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  • Le contrôle de l’immigration au cœur des orientations stratégiques de l’UE

    Le contrôle de l’immigration au cœur des orientations stratégiques de l’UE

    Le contrôle de l’immigration est la première priorité des lignes directrices à long terme de l’Union européenne (UE), approuvées par les ministres de la Justice est des Affaires intérieures des États membres ce jeudi 12 décembre.

    C’est la première fois en dix ans que les gouvernements de l’UE parviennent à se mettre d’accord sur un ensemble commun d’« orientations stratégiques » destinées à façonner les politiques à long terme de l’Union en matière de justice et d’affaires intérieures.

    Le texte commun met l’accent sur la nécessité de maîtriser l’immigration dans l’UE, avant de mentionner la criminalité organisée — en particulier le trafic de drogue —, la corruption, le terrorisme, le racisme et l’antisémitisme.

    « Ce sont les États membres qui décident qui entre en Europe, et non les passeurs ou des acteurs extérieurs hostiles », affirme le document, ajoutant que « l’Union doit mobiliser tous les outils dont elle dispose pour soutenir les États membres dans leur responsabilité première consistant à protéger les frontières extérieures et à assurer la sécurité ».

    Les traités internationaux sur lesquels repose l’UE permettent au Conseil « Justice et affaires intérieures » (JAI) — l’assemblée des ministres de l’Intérieur et de la Justice des 27 États membres — de préparer des orientations stratégiques pour chaque mandat quinquennal de la Commission européenne, qui a le pouvoir d’initiative législative.

    Les orientations doivent être adoptées à l’unanimité par les États membres, et leur portée paraït donc, à première vue, assez large. Mais elles sont suffisamment détaillées pour montrer ce que les États membres souhaitent que la Commission privilégie au cours des cinq prochaines années — dans ces nouvelles orientations, le durcissement des règles en matière d’immigration apparait clairement au premier plan.

    Les lignes directrices approuvées jeudi par les ministres devraient être validées par les chefs d’États et de gouvernements des Vingt-Sept lors du sommet européen de la semaine prochaine.

    Dix ans d’attente

    La dernière fois que les États membres ont pu se mettre d’accord sur de telles lignes directrices, c’était en 2014, au début du mandat de Jean-Claude Juncker. Le Conseil JAI n’est pas parvenu à se mettre d’accord sur des orientations stratégiques pour le premier mandat d’Ursula von der Leyen, qui a débuté en décembre 2019. En 2020, les ministres ont renoncé à trouver un compromis.

    Mais le climat politique a évolué ces dernières années, en particulier en ce qui concerne la politique migratoire. Lors du dernier sommet européen, en octobre, les dirigeants ont appelé à l’adoption d’une nouvelle législation pour accélérer le retour des personnes qui n’ont pas obtenu le droit de séjourner légalement dans l’UE.

    Le texte commun met l’accent sur la nécessité de maîtriser l’immigration dans l’UE, avant de souligner la criminalité organisée — en particulier le trafic de drogue —, la corruption, le terrorisme, le racisme et l’antisémitisme. @Luis Diaz Devesa via Getty Images
    Le texte commun met l’accent sur la nécessité de maîtriser l’immigration dans l’UE, avant de souligner la criminalité organisée — en particulier le trafic de drogue —, la corruption, le terrorisme, le racisme et l’antisémitisme. @Luis Diaz Devesa via Getty Images

    Les lignes directrices adoptées jeudi prévoient « [qu’]une approche plus affirmée et plus globale en matière de retours sera élaborée et mise en œuvre, en renforçant d’urgence notre cadre juridique et nos capacités tout en utilisant les outils internes et externes dont nous disposons ».

    Le document ajoute : « Une politique de retour efficace est un pilier fondamental d’une politique d’asile et de retour globale et crédible de l’UE ».

    Outre le renforcement des frontières, le texte appelle également à la mise en place de « voies d’accès sûres et légales qui sont essentielles à une migration régulière et ordonnée ».

    Conformément à la déclaration du sommet d’octobre, les lignes directrices soulignent également la militarisation de la migration par la Russie et la Biélorussie. En effet, depuis quelques années, l’instrumentalisation des migrants par des pays tiers — en particulier la Russie — est considérée comme une tentative de déstabilisation des États membres de l’UE situés le long de la frontière est.

    « L’Union européenne est résolue à contrer les attaques hybrides lancées à ses frontières extérieures par la Russie et la Biélorussie », indiquent les lignes directrices.

    Criminalité, corruption, terrorisme et antisémitisme

    Si la migration est au premier plan, ce n’est pas le seul problème que les ministres soulignent dans leurs lignes directrices.

    Le document appelle également à des mesures plus strictes pour lutter contre la criminalité organisée et la corruption.

    « La grande criminalité organisée, y compris le trafic de drogue, porte atteinte au fonctionnement de l’espace de liberté, de sécurité et de justice. Elle constitue une menace pour la sécurité des citoyens et affaiblit l’État de droit. »

    En outre, le document indique que « l’Union européenne adoptera une approche plus ferme pour prévenir et combattre le terrorisme, la radicalisation, la désinformation, l’extrémisme violent et les tendances antidémocratiques en ligne et hors ligne ».

    Cela inclut l’élaboration d’un nouveau programme de lutte contre le terrorisme, précisent les lignes directrices.

    Le document comprend également un engagement à soutenir « les États membres dans leurs efforts qu’ils déploient pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme et favoriser la vie juive ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 16.12.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 16.12.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le lundi 16 décembre, et vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres : Mayotte ravagée – Une Miss France des Antilles – Le PS restera dans l’opposition

    Le cyclone Chido a balayé l’île de Mayotte

    Placée un temps en vigilance violette, la plus élevée, samedi matin, avec des vents à plus de 220 km/h et d’importantes vagues de submersion, le département français a été frappé de plein fouet. Les dégâts, encore impossibles à évaluer, s’annoncent très importants, alors que 14 personnes ont été retrouvées mortes. Un bilan qui pourrait être bien plus dramatique dans les heures à venir, les secours tentant de gagner les zones les plus touchées. En zone tropicale, les absences d’eau potable et d’électricité sont des urgences absolues. Le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, qui devait se rendre sur place lundi, a finalement avancé son voyage de 24 heures et est arrivé dès ce dimanche soir. Le nouveau Premier ministre François Bayrou, lui, va devoir gérer sa première crise d’importance. 

    Les dégâts dans les bidonvilles de Kawéni après le passage du cyclone Chido • ©Mayotte la 1ère
    Les dégâts dans les bidonvilles de Kawéni après le passage du cyclone Chido • ©Mayotte la 1ère

    Une Miss France très symbolique

    C’est la doyenne des prétendantes qui a été sacrée, samedi soir. Angélique Angarni-Filopon, Miss Martinique, a été élue Miss France 2025 par le jury à nouveau 100 % féminin et par les téléspectateurs qui ont voté par téléphone toute la soirée. Hôtesse de l’air à la ville, elle avait déjà participé à l’élection de Miss Martinique en 2011 et avait été élue première dauphine. Cette fois, elle a accédé au titre suprême des concours de beauté français grâce aux votes des spectateurs et d’un jury présidé par Sylvie Vartan.

