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  • L’Autorité bancaire européenne a-t-elle enterré à tort l’enquête sur la Danske Bank?

    L’Autorité bancaire européenne a-t-elle enterré à tort l’enquête sur la Danske Bank?

    Bruxelles a déploré la clôture de l’enquête de l’Autorité bancaire européenne (ABE) sur l’affaire de blanchiment d’argent dont est soupçonnée la banque danoise, alors qu’un rapport signalait plusieurs infractions aux règles européennes. 

    Coup de semonce inédit. Le vice-président de la Commission européenne, chargé notamment des services financiers, Valdis Dombrovskis, a critiqué sans détours le traitement de l’affaire Danske Bank par l’Autorité bancaire européenne (ABE). Dans un entretien au Financial Times et sur Twitter, le commissaire letton a regretté la clôture de l’enquête de l’ABE sur le scandale de blanchiment qui a secoué la première banque danoise.

    « Décevant : l’ABE n’a pas agi à l’égard de l’un des plus grands scandales de blanchiment d’argent en Europe », a-t-il écrit sur Twitter ce lundi 29 avril. « La Commission européenne a proposé un renforcement accru des pouvoirs de l’ABE en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, mais pour être efficace, cela nécessite une transformation de la manière dont les décisions sont prises au sein de l’ABE », a-t-il fait valoir.

    Manquements et débats

    Le 17 avril dernier, le superviseur bancaire a annoncé la fin de son enquête formelle sur de possibles infractions à la législation européenne des autorités financières estonienne et danoise dans le cadre des activités de blanchiment de Danske Bank et sa filiale estonienne. Pour mémoire, quelque 200 milliards d’euros d’opérations, sur une période allant de 2007 à 2015, principalement depuis des comptes de non-résidents estoniens, ont été jugées suspectes, selon un audit indépendant commandité par la banque.

    « Lors d’un vote au cours de sa réunion du 16 avril 2019, le conseil des autorités de surveillance de l’ABE a rejeté une proposition recommandant la [constatation] d’une infraction au droit de l’Union », avait indiqué l’Autorité dans un bref communiqué.

    Le conseil est composé du président de l’ABE et des représentants des 28 régulateurs nationaux (l’ACPR, adossée à la Banque de France par exemple). Pourtant, le rapport d’enquête qui avait été présenté « avait identifié quatre infractions » à la réglementation dans la façon dont les deux autorités, danoise et estonienne, avaient supervisé Danske, notamment le défaut de coopération, et leur recommandait de prendre des mesures, selon le Financial Times.

    « Manquements »

    Le président par interim de l’ABE, Jo Swyngedouw, a reconnu la constatation de « manquements » dans des courriers à la direction générale de la Justice et des Consommateurs de la Commission, et au groupe des eurodéputés verts, datés du vendredi 26 avril.

    « Un certain nombre de membres du conseil des autorités de surveillance, tout en reconnaissant, avec le recul, des manquements dans le contrôle exercé par les deux autorités, a considéré que ces manquements ne constituaient pas une infraction au droit de l’Union et, de manière plus générale, a remis en cause l’utilisation de cet outil juridique dans des dossiers couvrant des périodes antérieures à l’application de la quatrième directive anti-blanchiment », indique-t-il.

    Un membre du conseil des autorités de surveillance aurait voté en faveur des recommandations du rapport, de nombreux autres se seraient abstenus, selon le Financial Times.

    « Manifestement les autorités nationales de surveillance ont voulu enterrer le scandale et se protéger mutuellement », a réagi Pervenche Berès, présidente de la délégation socialiste française et rapporteure sur la réforme des Autorités de supervision européenne (ASE/ESA) au Parlement européen. « Ce scandale Danske Bank n’est pas un scandale européen, c’est celui des limites de l’intergouvernemental en Europe ! » a-t-elle estimé.

    L’affaire Danske Bank fait l’objet de plusieurs enquêtes, au Danemark, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en France depuis février dernier.

    Delphine Cuny

    Un article publié sur le site de notre partenaire

     

  • Changement d’ère au Japon qui célèbre son nouvel Empereur

    Changement d’ère au Japon qui célèbre son nouvel Empereur

    Un moment historique vient de se dérouler au Japon. Pour la première fois depuis plus de deux siècles, l’Empereur, descendant d’une lignée plurimillénaire, a abdiqué, en raison de son âge et de sa santé, en faveur de son fils aîné.

    Akihito, qui avait succédé à son père le controversé Hiro-Hito, en 1989, marqua le pays par son engagement pour la paix, et sa compassion pour les victimes des très nombreuses catastrophes naturelles qui marquèrent l’archipel durant son règne, et en particulier lors du drame de Fukushima.

    Une succession millimétrée, dans un contexte protocolaire extrêmement strict

    L’agence impériale, connue pour son intransigeance quant aux règles du protocole, a calibré cette succession au millimètre. Deux courtes allocutions, de l’Empereur émérite et de son successeur, ont notamment été largement suivies au sein du pays et partout à travers le monde.

    L’ère Reiwa, ère de belle harmonie, symbole de la succession impériale

    La question successorale fut ces dernières années marquée par de nombreux remous. L’absence d’enfant mâle, seul autorisé à succéder au trône de Chrysanthème, au sein du couple héritier fut l’objet de nombreux commentaires. La naissance, au sein du couple du frère cadet du nouvel Empereur, d’un garçon régla, temporairement cette question. L’ouverture du trône aux princesses reste cependant une possibilité, et ce dans une société encore très patriarcale.

    Le nouvel Empereur, éduqué comme son épouse à l’étranger, a plusieurs combats qu’il souhaitera mener, en particulier l’accès à l’eau dans les pays en développement. Le Japon fait par ailleurs face à plusieurs défis majeurs, et en particulier la question démographique dans un pays qui ne connait presque aucune immigration, dont la population est vieillissante et qui pourrait perdre 25 millions d’habitants d’ici 2050.

    Une communauté française présente et dynamique

    Les Français du Japon (在日フランス人) constituent la deuxième communauté européenne après le Royaume-Uni. Parmi le réseau associatif, citons  l’association des Français et Francophones du Japon

    Laurent Pic
    Ambassadeur de France au Japon

    La communauté compte deux Lycées français, à Tokyo et à Kyoto ainsi que plusieurs antennes de l’Alliance française

     

    « J’adresse au nom de la France mes plus sincères félicitations à Sa Majesté l’Empereur qui accède aujourd’hui au trône de Chrysanthème. Je forme le vœu qu’au cours de cette nouvelle ère impériale, les relations d’amitié et de coopération qui unissent la France et le Japon depuis plus de 160 ans se renforcent encore d’avantage » Laurent Pic, Ambassadeur de France au Japon

     

    L’ambassadeur de France a souligné le respect de la République pour le nouvel Empereur et la chaleur des relations entre les deux pays. La récente visite du nouvel Empereur et notamment à Lyon atteste de ces échanges.

