France – Turquie : l’influence du Président Erdogan sur l’enseignement

France – Turquie : l’influence du Président Erdogan sur l’enseignement

Alors que le pouvoir turc se félicite de l’annulation des élections municipales, perdue par l’AKP, à Istanbul, d’autres évènements sont passés plus inaperçus comme un renforcement de l’emprise des autorités sur le système éducatif et notamment sur l’important réseau français dans le pays.

L’hebdomadaire Le Point a révélé que les autorités ont rendu des visites qualifiées de « modérément courtoises ». L’objectif étant de vérifier la légalité de la scolarisation des enfants turcs. Le réseau français, en effet, accueille, outre les enfants des expatriés, de très nombreux enfants de l’élite du pays.

Une communauté française réduite – Un réseau d’enseignement d’excellence

Les Français de Turquie constituent la 4ème communauté étrangère parmi les occidentaux, mais avec seulement environ 11 000 membres, il s’agit tout de même d’une diaspora assez peu importante. Principalement installés dans les grandes villes, ils sont pour l’immense majorité des cadres travaillant dans l’industrie tertiaire et leurs familles.

Le réseau d’enseignement français en Turquie est en revanche très développé. Outre le Lycée Pierre Loti, membre de l’AEFE et qui accueille chaque année plus de 1300 élèves, Istanbul compte 7 autres établissements français, principalement d’inspiration chrétienne.

Ankara compte deux établissements dont l’important Lycée Charles de Gaulle et Izmir dispose de 2 lycées également.

Une présence importante donc, dans un pays qui n’a pas de liens avec la francophonie, et qui s’explique en partie par l’excellente réputation de l’enseignement français dans le pays. Un enseignement qui craint donc désormais de devoir adapter ses programmes aux ambitions, souvent politiques et idéologiques, du régime au pouvoir.

Une diaspora turque sous influence en France ?

La communauté turque en France, quant à elle, est discrète mais compte environ 600 000 membres. Ceux-ci disposent d’un réseau de centres culturels, notamment en Seine-Saint-Denis. A ceux-ci pourraient s’ajouter des établissements scolaires comme cela existe en Allemagne alors qu’en France, l’enseignement dans des écoles musulmanes est principalement issu de financements de l’Algérie, du Maroc et des monarchies du golfe.

Les journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot ont récemment identifié dans un ouvrage les très généreuses contributions de Qatar Charity à l’enseignement confessionnel en France. La Turquie pourrait dans l’avenir également jouer un rôle à cet égard, et ce alors que le régime du Président Erdogan renforce chaque jour un peu plus son emprise sur la société.

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