    Angélique Angarni-Filopon, Miss France 2025
    Angélique Angarni-Filopon, Miss France 2025

    Un accord de non-censure conditionné pour le PS

    Cécilia Gondard, Secrétaire fédérale en charge des Français de l’étranger au sein du PS, a répondu aux questions du site Lesfrancais.press. Dans l’interview, on revient sur la position du PS alors que François Bayrou est désormais Premier ministre. Celle-ci nous précise que François Bayrou « n’a pas obtenu du PS un engagement de non-censure ». Une lettre a d’ailleurs été envoyée au nouveau chef de gouvernement expliquant cette position, vous pouvez la télécharger sur le site. Quant à l’émergence d’un « bloc central », Cécilia Gondard nous livre la définition de ce que pourrait être cette alliance. Ce serait avant tout un regroupement des forces politiques alliées contre le Rassemblement National. Or, pour notre invitée, aujourd’hui, ce « bloc central » ne peut exister encore sous cette forme, elle s’explique dans le podcast. Enfin, elle estime aussi, malgré la crise, qu’il « est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger ».

    Cecilia Gondard : « Il est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger »
    Cécilia Gondard : « Il est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger »

    C’est tout pour ce lundi, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés. Passez une belle journée où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Un monde en révolution, la France immobile.

    Un monde en révolution, la France immobile.

    D’un côté Notre-Dame reconstruite en cinq ans. Un exploit, au prix d’une loi spéciale qui avait pour effet de déroger aux lois existantes. De l’autre l’agence Moody’s qui abaisse la note de la France avec pour conséquence une hausse des taux d’intérêt. Le service de la dette est le deuxième budget de l’Etat, plus du double de celui de la défense nationale. Quelle indépendance nationale sans indépendance financière ? Peu importe la dette, si l’on crée plus de richesse.

    D’un côté cinquante chefs d’Etat et de gouvernement à Notre Dame, de l’autre une Assemblée brouillonne où chacun calcule ces postures et se regarde en chien de faïence. D’un côté, un Président de la République capable de convaincre Donald Trump de rencontrer Zelenski,  qui place la France en première ligne diplomatique aussi bien en Ukraine qu’au Moyen-Orient, les deux champs de bataille de la planète.  De l’autre cette palinodie pour trouver un Premier ministre et former un gouvernement qui sera bien incapable d’agir. Comment créer une nouvelle croissance ?

    Tout le monde connaît les défauts de notre pays  : surabondance de taxes, de dépenses, de normes avec un Etat omniprésent, bouffi, boulimique, de plus en plus impuissant et contesté. La question n’est pas celle des dépenses publiques ni de la dette, il est de l’adaptation au monde nouveau.

    La question n’est pas tant celle de la dette que celle de la croissance.  

    Devant la Commission des finances, Bruno Le Maire accuse ses accusateurs  : « hypocrisie ! » dit-il. « Personne ne veut s’attaquer au déficit public depuis cinquante ans. Cette Assemblée ne veut que « taxer, dépenser, censurer ». L’Assemblée, celle qu’ont choisie les Français après une dissolution surprise. La rage, la colère, -soi-disant légitime-, conduisent à la montée des extrêmes. Les partis de gouvernement s’enfoncent dans un clientélisme catégoriel. On prétend traiter de désindustrialisation, d’agriculture, des retraites, d’immigration alors que la question fondamentale est celle de la redéfinition du rôle et des missions de l’Etat. Que l’on regarde ailleurs  : Canada, Pays-Bas, Allemagne, Espagne, Grèce, l’Italie, Portugal, Espagne, Suisse, Nouvelle-Zélande, Australie, pour ne parler que des pays comparables, ont engagé des réformes de fond. L’exception française se voit dans le mille-feuille territorial, la folie normative, la pauvreté de la fonction publique et son hypertrophie, dans le poids des retraites et l’inexistence de fonds de pensions, dans le record des prélèvements et la préférence pour le chômage.

    La question n’est pas tant celle de la dette que celle de la croissance. Toute politique qui ne permet pas aux entreprises (agricoles, industrielles, ou de services) d’être compétitives, aux investissements de créer de la richesse est vouée à l’échec.  L’Etat lui-même se doit d’être compétitif. Longtemps la France s’est enorgueillie de la qualité de son administration. C’était une force ; cela ne l’est plus.  

    Il suffit de se comparer aux autres. Ailleurs se tentent des expériences nouvelles. Le monde est en révolution, celle de l’information, de la connaissance, de l’intelligence – peu importe comment on l’appelle. La richesse n’est ni le pétrole ni l’or ni le blé ni la terre ni taille de la population, elle est la capacité d’imaginer, d’essayer, d’échouer, de recommencer. Elle demande une liberté créatrice. Elle exige de faire confiance à la société, dans l’éducation, la fonction publique, les territoires, et bien sûr les entreprises. Apparait dans le monde une nouvelle croissance. Il faut en être, ou stagner.

    Redéfinir le rôle et les missions de l’Etat devient une urgence sociale plus que financière. 

    La France rechigne. Elle attend tout et toujours de l’Etat. Et l’on en veut forcément au Chef de l’État, à tous les élus, qui n’en peuvent mais, qui, pour satisfaire les électeurs, cèdent à la facilité de la dépense.

    Comment a-t-on accumulé 3200 milliards de dette ? La crise financière ? L’État paie. Le Covid ? L’État paie ; la crise énergétique, l’Etat Paie. La grippe aviaire ? L’État paie. Mais qui c’est l’Etat ? C’est l’autre, croient les malins. Toute dépense repose sur l’impôt à venir ; tout impôt pèse sur la richesse créée ; ceux qui souffrent le plus de la richesse qui manque, qui paient donc le plus, même s’ils ne paient pas l’impôt directement, sont les plus pauvres. Redéfinir le rôle et les missions de l’Etat devient une urgence sociale plus que financière. 

    Imagine-t-on l’Etat du 21e siècle actionnaire de Renault, Stellantis ou Orange ? Ou doit-il se concentrer sur l’efficacité de la justice, du droit ? Nul besoin d’un Etat stratège, seulement d’un Etat efficace dans ce que seul il peut faire : des règles justes pour tous, et respectées.

    Chacun se focalise depuis vingt ans sur l’émergence de la Chine et le défi qu’elle représente. Chacun s’effraie de la violence russe. Tous s’inquiètent des multiples guerres du Moyen-Orient. Qui ne voit que les États-Unis lancent le principal défi ? L’économie américaine flambe, Trump s’embarque dans une dérégulation violente qui facilitera l’éclosion de nouvelles pousses, attirera l’épargne et les cerveaux du monde, créera des technologies nouvelles qui envahiront le monde. Ce que l’on a vu avec les Gafam n’est que le début.

    De l’autre côté de l’Atlantique une économie se réinvente.  

    De l’autre côté de l’Atlantique une économie se réinvente. De l’autre côté de l’Eurasie, deux monstres veulent croquer le monde, la Chine et l’Inde. Au milieu, comme une proie, ce continent paisible, prétentieux et vieillissant : L’Europe. Avec deux locomotives en panne, la France et l’Allemagne.

    L’Allemagne a des ressources, elle est peu endettée, elle retrouvera d’ici deux mois un gouvernement stable. La France s’enlise dans une crise inutile avec pour perspective la victoire d’un parti d’extrême droite et la confrontation avec une extrême gauche qui se complaît dans la fausse haine des faux bourgeois. Au milieu des partis de gouvernement qui cherchent un gouvernement et qui ont démontré qu’ils ne savent pas gouverner.

