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  • Carlos Ghosn : le plus célèbre des Français de l’Etranger en fuite au Liban

    Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault-Nissan, ne finira pas l’année 2019 au Japon où il était assigné à résidence depuis le 25 avril, dans l’attente de son procès programmé pour 2020. Dans un communiqué, il a lui-même confirmé qu’il ne se trouvait plus à Tokyo. « Je suis à présent au Liban. Je ne suis plus l’otage d’un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité », a-t-il écrit, selon un document transmis par ses porte-parole. « Je n’ai pas fui la justice, je me suis libéré de l’injustice et de la persécution politique. Je peux enfin communiquer librement avec les médias, ce que je ferai dès la semaine prochaine », a-t-il ajouté.

    « La manière dont il a quitté le Japon n’est pas claire »

    Une source sécuritaire libanaise a confirmé lundi l’arrivée de L’homme d’affaires franco-libanais dans le pays. Un autre responsable libanais a pour sa part ajouté « que la manière dont il a quitté le Japon n’est pas claire ».

    Carlos Ghosn avait été arrêté à Tokyo le 19 novembre 2018 et est inculpé au Japon pour abus de confiance et pour dissimulation de revenus. Détenu pendant plusieurs mois au Japon, il a été libéré une première fois sous caution en mars 2019, avant d’être de nouveau arrêté début avril et encore libéré sous caution dans de strictes conditions fin avril.

    Des conditions de détention dénoncées par ses proches

    Depuis son arrestation, ses avocats et sa famille ont vivement dénoncé ses conditions de détention et la façon dont la justice japonaise mène la procédure dans ce dossier. Adulé pendant des années au Japon pour avoir participé au renouveau de Nissan, Carlos Ghosn avait lui-même dénoncé dernièrement un « complot » de la part de Nissan pour empêcher un projet d’intégration plus poussée avec Renault.

    Les conditions de liberté de l’ex-PDG de Renault-Nissan précisaient que ses passeports étaient gardés par ses avocats, garants du respect des règles imposées par la justice à son égard. Son assignation à résidence à Tokyo lui laissait la liberté de voyager à l’intérieur du Japon, mais la durée d’absence de son domicile était réglementée. Carlos Ghosn et ses avocats se plaignaient qu’il était suivi en permanence depuis sa deuxième libération sous caution en avril, accusant dans un premier temps des officiers du bureau des procureurs.

  • « Afghanistan papers » : les mensonges volontaires américains

    Selon le Washington Post, qui a révélé des documents internes à l’administration américaine, sous le nom d’ « Afghanistan papers », les Présidents Bush, Obama ont été mis au courant des échecs  des projets américains pour la reconstruction du pays tout en les cachant  « Nous étions dépourvus de la plus élémentaire compréhension de l’Afghanistan, nous n’avions pas la moindre idée de ce que nous entreprenions », a confessé le général Douglas Lute, chargé de superviser la guerre en Afghanistan.

    L’agence créée par les Etats-Unis en charge de la reconstruction de l’Afghanistan a réalisé une enquête interne, interrogeant plus de 600 responsables. Ce sont ces documents auxquels aurait eu accès le Washington Post. Ils montrent que les Présidents, tout en étant au courant des échecs concernant la lutte contre la corruption ou la construction d’une armée afghane capable de faire face aux Talibans, ont continué à injecter des sommes considérables dans cette guerre, la plus longue de l’histoire américaine : 18 ans.

    Quoiqu’informés, les Présidents ont toujours suivi l’avis des chefs militaires et des conseillers. On comprend mieux pourquoi certaines hésitations sont apparues, et comment Donald Trump en vient aujourd’hui à négocier avec … les Talibans.

    Comment le mensonge a été maintenu, par le commandement militaire, les diplomates, les officiels, et, d’une certaine façon, par les medias ?

    La réalité et la constance de ces mensonges, désormais révélés, expliquent la tendance de l’opinion publique américaine à se détourner de toute intervention à l’étranger. La puissance militaire américaine et les milliards de dollars, avec l’aide des ONG et de nombreux alliés, a failli.

