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  • Journée européennes du patrimoine – Suivez le guide pour le week-end du 21/22 septembre

    DE QUOI S’AGIT-IL?

    Les Journées européennes du patrimoine permettent chaque année à plus de 20 millions de personnes de visiter des milliers de sites rarement accessibles et de participer à des événements uniques.

    Pendant les Journées européennes du patrimoine, des milliers de monuments et de sites (dont certains habituellement fermés au public) ouvrent leurs portes: c’est l’occasion de profiter de visites gratuites, de découvrir un patrimoine culturel commun et de s’engager activement dans la conservation du patrimoine européen, dans l’intérêt des générations actuelles et futures.

    Les Journées européennes du patrimoine constituent l’événement culturel participatif le plus largement fêté en Europe. Lancée en 1985 par le Conseil de l’Europe, l’initiative est organisée conjointement avec l’Union européenne depuis 1999.

    QUELS SONT LES OBJECTIFS?

    Cette initiative vise à:

    • faire mieux connaître la richesse et la diversité culturelles de l’Europe;
    • susciter l’intérêt pour le patrimoine culturel de l’Europe;
    • lutter contre le racisme et la xénophobie et encourager l’ouverture aux autres cultures dans toute l’Europe;
    • informer les citoyens et les pouvoirs publics (ou les décideurs politiques) sur la nécessité de protéger le patrimoine culturel;
    • inviter l’Europe à relever les défis politiques, économiques et sociaux auxquels le secteur de la culture est confronté.

    OÙ ET QUAND LES JOURNÉES SONT-ELLES ORGANISÉES?

    Les Journées européennes du patrimoine ont lieu tous les ans en septembre dans les 50 pays signataires de la Convention culturelle européenne. Elles sont organisées en étroite collaboration avec les coordinateurs nationaux.

    Dans chaque pays, un réseau d’autorités régionales et locales, d’associations culturelles et de groupements privés, ainsi que des milliers de volontaires sont chargés d’organiser des événements annuels, consacrés à un thème commun spécifique. La participation de chaque pays à un thème paneuropéen est facultative, celui-ci pouvant être adapté au niveau national ou local. Les pays qui préfèrent ne pas mettre en avant le thème commun peuvent organiser des événements consacrés à un thème de leur choix.

    OÙ TROUVER DES INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES?

    Pour en savoir plus, consultez le site web des Journées européennes du patrimoine.

  • Grève des transports en commun ? Une arme syndicaliste dépassée ?

    Dix lignes de métro fermées. La capitale n’avait pas connu ça depuis douze ans et l’instauration du service minimum, en 2007. Ce dernier vient de trouver ses limites,  le 13 septembre , le service minimum n’est pas applicable en raison d’un fort taux de grève.  Il a donc fallu que les navetteurs et autres clients utilisent des moyens connexes. Et depuis 2007, l’offre a totalement évolué.

    Télétravail, voire pose d’un jour de congés,  VTC, trottinettes, vélos et autres voitures en libre service. Et pour ces nouveaux services, le 13 septembre fut un jackpot. De Concorde à la Tour Eiffel en passant par les Invalides, les voitures, scooters et autres trottinettes étaient disponibles pour répondre aux attentes des Parisiens en quête de transports.

    La direction de la RATP l’a bien compris et a noué plus d’une dizaines de partenariats avec des startups de la mobilité. Le code RATP15 offrait 15 minutes gratuites avec la marque de VTC Heetch, le code RATP050 offrait 2 trajets de 15 minutes sur les vélos et trottinettes électriques de la marque Jump, et 10 minutes gratuites pour les scooters électriques COUP grâce au code RATP-10. Quasiment tous les opérateurs de mobilité ont adapté leurs offres.