    Comment sortir de l’immobilisme ? Tout le discours politique consiste à vouloir défendre, conserver, protéger.  Tout ce qui ressort du domaine de la peur. Qui vantera l’audace, le risque, le grand large, les grands espaces ? Peut-on constituer une société de confiance sur la peur ? Le monde change et la France reste immobile.

    Elle a de magnifiques atouts. Elle est le pays européen qui recueille le plus d’investissements étrangers. Elle est le maillon fort de la défense d’une Europe qui doute après avoir abandonné sa sécurité aux États-Unis. Chacun s’accorde à dire qu’il est temps que l’Europe muscle sa défense. La France a adopté une loi de programmation militaire consensuelle, elle a des forces de défense expérimentées, une industrie compétitive, elle est le deuxième exportateur mondial, elle possède un porte-avions et des sous-marins nucléaires, elle est une puissance spatiale, une puissance nucléaire autonome. L’industrie de défense est d’abord une industrie de technologie et de l’intelligence. Cela montre des capacités d’excellence, car la défense est le seul domaine de compétition entre les Etats qui ne souffre pas d’erreur.

    Le président élu Donald Trump écoute Elon Musk alors qu’il arrive au lancement d’une fusée SpaceX le mois dernier. Photo : AP
    Le président élu Donald Trump écoute Elon Musk alors qu’il arrive au lancement d’une fusée SpaceX le mois dernier. Photo : AP

    Si la France est immobile, elle est un maillon fort devenant fragile. Il est tentant de l’affaiblir.

    Ces atouts font aussi d’elle une cible. Si la France est immobile, elle est un maillon fort devenant fragile. Il est tentant de l’affaiblir, par la guerre hybride, la désinformation, la déstabilisation financière.  On l’a vu en Afrique, cela peut arriver en Europe.  La faille qui grandit dans le couple franco-allemand est une tentation pour beaucoup de pays. C’est pourquoi il est criminel, comme le fait la Commission, de la laisser s’accroître.  

    Le mal pour se répandre n’a besoin que de l’absence des gens de bien. Le sursaut ne viendra pas du monde politique. Il n’est qu’un reflet de la société politique. Il peut avoir lieu dans la société civile, à partir d’elle. Dans l’éducation, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, les services, la finance, partout naissent des initiatives ingénieuses. Trop souvent bloquées, elles se réalisent ailleurs. Libérer la capacité d’initiative des Français, ce devrait être le socle commun de ce nouveau gouvernement qui, à défaut d’obtenir la confiance, devrait faire confiance.

    Regarder ailleurs, aussi , en demandant aux Français de l’étranger, aux postes diplomatiques, ce qu’il y a de mieux dans leur pays d’accueil, que l’on transposerait en France. Le Top Ten mondial de l’administration, de l’enseignement, de la formation, de l’urbanisme, de l’insertion sociale, de l’intégration, etc… Soyons humbles, imitons. Bougeons.

    « Avec ses quatre dromadaires, Don Pedro d’Alfaroubeira Courut le monde et l’admira ; Il fit ce que je voudrais faire, Si j’avais quatre dromadaires. » Quand on sait rassembler le monde à Notre Dame, ne peut-on trouver quatre dromadaires ? Au gouvernement ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app France Pay

  • Cécilia Gondard : « Il est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger »

    Cécilia Gondard : « Il est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger »

    Retrouvez sur Lesfrancais.press l’intégralité de l’interview de Cécilia Gondard, Première secrétaire fédérale en charge des Français à l’étranger au Parti Socialiste pour comprendre la position du PS après la nomination de François Bayrou à Matignon. Tout en écoutant ses propositions pour nos compatriotes vivant hors de France.

    Depuis ce vendredi 13 décembre, la France a donc un nouveau Premier Ministre, François Bayrou. Alors que l’objectif du président du MoDem est de constituer des alliances et un gouvernement, le Parti Socialiste vient de l’informer qu’il n’intégrerait pas l’équipe des prochains ministres. Pour nous décrypter cette situation, « En toute confidence » donne la parole à une des cadres de ce parti. En effet, Cécilia Gondard, Secrétaire fédérale en charge des Français de l’étranger au sein du PS, répond aux questions Lesfrancais.press. Elle estime aussi qu’il « est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger ».

    Le choix de Macron ne respecte pas le vote des Français 

    Notre invitée, Cécilia Gondard a la responsabilité de nos ressortissants vivant hors de France au sein du Parti socialiste. Elle est également conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et aussi élue pour les Français(es) de Belgique. Elle a donc été des plus attentive à la nomination de François Bayrou au poste de Premier Ministre. Par ce choix, Emmanuel Macron, fait entrer à Matignon un homme du centre. Alors comment le PS a-t-il réagi au nom du successeur de Michel Barnier ? La réponse de notre invitée est sans ambages :

    « En nommant un de ses proches de la même génération que Barnier (…) Emmanuel Macron ne respecte pas le vote des Français de juillet dernier, et prend le risque d’un approfondissement de la crise politique »

    Cécilia Gondard, Première secrétaire fédérale – Français à l’étranger – Parti Socialiste

    Au cours de ce podcast, la conseillère à l’AFE précise également que François Bayrou « n’a pas obtenu du PS un engagement de non-censure ». Une lettre a d’ailleurs été envoyée au nouveau chef de gouvernement expliquant cette position.

    Courrier du PS à François Bayrou

    Elle rappelle aussi que le Nouveau Front Populaire (NFP) est arrivé en tête des élections législatives anticipées de 2024. Le Parti Socialiste défend aussi des lignes rouges programmatiques vis-à-vis des prochaines propositions gouvernementales. Sans la prise en compte de ces positions, un vote de censure pourrait, alors, être décidé par le parti d’Olivier Faure.

    Le NFP pour une démocratie parlementaire ?

    Quant à l’émergence d’un « bloc central », Cécilia Gondard nous livre la définition de ce que pourrait être cette alliance. Ce serait avant tout un regroupement des forces politiques alliées contre le Rassemblement National.

    Assemblée nationale - Palais Bourbon - Paris

    Or aujourd’hui, ce « bloc central » n’existerait pas encore sous cette forme. Notre invitée nous explique pourquoi au cours de son interview. Elle souligne également que les socialistes ne participeront pas au gouvernement de François Bayrou. Et, pour pouvoir travailler avec lui et sa future équipe, le PS attend, entre autres, des gages de la part du nouveau Premier Ministre.

    « À gauche toutes les composantes du NFP appellent à une démocratie plus parlementaire et moins verticale »

    Cécilia Gondard, Première secrétaire fédérale – Français à l’étranger – Parti Socialiste

    Pourquoi cette demande ? Selon la secrétaire fédérale du PS en charge des expatriés, « comme les Français, on en a marre de la violence du 49.3, du chaos et de l’instabilité des années Macron ». Lors de notre échange, elle donne, entre autres, des exemples pour avoir davantage de débats et d’amendements à l’Assemblée nationale et au Sénat. Notamment pour pouvoir aborder les sujets tels que ceux des retraites, du pouvoir d’achat, de la justice fiscale, des services publics, de la transition écologique,…

    PS – LFI : une séparation au sein du NFP ?