  • Tour du monde des Premier Mai

    Tour du monde des Premier Mai

    Le 1er mai prochain, de nombreux pays du monde célèbreront la fête du travail. Pour la plupart d’entre nous, ce sera l’ouverture du « mois des ponts », l’occasion de s’offrir du muguet ou de profiter d’une (belle) journée chômée. Les origines, l’histoire et la signification du 1er mai sont pourtant peu connues.
    Pourquoi a-t-on choisi cette date ? Qu’est-ce qui unit, le temps du 1er mai, des pays aussi divers que la Belgique, la Finlande, la Roumanie ou le Laos ? Et d’où vient la tradition du muguet ? Le 1er mai, c’est une longue histoire, qui n’a pas toujours été de tout repos.

    Le 1er mai : une origine américaine

    L’idée d’une fête du travail voit le jour au moment de la Révolution française. En 1793, Fabre d’Églantine, ami de Danton, est le premier à instaurer une telle célébration dans le calendrier républicain au 1er pluviôse (fin janvier).

    Paradoxalement, c’est outre-Atlantique qu’il faut aller chercher les origines du 1er mai, aux États-Unis, où ce jour n’a jamais été férié. En 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour obtenir la diminution de la journée de travail à huit heures. Il choisissent de lancer leur action le 1er mai, date à laquelle bon nombre d’entreprises entament leur année comptable.

    En 1886, face aux réticences de leurs employeurs à diminuer le temps de travail, plus de 300 000 personnes font à nouveau grève. La manifestation, violemment réprimée, fait trois morts parmi les grévistes de la société Mac Cormick à Chicago. Au lendemain de cette répression, une marche de protestation est organisée. La place Haymarket est le théâtre d’un second drame : sept policiers sont tués et de nombreux manifestants blessés. Malgré l’inexistence de preuves, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort et trois autres à perpétuité.

    En 1889, les congressistes de la IIe Internationale, réunis à Paris, entrent dans la lutte pour la journée de huit heures. À l’instar de l’American Federation of Labour (AFL), ils fixent la date du 1er mai comme journée de leur revendication. Une manière de commémorer les événements de Chicago, symboles d’une répression qui n’a pas dit son dernier mot. En 1891, la manifestation du 1er mai à Fourmies, dans le nord de la France, s’achève avec le triste bilan de 10 morts et 35 blessés.

    Et le 1er mai devint la fête du travail

    Le 1er mai prend vite un caractère international et revendicatif. Les travailleurs continuent à se battre pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Une lutte qui porte ses fruits. « L’adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures » est ainsi fixée « comme but à atteindre partout où elle n’a pas encore été obtenue » par l’article 247 du Traité de Versailles, en 1919.

    À l’initiative de Lénine, le 1er mai devient en 1920 une journée chômée en URSS. D’autres pays suivront peu à peu. En France, c’est sous la houlette de René Belin, un ancien responsable de la CGT devenu ministre de Pétain (sic), que le 1er mai devient chômé. Officiellement désignée le 24 avril 1941 fête du travail et de la concorde sociale, la fête des travailleurs est détournée dans le but de rapprocher les ouvriers du régime de Vichy. Petit détail, à l’époque la Saint-Philippe (prénom de Pétain) tombait le 1er mai…

    Le gouvernement issu de la Libération fait finalement du 1er mai un jour férié, chômé et payé en 1947. Le 1er mai, qui retrouve tout son sens, est communément appelé la « fête du travail » depuis 1948. C’est, selon le Code du Travail, le seul jour obligatoirement chômé pour tous les salariés(toutes entreprises et catégories confondues).

    Tour du monde des « 1er mai »

    Que font nos voisins européens le 1er mai ?

    – Jour chômé en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg, le 1er mai est généralement ouvré aux Pays-Bas et en Suisse. Cependant, certaines entreprises et organisations internationales basées en Suisse accordent un jour de congé à leurs employés.

    En Italie, on fête le 1er mai avec, en prime, un grand concert sur la Piazza del Popolo à Rome, qui réunit près d’un million de spectateurs.

    Au Royaume-Uni, on se distingue : c’est le premier lundi de mai qui est férié et non le 1er mai qui reste chômé dans les pays de l’Europe de l’Est, tels que la Pologne et la Roumanie. Néanmoins, les défilés, auparavant imposés par leur grand frère soviétique, n’ont plus cours.

    – Le Vappu, 1er mai finlandais, est férié et dignement, voire largement, célébré. Il est à la fois fête des étudiants, fête du travail, célébration de l’arrivée du printemps et survivance de vieux rites païens.

    À Moscou, les grandes festivités et les défilés de l’ère soviétique ont disparu, mais on continue à célébrer la « journée du printemps et du travail ».

    L’Amérique du Nord (États-Unis et Canada), quant à elle, ne fête pas le 1er mai auquel elle préfère le Labor Day, qui tombe le premier lundi de septembre. Cette fête du travail à l’américaine ne fait volontairement pas référence aux événements de Chicago et aux droits des travailleurs.

    Chaque pays ou presque a sa fête du travail, généralement célébrée le 1er mai, même si quelques exceptions subsistent comme en Australie ou au Japon.

    Des manifestations protocolaires sont organisées dans les pays de tradition communiste, comme le Laos. Le tout, assure-t-on, dans le respect des travailleurs.

    Muguet et arbre de mai

    L’histoire du 1er mai est aussi liée à l’arrivée du printemps. À qui doit-on cette fameuse tradition qui consiste à offrir un brin de muguet ? Les historiens en attribuent l’origine à Charles IX qui, en 1561, décida d’en offrir à chaque dame de la cour (certains parlent de lys de mai). On peut aussi faire remonter cet usage à la fête druidique de Beltaine qui marque le passage de la saison sombre à la saison lumineuse.

    Chez les Romains, le 1er mai marquait l’apogée des célébrations en l’honneur de Flora, déesse des fleurs. Une tradition aux origines diverses et lointaines donc. Symbole de renouveau et du printemps, symbole de bonheur et porte-bonheur, le gazon de Parnasse annonce ainsi l’arrivée des beaux jours.

    Le muguet n’a pas toujours été associé à la fête du travail. En fait, au début du 20e siècle, la tradition de vente du muguet voit le jour dans les rues de Paris pour célébrer le printemps. Le muguet est censé être une fleur porte-bonheur, symbolisant aussi l’amitié et l’amour. N’appelle-t-on pas aussi à l’époque « muguets » et « muguettes » les jeunes élégant(e)s ?

    Au moment des premiers défilés, les travailleurs arboraient un triangle rouge symbolisant la division de la journée de travail en trois parties : travail, sommeil, loisirs. La fleur d’églantinesupplanta ensuite pour un temps le triangle rouge avant de se voir voler la vedette par le muguet. La tradition ne va pas disparaître sous le régime de Vichy, qui voyait d’un mauvais œil l’églantine rouge trop associée à la gauche.