    Le succès est tel que les offres Kapten (VTC) et Cityscoot (scooter électrique) se sont rapidement épuisées, d’après le site RATP. Ces deux sociétés avaient respectivement réservé cette offre promotionnelle aux premiers 2.000 et 5.000 utilisateurs. Un pari ambitieux pour ces startups qui d’une part récoltent de nouveaux abonnés, et d’autre part, appliquent une majoration tarifaire sur les courses, qui sont en plein boom ce vendredi. De son côté, Ubeeqo, un réseau de voitures électriques et hybrides en libre service a observé “une hausse de 24% d’utilisation ce 13 septembre selon son site.  Pour Jump, les trottinettes électriques d’Uber, un trafic trois fois plus important

    La grève fait aussi le bonheur de Vélib’, le réseau de vélos en libre service de la métropole parisienne. La société qui opère Vélib a constaté, elle aussi, une hausse de 25% des courses par rapport à un jour traditionnel

    La RATP, grande perdante

    La région Île-de-France, qui finance les transports en commun, pourrait aussi faire quelques économies. Valérie Pécresse, présidente de la région, menace de ne pas payer la RATP pour la journée de grève. En cause ? L’opérateur parisien n’applique pas le service minimum comme il y est contraint par la loi et le contrat qui les lit.

    Cela pourrait représenter un manque à gagner de 3 à 7 millions d’euros pour la RATP, sur les 5 milliards annuels perçus, selon Le Parisien. Comme toujours, la grève a eu un impact, mais pour la première fois, c’est surtout la RATP qui fut victime..

    Les parisiens ont déjà entamé leur mutation et s’emparent de l’ensemble des offres proposées.. L’automatisation des lignes de métro et de bus s’intensifiant, les syndicalistes et les salariés doivent trouver rapidement un nouveau mode d’action.

  • La France n’est pas qu’un intermédiaire

    La paix au Moyen-Orient, Dieu soit loué, repose sur un quatre sages : Le Prince Ben Salmane, dit MBS, régent d’Arabie, qui a déjà une guerre sur le dos, celle du Yémen. L’ayatollah Khamenei, guide spirituel de l’Iran, qui croit que les guerres peuvent être saintes. Le Cheikh Nasrallah, du Hezbollah, qui rêve d’un Israël englouti. De Netanyahou, qui se défend d’être trop modéré pour les élections. Ces derniers jours, il vient d’annoncer qu’il souhaite annexer la vallée du Jourdain. Nasrallah, lui,  multiplie les provocations pour qu’Israël déclenche une guerre, une vraie, pas seulement quelques bombardements en Syrie et en Irak. Khamenei fait savoir que l’Iran augmenterait sa production d’uranium enrichi. Le Prince Salmane resserre son emprise sur le pays par crainte d’un coup d’Etat et ne cache pas son programme nucléaire « pacifique ».

    Heureusement, il semblerait que Trump et Poutine, plus sages encore que les sages, ne veulent pas d’escalade. Trump menace simplement de détruire l’Iran, et Poutine autorise Bachar à gazer les récalcitrants. C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron, tel un futur prix Nobel, a invité les Iraniens au G7, en urgence, de quoi entamer un dialogue. Comme le dit leWall Street Journal, le succès n’est pas au rendez vous, puisqu’une semaine plus tard, l’Iran a annoncé son retour dans la quête de la bombe.

    Mais pourquoi, finalement, cela n’explose-t-il pas ?

    D’une part, parce que la guerre est déjà là. Elle n’a pas cessé. Il ne se passe pas de semaine sans que l’aviation israélienne ne bombarde des sites en Syrie, au Liban, en Irak, qui sont des bases iraniennes. Pas de semaine sans combat en Syrie et au Yémen. Pas de semaine sans accrochage dans le détroit d’Ormuz. Chacun veille à ne pas dépasser les lignes rouges, mais tous s’emploient à les tester. Ainsi les Russes acceptent les raids israéliens sans intervenir ni protéger leurs alliés. Il est vrai qu’il y a de fortes chances pour qu’ils n’en soient pas capables.

    D’autre part, parce que ceux qui veulent le plus la guerre sont aussi les plus faibles. Nasrallah, du Hezbollah, veut la guerre, mais n’est que l’obligé de l’Iran. Qui veut la bombe, mais pas la guerre, parce qu’il est sûr de la perdre. Ben Salmane ne parvient pas à gagner au Yémen, ni à punir le Qatar. Il est dépendant des Américains. Et Trump, dans son inconstance, a une ligne : le moins de boyspossibles à l’extérieur. C’est pourquoi il négocie avec les Talibans en Afghanistan, veut retirer ses troupes de Syrie, et a renvoyé Bolton, son conseiller à la sécurité, trop faucon pour lui.

