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  • Le digital est-il l’ami ou l’ennemi de la croissance ?

    En 2018, Apple et Google contrôlaient 97 % des logiciels de téléphonie mobil. 65 % des recherches sur Internet sont effectuées en ayant recours au moteur de recherche de Google qui contrôle 60 % du streaming vidéo grâce à YouTube.

    Apple et Google ont capté la moitié du marché publicitaire sur Internet, marché qui représente plus de 50 % du marché total de la publicité sur le plan mondial. L’Apple Store propose plus de quatre millions d’applications; trois millions de téléchargement sont réalisés par heure. Ces téléchargements procurent un milliard de dollars de chiffres d’affaire par mois dont le tiers revient directement à Apple.

    Le coût du travail au sein des GAFA est quatre fois plus faible que celui constaté au sein des grandes enseignes de la distribution. Les entreprises du digital ont une capacité à mettre à contribution leurs usagers. Ainsi, le site TripAdvisor qui agrège les hôtels et les restaurants reçoit plus de 170 millions d’avis par an rédigés par 60 millions de personnes. Six nouveaux articles sont écrits gratuitement sur Wikipédia toutes les minutes. Proposées gratuitement, 95 % des applications téléchargées sur Apple Store, représentent plus de trois millions d’années de travail.

    Rares sont, dans le passé, des secteurs où une telle concentration a été constatée avec à la clef des marges très importantes. Elles peuvent atteindre près de 100 % à partir du moment où l’amortissement du logiciel a été réalisé.

    La capitalisation de Google et Apple est supérieure à celle des 40 entreprises françaises du CAC 40. Grâce à leurs bénéfices ou à leur capacité à lever de l’argent, les GAFA rachètent de nombreuses entreprises pour consolider leurs positions. Facebook a été capable d’acheter la messagerie WhatsApp 19 milliards de dollars sachant que cette dernière avait un chiffre d’affaires de 16 millions de dollars et des pertes de 235 millions de dollars. Le véritable capital de WhatsApp était, en 2014, dans les 470 millions d’utilisateurs. En 2016, Microsoft a imité Facebook en acquérant LinkedIn pour 26 milliards de dollars. Ce réseau avait alors 467 millions de membres. Chaque client représente entre 40 et 60 dollars, ce qui représente peu dans les faits, d’autant que le client est un travailleur déguisé. Ainsi, les 1,5 milliards d’abonnés à YouTube participent à la valorisation du site à travers les vidéos qu’ils mettent.

    L’augmentation des clients, des abonnés permet de capter une part croissante des budgets publicités et rend difficile l’arrivée de nouveaux concurrents.

    En vingt ans, le taux de croissance de près de 20 % des grandes entreprises du digital a modifié le paysage du capitalisme au sein des pays avancés. Les États, les collectivités locales se livrent une bataille féroce pour accueillir des entrepôts d’Amazon même si cela se traduit par la disparition de milliers d’emplois dans la distribution. En 2018, 45 % de la population américaine vit à moins de 30 kilomètres d’un entrepôt Amazon contre 15 % en 2014. Sur cette période, 100 000 emplois dans la grande distribution ont été supprimés.

    Les entreprises de tête dans le secteur du digital captent une grande partie de la croissance. La baisse des gains de productivité concerne essentiellement les activités traditionnelles quand dans les entreprises en phase avec le digital, ces gains dépassent 3 % par an. À la différence des autres cycles de croissance, le ruissellement des gains réalisés par les entreprises de pointe vers les autres ne s’effectue pas.

    Une segmentation est apparue avec la coexistence de deux types d’activités, celles où les entreprises du digital sont dominantes et les autres. Le marché de la technologie de l’information est dorénavant tenu par des oligopoles. Depuis sept ans, les nouveaux entrants se font de plus en plus rares. Deux tiers des leaders de 2020 étaient déjà présents en 2013, Google, Apple, Amazon, Microsoft, etc.

