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  • Sturgeon veut un référendum sur l’indépendance écossaise avant mai 2021

    Au vu du chaos lié au Brexit, la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a annoncé le début des préparatifs en vue d’un nouveau référendum d’indépendance, qui aurait lieu d’ici mai 2021.

    En 2014, 55 % des Écossais avaient voté contre une sortie du Royaume-Uni. Mais c’était avant le référendum britannique sur l’UE et la victoire du Brexit, rappellent les indépendantistes, qui estiment que les conditions ont tellement changé qu’un nouveau vote est logique.

    Le 24 avril, Nicola Sturgeon a annoncé au parlement de la nation écossaise qu’un texte législatif serait bientôt rédigé pour l’organisation d’un nouveau référendum. Le scrutin devrait quant à lui avoir lieu avant mai 2021. Pour elle, le chaos du Brexit a révélé « un déficit démocratique profond dans la manière dont l’Écosse est dirigée ». Les Écossais ont voté à 62 % pour rester dans l’UE.

    « Le Brexit rend inévitables des changements importants pour l’Écosse », a indiqué la Première ministre, ajoutant qu’il fallait aujourd’hui « participer à l’effort pour empêcher le Brexit pour tout le Royaume-Uni […], mais si ce n’est pas possible, les conséquences et difficultés du Brexit seront inévitables ». L’argument indépendantiste n’a donc jamais été si percutant, selon elle.

    Le Parti national écossais (SNP) a remporté 63 des 126 sièges du parlement d’Édimbourg. Si les conservateurs, les travaillistes et les libéraux-démocrates  sont opposés à l’indépendance, les verts devraient s’allier au SNP à ce sujet. Le parlement national ne peut cependant pas organiser un référendum sans le feu vert du gouvernement britannique. Et Theresa May est catégoriquement opposée à un deuxième référendum.

    Officiellement, le gouvernement nationaliste écossais n’a pas promis de nouveau vote. Dans un communiqué publié après l’intervention de Nicola Sturgeon, il indique que le projet de loi « protégerait l’option d’un référendum sur l’indépendance durant le mandat en cours ».

    En septembre 2014, le camp contre l’indépendance écossaise avait gagné notamment parce qu’il avait su convaincre les électeurs que quitter le Royaume-Uni aurait des retombées économiques considérables – un argument d’ailleurs toujours brandi par les anti-indépendances -, et mènerait à une sortie de l’UE.

    « Le chaos du Brexit est un avertissement sur la difficulté de quitter une union politique et économique », souligne l’élu travailliste Richard Leonard. « Quitter le Royaume-Uni entrainerait des mesures d’austérité inédites pour les services publics écossais. »

    Un nouveau référendum serait « absurde » et « profondément clivant », renchérit son homologue Jackson Carlaw, qui dirige la faction conservatrice écossaise durant le congé de maternité de Ruth Davidson, l’une des personnalités politiques les plus populaires de la nation.

    Toujours très opposé à la sortie de l’UE, le SNP a organisé des campagnes en faveur d’un deuxième référendum sur le Brexit et assure que Theresa May a complètement négligé les besoins écossais lors des négociations de l’accord de retrait avec l’Europe, particulièrement en ce qui concerne la réduction drastique de l’immigration et la sortie du marché unique.

    « Quelles que soient nos différences d’opinion sur l’indépendance, [le Brexit] devrait tous nous convaincre que nous avons besoin de fondations plus solides sur lesquelles construire notre avenir », a estimé Nicola Sturgeon.

    Au final, « on se retrouve avec un accord de retrait de 585 pages qui ne fait absolument aucune mention de l’Écosse », insistait en décembre la ministre  écossaise aux Affaires étrangères, Fiona Hyslop.

    Pour l’instant, selon un sondage du groupe pro-indépendance Progresse Scotland, même si 63 % des personnes interrogées estiment que le pays deviendra un jour indépendant, elles sont toujours une majorité à ne pas souhaiter un nouveau vote dans les cinq ans à venir. Tous les sondages à ce jour indiquent toujours une mince défaite de l’indépendance.

    Benjamin Fox

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Une fin de saison en noir pour le PSG !

    Noir, c’est noir. Rennes a détrôné le Paris SG, quadruple tenant du titre, samedi en finale de la Coupe de France au terme de la séance aux tirs au but (2-2 a.p., 6-5 aux t.a.b.) fatale à la saison parisienne, catastrophique.

    Avec les retours comme titulaire de Neymar et Angel Di Maria et une avance de deux buts dès la 21e minute, le tapis rouge vers un cinquième trophée de suite dans la compétition centenaire était déroulé devant les pieds parisiens. Mais le club a trébuché à un moment crucial, une nouvelle fois.

    Rennes, qui traînait pourtant une image de « loser », en a profité pour remporter avec panache sa troisième Coupe de France, après celles de 1965 et 1971. Après le tir au but raté par Christopher Nkunku, les supporters bretons ont expulsé 48 ans de déceptions dans un grand cri de joie, alors que le virage rouge et bleu sifflait ses joueurs.

    Cette fois, c’est officiel, le PSG a raté sa saison. Thomas Tuchel termine sa première année sur le banc avec le plus maigre bilan comptable depuis 2012/13: deux titres, Ligue 1 et Trophée des champions, et l’impression désastreuse laissée par ces quatre derniers mois.

    L’élimination par le dernier, Guingamp, en Coupe de la Ligue, l’humiliation contre Manchester United dès les huitièmes en Ligue des champions? A chaque fois, le Souabe a plaidé « l’accident ». La troisième sortie de route rend cette défense caduque.