    C’est que la puissance ni l’argent ne suffisent pas.

    Question annexe : pourquoi tant de personnes compétentes, intelligentes et dévouées à leur pays ont-elles occulté la réalité ? Cette question ne concerne pas que les Américains, les dirigeants ou l’Afghanistan. Il y a d’un coté l’intelligence collective, et en regard, l’aveuglement collectif.

    Les Forces françaises sont intervenues de 2001 à 2012 en Afghanistan. La France a représenté la 4ème force d’intervention sur place. 50.000 militaires français ont été engagés au cours de ces années. 89 soldats ont été tués, plusieurs centaines ont été blessées.

    Etait-il possible de ne pas participer à ce qui était la réponse aux attentats du 11 septembre ? Sans doute pas. On doit en revanche s’interroger sur les limites de la force, des aides, et l’implication des populations locales.

    Le fait d’entretenir les mensonges et de masquer les échecs a contribué à entretenir les erreurs. La première victime, dans une guerre, c’est toujours la vérité.

     

     

  • Quand l’Olympique de Marseille nettoie les calanques

    Le club marseillais s’est lancé dans une démarche développement durable tous azimuts.

    Près de 28 sacs poubelles remplis de déchets ramassés et triés. C’est le score réalisé par les joueurs de l’équipe U11 de l’OM lors d’une journée éducative et ludique de ramassage des déchets, organisé par le club, dans les calanques de Marseille avec l’association Clean My Calanques. L’idée était de les sensibiliser au respect de l’environnement et notamment sur la problématique de la pollution plastique en Méditerranée. Une sortie en mer sur le bateau du WWF, le Blue Panda, avait d’ailleurs été organisée à cette occasion.

    Premier stade certifié ISO20121 en France

    Derrière cette journée symbolique, l’OM affirme vouloir changer d’image, et devenir  « un acteur exemplaire de l’écosystème du football et du sport en France, en intégrant une démarche de responsabilité sociétale d’entreprise sur l’ensemble de ses métiers », comme le précise Thierry Aldebert, le directeur général adjoint du club en charge des opérations. L’enceinte de l’OM a été le premier stade de France à avoir obtenu l’an dernier une certification ISO 20121, une norme qui garantit une politique de développement durable, et une meilleure maîtrise des impacts sur la société et l’environnement. Une transformation complète a été réalisée entre l’année 2010 et 2014 afin d’accueillir l’Euro 2016 de football, avec des objectifs ambitieux en termes de développement durable. Au cours de ce vaste programme de rénovation, l’Orange Vélodrome s’est notamment doté d’une boucle de chaleur en liaison avec la station d’épuration voisine, d’un dispositif de récupération des eaux de pluie en toiture qui alimentent les eaux grises du stade, mais aussi de l’installation d’éoliennes urbaines.

    Sus aux déchets

    Ce souci de préservation de l’environnement se traduit aussi par la mise en place d’un tri sélectif, grâce à son étroite collaboration entre les différents opérateurs de l’Orange Vélodrome. Ainsi, selon Thierry Aldebert, « ce système a su rapidement démontrer son efficacité puisque presque 70% des déchets produits sur le stade sont désormais valorisés ». En complément de ce dispositif, « l’OM assure une collecte des bouchons de bouteilles en plastique grâce à la collaboration avec l’association marseillaise R.A.M.H (Relais d’Aide Matérielle aux Handicapés) », ajoute t-il. Ceci permet, par la vente de ces bouchons à un plasturgiste, de collecter des fonds afin d’aider des familles touchées par le handicap. Une collaboration existe également avec la banque alimentaire, qui distribue les denrées invendues pendant les matchs de football à des personnes dans le besoin.