    La divergence des gains de productivité entraine celle des profits. À l’échelle mondiale, 10 % des entreprises les plus performantes dont beaucoup sont issues du secteur des TIC réalisent 80 % des bénéfices. Les 20 % des entreprises du secteur des TIC le plus en pointe réalisent 85% des bénéfices de ce secteur. La rentabilité des 100 premières entreprises était supérieure de 16% de la médiane en 1995. Ce taux est désormais supérieur à 40%.

    L’écart entre les entreprises américaines les plus rentables et la moyenne était de 1 à 3 en 1985, écart identique à celui constaté en 1965. En 2017, il était de 1 à 6. Les techniques et process issus du monde digital ont du mal à se diffuser au sein des secteurs classiques. Les nouvelles technologies provoquent des blocages, des embolies. Elles peuvent aboutir à automatiser la complexité et non à simplifier les modes de production et de commercialisation. En démultipliant le nombre de données, elles créent de la paralysie dans l’action par surabondance.

    Le tiers du retard de productivité en Europe par rapport aux États-Unis serait imputable à des problèmes organisationnels et d’intégration des nouvelles techniques dans les chaînes managériales. Un symbole de l’incapacité à répondre au défi du monde digital est selon une étude du Boston Consulting Group, la capacité des entreprises à maîtriser les flux de mails. En dix ans, le nombre de mails envoyés au sein des entreprises à plus de dix personnes a été multiplié par plus de dix aboutissant à des phénomènes de saturation et de déresponsabilisation.

    En 1970, les services courriers auraient croulé sous la tâche si de telles pratiques avaient eu cours. Selon une étude de Mc Kinsey, les techniques digitales ne seraient exploitées qu’à 20% de leur potentiel. Les actifs seraient insuffisamment formés et utiliseraient de ce fait qu’une petite partie des solutions auxquelles ils ont accès.

    Les gains de productivité de la sphère digitale, au regard des précédentes révolutions industrielles apparaissent décevants. Ce constat vaut également pour les États-Unis même si leur situation, en la matière est plus favorable que l’Union européenne. Le caractère pseudo gratuit de certains services en ligne a été mis en avant pour expliquer la faiblesse des gains de productivité.

    Une étude du FMI de mars 2017 semble prouver que l’impact des services gratuits sur la productivité est faible. Pour certains économistes, les effets du digital ne sont pas encore réellement matérialisés. Ils rappellent qu’une période de 30 ans est nécessaire pour le déploiement d’une technologie. Pour autant, cela fait 40 ans que les techniques numériques se diffusent.

    D’autres économistes estiment que le digital offre du confort sans pour autant modifier en profondeur l’activité. Il déplace des richesses mais n’en crée pas. Commander un livre sur Amazon ou se rendre dans une librairie de quartier ne change pas réellement la donne économique. L’apport de l’électroménager au cours du XXe siècle a libéré du temps pour les familles qui ont pu se consacrer à de nouvelles activités, sports, loisirs. La taylorisation des chaînes, leur automatisation a permis à l’industrie d’améliorer sa productivité et de distribuer des salaires plus importants (fordisme). La population consacre de plus en plus de temps à Internet sans qu’il y ait une création de richesses. Le temps est pris sur d’autres activités qui auraient pu être marchandes.

  • L’UE pourrait utiliser la taxe carbone aux frontières contre le Royaume-Uni

    Si, à la suite du Brexit, le Royaume-Uni décidait de ne plus respecter les règles communautaires du marchés du carbone, l’Union européenne pourrait soumettre son ancien membre à la taxe carbone aux frontières, avertit l’eurodéputé Pascal Canfin.

    L’UE « doit se montrer ferme » et « ne doit pas prendre peur à la perspective qu’aucun accord économique ne soit trouvé d’ici au 31 décembre prochain », a déclaré Pascal Canfin, le président de la commission environnement du Parlement européen, alors que les négociations post-Brexit se profilent.