    Autre tradition, l’arbre de mai est particulièrement répandu en Bavière. Il s’agit d’un autre rite lié à la venue du printemps. Fanfares et groupes folkloriques envahissent la place principale pour soutenir ceux qui vont de leurs mains hisser le mât de mai, qui atteint parfois les 30 m de haut. Après cette véritable épreuve de force, vient le réconfort : les participants et les spectateurs dégustent saucisses, bières et bretzels dans une ambiance bien guillerette.

  • Près de la moitié des Européens craignent les effets secondaires des vaccins

    85 % des citoyens européens pensent que les vaccins sont un moyen efficace d’empêcher les maladies, mais la moitié d’entre eux croient qu’ils peuvent « souvent produire des effets secondaires », selon un nouveau sondage Eurobaromètre.

    La question des vaccins est encore assombrie par la confusion et les idées fausses. L’Eurobaromètre, l’organisme de sondages d’opinion publique de l’UE, a réalisé la première enquête en face à face sur le sujet, auprès d’environ 28 000 citoyens des 28 États membres de l’UE.

    Selon l’enquête, une majorité relative d’Européens (48 %) pensent que « les vaccins peuvent souvent produire des effets secondaires graves », contre 40 % qui pensent le contraire. À Chypre, 65 % de la population estime que les vaccins peuvent être nocifs, soit la proportion la plus élevée de l’UE. Viennent ensuite la Croatie (64 %), Malte (62 %), la Slovénie et la France (60 % chacun).

    Les vaccins, comme toute autre substance pharmaceutique, entraînent une certaine probabilité d’effets secondaires, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Ils sont toutefois généralement bénins et les réactions plus graves sont très rares, assure l’organisme européen de prévention en matière de santé.

    Système immunitaire

    Près de quatre répondants sur dix pensent également que les vaccins peuvent provoquer la maladie même contre laquelle ils protègent, tandis que 31 % pensent qu’ils peuvent affaiblir le système immunitaire.

    « Plus nous parlons de ce qui est vrai et de ce qui est faux à propos de la vaccination, plus nous avons de chances d’obtenir les bons messages », a déclaré Jyrki Katainen, vice-président de la Commission chargé temporairement des questions de santé, lors d’une conférence de presse.

    La Commission a déclaré qu’elle accueillerait un sommet mondial sur la vaccination en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en septembre, confirmant une annonce faite par Vytenis Andriukaitis, commissaire européen chargé de la santé, dans un entretien accordé à Euractiven avril dernier.

    Coopération volontaire

    L’UE n’a pas de compétences sur la question de la vaccination, c’est donc aux États membres d’adopter des stratégies nationales pour accroitre la couverture et de décider sur la vaccination est obligatoire ou non.

    « Nous ne voulons pas interférer dans ce débat. Les deux systèmes, volontaire ou obligatoire, peuvent fonctionner, il n’y a pas qu’une seule solution », a déclaré Jyrki Katainen, qui remplace Vytenis Andriukaitis pendant la campagne des présidentielles en Lituanie.

    En avril 2018, la Commission a proposé une recommandation sur le renforcement de la coopération volontaire de toutes les parties prenantes contre les maladies évitables par la vaccination, qui a été adoptée par le Conseil.

    « Jusqu’à présent, 20 États membres ont adhéré à une plateforme basée sur la coopération volontaire. C’est un chiffre assez important pour ce type de coopération », a déclaré un fonctionnaire de l’UE, ajoutant que plusieurs actions conjointes sont en cours et que la plateforme est ouverte à d’autres pays qui souhaitent poser leur candidature.

    Selon Jyrki Katainen, la recommandation du Conseil a été prise très au sérieux et le thème de la vaccination doit rester une priorité de l’UE, y compris pendant les élections européennes.

    Gerardo Fortuna et Zeynep Atilgan

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Associations françaises à l’étranger : la FIAFE fête ses 35 ans

    Les Français de l’étranger, 2,5 millions de personne soit près de 5 fois la population totale d’un pays comme le Luxembourg, restent attachés au pays. Les dizaines, si ce n’est centaines, d’associations d’expatriés, en témoignent.

    Parmi celles-ci, la Fédération d’Accueil des Français et francophones expatriés, la FIAFE . Elle fête ses 35 ans avec un réseau en expansion et présent partout dans le monde. Rencontre avec sa Présidente Corinne Levet.

     

    Lesfrancais.press : La FIAFE fête ses 35 ans, c’est un réseau tentaculaire avec 100 000 membres, 10 000 bénévoles et 150 associations membres dans 90 pays, comment s’est constitué un tel réseau ?

    Corinne Levet : C’est effectivement une fédération très importante. Cela s’explique je pense par le fait que nous avons toujours souhaité conserver des valeurs solides, celles d’une association apolitique et non confessionnelle.

    Nous sommes toutes et tous bénévoles, y compris le Bureau et le Conseil d’Administration. C’est un pilier de la FIAFE qui nous permet de résister aux changements de la société.

    Nous avons de nouveaux accueils, les associations locales, très régulièrement et notamment des associations déjà existantes qui nous rejoignent.

    LFP : pouvez-vous nous donner un exemple d’un accueil récent ?

    CL : Et bien quand un Français ou un francophone s’installe à l’étranger, il peut créer un accueil. Récemment, ce fut le cas à Reykjavík la capitale islandaise.

    Nous fonctionnons beaucoup via le bouche à oreille et les retours positifs des différentes associations membres. Celles-ci sont indépendantes, elles contribuent au budget de la FIAFE à hauteur du nombre de leurs membres mais bénéficient chacune du même droit de vote lors de notre assemblée annuelle. Tous les accueils signent notre charte morale concernant leur engagement apolitique et non confessionnelle.

    Corinne Levet, Présidente de la FIAFE

     

    LFP : quels sont les pays où vous êtes les plus présents et les accueils les plus actifs ?

    CL : Nous avons de nombreuses associations aux Etats-Unis, en Australie et en Suisse par exemple. Pour les associations très actives, je voudrais citer celle de Moscou qui organise en moyenne 4 visites de sites touristiques et culturels par semaine.

    Les plus grosses associations sont, pour le moment, Londres , Bruxelles , et Shanghai

    LFP : A Moscou et dans d’autres territoires fréquentés par les expats, vos associations membres organisent des visites, quel autre rôle jouent-elles ?

    CL : Elles sont le moyen de se faire un réseau amical pour celles et ceux qui arrivent dans le pays. Il est important de ne pas rester chez soi mais d’être intégré dans ce pays. Nous sommes un relai, pour que les Françaises et les Français, ainsi que les Francophones, se sentent accueillis et que leur séjour se passe bien.

    Historiquement, la majorité des membres étaient les épouses de Français qui sont détachés par leur entreprise. Nous avons toujours bien sûr une présence féminine importante mais la sociologie des membres est plus diverse que cela, elle dépend des spécificités locales. Notre cœur reste la famille mais par exemple au Maroc, il y a beaucoup de retraités qui sont membres, alors qu’à Ottawa, ce sont beaucoup de personnes actives. Un reflet de la diversité des expatriés en somme !

