Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Beyrouth : fortes perturbations au Lycée franco-libanais de Verdun avec le renvoi de 49 élèves

    La tension demeure au sein du Lycée franco-libanais de Verdun à Beyrouth. 49 familles de parents ont reçu, de la part du proviseur Krop, un courrier les informant que leurs enfants « ne serons pas réinscrits dans l’établissement pour l’année 2019-2020 ». Une véritable sanction qui fait suite à un conflit qui s’éternise entre ces familles et le Lycée.

    « la porte n’est pas fermée « 

    Le journal libanais de langue française L’Orient – Le Jour indique que selon ses sources, il ne s’agit pas d’une décision irrévocable et « la porte n’est pas fermée ». L’intégration des élèves pour l’année 2019-2020 serait en revanche soumise à plusieurs conditions. Notamment, selon le journal, « signer le budget scolaire et le règlement intérieur de l’établissement », mais aussi de « retirer les recours en justice ». En cause, le conflit qui perdure entre certains parents d’élèves et la direction.

    Une institution intransigeante, un conflit portant sur les coûts

    Les parents d’élèves contestent une augmentation des frais de scolarité qui fut décidée par le Lycée. La raison de cette augmentation, l’application d’une loi libanaise entrainant une hausse des salaires. Cette hausse étant compensé par cette hausse des frais. Cette augmentation a été contesté en référé, pas moins de 7 recours pour certains parents. Cela a entrainé son gel, et une réaction en chaine avec le gel de l’augmentation des salaires et une grève du personnel.

    Le Lycée, dans un communiqué, a indiqué regretter que certaines familles n’aient « manifestement plus confiance dans l’établissement ». Il s’agit d’une crise qui a, précédemment, touchée également les autres établissements de la Mission laïque française au Liban. L’application de cette loi qui engendre une hausse des coûts a en effet engendré une crise dès aout 2017. Les tensions sont cependant retombées dans les autres établissements de la mission, avec des accords pour assumer l’augmentation des coûts sur une période étendue.

    Une communauté française importante, une présence éducative de premier plan

    La France et le Liban ont une proximité culturelle et même affective de longue date. L’importante communauté libanaise en France et la diaspora française et franco-libanaise au Liban sont un élément essentiel de cette relation particulière. La France a toujours été attentive à la question libanaise, notamment lors de l’assassinat du Premier Ministre Rafic Hariri ou les tensions entre son fils, également Premier Ministre, et l’Arabie Saoudite quelques années plus tard.

    Outre les 5 établissements de la Mission Laïque, l’enseignement francophone compte également la très prestigieuse Université Saint-Joseph, université catholique trilingue qui compte parmi les meilleures du Moyen-Orient. L’influence passant par l’enseignement, il est à souhaiter que cette situation de tensions trouve un terme rapidement.

  • La Chine tente de rassurer l’UE sur ses projets d’infrastructure

    La Chine tente de rassurer l’UE sur ses projets d’infrastructure

    « La coopération sur la nouvelle route de la soie entre dans une nouvelle phase », a promis l’ambassadeur chinois auprès de l’UE, qui regrette les réticences européennes face à ce grand projet d’infrastructure.

    « L’idée est de construire un partenariat mondial sur la connectivité », grâce aux « synergies » entre l’initiative de nouvelle route de la soie, « Belt and road », et d’autres projets d’infrastructure, a indiqué Zhang Ming, l’ambassadeur de la Chine auprès de l’UE, lors d’un sommet d’affaires à Bruxelles.

    Dans une intervention censée apaiser les craintes européennes face aux ambitions titanesques de l’initiative, l’ambassadeur a promis un projet plus ouvert, plus vert et plus exigeant. Pékin souhaite en effet que l’UE lui emboîte le pas. « Nous nous féliciterions de voir davantage de pays européens s’impliquer dans la coopération de l’IBR, individuellement ou en tant que bloc », a-t-il souligné.

    Certains États membres, dont la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Grèce, le Portugal et l’Italie se sont déjà joints à l’aventure. L’Union a cependant refusé de s’engager dans le projet, lancé il y a cinq ans.

    « Nous avons des désaccords, mais l’UE et la Chine font face à des défis communs et à de grandes opportunités », a plaidé Zhang Ming, reprenant les mots de Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission, qui a représenté l’UE lors du dernier sommet sur la nouvelle route de la soie.

    Le Chinois a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération sur la connectivité, malgré les réticences de certains États. « La question n’est pas ‘oui ou non’, mais ‘comment’. Il est temps de faire avancer les choses. »

    Anti-protectionnisme

    Sans faire de référence explicite aux États-Unis, les représentants chinois ont clairement orienté l’initiative vers un soutien au multilatéralisme et  la lutte contre le protectionnisme.

    « Alors que nous sommes aux prises avec les difficultés de l’unilatéralisme et du protectionnisme, l’IBR fournit un bel espace d’échange », estime Zhai Dongsheng, qui dirige le centre de promotion du projet.

    « Avec leur engagement partagé pour le multilatéralisme, l’UE et la Chine doivent renforcer leur coopération sur la gouvernance mondiale. La Chine et l’UE doivent rejeter ensemble l’unilatéralisme et le protectionnisme pour préserver l’OMC », a renchéri Zhang Ming. L’ambassadeur souhaite plus de coopération dans les domaines de la science et de l’innovation, de l’économie circulaire, du commerce en ligne et des normes et règles.

    « L’UE est une pionnière de la régulation, et la Chine a beaucoup de choses utiles à apprendre de ses amis européens », assure-t-il. « Il est dans notre intérêt à tous d’agir ensemble. »

    Scepticisme européen

    BusinessEurope, la principale association d’entreprises européenne, est sceptique quant aux promesses de transparence et de réglementation chinoises. « Nous voulons le voir pour le croire », indique Luisa Santos, directrice des relations internationales de l’organisation.

    La Chine n’est plus une puissance émergente, mais un vrai leader économique. Or, cette position doit s’accompagner de responsabilités, insiste-t-elle. « Nous ne comprenons pas encore l’objectif [de l’initiative] Favoriser le commerce ? Les régions en développement ? Du point de vue de l’UE, ce n’est pas clair. »

    Quelques entreprises européennes ont bien décidé de s’engager dans des projets liés à l’IRB, mais il n’y a pas d’approche commune des entreprises. Pour Luisa Santos, les autorités chinoises devront mettre en place plus de transparence et d’ouverture avant de les convaincre.

