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  • Le Reportage de France 3 sur le Marché de Strasbourg à New-York

    Cette année, le marché de Noël de Strasbourg s’exporte à New York pour la première fois. En plein cœur du quartier de Manhattan, à côté du Parc de Bowling Green, les habitants de New York pourront à leur tour découvrir la magie d’un Noël strasbourgeois.

    Le 5 décembre à 18h (heure locale) a eu lieu l’inauguration officielle du Marché de Noël alsacien à New York. Au programme, allumage du grand sapin, chorales et animations diverses. Une trentaine de chalets en bois ont été fabriqués spécialement pour cette occasion, afin que les New Yorkais puissent eux aussi goûter aux produits artisanaux et aux gourmandises alsaciennes.

     

  • Vacances en France : Attention aux nouvelles arnaques en rue ou à votre porte

    Les Français de l’Etranger profitent des vacances de fin d’années pour aller passer les fetes de noël et du nouvel an auprès de leurs familles, un retour aux sources. Mais la France évolue et aussi sa palette de méfaits.

    Faisant preuve d’une imagination sans limite, des gangs de malfaiteurs aguerris écument le pays pour multiplier les vols par ruse. Parmi les derniers stratagèmes en plein essor, l’arnaque dite «à la carte routière» figure en bonne place. Elle vient de faire des ravages dans l’ouest du pays, en particulier en Seine-Maritime où la sûreté départementale a démantelé une redoutable équipe au terme de longs mois d’enquêtes.

    «Le principe est simple, raconte un policier spécialisé. Des jeunes femmes repèrent des personnes âgées ou des étrangers dans la rue, aux abords de la gare ou de sites touristiques comme la cathédrale de Rouen. Ces dernières sont suivies jusqu’à ce qu’elles retirent de l’argent ou fassent un achat par carte bancaire dans un commerce.» Habiles et furtives, les voleuses espionnent jusqu’à voir le code secret. Quelques instants plus tard, elles abordent les «cibles», leur expliquant qu’elles sont complètement perdues avant de déplier une grande carte sous leur nez.

    «Occupée et déstabilisée, la victime ne s’aperçoit pas qu’un pickpocket lui fait les poches ou fouille son sac à main pour soutirer sa carte, poursuit le policier. Sans attendre, le gang multiplie les retraits dans les distributeurs automatiques de billets aux alentours. En retirant bien sûr la somme maximale à chaque reprise.»

    Après avoir multiplié les recoupements remontant à 2016 et effectué un gros travail de surveillance, notamment grâce à la vidéo, la brigade financière de la sûreté départementale de Seine-Maritime a répertorié à elle seule pas moins de 85 victimes, le plus souvent des «seniors» ayant plus de 70 ans, pour un préjudice de 98.000 euros.

    Il s’agit de la partie émergée d’un fléau manifestement plus profond: en effet, les quatre jeunes Bosniaques interpellées mardi dernier dans la banlieue de Lille (Nord) ont aussi été confondues pour des «raids» menés du côté du Havre ou encore de Caen. «Titulaires chacune de huit à dix alias, elles passaient sous les écrans radars en circulant sous le couvert de faux papiers, voire de vrais passeports supportant des identités frauduleuses», précise une source proche du dossier.

    «Équipes multicartes»

    Se présentant souvent comme mineurs pour éviter les comparutions immédiates, des multirécidivistes sont soupçonnés d’avoir sillonné une grande partie du territoire national, leurs compagnons étant susceptibles quant à eux de se faire passer pour de faux policiers ou des plombiers fantoches pour multiplier les vols à domicile. Dans le jargon policier, on appelle cela des «équipes multicartes». Fin novembre dernier, à Montargis (Loiret), quatre faux «inspecteurs» en civil ont dérobé 325.000 euros dans le coffre-fort d’un retraité, avant de se faire interpeller par la PJ de Versailles. Les butins amassés, qui empruntent souvent des circuits difficilement traçables, sont revendus ou acheminés vers les pays de l’Est, où les donneurs d’ordre peuvent vivre retranchés.

