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  • Barnier n’est pas candidat.. dans l’immédiat (?)

    Barnier n’est pas candidat.. dans l’immédiat (?)

    Michel Barnier, le négociateur en chef Brexit de l’UE, un temps pressenti comme candidat à la présidence de la Commission, a assuré soutenir pleinement Manfred Weber, Spitzenkandidat du PPE à la présidence de la Commission européenne. Même s’il n’est « pas dans la campagne », il voudrait « être utile » au prochain exécutif européen.

    Le Français était à Zagreb le 8 mai pour rencontrer participé à un dialogue avec les citoyens sur l’avenir de l’Europe avec le Premier ministre, Andrei Plenković.

    Son nom a circulé en tant que successeur potentiel de Jean-Claude Juncker dans les cercles bruxellois, surtout après sa ligne européenne stricte dans les négociations Brexit. En outre, les socialistes et les libéraux se sont ouvertement opposés à la candidature de Manfred Weber. Or, l’appui des deux groupes sera nécessaire pour obtenir une majorité au prochain Parlement européen.

    Quelques jours plus tôt, à Munich, Michel Barnier avait déclaré se concentrer avant tout sur le Brexit, avant de lister sur les quatre piliers qui, selon lui, sont cruciaux pour l’avenir de l’UE : un nouvel accord « vert » ; la migration ; l’économie, notamment face aux bouleversements technologiques ; ainsi que la défense et la sécurité. « Si nous agissons seuls, nous sommes hors-jeu […] nous deviendrons définitivement spectateurs de notre avenir, de notre propre destin. Et je ne suis pas engagé en politique pour être un spectateur. Nous devons être acteurs. »

  • 100 millions de vues pour la vidéo de l’UE pour les élections « Choose your future »

    100 millions de vues pour la vidéo de l’UE pour les élections « Choose your future »

    Son titre, « Choisissez votre futur », est classique. C’est bien tout l’enjeu des élections européennes, que de voter pour les eurodéputés qui feront les lois de demain.
    Le traitement est en revanche original : il jette un regard cru et émotionnel sur la naissance.

    La première partie montre le travail et l’accouchements, réels, d’une quinzaine de femmes qui ont accouché de petits Européens, nés début 2019, en février et mars, dans quatre pays : Grèce, République tchèque, Danemark et Hongrie.
    Des visions de douleur plutôt angoissantes, suivies d’images crues des accouchements et des réactions des uns et des autres.

    «Un film pur et honnête»

    « L’Europe a beaucoup de détracteurs. Alors c’était important pour moi de faire un film très pur, honnête : ce sont des vrais gens, pas des acteurs, les bébés ont moins de un jour, voire moins de cinq minutes. Pareil pour la souffrance avant l’accouchement : on a été honnêtes par rapport au sujet de la naissance, qui est un moment de douleur, de doute, de questionnement » explique Frederic Planchon, réalisateur du film de trois minutes

    La seconde partie évoque au contraire la joie et l’accueil des nouveaux nés par les familles, symbole du vivre ensemble et de l’accueil de la communauté. L’idée véhiculée par le film est d’inciter les électeurs à intervenir dans les choix qui guideront le futur des nouveau-nés.

    Voter pour un avenir meilleur

    « Je crois que c’est un sujet qui n’a jamais été traité : pourquoi est-ce qu’on vote ? Et bien pour l’avenir ! On est dans un moment de doute, d’angoisses, ce qui explique que certains se tournent vers les extrêmes. Mais je crois que l’avenir peut être meilleur que le présent : c’est ça le message du film », assure Frédéric Planchon, qui se dit impressionné par l’agressivité des anti-européens.

    La video sera diffusée dans des cinémas et des spots TV jusqu’aux élections européennes du 26 mai, un peu partout en Europe

     

  • Sibiu: la course aux postes clés démarre

    Sibiu: la course aux postes clés démarre

    Les dirigeants des pays de l’UE se retrouvent à Sibiu sans le Royaume-Uni, pour plancher sur leur « agenda stratégique » des cinq prochaines années, et ouvrir le bal des prétendants aux grands postes européens.

