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  • L’ambassadeur de France au Danemark: “Les relations entre la France et le Danemark sont très bonnes dans tous les domaines”

    L’ambassadeur de France au Danemark: “Les relations entre la France et le Danemark sont très bonnes dans tous les domaines”

    Le 31 décembre dernier, lors de son traditionnel discours du nouvel an, la reine Margrethe II, 83 ans, a annoncé sa décision d’abdiquer en faveur de son fils. Le prince Frederik, âgé de 55 ans deviendra donc le Roi Frederik X. La passation de pouvoir se déroulera ce week-end, dimanche 14 janvier, dans le cadre d’une journée protocolaire marquée par la sobriété. C’est, aussi, l’occasion pour votre rédaction de vous faire découvrir les liens qui unissent le Danemark et la France. Pour cela, nous avons convié Christophe Parisot, ambassadeur de France au Danemark.

    La monarchie au Danemark

    La monarchie danoise est un système de gouvernement basé sur une monarchie constitutionnelle, dans lequel un monarque héréditaire est le souverain du royaume de Danemark, incluant le Danemark, le Groenland et les îles Féroé.

    En tant que souverain constitutionnel, la reine ou désormais le roi est limitée à des fonctions non partisanes et cérémonielles. L’autorité exécutive ultime du gouvernement du Danemark est cependant toujours détenue par le monarque, en pratique, ces pouvoirs étant seulement utilisés conformément aux lois votées par le Parlement ou aux conventions.

    La famille royale de Danemark remonte au roi Gorm den Gamle et Harald ‘Blåtand (Xème siècle). L’actuelle famille royale est une branche de la maison d’Oldenbourg, la maison de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg originaire de Schleswig-Holstein en Allemagne (à l’instar des familles royales grecque et norvégienne).

    L’abdication de la Reine est quasiment sans précédent. Il n’y avait eu qu’une seule abdication au Danemark et c’était il y a 900 ans. 

    « Une transition en douceur vers une nouvelle génération »

    L’annonce par Margrethe II de son retrait lors de ses vœux télévisés le soir du 31 décembre a eu l’effet d’une bombe dans le pays car la reine avait juré rester sur le trône jusqu’à en tomber.

    Ce que nous confirme Christophe Parisot, l’ambassadeur de France au Danemark, « la déclaration de la reine Margrethe II a provoqué la surprise générale des Danois ». D’autant plus que « la reine, avait annoncé, il y a très peu de temps, qu’elle n’abdiquerait jamais »

    Après son allocution, peu d’informations ont filtré pour expliquer son choix. Le représentant de la France au Danemark partage dans le podcast avec nous quelques pistes.  

    Mais pour Christophe Parisot, « même si les Danois semblaient au départ réticents à sa renonciation au trône, ceux-ci ont finalement accepté et compris sa résolution qui permettra une transition en douceur vers une nouvelle génération ».

    « 84% des Danois estiment que le Prince Frederik deviendra un très bon roi »

    Concernant le nouveau monarque, l’ambassadeur précise que « le prince Frederik, destiné à devenir bientôt le roi Frederik X avait déclaré, lors du jubilé de la reine organisé cette année qu’il était prêt à assumer le rôle de monarque ». Les propos du prince héritier, qui a reçu un enseignement militaire dans la marine et l’armée danoise semblaient ainsi révéler la trame de son destin. 

    Christophe Parisot souligne, aussi, que « le futur régent, Comte de Monpezat est extrêmement apprécié par les Danois dont 84% estiment qu’il deviendra un très bon roi ». Son épouse, la princesse Mary, originaire d’Australie, diplômée d’une école de publicité et de commerce, bénéficie des mêmes opinions positives. Le diplomate revient d’ailleurs en détail dans le podcast sur les engagements du couple royal et leurs combats. 

    Danemark
    Ambassade de France au Danemark ©MAE

    « La France et le Danemark ont d’excellentes relations économiques »

    Avec l’ambassadeur Christophe Parisot, on consacre la seconde moitié du podcast aux liens qui unissent nos nations

    « Les relations entre la France et le Danemark sont très bonnes dans tous les domaines ».

    Christophe Parisot, ambassadeur de France au Danemark

    D’ailleurs, il nous rappelle que « les Danois ont  participé à des opérations militaires menées au Sahel par la France, notamment l’opération Barknane ou l’opération Takuba ». 

    Le représentant de la France rajoute que « les deux pays ont aussi d’excellentes relations économiques », l’hexagone nous précise-t-il est « le premier pays pour les investissements danois depuis 4 ans ». Il cite notamment « l’annonce de Novo Nordisk d’un investissement de 2,1 milliards d’euros pour agrandir son usine stratégique à Chartres »

    L’ambassadeur rapporte en outre qu’ « on recense plus de 400 entreprises danoises comme Velux  implantées en France ». D’un autre côté, il note que « beaucoup de très grandes entreprises françaises comme Vinci qui construit le plus grand tunnel immergé au monde, Alstom dans le domaine du transport ou Total Energie dans le domaine énergétique travaillent et investissent au Danemark »

    Près de 8000 Français dans le pays

    Enfin, avec l’ambassadeur on fait le point sur la communauté française installée au pays de la “Petite Sirène”. Une communauté d’expatriés qui “compte la famille royale dans ses rangs”. En effet, tout comme sa mère, le prochain souverain du Danemark maîtrise parfaitement le français… Et pour cause : son père Henri de Laborde de Monpezat (décédé en 2018), issu de la petite noblesse du Béarn, est né à Talence, en Gironde, lui-même fils du comte de Monpezat et d’une fille de cheminot… « Beau gosse » et diplomate, il croise la route de la jeune Margrethe dans un dîner à Londres, où la princesse héritière poursuivait ses études. C’est le coup de foudre, suivi d’un mariage en juin 1967 et la naissance de deux garçons, Frederik et Joachim. Frederik X pourrait donc demander la nationalité française… 

    Ecoutez le podcast avec Christophe Parisot, ambassadeur de France au Danemark

  • « C’est du jamais vu en Equateur »

    « C’est du jamais vu en Equateur »

    « C’est un peu le retour du Covid ! »  Une phrase que l’on a entendue ce jour à Quito. « À partir de 18 heures, tout le monde est à la maison », nous confirme Tannya Bricard, conseillère des Français d’Equateur. Mais cette fois-ci, ce n’est pas la crainte d’un virus qui incite à ce couvre-feu. Mais bien celui des armes.  « C’est du jamais vu en Equateur » nous assure l’élue consulaire. « Tout le monde est inquiet », poursuit-elle.

    En Equateur : les événements de terreur se multiplient

    Depuis mercredi, l’Équateur est en « état de guerre ». Un décret reconnaissant l’existence d’un conflit armé interne a été signé par le président Daniel Noboa. Depuis dimanche, après l’évasion de l’ennemi public numéro 1, « Fito », chef redouté du gang des Choneros, les événements de terreur s’enchaînent. 