    Contre Rennes, son équipe s’est arrêtée de jouer après avoir creusé un écart lors d’une première demi-heure prometteuse avec deux beaux buts, par Dani Alves (13e) et Neymar (21e).

     Nkunku a tremblé 

    Mais ses démons lui sont vite revenus: défense tremblotante avec un but contre son camp de Presnel Kimpembe (40e) qui a totalement relancé les Bretons; manque de réalisme, avec plusieurs occasions ratées par Kylian Mbappé (15e, 45e, 72e, 85e, 99e) et Edinson Cavani (99e); manque d’impact du banc, incarné par Leandro Paredes, encore transparent.

    Et que dire du mental friable, de ces moments de nervosité qui ont culminé avec le carton rouge direct récolé par Mbappé (118e), pour une semelle au niveau du genou de Damien Da Silva?

    « Nous sommes fragiles », a admis Tuchel. « Ce n’est pas clinique (…) Quand on a commencé la deuxième mi-temps, ce n’était pas avec la même énergie que la première. Nous ne sommes pas attentifs ».

    Quand Mexer, de la tête sur corner (66e), a égalisé, le scenario noir, celui de la « Remontada » sauce bretonne, était lancé à la vitesse d’un TGV pour se répéter, comme une coriace impression de déjà vu. Les efforts parisiens en prolongation n’ont pas suffi pour éviter la séance de tirs au but, la fameuse « loterie » qui allait rendre la saison parisienne soit à peu près correcte, soit très insuffisante.

    Après que les deux équipes ont réussi un parfait 5/5, Ismaïla Sarr n’a pas tremblé sur sa tentative, et mis toute la pression sur Nkunku. Le Titi a envoyé la sienne loin au-dessus de la barre.

    « On va arrêter de parler (aux supporters rennais) de la +lose+! Ce titre va changer l’histoire du club », a exulté le coach breton Julien Stéphan.

     Eté brûlant 

    Il est évident que ce nouveau revers retentira jusqu’à Doha, au Qatar, qui n’a pas dû apprécier de voir son actif le plus précieux perdre autant de valeur en un an, après autant d’échecs. Le mercato s’annonce déjà chahuté, à tous les étages.

    Outre Tuchel, le directeur sportif Antero Henrique a perdu de son crédit, déjà écorné par ses tensions avec le technicien allemand et sa gestion du cas Rabiot.

    Les questions subsistent aussi autour de la prolongation de Thiago Silva et Edinson Cavani, deux « anciens » du club dont le bail arrive à expiration dans un an. Le même flou entoure la situation de Gianluigi Buffon (41 ans), en discussions pour prolonger la saison prochaine, et Dani Alves (35 ans), en fin de contrat.

    Qui sera présent la saison prochaine? La question à plusieurs dizaines de millions d’euros est posée pour le président Nasser Al-Khelaïfi, qui doit agir dans le cadre du fair-play financier. Les superstars Neymar et Kylian Mbappé ont déjà répété qu’elles ne bougeraient pas. Paris n’a pas tout perdu..

  • Acte 24 : Manifestations éparses – VIDEO

    Pour leur acte 24, les «gilets jaunes» français ont été 23 600 à manifester samedi à travers le pays, dont 2 600 à Paris, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, parmi les plus bas depuis le début du mouvement social en novembre 2018 (le chiffre le plus faible était celui du 6 avril avec 22 300 manifestants).

    Les «gilets jaunes» ont pour leur part comptabilisée au moins 60.0000 participants. La semaine dernière, le ministère avait comptabilisé 27 900 manifestants, dont 9 000 dans la capitale.

    Deux jours après les annonces du président Emmanuel Macron en réponse à la crise sociale en France, les «gilets jaunes» sont descendus dans les rues de plusieurs villes. Quelques tensions ont été rapportées à Strasbourg (est), Lille (nord) ou Toulouse (sud-ouest).

    À Paris, deux cortèges distincts ont réuni dans le calme 2 600 «gilets jaunes» selon les autorités, contre 9 000 la semaine dernière.

    Depuis le début du mouvement – – né d’une colère contre la hausse des taxes avant de s’étendre à des revendications pour plus de pouvoir d’achat et de démocratie directe – – 2 400 «gilets jaunes» et 1 700 membres des forces de l’ordre ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur.

    À un mois des élections européennes, les organisateurs entendaient donner un caractère «international» à la journée d’action. À Strasbourg, les forces de l’ordre ont barré la route du centre et des institutions européennes au cortège (2 000 «gilets jaunes» selon la préfecture). 26 personnes ont été interpellées et la préfecture a déploré de «nombreuses dégradations».

    Certains avaient prévu de faire l’impasse ce samedi pour se concentrer sur les manifestations du 1er mai, qui s’annoncent tendues. Des appels à un mercredi «noir et jaune» ont été lancés et «gilets jaunes» et black blocs appellent à transformer Paris en «capitale de l’émeute».

     

  • La France, passager clandestin du cœur de la zone euro ?