    « Il y a une volonté collective de ne pas parler du Brexit »

    À une quinzaine de jours des élections européennes, les chefs d’État et de gouvernement auront à cœur d’afficher une image d’unité des États membres. Et d’éviter de parler du départ britannique, qui a accaparé bon nombre de leurs derniers sommets.

    « Il y a une volonté collective de ne pas parler du Brexit », dont la date butoir a été repoussée au 31 octobre, et de             «reprendre en main l’agenda européen », a expliqué la présidence française.

    La date choisie du 9 mai correspond à l’anniversaire de la déclaration prononcée par le Français Robert Schuman en 1950, où il proposa la création d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), l’ancêtre de l’UE.

    Dans la petite ville montagneuse roumaine, les 27 devraient se contenter plus modestement jeudi d’approuver « dix engagements » dans une courte déclaration, qualifiés de « dix commandements » par un diplomate européen ironique.

    Ces grands principes devraient inclure la promesse de défendre une Europe unie, « de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud », dont les membres seront toujours « solidaires entre eux en cas de besoin ».

    Succession de Juncker

    Certains dirigeants mettront l’accent sur des thèmes particuliers, comme Emmanuel Macron avec l’environnement. La France, avec une coalition de sept autres pays, va ainsi plaider pour un objectif de neutralité carbone en 2050 au niveau européen.

    Ce ne sera « pas un sommet de décisions exceptionnelles », il servira de préliminaire pour préparer le « nouvel agenda stratégique de l’UE jusqu’en 2024 », qui devra être bouclé dans les prochaines semaines, a indiqué un haut responsable européen. « Mais il est assez difficile de discuter du futur agenda stratégique sans toucher à la question du renouvellement des dirigeants des institutions », a-t-il admis.

    Le sommet informel de Sibiu devrait ainsi permettre de poser les premiers jalons de la course aux présidences, qui va commencer avec celle du Parlement européen à l’issue des élections prévues du 23 au 26 mai.

    C’est surtout la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne qui occupe les esprits, et qui fait déjà l’objet de bras de fer. L’élection du nouveau chef de l’exécutif bruxellois se fera par un vote du Parlement européen, qui tient à tout prix à ce qu’il soit à nouveau choisi parmi les chefs de file désignés par les différentes familles politiques pour les européennes.

    « Spitzenkandidat »

    Cela avait été le cas en 2014 avec Jean-Claude Juncker, qui était le chef de file des conservateurs du PPE arrivés en tête des élections européennes. Mais le choix du candidat soumis au vote des eurodéputés appartient lui au Conseil européen, l’instance réunissant les dirigeants des États membres, qui refusent, Emmanuel Macron en tête, de promettre qu’ils le désigneront parmi l’un des Spitzenkandidaten en lice.

    Le président du Conseil européen Donald Tusk devrait , aussi, « informer les dirigeants sur la façon dont il compte organiser le processus de nomination des prochains dirigeants des institutions de l’UE », a expliqué une source européenne.

    « il a fallu trois sommets et trois mois pour décider »

    Outre la tête de la Commission, ces nominations concerneront aussi plus tard la présidence du Conseil européen, celle de la Banque centrale européenne (BCE) et le chef de la diplomatie européenne.

    En 2014, « il a fallu trois sommets et trois mois pour décider » des principaux postes, a rappelé un responsable européen.

    Plusieurs sources ont indiqué que le principe d’un sommet européen le 28 mai était déjà quasiment acquis pour discuter de ces présidences à la lumière des résultats des élections européennes.

    Le sommet de Sibiu devrait aussi être l’occasion de plusieurs rencontres bilatérales, comme celle prévue entre Donald Tusk et le Premier ministre national-conservateur hongrois, Viktor Orbán.

    Ce dernier, dont le parti est suspendu du PPE pour ses dérapages contre Bruxelles, a annoncé lundi qu’il retirait son soutien au candidat de sa famille politique à la tête de la Commission, l’Allemand Manfred Weber.