    Cette crise sécuritaire sans précédent a notamment été marquée par une spectaculaire prise d’otages en direct sur un plateau de télévision. Les autorités du pays tentent de reprendre la main. Les forces de sécurité ont ainsi placé en détention plus de 300 personnes suspectées d’appartenir à des bandes criminelles, mais les violences se poursuivent.

    « En Équateur le narcotrafic s’est incrusté dans tous les milieux de la société »

    Un Français vivant dans ce pays depuis plusieurs années l’a constaté. « En Équateur le narcotrafic s’est incrusté dans tous les milieux de la société Equatorienne sans qu’aucune autorité ne prenne des décisions ». Il poursuit en indiquant que cette présence criminelle est « maintenant devenue le quotidien ici ». Pour cette personne, ce qui arrive en ce moment « n’est donc pas surprenant ». 

    Equateur
    Tannya Bricard

    Pour protéger nos compatriotes sur place, l’Ambassade de France à Quito a envoyé directement un message de prudence à nos ressortissants. Information confirmée par Tannya Bricard qui représente les 3.000 Français vivant dans ce pays. Deux autres élus consulaires sont aussi en relation directe avec nos compatriotes, François Andres et Yves du Parc.

    Des groupes WhatsApp ont également été créés pour les Français de l’Equateur. Ces derniers ont pour objectifs d’informer l’ensemble de la communauté française dans toutes les régions du pays.

    « J’appelle les Français établis en Equateur à la prudence. »

    Equateur
    Eléonore Caroit

    Eléonore Caroit, députée Renaissance des Français d’Amérique du Sud et Caraïbes, suit également de très près la situation. « Dans le contexte d’extrême violence que connaît l’Équateur, j’appelle les Français établis dans le pays à la prudence. » Elle reste attentive à l’évolution que connaîtra le pays. L’élue à l’Assemblée nationale nous informe qu’elle est « en contact régulier avec le poste diplomatique sur place pour venir en aide à nos concitoyens qui le nécessitent ».

    Pour le moment, il n’y a aucune décision de prise, ni de recommandation particulière pour une évacuation de nos ressortissants. La volonté de quitter le pays revient à chacun en fonction de sa situation spécifique. En revanche, depuis le 9 janvier, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a recommandé aux Français envisageant un déplacement en Équateur de différer leurs projets dans toute la mesure du possible.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 12.01.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 12.01.24

    Bonjour à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de notre édition du 12 janvier : Une nouvelle ministre des Affaires Etrangères – La prise de guerre d’Emmanuel Macron – Le débat entre réserve parlementaire et STAFE. 

    Stéphane Séjourné est le nouveau Ministre des Affaires étrangères

    Ce matin, le personnel du Quai d’Orsay était en train de finaliser les cartons des ministres en poste soit Catherine Colonna comme Ministre des Affaires étrangères et Olivier Becht pour le Commerce extérieur et les Français de l’étranger. À midi, le doute s’installait… Les rumeurs courraient dans le Tout-Paris ainsi que dans les postes diplomatiques, Catherine Colonna resterait ! La raison, Emmanuel Macron ne trouvait personne pour la remplacer. Mais finalement en fin de journée, le couperet est tombé ! Catherine Colonna est remplacée par Stéphane Séjourné, un ancien expatrié qui a grandi à Buenos Aires. 

    Stéphane Séjourné
    Stéphane Séjourné ©SIPA

    Rachida Dati à la Culture 

    Rachida Dati © Vincent Isore/MAXPPP

    Rachida Dati a convoqué hier à 18h les maires et les élus Les Républicains de Paris pour une réunion en visioconférence selon la chaîne d’information en continu et l’éditorialiste politique de France info Gilles Bornstein. L’objet de cette réunion, leur faire digérer sa nomination dans un gouvernement d’Emmanuel Macron comme ministre de la Culture. Une prise de guerre qui a plusieurs objectifs, comme la volonté de trouver une passerelle avec les LR afin de faciliter l’adoption par l’Assemblée nationale des lois qui seront proposées par le gouvernement de Gabriel Attal. 

    STAFE ou réserve parlementaire ?

    La réserve parlementaire permettait, jusqu’en 2018, à un parlementaire de distribuer à des associations ou des collectifs des fonds dans le cadre d’une enveloppe budgétaire dédiée. En France, presque aucun mécanisme n’est venu pallier la fin de celle-ci, hors de France, le STAFE est venu s’y substituer avec les dérives qu’on connaît. Aussi, des sénateurs ont-ils déposé une proposition de loi visant à la ressusciter. Les membres de la chambre haute ont adopté cette initiative par 226 voix pour et 42 voix contre. Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France observe que « Jean-Baptiste Lemoyne qui a mis en place le STAFE a voté en faveur du rétablissement de la réserve parlementaire »

    C’est tout pour cette semaine, on se retrouve lundi avec, sûrement, le nom du nouveau ou de la nouvelle ministre en charge des Français de l’étranger. 

    Bon week-end à tous où que vous soyez ! 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Stéphane Séjourné, un ancien expatrié au Quai d’Orsay

    Stéphane Séjourné, un ancien expatrié au Quai d’Orsay

    Ce matin, le personnel du Quai d’Orsay était en train de finaliser les cartons des ministres en poste soit Catherine Colonna comme Ministre des Affaires étrangères et Olivier Becht pour le Commerce extérieur et les Français de l’étranger. À midi, le doute s’installait… Les rumeurs courraient dans le tout-Paris ainsi que dans les postes diplomatiques, Catherine Colonna resterait ! La raison, Emmanuel Macron ne trouvait pas de remplaçant. Mais finalement en fin de journée, le couperet est tombé ! Catherine Colonna est remplacée par Stéphane Séjourné, qui connaît bien l’expatriation puisqu’il a grandi à Buenos Aires (Argentine).

    Mais qui est celui qui devient Ministre des Affaires étrangères ?

    Un expatrié au Ministère des Affaires étrangères

    Homme politique français, Stéphane Séjourné est né le 26 mars 1985, à Versailles. C’est cependant à l’étranger, en Espagne, puis en Argentine, qu’il passe sa jeunesse. C’est d’ailleurs à Buenos Aires qu’il effectue ses premiers pas en politique, en 2001, au sein du Parti socialiste. L’Argentine connaît alors une des plus graves crises économiques de son histoire.

    De retour en France, Stéphane Séjourné se distingue lors des manifestations contre le CPE, en 2006, alors qu’il est étudiant en droit, à Poitiers. Membre de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) et du Mouvement des jeunes socialistes, il est proche de Dominique Strauss-Kahn. Mais l’affaire Sofitel met un terme aux ambitions présidentielles de celui-ci. Stéphane Séjourné devient alors conseiller de Jean-Paul Huchon, le président socialiste du conseil régional d’Ile-de-France, de septembre 2012 à septembre 2014.