     

    Les associations françaises à l’étranger, un réseau divers, à l’image de la communauté

     

    Outre la FIAFE, il existe de très nombreuses associations françaises pour les expatriés.

     

    Signalons tout d’abord l’ ADFE – Français du monde et l’ UFE , deux organisations reconnues d’utilité publique et orientées politiquement, la première à gauche, la deuxième à droite.

     

    Les dizaines d’associations françaises à l’étranger couvrent tous les aspects de l’expatriation. Citons notamment, parmi de nombreuses autres, l’union française de Montréal , les Bretons de New-York ou encore l’Union des Français du Monde. Cette association la plus récente se déclare apolitique et a comme objet de fédérer le plus grand nombre au delà des opinions mais sur le simple partage des valeurs de la république et de la liberté d’entreprendre. Sa plus grande antenne est à Bruxelles avec l’Union des Français de Belgique.

     

    Une diversité qui montre la richesse de la communauté expatriée mais également sa volonté de ne pas être totalement détachée de la France.

  • Juncker tire le bilan du «big bang» de l’élargissement européen

    Malgré les difficultés engendrées par la vague d’élargissement de 2004, Jean-Claude Juncker a affirmé ne pas regretter ces adhésions, à l’occasion du 15e anniversaire de ce « big bang » européen.

    La Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, Malte et Chypre ont toutes rejoint l’UE il y a quinze ans, dans ce qui a été décrit comme le moment le plus audacieux de l’histoire européenne d’après-guerre.

    Cette vague d’élargissement, connue sous le nom de « big bang », a été suivie par l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie en 2007 et de la Croatie en 2013.

    Depuis, l’UE a perdu son appétit pour de nouveaux élargissements et Jean-Claude Juncker a lui-même déclaré que de nouvelles adhésions n’étaient pas à l’ordre du jour lors de son entrée en fonction en 2014.

    L’intégration de tous ces nouveaux pays ne s’est en effet pas faite sans heurts, et de profondes divisions séparent toujours les membres « historiques » et les membres plus nouveaux de l’Union. Ça a notamment été le cas lors de la crise des réfugiés de 2015-2016 lorsque la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovénie ont refusé de partager le fardeau des réfugiés.

    Par ailleurs, la Hongrie s’est engagée dans une voie autoritaire « illibérale », tandis que le parti ultraconservateur au pouvoir en Pologne a pris des mesures pour consolider son pouvoir en portant atteinte à l’indépendance de la justice, et la Roumanie tente de faire de même.

    Pas de regrets

    Interrogé sur les hauts et les bas des 15 dernières années concernant l’attitude de l’Europe centrale et orientale à l’égard de l’UE, le président de la Commission a admis qu’il y avait eu des anicroches, mais a insisté sur le fait que ses attentes étaient largement satisfaites et que la situation économique dans ces pays s’était grandement améliorée.

    « Nous devons apprécier le fait que [les nouveaux membres] ont souvent mis en œuvre des réformes audacieuses. Leur croissance économique est vraiment remarquable. Je ne serai jamais de ceux qui dénigrent la décision d’élargir l’UE », assure-t-il.

    « Je n’ai pas regretté une seule seconde la décision de remettre simultanément dix pays au cœur de l’Europe. J’ai toujours cru que c’était un grand moment et une occasion unique qui nous était offerte dans l’Histoire », poursuit-il. « Le courage des Européens de l’Est a ouvert la voie à la réconciliation de la géographie et de l’Histoire de notre continent. C’est pourquoi je continue à être un grand partisan de l’élargissement ! »

    Lorsqu’on lui demande si la prise de décision était devenue plus difficile à 28, ce vétéran de la politique indique clairement que le nombre de membres de l’UE n’était pas un problème. « J’ai fait l’expérience du fonctionnement de l’intégration européenne pour la première fois en décembre 1982, lorsque j’étais jeune ministre. Il y avait dix États membres à l’époque. La prise de décision est-elle plus difficile à 28 ans ? Pas du tout. C’était difficile avec n’importe quel nombre de membres. »

    « Je ne suis en aucun cas déçu par l’élargissement. Nous avons beaucoup appris des nouveaux États membres », renchérit le Luxembourgeois.

    L’ancien Premier ministre a également fait des commentaires intéressants sur certains des dirigeants actuels des pays d’Europe centrale. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait commis une erreur en traitant Viktor Orbán de dictateur en public, en mai 2015, il a répondu : « En privé, j’ai appelé Viktor Orbán un dictateur pendant des années. Il en a toujours ri. Au sommet de Riga, il y avait des microphones devant nous. Je l’ai salué avec humour, comme je le fais toujours. Personnellement, j’ai de bonnes relations avec lui. »

    « J’ai beaucoup de respect pour Viktor Orbán. J’admirais le courage dont il a fait preuve en résistant au communisme à une époque où les forces soviétiques étaient encore stationnées en Hongrie. Je l’ai toujours considéré comme un héros. Mais nous avons bien sûr des divergences d’opinion. »

    Qu’est-ce qu’un démocrate ?

    Lorsqu’on lui demande s’il considère le Premier ministre hongrois et le chef du parti au pouvoir en Pologne, Jarosław Kaczyński, comme des démocrates, Jean-Claude Juncker s’embarque dans une longue explication, mentionnant la nécessité d’un système efficace de garde fous dans une démocratie saine.

    « Qui est démocrate ? Est-ce quelqu’un qui a été élu par les électeurs ? Non, cela ne suffit pas, car même lorsque vous avez une large majorité, vous n’avez pas le droit d’ignorer ceux qui n’ont pas voté pour vous. En tant que Premier ministre du Luxembourg, je n’ai jamais pensé que ceux qui n’avaient pas voté pour moi n’avaient aucun droit. Bien sûr qu’ils en ont, puisqu’ils sont citoyens du même pays, même s’ils sont dans l’opposition. Dans chaque pays, il doit y avoir un système de freins et de garde fous. »

    Quant à Jarosław Kaczyński, le président de la Commission exprime sa frustration de ne pas avoir pu le rencontrer. « La dernière fois que je l’ai rencontré, c’était en 2005, au sommet de l’OTAN à Helsinki. Il était Premier ministre à l’époque […]. Aucune autre occasion de lui ne s’est présentée, malgré mes demandes de rencontre. J’ai envoyé un représentant spécial qui a passé quatre heures à s’entretenir avec M. Kaczyński et ses collaborateurs les plus proches ». Rien n’y a fait.

    Autre sujet brûlant dans les pays de l’est : le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, soupçonné de fraude aux aides de l’UE, et qui accuse l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) de conspirer contre lui. Des accusations inacceptables et complètement fausses, pour le président de la Commission.