    Les pourparlers détermineront le type de relations que le Royaume-Uni et l’UE entretiendront après la période de transition qui prendra fin le 31 décembre, et Pascal Canfin a clairement indiqué que toute divergence par rapport aux règles de l’Union rendrait les relations commerciales plus difficiles.

    « Les discussions n’ont pas commencé de la meilleure des façons, car le gouvernement britannique affirme vouloir bénéficier d’un accès total [au marché unique], mais aussi qu’il entend diverger [des règles de l’UE]. Pour moi, c’est comme si l’UE demandait un alignement complet, mais avec des quotas », a averti le parlementaire.

    En tant que responsable de la commission de l’environnement du Parlement (ENVI), Pascal Canfin assumera un rôle de conseiller auprès des négociateurs sur les questions qui relèvent de sa compétence durant les pourparlers. Selon lui, la question des marchés du carbone constitue un exemple concret des difficultés qui pourraient survenir.

    Le Royaume-Uni fait actuellement partie du système européen d’échange de quotas d’émission (SCEQE), mais le gouvernement prévoit de sortir du dispositif de l’UE et de mettre en place son propre système de tarification du carbone. Pascal Canfin a déclaré à la presse que « les marchés devr[aient] afficher les mêmes prix ».

    « Pour l’industrie de l’UE, il est inacceptable que le Royaume-Uni bénéficie d’un accès complet » au marché unique de l’Union, alors qu’un prix du carbone plus bas est proposé de l’autre côté de la Manche, a-t-il insisté.

    Le prix du quota en débat

    Des documents du gouvernement britannique datant de 2018 suggèrent que  le prix du carbone s’élèverait à environ 35 euros par tonne, alors que le tarif actuellement en vigueur au sein du SCEQE est de 25 euros  environ. Le prix devrait cependant augmenter à mesure que de nouvelles politiques vertes seront ratifiées et mises en œuvre.

    « Nous avons commencé à plancher sur le mécanisme d’ajustement aux frontières pour le carbone. Nous pourrions envisager de l’appliquer au Royaume-Uni, afin de rétablir des règles du jeu équitables », a suggéré Pascal Canfin, évoquant le nouvel instrument de l’Union pour contrer le « dumping climatique ».

    Selon l’eurodéputé de Renew Europe, le Royaume-Uni devra-t-il uniquement accepter les lois européennes en l’état le jour de la signature d’un nouvel accord commercial, ou devra-t-il se conformer aux mises à jour et aux révisions, selon le procédé connu sous le nom d’« alignement dynamique » ?

    « Du point de vue de l’UE, il s’agit de clauses de non-régression, de sorte que vous ne pouvez pas diverger de la législation européenne en vigueur », a-t-il répondu. Avant d’ajouter que l’actualisation des règles climatiques serait bientôt à l’ordre du jour avec le nouveau programme du Green Deal.

    Les temps de la fiscalité

    L’adoption d’une taxe carbone aux frontières ne va pas de soi pour l’UE, même si la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a assuré qu’elle serait mise en place quand et où elle serait nécessaire.

    L’industrie lourde martèle qu’il s’agit d’une condition préalable à la poursuite des efforts de décarbonisation, afin de maintenir l’avantage concurrentiel de l’Europe face aux produits et marchandises de rivaux tels que la Chine et l’Inde.

    Phil Hogan, le commissaire européen au commerce, a récemment fait savoir à Euractiv que le « jury était encore en train de délibérer » sur la manière dont la taxe serait concrètement mise en oeuvre, refusant de commenter les détails du processus tant que l’étude de faisabilité en cours n’aurait pas été finalisée.

    « Je pense que nous ne verrons aucune conclusion, ni aucun document à ce sujet avant 2021, ou avant plusieurs mois du moins. Il est donc un peu tôt pour dire comment tout cela fonctionnera. Mais c’est au moins à l’ordre du jour », a précisé le commissaire irlandais.

