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  • Bourses scolaires : la digitalisation du dépôt des dossiers

    Bourses scolaires : la digitalisation du dépôt des dossiers

    Alors que l’accès aux écoles publiques en France est gratuit, ce n’est pas le cas pour scolariser un élève dans un des établissements de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français l’étranger). C’est pour cela que certaines familles demandent une aide pour couvrir les frais, via une bourse scolaire. Celle-ci est alors attribuée sur la base de différents critères. Jusqu’à ce jour, c’est au sein du Consulat de France présent dans le pays d’accueil que les démarches s’effectuent par les demandeurs. Mais pour la prochaine campagne en 2025, un unique portail internet devrait être créé par l’AEFE. L’administration française tend ainsi vers la digitalisation concernant le dépôt des dossiers de bourses scolaires. C’est au cours de la dernière Commission nationale des Bourses scolaires (CNB) que cela a été annoncé. Bien sûr, lors de cette réunion, les aides allouées aux familles ont aussi fait l’objet de discussion, dans un contexte économique tendu.

    Demande de bourses scolaires : un dossier digitalisé pour les familles en 2025

    C’est la nouveauté pour 2025. Les familles qui demanderont une bourse scolaire ne seront plus obligées de se rendre physiquement au Consulat de France présent dans leurs pays de résidence. Parfois, les distances sont longues entre le domicile des parents d’élèves et le bâtiment administratif. Et les plages de rendez-vous serrés. C’est pourquoi, un portail de saisie en ligne devrait être ouvert par l’AEFE pour la campagne 2025. Le passage par le numérique ne sera toutefois pas obligatoire – pour le moment – pour les demandeurs.

    @adobestock
    @adobestock

    Les agents des consulats seront aussi toujours joignables, et les familles pourront, si elles le souhaitent, se rendre encore dans les consulats pour déposer leurs documents. Mais le passage vers la digitalisation sera plus que conseillé.

    Comment est accueillie cette nouveauté ? Du côté des parents d’élèves, la FAPEE (fédération des parents d’élèves de l’enseignement français à l’étranger) a indiqué que « la mise en place du nouveau logiciel de gestion des bourses scolaires doit permettre plus de fluidité entre les postes et l’agence et inclure les familles qui pourront saisir et suivre leur dossier. » Toutefois, ajoute cette même fédération « nous serons vigilants au maintien des moyens locaux et humains pour maintenir un accompagnement de qualité. » Et les moyens disponibles, c’est aussi ce sujet qui a animé les discussions de la dernière CNB, la Commission nationale des bourses.

    Qu’est-ce que la CNB ?

    Pour rappel, l’AEFE accueille aujourd’hui plus de 398.000 élèves. 600 établissements sont inclus dans ce réseau mondial de l’enseignement français à l’étranger, avec une présence dans 138 pays. Pour aider les familles à accéder à ces écoles françaises, une bourse scolaire peut donc être demandée, sur la base de critères définis en amont. L’ensemble de ces dossiers est ensuite examiné au cours d’un processus dans lequel est notamment inclus la Commission nationale des Bourses scolaires (CNB).

    Lycée Charles-de-Gaulle
    Lycée Charles-de-Gaulle

    La CNB est une instance consultative. Elle étudie notamment l’ensemble des dossiers de bourses scolaires qui sont examinés en amont, dans chaque consulat, par les représentants des Français de l’étranger, les associations et le personnel éducatif. Le Code de l’éducation précise ainsi que la CNB « examine les critères d’attribution et donne son avis sur les propositions de bourses des commissions locales. Elle propose à l’agence la répartition entre ces dernières de l’enveloppe annuelle des crédits alloués. ». La CNB donne également son avis sur le budget global. Charge ensuite à l’AEFE de tirer les conclusions des recommandations émises par cette instance.

    AEFE
    AEFE

    La CNB est composée de façon collégiale. Elle est présidée actuellement par la directrice de l’AEFE. Des membres représentants le ministère des affaires européennes et de l’éducation nationale y siègent également, ainsi que la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE). Les syndicats du personnel composent aussi cette CNB, ainsi que deux élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), les associations de parents d’élèves et aussi deux associations représentatives des expatriés, Français du Monde-ADFE et l’UFE. Enfin, la CNB se réunit deux fois par an, en juin et en décembre.

    La CNB deviendrait-elle uniquement une chambre d’enregistrement ?

    Alors que les montants distribués dans le cadre des bourses scolaires pour 2024 ne sont pas encore connus officiellement, rappelons que l’an dernier, plus de 24.000 bourses scolaires avaient été accordées. Soit plus de 21 % des élèves français du réseau, pour un montant de près de 115 millions d’euros.

    Mais dans un contexte budgétaire complexe, le montant alloué aux familles a fait l’objet de débats au sein de la CNB. Entre les demandes potentielles de bourses et la somme disponible, la différence semble importante. Aussi, la FAPEE (fédération des parents d’élèves de l’enseignement français à l’étranger) par la voix d’une de ses représentantes, Catherine Babillon, « s’inquiète du delta entre les enveloppes de besoins et les enveloppes limitatives ». Cela a des conséquences sur le terrain. Les conseils consulaires qui se réunissent dans les pays d’accueil n’ont quasi plus de marges de manœuvre pour adapter les montants aux besoins des familles expatriées. De plus en plus, ces instances locales se transforment alors « en chambres d’enregistrement » indique la FAPEE. Or, ce n’est pas la vocation de ces réunions appelées CCB (Conseil consulaire des bourses scolaires), dont l’objectif est de pouvoir proposer des ajustements en fonction des réalités vécues par les parents d’élèves dans leurs pays de résidence.

    Grand Lycée Franco-Libanais
    Grand Lycée Franco-Libanais

    Pour Moulay Driss El Alaoui, le représentant de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) à la Commission nationale des bourses, cette même question se pose pour la CNB. « Pour les familles du réseau, les années se suivent et se ressemblent », rappelle-t-il, et le risque est que les « réunions », à tous les niveaux, ne soient plus qu’une « chambre d’enregistrement ». Sans moyen approprié, et sans une enveloppe budgétaire ajustable au quotidien des parents d’élèves, comment discuter et adapter ? D’autant plus qu’il n’existe pas de budget pluriannuel. Cette absence de perspective est également mise en avant par la FCPE qui regrette « le manque d’une vraie visibilité sincère sur l’avenir de l’enseignement Français à l’étranger ».