    Une campagne de prévention

    Selon un dernier bilan «cadre de vie et sécurité» conduit par l’Insee en partenariat avec l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) et le service statistique ministériel de la sécurité intérieure, pas moins de 254.000 personnes établies en France métropolitaine ont déclaré avoir été les victimes, l’année dernière, d’un chantage, d’une extorsion ou de ce que les experts nomment une «fausse romance». Soit plus de 700 par jour! En un an, cet agrégat a bondi de 20.000 faits, pour représenter à lui seul 21 % des arnaques subies.

    Le phénomène des vols par ruse a pris une ampleur telle que la direction générale de la police nationale diffuse sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Instagram) une campagne de prévention mettant en scène, sous forme graphique, quelques modes opératoires aux effets dévastateurs. Il en va ainsi de l’escroquerie au billet de 50 euros, scénario basique qui consiste à placer une coupure, en général fausse, sous les essuie-glaces du pare-brise.

    «Clé sur le contact et le moteur en marche, vous sortez de votre voiture pour le récupérer», décrit la police avant de conclure, sur la foi d’une série d’affaires: «L’escroc s’empare alors de votre véhicule et prend la fuite.» Au chapitre de l’escroquerie au rétroviseur cassé, le malfaisant s’arrête au niveau de sa victime et l’accuse de l’accident. Retors, il appelle ensuite un faux assureur qui annonce un prix exorbitant. Pour gagner la confiance de sa proie, en général paniquée, il lui propose un «arrangement à l’amiable» et l’incite à «se rendre à un distributeur pour se faire dédommager».

  • Un repas de noël à la française au bout du monde

    Les Français de l’étranger ne seront pas tous en possibilité de rentrer en France à l’occasion des fêtes de fin d’année. Repas avec la belle famille dans le pays d’expatriation, impossibilité technique ou professionnelle de rentrer, les raisons peuvent être multiples.

    Ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas possible de profiter de spécialités françaises lors de ces diners !

    Le foie gras interdit en Californie

    La vente de foie gras est interdite en Californie

    Si le foie gras est interdit d’importation en Californie depuis le 1er janvier 2019, il est possible ailleurs aux Etats-Unis de se le procurer via notamment le site mon épicerie française , qui livre également au Japon, à Hong-Kong, en Afrique du Sud, et partout ailleurs dans le monde propose une large sélection de produits 100% made in France. Parmi ceux-ci, des vins de toutes les régions, une sélection de foie gras, confits, et terrines, des produits de la mer ou encore de la charcuterie.

    Au japon, il y a l’embarras du choix. La gastronomie française y est particulièrement présente et appréciée. Citons notamment la boulangerie Boul’ange Shinjuku Southern Terrace à Tokyo, très appréciée des locaux, le Bretagne qui propose des produits de la région française, ainsi, pour ceux qui ont les moyens, que les 5 restaurants tokyoïtes du regretté Joël Robuchon .

    Les chaines françaises présentes à l’étranger

    Les grandes enseignes françaises sont largement présentes à l’international, citons notamment les magasins Picard qui possède des franchises en Belgique, en Suède, en Suisse, au Japon et la vente à distance est possible en Espagne.

    Les Galeries Lafayette, qui disposent toujours d’un rayon gourmet, ont des antennes à Berlin , Dubaï , Jakarta , Istanbul, Shanghai et Milan entre autres.

    Les Galeries Lafayette de Berlin

    Autres exemples, les groupes Auchan et Carrefour qui disposent aussi de nombreux établissements à l’international qui disposent de sélections de produits français.