    L’étude d’impact examine divers sujets, avec, au premier chef, celui de la compatibilité de la taxe avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

    Consciente qu’il s’agit d’une question cruciale, Ursula von der Leyen a mandaté plusieurs de ses fonctionnaires pour plancher sur le futur dispositif, tels que Phil Hogan, mais aussi Paolo Gentiloni, chargé de l’économie, et Kadri Simson, la commissaire à l’énergie.

    Même si elle en est encore au stade embryonnaire, la taxe fait déjà parler d’elle au niveau international. Wilbur Ross, le secrétaire américain au commerce, a indiqué la semaine dernière au Financial Times que Washington surveillait de près la Commission.

    « Notre réaction dépendra de la forme que prendra la taxe. Si elle est essentiellement protectionniste, comme les taxes numériques, nous prendrons des mesures », a-t-il déclaré dans les colonnes du quotidien.

    « Je ne crois pas que nous sachions comment fixer le prix de ces choses », a pour sa part déclaré son collègue Steve Mnuchin,  le secrétaire américain au Trésor, lors d’une réunion au Forum économique mondial de Davos.

    « Et si vous voulez mettre une taxe sur les gens, allez-y, instaurez une taxe carbone, ce n’est rien d’autre qu’une taxe sur les gens qui travaillent dur », a-t-il fait valoir auprès de la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

    Une proposition visant à lancer une forme de taxe carbone aux États-Unis est cependant en cours d’élaboration : l’Energy Innovation and Carbon Dividend Act. Issue d’un groupe bipartite de la Chambre des représentants des États-Unis, celle-ci n’a toutefois pas encore obtenu le soutien d’un nombre suffisant de parlementaires.

  • Coronavirus : La France prend en charge le rapatriement des européens de Wuhan

    Le rapatriement des Français de l’étranger résidents à Wuhan, en Chine, le centre de l’épidémie du nouveau coronavirus, fut détaillé ce mardi.

    Deux avions ramèneront au moins 250 Français et plus de 100 ressortissants d’autres pays européens. Un premier avion décollera de France mercredi matin et le deuxième « plus tard dans la semaine », a indiqué la Commission européenne dans un communiqué.

    « Nous avons identifié un lieu d’accueil en région parisienne », a précisé Agnès Buzyn,

    L’Union européenne cofinancera les frais de transport aérien, précise la Commission, dans le cadre d’une demande d’assistance de la France qui a activé le mécanisme de protection civile de l’UE. « Le Centre de coordination de la réaction d’urgence de l’UE […] est en contact permanent avec les États membres, les délégations de l’UE dans la région et l’ambassade de Chine à Bruxelles. Un soutien supplémentaire de l’UE peut être mobilisé sur demande », a précisé le commissaire chargé de la gestion des crises, Janez Lenarcic.

    Un avion atterrira « jeudi après-midi à Wuhan » et « devrait être de retour en France probablement vendredi, je ne peux pas savoir si c’est vendredi soir, vendredi dans la nuit ou samedi matin », a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, mardi lors de ses vœux à la presse. « Une équipe médicale accompagnera cet avion », a-t-elle dit. Le secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari avait auparavant évoqué sur CNews un premier rapatriement à la date de jeudi, avant la précision apportée par la ministre. Selon Agnès Buzyn, on estime qu’« entre 500 et 1 000 ressortissants français » sont potentiellement concernés par un rapatriement. Mais « tous ne veulent pas rentrer », a-t-elle toutefois nuancé.

    Des équipes médicales envoyées

    « Plusieurs avions vont se succéder » pour ne pas mélanger des personnes potentiellement malades avec des personnes saines, a poursuivi la ministre de la Santé. Selon Jean-Baptiste Djebbari, le vol qui rentrera en fin de semaine doit ramener « des personnes qui […] ne présentent pas de symptômes ». Un « second vol, dont les dates sont à déterminer », rapatriera ensuite les « personnes possiblement porteuses du virus », a-t-il ajouté. Les rapatriés qui ne présentent pas de symptômes seront regroupés dans un lieu où ils devront rester en observation à l’isolement pendant quatorze jours, durée maximale estimée de l’incubation de la maladie. Cela permettra de vérifier s’ils ont été infectés par le virus.