    Le transport en question

    Mais la mobilité est au final est enjeu plus compliqué à gérer. Un partenariat avec la SNCF a d’ailleurs été mis en place pour limiter autant que possible les déplacements en voiture des supporters de l’OM : ils bénéficient d’un tarif préférentiel pour rallier Marseille, en empruntant les lignes de TER depuis les grandes villes de région, comme Avignon ou encore Toulon par exemple, les jours de match.

  • Cyberattaque à La Nouvelle-Orléans

    La maire de la Nouvelle Orléans, Latoya Cantrell,  a  déclaré l’état d’urgence, après une cyberattaque qui a paralysé, en partie, les services municipaux.  L’attaque a été d’envergure. La ville a fonctionné au ralenti.

    C’était le 13 décembre, à cinq heures du matin. Les services de la ville n’en ont été informés qu’à onze heures. Les employés de la ville ont été invités à débrancher leurs appareils. Tous les serveurs de la Ville ont été coupés. Les services municipaux sont revenus à un fonctionnement minimal, au papier et au stylo, sans ordinateurs. Le Wifi et les sites des services de la ville ont été interrompus. Les standards téléphoniques ont continué à fonctionner, notamment les numéros d’urgence. Une plateforme web de secours a été mise en place.

    Curieusement, les services spécialisés n’ont pas constatés de pertes ou de vols de données. La maire a déposé une déclaration d’urgence auprès du Tribunal.

    Pourtant la Maire a déclaré ne pas avoir reçu de demande de rançon, ce qui était la première hypothèse, compte tenu du virus employé : un malware qui paralyse les systèmes en chiffrant l’intégralité des fichiers. Les pirates proposent ensuite une clé de déchiffrage contre paiement. Le chef du service de sécurité informatique de la ville, Kim La Grue,  a signalé une campagne de phishing parallèle visant à récupérer des informations confidentielles, en envoyant des mails demandant des mots de passe et des noms d’utilisateurs.

    Les services municipaux ont procédé à de nombreuses vérifications avant de fonctionner à nouveau. Sans que l’on soit absolument certain que toutes les infections ont été décelées.

    Cette cyberattaque n’est pas la première en Louisiane. Trois écoles avaient été attaquées et rançonnées en juillet dernier.

    D’autres villes ont déjà été attaquées, comme Baltimore en mai 2019. 10.000 ordinateurs des services municipaux avaient été paralysés. Une rançon de 100.000 dollars avait été demandée, en bitcoin. La rançon n’a pas été payée, mais il en a couté, dit-on, 16 millions de dollars à la ville pour réparer et repenser son système.

    Il est possible que cette cyberattaque d’envergure soit un test ou un prélude, visant soit la Nouvelle-Orléans de nouveau, soit d’autres villes ou institutions.

    Toutes les organisations doivent prévoir la possibilité de telles attaques. Et des systèmes d’assurance. Une aubaine pour les services de sécurité informatique.

     

    D’AUTRES VILLES AVAIENT DÉJÀ

    ILE ST

  • une bonne raclette pendant les fêtes

    Outre le foie gras , le champagne, les huîtres, un autre incontournable de la période des fêtes et plus largement de l’hiver, est ce qui touche au fromage fondue : raclette et fondue savoyarde.  La première vient de Suisse, du canton de Valais, la deuxième comme son nom l’indique de Savoie.

    La fondue, composée de fromage, le gruyère ou l’emmental de Savoie par exemple, se déguste avec du pain plongé dans le fromage. La raclette, outre le fromage fondu, est composée de charcuterie, de pommes de terres, parfois d’œufs…

    Si la raclette est suisse, la fondue est française

    Des plats certes peu diététiques mais fort appréciés en cette période hivernale. Cela explique sans doute largement qu’ils soient fort appréciés dans les stations de ski.

    La diaspora savoyarde et suisse favorisent la promotion des fromages des Alpes

    Comme nous l’a indiqué Laurent Rigaud, conseiller AFE et par ailleurs président de l’Association Savoyards du Monde , la communauté Savoyarde aime à travers le monde perpétuer ses traditions.