    Les produits de luxe privilégiés

    Bien sûr, les marques de luxe de la gastronomie française sont également très présentes dans le monde. Les macarons Ladurée sont présents aux quatre coins du globe avec notamment 6 magasins à Londres, 8 aux Etats-Unis, 3 en Arabie Saoudite, 8 au Japon… Une présence mondiale comme leur concurrent Pierre Hermé

    Autre référence, Fauchon  qui dispose de points de vente dans plusieurs pays d’Europe.

    Ainsi, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses pour avoir un réveillon réussi !

  • Grève : Un voyageur sur deux en rade pour noël – La CGT, seul syndicat opposé à la trêve, bloque

    Les perturbations de trafic ne vont pas cesser pendant les fêtes. Jeudi 19 décembre, la SNCF a annoncé que 2 TGV sur 5 et 2 Transilien sur 5 circuleront la semaine prochaine.

    « Le 23 et le 24 décembre le trafic sera encore très perturbé. 400 000 voyageurs avaient déjà leur réservation, mais pour 48% d’entre eux, c’est un peu la douche froide : ils devront échanger leur billet ou alors trouver une autre date pour espérer avoir un train et partir pour les fêtes », rapporte le journaliste Ignacio Bornacin de l’AFP depuis la gare Montparnasse à Paris.

    La CGT-Cheminots, premier syndicat à la SNCF, « continue » la grève contre la réforme des retraites, tandis que l’Unsa ferroviaire, deuxième syndicat, « appelle à une pause pour les vacances scolaires », ont indiqué les deux organisations jeudi à l’AFP, après une réunion multilatérale à Matignon.

    L’Unsa, en revanche, appelle à une « pause », a indiqué son secrétaire général, Laurent Escure, aux journalistes à la sortie de la réunion à Matignon.

    Cette pause est décidée « pour les vacances scolaires », a précisé à l’AFP Didier Mathis, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire, qui représente 7,5% des conducteurs et contrôleurs. SUD-Rail, troisième syndicat à la SNCF, « va entretenir le mouvement avant les temps forts de la rentrée », a indiqué à l’AFP Erik Meyer, secrétaire fédéral, dont l’organisation représente environ un tiers des conducteurs de train et plus de 25% des contrôleurs.

    Sur France Inter, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a répété qu’il avait noté une «volonté de dialogue et d’ouverture» de la part du premier ministre, ainsi que des «perspectives d’avancées» sur certains sujets sensibles de la réforme des retraites, dont la pénibilité ou le minimum de pension. «Le système dessiné est insuffisant, mais il n’est pas mauvais», a-t-il jugé. Cependant, a-t-il immédiatement tempéré, le «désaccord» autour des mesures paramétriques de court terme, dont l’instauration d’un âge pivot, demeure. Ces mesures d’équilibre ne sont «absolument pas nécessaires», a-t-il jugé, dénonçant la volonté du gouvernement de faire passer une «bonne vieille réforme classique des retraites où l’on va demander aux gens de travailler plus longtemps», en parallèle de la transformation systémique.

    «Je veux que l’âge pivot soit retiré de cette réforme», car il est «injuste», a-t-il martelé. Le chef de la majorité présidentielle a toutefois laissé la porte ouverte à des négociations, a précisé Laurent Berger: «Le premier ministre a dit qu’on pourrait imaginer un cocktail de mesures», mélangeant par exemple une hausse des cotisations à d’autres mesures supplémentaires pour financer la réforme. «C’est encore sur la table», selon le syndicaliste, qui craint que la réforme soit en train de «pourrir» à cause de mesures budgétaires et comptables «qui ne se justifient pas» sur le court terme. «Ce qui a changé, c’est la vision politique, c’est le fait que certains veulent avoir une réforme budgétaire plutôt que systémique», a regretté le représentant. Pour lui, «certaines personnes» poussent à «faire faire des économies à l’État» sur «le dos du régime des retraites», une situation inacceptable.