    « Nous ne voulons pas que le projet ne bénéficie qu’à un petit nombre, mais au plus grand nombre possible, et pas seulement aux Européens », a-t-elle déclaré, exprimant des préoccupations particulières concernant l’accès aux marchés publics chinois. « Il est essentiel que nous comprenions les conditions des marchés publics, que les règles s’appliquent de la même manière à tous […] Nous assistons à un rééquilibrage des relations [entre l’UE et la Chine], mais nous avons encore besoin de quelques corrections. »

    Beatriz Rios

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • L’économie libérale défié par les oligopoles

    L’économie libérale défié par les oligopoles

    L’économie dite libérale s’est construite autour du principe de la libre concurrence. La croissance serait la conséquence d’une émulation permanente entre les agents économiques. La fermeture des marchés, les situations de monopole aboutissent à la constitution de rente qui ne permettent pas une bonne allocation des ressources, ni une diffusion optimale des gains de productivité et moins encore une croissance pérenne. L’absence de concurrence réduit l’intérêt à investir, à innover et à prendre des risques. Les monopoles ont tendance à vouloir préserver les revenus de leurs actionnaires à travers la distribution de dividendes ou à travers des rachats d’actions. Les libéraux estiment que des bénéfices excessifs sont la preuve d’un dysfonctionnement, d’un marché insuffisamment concurrentiel.

    Le bénéfice, selon la théorie libérale, doit tendre vers zéro. Il ne peut être que temporaire.

    Depuis la première révolution industrielle à compter de 1750, le combat contre les tentations monopolistiques est permanent. La première loi Antitrust date de 1890 aux États-Unis (Loi Sherman du nom d’un sénateur américain). Elle fut complétée par le Clayton Act et le Federal Trade Commission Act en 1914. L’application des lois antitrust abouti à l’éclatement de la Standard Oil de John Rockefeller en 30 sociétés. En 1974, ATT, l’opérateur de télécommunications, est contraint de se scinder en sept sociétés. D’autres secteurs ont été visés par des procédures antitrust comme ceux du sucre, de la sidérurgie, des cartes de paiement bancaire.

    Au sein de l’Union européenne, le droit de la concurrence relève de la Commission qui est accusée d’être soit trop rigoureuse (refus de la fusion Siemens Alstom) ou trop laxiste (à l’encontre par exemple des GAFA).

    Avec la mondialisation et la digitalisation, l’économie mondiale connaît un processus de concentration de plus en plus important. Les indices mesurant la concentration des marchés ont augmenté de plus de 20 points en vingt-cinq ans. Les situations de monopole sont fortes pour la production d’acier, d’aluminium ou d’avions. Quelques entreprises réalisent plus de 70 % de la production mondiale. Cette concentration est également marquée dans le secteur informatique. Les GAFA sont en position dominante sauf en Chine où des entreprises nationales captent les parts de marché de manière tout aussi monopolistique. La mondialisation a favorisé l’émergence de grands groupes ou a conforté ceux qui étaient déjà de taille internationale. Une production éclatée à l’échelle de la planète suppose une implantation internationale et une forte maîtrise des flux. Les barrières à l’entrée sont importantes. Il est très difficile pour une entreprise naissante ou de taille réduite de s’imposer à l’échelle internationale.

    Certes, les start-ups devenues les GAFA prouvent l’inverse. Leur modèle repose sur le principe que le premier prend l’ensemble du marché. Leur succès s’explique par la conquête rapide de parts de marché et par l’élimination des concurrents. Amazon en étant en situation de proposer un très grand nombre de références sur l’ensemble de la planète met en difficulté les distributeurs nationaux. Cette entreprise a perdu durant des années de l’argent sur la vente des produits mais en gagnait en louant ses capacités informatiques.

    Les entreprises en situation de monopole ou d’oligopole, qu’elles soient technologiques ou non, ont tendance à privilégier la hausse de leurs marges bénéficiaires et à réduire leurs investissements. Ainsi, aux États-Unis, le taux d’investissement des entreprises est plus faible en 2018 qu’il ne l’était avant l’an 2000. Les gains de productivité ont été en un quart de siècle divisés par deux. La réglementation de plus en plus lourde rend plus complexe l’immixtion de concurrents. En outre, les entreprises ont tendance à adopter des codes de bonne conduite. Elles évitent de débaucher le personnel de leurs concurrents tant pour éviter une inflation des salaires que par crainte de mesures de rétorsion. Même si les autorités tentent de démasquer les ententes commerciales, ces dernières sont de plus en plus nombreuses. Elles peuvent être explicites ou implicites. Considérant que les gains de productivité sont faibles et que le marché ne s’accroît que faiblement, les entreprises privilégient le maintien de leur chiffre d’affaires et ne s’engagent sur le terrain de la conquête qu’avec prudence.

    Après l’échec des procédures contre IBM dans les années 1970 et Microsoft dans les années 1990, les autorités semblent être démunies vis-à-vis des monopoles ou des oligopoles. Leur force économique et leur lobbying sont tels que les pouvoirs publics sont bien souvent amenés à les défendre sur la scène internationale. Ainsi, si Amazon suscite de lourdes critiques en mettant en difficulté des enseignes de la grande distribution, les collectivités publiques se battent pour accueillir sur leur territoire ses centres logistiques générateurs de centaines d’emplois. La compétition accrue avec les pays émergents conduit à un degré d’acceptabilité plus élevé en matière de concentration. La Chine, du fait de son poids démographique et de son capitalisme nationaliste, incite les États occidentaux à favoriser le développement de champions internationaux ayant à prendre des positions dominantes sur leurs marchés. Il en est ainsi dans les transports, l’agroalimentaire, l’énergie, les entreprises minières, la sidérurgie, l’informatique. Même le luxe n’échappe pas à la règle avec la constitution de très grands groupes (comme LVMH et Kering) qui ont acheté de très nombreuses marques.