    Bourses scolaires et mixité sociale

    Alors que de nombreuses familles expatriées ont toujours besoin d’aide pour payer les frais de scolarité, la FAPEE partage aussi son « inquiétude sur la précarité financière du système des bourses ». Et si les parents sont moins soutenus pour scolariser leurs enfants dans le réseau des établissements de l’AEFE, la conséquence est celle de voir se dégrader la mixité des élèves. La FCPE le souligne d’ailleurs, « certains établissements de l’AEFE s’apparentent de plus en plus à des établissements ouverts aux élites financières qui laissent de côté les valeurs auxquelles (nous) sommes attachés : mixité sociale, mixité économique et mixité de nationalité. »

    Du côté des élu(e)s membre de cette CNB, et représentant les Français de l’étranger, le questionnement va aussi dans le même sens. « Plutôt que faire entrer les besoins au forceps dans une enveloppe budgétaire contrainte, nous demandons une enveloppe qui permette de pourvoir aux besoins des familles, incluant les familles moyennes ». Et une autre question active également le débat au sein de des représentants politiques : « pourquoi le nombre de boursiers diminue-t-il, alors que les coûts ne cessent d’augmenter ? ».

    Dans cette situation, certaines familles ne peuvent d’ailleurs plus supporter les factures annuelles, et sortent ainsi leurs enfants du système scolaire de l’AEFE. Or, « que deviennent les élèves français qui sortent du réseau ? » est aussi une question soulevée par certains représentants politiques. Mais, au-delà des montants totaux des bourses scolaires, n’est-ce pas aussi les critères d’attribution qui devraient alors évoluer ?

    En attendant une éventuelle discussion sur les modifications des critères de versement, c’est donc un nouveau système de dépôt de demandes de bourses scolaires qui va être mis en place par l’AEFE. Il vise à fluidifier la gestion du système, tant au niveau administratif que pour les parents d’élèves. Mais dans un contexte financier dégradé, le nombre de demandeurs pourrait chuter. En effet, l’absence de budget de la nation pour 2025 va de facto diminuer le montant disponible pour les familles. Une somme identique à 2024 serait disponible. Mais, l’inflation qui galope dans certaines parties du monde, et/ou les frais de scolarité qui augmentent dans de nombreux établissements de l’AEFE vont venir grever l’enveloppe globale. Déjà que les marges de manœuvre étaient réduites… À suivre!

  • Où skier en France à Noël ?

    Où skier en France à Noël ?

    Comment de nombreux Français de l’étranger, vous allez prendre cette semaine le chemin de la France. Au menu, famille et amis pour célébrer les fêtes de fin d’année, mais cette année, la neige est au rendez-vous dans les stations de ski françaises en cette fin d’année. Alors si vous vous laissiez tenter par une excursion sportive et saine dans nos montages ? Voyons ensemble où skier en France à Noël ?

    Des chutes de neige précoces

    Les récentes chutes de neige dans les Alpes françaises donnent de l’espoir aux amateurs de glisse. En effet, la saison hivernale démarre de manière prometteuse avec ces premiers flocons.

    Comme souvent, les Alpes du Nord bénéficient des conditions les plus favorables avec un enneigement progressif à partir de 1500 mètres d’altitude. En Haute-Savoie, les premières traces de neige sont relevées à cette hauteur dans les massifs. Comme les Aravis, le Chablais et le Mont-Blanc, où l’on enregistre 10 centimètres de neige fraîche. Certes, la couverture neigeuse reste modeste. Mais, en montant à 2000 mètres d’altitude, la Savoie prend le relais avec des niveaux plus impressionnants. En effet, 50 centimètres de neige sont mesurés dans des massifs emblématiques tels que le Beaufortain, la Haute-Tarentaise et la Vanoise. Ces conditions présagent une ouverture de saison prometteuse pour des stations comme Les Arcs ou Val d’Isère.

    Où skier en France à Noël ? @Benjamin Becker
    Où skier en France à Noël ? @Benjamin Becker
    Où skier en France à Noël ? @Benjamin Becker
    Où skier en France à Noël ? @Benjamin Becker

    Le sommet des Alpes du Nord se distingue particulièrement à 2500 mètres d’altitude. Sur ces hauteurs, plusieurs massifs affichent des niveaux records pour cette période de l’année. En face nord, des relevés de 60 centimètres sont observés dans des zones comme Belledonne, les Grandes Rousses, l’Oisans et le Mont-Blanc. Ces chutes de neige assurent un manteau blanc solide, parfait pour les premières descentes dès l’ouverture des domaines skiables.

    Tandis que les Alpes du Sud affichent un enneigement globalement plus faible. Cependant, certains massifs tirent tout de même leur épingle du jeu. À partir de 1500 mètres d’altitude, la neige est présente, les chutes des derniers jours et celles attendues dans les prochains jours devraient permettre d’assurer un Noël blanc aux stations d’altitude des Alpes de Haute Provence (Vars, La Foux d’Allos) comme des Alpes maritimes (Isola 2000).

    Mais la grande surprise vient de la frontière espagnole. En effet, le niveau d’enneigement dans la région Pyrénées, qu’on soit côté français ou espagnol, est actuellement de 151% de la normale. On dépasse dans de nombreuses stations les 2 mètres.  Cependant, il ne faudra pas trop trainer pour en profiter, la chaleur remonte déjà d’Afrique.

    Jouer la sécurité dans les Alpes du Nord

    Si l’on prend ces onze derniers mois de décembre, trois stations de Savoie ont bénéficié des meilleures chutes de neige en moyenne. On retrouve d’abord : 

    • Tignes (141 cm) et Val Thorens (136 cm). Elles ont d’ailleurs ouvert leurs pistes toutes les deux le samedi 23 novembre pour une nouvelle saison.
    • Elles sont suivies du Val d’Isère (131 cm). Val Thorens, la plus haute station d’Europe (2 300 mètres d’altitude), affiche toutefois un meilleur enneigement moyen au sommet (240 cm) et un meilleur enneigement moyen en bas (92 cm) que les deux autres stations.
    • L’Alpe d’Huez (Isère) arrive en quatrième position avec 116 cm de chutes de neige en moyenne et un enneigement moyen au sommet à 180 cm. Cette année, elle a, même, ouvert en même temps que le Val d’Isère, le samedi 30 novembre. 
    • La Plagne (Savoie) arrive derrière avec 115 cm de chutes de neige moyenne.

    Dans le classement qui a servi de base à cet article et publié par SKIINFO, quatre autres stations réussissent encore à se maintenir à un niveau de chutes moyennes de neige en décembre supérieur ou égal à 100 cm sur les onze dernières saisons : Serre Chevalier dans les Hautes-Alpes (106 cm), Orcières-Merlette (103 cm), Courchevel (101 cm en moyenne) et Les Saisies (100 cm).