    « De temps à autre, l’OLAF critique même la Commission européenne pour diverses raisons. Mais je ne l’attaque jamais, parce que c’est un organe indépendant. Son rôle est d’enquêter et la Commission peut également faire l’objet d’une enquête, ce n’est pas une raison pour dire qu’il a été influencée par des puissances étrangères tentant de détruire l’Union européenne », indique-t-il. « Dans cette affaire tchèque, nous avons décidé de bloquer le flux d’argent vers les entreprises faisant l’objet de l’enquête, qui suivra son cours normal. »

    En ce qui concerne le journaliste slovaque Ján Kuciak, qui enquêtait sur une affaire de mafia avant son assassinat, Jean-Claude Juncker admet qu’il y a « un grave problème de corruption en Slovaquie », que « nous sommes en train de corriger ».

    Le président de l’exécutif a révélé que lors de la composition de la Commission européenne, il avait rejeté six candidats aux postes de commissaires, y compris des envoyés de pays d’Europe centrale et orientale, mais ni de Pologne ni de Hongrie. Il n’a toutefois pas donné plus de détails : « si j’avais voulu rendre ça public, je n’aurais pas attendu si longtemps. »

    Georgi Gotev

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Pour une Europe citoyenne

    26 Mai 2019 : les enjeux du  rendez -vous citoyen européen.

    1. Renforcer la démocratie européenne et désigner les gouvernants

    En élisant leurs députés européens, les citoyens des 27 Etats membres de l’Union Européenne vont déterminer -sans la Grande Bretagne- l’équilibre politique du Parlement Européen renouvelé et, en même temps , indiquer quelle force politique majoritaire pourra prétendre à la Présidence de la Commission Européenne.

    En pratique, c’est le candidat du Groupe politique vainqueur de l’élection , le « spitzenkandidat » qui a vocation à être nommé par le Conseil Européen à la Présidence de la Commission.

    En effet, innovation du Traité de Lisbonne entré en vigueur le 1erDécembre 2009, la nomination doit « tenir compte des élections ».

    l’enseignement des dernières élections de 2014 :

    En utilisant la règle constitutionnelle des régimes parlementaires classiques (le PPE arrivé en tête aux élections est le formateur), le Parlement Européen a imposé au Conseil Européen la désignation de Jean-Claude Juncker.

    En même temps PPE et Socialistes (arrivés en seconde position) s’accordaient pour reconduire le leader socialiste Martin Schulz à la présidence du Parlement Européen.

    Il s’agissait d’un changement institutionnel profond : nous sommes passés de la dialectique Etats – Commission, avec un Président de celle ci désigné par le Conseil Européen et acceptable par le Parlement Européen, à une Commission procédant du Parlement Européen au bénéfice du leader du parti politique européen arrivé en tête de l’élection.

    Pour employer le langage de la Révolution française, c’était  la revanche des représentants du « Tiers-Etat européen » contre les privilégiés, les Princes du Conseil Européen des Chefs d’Etat et de Gouvernement.

    Coimme le déclaraitl’ancien ministreAlain Lamassoure, qui présidait  la Délégation française du Groupe PPE au Parlement Européen , « le Parlement européen a reflété scrupuleusement le vote des citoyens européens. Le vainqueur de l’élection devient le chef de l’éxécutif. C’est l’an I d’une vraie démocratie européenne »
    Et, de fait, c’est sur l’équilibre des nouveaux groupes parlementaires européens issus de l’élection, que Jean- Claude Juncker a composé son équipe.

    Cette montée en puissance du Parlement Européen suppose à la fois un groupe parlementaire dominant – en l’occurrence le PPE-  et un, ou des, accords de coalition , puisque le Parlement Européen se prononce « à la majorité des membres qui le composent « sur le candidat retenu par le Conseil Européen

    La nouvelle donne.

    Réunis en session plénière en Février 2018 les eurodéputés ont réaffirmé leur attachement au principe de, la nomination de la tête de liste du parti vainqueur de l’élection , le « Spitzenkandidat »         . A la suite des Congrès des partis politiques européens fin 2018, chacun a désigné son candidat.

    Cependant, les « Princes « qui représentent les  Etats membres qui composent le Conseil Européen, lors d’une réunion informelle, ont rejeté toute automaticité de la nomination du Président de la Commission. Mme Merkel précisant : « On ne peut pas dire toute simplement , le candidat du parti le plus fort, c’est lui. Il y a bien des gouvernements nationaux où le parti le plus fort n’est pas celui qui fournit le chef du gouvernement « .

    Il faut donc s’attendre à une négociation , pour ne pas dire une confrontation entre le Parlement et le Conseil Européen, d’autant plus qu’il s’agira également de renouveler le Président du Conseil Européen, (actuellement M. Tusk)  le Haut Représentant de l’Union pour les Affaires Etrangères et la politique de sécurité (Mme Mogherini) ainsi que le Président de la BCE (Mario Draghi) dont le mandat de 8 ans , non renouvelable, expire en Octobre prochain.

    Cette négociation inévitable pourrait permettre à Michel Barnier – qui conduit de main de maître la négociation du Brexit avec les Britanniques , en préservant la cohésion des 27 et le respect des Traités –  de faire valoir sa candidature à la Présidence de la Commission.

    Si l’on met à part la présidence semestrielle du Conseil exercée à tour de rôle  par les Etats membres, c’est en fait tous les membres du véritable gouvernement de l’Union Européenne, son « Directoire » qu’il s’agira de renouveler en tenant compte du  vote des Citoyens du 26 Mai.

    Si la nomination du Président du Conseil Européen ne dépend que du vote de ce dernier (accord de 20 Etats représentant au moins 65% des populations) , le Parlement est consulté sur la nomination du Président de la BCE et pèse indirectement sur la nomination du Haut Représentant puisqu’elle doit recevoir l’agrément du Président de la Commission, dont il sera d’ailleurs le vice-président.

    1. Une majorité politique

    Il s’agira également de dégager une majorité politique au service d’un programme qui permette de relancer les actions essentielles à la vie des citoyens , et notamment :

    • un plan d’action contre le réchauffement climatique-
    • une zone euro au service de la compétitivité , de l’emploi et de la protection sociale par la promotion d’ une convergence fiscale et sociale.
    • La construction du marché unique de l’énergie et du numérique.
    • une véritable politique de concurrence permettant la relance de la compétitivité européenne et de l’investissement dans les domaines stratégiques.
    • une politique des frontières et de gestion des migrations
    • une action déterminée contre le terrorisme
    • la concrétisation d’une Politique Européenne de Sécurité et de Défense .
    • une politique commerciale protectrice des intérêts et du mode de vie européens..
    • une nouvelle gouvernance qui doit permettre de surmonter le blocage des décisions essentielles à la vie des citoyens.

    Il s’agit pour l’Union Européenne de  répondre aux angoisses face à la mondialisation.

    Le dossier détaillé de ce « new deal » fait l’objet d’ un rapport séparé qui se réfère notamment aux travaux du Sénat sur la Refondation de l’Europe) [1]

    3.Les dangers d’une Europe « nationale populiste ».

    Le contexte géopolitique de l’élection européenne du 26 Mai est profondément différent de la situation qui prévalait il y a cinq ans.

    En 2014, les forces politiques traditionnelles (conservateurs, sociaux – démocrates, libéraux ) organisées au sein des groupes parlementaires et des partis politiques européens , PPE, PSE et dans une moindre mesure ADLE (libéraux) , largement majoritaires, ont constitué le « Directoire Européen ».

