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  • Comment devenir un État riche et puissant d’ici 2050 ?

    Comment devenir un État riche et puissant d’ici 2050 ?

    Le classement des grandes puissances économiques est amené à évoluer d’ici le milieu du siècle. L’Inde, l’Indonésie, l’Arabie saoudite mais aussi le Chili, l’Éthiopie ou la Malaisie entendent gagner des places et se rapprocher des pays dits avancés. 

    Les dirigeants de ces pays ne manquent pas d’ambition. Pour rattraper les pays occidentaux, les responsables indiens tablent sur une croissance de 8 % par an, soit 1,5 point de plus que le taux moyen de ces vingt dernières années. L’Indonésie escompte une croissance de 7 % par an, contre une moyenne de 4,6 % sur la même période. L’économie saoudienne devra croître de 9 % par an, contre 2,8 % en moyenne pour intégrer le club des pays riches en termes de PIB par habitant. 

    Atteindre de tels taux de croissance sur une durée aussi longue est rarissime. Le Japon, la Chine ou la Corée du Sud l’ont fait mais ces États demeurent des exceptions. Quelles sont les recettes pour maintenir une croissance forte sur plusieurs années ? 

    Pour stimuler la prospérité, les économistes prescrivent généralement des réformes de structures, la réalisation d’infrastructures, l’augmentation du niveau de formation, une stabilité juridique et politique, ainsi qu’un régime fiscal incitatif pour les entreprises. 

    Ces quarante dernières années, la forte croissance de la Chine et des pays d’Asie du Sud-Est repose sur le développement d’une industrie d’exportation, rendue possible par une main-d’œuvre nombreuse et bon marché. Ces pays ont ainsi bénéficié d’un avantage comparatif sur les marchés de l’automobile (Japon), de l’électronique (Corée du Sud), des produits pharmaceutiques (Singapour) et des produits industriels (Chine).

    Les pays émergents d’Asie ont construit leur prospérité en protégeant leur marché intérieur tout en attirant les entreprises et les capitaux étrangers. Ces apports extérieurs ont permis la réalisation d’importants gains de productivité. Le succès de ce modèle conduit des pays comme l’Inde ou l’Indonésie à jouer la carte industrielle. En 2015, le Premier Ministre indien, Narendra Modi, a annoncé son intention d’augmenter la part de l’industrie dans le PIB indien de 16 à 25 %. 

    Le Cambodge espère doubler les exportations de ses usines, hors vêtements, d’ici 2025. Le Kenya souhaite voir son secteur manufacturier croître de 15 % par an. 

    L’industrie, une voie de croissance datée ?

    La priorité à l’exportation de biens industriels pourrait se révéler être un mauvais choix. Au niveau mondial, les ménages consomment de plus en plus de services du fait de l’évolution des comportements et du vieillissement de la population. La transition écologique pourrait peser sur les échanges internationaux tout comme les tensions géopolitiques. 

    Au-delà de ces considérations, l’évolution technologique rebat les cartes. La robotisation ou la digitalisation rendent moins nécessaire le recours à la main-d’œuvre à bon marché. En Inde, il faut cinq fois moins de travailleurs pour faire fonctionner une usine de textile en 2007 qu’en 1980. L’industrie repose de plus en plus sur les compétences et le capital, facteurs dont les pays riches sont bien dotés. L’avantage comparatif des faibles coûts salariaux tend à s’atténuer. 

    Conscients de cette évolution, les pays émergents veulent prendre des positions dans les industries et les services de pointe mais, en la matière, ils sont en concurrence directe avec les autres pays. 

    2050
    Gain/perte de population par continent entre 2020 et 2050©Alternative économique 2023

    Le retour du protectionnisme comme outil ou illusion de développement ?

    La compétition technologique amène les pays émergents à opter de plus en plus pour un protectionnisme désuet. En Inde, le gouvernement appelle sa population à acheter indien. Il a annoncé des interdictions d’importation sur de nombreux biens, depuis les ordinateurs portables jusqu’aux armes. D’un côté, les capitaux étrangers sont encouragés, de l’autre côté, les importations sont pénalisées. 

    Les gouvernements multiplient les aides pour bâtir à grande vitesse des industries de pointe. L’État indien a ainsi consacré, en 2023, plus de 45 milliards de dollars soit 1,2 % de son PIB pour financer des entreprises industrielles. La Malaisie pratique de même. Le Kenya construit actuellement cinq parcs industriels exonérés d’impôts, qui seront prêts en 2030, et prévoit d’en créer vingt autres. 

    Les pays richement dotés en matières premières, en particulier celles indispensables à la transition énergétique, misent sur leur exploitation et leur valorisation. Plusieurs pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique entendent bénéficier de cette rente pour décoller sur le plan économique. La République démocratique du Congo et le Zimbabwe ou l’Indonésie jouent cette carte. Ils limitent les exportations de métaux pour accroître le prix et pour les réserver à leur industrie naissante. L’Indonésie, depuis 2020, a interdit les exportations de bauxite et de nickel, dont il produit 7 % et 22 % de l’offre mondiale. 