    De fait, les fromageries sont présentes partout. A New York, citons le Zabar’s au 2245 Broadway ou encore le French Cheese Board au cœur de Soho.

    Toujours au sein de la communauté anglo-saxonne, moins encline que les Français à déguster du fromage fondu, il y a l’incontournable « la fromagerie » à Londres à Marylebone. Une immense sélection de fromages qui permettront, entre autres, de déguster fondue et raclette.

    Plus compliqué de trouver de bons produits en Australie, mais pas impossible. A Sydney, retenons l’artisan cheese  et sa large sélection de produits artisanaux.

    Une consommation au-delà des communautés d’origine

    La raclette et la fondue ont largement dépassé le cadre unique de la communauté des Alpes. La Käserie , à Berlin, propose un large choix de produits. Idéal pour les Français de Berlin mais aussi pour les locaux !

    Il en est de même pour la petite boutique à Singapour, la fromagerie à Hong Kong … Difficile de passer à côté de délicieux fromages des Alpes, y compris à l’autre bout du monde.

    Vous connaissez d’autres bonnes adresses ? N’hésitez pas à nous les faire connaitre !

  • Une année formidable

    Les Français de l’étranger ont vécu une année formidable. La mère patrie aurait pu les taxer, le texte était voté, finalement, le gouvernement a décidé un moratoire : On verra après les élections. Les subventions aux associations auraient pu être supprimées, elles n’ont été réduites que d’un tiers. Des Ambassades auraient pu être fermées, seuls des services consulaires l’ont été. Les moyens diminuent aussi pour le réseau de l’enseignement français, mais cela n’empêche pas le nombre d’élèves d’augmenter. Une bonne année donc : ça aurait pu être pire.

    Si les moyens diminuent, la faute à qui ? Aux entreprises qui n’exportent pas assez, puisque le commerce extérieur reste désespérément négatif. Normal, elles sont plus taxées que leurs concurrentes. C’est le même cas en Italie, dont l’économie s’atrophie. Le nouveau groupe PSA-Fiat ne sera donc ni en France ni en Italie, mais aux Pays-Bas. Pas besoin d’être économiste pour savoir ce qu’il faut faire pour garder ses entreprises et ses cerveaux. Cette année encore, la France a été championne du monde de la fiscalité.

    Ça aurait pu être pire.

    Mais cela va changer. Le gouvernement annonce des baisses d’impôts. L’intention est bonne. Le nombre de créations d’entreprises en France explos. Le nombre de chômeurs diminue -ce n’est qu’un début faut-il espérer : Le taux de chômage en France est encore à 8.5%. En Grande-Bretagne, malgré le Brexit : 3.8%. Allemagne : 3.1%. Etats-Unis : 3.5%. Suisse : 2.3%. L’exception française n’est pas toujours positive.

    Privilégiés, comme certains osent le dire à l’Assemblée, les Français qui vivent à l’étranger n’ont eu leur Noël gâché ni par les Gilets jaunes, (c’était l’année dernière), ni par la grève des transports. Cette année, Paris a connu son record de jours de grève et son record de chaleur. Aucun rapport ? Aucun, sinon que les problèmes du passé pèsent plus lourdement encore que les angoisses de l’avenir. 6 milliards de subventions pour la SNCF par an, qui a obtenu du magazine « 20 millions de Consommateurs » le cactus d’or de l’année, qui désigne l’entreprise qui a « pourri le plus la vie des Français ». Autant d’argent qui ne va ni dans les transports du futur, ni dans l’Intelligence Artificielle, la recherche, la médecine ou l’université… ni dans le pouvoir d’achat. Soit, les Français de l’étranger ont évité ces problèmes franco-français mais en ont subi des conséquences budgétaires. Comme il y a bientôt des élections consulaires, ce sera l’occasion d’en reparler. Et de faire des choix. S’ils se font un peu mieux entendre, s’ils votent un peu plus, peut-être seront-ils mieux entendus.