    S’il faut tenir compte des embrouilles dans la gestion du Brexit, ce sera différent cette fois ci : la moitié des gouvernements de l’UE  est constituée de partis minoritaires.

    Comme le constatait un politologue rompu aux arcanes de Bruxelles : « La poussée des droites radicales empêche la formation de blocs majoritaires ». Au pouvoir  en Italie , elles contribuent (ou contribuaient en Belgique) à des majorités de coalition en Espagne, en Suède, au Danemark, aux Pays Bas, en Grèce et dans la quasi-totalité des pays de l’Europe orientale. On tiendra compte également de la poussée des écologistes en Allemagne, aux Pays Bas, en Belgique, au Luxembourg.

    Dans un tel contexte, l’Union de la France et de l’Allemagne est plus que jamais nécessaire.

    1. Le moteur franco-allemand et la relance de l’Europe politique.

    L’Union Politique de l’Europe et la protection de ses frontières

    supposent de retrouver et de donner suite à l’initiative du « Noyau Dur » franco-allemand proposée, il y a 25 ans ,par MM Schaüble et Lamers. L’Initiative Européenne d’Intervention et le Traité d’Aix la Chapelle manifestent la volonté des deux gouvernements d’œuvrer dans cette direction.

     

    L’Initiative Européenne d’Intervention.

     

    Faisant suite à la relance de l’Europe de la Défense , en Décembre 2017 , en Coopération Structurée permanente (CSP) à 25 Etats membres , «  l’Initiative pour l’Europe » ,

    d’’Emmanuel Macron discutée , en tête à tête , à Meseberg , avec la Chancelière, le 19 Juin dernier a permis de débloquer le démarrage d’une force commune d’intervention.

    En font partie la France , l’Allemagne  la Grande Bretagne , le Portugal, la Belgique , les Pays Bas, le Danemark ,l’Estonie et la Finlande. L’Italie y a été associée.

    En particulier, elle bénéficiera de l’accord de Lancaster House , signé en 2010 avec la Grande Bretagne , appelé à devenir le fer de lance des Opex., les opérations extérieures.

    Elle se distingue des autres projets en cours (ad hoc, UE, OTAN) par sa vocation opérationnelle ambitieuse, tout en contribuant à les renforcer.

    Le Traité d’Aix la Chapelle

    Signé le 22 Janvier dernier il se propose d’approfondir le  « Traité de l’Elysée » signé par le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer en 1963.

    En matières de Défense, il complète l’Initiative européenne de Défense par l’instauration d’ un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité qui se propose de piloter « la capacité d’action autonome de l’Europe », de renforcer leur clause d’assistance réciproque , d’instaurer une « culture commune » entre leurs forces armées et de rapprocher leur politique d’exportation d’armements..

    La culture et l’éducation renouent avec l’esprit du Traité de l’Elysée qui se concrétise par la création d’un « Fonds citoyen « destiné à encourager et à soutenir les initiatives visant à rapprocher les deux peuples ».

    La convergence économique – sujet sensible – n’est pas occultée et les partenaires se fixent comme objectif « d’instituer une « zone économique franco-allemande dotée de règles communes, en commençant par « l’harmonisation du droit des affaires » . Un Conseil franco-allemand d’experts économiques y travaillera.

    La politique de développement vis-à-vis de l’Afrique, la politique climatique, la transition énergétique, la mise en place d’une plateforme numérique, les développements de l’Intelligence artificielle feront l’objet d’ »un programme pluriannuel de projets communs »

    Enfin deux innovations institutionnelles complètent ces engagements :

    – une fois par trimestre un membre de l’un des gouvernements participera au Conseil des ministres de l’autre Etat

    – la création annoncée d’une assemblée parlementaire franco-allemande entre l’Assemblée nationale et le Bundestag –  élargie notamment dans le cadre de la coopération décentralisée, entre le Sénat, Assemblée parlementaire de plein exercice, et le Bundesrat – renforcera la relation bilatérale.
    Compte tenu de la tentation unilatéraliste du Président des Etats- Unis, la signature du Traité à Aix-la-Chapelle de coopération et d’intégration franco-allemandes, redonne du souffle à une relation bilatérale, singulière, réaffirmée et renouvelée.
    Rapprocher davantage l’Europe des citoyens,  particulièrement, dans la perspective du BREXIT, conforte la place de l’Union européenne dans le monde par la pratique d’un multilinguisme assumé où le français, langue fondatrice, doit redevenir une langue de travail à part entière. On constate en effet qu’au sein de l’UE, post-BREXIT, plus aucun pays n’utilisera l’anglais comme langue officielle. Il importe donc de promouvoir la Francophonie, un espace géopolitique au XXIe siècle, qui partage une langue avec de nombreux pays au sein d’une communauté de valeurs.

     

    1. Le « Business plan » de l’Europe

    Fédérer la zone euro autour du couple franco – allemand, en complétant le Marché intérieur, assorti d’un gouvernement économique européen , d’une réglementation bancaire et d’une harmonisation fiscale; assurer la sécurité de l’Europe en stabilisant ses frontières ; développer sa Sécurité et sa politique de défense en « coopérations renforcées » avec un Etat -Major européen indépendant de l’OTAN mais en coopération avec elle…et appuyée sur un Livre Blanc qui fixe les grands principes d’une politique étrangère européenne pourrait constituer l’objectif de ces dix prochaines  années.

    A terme tous les pays membres de la Grande Europe pourront y participer mais chacun à son rythme.

     

    6.Une organisation différenciée.

     

    En fonction du degré d’engagement des Etats membres, l’Union Européenne s’organiserait à trois niveaux :

    – l’Europe du Grand Marché et de la Libre circulation, à 27 où la Grande Bretagne serait  associée, sans doute suivant un format Espace Economique Européen  avec la Suisse et la Norvège.

    – L’Europe de l’Union Economique et monétaire et des politiques communes à 19.

    – l’Europe, plus restreinte de la Sécurité et de la Défense

     

    Les Institutions européennes devront être adaptées en conséquence. Sans doute devront elles évoluer du Directoire actuel (Conseil Européen, Conseil, Commission , BCE, Présidence de l’eurozone) en une Présidence élue de l’Union Européenne (et pas seulement du Conseil Européen) ayant la Commission sous son autorité.

    Il s’agirait de mettre fin à la paralysie du Conseil, à la prolifération bureaucratique et à l’indécision, en généralisant le vote à la majorité qualifiée du traité de Lisbonne (55% des Etats , voire 72% hors proposition de la Commission – représentant 65 % des populations) , pour autant que l’on ait strictement délimité le principe de subsidiarité.

    Les développements nécessaires de l’Union politique de sécurité et de Défense s’accompagnant de la mise en place d’un Conseil de Sécurité européen.

    De telles réformes nécessitant une coopération étroite entre le Parlement Européen et les Parlements nationaux.