    Chacun joue à tirer le maximum de sa puissance, feinte ou réelle. Or la puissance, là bas, se mesure à la capacité de nuisance, des groupes terroristes aux Chefs d’Etat. Ainsi joue la Russie, sur un théâtre où elle n’a, en fait, aucun intérêt stratégique, moins que le Japon, l’Inde, la Chine ou l’Europe. En étant dans le jeu, par les armes, elle pèse. Ainsi le Hezbollah, qui n’a de mainmise sur le Liban que par les armes et le financement de l’Iran, et se justifie par la guérilla qu’il mène à Israël. Ainsi MBS, qui raidit son pouvoir, qu’il sait fragile, par sa confrontation avec les Chiites et l’Iran. Quant à Trump, comme il est le seul à pouvoir user de la double menace, à la fois militaire et économique, il s’en sert. En commençant par l’économique. Heureusement.

    La paix est donc impossible. L’Europe, -et la France en particulier- peuvent ils jouer un rôle ? Macron et Merkel le croient. Personne n’oserait les contredire. D’autant que l’Europe a un poids financier et militaire considérable. On l’a vu lorsque Macron a fait libérer le Premier ministre libanais. Pourtant il y a un hic. Dans un cadre où n’est respectée que la force, où la capacité de destruction est l’atout de négociation par excellence, quelle est la pression, réelle, de Macron et Merkel? Soit ils sont prêts à un engagement au Moyen-Orient, soit ils croient à leurs seules capacités de persuasion. Le premier cas est risqué, (nous avons des forces militaires là bas). Mais le deuxième est bien illusoire.

    Le Moyen-Orient est à la frontière de l’Europe. La France n’est pas qu’un intermédiaire, messager de la paix pour les uns, idiot utile pour les autres. Elle n’est pas neutre. Elle n’est pas à équidistance de l’Iran et des Etats-Unis, du Hezbollah et d’Israël. Elle a ses intérêts, (qui ne se mesurent pas qu’en ventes d’armes), ses lignes rouges (qui ne sont pas que morales) Qu’elle les fasse connaitre, et reconnaitre. Ils ne sont pas moins légitimes que ceux des autres.

    Laurent Dominati, Président de la Société éditrice « Lesfrancais.press », a été Ambassadeur de France, Député et Conseiller de Paris.

     

  • 11 septembre 2001 le chaos vu de Nice

    Quatrième tribune d’une série dédiée au 11 septembre – comment le souvenir de ces attentats a été perpétué aux quatre coins du monde ?

    On achève cette série avec Véronique Lederman (Candidate aux élections consulaires en Belgique et Directrice Générale du service social juif de Bruxelles)  . Les trois autres tribunes sont de Laurent Dominati, Président de la Société éditrice « Lesfrancais.press », a été Ambassadeur de France, Député et Conseiller de Paris. Il a aussi été Rapporteur Spécial du Secrétariat Général de la Défense Nationale, de Catya Martin ( Elue consulaire à Hong-Kong et éditrice du site Trait d’union)et d’Arnaud Lacheret directeur de la French Arabian Business School, département de l’Arabian GulfUniversity située au Bahreïn au cœur du Golfe Arabo-Persique.

    Pour répéter une phrase souvent entendue, tout le monde se rappelle ce qu’il faisait ce jour-là. Ironie du sort, le 11 septembre, nous avions une amie de ma belle-famille, résidant à New-York, pour le dîner.

    Il fait beau et chaud, comme toujours en ce début septembre, à Nice. Je dois passer à l’hôpital pour enlever des fils suite à une blessure et nous nous dépêchons, car il faut aller chercher notre fillette de trois ans à l’école. Notre fils, tout bébé, gazouille dans la voiture. Dans la foule les parents attendent leur progéniture et mon téléphone portable sonne. A l’époque, nous ne sommes pas très nombreux à avoir ce genre d’accessoires. Ma mère commence à me raconter des histoires « abracabrantesques » d’invasion, que l’Amérique est à feu et à sang, que des terroristes ont attaqué New-York, que les gens sautent des immeubles…

    Devant tant d’incohérence, et comme ma regrettée Maman avait tendance à l’exagération, je la calme et de toute façon, elle conclut en me disant : « j’y retourne » ! L’information, tellement énorme, sème le doute dans mon esprit. De retour dans la voiture, nous branchons la radio et là, c’est l’horreur en direct, d’abord en audio, puis arrivés à la maison, les images, en boucle. Nous sommes assis dans le salon à regarder les tours s’effondrer une à une et ma fille de dire « boum badaboum » ! Pourtant, elle ne rit pas, au contraire, à voir nos mines déconfites, elle comprend la gravité du moment, augmentée par l’arrivée de l’amie des Amériques, qui est en train d’essayer de localiser ses deux grands enfants. Le soulagement, partiel, arrive enfin, quand elle a des nouvelles de son fils, injoignable pendant longtemps. Nous mangeons à peine et nous nous retrouvons devant les images les plus improbables, que l’on puisse imaginer.