  • Colloque sur l’enseignement Français à l’étranger – Incertitudes et projets

    Colloque sur l’enseignement Français à l’étranger – Incertitudes et projets

    Crédits  Page FB Olivier Cadic

    Le 6 mai a été organisée une réunion de consultation sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger par Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Celle-ci fut organisée en présence de représentants de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE) et de députés des Français hors de France. Parmi ceux-ci, la députée Cazebonne (Péninsule ibérique et Monaco). Elle a rappelé à M. Lemoyne « la nécessité de donner à l’EFE les moyens en titulaires, en détachements et formation pour maintenir une indispensable qualité gage de confiance à apporter aux familles ».

    Une question d’actualité alors que les syndicats d’enseignants ont à l’occasion du 1er mai interpellé le ministère . Parmi les sujets, donc, celui du détachement. Les syndicats ont été en première ligne sur ce sujet et la députée Cazebonne a interrogé le Ministère qui s’est engagé à reconsidérer certains non renouvellements de détachements et à résoudre les situations en particulier dans les académies qui ne sont pas en situation de tension.

     

    Un objectif présidentiel de doubler le nombre d’élèves dans le réseau international

     

    Le député des Français de la 9ème circonscription (Afrique du Nord et de l’Ouest) M’jid El Guerrab  a souligné ce qui est, selon lui, les préoccupations des parents d’élève expatriés à savoir les frais d’inscription en hausse, les difficultés à obtenir des bourses scolaires, et les difficultés à recruter des professeurs détachés de l’éducation nationale.

    Credits Page FB Samantha Cazebonne

    Une situation parfois tendue, comme les échanges dans le cadre du Grand Débat ont pu le montrer. Un séminaire aura lieu le 20 mai prochain. Parmi les participants, des représentants des parents d’élèves et les associations d’anciens élèves, des organisations syndicales, des représentants d’organismes gestionnaires d’établissements, des investisseurs déjà engagés ou s’apprêtant à l’être dans des projets d’établissement français à l’étranger, des associations de Français résidant à l’étranger et des représentants des entreprises intéressées par le développement du réseau ainsi que des représentants de l’Assemblée des Français de l’étranger.

    Une forme de Grand Débat centré sur la question éducative et qui pourrait amener des conclusions rapidement. Parmi celles-ci, la question du financement d’un réseau tentaculaire dont le Président de la République souhaite doubler le nombre d’élèves sans prévoir d’augmentation du budget de l’AEFE.

  • Français d’Andorre – En crise économique

    Français d’Andorre – En crise économique

    Un glissement de terrain survenu fin avril a engendré la fermeture de l’unique route pour accéder au Pas de la Case, véritable hub du tourisme fiscal en Andorre. Des travaux difficiles ont été engagés pour une durée indéterminée.

    Entre France et Andorre, la route nationale 22 (RN22) est coupée depuis le vendredi 26 avril: un important éboulement a eu lieu entre le carrefour dit de «La Croisade» et le Pas de la Case, ce haut lieu du commerce détaxé prisé des habitants de la région et des touristes. Au départ, il devait simplement s’agir d’un léger glissement de terrain. Puis de grosses tranchées se sont creusées, obligeant les autorités à fermer totalement cette voie essentielle. Essentielle car désormais, le seul moyen pour un automobiliste français de rallier la principauté est de prendre une déviation par l’Espagne de 170 kilomètres… au lieu d’une vingtaine.

    « Il est impossible de savoir quand la liaison routière entre l’Andorre et la France pourra être rouverte », a déclaré le gouvernement ce lundi

    Chute des ventes

    Le seul itinéraire de remplacement passe par l’Espagne, imposant aux usagers français un détour d’une centaine de kilomètres pour rallier le Pas de la Case, station de ski et haut-lieu du commerce détaxé très prisés des habitants de la région.

    Selon M. Cinca, les travaux de consolidation s’avèrent « d’une très grande complexité », avec un risque de nouveaux éboulements. Il a imputé le glissement de terrain à une fonte accélérée par les hautes températures du manteau neigeux et à des orages récents. Pour Gérard Cadena, président du patronat andorran, cet imprévu, avant l’afflux attendu des vacanciers français de la région, constitue une « catastrophe économique ».