    Laurent Berger a senti la «grande détermination» d’Édouard Philippe à mettre en place ce dispositif, et a prévenu que la CFDT comptait bien se mobiliser pour l’en dissuader. Après la trêve des confiseurs, qu’il appelle ses vœux, le leader syndical va remobiliser son organisation: «à partir du 6 janvier», l’organisation va interpeller les parlementaires, d’une part, et pourrait proposer aux travailleurs de se mobiliser en amont de la présentation du projet de loi en conseil des ministres, fin janvier, d’une manière «plus festive» que les manifestations habituelles, a-t-il suggéré. Ces rassemblements porteront l’idée que «demander de travailler plus longtemps n’est pas acceptable».

    Le représentant syndical a également salué les avancées timides sur la pénibilité, tout en appelant l’exécutif à aller plus loin, par exemple en prenant en compte les postures pénibles, le risque chimique ou encore les gestes répétitifs. Il refuse de voir se rejouer un scénario semblable à celui de l’assurance-chômage : « si c’est pour jouer un jeu de dupes où tout est fixé à l’avance, il n’en est pas question« , prévient-il. « Veut-on une justice sociale, dans ce pays, ou doit-il être gouverné par une logique de règle arithmétique » et comptable, s’est interrogé Laurent Berger en conclusion.

  • Les messes en français dans le monde

    2,5 milliards de Chrétiens dont plus d’1 milliard de Catholique, première religion en France et dans le monde, vont célébrer la naissance de Jésus Christ à l’occasion des fêtes de noël. Celles et ceux parmi les Français de l’étranger qui souhaitent assister à la messe de noël en français, c’est possible dans de nombreux endroits à travers le monde. Tour d’horizon.

    L’église Saint-Louis des Français de Rome

    La conférence des évêques de France dispose d’un site très complet qui dénombre la présence d’organisations catholiques francophones à travers le monde. L’on y découvre qu’à St Petersbourg a lieu tous les dimanches à 17 heures une messe en Français à la Paroisse Sainte Catherine 32-34, Nevskyprospect. A Londres, la paroisse francophone Notre Dame de Londres accueille l’importante communauté francophone de la capitale anglaise les samedi et dimanche au 5 Leicester Place.

    Certaines églises pluri-centenaires

    La plus célèbre église française à l’étranger est à Rome. L’église Saint-Louis des Français, qui date du 16ème siècle et est un chef d’œuvre de l’art baroque accueille les croyants pour des messes tous les jours à des horaires variables (plus d’infos en contactant [email protected] ).

    Autre église homonyme, Saint-Louis des Français de Lisbonne, localisée Beco São Luis da Pena 34. A New York, Notre Dame de Lourdes 405 West 114th Street organise des messes en français tous les dimanches à 10 heures. La Basilique Saint Etienne de Jérusalem 83 Nablus Rd organise elle des messes tous les jours.

    La communauté francophone catholique de Singapour organise des messes en français trois dimanches par mois. Notons enfin la messe à Berlin tous les dimanches à 11h30, à l’église St Thomas d’Aquin.

    Une présence protestante francophone

    Notons également une présence francophone protestante dans plusieurs régions du monde comme par exemple l’Eglise Unie St. Louis de Montréal reconnue comme lieu historique national du Canada. L’Eglise protestante de Bruxelles botanique accueille également les croyants de cette fois dans la capitale belge et Genève, grande ville du protestantisme, accueille également de nombreux temples .

    Aux croyants et aux non croyants nous souhaitons de joyeuses fêtes, et nous ferons prochainement un article également sur la fête juive de Hanoucca qui débute lundi.

  • Français de l’Etranger, la planète compte sur vous : Témoignez au procès du climat en France – l »Affaire du siècle »

    Les quatre ONG qui ont lancé cette initiative, pointant du doigt l’inaction de l’État en matière climatique, veulent construire une cartographie des impacts des changements climatiques du point de vue des Français.