    Le lendemain, la presse écrite nous fait revivre en photos le cauchemar de la veille. L’effondrement des tours jumelles a un goût de fin de civilisation, telle que nous la pratiquions, le terme d’une innocence et d’une insouciance à jamais disparue. Cette nuit devant la télé en augurait d’autres, à chaque soubresaut terroriste.

    Et puis à titre personnel, le 11 septembre a vu un autre chaos dans ma vie personnelle, avec la disparition de mon papa, quinze années plus tard.

    Il y a des dates comme ça qui marque une vie, une génération, un point dans l’Histoire moderne de l’humanité.

  • Une nouvelle équipe pour défendre la souveraineté économique de l’Europe

    Donner corps à une Europe « plus affirmée », capable d’améliorer sa compétitivité et sa souveraineté dans un monde toujours plus hostile. Telles sont les principales lignes directrices présentées par Ursula von der Leyen au nouveau collège des commissaires le 10 septembre.

    L’Europe perd du terrain dans la course au numérique qui transforme l’économie et la société au sens large. La Chine est désormais considérée comme un « rival systémique » et les États-Unis ne constituent plus un partenaire fiable depuis l’élection de Donald Trump, Washington étant toujours prête à intensifier la guerre commerciale contre l’Europe.

    C’est la raison pour laquelle la protection de la souveraineté de l’Europe – et de sa puissance économique – doivent figurer en tête de l’agenda de la nouvelle équipe de commissaires, selon Ursula von der Leyen.

    À cette fin, la présidente élue a procédé à un remaniement des priorités au sein des différentes directions générales de la Commission et pris des mesures pour s’assurer que la voix de l’Europe sera entendue dans un monde plus compétitif.

    La préservation de la souveraineté européenne constituait l’un des thèmes majeurs du premier discours d’Ursula von der Leyen devant le parlement européen en juillet dernier. Et le principal promoteur de cet objectif est le président français Emmanuel Macron, qui fut l’un de ses premiers soutiens.

    « La France s’identifie pleinement aux thèmes que vous avez mentionnés dans votre discours : une Europe plus unie, plus souveraine, plus démocratique », a-t-il déclaré en juillet dernier, lorsqu’il recevait la présidente élue à Paris.

    L’idée d’Emmanuel Macron a trouvé écho, car la pression extérieure venant des États-Unis et de la Chine, de même que des enjeux internes concernant l’industrie ou l’approfondissement de l’union économique, ont contribué à créer un terrain favorable.

    Dans sa lettre de mission adressée à Josep Borrell, le nouveau chef de la diplomatie européenne, Ursula von der Leyen insiste sur le fait que l’UE doit être « plus stratégique, plus affirmée et plus unie dans son approche des relations extérieures ».

    « Nous devons utiliser notre puissance diplomatique et économique pour soutenir la stabilité globale et la prospérité, et aussi nous montrer plus compétitifs et mieux à même d’exporter nos valeurs et nos normes », a-t-elle ajouté.

    Cette Commission sera « géopolitique », a-t-elle déclaré à ses nouveaux commissaires.

    Sylvie Goulard

    Le choix de la France de nommer Sylvie Goulard pour la représenter au sein de la nouvelle Commission s’avérera fondamental dans le cadre des initiatives destinées à protéger la souveraineté de l’Europe.

    Elle mènera la nouvelle stratégie pour la renaissance industrielle de l’Europe, qui doit permettre de protéger le marché interne des subventions étrangères constituant une concurrence déloyale. D’autres pratiques inéquitables sont également dans la ligne de mire, telles que les accès aux marchés publics, une obsession pour Paris.

    Sylvie Goulard dirigera aussi les réflexions de la Commission « sur des sujets tels que la souveraineté technologique européenne dans les filières clés, incluant le secteur spatial et celui de la défense, les normes communes et les tendances futures », écrit la présidente élue dans sa lettre.