    Outre les retombées sur le secteur du transport des marchandises et la desserte de la capitale, Andorre la Vieille, l’effet a été immédiat sur le Pas de la Case, où les Français viennent se ravitailler en produits détaxés. Par rapport à la même période de 2018, une chute des ventes de 98% a ainsi été enregistrée dimanche par l’enseigne Grands magasins Pyrénées, selon son représentant, Albert Sabi.

  • 8 mai : Le monde se souvient

    8 mai : Le monde se souvient

    l y a 74 ans, l’Allemagne nazie capitulait marquant la victoire des Alliés et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs cérémonies de commémorations se tiennent à travers le monde en ce mercredi 8 mai. Chaque pays célébrant, à sa manière, la fin de ces cinq années de guerre.

    Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitulait face aux Alliés et à l’armée rouge. Soixante-dix ans plus tard, les pays du Vieux Continent et les Etats-Unis ont commémoré la victoire sur le IIIe Reich. Alors qu’en 2014 le 70e anniversaire du débarquement en Normandie avait été célébré à grand renfort de manifestations solennelles et en présence de nombreux chefs d’Etat – dont le président russe, Vladimir Poutine –, chaque pays a opté cette année pour une tonalité plus nationale.

    Le 8 mai n’est pas un jour férié en Allemagne. Pourtant, il est tout sauf ordinaire.« Le 8 mai fut un jour de libération » : par cette formule prononcée le 8 mai 1985, Richard von Weizsäcker, alors président de la République, est entré dans l’histoire de son pays, transformant une date jusque-là honteuse, celle de la capitulation, en un événement libérateur. Cette année, la République allemande a commémoré ce « jour de libération ».

    Durant une heure, l’ensemble des parlementaires, exceptionnellement réunis au sein du Bundestag, ont écouté l’un des plus célèbres historiens allemands, Heinrich August Winkler, expliquer la signification de cette journée. Au premier rang se trouvaient Joachim Gauck, le président de la République, Angela Merkel, la chancelière, Andreas Vosskuhle, président de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe et Volker Bouffier, actuel président du Bundesrat.

    Les 8 et 9 mai, plus d’une quinzaine de manifestations sont prévues pour commémorer la fin de la guerre à Berlin. Si, le 8 mai, les « Antifa » ont prévu de manifester, des organisations d’extrême droite annoncent, samedi, plusieurs dizaines de milliers de manifestants « pour l’Allemagne, pour la patrie, pour la paix et le maintien de la culture allemande ».

    En France, l’appel à l’esprit de la Résistance

    En ce 74e anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance, Michel Caciotti veut plus que jamais en rappeler l’esprit : « On s’est battu contre l’occupant, pour dire qu’on n’était pas d’accord, faire basculer les consciences et enfin, œuvrer à la libération. »

    VE DAY

    Le jour de la Victoire, ou “VE Day” dans les pays anglophones, est célébré dans toute l’Europe et dans d’autres endroits dans le monde. En France, c’est un jour de de souvenir, avec des services religieux, des cérémonies et des défilés. Les drapeaux français flottent au vent et les avions de l’armée de l’air survolent le pays. Des gerbes sont déposées devant les Monuments aux Morts des villes et des villages.

    C’est un jour férié et les écoles, bureaux de poste, banques, entreprises, magasins et beaucoup de restaurants sont fermés. Dans les rues de nombreuses personnes assistent aux défilés et l’on voit partout des drapeaux bleu, blanc, rouge.

     

  • France – Turquie : l’influence du Président Erdogan sur l’enseignement

    France – Turquie : l’influence du Président Erdogan sur l’enseignement

    Alors que le pouvoir turc se félicite de l’annulation des élections municipales, perdue par l’AKP, à Istanbul, d’autres évènements sont passés plus inaperçus comme un renforcement de l’emprise des autorités sur le système éducatif et notamment sur l’important réseau français dans le pays.

    L’hebdomadaire Le Point a révélé que les autorités ont rendu des visites qualifiées de « modérément courtoises ». L’objectif étant de vérifier la légalité de la scolarisation des enfants turcs. Le réseau français, en effet, accueille, outre les enfants des expatriés, de très nombreux enfants de l’élite du pays.