    Enneigement Tignes
    Enneigement Tignes

    Enfin, deux dernières stations sont à ex æquo et atteignent presque les 100 cm de chutes de neige moyennes en décembre depuis la saison 2012-2013. Avoriaz (Haute-Savoie) et Orelle (Savoie) sont toutes deux à 99 cm. La seconde présente toutefois un meilleur enneigement moyen au sommet et en bas. Elle a d’ailleurs ouvert dès le samedi 23 novembre.

  • Comment débloquer économiquement la France ?

    Comment débloquer économiquement la France ?

    En 1995, après l’échec des réformes Juppé, Jacques Chirac avait estimé que la population française avait perdu toute ambition. Selon certains observateurs, un sentiment dépressif s’empara alors de lui. Il réalisa alors que son septennat venait de s’arrêter net, quelques mois à peine seulement après son élection. Cet échec, les divisions au sein de la majorité et la crainte d’une défaite aux élections législatives prévues en 1998 aboutirent à la dissolution manquée de l’Assemblée nationale en 1997.

    L’arrivée au pouvoir de la gauche plurielle se traduisit par une période de cohabitation de cinq ans, peu propice à l’adoption de réformes impopulaires. La réélection de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen au second tour déboucha, en 2003, sur une réforme des retraites (loi Fillon) qui visait à étendre aux régimes de la fonction publique les mesures prises en 1993 pour le secteur privé. Après l’adoption de la loi Fillon, le Président de la République, et le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, demandèrent aux ministres de surseoir à toute réforme afin de détendre les relations avec les syndicats.

    Le ministre de la Santé fut ainsi contraint d’abandonner un projet de réforme de l’assurance maladie qui avait pourtant déjà donné lieu à de nombreuses réunions interministérielles. Le cabinet du Président lui demanda également de ne pas lutter activement contre la dérive des comptes sociaux. Le ministre de la Santé fut presque désavoué pour avoir opéré des déremboursements de médicaments.

    Au cours des vingt dernières années, quelques réformes ont bien été entreprises mais elles sont restées relativement modestes et de nature paramétrique. Le système d’indemnisation du chômage a été rendu progressivement moins généreux, et l’âge légal de départ à la retraite a été repoussé dans la douleur, de 60 à 62 ans, puis à 64 ans. En revanche, le système de santé n’a pas fait l’objet de transformations structurelles significatives. Au niveau institutionnel, le regroupement des régions n’a pas permis de réaliser des économies, ni d’alléger le millefeuille administratif. Malgré une diminution des investissements publics, les déficits n’ont cessé de se creuser de crise en crise.

    Les dépenses exceptionnelles liées aux crises représentent 1/4 des 1 000 milliards d’euros de dettes supplémentaires

    La dégradation des comptes publics entre 2016 et 2024 s’explique principalement, comme l’a révélé une étude de Jean-Pascal Beaufret, par le vieillissement démographique et la continuité des politiques de dépenses précédentes.

    France Relance
    France Relance

    Les dépenses exceptionnelles liées aux crises représentent un quart des 1 000 milliards d’euros de dettes supplémentaires, au même titre que les allégements fiscaux. Par ailleurs, l’accroissement des dépenses de protection sociale prive les gouvernements de marges de manœuvre, rendant difficile le respect de l’objectif de dépenses militaires fixé à 2 % du PIB.

    Quels sont les facteurs d’étouffement de la France en cette fin d’année 2024 ?

    • Le niveau élevé de la pression fiscale : Les prélèvements obligatoires en France, représentant 45 % du PIB, sont supérieurs de 5 points à ceux de la zone euro et de 20 points à ceux des États-Unis. En France, les impôts financent principalement des dépenses de transfert, et très peu des dépenses d’investissement.
    • Le faible taux d’emploi et un absentéisme élevé : En 2024, le taux d’emploi, bien qu’en nette progression depuis dix ans, reste à 68 %, soit 10 points de moins qu’en Allemagne. Par ailleurs, le taux d’absentéisme est en forte augmentation, passant de 4 % à 6 % de la population en emploi entre 2010 et 2023. Si la France atteignait le taux d’emploi de l’Allemagne et si la productivité du travail n’avait pas reculé depuis 2019, le produit intérieur brut serait supérieur de 14 %, et les recettes fiscales augmenteraient de 7 points de PIB.
    • Une faiblesse de l’investissement et de l’effort de recherche : En raison de la faiblesse de leurs fonds propres et de leur taille, les entreprises françaises investissent insuffisamment. Leur effort en recherche et développement est également inférieur de 1,5 point de PIB à celui des États-Unis (3 % contre 1,5 % du PIB).
    • Une protection de l’emploi et une faible productivité : La forte protection de l’emploi en France fige le marché du travail, réduit la mobilité entre secteurs ou entreprises et contribue ainsi à la faiblesse des gains de productivité. La productivité par tête a augmenté de 20 % entre 2010 et 2023 aux États-Unis, contre 8 % pour la zone euro et seulement 5 % pour la France.

    Des taux d’intérêt plus élevés à l’avenir

    Compte tenu des blocages politiques pour assainir les comptes publics, les taux d’intérêt à long terme ne peuvent qu’augmenter. L’écart de taux avec l’Allemagne devrait également se creuser.

    Par ailleurs, la France, comme les autres États européens, pourrait subir les effets de la politique économique américaine de Donald Trump, à la fois susceptible d’être inflationniste et d’entraîner une hausse des taux d’intérêt à long terme. Cette augmentation des taux se répercuterait en Europe. Elle pénaliserait le secteur du bâtiment ainsi que l’investissement des entreprises. Elle limiterait davantage les marges de manœuvre budgétaires de l’État, compte tenu de l’alourdissement du service de la dette qui en résulterait.

    Firefly relance de l'économie française
    Firefly relance de l’économie française

    Le déficit primaire de l’État (déficit avant paiement des intérêts), estimé à 2,5 % du PIB en 2024, pourrait encore s’aggraver.

    L’économie française est handicapée par une pression fiscale élevée, un faible taux d’emploi, une productivité en recul et une potentielle hausse des taux d’intérêt. Des défis pour la productivité et l’investissement. L’amélioration de la productivité concerne particulièrement les fonctions publiques. La France se distingue par un ratio emplois publics/dépenses publiques parmi les plus élevés de l’OCDE, avec quatre emplois publics pour un million d’euros de dépenses, contre deux emplois en Allemagne. Un effort conséquent est nécessaire pour favoriser les dépenses d’investissement, notamment dans les technologies de l’information et de la communication (TIC).