    En 2014, sa carrière prend un nouveau départ avec le soutien qu’il apporte à Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie au sein du gouvernement Valls II. En 2015, avec d’anciens camarades de Poitiers, il donne naissance au mouvement Jeunes avec Macron. Membre d’En Marche, il collecte les parrainages, puis copilote les investitures aux législatives.

    En 2017, suite à l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée, Stéphane Séjourné occupe la fonction de conseiller politique à la présidence de la République. Il quitte ce poste en décembre 2018 et devient directeur de campagne de la liste LREM aux Élections européennes de 2019. Député européen depuis juillet 2019, il dirigeait la délégation française au sein du nouveau groupe politique Renew Europe. Il devait en être d’ailleurs la tête de liste pour les élections européennes.

    Une vie privée qui intéresse

    Gabriel Attal a été nommé Premier ministre ce 9 janvier 2024. Une grande nouvelle que Stéphane Séjourné a tenu à saluer. C’est sur X (anciennement twiter) que le député européen s’est exprimé. « Je salue la nomination de @GabrielAttal. Nous avons besoin de son talent pour la poursuite de nos engagements politiques« , a-t-il écrit en concluant son tweet par : « Merci à @Elisabeth_Borne pour tout le travail accompli« . Un beau message que l’homme politique français de 38 ans a adressé à celui qui serait maintenant son ex-compagnon.

    Comme l’explique La Voix du Nord, de nombreuses rumeurs circulent sur une possible séparation des deux hommes. Bien qu’aucun des deux n’ait confirmé une éventuelle rupture, l’histoire d’amour aurait pris fin. Des preuves de cette séparation seraient visibles sur leurs comptes respectifs, selon nos confrères. Pendant longtemps, les deux hommes ont porté chacun une bague à l’annulaire gauche, synonyme de leur engagement. Des bagues qui auraient disparu des photos depuis juin 2022 pour Gabriel Attal et août 2022 pour Stéphane Séjourné.

    Les défis à relever sont nombreux

    Juste derrière les États-Unis et la Chine, la France possède un réseau diplomatique dense, le troisième au monde, avec plus de 160 ambassades. Elle devance la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Près de 6000 diplomates ou assimilés sont en poste à l’étranger, sans compter les personnels détachés issus des autres ministères, dont les ministères des Armées, de l’Intérieur, de l’Économie, de la Culture et de l’Éducation nationale.

    Le réseau consulaire est aussi l’un des plus étoffés au monde, avec 89 consulats et 133 sections consulaires. Compte tenu de ce réseau particulièrement dense, la France possède donc les moyens de sa politique mais pourtant les défis sont nombreux. Le nouveau ministre, X, saura-t-il les relever ?

    Le premier des défis est l’adaptation au changement du monde, devenu plus « liquide », comme le définit le Président de la République lors de son dernier entretien pour le magazine Le Point, le 24 août dernier, ce qui implique une meilleure analyse stratégique.

    Le second est l’investissement dans le champ de l’influence, en rétablissant une politique dans ce domaine, qui couvre à la fois la communication et la coopération culturelle.

    Le troisième consiste à  prendre « pleinement le tournant des enjeux globaux », à l’échelle nationale et européenne, en formant « des coalitions sur des enjeux tels que, le climat, la biodiversité, l’alimentation, l’éducation, la santé ».

    Enfin, le quatrième, c’est le rapprochement de la diplomatie et des Français de l’étranger, en modernisant les consulats et en travaillant « avec les autres acteurs de l’action extérieure que sont les collectivités territoriales et la société civile ».

    Catherine Colonna et Olivier Becht
    Catherine Colonna et Olivier Becht 

    Et Olivier Becht ?

    Olivier Becht, Ministre délégué auprès de Catherine Colonna pour le Commerce extérieur et les Français de l’étranger, n’est pas encore fixé sur son avenir ministériel. L’usage veut que les Secrétaires d’État et les Ministres délégués soient choisis par le ministre dont ils dépendent.

    Logiquement, Olivier Becht devrait donc retrouver son siège de Député de la 5e circonscription du Haut-Rhin, région dont il est originaire et qu’il nous a fait découvrir dans un podcast à destination des jeunes francophones publié pour les fêtes.

    Cependant, rien n’empêche Monsieur Stéphane Séjourné de maintenir le ministre en place ! Nous devrions connaître la décision d’ici lundi.

  • « Il est plus facile de militer quand on est dans l’opposition que dans la majorité ». Rencontre avec Anne Genetet 

    « Il est plus facile de militer quand on est dans l’opposition que dans la majorité ». Rencontre avec Anne Genetet 

    Députée de la 11ème circonscription des Français établis hors de France (circonscription qui regroupe l’Asie, l’Océanie et l’Europe Orientale, soit 49 pays. Députée depuis 2017 sous l’étiquette « LREM »), réélue en 2022 sous l’étiquette « Renaissance », Anne Genetet est Vice-présidente du groupe du parti présidentiel à l’Assemblée nationale,. Elle est aussi Secrétaire de la Commission de la Défense et des Forces armées, Présidente de la délégation parlementaire Française à l’OTAN. En déplacement à Hong Kong, celle-ci a accepté de répondre à nos questions.

    Ecoutez le podcast avec Anne Genetet

    “Rares sont les parlementaires dotés d’une connaissance suffisante de l’Asie et de Hong Kong”

    Après quatre années d’absence, principalement à cause de la crise du Covid, Anne Genetet a enfin pu retourner à Hong Kong. C’est dans le contexte d’une situation de majorité relative avec une obligation de présence importante, à un moment de suspension des travaux de l’Assemblée que la Députée a enfin pu trouver un créneau pour effectuer un déplacement symbolique en Chine. D’après l’élue, il est manifeste que « rares sont les parlementaires dotés d’une connaissance suffisante de l’Asie et de Hong Kong au-delà de l’image écornée que les médias en dressent ». Ainsi, les retours qu’elle peut en faire après ses déplacements sont pour eux précieux.

    Cette dernière rajoute que ses propos font aussi écho auprès de ses collègues députés sur les questions des Français de l’Etranger. En effet, d’après ses constatations, les mentalités ont progressivement évolué à leur égard. Au départ accusés de fuir la France, ils bénéficient désormais d’une écoute attentive, et « leur situation particulière, leurs besoins spéciaux et leurs attentes spécifiques » sont désormais pris en considération. Emmanuel Macron les a d’ailleurs salués le soir du réveillon. Anne Genetet rappelle au passage à ce propos la teneur du courrier qu’elle avait adressé au Chef d’Etat, dans lequel elle invitait celui-ci à « saluer aussi les Français de l’Etranger » lors de ses voeux. 