    En 2020 les élections consulaires

    Epargnés cette année par les aléas de la politique intérieure, les Français de l’étranger ont vécu plus que d’autres les tourbillons de la politique internationale. Et là encore, bonne année. Plus par ce qui ne s’est pas produit que par les bonnes nouvelles : Trump a abandonné ses alliés mais n’a pas déclaré de nouvelle guerre. Alors qu’on attendait une crise, jamais l’économie américaine ne s’est mieux portée qu’en 2019. La Russie n’a envahi personne. La guerre commerciale sino-américaine retient son souffle. Les Etats du Sahel ne se sont pas effondrés. Daesh a été sinon vaincu, du moins dispersé. L’Europe a résisté aux coups des eurosceptiques, des Britanniques, des Américains et des Russes. La Grèce, l’Irlande, le Portugal retrouvent des couleurs. Le Brexit aura bien lieu, mais avec un accord. En Russie, en Iran, à Hong Kong, en Algérie, en Irak, au Liban, des manifestations, semaine après semaine, réclament plus de démocratie, souvent au prix du sang.  Ceux-là méritent tous les honneurs.

    Bien sûr, ce qui a été évité en 2019 peut se produire en 2020. Et bien d’autres choses aussi.

    51% sont « très fiers » d’être français

    Les Français, s’ils restent les plus pessimistes des Européens, sont plus fiers que jamais d’être Français : 51% sont « très fiers », contre seulement 35% en 1990, détaille une enquête del’European Values Study, réalisée tous les neuf ans, publiée dans « La France des Valeurs », par le CNRS en avril 2019.

    Sans cocorico, tant ils savent que la France risque de décrocher de la révolution mondiale en cours, qui met en cause aussi bien l’Etat, les institutions, les statuts, les entreprises, la monnaie, les frontières, les liens familiaux. Chaque société est traversée de ces déchirements imposés. C’est vrai en Algérie comme à Hong Kong aux Etats-Unis et en France. Cela peut donner le meilleur comme le pire, des régimes peuvent s’effondrer, des certitudes s’envoler.

    Sur quoi peut-on s’appuyer ? Sur soi-même, disent les Français, individualistes et solidaires. En 2019, les Français, sont plus altruistes que jamais. Ils ne se sont jamais autant intéressés aux affaires du monde, aux pauvres, aux personnes âgées, à leurs concitoyens (plus du double en dix ans, selon l’étude). Peut-être parce qu’ils sentent que tout est plus fragile. Ils veulent aussi prendre leur vie en main : «  Les Français veulent choisir leur manière de vivre », dit le responsable cette enquête[1] « Et cela se retrouve dans tous les domaines de la vie : acceptation du divorce, de l’avortement, de l’homosexualité, du suicide, de l’euthanasie… Autonomisation, refus des contraintes, épanouissement personnel : chacun veut avoir son mot à dire.»  Tant mieux. Avoir son mot à dire, être plus autonome, plus libre et plus solidaire, ce sont des exigences difficiles, qui supposent que l’on attend moins des institutions, des organisations, et plus des autres, dans le comportement personnel, osons dire l’éthique. Et pourquoi pas ? C’est ainsi que fonctionnent les sociétés, les sociétés de confiance, plus que par les règlements. C’est un excellent début pour chacun d’entre nous de commencer par ces signes de solidarité dans les communautés de Français à l’étranger.

    2020, l’optimisme est un devoir

    Il y a beaucoup de critiques à élever vis-à-vis de la France, de la politique, des dirigeants. Il y a beaucoup de craintes à avoir lorsque l’on regarde les événements le chaos du monde. Il y a aussi beaucoup de chances, d’opportunités, de facilités, de liens nouveaux.

    Personne ne peut dire ce que sera 2020. On peut seulement décider pour soi-même dans quel état d’esprit l’aborder. Quand le ciel est incertain, ou l’on reste chez soi, ou on ose. Par définition, les Français de l’étranger sont allés voir ailleurs. Aussi, plus que jamais, forts d’une France qui garde encore ses atouts, pour ceux qui vivent à l’étranger, l’optimisme est un devoir.