    Depuis plus de quatre ans, l’Allemagne dégage un excédent budgétaire qui a dépassé 1 % du PIB en 2018. Le déficit public avait atteint 4 % du PIB en 2010. Le solde budgétaire avait été négatif durant toute la période de réunification des années 1990 jusqu’en 2006. Il était ainsi négatif de plus de 4 % du PIB en 2003. De ce fait, la dette publique de l’Allemagne qui avait atteint un maximum en 2010 à plus de 80 % du PIB est en recul depuis. Elle devrait cette année être inférieure à 60 % du PIB cette année. La réduction rapide de la dette publique allemande a des conséquences importantes sur la zone euro. La moindre émission de titres publics allemands conduit les investisseurs à se reporter sur les autres États du cœur de la zone euro (France, Pays-Bas, Autriche, Finlande, Belgique). Cela conduit à une baisse des taux dans ces pays. Ce phénomène est d’autant plus accentué que certains de ces pays ont des soldes positifs ou des déficits faibles. Le poids de la dette publique du cœur de l’Europe se contracte. De 2014 à 2018, il est passé de 84 à 74 % du PIB. La dette du Benelux, de l’Autriche et de la Finlande est de petite taille (moins de 500 milliards d’euros d’encours pour chacun des pays contre plus de 2 000 milliards d’euros pour la France).

    De ce fait la France bénéficie en grande partie de l’effet report. Elle est donc la grande gagnante du désendettement allemand. L’État français s’endette à 0,4 % au mois d’avril contre 0,7 % au mois de décembre dernier. La France devient ainsi un passager clandestin du cœur de l’Europe en profitant de la rigueur des autres et en se permettant de maintenir un déficit élevé et une dette de près de 100 % du PIB.

    À la différence des États dits périphériques (Europe du Sud), la France n’est pas pénalisée par son déficit public supérieur à 2 % du PIB, par sa désindustrialisation et son déficit commercial. Les capacités de l’industrie française ont reculé de 5 points en vingt ans quand elles ont augmenté de 20 points en Allemagne. Les investisseurs pourraient opter pour des placements actions mais qui demeurent trop risqués. L’aversion au risque explique qu’ils privilégient les titres souverains. Cette préférence n’incite guère les États qui profitent des taux bas à accélérer le rythme des réformes. Le service de la dette française (paiement des intérêts) est aujourd’hui identique à celui des années 1990 quand l’encours de la dette était deux fois plus faible.

    Un article publié dans

    , lettre d’information économique confidentielle 
  • Tensions diplomatiques entre la France et le Venezuela – La gestion des Lycées français en question?

    Une crise diplomatique est en cours entre la France et le Venezuela. Cette crise, à propos de laquelle le Quai d’Orsay n’a pas été en mesure de nous répondre malgré nos nombreuses demandes, concerne l’inspecteur d’Académie, en charge de l’éducation nationale, et fonctionnaire du quai d’Orsay à Caracas. Celui-ci a été rappelé, dans l’urgence, par l’ambassadeur Romain Nadal, en raison de « très nombreuses affirmations ou accusations calomniatrices« .

     

    Un langage peu diplomatique qui reflète ce qu’indique le quotidien l’express, un possible détournement de 7,5 millions d’Euros au sein du Lycée français de Caracas. Cet établissement est sous la charge de l’ambassade.

     

    En cause, et selon la rumeur qui n’a pas encore été confirmée, un nouveau droit d’entrée de 3000 euros par enfant qui pourrait donner lieu à de la corruption et des détournements.

     

    La gestion des Lycées français en question – La transparence vue comme une priorité

     

    Cette question pose celle, plus globale, de la gestion des Lycées français à travers le monde. Nous la posions récemment concernant les tensions à Hong-Kong et au contraire le renouveau à Séoul

    Les Français de l’étranger, et notamment et particulièrement les parents d’élèves, ont à cœur que les associations de parents puissent être impliqués dans la gestion quotidienne des Lycées.

    Les sommes considérables en jeu, si avéré, et dans un pays en conflit avec la France, posent une question élémentaire : celle de la transparence des budgets des 500 Lycées français à travers le monde.

    L’enquête montrera s’il y a eu malversations mais nul doute que les parents d’élèves Français à l’étranger seront vigilants. Et nous aussi.

  • Gilets jaunes : l’acte 24, ce samedi avant le Premier Mai

    Strasbourg sera-t-elle la « capitale » de l’acte 24 des Gilets jaunes samedi ? C’est ce que redoutent les autorités strasbourgeoises, après l’« appel international » à un rassemblement des « Gilets jaunes italiens, allemands et belges » dans les rues de la capitale alsacienne. Deux jours après les annonces d’Emmanuel Macron,plusieurs rassemblements auront lieu pour l’acte 24.

    Ce vendredi matin, près de 4 000 personnes s’étaient déjà dites intéressées sur la page Facebook de l’événement strasbourgeois, dont le but affiché est de peser sur la campagne « des européennes ». « Une prise de parole de Gilets jaunes de différentes régions et de pays frontaliers aura lieu avant le départ de la manifestation, en réponse notamment à la conférence de presse d’Emmanuel Macron », est-il écrit sur le réseau social.

    Face au risque de voir des « individus radicaux » en « nombre important », la préfecture du Bas-Rhin a décidé d’interdire toute manifestation « sur une partie de l’ellipse insulaire, le parvis de la gare, ainsi que les abords des institutions européennes ».

    Une manifestation « convergente » à Paris

    Paris devrait concentrer, comme lors des précédents actes, beaucoup de manifestants. Les médias devraient être particulièrement visés lors d’une marche « pour un traitement médiatique impartial ».

    TF1, LCI, C8, CNews, France Télévision, BFM TV, et le CSA pourraient donc recevoir la visite de Gilets jaunes lors de cet acte 24. « Nous souhaiterions savoir comment, en tant que mouvement citoyen et opposant politique de fait, bénéficier d’un droit de réponse médiatique face aux accusations dont nous faisons l’objet », explique la page Facebook de l’événement. Indiquée comme manifestation « déclarée », elle a été déposée en préfecture.