    A la mention du festival d’Harbin en Chine qui a notamment accueilli une réplique de Notre Dame de Paris, dans le cadre des 60 ans des relations diplomatiques entre la France et la Chine, la Députée espère que la réouverture de la cathédrale, le 8 décembre 2024 attirera de nouveau les touristes chinois.

    Anne Genetet
    De gauche à droite : Anne Genetet, le Proviseur, le COCAC et la proviseure adjointe

    “Dans des pays comme la Chine, les Etats regardent de manière méfiante le fait de traiter de sujets politiques”

    Anne Genetet revient également sur la fédération des Français de l’étranger du parti « Renaissance » qu’elle a dirigée durant quelques temps. Celle-ci « compte à ce jour 1200 adhérents ». Elle mentionne à ce propos la « difficulté de militer et de faire de la politique dans des pays comme la Chine où les Etats regardent de manière méfiante le fait de traiter de sujets politiques ou d’organiser des réunions ». La Députée rajoute que cela « rend le militantisme à la fois très différent et très difficile parfois » mais que « c’est un enjeu très important ». Selon l’élue, il est de toute manière « complexe lorsqu’on est membre d’un parti de la majorité de militer en France ». Pour elle, il est « plus facile de militer quand on est dans un parti de l’opposition plutôt que dans la majorité ».

    S’agissant des résultats décevants des dernières élections sénatoriales de la fédération « qui a connu 3 listes dissidentes pour les sénatoriales, soit, une perte d’un siège à 5 voix près », Anne Genetet indique qu’elle a « été déléguée par Stéphane Séjourné, Délégué Général, pour essayer d’analyser ce qu’il s’était passé et de faire des propositions ». Elle a d’ailleurs prévu de les soumettre « courant janvier »

    Anne Genetet
    Anne Genetet

    “Une différence de traitement entre le non-résident fiscal et le résident fiscal”

    La Députée aborde ensuite le sujet de la fiscalité des Français de l’étranger qui a été son cheval de bataille lors de son premier mandat avec l’idée de réinjecter une équité de traitement. Il s’agissait pour elle à l’époque « des revenus de toutes natures au vu du particulier car il y a en effet une différence de traitement entre le non-résident fiscal et le résident fiscal ».  Pour l’élue, « si c’est le cas en France, ce n’est pas forcément le cas dans tous les pays ».  Elle rajoute que d’autres sujets de fiscalité méritent aussi une réflexion comme les « fameux prélèvements sociaux sur les revenus de patrimoine immobiliers qui restent aujourd’hui une iniquité très profonde entre les européens et les non-européens ». La Députée aborde aussi « la création de la résidence d’attache et de repli ». En effet, « le thème de la résidence de repli est une idée qui avait été initiée à la demande de propriétaires d’un bien immobilier en France, non-résidents fiscaux. L’habitation concernée est souvent « un bien dans lequel les Français de l’étranger viennent passer leurs vacances ». Cela peut aussi concerner « le logement dans lequel reviennent ces derniers lorsqu’ils doivent rentrer brutalement ».  A ce propos, elle pointe du doigt le fait que « cette surtaxe de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, dans un certain nombre de communes où l’immobilier est tendu et surtaxé par la commune, est un impôt local ». D’après la Députée, « pour échapper à cette surtaxation, il faudrait que la commune veuille bien la diminuer ». Elle se montre toutefois pessimiste sur la « probabilité que cela aboutisse ».

    “France consulaire a été déployé dans un certain nombre de pays Européens”

    Particulièrement engagée sur les problématiques liées à la mobilité internationale, Anne Genetet est l’auteure d’un rapport remis au Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, contenant 215 propositions au service des Français de l’étranger sur la fiscalité, la protection sociale, la simplification administrative ou encore le retour en France. Elle avait notamment remarqué en se déplaçant que « les appels téléphoniques aux consulats étaient très difficiles par manque de personnel et de moyens humains ». Celle-ci avait donc proposé une plate-forme pour aider les appels à aboutir. Ce système qu’on a prénommé « France consulaire » a d’ailleurs été déployé dans un certain nombre de pays Européens.

    Enfin, pour 2024, la Députée espère « pour l’ensemble des Français un pays apaisé qui se parle et qui qui s’écoute ». A l’image qu’ont les étrangers de la France, elle souhaite à tous les Français d’être « fiables, loyaux et créatifs ».

  • Le retour de la réserve parlementaire : le casse-tête des politiques 

    Le retour de la réserve parlementaire : le casse-tête des politiques 

    Comment financer les initiatives associatives locales ? Cette question, les élus se la posent souvent.

    Pendant très longtemps, le système appelé « réserve parlementaire » venait en soutien pour aider tels ou tels projets… où tels ou tels amis ! Jugé peu transparent, ce dispositif, souvent soumis à copinage, a été abandonné en 2017. Noémie Green (conseillère des Français de Suède – Ensemble) le confirme : « La suppression de la réserve parlementaire a permis de mettre fin à une pratique d’attribution de fonds publics par des parlementaires jugée alors clientéliste ». 

    « Les députés et les sénateurs s’en servaient comme moyens de clientélisme »

    Des propos que partage aussi Daphna Poznanski-Benhamou (Conseillère des Français d’Israël et des territoires palestiniens – LR) : « Les députés et les sénateurs s’en servaient à fond comme moyens de clientélisme, privilégiant leurs copains ou ceux qu’ils estimaient pouvoir le devenir suite à ces faveurs ». 

    Adieu donc réserve parlementaire et ses dérives. Pour autant, comme le rappelle Hélène Degryse (élue pour les Français des Pays-Bas- Indépendante – et Présidente de l’AFE) dans une tribune publiée en décembre dernier avec Elise Léger (élue pour les Français d’Australie – Indépendante) : « Pour les Français de l’étranger, cette réserve était un outil important (…) d’influence. Cela permettait de monter des projets locaux pour des montants conséquents ». 

    STAFE : « Nous, élus de terrains, voyons clairement que le compte n’y est pas »

    Après la disparition de cet outil budgétaire controversé, il convenait ainsi de créer un nouveau dispositif pour soutenir financièrement les projets des Français expatriés. Tel a été l’objectif du STAFE (soutien au tissu associatif des Français à l’étranger), crée en 2018 sous l’impulsion du secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger à cette époque, Jean-Baptiste Lemoyne. 