     

    Une certaine idée de l’Europe

     Le Traité d’amitié franco-allemand dit « Traité de l’Elysée » constituait , en 1963, pour le Général de Gaulle, le premier pas de l’Union Politique de l’Europe, complétant la création de la Communauté européenne.

    Cette Union politique procédait de sa vision de la construction de  la Grande Europe, « de l’ Atlantique à l’ Oural », indépendante, basée sur l’ Union de la France et de l’ Allemagne, fondée sur une Union douanière, économique et monétaire -appuyée sur une politique étrangère et une Défense communes, bâtie sur les Nations dans le cadre d’une Confédération.

    Devant l’affaiblissement du lien atlantique, le départ programmé de la Grande Bretagne de l’UE , l’apparition de nouvelles sphères d’influence entre les Etats Unis, la Chine, la Russie , l’Union Politique, économique et de sécurité de l’Europeconstitue un impératif.

    Qui ne voit que dans le nouvel « arc de crise » aux portes de l’Europe, en Ukraine, au Moyen Orient, en Syrie, en Lybie, en Irak mais aussi en Afrique la présence et l’influence de l’Europe doivent s’imposer pas seulement comme bastion avancé de l’Alliance atlantique mais comme pôle de sécurité du continent européen, le moment venu en partenariat avec la Russie ?

    La France , l’Allemagne – et tous les Etats membres qui partagent cette vision – doivent en être les fondateurs.

     

    Gérard Bokanowski 

    *GB a exercé successivement, au Parlement Européen les fonctions de Secrétaire Général du Groupe DEP/RDE (gaulliste) , de Directeur Général et de Conseiller Spécial du Président..

    Il fut Secrétaire Général des Français de l’Etranger du RPR et a présidé, de 2016 à 2018 le Groupe Europe des Républicains/Bruxelles.

    [1]Rapports de Jean-Pierre Raffarin et de Jean Bizet sur la Refondation de l’Union Européenne . Conclusions de Gérard Larché. Rapport sur la francophonie de Louis Duvernois.

  • Pourquoi Macron veut moins de pays dans Schengen

    Le président français Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la renégociation de l’espace sans frontières intérieures de l’UE. Même si cela passe par « un espace Schengen avec moins de pays ».

    Lors de sa première conférence de presse officielle à l’Elysée, devant 320 journalistes, le président français a évoqué la question des frontières de l’UE. Il était en train d’exposer des projets de réforme qui pourraient s’avérer décisifs pour son avenir politique.

    « Les frontières communes, Schengen, les accords de Dublin ne fonctionnent plus », a-t-il rappelé, faisant référence à l’échec de l’UE pour réorganiser le système d’asile.

    L’accord de Dublin stipule que le pays de première entrée dans l’UE d’un réfugié est le pays responsable du traitement de sa demande d’asile.

    La crise des réfugiés qui a frappé l’Europe en 2015-2016 a cependant montré que la plupart des demandeurs d’asile ne veulent pas rester dans le pays européen d’arrivée (généralement la Grèce, l’Italie ou l’Espagne), et cherchent à atteindre l’Allemagne ou la Suède. L’idée derrière la réforme de Dublin repose donc sur un partage de la charge des migrants entre les membres de l’UE.

    Les déclarations du président français sur la refondation de Schengen avec moins de membres ne sont pas exactement une nouveauté. Lors d’un sommet informel de l’UE à Salzbourg en septembre dernier, il a pris pour cible les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), qui refusent d’accueillir les migrants dans le cadre du système de relocalisation proposé par la Commission.

    « À un moment donné, le règlement se fera simplement […] les pays qui ne veulent pas davantage de Frontex ou de solidarité sortiront de Schengen, les pays qui ne veulent pas davantage d’Europe ne toucheront plus les fonds structurels », avait-il déclaré à cette occasion.

    Difficile toutefois d’imaginer comment un tel lien pourrait être établi dans le cadre des traités européens existants.

    Reste aussi à savoir s’il est possible de refonder Schengen en dissolvant l’organisation existante, puisqu’elle fait partie des institutions de l’UE depuis 1999. Si une nouvelle organisation remplaçant Schengen est créée, il y a de fortes chances pour qu’elle ne soit pas du ressort de l’UE, comme Schengen l’était initialement, de 1985 à 1999.

    Un espace Schengen comptant moins de membres laisserait très probablement de côté la Grèce, considérée comme un membre problématique en termes d’efficacité dans le traitement des demandes d’asile. Cela calmerait aussi les ardeurs de trois pays candidats, la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie, qui misent sur l’élargissement de Schengen, et certainement pas sur sa réduction.

    Georgi Gotev

    Un article publie sur le site de notre partenaire

  • Quand l’enseignement s’internationalise et se privatise

    Les études de l’OCDE ou de la Commission de Bruxelles le confirment année après année, les résultats d’un pays dépendent de la qualité de son système de formation. La mondialisation et la digitalisation renforcent le poids de l’éducation. Les problèmes économiques français sont imputés, en partie, à la qualité perfectible de son système de formation initiale et professionnelle. La polarisation des emplois entre le haut de gamme et le bas de gamme rend le développement de filières de formation d’excellence crucial.

    L’enseignement a été longtemps perçu sous un angle national, surtout en France (existence d’un Ministère de l’Éducation nationale). Or, l’enseignement s’internationalise de plus en plus. Cette tendance concerne non seulement les élèves ou les étudiants qui peuvent être amenés à poursuivre leurs études dans plusieurs pays mais aussi les structures en charge de délivrer les formations qui, pour les plus reconnues d’entre elles, sont désormais présentes à l’international.

    L’internationalisation s’exprime également à travers la compétition à laquelle les États et les établissements d’enseignement supérieur se livrent pour bien figurer dans les classements comme celui réalisé par l’université Jiao Tong de Shanghai. Ces classements ont conduit de nombreux pays à revoir l’organisation de l’enseignement supérieur.

    Par ailleurs, afin d’améliorer leur renommée et trouver de nouvelles sources de financement, de plus en plus d’écoles internationalisent leurs activités. L’ouverture d’antennes à l’étranger a concerné dans un premier temps les établissements d’enseignement supérieur comme Sciences Po Paris. Mais depuis quelques années, les établissements d’enseignement primaire et secondaire s’y mettent également. Ainsi, la Westminster School créée en 1560 a prévu d’ouvrir un établissement à Hong Kong. L’école devrait ouvrir ses portes en septembre 2020 et comptera 2 500 élèves âgés de 3 à 18 ans. Elle sera suivie par cinq autres établissements de taille similaire dans d’autres villes chinoises au cours des dix prochaines années. Westminster éduquera ainsi vingt fois plus d’enfants en Chine qu’en plein cœur de Londres.

    La demande d’établissements de qualité augmente à l’échelle internationale. Au sein des pays émergents, l’enrichissement d’une partie de la population permet à ses enfants d’accéder à des établissements privés de renom. En outre, avec la baisse du taux de fécondité, les familles peuvent consacrer plus d’argent pour leurs enfants. En Chine ou en Corée, les parents ont une très forte ambition pour leur progéniture. En Occident, c’est la crainte du déclassement qui incite les parents à rechercher des établissements de qualité. Il est communément admis que dans les prochaines années l’obtention de bons emplois passera par une formation de haut niveau.