    Toujours dans la capitale, la CGT appelle à un « printemps des luttes », une manifestation dite de convergence. « La Fédération appelle à participer le samedi 27 avril à la manifestation parisienne de convergence des luttes ainsi qu’aux manifestations organisées en territoire », explique un communiqué. Le cortège partira à 13 heures de Montparnasse.

    L’événement Facebook dédié à cette marche, intitulé « Opposons-leur une Riposte Générale », intéressait déjà 3 600 personnes ce vendredi après-midi. L’une des figures du mouvement, Priscillia Ludosky sera présente dans ce cortège parisien, qui compte parmi ses soutiens la France Insoumise, du PCF, le NPA, et ou encore la journaliste Aude Lancelin. Quelques jours avant le 1er mai, cette marche servira de « base de lancement », selon le syndicat.

    Enfin à Bastille, une manifestation nocturne pourrait démarrer vers 22 heures. Intitulée « l’Ombre Jaune » cette marche n’est pas déclarée.

    Des interdictions à Lyon et Rennes

    A Lyon, le périmètre d’interdiction de manifester mis en place depuis deux samedis sera reconduit. Sur Facebook, un événement rassemble au moins 140 personnes participant à l’acte 24 des gilets jaunes à Lyon.

    La même décision a été prise à Rennes, la préfecture dénonçant les précédentes dégradations commises dans la ville. « Si la liberté de manifester est garantie par notre dispositif légal, elle doit être conciliée avec le respect de l’ordre public. La préfète d’Ille-et-Vilaine appelle donc chacun à faire preuve de responsabilité en adoptant un comportement adapté pendant les rassemblements, conclut le communiqué de la préfecture.

    À Toulouse, un rassemblement est prévu à 14 heures place Jaurès, et Marseille c’est rendez-vous sur le Vieux-Port où un appel régional a été lancé « pour retrouver nos fondamentaux et ce qui nous a unis par milliers au début de ce mouvement ».

  • Que risque le prochain Parlement européen avec la montée des eurosceptiques?

    Les formations eurosceptiques devraient être la deuxième force politique du prochain Parlement européen, avec ou sans les Britanniques. Une configuration qui pourrait paralyser l’institution.

    Une enquête réalisée par YouGov pour le groupe de réflexion Conseil européen des relations extérieures en mars 2019 se penche sur la composition probable du Parlement après les élections de mai, ainsi que les positions des eurodéputés au sein des groupes.

    Selon les données collectées dans 14 États membres, la « grande coalition » entre le PPE de centre droit et les socialistes du S&D devrait perdre la majorité pour la première fois, avec un score combiné de 43 %.

    Que les projections soient faites avec les élus britanniques (pour un total de 751 députés) ou sans (705 députés), le PPE devrait rester le plus grand groupe (182 ou 189 élus), suivi par le S&D (140/123)… ou une formation de parti anti-européens, avec trois chevauchements possibles : un bloc de gauche avec 34 %, un bloc de droite avec 32 % et un bloc composé de partis anti-UE avec 35 % des sièges. Cette configuration placerait les libéraux de l’ALDE, avec LREM (106/106) et/ou les Verts (61/52) dans la position des faiseurs de roi pour former une majorité.

    La Gauche unitaire européenne (GUE) pourrait obtenir 55 ou 56 sièges. À l’autre bout du spectre, on retrouve les trois groupes de droites ENF (86/89), CRE (57/51) et EFDD (51/26), bien que ce dernier pourrait disparaitre après le Brexit et le départ des élus britanniques.

    Un bloc de droite avec le PPE et le CRE signifierait cependant l’alliance de partis qui au niveau national sont souvent rivaux, et parfois catégoriquement opposés, surtout en Europe de l’est. Ce serait par exemple le cas des partis polonais Droit et justice (PiS), au pouvoir, et Plateforme civique (PO), dans l’opposition, des partis hongrois Fidesz et KDNP, mais aussi de partis d’une série de pays d’Europe occidentale.

    Le Premier ministre hongrois et chef du parti Fidesz, Viktor Orbán, a affirmé que son maintien au sein du PPE, contestée, « assurerait l’unité des forces conservatrices avant les élections européennes », ajoutant qu’il permettrait « d’organiser une campagne forte » autours du Spitzenkandidat Manfred Weber.

    Tout le monde n’est cependant pas convaincu par ce discours. « Si les partis d’extrême droite anti-immigration obtiennent de bons résultats aux élections, Viktor Orbán pourrait décider de retirer Fidesz du PPE pour travailler avec les forces anti-européennes », suggère le rapport.

    Interrogés par Euractiv au début du mois, plusieurs membres du CRE, groupe menacé par le départ de ses nombreux membres britanniques, ont confirmé qu’ils envisageraient d’adhérer à un regroupement de PiS et de Fidesz.

    « Oui, nous le ferions. En particulier, après que Viktor Orbán a déclaré que s’il était expulsé du PPE, le premier groupe qu’il approcherait serait le CRE, qu’il essaierait de rejoindre par sa connexion polonaise. Reste à voir s’il finira par être expulsé », a répondu Ryszard Legutko, coprésident du groupe.

    Une telle décision « pourrait inciter les partis les plus à droite du PPE à s’éloigner également du groupe, qui n’est pas vraiment leur habitat naturel », suggère le rapport, qui conclut que le bloc de gauche s’avérera sans doute légèrement plus grand que le bloc de droite.