    Les responsables politiques de ce pays espèrent en conduire les raffineurs mondiaux à s’y installer. Ils veulent ensuite répéter l’opération jusqu’à maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur. Cette pratique renie la théorie des avantages comparatifs et remet en cause les principes mêmes du commerce international tel qu’il s’est développé depuis 1945.

    Subventions et avantages fiscaux

    L’Indonésie, comme le Brésil ou la Bolivie, pour attirer les capitaux étrangers, n’hésite pas également à octroyer des subventions ou des avantages fiscaux ou à réaliser les équipements nécessaires pour l’installation des usines. L’Indonésie a dépensé entre 2020 et 2023 400 milliards de dollars, soit plus de 50 % de plus par an qu’en 2014 en infrastructures. Cette somme a servi notamment à la création de 27 parcs industriels. Cette politique axée sur les chaînes de valeur est relativement récente. Les pays pétroliers ont durant des années avant tout exporté du pétrole brut. Ils ont certes développé, ces dernières décennies, quelques centres de raffinage mais ne sont guère allés plus loin dans la valorisation du pétrole. Il convient de souligner que plus de 40 % de la capacité mondiale de raffinage sont localisés aux États-Unis, en Chine, en Inde et au Japon. L’Arabie Saoudite raffine moins d’un quart de sa production. L’entreprise Saudi Aramco, a préféré installer des raffineries en Chine plutôt que dans son pays. 

    Les politiques protectionnistes des pays producteurs de matières premières pourraient inciter les pays consommateurs à rechercher chez eux ou dans d’autres pays des gisements. Ils pourraient également chercher des matières premières de substitution. La dépendance au nickel ou au lithium n’est pas de la même ampleur que celle aux hydrocarbures. Les pays du Golfe conscients, de la fragilité de la mono-activité tendent à développer les activités de services qui connaissent depuis des années une forte croissance. 

    Les Émirats arabes unis (EAU) se diversifient ainsi sur des secteurs comme le transport maritime et le tourisme ou l’intelligence artificielle. Abu Dhabi a accueilli un musée supervisé par le Louvre et un établissement dépendant de l’Université de New York. Il souhaite prendre des parts de marché dans le secteur de l’espace. 

    Le Qatar construit le centre Education City, un campus devant coûter plus de 6,5 milliards de dollars qui s’étendra sur 1 500 hectares. Il comprendra les succursales de dix grands établissements d’enseignement supérieur, dont Northwestern et University College London. Les pays du Golfe construisent des villes qui sont censées être neutre en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Le Qatar, les Émirats arabes unis ou l’Arabie Saoudite investissent dans le sport professionnel en rachetant par exemple des équipes de football et en attirant dans leur pays de grands joueurs comme Karim Benzema, Ronaldo et Neymar. 

    Dans les pays du Golfe, la transformation de l’économie est organisée par les États. L’Arabie saoudite consacre près de 20 % de son PIB en aides pour l’industrie. 

    Près de 80 % de la croissance économique non pétrolière des cinq dernières années provient des dépenses publiques. Les pays du Golfe sont confrontés à un problème de main-d’œuvre qui est en grande partie étrangère et qui est limitée par la faiblesse de l’emploi des femmes. En Arabie saoudite, le taux d’activité de ces dernières est en nette progression (35 % en 2022, contre 20 % en 2018) mais reste très en deçà de la moyenne de l’OCDE (60 %). La productivité par tête dans ces pays demeure assez faible en raison des modes de management utilisés.

    2050
    ©Atlasocio

    Retour à l’étatisation et à l’interventionnisme public

    Le développement de l’industrie, la haute technologie, les réseaux, le tourisme sont aujourd’hui les voies privilégiées pour assurer la richesse des nations mais nul ne garantit que celle-ci soit au rendez-vous. Depuis quelques années, le retour est à l’étatisation et à l’interventionnisme public. Dans le passé, ces derniers ont été sources de nombreuses désillusions au sein des pays en voie de développement. 

    L’Europe de l’Est au temps de l’URSS ou l’Algérie après la fin de la colonisation ont payé durement la politique des combinats publics. Si l’affirmation de la croissance suppose la réalisation d’infrastructures, l’élévation du niveau scolaire ou encore des taux d’intérêt réels faibles et stables, elle dépend, par ailleurs, de nombreux autres facteurs.

    L’Afrique a connu un recul de sa richesse en raison d’un endettement massif fruit de politiques publiques peu inspirées

    L’interventionnisme public a conduit dans le passé à d’importants gaspillages et à la corruption dans de nombreux pays. Dans les années 1970 et 1980, l’Afrique a connu un réel recul de sa richesse en raison d’un endettement massif, fruit de politiques publiques peu inspirées. Dans les années 2000, les autorités saoudiennes ont dépensé en vain pour promouvoir une industrie pétrochimique peu compétitive, ne pouvant pas compter sur un personnel suffisamment formé. Plusieurs pays d’Asie ou d’Afrique sont confrontés à nouveau à des problèmes de financement. Le Cambodge, le Kenya, l’Éthiopie sont ainsi au bord du défaut de paiement.