    La nouvelle commissaire sera également chargée de faire avancer l’industrie européenne de défense en renforçant la coopération entre les États membres, une autre préoccupation d’Emmanuel Macron.

    Valdis Dombrovskis

    Valdis Dombrovskis aura quant à lui la rude tâche de maintenir l’économie européenne la tête hors de l’eau dans un contexte global tendu.

    Dans sa lettre au nouveau vice-président de la Commission, Ursula von der Leyen écrit qu’il devra « assurer une situation équitable dans nos relations avec d’autres partenaires, en promouvant la compétitivité et l’autonomie stratégique dans les filières clés ».

    « Vous devriez ainsi porter une attention particulière à nos relations commerciales et économiques avec nos concurrents et nos partenaires stratégiques », ajoute-t-elle.

    Pour la présidente élue, les dimensions européennes internes et externes sont « les deux faces d’une même médaille », car mettre de l’ordre dans les affaires de l’UE devrait aussi permettre de renforcer son poids sur la scène internationale.

    C’est pourquoi Valdis Dombrovskis travaillera en priorité sur l’approfondissement de l’union économique et monétaire, en finalisant l’union bancaire et l’union des marchés de capitaux.

    Ces deux priorités, de même que la création d’actifs sûrs en euros, sont considérées comme cruciales pour renforcer le rôle international de l’Euro comme monnaie de réserve. Cet objectif constitue la tentative la plus évidente de l’Europe de montrer ses muscles au-delà de ses frontières, en particulier face aux États-Unis et au dollar.

    Margrethe Vestager  

    Margrethe Vestager, qui a été promue au poste de vice-présidente exécutive, jouera aussi un rôle crucial à cet égard, en tant commissaire chargée du numérique, mais aussi de la concurrence, pour un deuxième mandat.

    Ce choix pourrait être perçu comme un revers pour ceux qui, comme la France, voulaient réformer les lois antitrust de l’UE afin de permettre la création de « champions européens » capable de tenir tête à des concurrents américains et chinois.

    Margrethe Vestager n’a pas seulement bloqué la fusion Alstom-Siemens, elle s’est aussi opposée à la proposition franco-allemande de revoir les règles de la concurrence européenne.

    Certains membres de sa famille libérale, tels que l’eurodéputé Luis Garciano, ont cependant réclamé une certaine latitude pour que les champions européens du numérique puissent entrer en compétition avec des géants comme Facebook, Google, Alibaba ou Huawei.

    Sur ce point, Ursula von der Leyen n’a donné que de vagues instructions à la Danoise.

    Dans sa lettre de mission à la nouvelle commissaire, elle écrit que l’Europe « doit se concentrer sur le maintien de [son] leadership numérique dans les domaines où [elle] est en tête, rattraper [son] retard dans les secteurs où [elle] est à la traîne, et agir en priorité dans le domaine des nouvelles technologies. »

    « Cela constituera un élément clé du renforcement de notre leadership technologique et de notre autonomie stratégique », ajoute la présidente élue, soulignant que les règles et la politique de concurrence doivent correspondre à l’économie d’aujourd’hui.

    Elle ajoute cependant que « nous avons besoin d’entreprises qui luttent à armes égales et de consommateurs qui peuvent bénéficient de prix plus bas, d’un meilleur choix et d’une meilleure qualité. » Les compagnies européennes ne devraient pas devenir plus concurrentielles à l’étranger en ayant moins de concurrence au sein de l’UE.

    Avec Valdis Dombrovskis, Margrethe Vestager codirigera le travail sur la nouvelle stratégie à long terme pour la politique industrielle de l’Europe, supervisant ainsi le travail de Sylvie Goulard.

    Paolo Gentiloni

    L’influence économique de l’Europe à l’étranger dépendra cependant de l’état de sa propre économie.

    L’ancien président du Conseil italien, Paolo Gentiloni, a été choisi par Ursula von der Leyen pour contrôler les budgets nationaux, mais aussi pour s’assurer que l’application du pacte de stabilité et de croissance – les règles budgétaires de l’UE – tire parti de « toute la flexibilité autorisée » pour parvenir à une position budgétaire plus favorable à la croissance dans la zone euro et à stimuler l’investissement, tout en sauvegardant la responsabilité budgétaire ».