  • Cannes 2019 : Les 60 ans du Marché International du Film

    Cannes 2019 : Les 60 ans du Marché International du Film

    En retraçant l’histoire du Marché du Film de ses débuts à aujourd’hui, on comprend la place majeur de ce dernier pour le Festival International du Film. Célébrer les 60 ans du Marché du Film qui est devenu, au fil de ses éditions, un atout majeur de la manifestation cannoise apparait comme naturel à votre serviteur, né à Cannes, et petit neveu de l’ancien Directeur des Média pour le Festival pendant plus de 20 ans, Paul Ceuzin.

     Les prémices : un Marché informel

    Dès la première édition du Festival de Cannes en 1946, les représentants des maisons de production y sont invités. Lors des premières années, aucun espace ne leur est réservé, ils se réunissent dans des salles de cinéma de la rue d’Antibes louées pour l’occasion. Ces professionnels se rencontrent et nouent les premiers liens de collaboration afin d’organiser la vente et l’acquisition des droits cinématographiques.

    Robert Favre Le Bret, Délégué Général du Festival, soumet, dès 1950, l’idée d’incorporer ce marché informel et parallèle dans l’organisation de la manifestation. Le Comité du Festival rejette ce projet craignant que les projections nécessaires à l’instauration du Marché aux films fassent de l’ombre à celles du Festival. De plus, il considère que le rôle du Festival est d’ordre purement culturel et artistique et ne souhaite donc pas que le Festival prenne une part directe à l’organisation de tractations économiques.

    Robert Favre Le Bret a très tôt conscience des enjeux de l’industrie du cinéma dans le développement de la manifestation. En 1953, le Règlement du Festival intègre dans son article premier, qui ne notifiait jusqu’alors que les dates de la manifestation, une mention très explicite sur la double mission du Festival qui « a pour objet de favoriser le développement de l’art cinématographique et les progrès de l’industrie du film dans le monde ».

     Création du Marché du Film 

    En 1959, ce marché parallèle entre représentants de l’industrie du cinéma appelé « le Festival de la rue d’Antibes » faisait parfois concurrence aux projections du Festival de Cannes. Au regard de son essor, André Malraux, Ministre de la Culture, et Robert Favre Le Bret décident d’officialiser celui-ci au sein de la manifestation cannoise.

     

    Le 1er mars 1960, le Conseil d’Administration du Festival évoque le Marché aux films qui évolue en marge du Festival. Face à la foire de Milan qui se professionnalise, le Conseil se rallie à l’idée de donner des facilités aux producteurs et acheteurs. Le Conseil décide alors de créer un bureau de liaison dans le Palais des Festivals afin d’accompagner les échanges entre les producteurs étrangers et les services des douanes, dont un représentant est également au Palais afin de faciliter l’entrée des copies des films du Marché.

    1/3

    Ce Marché débute de façon artisanale avec quelques dizaines de participants et une seule salle de projection d’une vingtaine de places, construite en bois et en toile sur le toit de l’ancien Palais.

     

    Le lancement du Marché du Film déplaît à certains, notamment des critiques de cinéma qui accusent le Festival d’être devenu « une foire aux films » qui ne s’intéresse qu’à l’aspect commercial du cinéma. Heureusement, d’autres journalistes reconnaissent dans l’essor de ce Marché aux films un axe indispensable au développement du Festival.

     

    A Cannes, comme d’usage, la presse polémique et affirme tout et son contraire.

     

    Le Rapport Moral du XIIIe Festival tire les premières conclusions de ce Marché encore peu structuré et appréhende comme « une force vive » la dimension économique de l’industrie cinématographique. La Direction du Festival ne se laisse pas impressionner par les critiques et déclare « Ce Marché constitue maintenant, qu’on le veuille ou non, un des atouts majeurs du rendez-vous de Cannes. » Robert Favre Le Bret soutient alors l’idée qu’il faut développer et mieux organiser le Marché aux films afin de répondre aux demandes des professionnels et de faire face à la concurrence de la Foire aux Films de Milan (MIFED), créée en 1960, plus structurée et aux ambitions internationales. Il souhaite que le Festival prenne une part directe à l’organisation de ce Marché « en sollicitant le concours des syndicats professionnels intéressés. »

    1/2

    En 1961, La Chambre Syndicale de la Production Cinématographique Française se propose pour organiser le Marché aux films. Robert Favre Le Bret apporte son soutien à cette initiative auprès du CNC (Centre National de la Cinématographie) et sollicite une petite subvention qui leur sera accordée. Deux membres de la Chambre Syndicale des Producteurs de Films Français, Emile Natan et Bertrand Bagge se chargent alors des questions d’organisation.

    1/5

    Après une première édition empirique en 1960, le Marché International du Film, né en 1961, suscite rapidement un vif intérêt.

     

    Le Festival de Cannes a alors atteint une renommée internationale, rapidement des associations étrangères de producteurs, distributeurs et exportateurs souhaitent que ce Marché devienne international.

    1/2

    Le Festival en créant le Marché du Film affirme son rôle dans le développement de l’industrie du film et sa place unique comme lieu de rencontre des professionnels du cinéma mondial.

    Beki Probst, qui a créé et dirigé l’EFM (European Film Market) du Festival de Berlin, et est aujourd’hui toujours présente au Marché du Film, se remémore ses premières années au Festival : « Je suis venue au Festival comme journaliste pour la première fois en 1958 mais dans les années 60 et 70, j’y venais aussi comme exploitante. J’accompagnais la délégation de distributeurs et exploitants de Suisse romande. Cette nombreuse délégation, très assidue au Marché du Film, avait des moyens financiers importants et intéressait de nombreux vendeurs de films ».

     

    Robert Favre Le Bret, interviewé par François Chalais en 1966, évoque ses souvenirs du premier Festival et l’importance grandissante du Marché du Film qui fait la force du Festival de Cannes et le rend unique.

    Une rapide expansion, une dimension internationale

    A chaque édition, le Marché du Film devient de plus en plus important ce qui incite la municipalité de Cannes à construire, dans le prolongement du Palais, une première aile permettant d’accueillir quelques stands et trois petites salles peu confortables. Cette extension, vite insuffisante, conduit la municipalité, à la fin des années 1970, à construire une seconde aile provisoire entre le Palais et « La Malmaison » permettant de disposer de quatre salles de projections, d’une salle de vérification de films et d’une salle vidéo qui commençait à se développer.