    La tentation protectionniste est source de dangers. Elle amènera une baisse de la productivité et de la croissance

    La tentation protectionniste de nombreux États, riches ou pauvres, est une source de dangers. Elle amènera une baisse de la productivité et de la croissance. Elle tourne le dos aux enseignements de la crise de 1929. C’est par les échanges que les pays ont connu un essor sans précédent depuis 1945. Ces derniers ont limité le recours à la guerre comme solution aux conflits. Une des raisons de la Seconde guerre mondiale était l’accès aux matières premières, aux produits agricoles et à l’énergie. Les pays de l’Axe, Allemagne et Japon, voulaient également élargir, par la force leur marché intérieur pour écouler la production de leur industrie. Évitons que le XXIe siècle ne ressemble au XXe.

  • Thierry Breton : le consensus européen serait incompatible avec la « culture de gouvernement » des extrêmes

    Thierry Breton : le consensus européen serait incompatible avec la « culture de gouvernement » des extrêmes

    Alors que cinq mois nous séparent des élections européennes, le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a mis en garde lundi (15 janvier) contre les partis extrêmes en politique, dont la « culture de gouvernement » ne serait pas adaptée au « consensus » et à « l’intérêt général européen ».

    Lors d’une conférence de presse, M. Breton a mis en exergue les avancées européennes des dernières années — vaccins contre la Covid, plan de production de munitions pour l’Ukraine ou encore mise en œuvre d’une stratégie industrielle de défense européenne (EDIS) — ancrées selon lui dans une capacité « d’essayer en permanence de mettre sur la table les grands enjeux auxquels nous sommes confrontés en Europe, sans tabou et courageusement ».

    Le débat, le consensus et les échanges entre pays membres sont cruciaux, selon lui, pour accompagner l’avancée économique et géopolitique du continent, sans lesquels « il n’y a plus d’Europe ».

    70 % de non-extrêmes

    Une volonté de dialogue qui distingue les pro-européens des « extrêmes » politiques.

    « Sur les coalitions qui se créent [au Parlement européen] autour de projets qui améliorent la vie de nos concitoyens, ou les protéger davantage, vous n’avez jamais les extrêmes […] peut-être parce qu’ils n’ont pas cette culture de gouvernement par rapport à leurs origines [et] projets [politiques] », a expliqué le commissaire.

    Il insiste aussi sur le fait que « l’euroscepticisme » est un courant minoritaire dans l’électorat européen, malgré de nombreux sondages qui confirment que la droite et l’extrême droite progressent au fur et à mesure que le scrutin approche.

    « Je ne sais pas s’il y a un discours eurosceptique », explique-t-il. Suite à la victoire du pro-russe Robert Fico en Slovaquie et de Geert Wilders aux Pays-Bas, « on a dit que l’extrême droite et le populisme avaient gagné [et que] l’Europe bascule. Mais ils ont tous les deux fait 23 % des voix [22,94 % pour M. Fico, 23,49 % pour M. Wilders]. Il reste 70 % de non-extrêmes ».

    Dans toute tentative de trouver un consensus le plus large possible au niveau européen, les extrêmes sont donc bien loin d’être les interlocuteurs privilégiés, analyse le commissaire.

    « C’est plus compliqué [de chercher des consensus], je vous l’accorde, plutôt que de dire “tous pourris, vivement le retour en arrière, ça marchait mieux avant. »

    En outre, souligne Thierry Breton, même les partis d’extrême droite au pouvoir se reposent sur l’UE en temps de crise.

    « Giorgia Meloni [Première ministre italienne], lorsqu’elle était confrontée à une augmentation significative de l’immigration, notamment sur l’île de Lampedusa, c’est l’Europe qu’elle a appelée à l’aide. »

    En septembre 2023, l’Italie a fait face à un afflux massif de migrants sur les côtes de l’île sicilienne de Lampedusa.

    Après avoir promu une approche « nationaliste » de la crise migratoire, pendant la campagne électorale italienne et lors des premiers mois de son mandat, Mme Meloni a « évolué » en plaidant aujourd’hui pour une réponse européenne, expliquait à l’époque une source française haut placée — allant jusqu’à parler de recomposition politique en Europe.

    consensus européen
    Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

    « Asseoir notre puissance »

    Les propos de M. Breton arrivent à moins de cinq mois des élections européennes — un scrutin qui brille par des taux d’abstentionnisme hors norme — dans un contexte de crises géopolitiques exacerbées.

    Ainsi a-t-il soutenu l’avènement d’une « Europe puissance » — de la même manière que le nouveau ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Stéphane Séjourné faisait de cette « Europe puissance » la priorité de son action.

    Celle-ci passe avant tout par une indépendance assumée vis-à-vis des États-Unis, a expliqué le commissaire, en matière de défense et de dissuasion nucléaire.

    « Il est de plus en plus important d’asseoir notre puissance pour nous-mêmes, pas pour les autres », a-t-il affirmé, alors que Donald Trump, candidat à la présidentielle américaine de 2024, s’est engagé à mettre fin à tout soutien militaire ou financier à l’Ukraine s’il était réélu.