    Ces dépenses représentent 0,6 % du PIB en France, contre 0,7 % dans la zone euro et 1,3 % aux États-Unis. Augmenter le taux d’emploi L’augmentation du taux d’emploi passe par une réduction du chômage des jeunes de moins de 25 ans et par une meilleure employabilité des seniors. En 2023, le taux d’emploi des jeunes plafonne à 58 % en France, contre 70 % en Allemagne. Pour les 60-64 ans, les chiffres sont de 40 % en France contre 68 % en Allemagne. Pour remédier à cette situation, la France gagnerait à passer d’une logique de protection de l’emploi à une protection des salariés, en misant sur un accompagnement personnalisé, notamment en matière de formation.

  • Élections anticipées en Allemagne en février 2025

    Élections anticipées en Allemagne en février 2025

    La vie politique allemande prend des notes françaises. Les deux puissances motrices de l’Union européenne se retrouvent avec des gouvernements pour l’un en difficile gestation et pour l’autre démissionnaire. En effet, le chancelier allemand Olaf Scholz a perdu ce lundi un vote de confiance au Bundestag, un résultat voulu par le chancelier qui ouvre formellement la voie à des élections législatives anticipées en février.

    Pour obtenir la dissolution du Parlement, permettant la tenue de législatives anticipées, le chancelier a posé la question de confiance au Bundestag. Depuis l’après-guerre, quatre chanceliers seulement ont posé la question de confiance au Bundestag, souvent pour provoquer des élections. Parmi les députés présents à la chambre basse du parlement, 394 ont voté contre la confiance tandis que 207 ont voté pour, avec 116 abstentions, a annoncé la présidente du Bundestag. Olaf Scholz va désormais demander au chef de l’Etat Frank-Walter Steimeier de dissoudre le Bundestag afin de permettre la tenue du scrutin le 23 février dans la première économie européenne.

    Un sabordage planifié

    Ce sabordage planifié de Scholz, au pouvoir depuis fin 2021, s’inscrit dans la grave crise que traverse la première économie européenne, autrefois modèle de stabilité politique, au moment même où son partenaire privilégié dans l’UE, la France, est également affaibli.

    Allemagne, panne conjoncturelle ou structurelle ?
    Le chancelier allemand Olaf Scholz à Strasbourg

    La coalition gouvernementale hétéroclite avait implosé le 6 novembre, après le limogeage du ministre des Finances libéral en raison de différends insurmontables sur la politique économique et budgétaire. Olaf Scholz dirige depuis un gouvernement minoritaire entre son parti social-démocrate (SPD) et les Verts, dont l’action législative est paralysée.

    Une majorité de droite ?

    Malgré son impopularité chronique et l’échec de sa coalition, l’imperturbable dirigeant social-démocrate veut croire en ses chances d’un second mandat, pour un scrutin prévu le 23 février. A ce stade, les sondages lui accordent peu d’espoir et l’Allemagne se dirige vers une alternance politique avec le camp conservateur CDU /CSU, mené par Friedrich Merz et donné nettement gagnant, fort de 30 à 33 % des intentions de vote. Le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) est crédité de 17 à 19,5 %, mais les autres formations excluent toute coopération avec lui. Le SPD engrangerait 15 % à 17 % des voix, les Verts de 11,5 % à 14 %.

    Mais le chancelier a déjà prouvé sa capacité à déjouer les pronostics en remportant les élections en 2021, contre toute attente. Et il veut renouveler la performance en rassurant par son expérience dans un contexte géopolitique mondial tourmenté et plongé dans l’inconnu par l’élection de Donald Trump. Les sociaux-démocrates ne perdent d’ailleurs pas une occasion de souligner l’inexpérience de Friedrich Merz, mis sur la touche autrefois par l’ancienne chancelière Angela Merkel (entre 2005 et 2021) et qui n’a jamais occupé de poste de ministre ou de maire.

    Si la guerre en Ukraine jouera un rôle important dans les débats, la campagne va d’abord « tourner autour des questions économiques et sociales », estime Claire Demesmay, chercheuse associée au centre Marc-Bloch de Berlin. L’Allemagne est « en proie au doute, le modèle allemand est en crise », souligne la chercheuse.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.12.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.12.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 17 décembre, et vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres : Des centaines de morts à Mayotte – Une mission diplomatique à Damas – Le fonctionnement de l’État français assuré après le 31 décembre

    Plusieurs centaines ou des milliers de morts à Mayotte

    Depuis le passage du cyclone Chido sur l’île, samedi 14 décembre, aucun bilan n’a, pour le moment, pu été établi, et les autorités appellent à ne pas donner de chiffres trop précis qui pourraient se révéler faux. Cette prudence s’explique d’abord par des raisons matérielles. « Tous les bidonvilles sont couchés, ce qui laisse augurer un nombre considérable de victimes », a déclaré à l’Agence France-Presse une source proche des autorités. Mayotte compte officiellement 320 000 habitants, mais, selon la source précédemment citée, « on estime qu’il y a 100 000 à 200 000 personnes de plus, compte tenu de l’immigration illégale ». De peur d’être contrôlés, ils n’ont certainement pas rejoint, avant le départ du cyclone, les centres d’hébergement. Ils ont donc pris le risque d’être de potentielles victimes.

    
Cette photographie montre un tas de débris de tôles et de bois après que le cyclone Chido a frappé Mayotte, territoire français de l'océan Indien, le 14 décembre 2024, dans la capitale Mamoudzou. ©Daniel MOUHAMADI / AFP
    Cette photographie montre un tas de débris de tôles et de bois après que le cyclone Chido a frappé Mayotte, territoire français de l’océan Indien, le 14 décembre 2024, dans la capitale Mamoudzou. ©Daniel MOUHAMADI / AFP

    Une mission diplomatique française se rend ce mardi à Damas

    Quatre diplomates, dont le ministre des affaires étrangères n’a pas donné les noms, seront chargés de « reprendre possession de nos emprises sur place » l’ambassade comme le consulat de France en Syrie sont fermés depuis mars 2012, quelques mois après le début de la guerre civile -, « établir de premiers contacts » avec les nouvelles autorités et « mesurer les besoins urgents de la population en matière humanitaire », a-t-il précisé. Ils porteront aussi un message politique. En effet, la France considère que les autorités de fait doivent céder la place à une autorité de transition qui soit représentative de l’ensemble des confessions, des communautés de la Syrie et qui puisse progressivement faire avancer le pays vers une nouvelle Constitution et à terme vers des élections. La voix française sera-t-elle entendue dans cet ancien protectorat ? Est-ce que les 4 diplomates pourront reprendre le contrôle de nos bâtiments ? À suivre