    L’élévation du niveau moyen d’éducation rend plus difficile l’accession aux postes les plus prestigieux du fait d’une concurrence plus vive. De plus en plus de parents confient leurs enfants au secteur privé tant dans les pays émergents qu’en Occident. La massification de l’enseignement public, les problèmes de recrutement qu’il rencontre sont autant de facteurs qui expliquent cette évolution.

    Parmi les arguments mis en avant par les parents optant pour le secteur privé figure sa plus aptitude à intégrer les nouvelles technologies et méthodes d’enseignement. Ce phénomène est lié au rôle de plus en plus crucial de l’éducation pour accéder aux postes les plus valorisants et les plus rémunérateurs. Cela s’explique également par le fait qu’une classe moyenne supérieure se développe au sein des pays émergents.

    Les XIXe et le XXe siècles ont été marqués par la montée en puissance de l’enseignement public qui a pris le relais des Églises et des entreprises. Le secteur privé enregistre une forte croissance depuis le début du XXIe siècle. Au niveau des pays du G20, le nombre d’inscriptions dans les écoles privées par rapport à l’ensemble des inscriptions est passé de 10 à 17 % au primaire et de 19 à 27 % au secondaire.

    Dans certains pays comme la France, la frontière entre privé et public est floue, les établissements sous contrat pouvant bénéficier de professeurs payés par l’État. Aux Pays-Bas, si les trois quarts des élèves sont inscrits dans des écoles privées, la grande majorité d’entre elles sont financées par des fonds publics. En Amérique latine, le rôle important de l’Église catholique et la faible qualité des services publics ainsi que la croissance rapide expliquent l’essor de la demande d’enseignement privé. Dans la majeure partie de l’Asie du Sud et de l’Afrique, la pauvreté, les migrations et la croissance démographique empêchent les gouvernements de dispenser l’éducation dans de nombreuses villes.

    Le secteur privé est donc important et se développe rapidement. Les élites ont déjà quitté les systèmes publics et beaucoup de gens de la classe moyenne et des plus pauvres les suivent. Le privé assure la formation des enfants des classes supérieures et peut être également présent dans les quartiers difficiles désertés par les pouvoirs publics. Même dans des pays reconnus pour la qualité de leur système d’éducation nationale publique comme le Vietnam, le privé connaît une forte croissance. En Chine, si officiellement, le passage dans les écoles publiques demeure obligatoire en particulier pour le primaire et l’enseignement secondaire, les parents n’hésitent pas à inscrire leurs enfants pour des cours du soir dans le privé.

    Même si l’offre d’enseignement est très peu concentrée, de plus en plus de groupes d’établissements apparaissent. Ils font appel à des capitaux extérieurs et certains sont même cotés en bourse. L’enseignement devient un secteur capitalistique comme les autres. De grandes chaînes se constituent à l’échelle internationale, telles que Gems Education, une société basée à Dubaï qui compte 47 écoles principalement au Moyen-Orient, Cognita, une entreprise britannique avec 73 écoles dans huit pays et Beaconhouse School Systems, une entreprise pakistanaise qui compte 200 écoles dans sept pays.

    L’éducation demeure un secteur très réglementé. Les Gouvernements n’apprécient guère la montée en puissance du privé qui est accusé d’accentuer les inégalités. La présence d’écoles d’origine étrangère est perçue comme un risque d’ingérence. Aux États-Unis, certaines universités ont remis en cause leur partenariat avec des institutions chinoises suspectées de réaliser des opérations d’espionnage.

    En France, les écoles privées gagnent du terrain. Ainsi, selon une note de l’Éducation nationale, en 2016, le collège public a perdu près de 10 000 élèves. Les parents justifient leur choix par la recherche d’une meilleure qualité de l’enseignement, une présence plus assidue des professeurs et un meilleur encadrement des élèves.

    Si dans les années 1980, le public obtenait les meilleurs résultats aux examens, aujourd’hui, les premières places sont occupées par des établissements du secteur privé. Le lycée Stanislas à Paris peut ainsi s’enorgueillir d’obtenir 100 % de mention au Bac. En maternelle, où il n’y a pas vraiment d’enjeux ou d’examens, la proportion d’élèves dans le privé est de 14 %. Au collège, pour la seule classe de 6e, le pourcentage d’élèves dans le privé atteint les 22 %. L’offre privée se multiplie tant pour le primaire, le secondaire que pour l’enseignement supérieur.

    Pour le moment, l’internationalisation concerne, en France, les grandes écoles d’enseignement supérieur qui sont, par ailleurs, en retard, par rapport à leurs homologues étrangers. La présence de très nombreux établissements dont la répartition géographique suivait le découpage administratif français explique en partie ce retard. Le regroupement en cours réalisé tant pour des raisons budgétaires qu’au nom de la visibilité internationale devrait déboucher sur l’intégration de plus en plus poussée des établissements dans des réseaux internationaux.

  • Enseignement français à l’étranger – Critiques de la CFDT

    L’enseignement français à l’étranger est régulièrement l’objet de critiques. Elles peuvent émaner d’associations de parents d’élèves, comme à Hong-Kong dans le cadre du possible passage en dehors des réseaux de l’AEFE , mais également du corps enseignant. Cela occulte de belles réussites avec des Lycées d’excellence, et cela n’empêche pas l’évolution du réseau avec certains projets de fondations privées pour assister le fonctionnement des Lycées . Cela doit cependant être souligné.

    La CFDT critique le Ministère de l’Education Nationale

    La section Sgen-CFDT du syndicat réformateur, en charge de la question des enseignants à l’étranger, a indiqué dans un communiqué regretter 50 non-renouvellements de professeurs en fonction dans les établissement français à l’étranger.

    Selon ce communiqué, la Direction des Ressources-Humaines du Ministère avait garanti au syndicat que chaque situation recevrait une analyse au cas pas cas. Une promesse non tenue selon la CFDT qui dénonce la « légèreté » et le « mépris » du Ministère concernant cette situation.

    « Depuis plusieurs mois, les décisions prises sans concertation vont toutes dans le sens d’une aggravation de la situation, leur brutalité fragilise les personnels » Communiqué Sgen-CFDT

    Un objectif de doublement de l’enseignement français à l’étranger affiché par le gouvernement

    Le Président de la République avait fixé, il y a quelques mois, l’objectif de doubler le nombre d’élèves au sein de l’enseignement français à l’étranger. Cela va de pair avec une augmentation sensible du nombre de francophones à travers le monde prévue pour les prochaines années.

    Cela ne pourra aller qu’avec une rationalisation des moyens, le recours sans doute à d’autres sources de financement, et aussi un lien apaisé avec les deux autres intervenants dans ce dossier : les parents d’élèves et le corps enseignant.

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