    Même si le Parti Socialiste a posé des limites à François Bayrou, la position du PS se démarque de celle de La France Insoumise (LFI) qui semble refuser toute possibilité d’accord de travail avec le nouveau locataire de Matignon. Est-ce le début d’une séparation entre les deux partis de gauche ? Pour notre invitée « on a toujours eu des désaccords et une grande transparence sur ceux-ci. »

    « Quand un électeur votre pour le Nouveau Front Populaire (NFP), il vote pour un programme commun »

    Cécilia Gondard, Première secrétaire fédérale – Français à l’étranger – Parti Socialiste

    Notre interlocutrice rappelle aussi que le ou la candidate du NFP indique toujours dans quel groupe politique il ou elle siégera en cas de victoire.

    Les Français de l’étranger : un sujet oublié à l’Assemblée nationale ?

    Cependant pourrait-il y a avoir des divergences et donc des candidatures différentes au sein du NFP en cas d’élections partielles ? Cécilia Gondard indique que le travail en commun continue avec l’ensemble des formations de gauche, comme c’est le cas au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).

    Cécilia Gondard avec le sénateur Yan Chantrel en 2023 lors d'une manifestation à Paris
    Cécilia Gondard avec le sénateur Yan Chantrel en 2023 lors d’une manifestation à Paris

    D’ailleurs, concernant les dossiers liés à nos compatriotes vivant hors de France, notre invitée déplore que le Palais Bourbon ne s’en occupent pas assez. Elle déclare ainsi, :

    « Il est temps de porter à l’Assemblée nationale les sujets des Français de l’étranger, (…) la dizaine de députés marconistes ne se bat à aucun moment (…), c’est un problème, et tout le monde commence à s’en apercevoir »

    Cécilia Gondard, Première secrétaire fédérale – Français à l’étranger – Parti Socialiste

    Des lors, poursuivant sur cette déclaration de l’invitée d’ « En toute confidence », et dans le contexte que la France connaît, n’y a-t-il pas un risque que le sujet « Français de l’étranger » disparaisse complètement des agendas politiques et des prochains textes de lois ? Vous pouvez écouter la réponse de Cécilia Gondard dans le podcast. D’autant plus qu’une autre question lui ait posée, s’agissant des deux lois qu’elle porterait en priorité au Palais Bourbon si elle était élue députée.

    Enfin, faisant suite à l’élection législative de la 4eme circonscription des Français établis hors de France (Français du Benelux), un recours a été déposé par notre invitée auprès du Conseil constitutionnel. 349 voix ont en effet séparé le vainqueur du parti Renaissance, Pieyre-Alexandre Anglade, à la candidate du Nouveau Front Populaire (NFP). Cette dernière a avant tout souhaité faire remonter certains dysfonctionnements observés lors du scrutin afin d’améliorer l’organisation de cette élection.

  • Bayrou à Matignon : réactions de vos parlementaires Français de l’étranger

    Bayrou à Matignon : réactions de vos parlementaires Français de l’étranger

    Depuis le 4 décembre dernier et le vote en faveur de la censure du gouvernement Barnier, c’est le nom d’un nouveau Premier Ministre qui était attendu. Après plus d’une semaine d’attente, François Bayrou va donc s’installer à Matignon. Alors quelles sont les premières réactions de vos élus des Français de l’étranger ? Que pensent-ils de l’arrivée du Président du MoDem à la tête du prochain gouvernement ?

    François Bayrou Premier Ministre : des clivages chez les députés et les sénateurs

    Parmi les parlementaires représentant les expatriés, Frédéric Petit partage la même étiquette politique que le nouveau Premier Ministre. Aussi, pour le député MoDem des Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans, cette nomination, il souhaite d’abord la placer dans une perspective constructive.  « On va enfin se mettre tous au travail pour le pays, l’Europe, et le monde, avec les plus de 300 parlementaires de l’assemblée nationale qui sont d’accord sur l’essentiel et sur l’effort à fournir ! » nous a-t-il directement confié.

    « On va enfin se mettre tous au travail pour le pays, l’Europe, et le monde, avec les plus de 300 parlementaires de l’assemblée nationale qui sont d’accord sur l’essentiel et sur l’effort à fournir ! »

    Frédéric Petit, député de la 7eme circonscription des Français établis hors de France

    La séquence politique que les Français viennent de vivre a été parsemée d’atermoiements, d’avancées, de reculs, de discussions, de négociations, … Tout cela peut effectivement apporter son lot d’inquiétudes chez nos compatriotes, où qu’ils vivent, et il faudra sans doute les rassurer rapidement.

    François Bayrou
    François Bayrou

    Quant à Eléonore Caroit, qui représente nos compatriotes d’Amérique latine et des Caraïbes, elle « souhaite » au prochain Premier Ministre « de réussir ». Joint directement par la rédaction Lesfrancais.press, la députée apparentée au groupe « Ensemble pour la République » présidé par Gabriel Attal à l’Assemblée nationale, a poursuivi en indiquant que les parlementaires « seront à ses côtés ».

    « François Bayrou, qui a toujours été très présent (…) dispose des qualités pour pouvoir faire cette synthèse difficile »

    Eléonore Caroit, députée de la 2eme circonscription des Français établis hors de France

    Elle a aussi ajouté que la « tâche du Premier ministre sera difficile de composer un gouvernement qui reflétera l’Assemblée afin de garantir une stabilité à notre pays ». Pour elle, « François Bayrou, qui a toujours été très présent (…) dispose des qualités pour pouvoir faire cette synthèse difficile ». Également apparenté au groupe « Ensemble pour la République » au Palais Bourbon, Stéphane Vojetta, se « réjoui(t) que l’on ait à nouveau un Premier ministre. »  Se plaçant également dans une perspective de reprises des activités pour le pays, le député des Français de la péninsule ibérique « espère qu’il formera son gouvernement et se mettra au travail dès que possible ».

    « François Bayrou, a souvent une vision éclairante sur la France et je souhaite qu’il réussisse à travailler sur la base de compromis pour élargir le socle de son gouvernement »

    Stéphane Vojetta, député de la 5eme circonscription des Français établis hors de France

    Concernant l’homme qui vient d’arriver à Matignon « François Bayrou, a souvent une vision éclairante sur la France et (je) souhaite qu’il réussisse à travailler sur la base de compromis pour élargir le socle de son gouvernement » a indiqué à notre correspondant Stéphane Vojetta. Enfin, il a aussi indiqué vouloir continuer ses activités « et sera(i) à Paris dès lundi pour travailler sur le Projet de Loi Spéciale afin de permettre le vote d’un budget ».