    Doté de deux millions d’euros, ce fonds voyait le jour. Or, cinq ans après, Florian Bohème (conseiller des Français du Cambodge – PS) fait une constatation : « Nous, élus de terrains, voyons clairement que le compte n’y est pas ». Le président de la Commission des Affaires sociales de l’AFE ajoutant que « L’administration s’emploie à ne pas dépenser l’enveloppe existante » et, elle « garde le dernier mot » face aux élus. Olivier Piton (élu pour les Français de Washington – LR) le perçoit aussi : « Nous sommes passés d’une réserve parlementaire à une réserve administrative. »

    « Les associations se lassent de devoir chaque année réinventer la roue »

    La Présidente de l’Assemblée des Français de l’étranger évoque aussi « la « fatigue » qui se fait sentir « partout dans le monde (…). Les associations se lassent de devoir chaque année réinventer la roue et de devoir trouver des projets innovants à financer ». Pour Nadine Fouques-Weiss (conseillère des Français d’Allemagne – Indépendante) « La réserve parlementaire avait ses dérives, mais le STAFE a les siennes.  Au moins, la réserve parlementaire était consommée entièrement ». L’élue d’Outre-Rhin poursuit : « On a échangé un système certes un peu opaque contre une usine à gaz ». Dominique Lemoine (élu pour les Français d’Atlanta – Horizons) fait part d’une autre opinion. Pour lui « Le STAFE met en place une répartition équitable des subventions entre les différents territoires, ce qui évite les favoritismes politiques et accroît la transparence dans l’attribution des fonds »Loïc Le Gland (Conseiller des Français de San-Francisco – Ensemble) pense que « la formule actuelle doit être simplifiée et améliorée avec plus d’autorité pour les élus ». Il souhaite également que « l’administration se limite à un rôle de garde-fou ». Dès lors que faire ?  

    Un retour de la réserve parlementaire ?

    En France, presque aucun mécanisme n’est venu pallier la fin de la réserve parlementaire. Aussi, des sénateurs ont-ils déposé une proposition de loi visant à la ressusciter. Les membres de la chambre haute ont adopté cette initiative par 226 voix pour et 42 voix contre. Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France observe que « Jean-Baptiste Lemoyne qui a mis en place le STAFE a voté en faveur du rétablissement de la réserve parlementaire »

    réserve parlementaire
    Résultats des votes des Sénateurs des Français de l’étranger pour la réserve parlementaire

    Les votes des sénateurs des Français de l’étranger sur le retour de la réserve parlementaire

    Signalons que les groupes politiques semblent divisés sur cette question. Parmi les douze sénateurs des Français de l’étranger, Samantha Cazebonne (Ensemble), Christophe-André Frassa (LR), Mathilde Ollivier (Les écologistes) et Mélanie Vogel (Les écologistes) ont voté contre ce texte. Yan Chantel (PS) et Hélène Conway-Mouret (PS) ne se trouvaient pas dans l’hémicycle au moment du vote. A noter cependant que l’ancienne ministre de François Hollande avait fait adopter un amendement au cours de travaux. Celui-ci visait à inclure le tissu associatif français à l’étranger dans le cas où le dispositif de la réserve parlementaire serait rétabli. Jean-Pierre Bansard (ASFE – rattaché LR), Olivier Cadic (les indépendants – groupe centriste), Ronan Le Gleut (LR), Evelyne Renaud-Garabedian (ASFE – rattachée LR), Olivia Richard (Les Indépendants – groupe centriste) et Jean-Luc Ruelle (ASFE – rattaché LR) ont voté pour le texte global. La proposition de loi adoptée par le Sénat est maintenant dans les mains de l’Assemblée nationale. Allons-nous assister à un retour de la réserve parlementaire pour les Français de l’étranger ? 

    « Nous n’avons plus de dossiers en Irlande depuis que l’administration a pris le pouvoir là-dessus ! »

    Laurence Helaili-Chapuis (Conseillère pour les Français d’Irlande – les indépendants) y est « archi favorable ! Nous n’avons plus de dossiers en Irlande depuis que l’administration a pris le pouvoir là-dessus ! ». Hélène Degryse et Elise Léger lui répondent Non, non et non. Elles ont donné une position ferme pour que ce système ne renaisse pas de ses cendres. « En votant le retour de cette réserve, les sénateurs (…) semblent principalement voter le retour de leurs privilèges ». Noémie Green abonde dans le même sens : « Il ne faut pas revenir en arrière ». Daphna Poznanski-Benhamou le reconnaît et se veut constructive : « Le STAFE n’est pas parfait. Améliorons-le ». Si pour paraphraser Winston Churchill, « Le STAFE est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres », alors que proposer ? 

    « Le classement se faisait comme à l’Eurovision »

    Yan Chantrel, sénateur PS représentant les Français de l’étranger le déclare : « Je suis contre la réserve parlementaire. Je suis pour réformer le STAFE en assouplissant les règles. Un dispositif qui serait plus participatif qui inclut élus locaux et citoyens ». Son collègue Olivier Cadic abonde dans le même sens. Il rappelle le dispositif qu’il avait mis en place en arrivant au Sénat en 2014 pour financer les projets des expatriés Français : « Une fois élu au Sénat, j’avais publié l’appel à projets aux associations sur mes newsletters. Les dossiers étaient déposés en ligne sur mon site. C’était un jury de plus de 30 conseillers des Français de l’étranger qui sélectionnait les dossiers des associations qui m’étaient soumis pour bénéficier de mon enveloppe parlementaire. Chacun votait en donnant vingt points au premier dossier, jusqu’à un point pour le vingtième. Le classement se faisait comme à l’Eurovision ».

    « Demande d’une plus grande transparence de l’administration »

    Florian Bohême soutient « la proposition de revenir à un dispositif plus souple, où les sénateurs et les députés s’engageraient à travailler avec les élus locaux (…) » en rajoutant qu’« il faut aussi y garder de la transparence avec des critères de sélection impartiaux et une communication systématique des associations bénéficiaires ». Oliver Piton demande une plus grande transparence de l’administration. Par exemple, « à la suite de la présentation des dossiers STAFE en Conseil consulaire, la notification envoyée par le chef de poste (Ambassadeur ou Consul général) à la Commission nationale STAFE doit aussi être transmise aux élus dudit Conseil consulaire ».  

    « Le dispositif est peu connu de nos Français »

    Si des idées abondent, reste à savoir comment les concrétiser. Un groupe de travail sur la réforme du STAFE avait vu le jour au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Il s’est terminé en juin 2023 pour un résultat très mitigé. Aucun rapport n’avait d’ailleurs été rédigé.  Le spectre d’un retour de la réserve parlementaire pourrait-il faire accélérer les choses ? « Ce qui est regrettable » nous confie Daphna Poznanski-Benhamou « c’est que le dispositif est peu connu de nos Français ». Or, comme pour bien des choses, la communication reste une source de succès. Comme le disait Jean Nohain, l’un des pionniers de la télévision en France, « la réussite, c’est un peu de savoir, un peu de savoir-faire et beaucoup de faire-savoir. » 

  • Europe 2024, l’année clef !

    Europe 2024, l’année clef !