    Une pression américaine qui ne date pas du candidat, et ancien président, d’extrême droite : « le président Barack Obama était extrêmement explicite dans son incitation auprès des Européens à augmenter les investissements dans la défense. [Cela] s’est poursuivi avec l’administration de Joe Biden », souligne Thierry Breton.

    Ainsi l’UE ne doit-elle plus hésiter, lorsque ceci s’avère nécessaire, à repenser sa position géopolitique dans le monde et réformer des alliances qui n’ont plus forcément lieu d’être.

    Annoncer la mise sur pied d’un fonds de défense de 100 milliards d’euros, ou encore veiller à ce que le continent dispose des capacités industrielles nécessaires pour produire un million de munitions d’ici mars pour l’Ukraine ne sont donc que quelques exemples de ce « nouveau changement de paradigme européen ».


    consulter la publication originale

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.01.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.01.24

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du mercredi 17 janvier 2024. Dans nos titres : Le passeport français sur la première marche et les annonces du Chef de l’Etat lors de sa conférence de presse hier soir.

    Le classement des passeports de Henley a été publié 

    Cela faisait 5 ans que le Japon et Singapour maintenaient leur première place au classement trimestriel des passeports les plus puissants du monde. Mais le classement 2024 publié le 10 janvier relève la percée de 4 États membres de l’Union européenne en haut du podium: l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie et notre pays, la France. Ensuite, on retrouve la Corée du Sud, tigre d’Asie, qui rejoint la Finlande et la Suède au 2e rang, avec un accès à 193 destinations sans visa. Tandis que quatre autres pays de l’UE, l’Autriche, le Danemark, l’Irlande et les Pays-Bas, se partagent la 3e place avec un accès à 192 pays. 

    passeport français

    Emmanuel Macron ne veut pas céder à l’esprit de la résignation

    Lors de sa conférence de presse, le Président de la République a déroulé l’acte 2 de son second quinquennat. Au centre des mesures, le réarmement civique et économique du pays.  Ainsi pour engager « le réarmement civique », parmi les nombreuses annonces, Emmanuel Macron veut « refonder les cours d’éducation civique » dans les établissements scolaires avec un temps doublé et ce dès la 5ème. Aussi, le président veut instaurer de façon obligatoire les cours de théâtre au collège et au lycée. Toujours sur le volet Education, le Président de la République a annoncé une expérimentation du port de l’uniforme qui sera lancée dans les prochaines semaines dans les collectivités volontaires. En cas de succès, le président veut généraliser la tenue unique dans tous les établissements en 2026. 

    Sur le plan économique, L’annonce qui fut la plus marquant socialement, Emmanuel Macron propose de remplacer le congé parental par un « congé de naissance » pour les deux parents pendant une durée de 6 mois. Mais il a aussi laissé entendre une nouvelle réforme qui viserait France Travail, le nouveau nom de Pôle emploi. Le Président a jugé qu’on ne « pouvait plus refuser à plusieurs reprises une offre d’emploi » quand on est chômeur. Le chef de l’État veut aussi libérer ceux qui font, qui innovent et qui travaillent et a annoncé une nouvelle loi de simplification administrative. 

    Vous pouvez retrouver l’ensemble des mesures sur le site Lesfrancais.press

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger.

  • Emmanuel Macron : « Je ne cède pas à l’esprit de la résignation »

    Emmanuel Macron : « Je ne cède pas à l’esprit de la résignation »

    En bientôt sept ans au pouvoir, le chef de l’État ne s’est plié qu’à deux reprises à l’exercice des questions-réponses face aux journalistes dans la salle des fêtes de l’Élysée. Emmanuel Macron avait privilégié ces dernières années les allocutions ou encore les interviews dans la presse quotidienne régionale. Mais le Président de la République compte bien reprendre la main pour redonner du souffle à un second quinquennat à la peine. Volonté de casser les codes, clin d’œil à Charles de Gaulle, acte d’autorité… A vous de juger !

    Les annonces furent nombreuses avec des prises de position nettes et tranchées qui donnent, qu’on y adhère ou non, un cap à la France.

    Le « réarmement civique »

    Premier thème abordé, le réarmement civique de la Nation, un thème déjà abordé lors des vœux du 31 décembre 2023. Le récent remaniement, l’arrivée de Gabriel Attal à Matignon, et la «priorité absolue» donnée à l’Education se confirme.

    Ainsi pour engager « le réarmement civique », Emmanuel Macron veut « refonder les cours d’éducation civique » dans les établissements scolaires avec un temps doublé et ce dès la 5ème. Aussi, le président veut instaurer de façon obligatoire les cours de théâtre au collège et au lycée. Toujours sur le volet Education, le Président de la République a annoncé une expérimentation du port de l’uniforme qui sera lancée dans les prochaines semaines dans les collectivités volontaires. En cas de succès, le président veut généraliser la tenue unique dans tous les établissements en 2026.

    Enfin, toujours dans l’optique du « réarmement civique », Emmanuel Macron veut lancer des cérémonies de remise des diplômes du brevet des collèges « dès cette année ». Il est aussi « favorable » à l’apprentissage obligatoire de la Marseillaise à l’école primaire.

