Retraites : syndicats et Gilets jaunes, la convergence ?

Un week-end de galère dans les transports, mais aussi de manifestations contre la réforme des retraites. Désormais plus long que celui de 1995 dans les transports (22 jours), le conflit en est ce samedi à son 24e jour et pourrait dépasser les 28 jours atteints en 1986-1987 à la SNCF, également sans trêve de Noël.

Plusieurs syndicats avaient appelé à des manifestations samedi, rejoints par les Gilets jaunes, notamment dans la capitale. La police a compté 4500 manifestants dont 800 Gilets jaunes.

Environ 300 d'entre eux, dont Jérôme Rodrigues, une figure du mouvement, sont partis de la place de la Bourse peu avant 12h30 pour rejoindre la gare du Nord et la manifestation interprofessionnelle des unions régionales de la CGT, FO, Solidaires et de la FSU qui s'est ensuite dirigée vers Châtelet.

Des pancartes proclamaient « Age pivot, âge tombeau », en écho à l' « âge d'équilibre » assorti d'un bonus-malus que le gouvernement veut fixer à 64 ans en 2027, ou encore « Grève, blocage, Macron dégage ».

Les CRS sont intervenus près de Beaubourg. AFP/Olivier CORSAN

Tensions près du centre Pompidou

Près du centre Georges-Pompidou, devant le théâtre du Renard des manifestants, encagoulés, ont ensuite dressé des barricades avec des barrières de chantiers et mis le feu à des poubelles.

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour répliquer à des jets de projectiles et dégager les barricades.

 Les forces de l'ordre ont également utilisé des drones pour visualiser les mouvements de foule dans les rues étroites entre le centre Pompidou et l'hôtel de ville.

La situation semblait revenue à la normale vers 16 heures alors que les manifestants arrivaient en nombre place du Châtelet, où ils se sont finalement dispersés. Six personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.

Rassemblements à Bayonne, Nancy, Saint-Etienne

Ailleurs en France, la mobilisation contre la réforme des retraites a rassemblé quelque 900 manifestants à Nancy (Meurthe-et-Moselle), selon l'Est Républicain. Des manifestants ont été repoussés par les forces de l'ordre place de la République.

A Aulnoye-Aymeries (Nord), environ 500 personnes ont défilé, selon SUD-Rail. « Pour un week-end en période de fêtes, c'est pas si mal que ça », a réagi Marc Lambert, délégué de ce syndicat, qui « attend que tout le monde s'y mette, et pas seulement les cheminots, pour obtenir le retrait de la réforme».

À Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), ils étaient 1100 selon la police, 2200 d'après les syndicats. Venu de Dax (Landes), Gilberto, 58 ans et « au chômage depuis 4 mois », s'interroge : « Est-ce que notre société veut s'occuper des vieux, leur donner une fin de vie décente? Notre modèle de société fait qu'il y a des gens qui crèvent de faim et, moi, c'est quelque chose que je ne peux pas supporter ». À Amiens, quelque 200 personnes ont manifesté dans le centre-ville, selon le Courrier Picard.

Une centaine de manifestants se sont par ailleurs rassemblés à Toulouse, selon l'AFP, qui en a dénombré 500 à Saint-Etienne et 150 devant la gare de Rennes. En Bretagne, des mobilisations ont eu également eu lieu à Saint-Brieuc et à Carhaix, selon Ouest-France. À Bordeaux, « au moins 200 personnes » étaient présentes au départ de la manifestation, rapporte France Bleu Gironde.

La CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF, avait appelé à manifester dans de nombreuses villes.

Malgré les appels d'Emmanuel Macron, mais aussi du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui soutient le principe d'un système universel de retraite même s'il s'oppose à l'instauration d'un âge pivot (tout comme la CFTC et l'Unsa), aucune trêve n'est intervenue pour les fêtes de fin d'année.

La reprise des concertations entre le gouvernement et les organisations syndicales et patronales n'est prévue que pour le 7 janvier.

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