatriés restent des « mal considérés » pour ne pas dire des « mal aimés » ? La sénatrice est ainsi très étonnée que l’« on n’utilise toujours pas le thème de diaspora. » ! « On n’ose pas ». « La France a un rapport particulier avec ceux qui partent » ajoute-t-elle. Hélène Conway-Mouret organisera en 2024 un colloque au Sénat pour mettre en valeur les parcours inspirants de Français de l’étranger.
Emmanuel Macron et l’extinction du corps diplomatique
Évoquant le réseau des ambassades, pour la représentante de notre communauté hors de France, « On ne donne plus à la diplomatie les moyens d’exercer concrètement ses fonctions. ». Parlant même « d’extinction du corps diplomatique ». Emmanuel Macron serait-il le responsable de cette situation ? C’est l’une des questions posées au cours de cet entretien. La sénatrice nous partage son opinion sur l’action du Président de la République dans ce domaine réservé des Affaires étrangères.
Le parti socialiste est en mesure d’exercer à nouveau le pouvoir
En conclusion de ce « En toute confidence », la parlementaire de gauche parle du parti socialiste dont elle est membre. Le PS « se reconstruit » nous confie-t-elle, tout en assurant qu’il peut à nouveau gouverner.
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