     

    Les transactions entre producteurs, exportateurs ou exploitants ne se déroulent pas uniquement dans le Palais. Les bars, les restaurants, les palaces et les plages deviennent des lieux propices aux négociations.

     

    Alain Vannier, Président d’Orly Films, Producteur et exportateur de films, fréquente le Marché du Film depuis 60 ans. « Mon premier Festival, 1959 ! J’y ai fait un aller-retour pour apporter la copie d’Hiroshima mon amour d’Alain Resnais car la projection d’un film russe avait été annulée. A l’époque, le Marché du Film, dont c’était les balbutiements, se tenait essentiellement entre l’ancien Palais des Festivals et le Carlton dont le bar était, entre 11h00 et 13h00, le point de rencontre où l’on parlait affaires. Le Blue Bar, autre endroit mythique, était également un lieu de rendez-vous. Nous nous retrouvions aussi sur les plages, nous savions où allez pour savoir qui rencontrer. Au Carlton, les grands producteurs, les américains, les anglais et les bureaux du Film Français. Au Majestic, les industries techniques et au Martinez, les italiens ! Nous louions des salles rue d’Antibes pour montrer les films. J’y ai connu des soirées très mouvementées, comme en 1973 à la sortie du film La grande bouffe de Marco Ferreri, j’étais l’exportateur du film à l’étranger. Le Marché était alors fait de bric et de broc mais il était aussi beaucoup plus festif. »

     

    Jacques-Eric Strauss, également producteur et vendeur de films français à l’étranger, témoigne de ses premières années au Marché du Film « Au début des années 60, le Marché était beaucoup plus décontracté, on se voyait pour discuter affaires dans les hôtels pendant le déjeuner ou sur les plages. Le Marché se passait autour du Palais Croisette et rue d’Antibes où les films étaient projetés dans les cinémas de la ville. Il n’y avait que des affiches de films sur toute la Croisette. Dans les années 70, je vendais à l’étranger mes propres productions, l’ambiance du Marché était alors très conviviale. »

     

    L’attention du Festival pour améliorer l’organisation du Marché du Film sera constante.

     

    Des projections sont organisées dans les salles de cinéma de Cannes. Les infrastructures, le nombre de salles, l’espace pour les stands… s’adaptent peu à peu à l’expansion du Marché, devenu un rendez-vous annuel capital pour les professionnels du monde entier. Le Marché ne cesse de voir progresser le nombre de participants, de pays et de projections.

  • François-Xavier Bellamy à la rencontre des Français de l’étranger

    C’est sous un format inédit que Les Républicains ont organisé une rencontre entre François-Xavier Bellamy, tête de liste aux européennes, et les Français de l’étranger. C’est en effet par vidéoconférence que M. Bellamy a échangé durant une heure avec des Français de 12 sections LR à travers le monde, du Liban à l’Argentine en passant par le Portugal et la Belgique.

    « l’élection européenne sera la première étape de la reconquête ».

    Une rencontre vaste donc, qui montre l’étendue du réseau du parti de droite, avec notamment ses nombreux élus consulaires, mais avec un public parfois clairsemé, qui rappelle que la droite ne s’est pas encore entièrement remise de la défaite de François Fillon. Pour le délégué LR des Français de Belgique Anthony Bisch, « l’élection européenne sera la première étape de la reconquête ».

    Un refus de la simplification du scrutin à un match LREM/RN

    M. Bellamy, qui semblait enthousiaste de son échange avec les militants hors de France, a commencé par rappeler que les Français de l’étranger sont la voix de l’Hexagone à l’international, « une richesse et une chance pour notre pays » et notamment les Français du Royaume-Uni dont il a appelé à défendre les intérêts dans le contexte compliqué du Brexit.

    Un fond européen de défense et une stratégie européenne pour guérir Alzheimer

    Sur les questions européennes, il estime la France discréditée et de ce fait peu crédible sur le champ européen. Pour M.  Bellamy, la France doit se réformer pour redevenir crédible. Quant à l’Europe, il la juge trop bureaucratique, avec trop d’élargissements et une attention trop forte par la Commission portée à de nouveaux règlements et directives. Celui qui vante « l’Europe d’Airbus » souhaite faire évoluer les institutions européennes en une Europe de projets avant tout. Parmi ceux-ci, plusieurs propositions concrètes et notamment une mutualisation européenne des efforts de recherche contre par exemple la maladie d’Alzheimer et les maladies dégénératives.

    Autre proposition, concernant la politique de la défense, un fond européen de défense qui porterait une partie du poids des opérations extérieures françaises qui, aussi, protègent l’ensemble de l’UE. M. Bellamy en revanche n’est pas favorable au projet d’une armée européenne, pointant en particulier la difficulté d’avoir une crédibilité pour un chef des armées qui n’est pas un Chef d’Etat. En revanche, il souhaite une plus grande coopération avec quelques pays, en particulier le Royaume-Uni, l’Italie, et l’Allemagne.

    Protéger le réseau des Lycées français à l’étranger

    A propos des Lycées français à l’étranger, M. Bellamy a reconnu qu’il s’agit d’une question majeure pour les Français hors de France. Il a vanté l’étendue tentaculaire du réseau et son importance dans le rayonnement de la culture et de la langue française. Relayant les inquiétudes de certains parents d’élèves et organisations syndicales, concernant la baisse de moyens et le non-renouvellement de certains détachements, il a émis le souhait de la non-baisse des subventions à l’AEFE et d’une plus grande autonomie des Lycées, notamment via les conseils de gestion. Autre proposition, celle de la création d’un rectorat spécifique au réseau international.