    Pour nous aussi, 2019 a été une excellente année. Déjà, nous avons évité bien des écueils. Et nous avons progressé : Près de 300.000 abonnés, plus d’un million deux cent mille visiteurs sur l’année.  Qui veut s’adresser aux Français de l’étranger nous appelle : plus d’un sur deux, -en âge de lire- a consulté lesfrancais.press. Alors, pour nous aussi, ce sera, au milieu des incertitudes, plus de nouveautés, d’ouverture, de curiosité. Et pour vous, plus d’informations, d’analyses, de points de vue.

    2020 sera une année formidable, vraiment. Quoiqu’il arrive : Même les tempêtes ont leur charme. Tout dépend comment on les vit.

    Bonne année.

    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press

    Ambassadeur, a. député.

     

    [1] Pierre Bréchon, Professeur à Science-Po Grenoble, coordinateur de l’étude.

  • 2020, plus difficile que 2019 ?

    L’impact des grèves des transports sur l’économie française est encore difficile à évaluer. Si ces dernières se poursuivaient jusqu’à la fin de l’année, une perte de 0,1 point de PIB ne serait pas surprenante. Les commerces de détail d’Île-de-France sont les plus touchés. Pour le moment, les sites en ligne n’ont pas constaté un accroissement substantiel de leurs ventes, les ménages préférant attendre le dernier moment pour passer commandes.

    Au-delà des vicissitudes du moment, le climat des affaires reste comme cela a été mentionné ci-dessus bien orienter. En 2019, l’économie française a bénéficié du plan de soutien post « gilets jaunes » portant sur 17 milliards d’euros, plan qui a freiné la chute de la croissance. La France, moins exposée au commerce international que l’Allemagne, a moins souffert de son ralentissement.

    En 2020, les effets des mesures gouvernementales s’atténueront, ce qui devrait peser sur la consommation. Pour l’INSEE, la croissance française s’établirait à +0,3 % au quatrième trimestre 2019, soit le même taux que lors des trois trimestres précédents. Pour le premier trimestre 2020, le taux de progression du PIB serait de +0,2 % avant de remonter à +0,3 % au trimestre suivant, pour un acquis de croissance de +0,9 % à la mi-2020 (calculé en prenant l’effet base de 2019), après +1,3 % sur l’ensemble de l’année 2019.

    Dans sa dernière enquête de conjoncture, la Banque de France se montre moins optimiste que précédemment sur l’évolution de la croissance en France. Si celle-ci devrait atteindre 1,3 % en 2019, elle ne serait plus que de 1,1 % en 2020. Par rapport à la prévision de septembre, la révision à la baisse est de 0,2 point. La Banque de France estime que la demande adressée à la France par les autres pays et notamment ceux non-membres de l’Union européenne devrait ralentir dans les prochains mois.

    En 2019, une grande partie des gains de pouvoir d’achat a été épargnée. La consommation ne tire pas également profit des créations d’emploi qui restent importantes depuis deux ans et cela malgré l’érosion de la croissance. Pour les économistes de la Banque de France, la consommation augmenterait de 1,5 % en 2020 et le taux d’épargne s’élèverait à 15 % du revenu disponible brut, soit un point au-dessus de la moyenne de ces dernières années. Les ménages, très attentistes, mettraient plus de temps que dans le passé à ajuster leurs dépenses de consommation quand leur pouvoir d’achat augmente. La rémanence des crises passées et les tensions sociales les pousseraient à la prudence.

    En revanche, la banque centrale s’attend au maintien d’un haut niveau d’investissement de la part des entreprises qui profiteraient ainsi des taux d’intérêt historiquement bas.