    Un temps pressenti pour occuper le poste de Premier Ministre, Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord « félicite François Bayrou » et déclare qu’il « est l’homme de la situation, dans un moment où le pays a plus que jamais besoin de courage et de dialogue ». Quant à Marc Ferracci, ministre sortant de l’industrie et qui retrouve son mandat de député des Français de Suisse et du Lichtenstein, il « remercie Michel Barnier pour avoir servi le pays » et il transmet ses « félicitations à François Bayrou pour sa nomination comme Premier Ministre.» Anne Genetet, ministre de l’Education Nationale de Michel Barnier qui retrouve son siège de député des Français de l’étranger fait part de ses « chaleureuses félicitations à François Bayrou (…) Elu de terrain et homme de convictions, il sait combien l’Ecole est le cœur battant de notre République. » Du côté de Pieyre-Alexandre Angalde, député des Français du Benelux, celui-ci propose « à tous ceux qui sont attachés à l’Europe » de « s’engager pour la réussite du nouveau gouvernement. »

    « Je félicite François Bayrou. Il est l’homme de la situation, dans un moment où le pays a plus que jamais besoin de courage et de dialogue. »

    Roland Lescure, député de la 1ere circonscription des Français établis hors de France, ancien ministre

    Pour Olivia Richard, sénatrice des Français de l’étranger et membre du groupe centriste au Palais du Luxembourg, celle-ci nous a déclaré. « C’est le 4eme gouvernement avec lequel on va travailler en 1 an. J’ai donc appris à ne pas m’attacher aux personnes, mais à ce qui est possible de faire et de mettre en œuvre. En indépendante, ma vision est pragmatique (…). J’espère que ce sera plus un remaniement qu’un nouveau gouvernement car on a besoin de stabilité pour avancer ». 

    « Macron nomme à Matignon son premier grand soutien politique de 2017 (…) Triste jour pour la démocratie. »

    Mathilde Ollivier, sénatrice des Français(es) établis hors de France

    Mais du côté du parti « les écologistes », cette arrivée du Président du MoDem à Matignon est accueillie avec plus de distance.

    Matignon
    Matignon

    Ainsi, Mathilde Ollivier, sénatrice des Français(es) de l’étranger, également contacté par nos soins, a rappelé le post publié sur le réseau social BkueSky où elle a écrit : « François Bayrou, nouveau Premier Ministre. Donc Macron nomme à Matignon son premier grand soutien politique de 2017 ». Son message continu par « Macron marche une fois de plus sur les résultats de juillet en nommant un fidèle parmi les derniers fidèles. Triste jour pour la démocratie. »

    Yan Chantrel, sénateur du Parti Socialiste des Français de l’étranger est également sur cette ligne : « Tout ça pour ça. Alors que sa politique a été sanctionnée en juillet, Emmanuel Macron nomme un de ses premiers soutiens depuis 2017. Il s’obstine dans son déni démocratique ».

    « La nomination d’un nouveau Premier Ministre n’est pas tant la question de qui, mais pour quoi faire et comment ? »

    Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français(es) établis hors de France

    Au-delà de la personnalité de François Bayrou, Hélène Conway-Mouret, ancienne ministre, sénatrice des Français établis hors de France et membre du Parti Socialiste, le rappelait dans une publication hier sur X. « La nomination d’un nouveau Premier Ministre n’est pas tant la question de qui, mais pour quoi faire et comment ? » Et aujourd’hui elle exprime de la déception dans ce choix. Elle nous a d’ailleurs déclaré. « Il fallait un battant qui s’attache à redresser le pays. Quel bilan après son haut-commissariat au plan ? Et pourtant on aimerait tellement avoir un peu de stabilité et que ça marche « . Et que des réformes puissent avancer. Au sein des LR (Les Républicains), Ronan Le Gleut, sénateur pour nos compatriotes hors de France, se pose aussi la question des propositions. Il nous a ainsi partagé le fait que « le choix de participer ou non au gouvernement n’est évidemment pas un choix aussi simple qu’en septembre avec Michel Barnier. » Selon ce proche de Bruno Retailleau, « Les Républicains ont un devoir de responsabilité dans cette période. » Et nous a-t-il indiqué, « ce qui compte c’est la France, au-delà des personnes, c’est pourquoi le Premier ministre doit nous dire ce qu’il compte faire pour notre pays. En fonction de son projet, nous déciderons.« 

    D’ailleurs, les expatriés, seront-ils écoutés et entendus par le nouveau locataire de Matignon et la prochaine équipe de ministres qui se constituera dans les heures qui arrivent ? Marianne Magnin, la présidente du MoDem à l’étranger « accorde toute (sa) confiance à François Bayrou (…) en sa capacité à bâtir des compromis au-delà des clivages partisans (…) Une véritable source d’inspiration pour nous, Français vivant à l’étranger » nous a t-elle dit. Mais, espérons aussi que l’inverse se produise. Que le sujet des expatriés inspire également le prochain gouvernement. En effet, les thèmes concernant nos ressortissants vivant à l’étranger sont nombreux, et pas uniquement liés au budget. 

  • François Bayrou, Premier ministre, la France bloquée pour longtemps ?

    François Bayrou, Premier ministre, la France bloquée pour longtemps ?

    Alors que la France est confrontée à une crise budgétaire mais aussi de valeurs, sans oublier les industries à la traine et les agriculteurs dans les rues, Emmanuel Macron a nommé François Bayrou comme Premier ministre. Après Michel Barnier, c’est donc un autre enfant du baby-boom qui prend la tête du pays. Pourra-t-il apporter les réponses qu’exigent ce siècle et la mutation que vit notre pays tant sur un plan sociétal, économique qu’institutionnel !

    Le centre mou

    Certes, Bayrou coche quelques cases du moment : il a su flatter la Macronie sans jamais abandonner son camp d’origine, la droite parlementaire, non sans ménager la gauche et tout en maintenant des relations cordiales avec le RN. Il a émargé dans tous les partis de la droite et du centre depuis les années 90.

    Hélas, il va tout de même manquer à notre Premier ministre de circonstance quelques détails infimes pour réconcilier une France inquiète. En effet, il faudrait d’abord à François Bayrou démontrer qu’il a le souci de la France, celui du peuple français. Or, le président du MoDem a longuement démontré qu’il avait, avant tout, le souci de lui-même et de sa carrière politique, de son destin, de sa personne. Il n’a jamais prouvé qu’il était prêt à sacrifier tout cela par souci de la France et des Français – bien au contraire.

    Ainsi, ses opposants le font volontiers passer pour un homme certain de sa supériorité, doublé d’un amoureux du consensus plutôt que des changements d’ampleur. « Il est le génial inventeur du volontarisme d’atmosphère, une fumée que l’on sent toujours mais que l’on ne voit jamais », pointe dans son récent livre La Citadelle (Éditions Albin Michel) l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, qui l’accuse de choisir « le verbe plutôt que l’acte, l’apparence plutôt que la réalité, les joies de Narcisse plutôt que les travaux d’Hercule ».

    Le touche à tout de la République

    Ce père de famille nombreuse, qui fait le pèlerinage de Lourdes chaque année, n’a guère laissé le souvenir de ses combats sur le mariage pour tous, l’IVG ou le mariage homosexuel… En dehors de l’Europe, version régionale de la mondialisation destructrice des nations, on cherche en vain le fil rouge d’une carrière au centre mou.

    Désormais grand-père, Bayrou a tout vu, tout fait. Il a été conseiller général des Pyrénées-Atlantiques, député, président du conseil général, ministre de l’Éducation nationale de 1993 à 1997. Il a succédé au très centriste et très mou Pierre Méhaignerie à la tête du CDS, il a présidé l’UDF, fait un tour à Strasbourg comme député européen, occupé le ministère de la Justice sous Emmanuel Macron et Édouard Philippe (un mois et quatre jours !), occupé la mairie de Pau et le Haut-Commissariat au plan.