    Après l’épidémie de covid et après le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’Union européenne a, une fois de plus, prouvé son utilité. La remise en cause de l’euro trouve de moins en moins d’adeptes. Néanmoins, des voix se font à nouveau entendre pour souligner les faiblesses de l’Union que ce soit en matière de mobilité de capitaux, de politique industrielle ou de lutte contre les flux migratoires illégaux. 

    Pour autant, les institutions européennes sont loin d’être passives sur ces terrains. Loin de présenter une stratégie unifiée, des politiques économiques communes ou coopératives, les pays de l’Union européenne présentent une fragmentation sur beaucoup de points : absence de mobilité des capitaux, absence de coopération industrielle, absence de stratégie commune pour la transition énergétique, absence d’Europe de la défense, des politiques migratoires divergentes, fragmentation des marchés financiers, en particulier des marchés de dette publique, absence d’harmonisation des systèmes de protection sociale et absence de stratégie budgétaire et vision à terme de l’Europe. 

    Des divergences budgétaires

    Face aux différentes crises auxquelles ont été confrontés les États membres, ces derniers diffèrent dans les réponses à apporter. Certains ont privilégié le soutien financier aux ménages et à l’activité quand d’autres ont préféré maintenir des politiques de rigueur budgétaire et de stabilité du taux d’endettement public. 

    Entre 2020 et 2023, le taux d’endettement a fortement augmenté en Italie, en Espagne, en France, en Espagne et en Belgique. La progression de ce taux a été plus faible en Pologne, aux Pays-Bas, en Allemagne ou en Autriche. Les premiers ont des taux d’endettement supérieurs à 100 % du PIB quand les seconds ont des taux inférieurs à 80 %. 

    Des systèmes de protection sociale différents d’un État à l’autre

    Aux États-Unis, les règles fiscales et sociales peuvent varier d’un État à un autre mais un socle commun existe. Au sein de l’Union européenne, les écarts en matière de protection sociale sont élevés entre les pays d’Europe de l’Est et ceux de l’Ouest. La portabilité des droits demeure imparfaite même en matière de retraite. Cette absence de socle commun nuit à la mobilité professionnelle et s’ajoute à la barrière des langues. 

    Les dépenses de protection sociale s’élèvent à 15 % du PIB en Roumanie comme en Irlande, à 18 % en Pologne et à 34 % en France.

    Europe 2024
    ©Dessinemoileconomie

    La question du financement des déficits

    Depuis la crise des dettes souveraines entre 2010 et 2013, la mobilité des capitaux entre les États membres s’est affaiblie. Les excédents extérieurs de l’Allemagne ou des Pays-Bas ne financent plus les pays ayant des déficits de leur balance des paiements courants. Ces derniers ont été contraints à éliminer ces déficits. La disparition des flux de capitaux au sein de l’Union témoigne d’une défiance du Nord vis-à-vis du Sud. 

    Fragmentation des marchés financiers

    À l’exception du plan « Next Generation » mis en œuvre après la pandémie de covid, l’Union européenne ou la zone euro n’émettent pas de titre de dettes réellement fédéral. L’encours de la dette émise par l’Union européenne est inférieur à 1 % du PIB de l’Union quand celui des États dépasse, en moyenne, 80 % du PIB. Cette situation nuit à la création d’un véritable marché financier européen. 

    Par ailleurs, les dettes publiques des différents États sont de qualité diverse avec des écarts importants. Cette absence de dette fédérale explique que l’euro n’arrive pas à gagner des parts de marché, ces dernières années, face au dollar. 

    Une concurrence de plus en plus forte en matière industrielle

    Les institutions européennes ont placé au cœur de leur priorité la décarbonation et la réindustrialisation que ce soit dans le cadre du pacte vert pour l’Europe ou du plan « Next Generation ». Néanmoins, au lieu de mettre en place une réelle coopération, les États membres sont en concurrence pour les relocalisations industrielles. L’installation d’usines de microprocesseurs, de batteries électriques, de voitures électriques donne lieu à une surenchère qui pénalise les petits États et qui est coûteuse pour les finances publiques. Elle pourrait aboutir à terme à des surcapacités. 

    L’absence de coordination est assez nette en ce qui concerne l’énergie. Certains États rejettent ainsi l’énergie nucléaire comme l’Allemagne quand d’autres comme la France la placent au cœur de leur stratégie énergétique. 

    L’absence d’Europe de la défense

    Si l’invasion de l’Ukraine par la Russie a créé une réelle émotion au sein de l’Union européenne avec l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, elle n’a pas permis de réelles avancées dans la construction d’une Europe de la défense. Les projets d’avions et de chars européens demeurent toujours aussi difficiles à aboutir. L’uniformisation des équipements demeure à réaliser. 17 programmes de véhicules blindés et sept de frégates sont en cours en Europe. De nombreux États préfèrent acheter aux États-Unis pour bénéficier de l’appui de ces derniers, jugés plus faibles que les États d’Europe de l’Ouest. 

    La crise migratoire, l’Europe moins absente qu’il n’y paraît

    L’Union européenne connaît depuis plusieurs années une hausse des arrivées irrégulières, ainsi que des demandes d’asile. Sur les onze premiers mois de l’année 2023, l’agence Frontex a enregistré plus de 355 000 traversées des frontières extérieures de l’UE, soit une hausse de 17 %. Les demandes d’asile pourraient quant à elles s’élever à plus d’un million d’ici la fin 2023, selon l’Agence de l’Union pour l’asile (EUAA). Les États d’Europe sont loin d’avoir les mêmes approches en matière d’immigration ce qui est source de tensions internes. 

    Depuis une dizaine d’années, pour contrer le déclin démographique, l’Allemagne et l’Espagne font appel à l’immigration qui augmente de 1,5 % de la population totale chaque année quand en France ou en Italie, celle-ci progresse de moins de 0,5 %. Pour autant, le Parlement européen et les représentants des 27 États membres ont conclu, le mercredi 20 décembre dernier, un accord sur la réforme du système migratoire européen. 

    Ce pacte sur la migration et l’asile vise à épauler les États qui sont en première ligne en matière d’immigration illégale. Il prévoit notamment un contrôle renforcé des arrivées de migrants dans l’Union, la création de centres fermés près des frontières pour renvoyer plus rapidement ceux qui n’ont pas droit à l’asile, et un mécanisme de solidarité obligatoire entre États membres. 

    La réforme conserve la règle en vertu de laquelle le premier pays d’entrée dans l’UE d’un demandeur d’asile est responsable de son dossier, avec quelques aménagements cependant. Les autres États membres doivent contribuer en prenant en charge des demandeurs d’asile, en les relocalisant sur leur territoire national ou en apportant un soutien financier au pays d’entrée. L’accord devrait être entériné prochainement par le Conseil européen. 

    Ce pacte a soulevé l’hostilité de nombreuses organisations de défense des droits humains. Une cinquantaine d’entre elles s’était inquiétée de la remise en cause du droit d’asile. Des voix se font également entendre contre un cadre européen qui empêcherait les gouvernements nationaux de prendre des mesures plus restrictives en matière de flux migratoires. 