    Une communauté française réduite – Un réseau d’enseignement d’excellence

    Les Français de Turquie constituent la 4ème communauté étrangère parmi les occidentaux, mais avec seulement environ 11 000 membres, il s’agit tout de même d’une diaspora assez peu importante. Principalement installés dans les grandes villes, ils sont pour l’immense majorité des cadres travaillant dans l’industrie tertiaire et leurs familles.

    Le réseau d’enseignement français en Turquie est en revanche très développé. Outre le Lycée Pierre Loti, membre de l’AEFE et qui accueille chaque année plus de 1300 élèves, Istanbul compte 7 autres établissements français, principalement d’inspiration chrétienne.

    Ankara compte deux établissements dont l’important Lycée Charles de Gaulle et Izmir dispose de 2 lycées également.

    Une présence importante donc, dans un pays qui n’a pas de liens avec la francophonie, et qui s’explique en partie par l’excellente réputation de l’enseignement français dans le pays. Un enseignement qui craint donc désormais de devoir adapter ses programmes aux ambitions, souvent politiques et idéologiques, du régime au pouvoir.

    Une diaspora turque sous influence en France ?

    La communauté turque en France, quant à elle, est discrète mais compte environ 600 000 membres. Ceux-ci disposent d’un réseau de centres culturels, notamment en Seine-Saint-Denis. A ceux-ci pourraient s’ajouter des établissements scolaires comme cela existe en Allemagne alors qu’en France, l’enseignement dans des écoles musulmanes est principalement issu de financements de l’Algérie, du Maroc et des monarchies du golfe.

    Les journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot ont récemment identifié dans un ouvrage les très généreuses contributions de Qatar Charity à l’enseignement confessionnel en France. La Turquie pourrait dans l’avenir également jouer un rôle à cet égard, et ce alors que le régime du Président Erdogan renforce chaque jour un peu plus son emprise sur la société.

  • Bénin: le corps du guide des touristes français identifié, la « thèse de l’enlèvement se précise »

    Bénin: le corps du guide des touristes français identifié, la « thèse de l’enlèvement se précise »

    Le corps retrouvé dans le parc national de la Pendjari, au Bénin, où deux touristes français ont disparu depuis mercredi, est bien celui de leur guide, a annoncé dimanche à l’AFP une source proche du gouvernement béninois, renforçant les craintes d’un enlèvement dans ce pays jusque-là épargné par l’insécurité grandissante en Afrique de l’Ouest.

    « Le corps du guide a pu être formellement identifié » bien qu’il soit « très abîmé » et « défiguré », a ajouté cette source, précisant qu’une grande incertitude régnait toujours quant au sort des deux touristes français, « deux enseignants venus passer une dizaine de jours en vacances au Bénin ».

    « C’était un guide professionnel bien connu au Bénin. Hier matin (samedi) lorsque les gens du parc l’ont découvert, ils l’ont reconnu malgré l’état très abîmé du corps. Un médecin légiste qui l’a ensuite examiné a estimé que c’était lui à 99% », a poursuivi cette source.

    Le pantalon retrouvé sur le cadavre a été présenté à sa famille, qui a confirmé qu’il s’agissait bien de celui du guide béninois Fiacre Gbédji.

    « La thèse d’un enlèvement se précise » pour les deux touristes français, avait auparavant confié à l’AFP une source sécuritaire de la région.

    Leur véhicule a été retrouvé dans l’est du Burkina Faso, selon cette source, qui a précisé : « Un Toyota 4 Runner qui transportait les deux touristes français et leur guide a été retrouvé sans les occupants ».

    La source proche du gouvernement béninois a confirmé que le véhicule avait été retrouvé dans l’est du Burkina Faso sans aucune trace des deux touristes. « Ils ont peut-être déjà passé la frontière avec le Mali », base arrière de nombreux groupes jihadistes, a affirmé cette source.

    Ils ont disparu mercredi soir et « sont probablement déjà très loin », a confié une source sécuritaire à Cotonou.

    Les enseignants arrivés au Bénin il y a une dizaine de jours, avaient visité plusieurs sites dans le sud du pays dont Abomey et Ouidah et devaient s’envoler dimanche soir pour Paris, selon la source gouvernementale : le parc de « la Pendjari était le bonus de leur séjour ».