    « Nous avons identifié un lieu d’accueil en région parisienne », a précisé Agnès Buzyn, selon laquelle il ne doit « pas être trop éloigné d’hôpitaux » au cas où l’une des personnes finisse par présenter des symptômes. Les rapatriés qui présentent déjà des symptômes seront hospitalisés à leur retour. Ce tri et la répartition des rapatriés dans les différents vols selon leur état de santé sont réalisés en Chine. On ne sait pas encore si les retours se feront dans des avions militaires ou civils. Selon la ministre de la Santé, c’est « le consulat sur place » qui est en train de recenser les expatriés qui veulent rentrer en France et ceux qui veulent rester en Chine.

    Quatre cas en France

    « Certains ont des familles qui ne sont pas forcément des ressortissants français, donc il faut savoir si les familles veulent rentrer, si le gouvernement chinois accepte », a-t-elle dit en indiquant que « tout cela est en cours de discussion avec les autorités chinoises ». Par ailleurs, certains Français sont rebutés par le fait qu’il y ait « une mise en confinement de quatorze jours à l’arrivée » et « ne souhaitent pas forcément rentrer dans ces conditions-là ». « Nous attendons leurs réponses », a dit la ministre.

    Pour l’instant, la France compte sur son sol quatre patients contaminés au nouveau coronavirus, qui avaient tous séjourné à Wuhan auparavant. L’un est hospitalisé à Bordeaux et les trois autres le sont à Paris. Outre ces cas avérés, les cas suspects font l’objet de prélèvements qui sont testés pour savoir si le patient est ou non infecté.

     

  • La Députée Paula Forteza, quitte LRM et l’Amérique.

    La Députée Paula Forteza, quitte LRM et l’Amérique.

    Paula Forteza, députée des Français de l’étranger, circonscription d’Amérique latine, avait annoncé sa candidature aux élections municipales à Paris. Beaucoup y voyaient un désintérêt pour les Français de l’étranger et ses critiques en avaient profité pour lancer une pétition demandant sa démission de son mandat parlementaire.

    Engagée auprès de Cedric Villani, la députée confirme non seulement sa candidature à Paris mais sa démission du groupe LRM à l’Assemblée nationale auquel elle appartenait jusqu’alors. Elle critique un  mouvement, «  La République en marche », « verrouillé, qui récompense les amitiés plus que les compétences et suit une dynamique d’exclusion, de rétrécissement, plus que de rassemblement ».

    Elle rejoint un dizaine d’autres députés qui ont quitté LRM et espère la création d’un « groupe écologiste et progressiste». « De nombreux départs ont exprimé à quel point notre action n’est pas à la hauteur. L’écoloprogressisme, que nous sommes plusieurs collègues à défendre, est une voie crédible et prometteuse », dit elle. « Nous voulions combattre les appareils : nous en avons recréé un de toutes pièces » explique Paula Forteza».

    De nombreux départs sont liés aux élections municipales. Beaucoup d’élus LRM mécontents des investitures ont claqué la porte, comme à Lille, Paris, Annecy, etc… La dissidence est une constante de la vie des partis, dans l’ancien comme le nouveau monde. A la différence dans le cas de LRM que ce sont pourtant par ces investitures que ces quasi inconnus, novices en politique, comme Paula Forteza, avaient été élus, remarque un proche du gouvernement.

    Cédric Villani, reçu par Emmanuel Macron, a refusé de retirer sa candidature. Paula Forteza sera sa tête de liste le 19ème arrondissement de Paris. Nul doute que cette décision relancera la pétition. Les uns y verront du courage, les autres de la politicaillerie.