    Un combat européen souhaité par M. Bellamy contre le salafisme

    Répondant à une question du Sénateur des Français de l’étranger Frassa, M. Bellamy a décrit l’Europe comme un « archipel de communautés » qui permet parfois à l’islamisme radical de prospérer. Rappelant la porosité des frontières européennes et l’existence d’une internationale djihadiste, il a souhaité la mise en place d’un bouclier européen contre le radicalisme, la fermeture de mosquées salafistes et l’expulsion du territoire européen d’imams incitant à la radicalisation. Il a souhaité également lutter contre les flux migratoires qu’il estime incontrôlés et que la répartition des quotas de migrants ne fonctionne pas.

    M. Bellamy a par ailleurs assuré son regret que les racines de l’Europe, gréco-romaine, judéo-chrétienne et des lumières, ne soient inscrites dans les traités européens.

    Le libre-échange, un outil en cas de réciprocité

    M. Bellamy est par ailleurs revenu sur la question du libre-échange. Il considère que les accords de libre-echange peuvent être bénéfiques à partir du moment où une réciprocité équitable est assurée et où l’on s’assure qu’ils sont positifs pour l’économie française et européenne. Il pointé ainsi une faiblesse et une inquiétude, faiblesse de la réciprocité donc pour certaines relations bilatérales en particulier avec les Etats-Unis et la Chine, et une inquiétude pour l’agriculture française en cas d’accord avec les pays du MERCOSUR.

    M. Bellamy a conclu cet échange avec une invitation aux Français hors de France à participer massivement au scrutin, ce qui n’est généralement pas le cas. Les différentes formations ont désormais moins de deux semaines pour convaincre.

  • Uniformisation fiscale et sociale en UE après les élections ?

    La campagne des élections européennes arrive dans sa dernière ligne droite. A moins de deux semaines du scrutin, qui traditionnellement ne mobilise pas les foules, les différentes écuries cherchent à enthousiasmer leur électorat.

    Si les Français de l’étranger sont quelque peu oubliés, le seul candidat sur la liste Renaissance est 40ème, une position non éligible, plusieurs problématiques sont également curieusement peu présentes.

    Parmi celles-ci, la question notamment de la fiscalité, cependant quelques idées ont été inscrites en catimini dans les programmes. Tour d’horizon 

    La coopération européenne au cœur du programme de la liste  Renaissance

    Si la liste représentant les soutiens d’Emmanuel Macron met particulièrement l’accent sur la transition écologique avec notamment la présence de Pascal Canfin, elle a également quelques propositions concernant la fiscalité. La récente rencontre entre Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg rappelle sa volonté d’échanger avec des entreprises souvent accusées de pratiquer une optimisation fiscale outrancière.

    L’Europe n’est pas, sur cette question, à l’unisson, l’Irlande notamment usant de la non-uniformité de l’UE pour attirer les géants du web.

    la liste Renaissance souhaite, comment cela se met en place en France, une taxe GAFA au niveau européen qui épargnerait les start-up.

    Parmi les autres propositions de la liste Renaissance, l’instauration d’un SMIC européen. Une proposition qui fait polémique mais qui vise à contourner le cas des travailleurs détachés.

    En effet, le Smic ne représente pas la même chose pour tous les citoyens européens. Au sein de l’Union européenne (UE), le salaire minimum varie fortement. Ainsi, en 2019, il oscille entre 286,33 euros brut par mois en Bulgarie et 2 071,10 euros au Luxembourg selon les données d’Eurostat. Mais en tenant compte du niveau de vie, le fossé est évidemment moindre.

    Dans seulement huit pays (en France, en Allemagne, au Benelux et dans les îles britanniques), le Smic mensuel dépasse 1 000 euros. Si le salaire minimum luxembourgeois reste bien au-dessus des autres, les Smic de Belgique, des Pays-Bas, d’Irlande, d’Allemagne et de France se tiennent dans une fourchette d’une centaine d’euros.

    Le montant du Smic dans l’Union européenne  en 2018
    Pays Smic mensuel brut
    Source : Eurostat
    Allemagne 1 557 €
    Belgique 1 593,81 €
    Bulgarie 286,33 €
    Croatie 505,90 €
    Espagne 1 050 €
    Estonie 540 €
    France 1 521,22 €
    Grèce 683,76 €
    Hongrie 464,20 €
    Irlande 1 656,20 €
    Lettonie 430 €
    Lituanie 555 €
    Luxembourg 2 071,10 €
    Malte 757,64 €
    Pays-Bas 1 615,80 €
    Pologne 523,09 €
    Portugal 700 €
    République tchèque 518,97 €
    Roumanie 446,02 €
    Royaume-Uni 1453,28 €
    Slovaquie 520 €
    Slovénie 886,63 €

    La taxation des entreprises et des grandes fortunes, solution proposée par la gauche

    Manon Aubry, tête de liste La France Insoumise, est une spécialiste de la lutte contre l’optimisation et l’évasion fiscale. La taxation des grandes entreprises et des grandes fortunes est au cœur naturellement de son programme, tout comme dans les programmes de Raphaël Glucksmann (PS/ Place Publique) et du Parti communiste. Il désire s’appuer sur un hypothétique budget européen comme il l’a expliqué à nos confrères du Nouvel Obs

     « budget européen pour le climat et la biodiversité de 500 milliards d’euros sur les cinq prochaines années, financés notamment par un impôt européen sur les bénéfices des sociétés ».

    Ce budget, imagine-t-il, permettra de financer « un plan ambitieux de rénovation des logements et des bâtiments publics et privés » qui, d’après eux, réduira les émissions de gaz à effet de serre et pourra faire économiser 1 000 euros par an de chauffage aux ménages.

    Cependant Aujourd’hui, l’Union Européenne n’a pas la compétence fiscale pour lever un impôt. Cette compétence n’existe pas au niveau de l’Union Européenne. Ce sont les Etats membres qui ont la réalité de l’imposition. Il ne faut pas mentir à la population. Bien sûr qu’on doit faire contribuer ceux qui ont les épaules les plus larges dans notre société, en les incitant aussi à investir dans des projets de lutte contre le réchauffement climatique, des projets de PME. S’ils ne réinvestissent pas au niveau de l’Union Européenne, il doit y avoir une taxation. Les partis de Gauche imaginent de faire en sorte que chacun contribue, sous la pression de la taxation des entreprises, à l’emploi dans les territoires et peut-être ainsi se dégagera des projets qui créeront de l’emploi pour tout le monde.