    Ses auteurs font cependant valoir qu’un tel scénario risquerait de convaincre les parties anti-européens qu’il est impossible de réformer l’UE. Un discours qui ajoute de l’eau au moulin du nouveau parti britannique du Brexit, parti du postulat « le Royaume-Uni a voulu quitter le club et n’a pas été autorisé à le faire ».

    Le succès de ce parti est confirmé par le sondage YouGov/Conseil européen des relations extérieures, qui indique que les trois quarts des Européens estiment que leur système national ou le système européen – ou les deux – sont brisés.

    L’enquête a également évalué les potentielles positions post-électorales des eurodéputés des groupes, qui sont en moyenne « légèrement plus à droite et un peu moins positifs à l’égard de l’UE ».

    « Tout dépendra des coalitions que les partis traditionnels forment entre eux et de la manière dont ils s’emploient à perturber la formation de coalitions anti-européennes au sein du prochain Parlement », affirment ses auteurs, qui suggèrent que les partis pro-européens « doivent penser au-delà des familles politiques traditionnelles ».

    « Un Parlement européen divisé à peu près également entre des forces anti-européennes et des forces pro-européennes présente un risque réel de paralysie », s’inquiète Susi Dennison, chercheuse et directrice du programme Pouvoir européen du Conseil européen des relations extérieures.

    « La coopération au-delà des groupes politiques traditionnels et la recherche de consensus sur des questions telles que le climat ou le renforcement de l’UE en tant qu’acteur mondial, sur lesquelles les groupes peuvent trouver un terrain d’entente et les électeurs attendent désespérément des résultats au niveau européen revêtent donc une importance primordiale », estime-t-elle.

    Alexandra Brzozowski

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Carlos Ghosn libéré, pour combien de temps?

    L’ex-PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn est sorti de prison dans la soirée de jeudi à Tokyo, libéré sous caution mais dans des conditions strictes, avec notamment l’interdiction de voir son épouse sans l’autorisation préalable du tribunal.

    « Restreindre les communications et le contact entre ma femme et moi est cruel et inutile », a à cet égard réagi vendredi M. Ghosn dans un communiqué en anglais diffusé par ses avocats.

    Le tribunal de Tokyo chargé de l’affaire avait à la mi-journée accepté sa requête en vue de sa libération, mais le bureau des procureurs avait aussitôt fait appel, jugeant « regrettable » que le juge ait donné son feu vert « en dépit de craintes de destruction de preuves ».

    Ce recours a été rejeté quelques heures plus tard et sa libération est devenue effective peu après.

    L’ex-PDG de Renault-Nissan est sorti à 22H22 (13H22 GMT) d’un pas assuré, encadré par des gardiens, portant un costume sans cravate, sous les flashes des appareils photo, avant de monter dans un véhicule noir, selon des journalistes de l’AFP sur place.

    L’image tranchait avec celle de sa première libération sous caution le 6 mars : il était alors apparu déguisé, coiffé d’une casquette bleue, dans un uniforme d’ouvrier de voirie, le visage barré de lunettes et d’un masque de protection blanc, un accoutrement qui avait fait de lui la risée des médias alors même qu’il visait à duper les journalistes massés devant la prison.

    L’avocat à l’origine de ce scénario avait dû ensuite présenter ses excuses pour cet « échec » qui avait terni la réputation de son illustre client.

    – Strictes conditions –

    Le magnat de l’automobile déchu de 65 ans, qui était retourné dans le centre de détention de Kosuge (nord de Tokyo) début avril après une nouvelle arrestation surprise, a dû payer une deuxième caution, cette fois de 500 millions de yens (quatre millions d’euros).

    Carlos Ghosn s’était déjà acquitté d’une grosse somme -un milliard de yens- pour obtenir le droit de quitter le 6 mars la prison, où il avait passé 108 jours dans la foulée de son interpellation initiale le 19 novembre dernier pour des malversations financières présumées.

    L’ancien grand patron est désormais à l’air libre mais soumis à de strictes conditions : « assignation à résidence, interdiction de quitter le Japon et autres conditions visant à empêcher destruction de preuves et fuite », a précisé le tribunal.

    Surtout, il n’a le droit de voir son épouse que « si le tribunal approuve une requête » en ce sens, a expliqué son avocat, Me Junichiro Hironaka, à la presse. Carole Ghosn, dans le viseur des procureurs pour son rôle supposé dans un des volets de l’affaire, est en outre soupçonnée par le parquet d’avoir contacté des protagonistes du dossier.

    Au cours de sa précédente remise en liberté, Carlos Ghosn avait pu retrouver sa famille dans un appartement de location à Tokyo, enregistré auprès du tribunal et dont il n’avait pas le droit de s’absenter plus de trois jours. Il retournera dans le même logement, selon Me Hironaka.

    Si un nouveau rebondissement n’est pas à exclure dans cette affaire hors normes, qui a vu la chute d’un des plus puissants PDG de la planète au moment où il s’apprêtait à tirer sa révérence, la dernière mise en examen de Carlos Ghosn semble clore les investigations du parquet.

    – La justice critiquée –

    Ce dirigeant franco-libanais-brésilien est sous le coup de quatre inculpations : deux pour des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux pour des cas différents d’abus de confiance aggravé.

    Ministère de la justice – Japon

    La dernière affaire, la plus sérieuse aux yeux des experts, porte sur des détournements présumés de fonds de Nissan, d’un montant de cinq millions de dollars, selon le bureau des procureurs.