    Un CV de touche-à-tout de la République, avec deux postes de ministre seulement. Bayrou a suscité davantage de méfiance que de fidélité. « Il a été un très médiocre ministre de l’Éducation nationale, tranche un proche d’Éric Ciotti, joint par l’AFP, qui a de la mémoire. Il sait se vendre mais ne travaille pas, contrairement à Bruno Le Maire ou à Éric Woerth. » Même bilan au Haut-Commissariat au plan. « C’est un outil qui peut être extraordinaire si on connaît finement l’État, un outil d’anticipation, poursuit notre élu : il n’a pas su le raccrocher à l’administration. Rien sur la décentralisation. Bayrou réserve son talent à ses lecteurs… ». Espérons que désormais depuis Matignon, que François Bayrou fera désormais passer les Français devant.

    Matignon à tout prix ?

    Désormais comme premier ministre, François Bayrou a la mission de réussir là où son prédécesseur a échoué. Il a été désigné un vendredi 13. Et un 13 décembre, jour où le roi Henri IV, Béarnais comme lui et sujet d’une de ses biographies, est né en 1553 dans sa ville de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Autant de signes pour ce catholique pratiquant, convaincu que ce sont « des étoiles mystérieuses qui nous conduisent » (SIC).

    Pour arracher au Président de la République sa nomination, François Bayrou a vanté le scénario d’un « pacte de non-censure ». Pas d’utilisation de la méthode forte du 49.3 au Parlement, contre l’engagement d’un maximum de groupes à ne pas renverser le gouvernement. Un travail immédiat sur des sujets consensuels comme l’éducation, et un peu de temps pour traiter les thèmes les plus polémiques, comme les retraites et l’immigration.

    Au Parlement, François Bayrou pense pouvoir rallier une partie de la gauche non-Insoumise à sa ligne « humaniste », pro-européenne et sociale-réformiste, malgré les attaques de plusieurs socialistes qui le dépeignent en « continuateur de la politique d’Emmanuel Macron ». Ou rappellent son approche conservatrice de plusieurs sujets de société, comme la légalisation de l’« aide à mourir », pourtant défendue avec convictions par le député MoDem des Français d’Europe central et des Balkans, Frédéric Petit.

    Le démocrate-chrétien compte aussi amadouer Marine Le Pen. La patronne des députés du RN, qui s’est toujours sentie respectée dans leurs échanges, n’a pas oublié qu’il lui a accordé son parrainage pour la présidentielle de 2022, au nom du pluralisme. Ni qu’il a critiqué la peine d’inéligibilité à application immédiate requise par le parquet, dans l’affaire des assistants parlementaires d’eurodéputés RN.

    François Bayrou et les Français de l’étranger

    Hors de France, le MoDem, comme feu l’UDF, n’a jamais été un acteur très présent. Leur faible implantation locale le démontre. En effet, les Français de l’étranger n’ont jamais été une population ciblée par le parti centriste qui, comme son fondateur, est plutôt enraciné dans les terroirs français. Une situation que regrettent les militants du parti centriste. D’ailleurs, seul un député MoDem, Frédéric Petit, a été élu parmi les 11 circonscriptions des Français de l’étranger mais uniquement grâce à une alliance avec le parti présidentiel dont il avait reçu aussi l’investiture.

    Dans le programme du MoDem, on ne trouve d’ailleurs aucune ligne sur les expatriés ou les Français nés hors de France. En fouillant sur le net, on peut découvrir une vidéo publiée par François Bayrou à l’occasion des Européennes, rien pour les législatives ou la présidentielle. Un désamour que lui rendent bien les Français de l’étranger, en effet, ils étaient moins de 500 à avoir regarder le message du chef de parti.

    Quel gouvernement ?

    Désormais, François Bayrou doit donc constituer un gouvernement. Une équipe qui pourra relever les défis et ne pas se faire censurer.

    Alors qu’on attendait un geste du PS, dans un courrier adressé au nouveau premier ministre, François Bayrou, Olivier Faure appelle au renoncement du 49.3 en échange d’une non-censure et annonce qu’il « ne participer[a] pas à [son] gouvernement et demeurer[a] dès lors dans l’opposition au Parlement ». Le PS demande également dans ce courrier, adopté à l’unanimité par le bureau national du parti, « la garantie que [le] gouvernement ne se placera en aucune manière sous la dépendance du Rassemblement national, ni ne reprendra à son compte son programme xénophobe ». Alors que La France Insoumise a décidé de sortir immédiatement la grosse artillerie. En effet, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, a annoncé quant à elle, que LFI votera bien la censure du nouveau Premier ministre dès sa prise de fonction. Une position que pourraient suivre les Ecologistes, comme l’indique la patronne des écologistes Marine Tondelier. Celle-ci a estimé ce vendredi sur BFMTV que ses députés n’auront « d’autre choix » que de censurer le gouvernement de François Bayrou s’il ne change pas de politique économique et s’il garde Bruno Retailleau à l’Intérieur.

    Tandis qu’à droite, la relation conflictuelle entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy plane, les Républicains hésitent sur l’attitude à suivre mais dans tous les cas, ils ne lui feront pas de cadeau. Du côté du Rassemblement national, la nomination du chef du MoDem est « un prolongement du macronisme ». Pour Marine Le Pen, la nomination du Premier ministre « ne pourrait mener qu’à l’impasse ». Sur X, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale demande à François Bayrou « d’entreprendre ce que son prédécesseur – Michel Barnier – n’a pas voulu faire : entendre et écouter les oppositions pour construire un budget raisonnable et réfléchi ».

    Alors dans quel vivier François Bayrou va-t-il pouvoir piocher pour constituer son équipe de choc. Car le nouveau gouvernement devra faire voter en urgence la loi spéciale pour permettre à l’Etat de fonctionner au-delà du 01 janvier, un vote qui devrait être consensuel. Mais derrière, il faudra rapidement proposer une loi de Finances pour 2024, mobiliser les Européens contre le Mercosur, s’atteler au dossier de l’immigration avant que la Commission européenne imposer son système européen, mais aussi bâtir une nouvelle alliance face au retour des impérialismes. Tout ça en menant tambours battants des réformes pour sauver notre protection sociale, relancer notre force créative, refonder notre diplomatie… Est-ce que François Bayrou, qui depuis sa nomination, fait appel à Mitterrand et à Henri IV pour signer sa gouvernance qui s’ouvre, pourra relever les défis de ce début de siècle. En tout cas, il ne faudra pas une réponse molle.

  • Parcoursup 2025 et les Lycées français à l’étranger

    Parcoursup 2025 et les Lycées français à l’étranger

    Bientôt bachelier ? C’est une nouvelle étape de la vie des jeunes Français de l’étranger qui s’amorce en ce mois de décembre. En effet, il est temps de préparer l’accès à la majorité, le départ du domicile familial pour commencer sa propre vie. Et pour certains, c’est le moment de choisir son orientation professionnelle. C’est donc l’heure du premier choix, celui de l’université ou école que le jeune expatrié va rejoindre. Pour ceux qui choisissent la France, c’est par le dispositif en ligne Parcoursup que l’aventure commence. Alors que le site Parcoursup reprendra du service quelques jours avant le début des vacances de Noël, nous vous proposons un petit guide pour les jeunes Français de l’étranger.

    Quelle formation choisir ?