    L’AEFE n’est pas forcément concernée par ces mesures, leur application ou non, ainsi que leur donner un caractère obligatoire, pourront être adaptés au réseau ou à certains établissements lors des échanges entre le ministère de l’Education nationale et celui des Affaires étrangères, les deux autorités de tutelle de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger.

    Mais le « réarmement civique » passe aussi par un apaisement des villes et villages de France. Ainsi, le président appelle au lancement de dix opérations « place nette » au niveau national et par semaine, afin de lutter contre le trafic de drogue.

    ©REUTERS/Christian Hartmann

    Lutter contre « la France des tracas » 

    L’autre grand axe de son discours, ce fut bien sûr le volet économique et le pouvoir d’achat. Sur ce plan, les annonces fut aussi nombreuses et diverses.

    L’annonce qui fut la plus marquant socialement, Emmanuel Macron propose de remplacer le congé parental par un « congé de naissance » pour les deux parents pendant une durée de 6 mois. Il a précisé aussi qu’il devait également être mieux rémunéré. Le président espère, ainsi, lancer un « réarmement démographique ». Pour cela, il a exprimé sa volonté d’instaurer un grand plan de lutte contre l’infertilité qui a « beaucoup augmenté ces dernières années ».

    Emmanuel Macron a aussi annoncé « un acte 2 » sur le marché du travail. Le président a jugé qu’on ne « pouvait plus refuser à plusieurs reprises une offre d’emploi » quand on est chômeur. Il a laissé entendre une nouvelle réforme qui viserait France Travail, le nouveau nom de Pôle emploi.

    Pour le Président de la République c’est « ceux qui font » qui pourront relancer l’emploi. Et pour les aider, il demande à son gouvernement un « acte 2 » via une nouvelle loi pour simplifier l’économie. « Nous devons libérer ceux qui font, qui innovent et qui travaillent« , a ainsi déclaré le chef de l’État, regrettant « la France des tracas ».

    Continuant à déployer son programme de relance de son quinquennat, Emmanuel Macron déclarait « Je crois en cette France du travail et du mérite ». « C’est cette France qui tient le pays », a encore défendu le président. Et dans cette France, il compte bien évidemment les créateurs, les entrepreneurs mais aussi tous les salariés. Ainsi, le Président de la République défendait son bilan en annonçant que « La France est « le pays où le pouvoir d’achat des travailleurs a le plus augmenté » malgré l’inflation.

    D’ailleurs, le président dit vouloir mettre « fin à cette France du ‘ce n’est jamais pour moi’ ». Pour lui « il y a une France de l’angle mort, la France des classes moyennes, tous nos compatriotes qui gagnent trop pour être aidés« . Il veut y mettre fin..

  • À Bruxelles : un salon des études en France 

    À Bruxelles : un salon des études en France 

    Le 13 janvier dernier, le lycée français Jean Monnet à Bruxelles a accueilli le salon des études en France. Pendant une journée, universités présentes dans l’hexagone et diverses écoles post-bac, viennent rencontrer leurs futurs étudiants. Le contingent des jeunes expatriés français est très prisé par ces établissements. « Les lycéens français venant de l’étranger ont une formidable capacité d’adaptation » nous confie Johan Vango, international recruitement manager de l’Essec. Cette école de commerce propose dans son cursus des périodes hors de France.  C’est pourquoi, ajoute son ambassadeur présent au salon « nous savons que ces personnes sont tout à fait en phase avec notre parcours ». 

    « Les élèves français venant de l’étranger ont une belle capacité d’intégration »

    Même orientation du côté de l’Edhec. Julie Pinon, en charge du recrutement international des étudiants au sein de cette Business School souligne l’importance de rencontrer ses futurs étudiants actuellement expatriés. « Nous apprécions les élèves français venant de l’étranger. Ils apportent une dimension culturelle pertinente, et ont une belle capacité d’intégration » nous dit-elle.  

    Bruxelles
    ©Ambassade de France en Belgique

    Une organisation pilotée par l’Ambassade de France en Belgique

    Autre école de commerce présente dans les allées de ce salon : l’Idrac. Cédric Desrues-Toutain, chargé de développement de cette école indique que les «bacheliers venant de l’étranger sont souvent des moteurs dans nos établissements». Au sujet de cette journée d’échanges à Bruxelles, pour une école comme la sienne, «ces salons sont d’une grande importance pour présenter nos cursus». Cette organisation, sous l’égide de Campus France, a d’ailleurs été pilotée depuis l’Ambassade de France en Belgique. Séverine Fautrelle, la conseillère de coopération et d’action culturelle, partage sa satisfaction sur le déroulé de cet événement et l’accueil des parents et des élèves. 

    Ce salon Campus France « Ça nous donne des bonnes idées pour l’après bac »

    Oscar et Zoé, élèves de première, rencontrés dans les allées du salon «n’ont pas perdu leur samedi matin» nous disent-ils. « Ça nous donne des bonnes idées pour l’après bac». Petit bémol cependant pour Julie dont la fille passe le bac cette année. «Les écoles privées étaient bien présentes. Dommage que certaines universités publiques n’aient pas fait le déplacement».  