    Les écologistes, eux, souhaitent avant tout l’instauration d’une fiscalité écologique qui serait relativement indolore pour les particuliers mais qu’il frapperait fortement les grands groupes.

    Les Republicains dénoncent un matraquage fiscal et social

    Sans surprise, les Républicains tout comme le Rassemblement National, dénoncent la politique et le programme du parti présidentiel.

    François Xavier Bellamy, lors d’un échange avec les Français de l’étranger, a fustigé un projet de budget de la zone euro qui, selon lui, apporterait de nouvelles taxes.

    Car pour lui, la priorité est aux problèmes de dumping à l’intérieur de l’UE, il considère comme une fiction l’idée un SMIC européen. Les Républicains prennent donc de faire payer aux travailleurs détachés les cotisations sociales du pays dans lequel ils travaillent. Ce grand retour en arrière, pourtant anti-concurrence et anti-libéral repose sur une vision d’une concurrence déloyale, comme dans le transport routier ou encore en traitant les taux d’impôt sur les sociétés anormalement faibles pratiqués par certains Etats (notamment l’Irlande). Les Républicains veulent que l’UE considère ces dispositif comme des aides d’Etat illégales.

    Pour eux, la fiscalité reste très largement une compétence nationale. Républicains, euro-sceptique??

  • Tour d’horizon des zones considérées comme dangereuses par le Quai d’Orsay

    À l’instar de la zone transfrontalière entre le Bénin et le Burkina Faso, où les deux otages Français libérés avaient été enlevés au début du mois de mai, des zones à travers le monde font l’objet d’alertes spécifiques de la part des services diplomatiques.

    Ce samedi matin sur Europe 1, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déploré les « risques majeurs » pris par les otages français capturés au début du mois au Bénin et libérés vendredi au Burkina Faso lors d’une opération militaire soldée par le décès de deux commandos marine. Selon lui, les deux otages ont été capturés le 1er mai dans une «zone rouge » au nord du Bénin, mais il semble toutefois que cette zone n’était pas classée en risque maximal au début de leur séjour.

    Le Quai d’Orsay met en effet régulièrement à jour des conseils aux voyageurs français, indiquant des zones sûres et des zones plus à risques. Etat des lieux en ce mois de mai 2019.

    L’Eurasie

    -

    /diplomatie.gouv.fr Sans surprise, l’Europe occidentale, et l’intégralité des Etats membres de l’UE sont en vigilance normale. Une « grande prudence » est recommandée en Ukraine, la Crimée est fortement déconseillée et la ligne de front avec la Russie formellement déconseillée. En rouge donc. L’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan sont tous en vigilance renforcée, et les zones frontalières avec la Russie sont également à exclure. Même situation pour la Turquie, en vigilance renforcée mais dont la frontière syrienne est évidemment « formellement déconseillée ».

    L’Afrique du Nord et le moyen-Orient

    -

    /diplomatie.gouv.fr Rares sont les zones jugées apaisées en Afrique du Nord. Les deux tiers nord du Maroc sont la seule zone verte dans la région. La frontière mauritanienne, tout le pourtour de l’Algérie, l’intégralité de la Libye, la rive occidentale du Nil et le Sinaï, en Égypte, sont des zones où les déplacements sont « formellement déconseillés ». Au Moyen Orient, le Yémen, la Syrie, l’Irak et le sud de l’Iran sont également en zone rouge en raison de conflits. Seuls le Koweït, le Qatar, les Émirats, et le sultanat d’Oman sont considérés comme des destinations sécurisées.

    L’Afrique

    -

    /diplomatie.gouv.fr Aucun pays d’Afrique (mis à part le nord du Maroc, donc), n’est en zone « normale » selon le Quai d’Orsay. Les zones à risques majeurs sont toutefois concentrées au centre du continent, au Mali, au Niger, au Nigeria, au Tchad, en République Centrafricaine, au Soudan et en Somalie. Et le Bénin alors ? La zone frontalière avec le Burkina Faso, où les deux Français ont été enlevés, est effectivement classée en zone rouge. La fiche du pays indique qu’« en raison d’activités possibles de groupes armés et du risque d’enlèvement, il est formellement déconseillé de se rendre dans les zones frontalières du Burkina Faso, y compris les parcs nationaux de la Pendjari et du W, et les zones cynégétiques mitoyennes du parc de la Pendjari et de l’Atakora. »

    L’Asie orientale et l’Océanie

    -

    /diplomatie.gouv.fr L’Afghanistan, le Pakistan, la région du Cachemire, l’Est de l’Inde et le sud des Philippines sont également classées en zone rouge. À titre de comparaison, le Timor oriental et la Corée du Nord sont en orange, un cran en dessous en termes de dangerosité.

    Les Amériques

    -

    /diplomatie.gouv.fr Du côté des Amériques, les Etats-Unis, et le Canada sont sans surprise des destinations sans risque. Le Mexique est divisé en confettis de zones à trois degrés de risques différents. Idem, plus au sud, pour le Venezuela et la Colombie. En Amérique du Sud, seuls l’Argentine et le Paraguay ne présentent aucun souci de sécurité particulier.

  • Bénin : le parc de la Pendjari n’était pas classé «en zone rouge»

    Les deux ex-otages français, libérés par une opération militaire qui a coûté la vie à deux soldats au Burkina-Faso, sont aujourd’hui critiqués pour leur imprudence. Pourtant, peu de temps avant leur enlèvement, la zone du parc de la Pendjari n’était pas ciblée comme dangereuse par le Quai d’Orsay.

    Les ex-otages ont-ils été imprudents en se rendant dans le parc de la Pendjari dans le nord du Bénin ? Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, nous répond par l’affirmative ainsi que sur Europe 1, ce samedi : « La zone où étaient nos compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c’est-à-dire une zone où il ne faut pas aller, où on prend des risques majeurs en allant ».

    Mais les archives du site du Quai d’Orsay disent le contraire. Certes, ce secteur est aujourd’hui bel et bien rouge vif sur la carte censée informer les touristes quant à leurs déplacements, mais depuis fort peu de temps.