    À partir du mercredi 18 décembre, les expatriés, qui veulent rejoindre la France pour continuer leurs études, pourront donc commencer à consulter la plateforme et surtout l’offre de formations. Pour rappel, tous les futurs bacheliers mais aussi ceux disposant d’un diplôme équivalent et disposant de la nationalité française peuvent, quoiqu’il arrive, s’inscrire sur Parcoursup et avoir accès à l’intégralité de la plateforme.

    Il ne s’agira pas encore de s’inscrire ou de faire vos vœux, mais il sera possible d’accéder à la carte des formations, qui répertorie celles qui participeront à la procédure. L’occasion de commencer à regarder leurs attendus (c’est-à-dire leurs critères d’admission), ainsi que les chiffres-clés comme leur capacité d’accueil, le nombre de candidatures l’année précédente, le taux de boursiers, taux d’élèves hors académie, etc. Le site l’Etudiant propose, d’ailleurs, un formulaire interactif qui permet de faire un premier tri en partant des envies du futur étudiant.

    Parcoursup
    Parcoursup

    Une fois les filières identifiées, il est impératif de se renseigner sur les modalités d’accès. En effet, que ce soit un BTS, un Bachelor ou un DUT, les établissements ont des règles spécifiques d’admission, comme le lieu de résidence des parents (pour les non-résidents, il faut donc regarder le taux d’élèves hors académie accepté), la moyenne annuelle, la présence de mention aussi sont des éléments qui peuvent varier d’un diplôme à l’autre mais aussi dans chaque centre de formation.

    Une fois ce travail préparatoire, n’oubliez pas l’administratif comme le certificat de Journée Défense et Citoyenneté, anticiper l’inscription à la Sécurité sociale avec une mutuelle étudiante, etc, il faudra patienter jusqu’au 15 janvier pour exprimer ses vœux.

    Les vœux : prendre le temps de la réflexion

    Mi-janvier, les choses sérieuses commencent. Les candidats pourront procéder à votre inscription sur Parcoursup en constituant son dossier. Mais surtout, ils pourront commencer à formuler vos vœux pour l’année prochaine.

    La plateforme sera ouverte jusqu’au 13 mars 2025 alors pas la peine de céder à la panique et de vous précipiter dès le mois de janvier. Ils ont le temps de mûrir leur réflexion pour faire leur choix.

    Car au-delà des règles générales à connaître (comme le nombre de vœux et de sous-vœux autorisés), il existe aussi des subtilités, comme pour les critères d’admission) entre les différents types de formations : on ne formule pas ses vœux de la même manière pour entrer en BTS ou à Sciences Po (IEP). Aux candidats de bien se renseigner en amont, pour optimiser approche et stratégie pour Parcoursup.

    Petit rappel pour les candidats à Parcoursup :

    • Ceux qui ont passé l’épreuve de baccalauréat de langue française au sein du réseau AEFE, vous devez saisir votre INE (identifiant national élève) que vous trouverez sur vos relevés de notes des épreuves anticipées du bac ou sur vos bulletins scolaires.
    • Si vous êtes un candidat qui n’est pas scolarisé dans un lycée français alors vous devrez cocher, tout simplement, la case « Je n’ai pas d’INE ».

    Quand le candidat connaitra son université ou école ?

    Entre le 14 mars et le 2 avril, les candidats devront en un peu moins de trois semaines confirmer leurs vœux en complétant leurs dossiers. Chaque établissement qui aura retenu votre candidature a ses propres exigences même si des éléments sont bien évidemment communs.

    Frise chronologique Parcoursup
    Frise chronologique Parcoursup

    Concrètement, vous devrez fournir les derniers éléments demandés pour que votre vœu soit bien transmis à la formation. Il s’agira principalement de rédiger les lettres de motivation pour les formations qui en demandent une, remplir les rubriques « Activités et centres d’intérêt« , « Préférences et autres projets », joindre les questionnaires d’auto-évaluations pour des vœux en droit, en sciences et en IFSI, etc.

    Si pour des raisons diverses, le candidat a loupé cette échéance, il pourra toujours formuler des vœux en phase complémentaire à partir du 11 juin 2025. Mais le choix sera moindre, puisque seules les formations proposant encore des places seront référencées.

    Enfin, les réponses définitives des établissements, universités, écoles ou autres, seront connues entre le lundi 2 juin et le jeudi 10 juillet 2025.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 13.12.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 13.12.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le vendredi 13 décembre, et vous écoutez le dernier flash quotidien des expatriés de la semaine, dans nos titres : Sébastien Lecornu nommé Premier ministre – France consulaire pour tous en 2025 – Le vendredi 13 en France

    Emmanuel Macron travaille en solitaire

    Emmanuel Macron vient d’atterrir en France après sa journée en Pologne. Le président de la République a raccourci sa visite pour rentrer plus tôt à Paris ce soir, alors qu’il avait promis mardi soir aux ténors des partis politiques de nommer un Premier ministre « dans les 48 heures ». Mais à 19H30, le palais de l’Élysée a annoncé que le Premier ministre sera nommé, finalement, que ce vendredi matin. Un report alors que les trois favoris François Bayrou, Sebastien Lecornu et le député des Français d’Amérique du Nord Roland Lescure, ne font toujours pas consensus parmi les partis.

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 05.09.2024
    Hotel Matignon

    France consulaire sera totalement déployé en 2025

    En phase de tests, depuis quelques années, au fil des ans, le service France consulaire s’est déployé dans le monde entier. Ce service, basé à Paris, mais destiné à tous les Français de l’étranger, remplace petit à petit les accueils téléphoniques des consulats. Actuellement, France Consulaire répond à 99,9% des appels reçus (32.049 appels reçus en octobre 2024), avec un taux de décroché dans les 15 secondes de l’ordre de 99%. Les questions concernent principalement les demandes de passeports et de cartes nationales d’identité et l’inscription au Registre (50%), les démarches d’état-civil (24%) et les affaires sociales (3%). le 10 décembre, neuf nouveaux pays africains (la Côte d’Ivoire, le Libéria, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, le Cap Vert, le Mozambique, l’Eswatini et la Mauritanie) ont rejoint ce service, ce qui porte à 80 le nombre de pays couverts, totalisant 97 postes diplomatiques et consulaires et 1.024.000 Français inscrits au Registre, c’est-à-dire 59% des Français résidant à l’étranger. L’objectif est que 100% des expatriés soient couverts à la fin de l’année 2025.

    France Consulaire : « couvrir l’ensemble des pays d’ici la fin 2025 »
    France Consulaire : « couvrir l’ensemble des pays d’ici la fin 2025 »

    Malchance ou chance ?

    Telle est la question en ce vendredi 13. En France, cette date est liée au vendredi 13 octobre 1307 où tous les Templiers de France sont arrêtés presque en même temps, au petit matin. Jour de malchance pour les moines soldats mais aussi journée faste pour Phillipe le Bel, alors roi de France. En effet en liquidant l’ordre religieux, il a aussi mis fin à la crise budgétaire du royaume, puisque ces derniers étaient les créanciers de notre couronne. C’est pour cela que dans notre pays, la date du vendredi 13 est connue comme une journée malchanceuse sauf pour les jeux d’argent où la date est, à l’inverse, une journée chanceuse.

