Le magazine des Français de Chine, Trait d'Union, s'engage pour l'océan avec la Fondation Tara

Dès ce mois-ci, Trait-d’Union s’engage à soutenir la Fondation Tara Océan en partageant régulièrement des nouvelles de l’ONG scientifique française, qui œuvre depuis plus de quinze ans sur la connaissance des océans, afin de prédire, anticiper et mieux gérer les risques climatiques. Une page permettant de mieux comprendre le travail effectué, suivi de quelques questions à l’équipe.

Par Isabelle Chabrat, avec la Fondation Tara Océan

Lors de la précédente expédition dans le Pacifique, dédiée à l’étude des coraux, la goélette avait fait escale à Hong-Kong en mars 2018 pour une dizaine de jours. Sensibiliser et éduquer les jeunes générations étant au cœur du projet de la fondation, plus de 700 élèves avaient eu l’occasion de monter à bord pour découvrir l’univers passionnant qu’offre ce laboratoire scientifique flottant.
Depuis le printemps, la Fondation Tara Océan a lancé une nouvelle mission « Microplastiques 2019, aux origines de la pollution plastique », dont le volet scientifique est coordonné par le CNRS.
D’où viennent les déchets plastiques ? Sous quelles formes arrivent-ils en mer ? Où faut-il concentrer nos efforts pour stopper leurs flux ? Quels impacts ont-ils sur la biodiversité marine et le vivant ?
Aujourd’hui, on estime que 80 % des déchets plastiques en mer sont d’origine terrestre. Pluie ruisselant sur les routes, caniveaux, lacs, rivières ou fleuves sont autant de vecteurs des déchets produits par chacun d’entre nous qui finissent par se retrouver dans l‘océan. Pour la fondation, il est urgent d’explorer et décrire ces fuites vers la mer pour mieux endiguer cette «hémorragie».
Habituée à parcourir les mers, c’est donc cette fois en amont que la goélette a prévu de travailler avec les équipes scientifiques, en pratiquant des échantillonnages sur 10 des 15 principaux fleuves d’Europe : la Tamise, l’Elbe, le Rhin, la Seine, la Loire, la Garonne et le Rhône, le Tage, l’Ebre et le Tibre.

Deux objectifs principaux :

• Identifier les sources de pollution, comprendre leur fragmentation dans les fleuves et prédire leur dispersion vers l’océan
• Comprendre leurs impacts sur la biodiversité marine et leurs effets sur la chaîne alimentaire

 

« La mission microplastiques 2019  va contribuer à la recherche fondamentale, comme l’ensemble des expéditions menées par la fondation, mais celle-ci comporte un enjeu sociétal fort, dont toutes les générations doivent s’emparer à présent pour changer notre rapport aux ressources, à leur préservation, et à très court terme changer de mode de consommation, de production », explique Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Océan.
Depuis les premiers prélèvements à Londres début juin 2019, la goélette a déjà effectué une bonne partie du trajet avec des étapes phares comme Hambourg, Brest, Rome ou Marseille. Elle finira sa boucle par un retour prévu à Lorient, son port d’attache, le 23 novembre. D’ici-là, n’hésitez pas à suivre son parcours en live sur : www. fondationtaraocean.org

Trait d’Union : Quel souvenir gardez-vous de votre passage à Hong-Kong ?
Fondation Tara Océan : La rencontre avec Hong-Kong a été mémorable, cette escale nous a permis de partager des enjeux avec le jeune public, avec les médias, et bien sur avec les scientifiques d’Hong-Kong University (HKU) … Un temps fort a été le nettoyage de plage mené par Sous les déchets la plage : les marins de Tara ont pu se joindre à un mouvement citoyen très engagé, très organisé, c’est un signal fort, on se dit que les choses bougent, même si le chemin est encore long pour une véritable transition plastique, on avance !

Trait d’Union : Avez-vous obtenu des résultats particulièrement significatifs sur les prélèvements de coraux effectués dans la zone ?

Il est encore un peu tôt pour parler de résultats. Mais il est apparu très nettement que la « rivière des perles » et la pollution qu’elle draine ont un impact fort sur la biodiversité corallienne. HKU y travaille depuis quelques temps déjà. Avec plus de sept millions d’habitants, Hong-Kong est une région très densément urbanisée. A proximité, la « rivière des perles » rejette d’importants volumes d’eaux usées, issues de la plus grande zone urbaine au monde en taille et en population. Dans le delta, les habitats marins subissent la très forte pression des activités humaines (développement rapide du littoral, surexploitation et pollution). Un niveau élevé de nutriments, une eau trouble, des déchets plastiques omniprésents, associés à une exploitation extensive, ont entraîné la dégradation des récifs. Squelettes de coraux largement érodés, abondance de maladies, quasi absence de poissons, la diversité corallienne y est très basse. Mais par rapport aux autres régions, les coraux semblent jusqu’à présent peu touchés par la hausse des températures.
Aujourd’hui donc, les très peu nombreux coraux de Hong-Kong sont considérés comme particulièrement résistants. Toutefois, bien que faisant figure de résistante du Pacifique la biodiversité marine y est devenue très pauvre.

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