     

  • Le Portugal taxera les futurs retraités européens

    La Portugal a attiré ces dernières années des milliers de retraités européens, attirés par le climat, le pays et … les exonérations d’impôt sur le revenu pour les nouveaux résidents. Dix ans d’exonérations avant de passer au régime d’imposition normal sur le revenu.

    Décidée en 20009 après la crise financière, cette exonération a attiré des dizaines de milliers d’expatriés de toute l’Europe, notamment de France. Le pays en a profité, car ces retraités, qui ont un pouvoir d’achat relativement important, ont dépensé au Portugal et contribué à la relance économique.

    « Les étrangers ayant le statut de Résident non habituel cessent d’être exonérés d’impôts et seront soumis à un statut d’imposition de 10% sur leurs revenus » – Projet de loi portugaise

    Après un plan de sauvetage en 2011, et un prêt de 78 milliards d’euros de l’Union Européenne, le Portugal a surmonté la crise financière et est reparti vers une croissance économique et un budget excédentaire. La croissance dépasse 3% et le chômage est inférieur à  7%. Moins qu’en France.

    Comme l’indiquait la French Radio Portugal dès le 18 janvier, hier, le Parti socialiste au pouvoir a décidé de mettre fin à cette exonération.

    Un amendement à la loi de Finances 2020 a été déposé dans ce sens. « Les étrangers ayant le statut de Résident non habituel cessent d’être exonérés d’impôts et seront soumis à un statut d’imposition de 10% sur leurs revenus ». Cette mesure ne s’appliquerait qu’aux nouveaux arrivants.

    Il y aurait aujourd’hui 30.000 retraités bénéficiant de cet avantage au Portugal, dont plus d’un tiers de Français. En tout, la communauté française serait forte de 50.000 expatriés. Elle fut animée depuis des mois par un débat en pro RNH et anti RNH. Un de nos compatriotes, Marc Lenot, prônait une taxation forfaitaire sur l’antenne de la French Radio, depuis le mois de septembre.. Il fût entendu !

    Cette mesure ne doit s’appliquer qu’aux nouveaux arrivants, mais des modifications sont toujours possibles. Il s’agit vraisemblablement d’une nouvelle orientation. On remarque donc que le barème d’imposition n’est pas le barème habituel, puisqu’il s’agit bien d’une taxe forfaitaire de 10%.

    Là aussi, les décisions peuvent être modifiées. Plusieurs pays européens avaient critiqué cette mesure d’exonérations (copiée par d’autres de façon diverse, comme l’Italie). Une normalisation qui est un changement de cap. A suivre.

     

     

  • Luxembourg : Nouvel avenant à la convention fiscale en cours d’élaboration

    La semaine dernière, le ministère des Finances a présenté, à la commission des finances et du budget de la chambre des députés du Luxembourg, le projet de loi modifiant la convention de non-double imposition (signée avec la France en 2018).

    Paris et Luxembourg avaient conclu en mars 2018 une nouvelle convention qui avait suscité l’inquiétude des frontaliers qui travaillent dans ce petit pays prospère de 600.000 habitants. « Le texte de 2018 laissait craindre un risque de double imposition », explique à Jean-Claude Bernardini, secrétaire central du premier syndicat au Luxembourg et auprès des frontaliers, l’OGBL.
    Avec 106.000 salariés, les résidents français représentent le plus grand contingent de travailleurs frontaliers au Luxembourg, lesquels pèsent 46% de la masse salariale du pays.

    La convention de 2018 en vigueur posait « le risque que les frontaliers soient non pas doublement taxés mais taxés une deuxième fois sur la différence entre l’impôt dû théoriquement en France pour une année et l’impôt retenu à la source au Luxembourg », explique à l’AFP une source interne au ministère luxembourgeois des Finances. Avec cet avenant, la France revient à la méthode de l’exemption qui prévalait jusqu’à présent pour éliminer la double imposition des revenus des salariés.