    Élève au salon Campus France à Bruxelles - ©LFP/JM
    Élève au salon Campus France à Bruxelles – ©LFP/JM

    L’enfer de Parcoursup

    Dans l’ensemble, les exposants, futurs étudiants et organisateurs trouvent utiles ces possibilités de rencontres et d’échanges. D’autres salons ont ainsi lieu à Madrid, Rome, Berlin… Le public des lycéens français de l’étranger est recherché par de nombreux établissements. Avant d’intégrer ces prestigieuses universités ou écoles, il y a certes le baccalauréat à passer, et à obtenir. Mais n’est-ce pas la partie la plus simple à franchir comparée à « l’enfer » de Parcoursup ?  

  • 178 pays accessibles sans visa avec le passeport français 

    178 pays accessibles sans visa avec le passeport français 

    Le classement annuel des passeports a été, comme chaque année, divulgué au cours des premiers jours de l’année. La France voit sa position évoluée, pour monter sur la première marche du podium. 4 pays se sont ajoutés à la liste des pays accessibles sans visa si on est muni du passeport français par rapport à 2023

    Henley Passport Index

    Le classement que nous avons retenu est considéré comme l’outil de référence standard pour les citoyens du monde et les États souverains lors de l’évaluation du classement d’un passeport sur le spectre de la mobilité mondiale. 

    Avec des données historiques compilées depuis 19 ans, le Henley Passport Index est le seul de son genre basé sur des données exclusives de l’Autorité du transport aérien international (IATA). L’indice comprend 199 passeports différents et 227 destinations de voyage.

    Cet outil, plus qu’un gadget, permet selon  M. Christian H. Kaelin, président de Henley & Partners,de détecter l’évolution des rapports entre les pays et leur population. Il a ainsi expliqué à l’AFP que bien que la tendance générale depuis la création de ce classement soit orientée vers une plus grande liberté de voyage, l’écart de mobilité mondiale entre ceux qui se trouvent au sommet et au bas de l’indice est maintenant plus grand que jamais. 

    « Le nombre moyen de destinations accessibles sans visa a presque doublé, passant de 58 en 2006 à 111 en 2024. Cependant, aux premiers jours de la nouvelle année, les pays les mieux classés peuvent maintenant se rendre dans 166 destinations sans visa de plus que l’Afghanistan, qui se trouve au bas du classement et n’a accès qu’à 28 pays sans visa. »

    Christian H. Kaelin – Pdg de Henley&Partners à l’AFP ce 10 janvier 2024 

    Ainsi selon une recherche parallèle du groupe Henley & Partners, il existe un lien entre le progrès économique et la force du passeport. L’étude se concentre sur diverses régions : le MERCOSUR, l’ASEAN, le G7, le G20, l’Union d’Afrique ou encore les BRICS, forts de leurs nouvelles recrues en janvier 2023.

    Deux indicateurs principaux sont pris en compte : le poids de ces groupes dans le partage du PIB mondial et leur score moyen (en pourcentage) dans le « Henley Passport Index ». Le G7 obtient le taux moyen de déplacement interne sans visa requis le plus élevé (85 %) contre 28 % seulement pour l’Union d’Afrique. Sont aussi étudiés le nombre de nationalités accueillies sans visa et le pourcentage du PIB mondial qu’un passeport offre à son titulaire.

    En effet, un pays a tout intérêt à ce que son passeport soit puissant pour faire rayonner son modèle économique. Ainsi, la capacité pour un État de multiplier les investissements et échanges internationaux serait un paramètre fondamental à la diffusion d’une économie libérale, notamment facilitée par l’incrémentation de nouvelles destinations à son passeport.

    passeport français
    ©Stockadobe

    La France en tête

    Cela faisait 5 ans que le Japon et Singapour maintenaient leur première place au classement trimestriel des passeports les plus puissants du monde. Mais le classement 2024 publié le 10 janvier relève la percée de 4 États membres de l’Union européenne en haut du podium: l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie et notre pays, la France. 

    Ensuite, on retrouve la Corée du Sud, tigre d’Asie, qui rejoint la Finlande et la Suède au 2e rang, avec un accès à 193 destinations sans visa. Tandis que quatre autres pays de l’UE, l’Autriche, le Danemark, l’Irlande et les Pays-Bas, se partagent la 3e place avec un accès à 192 pays. 

    Le reste du Top 10 est largement dominé par les pays européens, le Royaume-Uni grimpant de deux rangs à la 4e place avec un accès sans visa à 191 destinations, contre seulement 188 il y a un an. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont toutes deux amélioré leur classement pour occuper la 6e place avec 189 destinations sans visa, tandis que les États-Unis conservent leur 7e place avec un accès à 188 destinations sans visa préalable. Il y a dix ans (en 2014), le Royaume-Uni et les États-Unis se partageaient la 1ère place de l’indice.

    Mais dans l’équilibre de ces dernières années, avec un top 10 majoritairement européen, se glissent quelques surprises. La plus spectaculaire est sans nul doute celle des Émirats arabes unis. En 10 ans, le passeport émirati s’est fortifié de 106 nouvelles destinations soit 183 accessibles sans visa, ce qui le place en 11ème position.