    Face à ce qu’il qualifie d’ »acharnement judiciaire », M. Ghosn a usé de plusieurs moyens – entretien avec quelques médias dont l’AFP, communiqués, comparution à sa demande devant un tribunal – pour clamer son innocence et dénoncer un « complot » ourdi par Nissan à son encontre.

    Dans une récente vidéo, enregistrée la veille de sa ré-arrestation le 4 avril mais rendue publique quelques jours plus tard, il a encore insisté sur la thèse du piège tendu par les dirigeants du groupe japonais afin de le faire tomber et de stopper ainsi le processus de fusion Renault-Nissan qu’il préparait.

    Sa épouse Carole se mobilise depuis des semaines pour dénoncer le traitement dont fait l’objet son mari.

    Sa campagne est soutenue par plusieurs avocats étrangers comme japonais et des organismes internationaux, qui estiment que le système judiciaire nippon ne respecte pas les droits de la défense, dénonçant des interrogatoires répétés, sans avocat, pendant la garde à vue.

    Maintenant qu’il a la possibilité de passer autant de temps qu’il le souhaite avec ses avocats, Carlos Ghosn va pouvoir se consacrer activement à la préparation de son procès qui n’est pas attendu avant plusieurs mois.

  • Grand débat, petit débat, sortir du franco-français

    Le grand débat, c’est fini. Tant mieux. Ou tant pis. Tant mieux parce qu’on entendait surtout un concert de plaintes et de fausse empathie, « Y a qu’à » et « faut qu’on » volant en escadrilles. On peut dire les Français malheureux, ils sont surtout déprimés. Ceux qui vivent à l’étranger peuvent constater qu’il y a aussi, en France, de quoi soutenir la comparaison avec d’autres.

    Tant pis parce qu’il reste le goût d’une occasion perdue : celle de sortir du débat franco-français. Curieusement, dans un monde de plus en plus interdépendant, rien, ou presque rien, dans le débat comme dans les réponses de l’exécutif, ne s’insère dans les grands défis du monde. Age de la retraite, temps de travail, fiscalité, dépenses publiques, déficits, emploi, vieillissement, écologie, démocratie locale, démocratie sociale, quelle ignorance de ce qu’ont fait les autres pays, des risques (et chances) du monde à venir.

    Les Pays-Bas et la Suède ont fait la réforme de leur sécurité sociale, les Allemands celle du travail, le l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne, celle des collectivités locales, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni celles de la dépense publique, la Suisse celle de la fonction publique, la Finlande, le Danemark, la Corée, celle de l’éducation : c’était il y a déjà quelques années, dix, quinze ans. Toutes ne sont pas parfaites. Beaucoup ont réussi.

    Dix ans après la crise, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, même la Grèce ont retrouvé des couleurs. Nous conservons une fiscalité et des dépenses publiques record avec un taux de chômage anormalement excessif, devenu notre normalité. Comme si nous avions choisi le chômage pour les uns, l’ultra compétitivité pour les autres, la déprime pour tous, et le luxe d’ignorer, en bien ou en mal, ce qui s’accomplit dans le monde.

    Qu’adviendrait-il en cas de crise, non pas des gilets jaunes, mais mondiale ? La France serait-elle prête ? La France peut-elle servir de modèle ? Bien sûr que non. L’image que donne la France ces derniers mois n’est pas celle d’un pays qui affronte l’avenir avec confiance, maîtrise et sérénité. Là est la responsabilité de l’exécutif, qui cède au mécano des ajustements comptables, aux facilités du verbe, au confort des postures, masques informes du manque d’audace, du manque d’autorité, du manque de vision à long terme.

    Soit, Il ne faut pas être trop sévère avec notre pays. On doit pourtant l’être par rapport à nos capacités. On ne sortira d’une certaine médiocrité du débat politique – y compris sur l’immigration, qui est une question internationale- qu’avec un regard mondial. Où est le meilleur système éducatif, fiscal, judiciaire, démocratique ? Où sont les meilleures réponses dans le monde, au vieillissement, aux défis écologiques, à la démocratie locale ? Un regard plus lucide sur le monde et nous-mêmes,  nous conduirait à plus d’humilité – et sans doute de succès. Les Français qui vivent à l’étranger, qui parfois y réussissent, peuvent en témoigner.

    La seule évocation de politique extérieure, lors des annonces présidentielles, fut la revendication de désaccords avec l’Allemagne. Comme si afficher ces désaccords et être minoritaire était un exploit. Il ne faudrait pas que l’amateurisme, si visible et si tragique en matière de sécurité, gagne aussi la politique étrangère et européenne.

    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press

    Ambassadeur, a. Député.

     

     

  • Que retenir de l’intervention du Président de la République ?

    Emmanuel Macron a rejeté le vote obligatoire et la reconnaissance du vote blanc. Réforme du CESE et du nombre de parlementaires

    Pas de RIC, mais plus de RIP. Le chef de l’État a d’abord partiellement répondu à l’une des revendications-phare du mouvement né à l’automne, en disant « aller plus loin sur le référendum d’initiative partagée », en faisant passer son seuil d’environ 4,5 millions de signatures (10% du corps électoral) à un million.

    Le locataire de l’Élysée a annoncé vouloir réformer le Conseil économique, social et environnemental en un Conseil de la participation citoyenne, pour lequel « 150 citoyens seront tirés au sort dès le mois de juin » afin de participer à cette assemblée. La première mission de ce conseil sera la transition écologique.

    Il a également annoncé vouloir réduire le nombre de parlementaires et limiter le nombre de mandats dans le temps.