    Un an après son lancement, l’initiative l’Affaire du siècle franchit un palier supplémentaire. Les associations Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France, qui le 17 décembre 2018 avaient annoncé leur volonté d’attaquer l’État français en justice pour inaction face à l’urgence climatique, lancent un appel à témoignages sur la réalité du changement climatique en France.

    Bien que la pétition soutenant cette initiative ait obtenu en quelques semaines plus de 2 millions de signatures, et malgré le recours contre l’Etat déposé en mars par les quatre ONG devant le tribunal administratif de Paris, à ce jour « aucune réaction de l’État et aucune décision à la hauteur du défi climatique n’est constatée », dénoncent-elles dans un communiqué.

    Un retard de plus d’un tiers de siècle

    Selon leurs estimations, « au rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre constaté depuis 2015, la France atteindrait les objectifs qu’elle s’est fixés qu’avec un retard de plus d’un tiers de siècle… »

    L’objectif européen de réduire les gaz à effet de serre (GES) de 55 % en 2030, soutenu par Emmanuel Macron, ne serait en effet atteint en France qu’en 2059. Et la neutralité carbone à l’horizon 2050, consacrée par la loi énergie-climat votée en septembre 2019, ne serait obtenue qu’en 2093, précisent les associations.

    Elles déplorent par ailleurs la décision de la France ne pas rehausser l’objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % avant 2030, ce qui non seulement ne permettra pas de respecter l’Accord de Paris, mais va également à l’encontre de l’engagement du gouvernement au niveau européen.

    62 % des Français exposés fortement à des risques climatiques

    En attendant le jugement sur le recours, qui ne sera sans doute pas prononcé avant 2021, 2020 sera donc l’année de la collecte de témoignages citoyens. L’objectif est de construire une cartographie des impacts des changements climatiques en France du point de vue des citoyens.

    « En effet, selon l’ONERC (Observatoire national sur les effets du changement climatique), 62 % de la population française est exposée de manière forte ou très forte à des risques climatiques », souligne le communiqué de presse.

    Les citoyens pourront s’exprimer sur les réseaux sociaux (#TémoinDuClimat) ou sur le site de l’Affaire du Siècle. Ils pourront partager leurs observations sur des phénomènes tels que la hausse des températures, la multiplication des événements climatiques extrêmes, l’érosion des côtes, etc., ainsi que sur les conséquences sur leur santé, leur logement, leurs revenus… Sous réserve de l’accord des témoins, l’Affaire du siècle compte aussi les utiliser dans la procédure judiciaire en cours, afin de corroborer ses reproches contre l’État.

  • Chine, Turquie, Arabie Saoudite, Égypte : des prisons pour la presse

    Selon le Comité de Protection des Journalistes, qui réunit des journalistes et éditeurs de toute la presse Américaine, du Wall Street Journalau Washington Post, 250 journalistes sont emprisonnés dans le monde. Le même comité en recensait 255 l’an passé. Ils étaient 276 en 2016 lorsque le CPJ a décidé d’établir un rapport annuel.

    La Chine est le pays qui compte le plus de journalistes en prison : 48, selon l’AFP. Le nombre de journalistes prisonniers en Chine augmente curieusement, tant les medias sont contrôlés qu’il semble difficile de publier quoi que ce soit d’irrévérencieux. Mais une journaliste a réussi à être emprisonnée pour des poèmes, tandis que la répression au Xinjiang (un million d’internés) a naturellement conduit à l’enfermement d’une dizaine de journalistes locaux. Les événements de Hong Kong ont déjà provoqué une première arrestation en Chine continentale : Une jeune pigiste est accusée d’avoir « provoqué des querelles et des troubles » en écrivant sur son blog.

    La Turquie, deuxième geôle au monde pour la presse, a pourtant libéré quelques journalistes. Il en resterait 47 en prison, selon Reuters. Il y en avait 68 l’an passé. Beaucoup d’organes de presse indépendants en Turquie (une centaine) ont été fermés, les inculpations pour « propagande au profit d’une organisation terroriste » sont devenues les motifs préférés des procureurs. Des dizaines de milliers de personnes sont aussi en prison pour des raisons politiques.