    Pour conclure, on retiendra que le nombre moyen de destinations auxquelles les voyageurs peuvent accéder sans visa a presque doublé, passant de 58 en 2006 à 111 en 2024. Malgré les crises, les aléas géopolitiques, la mobilité est de plus en plus facile sur le globe. 


    Télécharger le classement des passeports 2024

  • Un quart de siècle d’euro, quel bilan pour les Européens ?

    Un quart de siècle d’euro, quel bilan pour les Européens ?

    L’euro célèbre son quart de siècle. Il est, en effet, devenu, sous sa forme scripturale, la monnaie européenne le 1er janvier 1999. Le 1er janvier 2022, il a été institué comme monnaie d’échange pour tous les agents économiques. 

    Au moment de son émission, la monnaie commune fut accusée, à tort, d’avoir généré une inflation. Du fait du changement de l’unité de compte, les habitants de l’Europe ont prêté une plus grande attention, au début de l’euro, aux étiquettes en faisant la conversion. Si avant l’euro, les prix augmentaient, le ressenti était, en revanche, moindre. Depuis, l’euro a conquis ses galons et les nostalgiques des anciennes monnaies se font plus rares. 

    Un temps, en France, les tenants du franc mettaient en avant le fait que la monnaie européenne avait privé les gouvernements de l’arme des dévaluations qui constituaient aux yeux des thuriféraires du franc un moyen d’améliorer la compétitivité de l’économie. Ces derniers oubliaient simplement qu’une dévaluation était la matérialisation d’un appauvrissement et qu’elle s’accompagnait en règle générale d’un plan de rigueur.

    Les nostalgiques des anciennes monnaies se font plus rares

    Au-delà de cet aspect technique, l’euro a-t-il profité ou pas aux Européens ? Il n’est pas aisé de répondre à cette question car la monnaie ne fait pas tout. Certes, contrairement à ce que pouvait affirmer Jean-Baptiste Say, la monnaie n’est pas qu’un voile, mais il ne faut pas lui imputer la responsabilité de tous les évènements économiques et sociaux de ce dernier quart de siècle. 

    Quels sont les facteurs à analyser pour déterminer si depuis l’instauration de l’euro, le bien-être des Européens s’est amélioré ? Plusieurs facteurs déterminants peuvent être retenus comme la croissance du PIB par habitant et du salaire réel, l’évolution du taux d’emploi, du taux de chômage d’ensemble et du taux de chômage des jeunes, les inégalités de revenu et de patrimoine, le taux de pauvreté, le poids de la protection sociale, la progression de l’espérance de vie et les prix relatifs de l’immobilier résidentiel. 

    bilan de l'euro
    ©Stockadobe

    Croissance du PIB par habitant et salaire réel

    Depuis 1999, le PIB en volume par habitant a augmenté de 26 % au sein de la zone euro. Cette croissance est inférieure à celle des États-Unis. Le salaire réel par tête n’a progressé que de 2 % en vingt-cinq ans. Cette faible progression est imputable à la vague inflationniste qui a dégradé le salaire réel de quatre points. 

    Taux d’emploi, taux de chômage, taux de chômage des jeunes

    Le taux d’emploi a fortement progressé au sein de la zone euro passant de 60 à 70 % de 1999 à 2023. Le taux de chômage de l’ensemble de la population active s’élevait en 2023 à 6 % contre 10 % en 1999. Celui des jeunes de moins de 25 ans est passé de 20 à 15 % sur la même période. 

    Inégalités de revenu et de patrimoine

    Depuis 1999, les inégalités de revenus se sont légèrement accrues, l’indice Gini passant de 0,294 à 0,299. La proportion du patrimoine national détenu par les 10 % les mieux dotés est passée de 58 à 60 % de 1999 à 2023, la proportion détenue par les 1 % les mieux dotés passant de 22 à 25 %. Cette progression s’explique par la forte valorisation des actifs depuis une quinzaine d’années. 

    Taux de pauvreté et protection sociale

    Le taux de pauvreté au sein de la zone euro (proportion de la population en dessous du seuil des 60 % du revenu médian) était en 2022 de 17,8 % contre 15,4 % en 1999. Ce taux reste inférieur à celui des États-Unis. Les dépenses de protection sociale ont fortement augmenté en zone euro passant de 17,2 à 21,8 % du PIB de 1999 à 2023. 

    Espérance de vie

    L’espérance de vie à la naissance dans la zone euro a atteint 81,8 ans en 2022, contre 78 ans en 1999. Le seul recul de l’espérance de vie datant de 2020 avec la Covid. Aux États-Unis, l’espérance de vie est passée sur cette même période de 76,6 à 76,3 ans. Dans ce pays, l’espérance de vie est en recul depuis 2018. Elle a diminué de deux années et demie. 

    Prix relatif des logements

    Les prix de l’immobilier résidentiel ont augmenté plus vite que les prix à la consommation. Depuis 1999, l’écart est de 40 %. Il avait atteint plus de 50 % en 2021 avant de se rétracter légèrement avec la baisse des prix des logements et l’augmentation de l’inflation. 