    Le choix de Paolo Gentiloni comme commissaire à l’économie pourrait en surprendre plus d’un, étant donné que l’économie italienne est l’une des moins performantes de l’UE, affichant une stagnation de la production. Le pays est menacé d’une nouvelle procédure de sanction en raison du niveau élevé de sa dette, qui atteint plus de 132 % de son PIB.

    Rome avait été sommé par la Commission sortante d’équilibrer son budget l’an prochain. Mais la nouvelle coalition au pouvoir entend réduire les impôts et augmenter les dépenses avec un nouveau revenu minimum.

    Le dossier italien sera l’un des plus brûlants pour Paolo Gentiloni lorsqu’il entrera en fonction le 1ernovembre prochain.

    « Les taux d’endettements élevés sont une source de risque et de contraintes pour les gouvernements qui offrent une stabilisation macroéconomique lorsque cela s’avère nécessaire. Vous devriez trouver le moyen de contrôler les taux d’endettements dans les secteurs public et privé », écrit Ursula von der Leyen dans sa lettre au politicien italien.

    Selon l’organigramme de la Commission, Valdis Dombrovskis, qui a défendu une rigueur budgétaire durant son précédent mandat, aura le dernier mot face à Paolo Gentiloni, car il a été promu au rang de vice-président exécutif.

    Ursula von der Leyen a cependant fait savoir le 9 septembre que toute décision finale serait prise par le collège dans son ensemble.

    Phil Hogan

    La présidente élue veut donner une grande impulsion à la dimension externe de son collège, réclamant davantage de travail préparatoire de la part de ses commissaires avant leurs rencontres hebdomadaires.

    En tant que commissaire au commerce, Phil Hogan sera chargé d’établir de nouvelles relations économiques au-delà des frontières.

    Disposant de l’un des plus grands et des plus riches marchés intérieurs, l’Europe attire les exportateurs comme un aimant. Elle veut pouvoir tirer un meilleur parti de cet avantage pour en faire un « atout stratégique ».

    « Cela nous permet de construire des partenariats, de protéger notre marché de pratiques déloyales et d’assurer que nos valeurs et nos normes sont respectées », écrit Ursula von der Leyen dans sa lettre à Phil Hogan.

    La présidente élue veut tirer parti de cette influence pour réformer l’Organisation mondiale du Commerce afin de mieux protéger l’Europe contre les pratiques commerciales déloyales, et renforcer les moyens à sa disposition contre les subventions et les mesures illégales adoptées par des pays tiers.

    Cette position plus affirmée pourrait aider l’Europe à instaurer un partenariat mutuellement profitable avec une administration Trump quelque peu brutale. Cela pourrait aussi mettre un frein aux pratiques déloyales de la Chine et contribuer à la conclusion d’un accord d’investissement avec Pékin d’ici à la fin de l’année.

    Le premier et plus grand défi que devra relever Phil Hogan se trouve cependant de l’autre côté de la Manche.

    Le commissaire irlandais sera chargé de négocier un nouvel accord d’association avec Londres au moment où la date d’une sortie désordonnée de l’UE se rapproche pour le Royaume-Uni, ce qui ravive le risque d’un retour à une frontière physique avec l’Irlande et pourrait être à l’origine de tensions dans la région.

    Ursula von der Leyen a loué les talents de négociateur démontrés par Phil Hogan dans son rôle actuel de commissaire à l’Agriculture.

    « Je sais que Phil Hogan est un excellent et très juste négociateur », a-t-elle déclaré à la presse le 10 septembre.

    Le Brexit mettra à l’épreuve la Commission d’Ursula von der Leyen, permettant de voir jusqu’où elle est prête à aller pour protéger ses intérêts et ses valeurs, ses citoyens et ses entreprises, dans un monde plus fragmenté et polarisé.

     

  • 11 septembre 2001, le monde se fige – Récit vu d’Hong-Kong

    Troisième tribune d’une série dédiée au 11 septembre – comment le souvenir de ces attentats a été perpétué aux quatre coins du monde ?