    Fiscalité plus juste ?

    Moins d’impôt sur le revenu. Sur le plan social et économique, Emmanuel Macron a appelé à poursuivre les réformes, notamment avec un nouvel acte de décentralisation et une baisse « significative » de l’impôt sur le revenu. Pour financer cette baisse, le président a demandé au gouvernement de supprimer « certaines niches fiscales pour les entreprises » et de réduire la dépense publique.

    Emmanuel Macron a également appelé à davantage de travail pour financer la baisse d’impôts.

    Le président de la République a refusé de rétablir l’ISF. Selon lui, cette mesure a permis d’ »encourager l’investissement en direction de l’économie réelle, de la recherche, des usines, de la production ». Il cependant admis le principe d’une évaluation et d’un éventuel réajustement de son mécanisme et de son assiette.

    Emmanuel Macron a enfin reconduit la prime exceptionnelle défiscalisée, d’un montant de 1.000 euros.

    Le chef de l’État est revenu sur la sous-indexation des retraites. Il a annonce la réindexation des retraites de moins de 2.000 euros sur l’inflation à partir du 1er janvier 2020, tout en admettant que « les décisions que nous avons prises à l’automne ont été vues comme injustes, et doivent donc être corrigées ».

    Un mécanisme de garantie des paiements des pensions alimentaires non honorées sera mis en place, a déclaré Emmanuel Macron. Une décision qui donnera « la prérogative de puissance publique à la Caisse d’allocations familiales ». Selon l’Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa), entre 30 et 40% d’entre elles ne sont actuellement pas versées.

    Confirmation de l’objectif initial de 7% de chômage en 2022

    Interrogé par une journaliste de RTL, le chef de l’État a réitéré l’objectif de 7% de chômage en 2022. Le cap du plein emploi en 2025 ne changeant ainsi rien à cet objectif initial. « Je ne demande pas cinq années supplémentaires », a indiqué Emmanuel Macron. Le cap de 2025 représente pour le président « un élément de mobilisation ».

    Par ailleurs, le chef de l’État a précisé que la « question du plein emploi est très profonde » et que l’objectif serait « d’arriver à baisser notre chômage structurel ». L’objectif étant pour ce dernier de donner des stratégies précises et claires aux différentes filières, avec la mobilisation de financement public et privé. La création notamment d’emploi dans le secteur numérique, et de nouveaux centres de formation sur le terrain.

    Emmanuel Macron est également revenu sur l’expression « premiers de cordée » à laquelle il avait fait référence dans le passé. « Je n’ai pas réussi à me faire comprendre », a-il indiqué. Cette image représente pour le président une métaphore de valeur : « Pour monter plus haut on doit tirer les autres. Il ne faut pas creuser les injustices, et il faut faire monter ceux qui sont à chaque niveau de la corde ». Pour le chef de l’État, le système de solidarité français est une force. « Je crois à cette République ambitieuse, sociale et solidaire, et surtout à la responsabilité des décideurs au sein du pays », a affirmé vigoureusement Emmanuel Macron.

    Emmanuel Macron se dit «prêt à lever cet objectif» de suppression de 120.000 postes de fonctionnaires

    Le chef de l’État est désormais interrogé sur la compatibilité entre l’objectif de réduction de 120.000 fonctionnaires, la baisse des impôts et un redéploiement ambitieux des services publics dans les territoires. « Cette réorganisation de l’État, je pense qu’on peut le faire sans créer de nouveaux postes de fonctionnaires parce que c’est aussi plus d’efficacité », a répondu le président de la République. « Sur beaucoup de décisions, le dossier remonte à Paris. On perd du temps et de l’argent. Nos fonctionnaires sont conscients et loyaux, mais il faut remettre de la responsabilité au niveau local », a-t-il ajouté en évoquant son projet de décentralisation.

    Le chef de l’État a également tenu à rassurer les Français sur la suppression de certaines niches fiscales qui ne concerneront que les entreprises, et pas les ménages. « Je tiens à rassurer tout le monde », a-t-il indiqué.

    Sur le nombre de fonctionnaires, il conclut : « Au vu de cette sortie du grand débat, il faut qu’on soit réaliste, et voir si c’est tenable de maintenir l’objectif de maintenir les suppressions annoncées. Je suis prêt à lever cet objectif, mais pas celui de la tenue des dépenses publiques. »

    Emmanuel Macron regrette «très profondément» ses «petites phrases»
    Le président de la République est interrogé sur ses « petites phrases ». « Il faut que, collectivement, on accepte de passer des étapes. J’en ai parlé déjà dix fois. Il y a des phrases que je regrette, d’autres qui ont été sorties de leur contexte. Ça n’aide ni mon action ni celle de mon gouvernement, c’est pour ça que je les regrette », assure-t-il.

    « Je reconnais, je respecte et je considère les “gilets jaunes” qui sont sortis au début dans la rue. Je ne cède rien à ceux qui veulent le pire, veulent l’émeute », exprime-t-il. Mais cette crise l’a-t-elle fait changer ? « L’avenir le dira. Je crois que j’ai compris beaucoup de choses de la vie du pays, des impatiences qu’on exprime. Quand c’est mal compris et que ça blesse, c’est une erreur. Je les regrette très profondément », martèle-t-il.

    « Augmenter les salaires de manière réglementaire pour tout le monde détruirait de l’emploi»

    Quelles responsabilités des décideurs en matière de pouvoir d’achat ? Comment s’assurer que les salariés puissent vivre dignement de leur travail ? Une journaliste de L’Express interroge Emmanuel Macron.