    Troisième geôlier de journalistes au monde, l’Arabie saoudite compte, selon l’Associated Press, 26 journalistes en prison. Dans 18 cas, il n’y a pas de chef d’accusation, ce qui simplifie certainement la procédure. Ainsi des journalistes ont pu être jugés et condamnés … en secret. Pour mémoire, le chroniqueur Jaime Khashoggi a été assassiné au Consulat d’Arabie saoudite en Turquie, sur instruction, selon le Rapporteur des Nations Unies, du Prince Salman.

    26 journalistes seraient également en prison en Egypte. Comme l’an passé. Certains ont été libérés, placés sous surveillance, de nouveaux ont été arrêtés, notamment avant une manifestation qui protestait contre la corruption de l’armée.

    11 journalistes -seulement- ont été emprisonnés en Iran. Un reporter a été arrêté pour un tweet, moquant une coupure d’internet, qui disait : « Bonjour, monde libre ».

    Trois journalistes ont été arrêtés en Algérie, et cinq sites d’information indépendants en ligne ont été fermés. 39 journalistes sont emprisonnés en Afrique sub-saharienne, la plupart en Erythrée. Pour le Comité, la liberté d’expression régresse dangereusement en Ethiopie et au Nigeria.

    12 journalistes sont en prison au Vietnam, trois dans l’ensemble des Amériques. La Russie a maintenu sept journalistes en prison, dont quatre en Crimée.

    Généralement, les journalistes sont accusés de subversion ou d’atteinte à l’Etat ou à la Nation. Un nouveau chef d’accusation est apparu, qui semble à la mode en raison des « fake news », celui de diffusion de « fausses informations ». 30 journalistes ont été incarcérés pour ce motif, notamment en Egypte. La Russie et Singapour ont adopté des lois pour criminaliser la publication de fausses informations. Seuls les dirigeants ont le droit de mentir, relevait déjà Platon.

    A noter que 98% des journalistes emprisonnés sont des reporters locaux. Plus de la moitié des journalistes emprisonnés sont des reporters publiant en ligne. On comprend que le contrôle d’Internet, en Chine, en Russie ou en Iran, derrière des discours de souveraineté, est d’une importance capitale pour le pouvoir.

    On est frappé de voir la légèreté des accusations, la crainte et la haine qui se révèlent avec les coups et les tortures lors des arrestations et des procès. Les régimes policiers, qui contrôlent totalement la presse, ont encore besoin de sévir, même si certains régimes sont si bien installés qu’ils n’ont plus besoin de surveiller les journalistes.

    Les arrestations de journalistes ne sont qu’un des éléments de contrôle de la population. Il n’existe pas de pays où les journalistes sont en prison sans que des milliers d’autres personnes y soient aussi enfermés pour des raisons politiques.

    Cette comptabilité ne fait pas état des journalistes assassinés, elle relève seulement l’attitude « officielle », assumée des dirigeants.

  • Ces étrangers devenus Français par leur mérite

    En septembre 2018, Evan Spiegel, richissime co-fondateur du réseau social Snapchat, qui revendique 2010 millions d’utilisateurs quotidiens, a été naturalisé citoyen français. L’homme, dont la fortune est estimée à plus de 3 milliards de dollars, ne réside pas en France, a une épouse australienne, le mannequin Miranda Kerr, a introduit sa demande via le consulat de France à Los Angeles, et n’a pas d’ancêtres français.

    La procédure, fait rare mais non inédite, a pourtant pu aboutir grâce au principe des « étrangers émérites ».

    Ainsi, la nationalité française peut être accordée à un étranger francophone qui contribue par son action émérite :

    – au rayonnement de la France,

    –  et à la prospérité de ses relations économiques internationales.