    L'ambassade de France le 02/03/2012 lors de sa fermeture
    L’ambassade de France le 02/03/2012 lors de sa fermeture

    Une loi spéciale pour pallier à l’absence de budget

    Dans l’attente d’une loi de finances en bonne et due forme pour l’année 2025, la Constitution et la loi organique du 1er août 2001 (LOLF) permettent le vote d’une loi spéciale visant à assurer la continuité de la vie nationale. « La loi spéciale que nous vous présentons n’est pas un budget […] Notre déficit est là, notre dette est là », a rappelé le ministre démissionnaire de l’Économie, des Finances et de l’Industrie ce lundi lors de la présentation du texte. Avant d’exhorter : « Ces discussions ne doivent donc pas être un débat budgétaire. ». En ce qui concerne l’État en tant que tel, la loi spéciale contient, donc, l’autorisation de percevoir l’ensemble de ses ressources, « notamment fiscales » précise l’avis du 9 décembre du Conseil d’État. Le texte peut donc autoriser les impôts, mais aussi les autres ressources budgétaires étatiques (redevances, dividendes, ventes de biens et services, amendes…). Le recours de l’État à l’emprunt est aussi autorisé. Cette capacité à lever des fonds sur les marchés est aujourd’hui indispensable au fonctionnement de l’État, y compris durant la phase transitoire prise en charge par une loi spéciale.

    Budget 2025 : baisse des budgets, hausse des contributions

    C’est tout pour ce mardi, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés. Passez une belle journée où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Expat Communication et l’ADFE dévoilent leurs baromètres sur les Français de l’étranger

    Expat Communication et l’ADFE dévoilent leurs baromètres sur les Français de l’étranger

    En cette fin d’année politiquement agitée, c’est l’heure des bilans et autres baromètres. Dans l’hexagone mais aussi aux quatre coins du monde, pour les Français vivant à l’étranger. Au sujet de ce qui préoccupe ces derniers, les baromètres respectifs de l’ADFE et d’Expat Communication, restitués la semaine dernière, ont permis de se faire une idée.

    Des inscriptions en hausse au registre des Français de l’étranger

    Ce mercredi 11 décembre, les salons du Quai d’Orsay, accueillaient à nouveau la présentation du baromètre d’Expat communication, pour l’année 2024. En ouverture, François Penguilly, chef du service des Français à l’étranger, au sein du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), salue cet événement, comme “un moment unique d’échange avec l’ensemble des représentants de l’écosystème de la mobilité internationale”. Il mentionne le décompte, au 30 novembre 2024, de 1 742 029 Français inscrits sur le registre des Français établis hors de France. Un chiffre “partiel” mais qui selon lui, confirme un rebond que l’on observe de la communauté française à l’étranger, depuis la fin de la crise sanitaire du Covid-19”. Et en profite pour mentionner un autre questionnaire, qui a mesuré un taux de satisfaction global de 89% en moyenne, chez les usagers des services consulaires.

    Qui sont les expats ?
    Qui sont les expats ?

    Zoom sur le moral des Français de l’étranger

    Il se félicite d’ailleurs d’un “moral en hausse” des expatriés, mesuré par le baromètre d’Expat Communication. Sous la houlette d’Alix Carnot et de Stéphanie Merlant – à la tête de ce cabinet d’accompagnement à la mobilité internationale – le questionnaire a ainsi mesuré une légère hausse de leur moral, de l’ordre de trois points. Alix Carnot explique que cette année, le baromètre s’est focalisé plus particulièrement sur les notions de “bénéfices et sacrifices” de l’expatriation, mais aussi sur les femmes. Et bien que l’écart se soit réduit, leur moral est à nouveau moins bon que celui des hommes. Un résultat qui, indique Alix Carnot, peut s’expliquer par la plus grande insécurité professionnelle dans laquelle elles sont.

    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français

    Ainsi, selon les réponses du baromètre d’Expat Communication, 64% des femmes travaillent en expatriation contre 75% des hommes. Un différentiel hommes-femmes similaire à celui qu’on peut retrouver dans le baromètre de l’ADFE, qui fait état de 5,1% des femmes qui sont sans emploi, contre 1,7 seulement chez les hommes. Expat communication apporte également des éléments sur une inégalité salariale au détriment des femmes, de l’ordre de quatre points d’écart.

    Des expatriés intéressés par la vie politique

    C’est au Sénat, salle Médicis, que l’ADFE (Association démocratique des français à l’étranger-Français du Monde) s’était donnée rendez-vous, samedi 14 décembre, pour présenter les résultats de son troisième baromètre des Français de l’étranger, basé sur un échantillon de 22 588 répondants.

    Les raisons du retour
    Les raisons du retour

    Alors qu’Expat communication a constaté, dans une enquête consacrée au quotidien, le vif intérêt de 54% des expatriés pour les élections législatives. Du côté du questionnaire de l’association Français du Monde, sur ce même registre de l’attachement à la chose politique, les répondants de l’ADFE sont 82,6% à considérer comme important leur attachement à la nationalité française. Mais sont 86,1% à avoir la même appréciation sur le fait de voter à l’élection présidentielle française. Parmi les choses auxquelles les expatriés accordent de la valeur, le baromètre mentionne aussi la culture française (86.5%) et la francophonie (74%). Toujours dans le domaine politique, les répondants à l’ADFE sont nombreux à connaître les conseillers français de l’étranger (87,2%) et leurs députées (83,4%), mais moins leur sénateurs (62,5%).

    Une perception contrastée de la France

    Le baromètre de l’ADFE restitue un tableau sévère de notre pays, puisqu’à la question de savoir quelle est leur perception de la France, seuls 30,3% des répondants ont une appréciation positive, les autres en ayant une neutre (25,3%), négative (30,7%) ou très négative (12,8%). L’ADFE les a également interrogés sur leurs préoccupations. Les quatre premiers sujets cités sont d’abord la retraite, puis la situation internationale, le dérèglement climatique et la situation économique. 

    Perception de la France
    Perception de la France

    Sur le sujet de la retraite, le baromètre indique que les Français de l’étranger interrogés craignent que leurs années de cotisation à l’étranger ne soient pas pleinement reconnues par le système de retraite français, ce qui pourrait réduire leurs droits à la retraite”. Sans compter que certains d’entre eux doivent cotiser à la fois dans leur pays de résidence, et en France. Le baromètre note que ces préoccupations sur la retraite sont les plus élevées au Royaume-Uni, et les plus basses en Suisse.