     « Nous sommes dans des situations de double imposition transfrontalière. Le droit français prévoit l’imposition de ses résidents au niveau mondial. De l’autre côté, le Luxembourg, où est la source du revenu de nombreux travailleurs français, impose aussi, car il met à disposition des infrastructures etc. Les conventions “anti” double imposition sont nécessaires pour empêcher cette surimposition. » a expliqué le rapporteur, du projet de loi, Guy Arendt (DP).

    Une révision de la méthode d’imposition

    En effet, la méthode d’imputation est celle appliquée actuellement. Le projet de loi vise à revenir à la méthode dite d’exemption, plus avantageuse pour le contribuable français.

    • La méthode d’exemption : le contribuable doit déclarer ses revenus là où il habite mais ils sont exonérés. Un travailleur français en poste au Luxembourg serait donc exonéré d’impôts français, même s’il réside en France (exceptés sur d’autres revenus qu’il aurait en France).
    • La méthode d’imputation : le travailleur doit également déclarer et payer ses impôts dans le pays de résidence (dans ce cas la France), mais peut ensuite les déduire. Cette méthode est moins favorable que l’exemption si le barème est plus élevé dans le pays de résidence.

    Suite à cette proposition formulée, le Conseil d’Etat du Luxembourg doit rendre son avis pour sa mise en application.

  • Chine- USA : Un accord peut-il masquer des désaccords ?

    L’accord commercial entre les États-Unis et la Chine a été bien perçu par les investisseurs. Il évite l’application de nouveaux droits de douane et l’enclenchement d’une nouvelle escalade qui aurait été préjudiciable au commerce international et à la croissance. L’accord lève des hypothèques concernant la croissance chinoise qui a nettement faibli en 2019 à 6%, soit son taux le plus faible depuis 1990.

    La guerre commerciale s’atténue mais laissera des traces. Elle a entraîné le report d’investissements vers d’autres pays asiatiques qui n’ont pas subi les foudres américaines. Elle a rendu encore plus nécessaire la transition d’un modèle de développement axé sur les exportations vers un modèle plus centré sur la demande intérieure. En 2019, la baisse des exportations vers les États-Unis a entraîné une forte baisse de la croissance de l’investissement, +3,1 %, ce qui constitue un des plus mauvais résultats depuis la réouverture de la Chine au monde en 1978.

    Pour les États-Unis, les annonces concernant un volume supplémentaire de 200 milliards de dollars d’importations américaines en Chine devraient satisfaire le monde agricole. Selon plusieurs études, dont celle réalisée par le conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, la guerre commerciale a eu des impacts négatifs sur la croissance : « Les industries manufacturières américaines, les plus exposées à la hausse des droits de douane, enregistrent une diminution relative de l’emploi, l’effet positif lié à la protection contre les importations étant compensé par des effets négatifs plus importants, dus à la hausse des coûts des intrants et à la mise en place de tarifs en représailles. Les hausses de droits de douane s’accompagnent également de l’augmentation relative des prix à la production via le renchérissement du coût des intrants ». La poursuite de la guerre commerciale n’était donc pas souhaitable pour l’économie américaine.

    Un accord pour gagner du temps

    Donald Trump et Xi Jinping avaient besoin de signer un accord commercial, le premier afin de conforter la croissance d’ici l’élection américaine au mois de novembre, le second pour empêcher un passage en-dessous de 6 % du taux de croissance. De nombreuses ambiguïtés demeurent cependant. Ainsi, l’engagement de la Chine à accroître ses achats de produits américains ne porte que sur les deux prochaines années, l’engagement au-delà n’étant pas très clair. Le vice-Premier ministre chinois aurait indiqué que les achats de la Chine seraient fondés sur la demande du marché.

    Plusieurs chausse-trapes

    Les États-Unis ont décidé de démanteler les majorations intervenues en septembre et de ne pas en apposer de nouvelles. En revanche, la suppression des anciennes est renvoyée à « l’accord de phase 2 » qui reste à dessiner.