    -

    La carte du Quai d’Orsay datée du 27 avril puis celle actualisée, avec le parc entouré en noir. /Quai d’Orsay D’après nos recherches, le 27 avril, soit trois jours avant l’enlèvement des deux enseignants français, les « conseils aux voyageurs » ne mentionnaient pas le parc de la Pendjari, où ils ont été enlevés, comme zone à éviter. Seul le parc W, situé bien plus au nord-est, était englobé par la zone rouge de la carte du Quai d’Orsay. Depuis la prise d’otages, sur le site www.diplomatie.gouv.fr, le message a été réactualisé. « Une large part du parc de la Pendjari et une importante zone du nord du Bénin sont déconseillées sauf raison impérative. Ce niveau de vigilance est incompatible avec les activités touristiques », est-il précisé. Joint sur ce point ce samedi, le ministère des Affaires étrangères n’a pas répondu à notre sollicitation.

    «Le Bénin est un territoire difficile à sécuriser»

    « Que l’on soit bien clair. Dans certaines zones de l’Afrique subsaharienne, le touriste constitue une valeur marchande, un coffre-fort ambulant, soutient Didier Arino, directeur du cabinet spécialiste des études et du conseil dans le secteur du tourisme, Protourisme. Qui plus est, le Bénin est un territoire immense, difficile à sécuriser et qui a des frontières avec le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria et le Togo où le risque terroriste est réel. Mais vous aurez toujours des passionnés de l’Afrique qui vous diront que le risque est partout. » Et d’ajouter : « Ils n’ont pas tort. Le risque était là, à Saint-Denis, en 2015, aux abords du Stade de France où se jouait un match de football, il était là aussi, la même année, sur une plage de Tunisie où un homme a semé la mort avec un fusil-mitrailleur… »

    Il ne condamne donc pas les deux Français, libérés par l’opération militaire qui a coûté la vie à deux soldats français, et qui font aujourd’hui l’objet de critiques acerbes, notamment sur les réseaux sociaux. « Ils étaient dans un parc national avec un guide (NDLR, qui a été tué lors de l’enlèvement). Ils ne sont pas partis à l’aventure sur les routes, comme des têtes brûlées. Toutefois, si vous êtes actuellement à la recherche de paysages sensationnels en Afrique, je conseillerai plutôt un pays plus calme comme la Tanzanie », précise l’expert. En 2017, un peu plus de 280 000 touristes s’étaient rendus au Bénin. Un chiffre qui était en progression. Ce pays de l’Afrique de l’Ouest ne tire toutefois que 0,7 % de son PIB du secteur du tourisme.

    « J’ai toujours rêvé d’aller dans ce parc de la Pendjari, mais ma belle-famille qui vit dans le pays m’a toujours interdit formellement de le faire », témoigne Eric, marié à une Béninoise. Pour quelle raison ? « C’est un lieu de passage pour les terroristes qui viennent du sud Niger, explique l’AFP. Les Béninois ne vous le diront jamais officiellement mais la dangerosité de ce secteur est très connue des locaux. »

  • Gilets Jaunes : Dernier acte ? – VIDEO

    Après bientôt six mois de mobilisation, le mouvement des « gilets jaunes » semble s’essouffler avec un acte 26 qui peine à mobiliser, même à Lyon ou Nantes censés être les épicentres nationaux du jour.

    A Lyon ou Nantes, les cortèges ont réuni moins de 2.500 personnes chaque fois selon l’AFP et des sources sécuritaires, dans une ambiance qui s’est rapidement tendue.

    A Nantes, où Maxime Nicolle dit « Fly Rider » avait fait le déplacement, une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC) a été la cible de jets de projectiles par des manifestants, conduisant à une intervention des forces de l’ordre et des tirs de LBD.

    Un journaliste reporter d’images (JRI) de la chaîne d’information CNews a dit avoir été touché par un tir de LBD au niveau du bas ventre, assurant toutefois aller « bien », sa « ceinture abdominale ayant permis d’atténuer le choc ».

    A Lyon, la gendarmerie mobile et les CRS, qui encadraient de très près la tête du cortège, étaient l’objet de jets de bouteilles, pierres ou pétards. Ils ripostaient par de nombreux tirs de gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de l’AFP.

    Ailleurs en France, ils étaient plusieurs centaines à Paris ou Toulouse, 1.300 à Montpellier selon la préfecture. A Bordeaux, longtemps bastion du mouvement, la manifestation est passé sous le cap des 1.000 participants avec 700 personnes recensées par la préfecture.

    Et les premiers chiffres du ministère de l’Intérieur, systématiquement contestés par les « gilets jaunes », confirmaient un repli. A 14H00, ils étaient 2.700 à manifester en France, dont 600 à Paris, selon la place Beauvau; contre 3.600 manifestants dont 1.000 à Paris le 4 mai à la même heure.

    L’acte 25 avait été le moins suivi depuis le début du mouvement le 17 novembre puisqu’il avait réuni moins de 19.000 manifestants dans l’Hexagone selon les autorités, plus de 40.000 pour les organisateurs. Des chiffres bien inférieurs à ceux du 1er mai ou de la mobilisation des fonctionnaires jeudi.

    « Tant en nombre qu’en motivation, ça n’a rien à voir avec les manifs du début, ça a marché un temps mais il y a de la lassitude. Aussi, beaucoup de gens ont peur des violences policières », reconnaît Mo, un Bordelais de 32 ans et militant La France Insoumise.

    « Il va falloir repartir sur les rond-points et penser à d’autres actions. Cet été, on pourrait peut-être aller sur les parkings des plages », propose-t-il.

    « Je commence à penser que ça ne sert à rien », soupire à Paris Christine Sawicki, 51 ans, comptable.

    Pour elle, Emmanuel Macron « ne prend pas les bonnes décisions. La baisse des impôts en 2020 alors que l’ISF il l’a supprimé tout de suite. J’aimerais une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité. Et qu il supprime le CICE », réclame-t-elle, se demandant aussi « comment frapper économiquement le pays ».

    – « Ca va, ça vient » –

    D’autres ne voulaient pas croire à un déclin. « Ca va, ça vient, ça dépend des jours », assure Laurence, 57 ans, à Paris.