    Evan Spiegel, le co-fondateur de Snapchat

    Et ces deux conditions sont cumulatives. Ainsi, M. Spiegel, francophile qui se rend plusieurs fois par an à Paris et qui obtint par la même occasion la naturalisation de son fils Hart, est aussi un investisseur important dans l’Hexagone via notamment la start-up parisienne Zenly, qui permet de géolocaliser ses amis. En l’occurrence cela peut sembler étonnant tant Snapchat est une société éloignée du rayonnement de la France. Elle est basée à Santa Monica, est un pur produit de la nouvelle économie californienne, est certes disponible en français mais parmi 21 autres langues …

    Des précédents célèbres

    Evan Spiegel n’est pas le seul à bénéficier de cette situation. Les trois héros américains du Thalys ont été naturalisés français lors d’une cérémonie à Sacramento en Californie en 2019. Souvenons-nous : Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone avaient empêché un potentiel carnage en août 2015 en maîtrisant un djihadiste marocain armé dans un train reliant Amsterdam à Paris.

    La France les avait d’abord décoré de la Légion d’honneur avant de leur accorder, suite à leur demande et après de fréquents voyages en France, la nationalité.

    A l’inverse, la Russie a accordé à Gérard Depardieu la nationalité russe après son différent avec le gouvernement de Jean-Marc Ayrault sans qu’il ne réside, réellement, dans le pays ni n’en parle la langue.

    Ces nationalités nouvelles ne risquent-elles pas de devenir « gadget » ? Une chose est sûre en tout cas, la France sait reconnaitre ses citoyens naturalisés à leur juste valeur, Marie Curie, née polonaise et qui repose au Panthéon, en est sans doute le plus bel exemple.

  • La zone euro et la nasse japonaise

    Depuis plus trente ans, le Japon connait une faible croissance, un taux de chômage réduit, des taux bas et un endettement croissant. Depuis la crise de 2008, l’Europe tend à ressembler au Japon. La progression du PIB évolue entre 0 et 2 %, l’inflation éprouve les pires difficultés à atteindre l’objectif assigné par la Banque centrale européenne malgré le retour du plein emploi. Tout comme au Japon, la politique monétaire ne semble pas capable de favoriser une hausse des prix.

    Si des points de ressemblance existent entre la zone euro et le Japon, des différences importantes doivent être soulignées. Au début des années 90, le Japon sortait d’une phase de forte croissance. Le PIB par tête japonais augmentait alors de plus de 4 % par an. Des prévisionnistes estimaient que le pays pouvait devenir autour de l’an 2000 la première puissance économique mondiale. Les pays européens et les États-Unis adoptaient des mesures protectionnistes pour se protéger des exportations japonaises (dédouanement des magnétoscopes à Poitiers ou quota de voitures japonaises vendues en Europe).

    À partir des années 90, le Japon est confronté à une série de chocs économiques et financiers. Le premier est lié à l’élévation des taux d’intérêt provoquée par les banques centrales pour contrecarrer des tensions inflationnistes. Cette hausse provoque une forte baisse de la valeur des actifs. La bulle immobilière éclate au Japon. Il en fut de même pour Paris entre 1993 et 1997. Au Japon, le marché actions recule alors fortement. La capitalisation boursière passe de plus de 100 % de PIB à moins de 60 % entre 1988 et 1992. La croissance du crédit diminue de manière quasi-continue du début de l’année 1997 jusqu’à la fin de l’année 2012.