    L’INSEE a néanmoins une autre analyse. L’organisme statistique estime que l’investissement des entreprises pourrait décélérer en France comme dans l’ensemble de la zone euro. Cette baisse concernerait essentiellement les services. La construction pourrait pâtir, de son coté, du ralentissement des travaux publics à l’approche des élections municipales. Après une hausse de 1,4 % au troisième trimestre, l’investissement des entreprises n’augmenterait que de 0,1 point au quatrième. La hausse serait de 0,7 % au premier trimestre 2020 et de 0,6% au deuxième.

    Pour l’INSEE, depuis le début d’année 2019, les exportations françaises stagnent. Les livraisons automobiles sont orientées à la baisse et les exportations de services sont décevantes. Certes, au quatrième trimestre 2019 en raison d’importantes livraisons aéronautiques et navales, le commerce extérieur devrait avoir un impact positif sur la croissance. Un ralentissement est, en revanche, attendu au début de l’année 2020. Ainsi, la contribution du commerce extérieur à la croissance serait négative en 2019 (- 0,2 point de PIB) et son acquis pour 2020 serait encore négatif (-0,3 point).

    Après avoir été particulièrement dynamique au premier semestre 2019 (+170 000), l’emploi total ralentirait au second semestre (+94 000) puis au premier semestre 2020 (+88 000). Les services hors intérim resteraient les principaux moteurs de l’emploi (+61 000 puis +68 000 au premier semestre 2020), tandis que l’intérim continuerait de se replier légèrement jusqu’à la mi-2020. L’emploi industriel augmenterait un peu. Dans le secteur non marchand, l’emploi aidé repartirait à la baisse après s’être quasiment stabilisé au premier semestre 2019. L’emploi ralentit mais la hausse de la population active s’atténue permettant la poursuite de la baisse du taux de chômage. Il s’établirait à 8,2 % au printemps 2020 contre 8,5 % un an plus tôt.

    Pour l’INSEE, l’inflation devrait avoisiner 1,1 % en juin 2020, soit un niveau proche de celui de novembre dernier (+1,0 %). En raison de l’évolution de certains prix réglementés et de certaines taxes, l’inflation pourrait atteindre 1,4 % en février 2020 (augmentation de la fiscalité indirecte sur le tabac, durcissement du bonus-malus automobile, écotaxe sur les vols au départ de France, réduction de la durée des soldes à quatre semaines). L’inflation sous-jacente resterait, en revanche, proche de 1 % durant la période de prévision.

    En 2020, la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat est reconduite mais est conditionnée à la mise en place d’un accord d’intéressement, réduisant ainsi son champ Hors effet des primes, le salaire de base continuerait de croître durant la période de prévision de l’ordre de 0,4 % par trimestre, comme au troisième trimestre dernier. En 2019, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages devrait augmenter de +2,1 % après +1,2 % en 2018, soit, par unité de consommation, +1,6 % après +0,7 %.

    Au quatrième trimestre 2019, la consommation des ménages serait ponctuellement affectée par de moindres dépenses en énergie mais aussi en services de transport du fait des mouvements sociaux en octobre et décembre; à l’inverse, elle serait soutenue par un regain de consommation alimentaire. En début d’année 2020, elle conserverait un rythme de croissance de +0,3 % par trimestre.

    Parallèlement, le taux d’épargne des ménages atteindrait 15,2 % en fin d’année 2019. Comme lors des deux dernières années, l’INSEE considère que le taux d’épargne devrait baisser dans les prochains mois en refluant jusqu’à 14,7 % au deuxième trimestre 2020. L’année 2020 est annoncée médiocre malgré les experts qui ont toujours en tête la fin du cycle économique.

    La conclusion de l’accord sino-américain sur les échanges commerciaux et la mise en œuvre d’un Brexit négocié devraient lever quelques incertitudes. Le Président américain dans la perspective des élections du mois de novembre 2020 souhaitera mettre en avant les résultats obtenus au niveau de la croissance. Par voie de conséquence, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour la maintenir dans les prochains mois à un haut niveau.

  • Retraites : syndicats et Gilets jaunes, la convergence ?