    Les populations des États membres de la zone euro n’ont pas connu une dégradation de leur bien-être depuis l’introduction de la monnaie commune. Au niveau des pays, des écarts existent. Les Italiens ont été moins gagnants que les Espagnols, les Irlandais, les Croates ou les Luxembourgeois. Les problèmes de l’Italie ne sont pas d’ordre monétaire. Ils sont liés à la dénatalité et à la difficulté rencontrée par les gouvernements successifs à réformer les structures économiques et sociales du pays.

  • Pour son premier voyage officiel, Stéphane Séjourné rend visite au triangle de Weimar

    Pour son premier voyage officiel, Stéphane Séjourné rend visite au triangle de Weimar

    Le nouveau ministre des Affaires étrangères était à Kiev samedi 13 janvier pour son premier déplacement officiel. Il s’est ensuite rendu en Allemagne et en Pologne, qui forment avec la France le bloc géopolitique, crée dans les années 90, du triangle de Weimar.

    Samedi, à Kiev, au lendemain de la quarantaine de frappes de drones russes sur l’Ukraine, Stéphane Séjourné a réaffirmé le soutien de la France au pays. « L’Ukraine est et restera la priorité de la France », a-t-il déclaré, garantissant que la France soutiendra les Ukrainiens « dans la durée ».

    À ce jour, l’aide militaire de la France à l’Ukraine s’élève à 3,2 milliards d’euros, selon un rapport parlementaire publié le 8 novembre.

    « La Russie espère que l’Ukraine et ses soutiens se fatigueront avant elle ; nous ne faiblirons pas », a ajouté M. Séjourné lors de son déplacement à Kiev.

    Au niveau européen, des négociations sont en cours pour débloquer 50 milliards d’euros d’aide à l’Ukraine. L’argent est actuellement bloqué, suite au veto imposé par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán lors du Conseil européen du 15 décembre.

    Dimanche 14 janvier, M. Séjourné et son homologue allemande Annalena Baerbock se sont rencontrés à Berlin et ont insisté sur la détermination du couple franco-allemand à soutenir l’Ukraine « aussi longtemps que nécessaire » face à l’offensive russe.

    « Nous devons organiser, au niveau européen, […] des initiatives coordonnées qui incluent la défense de nos valeurs et de nos intérêts », a déclaré le ministre des Affaires étrangères lors de la conférence de presse à Berlin.

    « Poutine ne lâche pas sa guerre contre le peuple ukrainien », a déclaré de son côté Mme Baerbock, insistant sur le fait que « l’Allemagne et la France défendent l’Ukraine. Nous avons toujours été d’accord sur ce point ».

    Les deux ministres ont également discuté de la situation au Moyen-Orient et en mer Rouge, où « les risques d’escalade sont évidents », selon M. Séjourné, qui a souligné la nécessité pour l’Europe de « parler d’une seule voix ».

    Le premier voyage diplomatique de Stéphane Séjourné dans l’UE s’achève ce lundi 15 janvier à Varsovie, en Pologne, où il doit rencontrer son homologue Radosław Sikorski.

    « Je proposerai à mon collègue un certain nombre d’initiatives qui devraient nous permettre de renforcer ce lien et de faire de grandes choses avec ce tandem Paris-Berlin-Varsovie », a-t-il précisé à Berlin.

    « Ce format Weimar témoigne en effet de notre unité et de notre engagement en faveur des réformes européennes et du soutien à l’Ukraine, notamment dans la perspective des discussions du Conseil européen du 1er février sur le mécanisme d’aide à l’Ukraine », a détaillé dimanche le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué de presse.

    Stéphane Séjourné
    Dimanche 14 janvier, M. Séjourné et son homologue allemande Annalena Baerbock se sont rencontrés à Berlin et ont insisté sur la détermination du couple franco-allemand à soutenir l’Ukraine « aussi longtemps que nécessaire » face à l’offensive russe. [CLEMENS BILAN/EPA]

    « L’Europe puissante, ma priorité »

    La nomination surprise de M. Séjourné en tant que ministre français de l’Europe et des affaires étrangères est intervenue cinq mois seulement avant les élections européennes de 2024, et les attentes générales qu’il mènerait la course pour le parti Renaissance de M. Macron.

    Dans son tout premier discours après sa nomination, vendredi (12 janvier), M. Séjourné a placé l’Europe au cœur de ses priorités en matière de politique étrangère, avec « l’Europe puissance » au centre de tout cela.

    Il est primordial de réarmer l’Europe en tant que force géopolitique et continent militaire de premier plan, a expliqué le ministre, ce qui passe avant tout par le renforcement des relations avec le « Triangle de Weimar » franco-germano-polonais.

    La feuille de route de M. Séjourné serait celle d’une « UE totalement indépendante, capable de s’exprimer dans un nouvel ordre multilatéral », a-t-il déclaré. « Les négociations européennes sont le lieu où tout est possible ».

    Le nom d’Olivier Véran, ancien ministre de la santé pendant la pandémie et ancien porte-parole du gouvernement, sera très probablement choisi par M. Macron dans les prochains jours.


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