    Dégradation sécuritaire 

    La Pendjari, ce parc de 4.700 km2 est l’un des trois parcs de l’ensemble WAP (W, Arly et Pendjari) qui s’étend sur le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, et l’un des derniers sanctuaires de la vie sauvage en Afrique de l’Ouest.

    Il fait partie des grands projets de réhabilitation engagé par le Bénin pour son développement économique depuis l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon, en avril 2016.

    Les investisseurs se sont engagés à investir 26 millions de dollars (dont 6 millions par le gouvernement béninois) en dix ans pour faire revivre ce parc, abîmé par des décennies de négligence.

    Mais sa situation géographique, limitrophe avec le Burkina Faso était une menace constante, qui est désormais réelle: le pays voisin, est confronté à une dégradation de la situation sécuritaire sur son sol depuis 3 ans, avec une accélération alarmante ces derniers mois.

    Le Bénin était considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, une région mouvementée, où opèrent de nombreux groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique (EI), mais les parcs sont des zones très difficiles à surveiller, malgré un fort renforcement des équipe de surveillances, entrainées militairement depuis que African Park a repris la gestion de la Pendjari .

    « Il vous arrive de rencontrer des gens à pieds dans le parc, mais vous ne savez pas où ils vont ni d’où ils viennent », explique à l’AFP Robert Oké, un guide du parc.

    « Passer facilement » 

    « Il y beaucoup de chemins dans le parc où des gens peuvent passer facilement surtout en cette période de saison sèche », poursuit le guide de chasse et touristique, qui a passé toute sa carrière dans la Pendjari.

    « J’ai même un groupe de touristes qui venait le 15 mai », se désole le guide. « Ils ont dû annuler. Ils venaient pour six jours dans le parc ».

    L’exploitation du parc est l’une des seules sources de revenus dans cette région reculée du Bénin, à plus de 10 heures de route de la capitale économique, Cotonou.

    La zone avait récemment été placée comme zone « formellement déconseillée » par le Quai d’Orsay, « compte tenu de la présence de groupes armés terroristes et du risque d’enlèvement ».

    Selon des experts et des sources sécuritaires, le nord des pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest, comme le Togo et le Bénin, sont devenus vulnérables ces derniers mois face à la stratégie d’expansion et de multiplication des fronts adoptée par les groupes armés.

    Dans le parc du W, à cheval sur le Bénin, le Niger et le Burkina, « des combattants originaires du Mali auraient mené dès 2014-2015 une reconnaissance » jusqu’au Bénin, selon un rapport publié en mars par l’institut de recherche Thomas More.

    Au Burkina, 90% des attaques ne sont pas revendiquées. Elles ont été pour la plupart attribuées à Ansaroul Islam, au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ou à l’Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS), mais une dizaine d’autres groupes, « plus petits et sans doute moins structurés » sont également actifs, selon le International Crisis Group (ICG).

  • YouTube préfère garder les vidéos douteuses

    YouTube préfère garder les vidéos douteuses

    YouTube applique « un parti pris systémique en faveur du maintien du contenu », bien que la plateforme ait récemment supprimé plus d’un million de vidéos dans le cadre du code de conduite de l’UE contre la désinformation.

    De hauts responsables de YouTube ont expliqué la politique de la plateforme en matière de lutte contre les fausses nouvelles et la désinformation face aux journalistes bruxellois.

    « Il y a nos directives en termes de communauté, qui déterminent quel contenu doit rester et lequel doit être retirer », a déclaré un cadre de YouTube, sous couvert d’anonymat. « Nous avons tendance à privilégier le contenu [sur les demandes de retraits] parce que la liberté d’expression nous tient à cœur. »

    Pour les contenus « qui se rapprochent » d’une violation de nos politiques un contenu qui vise à « désinformer ou à désinformer les utilisateurs de manière nuisible », la plateforme préfère supprimer les recommandations de ces vidéos. En pratique, cela signifie que les vidéos créées par une chaîne ne respectant pas les conditions seront rétrogradées de manière à ne pas être « recommandées » aux utilisateurs et s’afficheront moins.