    « Il y a eu un bel éveil des consciences. Il y a de plus en plus de gens qui nous rejoignent et qui comprennent que le +gilet jaune+ c’est pas une idéologie politique ou terroriste et que en-dessous il y a des citoyens et que les revendications qu’on apporte sont des revendications citoyennes », veut croire Jérôme Rodrigues, depuis Lyon.

    Et il promet que si Emmanuel Macron « ne veut pas nous écouter, on continuera jusqu’à ce qu’il nous entende, quitte à lui foutre en l’air son quinquennat ».

    A Paris, la manifestation, dans le calme, avait été placée sous le signe du « soutien aux enseignants » et contre la loi Blanquer.

    L’accès aux Champs-Élysées avait été fermé au sein d’un périmètre d’interdiction comprenant le palais présidentiel et l’Assemblée nationale, de même que le secteur de Notre-Dame.

    A Lyon, Lille, Dijon, Toulouse ou Orléans, les autorités avaient également mis en place des zones interdites aux manifestations.

    Enfin, à Strasbourg, ils étaient une soixantaine aux abords du meeting de LREM au Palais de la musique et des congrès avec sur une banderole bleu-blanc-rouge le slogan: « Vivre pas survivre, justice fiscale ».

  • Un Français de Bahreïn au chevet des banlieues françaises

    Arnaud lacheret est l’ex-chef de cabinet d’Alexandre Vincendet, qui a 31 ans est devenu le maire de Rillieux-la-Pape en 2014. Après plusieurs années à ses côtés, Arnaud Lacheret a pris le chemin du Bahreïn ou il office comme directeur de la French Arabian Business School (ESSEC). Malgré sa riche activité à former l’élite des monarchies pétrolières, il a eu envie d’apporter sa pierre au lourd combat contre la ghettoïsation des banlieues. Il raconte.

    Le bourg de Rillieux La Pape est une ville moyenne de la banlieue lyonnaise, avec son lot de problèmes, ni moins ni plus que ceux qu’on rencontre dans les départements limitrophes de Paris. Des problèmes de mixité sociale, de pauvreté, d’intégration, de sécurité, de présence d’un islam qui empiète sur l’espace publique.  En 2014, lors de leur prise de fonction, l’équipe a constaté que depuis des années au nom d’un « vivre ensemble », proche du clientélisme, des écarts avec les fondamentaux de la République ont été acceptés. Le Cabinet du nouveau maire, de droite, que dirige Arnaud Lacheret débarque donc avec des principes plein la tête. Dès les premiers jours, elle découvre que le terrain a sa propre réalité…  Comme l’évoque le titre, cette équipe, animée par la volonté de rétablir la République dans ses droits tout en tendant la main à tous les français qui habitent dans leur ville. Comme l’auteur l’évoque, ils entrent dans une phase de « bricolage », pendant laquelle il faudra négocier, lâcher du lest quitte à se retrouver en porte-à-faux avec leurs propres valeurs.

    Mais ce chemin qui passa aussi par des interprétations personnelles de certaines lois, a-t-il eu le succès espéré ?

    Tout au long du livre, il nous conte les péripéties qu’ils ont dû surmonter. Les conflits autours des usages religieux comme à la cantine ou s’était imposé le clivage selon les coutumes alimentaires, des réseaux qui essaient de pénétrer la jeunesse française, etc.

    On découvre ainsi que les mairies sont souvent désarmées juridiquement, allongeant les procédures, créant des tensions entre « factions » sans oublier le cout important que doit supporter la commune donc les citoyens.

    Le salut est venu de cette population, parfois caricaturé, qu’on a longtemps cru acquise à une certaine gauche, généreuse et communautaire. C’est avec le soutien de leur concitoyen, qui les avaient élus, qu’ils ont pu récréer petit à petit un territoire intégré à la république.

    Le défi n’est pas totalement relevé, le plus dur, sera de diffuser les valeurs de la République auprès de tous. Et pour cela, on comprend à la lecture de ce livre, que les grands absents que sont l’État et la Justice, et que c’est l’union citoyenne des gens de droite comme de gauche qui peuvent conjointement créer un véritable espace prêt pour un mieux « vivre-ensemble ».

    Résumé de l’oeuvre :

    RILLIEUX-LA-PAPE EST UNE BANLIEUE POPULAIRE DE LA MÉTROPOLE DE LYON, avec son quartier prioritaire de 18 000 habitants, ses plus de 50 nationalités différentes, sa pauvreté, sa précarité.
    Comme dans toutes les banlieues de ce type, les questions religieuses et communautaires sont omniprésentes. Quand un jeune maire de 30 ans, parachuté, se retrouve aux commandes en 2014, poussé par une vague bleue, il va devoir adapter tous ses grands principes. Il devra ainsi se lancer dans un « bricolage » permanent pour gérer le fait religieux dans une période mar quée par les attentats, la montée des populismes et une poussée de fi èvre identitaire.
    Pour la première fois, un témoin direct de cette période, acteur situé au coeur du pro cessus de décision, livre un tableau sans concession d’une navigation à vue, souvent à la frontière de la légalité. Ce mode d’action s’est fi nalement révélé nécessaire afi n de rétablir un semblant d’harmonie et de concorde dans cette banlieue sensible. Ce pragmatisme, ce tâtonnement permanent, cette indispensable souplesse avec la règle républicaine sont-ils le prix à payer pour regagner les « territoires perdus » ?
    Plus qu’un simple récit sur la laïcité et la République, ce livre se veut d’abord un plaidoyer en faveur des pouvoirs locaux, souvent en première ligne face à des problèmes que l’État ne veut ni ne peut traiter lui-même.

    Biographie de l’auteur

    Arnaud Lacheret, docteur en science politique, chercheur associé au laboratoire Pacte/Sciences Po Grenoble, a notamment mené une carrière de collaborateur d’élus locaux et nationaux pendant 12 ans en alternance (et parfois en parallèle) avec une carrière d’enseignant-chercheur.
    Il est actuellement directeur de la French Arabian Business School, département de l’Arabian GulfUniversity située au Bahreïn au cœur du Golfe Arabo-Persique.

    ACHETER LE LIVRE SUR AMAZON 

● Radio en direct
En pause