    Un week-end de galère dans les transports, mais aussi de manifestations contre la réforme des retraites. Désormais plus long que celui de 1995 dans les transports (22 jours), le conflit en est ce samedi à son 24e jour et pourrait dépasser les 28 jours atteints en 1986-1987 à la SNCF, également sans trêve de Noël.

    Plusieurs syndicats avaient appelé à des manifestations samedi, rejoints par les Gilets jaunes, notamment dans la capitale. La police a compté 4500 manifestants dont 800 Gilets jaunes.

    Environ 300 d’entre eux, dont Jérôme Rodrigues, une figure du mouvement, sont partis de la place de la Bourse peu avant 12h30 pour rejoindre la gare du Nord et la manifestation interprofessionnelle des unions régionales de la CGT, FO, Solidaires et de la FSU qui s’est ensuite dirigée vers Châtelet.

    Des pancartes proclamaient « Age pivot, âge tombeau », en écho à l’ « âge d’équilibre » assorti d’un bonus-malus que le gouvernement veut fixer à 64 ans en 2027, ou encore « Grève, blocage, Macron dégage ».

    Les CRS sont intervenus près de Beaubourg. AFP/Olivier CORSAN

    Tensions près du centre Pompidou

    Près du centre Georges-Pompidou, devant le théâtre du Renard des manifestants, encagoulés, ont ensuite dressé des barricades avec des barrières de chantiers et mis le feu à des poubelles.

    Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour répliquer à des jets de projectiles et dégager les barricades.

     Les forces de l’ordre ont également utilisé des drones pour visualiser les mouvements de foule dans les rues étroites entre le centre Pompidou et l’hôtel de ville.

    La situation semblait revenue à la normale vers 16 heures alors que les manifestants arrivaient en nombre place du Châtelet, où ils se sont finalement dispersés. Six personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.

    Rassemblements à Bayonne, Nancy, Saint-Etienne

    Ailleurs en France, la mobilisation contre la réforme des retraites a rassemblé quelque 900 manifestants à Nancy (Meurthe-et-Moselle), selon l’Est Républicain. Des manifestants ont été repoussés par les forces de l’ordre place de la République.

    A Aulnoye-Aymeries (Nord), environ 500 personnes ont défilé, selon SUD-Rail. « Pour un week-end en période de fêtes, c’est pas si mal que ça », a réagi Marc Lambert, délégué de ce syndicat, qui « attend que tout le monde s’y mette, et pas seulement les cheminots, pour obtenir le retrait de la réforme».

    À Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), ils étaient 1100 selon la police, 2200 d’après les syndicats. Venu de Dax (Landes), Gilberto, 58 ans et « au chômage depuis 4 mois », s’interroge : « Est-ce que notre société veut s’occuper des vieux, leur donner une fin de vie décente? Notre modèle de société fait qu’il y a des gens qui crèvent de faim et, moi, c’est quelque chose que je ne peux pas supporter ». À Amiens, quelque 200 personnes ont manifesté dans le centre-ville, selon le Courrier Picard.

    Une centaine de manifestants se sont par ailleurs rassemblés à Toulouse, selon l’AFP, qui en a dénombré 500 à Saint-Etienne et 150 devant la gare de Rennes. En Bretagne, des mobilisations ont eu également eu lieu à Saint-Brieuc et à Carhaix, selon Ouest-France. À Bordeaux, « au moins 200 personnes » étaient présentes au départ de la manifestation, rapporte France Bleu Gironde.

    La CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF, avait appelé à manifester dans de nombreuses villes.

    Malgré les appels d’Emmanuel Macron, mais aussi du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui soutient le principe d’un système universel de retraite même s’il s’oppose à l’instauration d’un âge pivot (tout comme la CFTC et l’Unsa), aucune trêve n’est intervenue pour les fêtes de fin d’année.

    La reprise des concertations entre le gouvernement et les organisations syndicales et patronales n’est prévue que pour le 7 janvier.