    Assurance Médicale
    Assurance Médicale
    Caisse des Français de l'Étranger
    Caisse des Français de l’Étranger

    On peut aussi noter que dans le baromètre de l’ADFE, l’accès à une assurance médicale est une préoccupation pour 31,8% des répondants, et que cet intérêt décroît avec l’ancienneté de l’expatriation. D’autres résultats d’Expat Communication indiquent que lorsqu’on leur demande d’évaluer la générosité du système de sécurité sociale français, par rapport au système de santé local, 44% lui donnent la note de 5 sur 5. En matière de santé, le baromètre de l’ADFE montre que la moitié des répondants (47.5%) savent qu’il existe une caisse de sécurité sociale pour les Français de l’étranger (la Caisse des Français de l’étranger), mais qu’une proportion légèrement plus élevée (52.5%) ne le sait pas.

    La formation et l’éducation, des sujets centraux

    Un autre sujet qui parlera à tout expatrié, et abordé dans les deux baromètres, c’est celui des barrières culturelles et leurs incidences plus ou moins inattendues, dans la vie professionnelle. Un thème qui, rapproché de celui de la reconnaissance des diplômes et qualifications dans le pays de résidence, amène le baromètre de l’ADFE à préconiser le renforcement des accords bilatéraux entre la France et les pays d’accueil, pour faciliter la reconnaissance des qualifications. Mais aussi le développement de programmes d’accompagnement spécifiques, incluant des formations continues et des cours de langue.

    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français
    Présentation des baromètres des expatriés français

    Dans les deux baromètres, la question de la formation et de l’éducation apparaît sous différents aspects. Pour les enfants des expatriés, à travers leurs accès à des écoles françaises homologuées. Le baromètre de l’ADFE recommande d’augmenter leur nombre, et d’assouplir les critères d’attribution des bourses scolaires. Quant aux parents, dans un contexte où « le modèle du salarié expatrié par une grande entreprise est devenu minoritaire », note le rapport, pour 46,1 % des répondants, la formation professionnelle locale est un sujet important.

    D'accord pour rentrer ?
    D’accord pour rentrer ?

    À travers deux prismes différents, l’ADFE et Expat communication ont une nouvelle fois montré la diversité des enjeux rencontrés par les Français de l’étranger. Et ce, jusqu’à l’éventuel retour :  selon Expat communication, il est vécu comme un choix par 42% des répondants, mais pour 38%, comme une obligation. Ce qui explique peut-être en partie les difficultés d’intégration scolaire, vécues par 39% des enfants revenus de l’étranger !

    Baromètre de l’ADFE

  • Loi spéciale de finances : comment ça marche ?

    Loi spéciale de finances : comment ça marche ?

    Alors que le calendrier parlementaire a été bouleversé par la censure du gouvernement Barnier, la France se prépare à éviter un « shutdown » grâce à une loi spéciale de finances. Cette situation inédite prend une nouvelle tournure depuis ce vendredi 13 décembre avec la nomination de François Bayrou au poste de Premier ministre. Chargé de former un nouveau gouvernement, il devra naviguer dans un contexte politique et économique particulièrement tendu pour assurer la continuité des services publics et restaurer un climat de confiance. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Et pourquoi est-ce crucial ? Le gouvernement Bayrou aura pour priorité de présenter une nouvelle loi de finances. Mais en attendant, la loi spéciale reste le rempart nécessaire pour éviter le pire. Explications.

    Une loi pour garantir la continuité

    La loi spéciale, présentée mercredi 11 décembre en Conseil des ministres par le gouvernement démissionnaire, est un texte d’urgence. Avec seulement trois articles, elle vise à garantir le fonctionnement minimal de l’État en attendant l’adoption de la loi de finances pour 2025. Cette loi permettra notamment de :

    1. Maintenir la perception des impôts et taxes déjà prévus.
    2. Autoriser l’État à recourir à l’emprunt pour couvrir ses besoins de trésorerie.
    3. Permettre aux organismes de sécurité sociale de trouver des ressources temporaires pour leurs activités.
    Michel Barnier et ses ministres à Matignon le 4 novembre 2024
    Michel Barnier et ses ministres à Matignon le 4 novembre 2024

    C’est donc un véritable filet de sécurité pour éviter que l’administration publique et les services essentiels ne s’arrêtent net au 1er Janvier 2025.

    Un calendrier serré

    Le projet de loi, examiné par la commission des finances de l’Assemblée nationale, doit passer en séance publique ce lundi 16 décembre, puis au Sénat le 18. L’objectif est clair : promulguer le texte avant la fin de l’année pour permettre la publication du décret relatif aux « services votés« , garantissant les dépenses indispensables de l’État.

    Ce que couvre (et ne couvre pas) la loi spéciale

    La loi spéciale se concentre sur l’essentiel :

    • Les « services votés« , c’est-à-dire le minimum indispensable pour assurer la continuité des services publics comme l’éducation, la santé et la sécurité.
    • Les prélèvements sur recettes, comme ceux destinés aux collectivités territoriales ou à l’Union européenne, sont reconduits sur la base des montants précédents.

    En revanche, la loi spéciale ne peut pas :

    • Modifier le barème de l’impôt sur le revenu, comme l’a rappelé le Conseil d’État.
    • Reconduire certains crédits d’impôt arrivant à échéance, comme le crédit d’impôt innovation ou celui pour les agriculteurs. Ceux-ci pourraient disparaître temporairement.
    • Intégrer les nouveaux investissements ou dépenses non urgentes.

    Un régime exceptionnel, mais limité

    Le cadre des « services votés » impose des restrictions drastiques. Par exemple, les subventions ou nouveaux projets d’investissement jugés non essentiels ne pourront être financés. Dans cette situation exceptionnelle, chaque dépense doit impérativement être justifiée par des raisons d’urgence ou de nécessité pour assurer la continuité des services publics.

    Les incertitudes et les risques politiques

    À quelques jours de la fin de l’année civile, des incertitudes demeurent. Lors du débat parlementaire, des députés vont déposer des amendements en vue d’ajouter des dispositions au texte, avec le risque de nouveaux blocages. Ensuite, si le Conseil constitutionnel est saisi (il est possible qu’il ne le soit pas), il pourrait déclarer le texte inconstitutionnel (peu vraisemblable) ou invalider certaines de ses dispositions (possible).

    Une alternative : les articles 5 et 16 peu probables

    La procédure actuellement suivie repose sur l’article 47 de la Constitution et l’article 45 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). Cela permet au gouvernement, en cas de blocage, de demander un vote séparé sur la première partie du budget ou de proposer une loi spéciale. Cependant, si cette voie échoue, certains juristes évoquent des options extrêmes comme l’article 5 ou l’article 16 de la Constitution.