    Des divisions politiques pernicieuses

    La tentative d’Emmanuel Macron de relancer le projet européen en 2017 n’a pas débouché sur un projet concret, faute de consensus au sein de l’Union. Le référendum britannique sur l’appartenance à l’Union européenne le 23 juin 2016 a dans un premier temps solidarisé les 27 États membres, mais la refonte des institutions se fait attendre depuis le départ du Royaume-Uni le 31 janvier 2020. Les divergences entre certains d’Europe de l’Est comme la Hongrie ou la Bulgarie avec les membres fondateurs ont tendance à s’accroître. Le retour au pouvoir de Donald Tusk en Pologne se traduit par une orientation plus européenne de la Pologne qui avait opté, ces dernières années, pour une politique illibérale et eurosceptique. 

    À l’ouest, les divergences entre l’Allemagne, la France et l’Italie sont de plus en plus marquées. La coalition allemande au pouvoir qui comprend le SPD, les Verts et le FDP peine à définir une véritable politique européenne. Même si la situation des finances publiques en France ou en Italie ne provoque, en Allemagne, plus de réactions aussi véhémentes que dans le passé, des inquiétudes se font jour en la matière. 

    L’Allemagne s’est battue afin de réinstituer un pacte budgétaire aussi strict que possible. Le Chancelier Olaf Scholz a considéré que face à la montée des politiques industrielles protectionnistes mises en œuvre par les États, il était en droit de faire de même. Les autorités allemandes ont condamné les pratiques françaises de bonus/malus qui aboutissent à pénaliser les voitures allemandes. Ces dernières supportent des malus pouvant atteindre plus de 50 000 euros.

    Les élections du Parlement européen au mois de juin 2024, une grande clarification ?

    L’Italie qui a longtemps été favorable à un projet fédéral s’y oppose désormais. Le gouvernement de Giorgia Meloni estime que des avancées fédérales pourraient l’obliger à mettre en œuvre des politiques budgétaires restrictives. Le Parlement italien a ainsi rejeté le 21 décembre la réforme du mécanisme européen de stabilité (MES). Cette réforme du MES devait aboutir à la création d’un Fonds de résolution unique face aux défaillances bancaires avec, à la clef, une surveillance accrue des États. 

    Si dans un premier temps, l’unité des 27 par rapport à l’invasion de l’Ukraine par la Russie a été réelle, des fissures apparaissent. Le Premier Ministre hongrois, Viktor Orbán, s’est récemment opposé à la poursuite de l’aide à l’Ukraine portant sur 50 milliards d’euros. La discussion de ce plan a été reportée au mois de janvier. Viktor Orbán demande des compensations pour approuver l’aide. Il souhaite en particulier la levée de plusieurs sanctions que la Commission de Bruxelles a prises à l’encontre de son pays pour non-respect de la réglementation européenne et des droits humains. 

    Les élections du Parlement européen au mois de juin 2024 seront-elles l’occasion d’une grande clarification ? Ce n’est pas certain au vu des sondages qui prévoient une montée en puissance des eurosceptiques. Un axe associant l’Espagne, la France, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, le Danemark et la Pologne pourrait néanmoins élaborer des solutions pour relancer la construction européenne.

  • La Belgique mise sur son expertise en matière de compromis pour sauver l’agenda du Conseil de l’UE

    La Belgique mise sur son expertise en matière de compromis pour sauver l’agenda du Conseil de l’UE

    Alors que la Belgique a pris, ce 1er janvier, la présidence tournante du Conseil de l’UE, le Premier ministre Alexander De Croo et la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib affirment que l’expérience acquise par le pays au niveau national en matière de compromis politiques guidera l’Union européenne à travers les nombreux défis de la période préélectorale.

    Il a fallu 16 mois de négociations aux Belges pour former le gouvernement actuel. La coalition au pouvoir, dirigée par le Premier ministre Alexander De Croo et formée en septembre 2020, est surnommée la « Vivaldi » et est composée de sept partis appartenant à quatre familles politiques : les socialistes, les libéraux et les verts wallons et flamands, mais également les chrétiens-démocrates flamands.

    De la complexité du paysage politique et du système de gouvernance du pays est né le « compromis à la belge » — cette volonté inlassable de trouver un accord grâce à un savant dosage de concessions faites par les différentes parties, et ce quelle que soit la difficulté au départ. Et c’est justement ce dont l’UE aura besoin durant les six mois précédant les élections européennes de juin, a déclaré la ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib à la presse lundi (8 janvier) au palais d’Egmont.

    « Nous, les Belges, nous trouvons toujours une solution, » affirme Mme Lahbib.

    Toutefois, les Belges ne disposent que d’environ quatre mois sur les six mois de la présidence pour clore autant de dossiers que possible, puisque la fenêtre pour conclure un compromis avec le Parlement européen – co-législateur du Conseil de l’UE – sur les quelque 150 dossiers encore en suspens s’achève fin avril avec la dernière plénière de l’hémicycle.

    « Nous sommes habitués à cela, nous sommes habitués à nous attaquer à beaucoup de choses dans des délais serrés, c’est souvent le cas dans la politique nationale et au sein des régions également », a déclaré M. De Croo à la presse.

    Conseil de l’UE
    De la complexité du paysage politique et du système de gouvernance du pays est né le « compromis à la belge » — cette volonté inlassable de trouver un accord grâce à un savant dosage de concessions faites par les différentes parties, et ce quelle que soit la difficulté au départ. [Présidence belge du Conseil/ Vlad Vanderkelen]

    Une diversité bénéfique

    La Belgique dispose d’un système de gouvernance complexe à plusieurs niveaux, avec trois gouvernements régionaux — Bruxelles, Wallonie et Flandre — supervisés par le gouvernement fédéral et plus de 10 partis politiques représentés au parlement fédéral. En plus de cela, on compte également des gouvernements pour les communautés germanophones et francophones.

    Ce système est administré dans les trois langues officielles du pays : le néerlandais, le français et l’allemand.

    M. De Croo et Mme Lahbib affirment que cette diversité territoriale et linguistique fait de la Belgique le parfait conciliateur de l’UE.

    Le gouvernement fédéral belge a intégré sa réalité territoriale complexe en désignant des ministres régionaux pour présider certaines formations du Conseil.

    Le ministre de la région de Bruxelles-Capitale, Alain Maron, sera par exemple chargé des dossiers environnementaux, tandis que les ministres wallons s’occuperont de l’aménagement du territoire, du logement, du tourisme et de la recherche et du développement, et les ministres flamands de l’industrie, de la pêche, de la culture, de la jeunesse et des médias.