    Le Président Donald Trump a déclaré que la conclusion de la phase « 2 » avec la Chine pourrait être reportée après les élections de 2020, dans l’idée que cela lui permettrait de négocier un meilleur accord pour les États-Unis. Les pays non parties-prenantes à l’accord pourraient être les premiers perdants.

    La Chine pourrait diminuer les importations en provenance de l’Europe et des autres pays émergents. En matière agricole, des pays comme la France ou le Brésil pourraient en souffrir. Donald Trump, heureux de son accord avec la Chine, est tenté d’appliquer la même méthode avec les pays dégageant de forts excédents commerciaux avec les États-Unis. La zone euro est évidemment dans le collimateur des Américains. Les exportations allemandes, les exportations aéronautiques de voitures ou celles liées à l’agriculture sont les premières concernées.

    Donald Trump a indiqué également son souhait de lancer une réforme l’Organisation Mondiale du Commerce. L’accord commercial entre la Chine et les États-Unis marque la victoire du bilatéralisme sur le multilatéralisme et du rapport de force, soulevant plus de questions qu’il n’en résout.

    Il traduit également la reconnaissance d’un duopole au niveau de l’économie mondiale, les pays tiers étant contraints d’accepter les décisions des deux grandes puissances. L’Europe paie chère ses divisions et sa faible capacité à s’imposer au niveau international.

  • Dernière ligne droite pour la ratification européenne de l’accord sur le Brexit

    Les présidents de la Commission européenne et du Conseil ont signé ce 24 janvier l’accord sur le Brexit approuvé par le Royaume-Uni pour permettre sa ratification par le Parlement européen, a annoncé Ursula von der Leyen.

    « Nous avons, avec Charles Michel, signé l’accord pour la sortie du Royaume-Uni, ouvrant la voie à sa ratification par le Parlement européen », a annoncé la présidente de la Commission européenne dans un message sur son compte tweeter.

    Avec l’aval formel d’Ursula von der Leyen et de Charles Michel, le texte va maintenant être soumis au Parlement européen le 29 janvier pour ratification. Puis, jeudi prochain, les diplomates des États membres de l’UE approuveront par écrit l’accord, assurant ainsi le départ en bon ordre de la Grande-Bretagne le 31 janvier à minuit.

    « Les choses vont inévitablement changer, mais notre amitié restera. Nous entamons un nouveau chapitre en tant que partenaires et alliés », a souligné le président du Conseil dans un tweet sur son compte officiel. Et il a ajouté, en français: « Je tiens à écrire cette nouvelle page ensemble. »

    Le négociateur de l’UE, le Français Michel Barnier, a assisté à cette signature organisée tôt au siège de la Commission européenne à Bruxelles car le président du Conseil européen se rend ensuite à Tirana.

    L’accord doit être envoyé à Londres pour être paraphé par le Premier ministre, Boris Johnson.
    Elizabeth II a donné jeudi son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d’un mariage tumultueux avec l’Union européenne. Le texte avait été adopté définitivement mercredi soir par le Parlement britannique.

    Le Parlement européen sera la dernière instance à se prononcer. Les élus membres de la commission des Affaires constitutionnelles ont recommandé jeudi soir à une très large majorité de 23 voix contre 3 de l’approuver lors du vote en plénière le 29 janvier.

    Le travailliste britanniques Richard Corbett, un des trois élus européens ayant voté contre la recommandation en faveur du vote de l’accord par le Parlement européen, a dénoncé un « Brexit qui n’est plus depuis longtemps la volonté du peuple britannique ». Il a assuré qu’il voterait à nouveau contre lors du vote le 29 janvier.

    Le départ officiel s’accompagne d’une période de transition jusqu’à la fin de l’année 2020. Le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles de l’UE durant cette période, sans toutefois prendre part aux décisions communautaires.

    Il s’agit de permettre une sortie en douceur. Ce laps de temps doit aussi permettre aux deux parties de négocier leur future relation, en particulier un accord de commerce. Mais il est jugé particulièrement court pour une telle négociation.