    L’article 5 confère au président de la République la mission d’assurer la continuité de l’État et le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Mais son utilisation pour prendre des ordonnances en cas de blocage reste très hypothétique.

    Laurent Saint-Martin, ministre démissionnaire du Budget Sarah ©Meyssonnier / REUTERS
    Laurent Saint-Martin, ministre démissionnaire du Budget Sarah ©Meyssonnier / REUTERS

    Quant à l’article 16, qui donne les pleins pouvoirs au président en cas de crise grave, il apparaît encore moins probable. Comme l’expliquait Alexandre Guigue, professeur de droit public sur France24 en fin novembre, « quelque chose sera tenté pour éviter que l’administration ne cesse de fonctionner« , mais cela resterait dans les limites des textes en vigueur.

    Les conséquences à court terme

    Cette situation temporaire aura des impacts concrets :

    • Les armées, l’intérieur et la justice devront patienter pour les crédits prévus dans les lois de programmation.
    • L’État devra revenir rapidement à une loi de finances classique et à une loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, afin d’éviter une paralysie prolongée.

    Un défi pour le futur gouvernement

    Le casse-tête actuel ne durera pas indéfiniment. Le gouvernement Bayrou aura pour priorité de présenter une nouvelle loi de finances ou de reprendre les textes suspendus suite à la censure. Mais en attendant, la loi spéciale reste le rempart nécessaire pour éviter le pire.

    Avec ce dispositif transitoire, la France navigue sur une ligne étroite entre continuité et paralysie. Les décisions prises dans les jours à venir seront déterminantes pour garantir le bon fonctionnement des services publics et rassurer les citoyens face à l’incertitude.

  • Miss Martinique est Miss France 2025 

    Miss Martinique est Miss France 2025 

    Miss Martinique a été élue Miss France 2025. Elle succède à Eve Gilles et a été choisie à la fois par le jury présidé par Sylvie Vartan, et par les millions de téléspectateurs de TF1 qui étaient devant leur poste samedi soir.

    Un jury 100% féminin

    Présidé cette année par la chanteuse Sylvie Vartan, le jury Miss France 2025, à nouveau 100% féminin, était notamment composé de la championne olympique Marie-José Pérec et l’animatrice et styliste Cristina Cordula.

    Miss Martinique élue Miss France 2025 le 14 décembre 2024 à Poitiers. © ROMAIN PERROCHEAU / AFP
    Miss Martinique élue Miss France 2025 le 14 décembre 2024 à Poitiers. © ROMAIN PERROCHEAU / AFP

    Sur le thème du « grand bal des miss« , les prétendantes ont participé en maillots une-pièce, costumes régionaux, tenues sexy et robes de bal, à une dizaine de tableaux chorégraphiés sur des musiques yéyé, country, tubes des années 90, flamenco endiablé, salsa et… un concerto de Mozart.

    Pour la première fois, une gendarme sous-officier, Manon Le Maou, 28 ans, Miss Franche-Comté 2024, participait au concours qui comptait des médecins, des dentistes, mais aussi une ostéopathe animalière Romane Agostinho, 27 ans, Miss Auvergne.

    Un concours qui a toujours un grand succès

    Alors que les Pays-Bas ont décidé de saborder leur concours de beauté estimant que ce n’était « plus de ce temps« , 30 candidates de 18 à 34 ans participaient à la finale du concours Miss France 2025 présentée pour la 30e fois par l’indétrônable Jean-Pierre Foucault.

    Élection de Miss France 2025 au Futuroscope Angélique Angarni-Filopon, la candidate originaire de Martinique, âgée de 34 ans, a été élue Miss France 2025 Ici aux côtés de la présidente Cindy Fabre. @LP / Fred Dugit
    Élection de Miss France 2025 au Futuroscope
    Angélique Angarni-Filopon, la candidate originaire de Martinique, âgée de 34 ans, a été élue Miss France 2025
    Ici aux côtés de la présidente Cindy Fabre.
    @LP / Fred Dugit

    Avant la cérémonie, le producteur de la cérémonie déclarait à l’AFP :  « le succès de Miss France est atypique, une exception culturelle en Europe avec 7 à 8 millions de téléspectateurs, et des pointes d’audience à 9 millions. Les profils des candidates changent avec des médecins, des ingénieures ou des gendarmes» . Et en effet, en moyenne, la cérémonie a rassemblé, 7,1 millions de téléspectateurs, soit 42,6 % du public jusqu’à minuit. Le sacre d’Angélique Angarni-Filopon (Miss Martinique 2024) a même permis à TF1 d’enregistrer un pic à 8,4 millions de curieux au moment de recevoir sa couronne et son écharpe.

    Une hôtesse de l’air de 34 ans

    Ainsi, Angarni-Filopon, 34 ans, candidate la plus âgée de l’histoire du concours, devient aussi la candidate la plus âgée élue miss France. Elle a battu les quatre autres finalistes Miss Nord-Pas-de-Calais 2024, Sabah Aïb, 18 ans, Miss Corse 2024, Stella Vangioni, 27 ans, Miss Guadeloupe 2024, Moïra André, 27 ans et Miss Côte d’Azur 2024, Lilou Emeline-Artuso, 21 ans.

    « En 2011, une jeune femme âgée de 20 ans a terminé première dauphine du concours Miss Martinique. Aujourd’hui, c’est cette même jeune femme de 34 ans qui se tient devant vous afin de représenter à nouveau la Martinique, sa diaspora ainsi que toutes les femmes à qui l’on a dit un jour que c’était trop tard ».

    Angélique Angarni-Filopon lors du concours Miss France 2025 au Futuroscope de Poitiers, le 14 décembre 2024 @AFP ROMAIN PERROCHEAU
    Angélique Angarni-Filopon lors du concours Miss France 2025 au Futuroscope de Poitiers, le 14 décembre 2024 @AFP ROMAIN PERROCHEAU

    Miss France 2025 en se présentant au jury et aux téléspectateurs, au cours de la cérémonie.

    Les dauphines de Miss France 2025 sont respectivement Miss Nord-Pas-de-Calais 2024, Sabah Aïb, 18 ans, Miss Corse 2024, Stella Vangioni, 27 ans, Miss Guadeloupe 2024, Moïra André, 27 ans et Miss Côte d’Azur 2024, Lilou Emeline-Artuso, 21 ans.