    Cependant, si un utilisateur a déjà « aimé » une vidéo de cette chaine, ou s’il y est abonné, il continuera à recevoir des notifications de recommandation pour ses vidéos, admettent les représentants de la plateforme.

    Le très controversé Tommy Robinson, ancien dirigeant de la Ligue de défense anglaise anti-Islam, qui se présentera aux élections européennes de mai prochain, est un bon exemple pour comprendre les stratégies mises en place. Plus tôt cette année, cette personnalité a été bannie de Facebook et d’Instagram pour avoir enfreint leurs règles sur le discours de haine. Après avoir été banni définitivement de Twitter, l’homme politique ne peut plus s’exprimer que via YouTube.

    Dans le passé, Tommy Robinson a été accusé de diffuser de la désinformation anti-Islam et a admis en novembre dernier avoir diffusé de fausses nouvelles au sujet d’un réfugié syrien qui avait fait l’objet d’une agression physique par des élèves d’une école à Huddersfield, en Angleterre. Il avait au départ affirmé que le réfugié avait été impliqué dans une agression à l’encontre d’une étudiante. Les représentants juridiques du réfugié avaient été contraints de le menacer de le trainer devant la justice pour obtenir une réfutation.

    À ce jour, YouTube estime n’avoir aucune raison de retirer le contenu qu’il poste. « Nous avons examiné tous les contenus que Tommy Robinson a téléchargés sur YouTube et n’avons trouvé aucune violation de nos politiques », a déclaré un cadre de l’entreprise. Par contre, il a été jugé assez sulfureux pour que ses vidéos ne soient plus « recommandées » aux utilisateurs et il ne peut plus utiliser ses vidéos pour générer de l’argent.

    Christoph Schott, directeur de campagne du groupe de défense des droits de l’Homme Avaaz, lutte contre la désinformation dans le monde. Pour lui, le problème est lié au fonctionnement de l’algorithme de recommandation des vidéos.

    « Les recherches que nous avons menées récemment montrent que les restrictions de YouTube sur le compte de Tommy Robinson ont fonctionné, les chiffres de visionnage ayant considérablement chuté depuis que la société a décidé de réprimer ses vidéos. Cependant, YouTube doit être plus rapide dans ce genre de cas. Il y a tellement de contenus dangereux qui restent », regrette-t-il.

    Malgré la décision de YouTube de ne pas supprimer les utilisateurs controversés qui ont été interdits ailleurs, comme Tommy Robinson, la société a annoncé la semaine dernière qu’en mars elle avait supprimé plus d’un million de chaines pour violation de sa politique anti-spam, pratiques trompeuses et escroqueries.

    En vertu de cette politique, une infraction a lieu si une chaîne induit l’utilisateur en erreur grâce à de fausse descriptions ou titres trompeurs, ou fait des promesses exagérées et des affirmations farfelues.

    Les suppressions sont citées dans les derniers rapports de conformité du code de bonnes pratiques contre la désinformation. Le code est un cadre volontaire qui vise à réprimer la diffusion de fausses nouvelles en ligne. Les signataires comprennent Facebook, Twitter et Google.

    « Nous sommes heureux de constater que la collaboration dans le cadre du code de bonnes pratiques a encouragé Facebook, Google et Twitter à prendre des mesures supplémentaires pour garantir l’intégrité de leurs services et lutter contre les robots malveillants et les faux comptes », ont déclaré conjointement les commissaires Andrus Ansip, Vera Jourova, Julian King et Mariya Gabriel fin avril.

    YouTube pour sa part a fait l’objet de critiques plus tôt cette semaine, lorsqu’il est apparu que la plateforme recommandait à des centaines de milliers d’utilisateurs une vidéo d’information sur le rapport Mueller. La vidéo a été produite par RT, un radiodiffuseur financé par l’État russe, ce qui a incité le sénateur américain Mark Warner à enjoindre l’entreprise à agir.

    « Il est extrêmement inquiétant de constater que YouTube n’a toujours pas résolu les problèmes d’algorithme qui le rendent si vulnérable aux jeux et aux sources douteuses comme RT », a-t-il déclaré.