    Et les ministres ont du pain sur la planche, à commencer par les dossiers clés du Pacte Vert pour l’Europe (Green Deal) tels que le règlement pour une industrie « zéro net » et le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages, en passant par la révision du budget de l’UE et la réforme controversée des règles budgétaires de l’Union.

    Vendredi dernier (5 janvier), lors de l’inauguration officielle de la présidence belge, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a souligné que la présidence belge sera la « ligne d’arrivée » pour de nombreux dossiers qui doivent être clôturés sous ce mandat.

    Elle a également déclaré compter sur les talents des « sprinters » belges pour « gagner le « sprint final ».

    Remaniements et course aux top jobs

    Outre les textes législatifs en suspens, la présidence belge du Conseil sera confrontée à d’autres défis.

    En effet, la présidence belge pourrait avoir à composer avec le départ prématuré de plusieurs hauts responsables cherchant à s’assurer un avenir politique.

    À ce jour, pas moins de six commissaires européens ont quitté leur poste ou ont manifesté leur intention de le faire.

    Plus récemment, Charles Michel, président du Conseil européen — l’institution qui rassemble les chefs d’État et de gouvernement des États membres —, a annoncé qu’il se présenterait aux élections européennes. Il a également fait savoir qu’il quitterait son poste en juillet, soit bien avant la fin de son mandat, qui devait initialement s’achever en novembre, s’il devait être élu.

    Cette annonce a fait craindre que la tête de cette institution soit, temporairement du moins, entre les mains du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, dont le pays assurera la présidence tournante du Conseil de l’UE au second semestre de l’année car, conformément aux procédures en vigueur dans l’Union, le dirigeant du pays assurant la présidence doit occuper le poste jusqu’à ce qu’il soit officiellement pourvu.

    L’une des principales tâches de M. Michel à la tête du Conseil européen a été de superviser les sommets des dirigeants de l’UE, des réunions qui sont devenues essentielles pour trouver des réponses communes et cohérentes à diverses crises, notamment la pandémie de Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

    Peu de dirigeants européens seraient satisfaits de voir Viktor Orbán (président du parti nationaliste hongrois Fidesz) diriger ces réunions cruciales. En effet, l’homme fort de la Hongrie, qui cultive des liens étroits avec le président russe Vladimir Poutine et qui est largement accusé d’avoir sapé la démocratie et l’État de droit dans son pays, a également été accusé au fil des années d’avoir pris en otage l’UE dans certaines décisions.

    En décembre, il a notamment bloqué l’aide à l’Ukraine, après une concession sur l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE avec le pays en guerre.

    Interrogé sur l’annonce de Charles Michel, Alexander De Croo n’a pas semblé inquiet, car « c’est ce que font les responsables politiques, participer aux élections », a-t-il déclaré. En outre, M. De Croo est convaincu que les compétences qu’il a développées en politique belge l’aideront à obtenir un consensus parmi les 27 dirigeants, concernant l’aide à l’Ukraine, entre autres.

    « Ai-je des messages à transmettre à Viktor Orbán ? Oui, mais je les lui transmettrai directement et non par l’intermédiaire de la presse, car je pense que quand il y a trop de communication et de lettres ouvertes, cela complique les choses », a ajouté le dirigeant belge.

    La vision de la Belgique pour l’avenir

    Après le mois d’avril, la présidence belge aura tout le temps de se concentrer sur l’élaboration des priorités pour le prochain cycle législatif qui débutera après les élections européennes, et qui, selon les Belges, devrait se concentrer sur la transition écologique et le renforcement de la compétitivité de l’industrie européenne.

    « Le climat et l’industrie ont trop souvent été opposés l’un à l’autre, et je pense que ce n’est pas la bonne approche. Maintenir l’industrie lourde et à forte consommation énergétique en Europe est la chose la plus importante pour atteindre nos objectifs mondiaux en matière de climat », a-t-il ajouté.

    Ses propos font écho à un discours tenu début décembre à la COP28, lorsqu’il avait affirmé qu’il serait impossible de construire « un paradis climatique sur un désert industriel ».

    Les priorités de la prochaine législature, selon lui, incluent la nécessité de réformer l’UE en vue des élargissements futurs, avec une discussion sur les priorités de l’UE pour l’avenir, le modèle de gouvernance et le financement de cette Union.

    Alexander De Croo souhaite également renforcer l’influence de l’UE sur la scène internationale afin de « mener le débat », car les Européens paient souvent le prix des crises internationales, a-t-il déclaré.


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 11.01.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 11.01.24

    Bienvenue dans l’édition du 11 janvier 2024 du flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui, on vous rappelle l’ouverture de la campagne de bourses scolaires pour 2024/2025, l’UE relance la vaccination contre la Covid-19 et on fait le point sur le remaniement gouvernemental en cours en France. 

    Financer la scolarité de son enfant 

    C’est la promesse du dispositif de bourses scolaires, car si l’accès à l’Education nationale est un droit pour tous les jeunes Français, il s’arrête aux frontières de notre pays. Pourtant des établissements scolaires français financés par l’Etat sont nombreux dans le monde, plus de 500 mais ils ne sont accessibles qu’en payant de lourds frais d’écolages. Pour y pallier, des bourses scolaires sont distribuées et pour en profiter il faut déposer un dossier avant la mi-mars. Direction le site de votre consulat pour connaître la date exacte qui sera appliquée dans votre pays de résidence. 

    bourses scolaires 2024
    Bourses scolaires 2024

    Alerte à la Covid en Europe 

    Selon l’ECDC, les pays font état d’un mélange de tendances à la hausse et à la baisse de l’activité du SRAS-CoV-2, des hospitalisations liées à la Covid-19, des admissions en unité de soins intensifs et des décès, avec des conséquences graves principalement chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Mais les experts avertissent que la situation sera probablement plus claire dans les deux prochaines semaines, après les vacances de Noël, lorsque de nombreux rassemblements auront lieu. Certaines capitales réfléchissent déjà à l’introduction de nouvelles mesures restrictives, telles que le port obligatoire de masques dans certains lieux. À suivre !

    Covid-19
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    Nouveau gouvernement pour quand ?

    Si rien n’est encore officiel au regard des précédents, l’annonce du gouvernement de Gabriel Attal pourrait intervenir d’ici à ce vendredi 12 janvier ou au plus tard lundi 15 janvier. En effet bien que le Premier ministre ne soit soumis à aucune condition de temps pour choisir ses collaborateurs, il est d’usage de faire une annonce rapide. Ainsi, lorsque l’on regarde les quatre derniers gouvernements formés sous les deux présidences d’Emmanuel Macron, les décrets relatifs à la composition de ces derniers ont été publiés entre 2 et 4 jours après la nomination. 

    Gabriel Attal Premier ministre
    Gabriel Attal Premier ministre ©AFP le 09 janvier 2024

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour le dernier flash quotidien des expatriés de cette semaine ! Belle journée à tous où que vous soyez.

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