  • Russie, une économie sous tension

    Russie, une économie sous tension

    Dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022 par la Russie, les pays occidentaux ont décidé de durcir les sanctions contre cette dernière, dans l’objectif de peser sur son activité économique. Les gouvernements de l’OCDE espéraient un effondrement économique rapide de la Russie. Deux ans plus tard, cet effondrement se fait toujours attendre. Après une récession en 2022, l’économie russe affiche une croissance assez forte, de 3,6 % en 2023, portée par l’effort de guerre. Les embargos ont rarement des effets immédiats, d’autant plus que les États disposent de moyens croissants pour les contourner. Néanmoins, les sanctions commencent à produire leurs effets. La Russie éprouve de plus en plus de difficulté à financer son effort de guerre.

    La Russie confrontée à l’inflation et à des taux d’intérêt élevés

    Alors que de nombreuses banques centrales réduisent leurs taux d’intérêt, la Banque centrale de Russie est contrainte de les augmenter pour lutter contre l’inflation. En novembre 2024, les taux directeurs ont atteint 21 %, un record depuis vingt ans, et pourraient grimper à 23 % d’ici la fin de l’année. Officiellement, l’inflation est de 9 % en Russie mais, dans la réalité, elle pourrait atteindre 20 % pour un panier de consommation courant.

    Cette inflation s’explique par la hausse des prix des produits importés, la pénurie de main-d’œuvre et l’effort de guerre qui mobilise une grande partie de l’économie.

    Un effort de guerre de plus en plus coûteux

    La Russie consacre une part croissante de ses ressources à l’effort de guerre. Le projet de budget pour 2025, présenté en septembre dernier, prévoit une augmentation de plus de 25 % des dépenses de défense. Au total, les dépenses annuelles consacrées à la défense et à la sécurité (incluant les services de renseignement) devraient atteindre 17 000 milliards de roubles (170 milliards de dollars), soit plus de 40 % des dépenses publiques ou 8 % du PIB. Les seules dépenses de défense représenteront 6 % du revenu national russe, le plus haut niveau depuis la guerre froide.

    Ce niveau de dépenses militaires est fréquent pour un État en guerre. Par exemple, les États-Unis consacraient 8 à 10 % de leur PIB à l’armée pendant la guerre du Vietnam, et durant la Seconde Guerre mondiale, les dépenses militaires atteignaient entre 40 et 60 % du PIB. Cependant, à l’époque, les États maintenaient des taux d’intérêt bas. Dans les années 1940, le Royaume-Uni avait mené une « guerre des 3 % », visant à maintenir les taux d’intérêt autour de ce niveau, et la Réserve fédérale américaine avait stabilisé les taux à 2,5 %. En revanche, en Russie, le rendement de la dette souveraine à dix ans est passé de 6 % avant la guerre à 16 % aujourd’hui.

    De la pénurie de main-d’œuvre au travail forcé

    La Russie est confrontée à une pénurie de soldats et de travailleurs dans ses entreprises. Le vieillissement démographique affecte gravement son économie. Les autorités ont été contraintes de mobiliser les jeunes et les prisonniers pour renforcer les troupes sur le front ukrainien. Elles ont également sollicité l’aide de l’armée nord-coréenne.

    L'économie russe et son système financier restent relativement vulnérables, explique Julien Vercueil, "avec une inflation élevée et un rouble faible" ©Yevgeniy, AdobeStock
    L’économie russe et son système financier restent relativement vulnérables, explique Julien Vercueil, « avec une inflation élevée et un rouble faible » ©Yevgeniy, AdobeStock

    A 2,4 %, le taux de chômage, reflète une économie en surchauffe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés avaient freiné l’inflation en augmentant les impôts, une mesure qui avait le double avantage de limiter la consommation et de financer l’effort de guerre. Vladimir Poutine, lui, adopte une stratégie inverse en augmentant les prestations sociales pour préserver sa popularité.

    La dépréciation du rouble, une source d’inflation

    Le président russe doit également éviter une forte dépréciation du rouble pour contenir les tensions inflationnistes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ni le Royaume-Uni ni les États-Unis n’avaient à se préoccuper de la valeur de leur monnaie. Le dollar bénéficiait de son statut de valeur refuge, et le programme américain Prêt-Bail fournissait au Royaume-Uni les équipements militaires et les ressources nécessaires. Aujourd’hui, la Russie ne dispose pas de telles facilités. Bien que sa balance des paiements courants soit excédentaire grâce aux exportations de pétrole et de gaz, le pays n’a plus accès au système financier mondial. Les importateurs refusent d’être payés en roubles, tandis que les entreprises russes ne peuvent régler leurs factures en dollars. Elles doivent donc utiliser d’autres devises, avec des surcoûts importants.

    La Chine est devenue le principal partenaire commercial de la Russie, assurant un tiers de ses importations. Plus de 90 % des composants microélectroniques utilisés dans les drones, missiles et chars proviennent de Chine, directement ou indirectement. Cependant, ce soutien n’est pas sans coût : la valeur du rouble par rapport au yuan a baissé de plus de 7 % en 2024, alimentant l’inflation.

    Les limites du « quoi qu’il en coûte »

    Jusqu’à récemment, le gouvernement russe avait protégé l’économie de la hausse des taux d’intérêt en adoptant une politique de « quoi qu’il en coûte ». Divers programmes permettaient aux ménages de suspendre le paiement de leurs dettes et aux entreprises d’emprunter à des taux subventionnés, l’État compensant les pertes des banques. Cependant, face à l’explosion des coûts de ces mesures, le gouvernement a commencé à en limiter l’accès. Par exemple, le programme de subventions hypothécaires, qui permettait d’emprunter à un taux de seulement 8 %, a pris fin le 1ᵉʳ juillet. Le mois suivant, le volume des prêts hypothécaires a chuté de moitié. Les faillites d’entreprises ont augmenté de 20 % cette année, et l’Union russe des industriels et entrepreneurs a annoncé la suspension des plans d’investissement pour 2025 en raison des coûts d’emprunt élevés.

    Le FMI prévoit une forte décélération de la croissance économique russe à 1,3 % en 2025, et même la VEB, banque publique de développement, n’anticipe qu’une croissance de 2 %. La combinaison d’une réduction des investissements et d’une pénurie de main-d’œuvre pèse de plus en plus lourdement sur l’activité. Conduire une guerre avec des taux d’intérêt à 23 % est une tâche bien plus ardue qu’avec des taux à 3 %.

    L’économie russe, malgré des adaptations ingénieuses, montre des signes croissants de fragilité. L’accumulation des pertes humaines, estimées entre 100 000 et 200 000 morts côté russe, selon certaines sources, pourrait également saper le soutien populaire au conflit. L’épuisement économique et moral pourrait conduire la Russie comme l’Ukraine à engager des négociation. En cette fin du mois de décembre, Volodymyr Zelensky a évoqué cette possibilité.