    Samuel Stolton

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Thailande : Couronnement du roi Maha Vajiralongkorn – VIDEO

    Thailande : Couronnement du roi Maha Vajiralongkorn – VIDEO

    Des milliers de Thaïlandais ont bravé dimanche la canicule pour assister à la parade d’hommage au roi Maha Vajiralongkorn, couronné samedi, dans un pays profondément divisé entre conservateurs ultra-royalistes et opposition réformatrice.

    Plus de mille militaires en costumes traditionnels ont défilé autour du roi de 66 ans, transporté dans un palanquin doré porté à dos d’hommes.

    Cette grande parade régie par une chorégraphie ancestrale a débuté en fin d’après-midi, alors qu’il faisait encore plus de 35°C. La reine Suthida, commandante-adjoint des gardes du corps du roi, marchait quant à elle en uniforme rouge juste devant le palanquin. Venait ensuite, lui aussi en uniforme et à pied, le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha.

    En ces jours de couronnement, fériés en Thaïlande, conservateurs ultra-royalistes et opposants réformateurs ont enterré la hache de guerre.

    « Long live the king » (« Longue vie au roi »), proclamaient notamment Thaksin et Yingluck Shinawatra, ex-Premiers ministres vivant aujourd’hui en exil après des coups d’Etat de l’armée en 2006 et 2014 contre eux. Leur parti d’opposition clame la victoire aux législatives face à celui de la junte.

    Même consensus dans les journaux, qui publiaient la photo officielle du couronnement en une, dans ce pays où critiquer publiquement la monarchie est impensable — et puni de longues années de prison.

    Dans l’édition de dimanche du Bangkok Post, il n’y avait quasiment pas d’articles, mais des pages entières de publicité achetées par les grands groupes du pays, affichant leur loyauté au roi et lui souhaitant « un règne long et heureux ».

    – Fonctionnaires figurants –

    Les militaires ont alloué plus de 26 millions d’euros pour cette cérémonie et mobilisé pour dimanche des dizaines de milliers de fonctionnaires le long de la procession de plus de six kilomètres. Au total, plus de 200.000 personnes, vêtues de jaune (la couleur de la royauté) étaient attendues par les autorités sur le parcours.

    C’est pour les habitants du royaume une rare occasion d’approcher le roi, qui vit la plupart du temps à l’étranger et n’est vu habituellement que lors de cérémonies officielles à l’accès très limité, y compris pour les médias.

    « C’est peut-être ma première et dernière chance de voir un couronnement », s’enthousiasme Nattriya Siripattana, une commerçante de 57 ans.

    L’évènement est inédit dans le royaume depuis le sacre de Bhumibol Adulyadej en 1950. Ce dernier, qui détenait le record de longévité des monarques en exercice après avoir régné 70 ans, a légué à son fils une des plus grosses fortunes royales mondiales.

    « Je suis un sujet, pas un dignitaire ou un officiel… Je ne le vois qu’à la télévision » habituellement, témoigne Kanha Kitvej, une octogénaire ayant réservé son « spot » avant l’aube pour voir passer la procession.

    Monté sur le trône au décès de son père Bhumibol Adulyadej en 2016, son couronnement avait été retardé afin de pouvoir respecter une période de deuil en l’hommage du roi défunt.

    Réputé imprévisible, Maha Vajiralongkorn, divorcé trois fois, a crée la surprise en se remariant juste avant le couronnement avec sa compagne de longue date, une ancienne hôtesse de l’air élevée au titre de reine Suthida.

    Contrôle total sur les finances royales, purges, refonte de la Constitution: le roi de Thaïlande n’a pas attendu son couronnement pour remodeler la monarchie, prenant de court les observateurs qui le présageaient en souverain peu investi.

    Il est intervenu deux fois pendant la campagne des législatives, les premières depuis le coup d’Etat de 2014, opposant une fin de non-recevoir aux aspirations de sa sœur, la princesse Ubolratana, à se piquer de politique au côté de Thaksin Shinawatra.

    Et la veille du scrutin, il a exhorté les Thaïlandais à « soutenir les bonnes personnes » pour « empêcher le chaos », une déclaration perçue comme un soutien aux militaires.

    Mais la tension risque de remonter dès mercredi, jour de la publication des résultats définitifs des élections législatives.

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