    Le président est tout d’abord revenu sur son choix de ne pas augmenter le salaire minimum, indiquant que cela serait « contraire à l’objectif de compétitivité du pays ». « Augmenter les salaires de manière réglementaire pour tout le monde détruirait de l’emploi », a-il ainsi martelé. Sur les bas salaires autour du Smic ou à temps partiel, le président préconise de continuer à élaborer une sorte d’impôt négatif afin d’accompagner les salariés, tel que « la prime d’activité, qui est compatible avec notre compétitivité ».

    Pour Emmanuel Macron, les entreprises doivent renforcer le dialogue social afin de mener à un meilleur partage des richesses. « L’association des salariés dans la gouvernance des entreprises est la garantie de partager correctement les richesses. Je crois à la politique d’intéressement et de participation, à laquelle croyait le général de Gaulle », a-il ainsi affirmé, en évoquant notamment la prime exceptionnelle.

    Le chef de l’État préconise que les partenaires sociaux continuent à bâtir des primes mobilités, afin de répondre aux problèmes de pouvoir d’achat des Français, qui sont grandement liés à « l’augmentation des dépenses contraintes ». Pour le président de la République, les dirigeants d’entreprises ont un rôle essentiel à jouer.

    Allemange – France un couple fort

    Interrogé sur le couple franco-allemand, Emmanuel Macron affirme qu’il « assume de croire très profondément au couple franco-allemand et je pense qu’on a fait beaucoup de choses sur les deux années qui viennent de s’écouler », tient-il à rappeler dans un sourire.

    « Pour que ce tandem marche, il faut que la France propose. Je l’ai fait dès 2017, en juin 2018 nous avons pris une position commune historique. Et je souhaite qu’on aille plus loin, qu’on porte une nouvelle ambition, et je souhaite qu’on puisse le faire en franco-allemand, car c’est très important », détaille-t-il, ajoutant que « dans tout couple, il faut assumer d’avoir des désaccords ».
    « Le rôle de la France, c’est de proposer, d’avoir une ambition européenne, d’œuvrer à chaque fois qu’elle le peut au compromis européen, mais jamais d’avoir peur d’affirmer sa voix même quand elle est minoritaire », conclut-il.

    «Je me fiche de la prochaine élection»

    Emmanuel Macron sera-t-il candidat en 2022 ? « J’assume d’avoir un agenda qui dépasse l’horizon de ce mandat. La question est récurrente, connue, traditionnelle. La réponse est généralement traditionnelle, convenue », commence le président. Avant d’hésiter quelques secondes, sourire aux lèvres. « Si c’était mon obsession, je chercherais à avoir une stratégie pour améliorer mon chiffre. Au moment où je vous parle, ce serait le meilleur moyen d’échouer. Ce serait indécent de parler de ça. Je me fiche de la prochaine élection. Je veux réussir furieusement, passionnément. Je veux assumer de prendre d’autres décisions impopulaires. Pour réussir, je devrais prendre des risques. Je veux réussir ce mandat, je veux que notre pays réussisse car je l’aime plus que tout. Aujourd’hui, ça n’est pas du tout mon sujet », poursuit-il. Et d’ajouter : « Il y a cinq ans, ce n’était pas non plus mon sujet ».

    Fermeture de l’ENA confirmée

    Interrogé par un journaliste de l’AFP, Emmanuel Macron confirme vouloir supprimer l’ENA pour « bâtir quelque chose qui fonctionne mieux ». « Il faudra garder les locaux, les gens qui y travaillent mais je ne crois pas sur ce sujet au rafistolage », explique-t-il, affirmant ne pas vouloir mener sa réforme à moitié.

    Emmanuel Macron ne regrette pas d’avoir embauché Alexandre Benalla à l’Élysée

    Interrogé sur le cas Alexandre Benalla, Emmanuel Macron s’exprime : « Au moment où j’ai été élu, ce garçon avait vraiment du talent », assure-t-il. « Est-ce que je regrette de l’avoir embauché à l’Elysée ? Non. Je pense que c’était extrêmement cohérent avec les valeurs que je porte. C’est sans doute pour ça que je lui veux encore plus », ajoute-t-il.
    Mais l’ex-chargé de mission de l’Élysée « a droit à la présomption d’innocence, comme tout citoyen, quoique n’ayant jamais été protégé par l’Élysée. Il n’a pas donné une bonne image. Il n’a pas été protégé ». Encore une fois, le président s’arrête et hésite. « Je ne regrette pas les choix faits à d’autres moments car je ne savais pas tout. Quand vous choisissez d’employer quelqu’un, il y a une part de risque. On en a sans doute fait beaucoup sur cette affaire, peut-être trop », conclut-il.

    Emmanuel Macron confirme la fermeture de France Ô

    Le chef de l’État est désormais interrogé sur sa volonté de fermer la chaîne de télévision publique consacrée à l’Outre-mer France Ô. Si le président de la République s’est dit « très attaché » à l’Outre-mer, et a dit vouloir une « politique ambitieuse » dans ces territoires, il a confirmé la fermeture de cette chaîne.

    « Je pense aussi qu’il faut qu’on soit moins hypocrite. Il y a des chaînes pour chaque territoire d’Outre-mer. Avoir en plus une chaîne nationale sur les Outre-mer, ce n’est pas utile. En revanche, je serai extrêmement vigilant sur les engagements pris de représentation de l’Outre-mer sur les grandes chaînes de France Télévisions », a-t-il dit.

     

     

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