    Face à cette crise, les autorités japonaises sont désemparées et tardent à prendre des mesures de soutien à l’activité. C’est dans un contexte détérioré que le Japon est touché par la crise des économies de l’Est asiatique à partir de 1997. Il entre en récession en 1998. Le Gouvernement pour réduire le déficit décida alors une hausse de la TVA qui ne fit que ralentir l’économie. Devant la persistance de la crise, la banque centrale fut appelée à l’aide. Elle abaissa ses taux assez rapidement, taux qui depuis sont restés à des niveaux historiquement bas. Les taux directeurs de la Banque du Japon sont ainsi passés de 6 à 0 % de 1991 à 1999. La déflation mesurée à partir de l’inflation sous-jacente (inflation calculée en excluant les prix soumis à l’intervention de l’État – électricité, gaz, tabac – et les produits à prix volatils comme les produits pétroliers, les produits frais, les produits laitiers, les viandes, les fleurs et les plantes qui subissent des mouvements très variables dus à des facteurs climatiques ou à des tensions sur les marchés mondiaux) s’est installée au Japon.

    À partir de la fin des années 90, la demande intérieure japonaise est déprimée. Les agents économiques privilégient alors le désendettement et réduisent leurs investissements. Le pays commence également à souffrir de la concurrence des pays émergents. Les hausses de salaire se réduisent. Le vieillissement de la population est par ailleurs un fort facteur déflationniste.

    La crise de 2008/2009 constitue un troisième choc pour l’économie japonaise. Cette dernière enregistre un des plus forts reculs du PIB, au sein de l’OCDE, -5,5 % en 2009, après -1,1 % en 2008.

    Le Premier Ministre Shinzō Abe met alors en place une politique de soutien à l’activité en diminuant les taux, en augmentant les dépenses publiques avec à la clef une forte progression de l’endettement public qui atteint 240% du PIB. Jusqu’à l’heure, l’impact de cette politique sur la croissance et les prix demeure limité.

    Depuis trente ans, l’Europe a connu des évolutions économiques assez heurtées. Elle a ainsi subi une phase de récession en 1993 en liaison avec la hausse des taux d’intérêt suivie par une reprise assez vive des années 1997 à 2000 jusqu’à l’éclatement de la bulle Internet. Après une phase de consolidation, la croissance était en progrès juste avant la survenue de la récession de 2008/2009.

    Le PIB de la zone euro s’est contracté en 2009. La crise des dettes souveraines provoque une nouvelle récession en 2012 et 2013 (recul du PIB de respectivement de 0,9 et de 0,2 %). Depuis dix ans, l’inflation n’a pas retrouvé son niveau d’avant crise. La croissance du PIB par habitant a été durablement altérée. La convergence des différents États au sein de la zone euro a cessé. Les pays du Sud de la zone, notamment l’Italie et l’Espagne, ont été plus sévèrement touchés par la crise de la dette en 2012 et ont connu de ce fait un fort recul de leur PIB. À la différence du Japon, les pays de la zone euro n’ont pas connu une diminution des prix des actifs immobiliers ou financiers. Après avoir baissé durant les récessions, ils sont repartis à la hausse depuis la mise en place de la politique monétaire accommodante en 2015. Les taux d’intérêt réels en zone euro sont orientés à la baisse depuis une dizaine d’années. Cette tendance est en phase à celle constatée dans la quasi-totalité des pays avancés. Tout comme au Japon, elle se nourrit également de l’excès d’épargne.

    Si la démographie européenne est déclinante, la situation est moins marquée qu’au Japon. La population continue à augmenter en zone euro (+0,2 % en 2018) quand le Japon perd chaque année près de 200 000 habitants (-0,15 %). La population active a commencé à baisser depuis 1995 ; celle de la zone euro, en 2011. La croissance potentielle avoisine, compte tenu de l’évolution de la population et des gains de productivité, 1,2 à 1,4 % quand elle ne dépasse pas 0,5 % au Japon. Les États membres sont plus ouverts à l’immigration que le Japon, ce qui, à terme, peut constituer un atout.

    Pour éviter de s’enfermer dans la nasse japonaise, les États de la zone euro tireraient avantage à renforcer leurs liens économiques en parachevant le marché unique et en mettant en place un réel marché des capitaux unifié. La mise en place d’instruments budgétaire de nature fédérale constituerait également une solution afin de faciliter la convergence des différents États membres et relancer la croissance.