    Les superstitions du vendredi 13 dans le monde
    Les superstitions du vendredi 13 dans le monde

    C’est tout pour cette semaine, on se retrouve lundi pour un nouveau flash quotidien des expatriés sûrement dédié aux nouveaux membres du gouvernement français. D’ici là passez un bon week-end où que vous soyez.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • France Consulaire : « couvrir l’ensemble des pays d’ici la fin 2025 »

    France Consulaire : « couvrir l’ensemble des pays d’ici la fin 2025 »

    C’est en octobre 2021 que le service « France Consulaire » (SFC) a été lancé. Depuis cette date, les Français de l’étranger peuvent contacter ce centre d’appels téléphoniques dont la mission est de répondre aux questions générales de nos compatriotes établis hors de France. En outre, cela vise aussi à désengorger l’accès aux consulats. Ainsi, ces derniers peuvent davantage s’occuper des demandes individuelles de nos expatriés. Mais ce service à distance ne couvre pas encore les quatre coins de la planète. Cela reste cependant un objectif pour 2025. Comme l’est aussi de toujours améliorer la réponse aux usagers. Plus de 3 ans après sa création, lesfrancais.press fait le point avec celui qui pilote ce dispositif depuis Nantes. Marc Egret, secrétaire des affaires étrangères, chef de pôle du Service France Consulaire, répond ainsi à nos questions.

    Lesfrancais.press : « Pourriez-vous rappeler en quoi consiste le service « France consulaire » ? »

    Marc Egret : « Le Service France consulaire (SFC) a été mis en place en 2021 pour traiter les appels téléphoniques des Français de l’étranger concernant les démarches consulaires (hors visas). Il s’agit d’un des chantiers majeurs de la politique prioritaire du Gouvernement visant à améliorer la qualité du service rendu aux Français de l’étranger, dont la direction des Français de l’étranger et des affaires consulaires du ministère de l’Europe et des affaires étrangères a la charge. »

    Plus d'un million de Français à l'étranger peuvent contacter France Consulaire
    Plus d’un million de Français à l’étranger peuvent contacter France Consulaire
    Lesfrancais.press : « En décembre, neuf nouveaux pays d’Afrique ont rejoint le périmètre du service de réponse téléphonique « France consulaire », aujourd’hui combien de pays sont-ils intégrés ? »

    Marc Egret : « le 10 décembre, neuf nouveaux pays africains (la Côte d’Ivoire, le Libéria, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, le Cap Vert, le Mozambique, l’Eswatini et la Mauritanie) ont rejoint SFC, ce qui porte à 80 le nombre de pays couverts, totalisant 97 postes diplomatiques et consulaires et 1.024.000 Français inscrits au Registre, c’est-à-dire 59% des Français résidant à l’étranger. »

    Lesfrancais.press : « À quelle date l’ensemble des pays sera-t-il couvert ? »

    Marc Egret : « L’objectif que nous poursuivons est une couverture de l’ensemble des pays du monde d’ici la fin de l’année 2025. »

    Lesfrancais.press : « Qu’est ce qui empêche encore aujourd’hui un déploiement global, un manque de budget ou des modalités techniques encore à développer ? »

    Marc Egret : « Le déploiement de SFC est progressif car l’intégration d’un pays nécessite un travail préparatoire important entre les équipes de SFC et chacun des postes concernés, afin de s’assurer que les téléconseillers disposent de données détaillées pour répondre aux usagers de la manière la plus efficace et la plus précise possible.

    « Nous avons à cœur de maintenir le niveau de qualité du service, en termes de délai et de qualité de réponse. »

    Marc Egret, chef de pôle du Service France Consulaire (SFC)

    Par ailleurs, nous avons à cœur de maintenir le niveau de qualité du service, en termes de délai et de qualité de réponse, au fur et à mesure du déploiement de SFC. Enfin, il convient d’identifier des solutions techniques qui peuvent varier selon les pays, en particulier depuis que SFC s’est développé au-delà de l’Europe. »

    Plus de 500 000 appels depuis la création de SFC
    Plus de 500 000 appels depuis la création de SFC
    Lesfrancais.press : « Quel est le délai moyen de temps de réponse d’un appel d’un de nos ressortissants à « France Consulaire » ? Et quelles sont les questions les plus fréquemment posées ?

    Marc Egret : « SFC répond actuellement à 99,9% des appels reçus (32.049 appels reçus en octobre 2024), avec un taux de décroché dans les 15 secondes de l’ordre de 99%.

    « Nous recevons cependant un grand nombre d’appels sur des questions de visas, qui ne relèvent pas du Service France consulaire »

    Marc Egret, chef de pôle du Service France Consulaire (SFC)

    Les questions concernent principalement les demandes de passeports et de cartes nationales d’identité et l’inscription au Registre (50%), les démarches d’état-civil (24%) et les affaires sociales (3%). Nous recevons cependant un grand nombre d’appels sur des questions de visas, qui ne relèvent pas de SFC, et il nous arrive aussi de réorienter les usagers vers d’autres administrations lorsque le ministère de l’Europe et des affaires étrangères n’est pas compétent, par exemple pour ce qui concerne les démarches de retour en France. »

    Lesfrancais.press : « Dans l’ensemble, quel est pour vous le bilan depuis la phase de lancement ? »

    Marc Egret : « Le bilan est très positif, à la fois pour les usagers et pour les postes. Du côté des usagers, les enquêtes effectuées auprès des appelants (en octobre 2024, 6.288 Français ont ainsi accepté de répondre à un sondage rapide à la fin de leur appel) montrent que le taux de satisfaction est de 91% pour la qualité de la réponse fournie, de 96% pour la qualité de l’accueil reçu et de 95% pour le délai d’attente.

    « Service France Consulaire c’est 80 pays couverts, totalisant 97 postes diplomatiques et consulaires et 1.024.000 Français inscrits au Registre, c’est-à-dire 59% des Français résidant à l’étranger.»

    De leur côté, les consulats sont déchargés de la réponse aux questions usuelles des usagers et le temps ainsi dégagé leur permet de se consacrer pleinement au traitement des dossiers individuels, à l’accueil physique des usagers en augmentant le nombre des rendez-vous, à l’assistance de proximité apportée aux Français et à la gestion des urgences.

    « Depuis sa création, SFC a reçu plus d’un demi-million d’appels (…) le taux de satisfaction est de 91% pour la qualité de la réponse fournie »

    Marc Egret, chef de pôle du Service France Consulaire (SFC)

    Je rappelle qu’en dehors des heures d’ouverture de SFC, nos consulats restent joignables aux numéros d’astreinte pour les urgences. Depuis sa création, SFC a reçu plus d’un demi-million d’appels 588.000 au total, et la qualité du service aux usagers, à laquelle nous sommes très attentifs, reste de haut niveau depuis le lancement du service. »

    Lesfrancais.press : « Et, au-delà de la couverture géographique, que reste-t-il encore à améliorer au sein de « France Consulaire » ? »

    Marc Egret : « Dans le cadre du nouveau marché pour la période 2024-2028, nous réfléchissons notamment aux possibilités que peut offrir le recours à l’intelligence artificielle pour offrir un service plus étoffé, par exemple sous la forme d’un serveur vocal interactif en dehors des heures d’ouverture du service ou d’une aide à la recherche d’information dans la base de connaissance pour les téléconseillers. Notre objectif principal reste celui de la satisfaction des usagers et nous sommes à l’écoute des remarques dont ils nous font part pour améliorer le service. »