    On poursuit avec Catya Martin ( Elue consulaire à Hong-Kong et éditrice du site Trait d’union). Les trois autres tribunes sont de Laurent Dominati, Président de la Société éditrice « Lesfrancais.press », a été Ambassadeur de France, Député et Conseiller de Paris. Il a aussi été Rapporteur Spécial du Secrétariat Général de la Défense Nationale, de Véronique Lederman (Candidate aux élections consulaires en Belgique et Directrice Générale du service social juif de Bruxelles) et d’Arnaud Lacheret directeur de la French Arabian Business School, département de l’Arabian GulfUniversity située au Bahreïn au cœur du Golfe Arabo-Persique.

    9/11, le monde basculait dans l’horreur et découvrait le terrorisme de masse avec l’attaque lancée par Al Qaïdaaux Etats-Unis. Chacun a le souvenir de l’endroit où il se trouvait ce jour-là.

    A Hong-Kong, où des manifestations ont lieu depuis maintenant 14 semaines, cette journée commémorative et de mémoire, est aussi respectée par tous. Les activistes ont décidé d’annuler toutes actions, ce mercredi 11 septembre, et ont dénoncé les accusations du journal China Dailyrévélant qu’ils préparaient des actions, qualifiées de « terreur massive », à Hong-Kong.
    « Par solidarité contre le terrorisme, toutes les formes de protestation à Hong Kong seront suspendues le 11 septembre…», ont  déclaré les organisateurs du mouvement.

    Ces accusations, parues dans un article publié sur la page Facebook du journal chinois, mettaient en illustration une photo des tours jumelles de New York en feu. « Les fanatiques anti-gouvernementaux planifient des attaques terroristes massives, y compris l’explosion de tuyaux de gaz, à Hong-Kong le 11 septembre… », pouvait-on lire dans ce « post ».

    Suite à cette parution, mettant en parallèle des manifestants hongkongais et les attentats qui ont fait plus de 3.000 morts, les leaders pro-démocratie ont diffusé une affiche rendant hommage aux victimes du 11 septembre où il était écrit : «Nous rendons hommage à ceux qui sont morts dans les attaques et à tous ceux qui ont été sacrifiés dans la lutte contre toutes les formes de terrorisme».

    « Nous n’avons même pas besoin de vérifier les faits pour savoir qu’il s’agit de fausses informations« , a déclaré, à l’agence Reuters, un manifestant, Michael, 24 ans. «Les médias d’État ne se soucient pas de sa crédibilité. Chaque fois que quelque chose qu’ils prétendent avoir entendu sur WhatsApp ou les amis de leurs amis, ils le diffusent immédiatement« , poursuit-il.

     

    Tentative de manipulation pour certain, dé-crédibilisation du mouvement aux yeux du monde pour d’autres, les manifestants donnent rendez-vous dans les prochains jours où plusieurs rassemblements sont prévus, notamment le 15 septembre, avec un appel à une marche pacifique organisée par le Civil Human Rights Front.

  • Boris Johnson ne demandera pas de nouveau report du Brexit

    Boris Johnson a répété qu’il ne demanderait pas de nouveau report du Brexit, quelques heures après la promulgation d’une loi l’obligeant à solliciter trois mois de plus auprès de l’Union européenne si aucun accord n’est conclu avant le 31 octobre.

    Pour la deuxième fois en moins d’une semaine, les députés britanniques ont rejeté la proposition du gouvernement, qui souhaite sortir de l’impasse en organisant des élections législatives anticipées.

    Alors que l’incertitude est à son comble, les travaux du Parlement ont été suspendus jusqu’au 14 octobre, ce qui a donné lieu à des tensions à la Chambre des communes, où des membres de l’opposition ont brandi des pancartes frappées du slogan « Réduits au silence » et ont scandé « Honte à vous ! » à l’adresse des élus conservateurs.

    Boris Johnson semble avoir perdu la main sur la sortie de l’UE avec la promulgation lundi du texte qui donne au gouvernement jusqu’au 19 octobre, soit au lendemain du prochain Conseil européen, pour conclure un nouvel accord avec Bruxelles ou pour obtenir l’aval du Parlement à un « no deal », ce qu’il a déjà exclu.

    Les dirigeants européens ont répété à plusieurs reprises qu’ils n’avaient pas reçu de propositions précises avant le prochain conseil européen, au cours duquel le Premier ministre espère parvenir à un accord.

    « Ce gouvernement poursuivra les négociations en vue d’un accord, tout en se préparant à une sortie sans accord », a promis le Premier ministre après le rejet dans la nuit de lundi à mardi de la motion proposant des législatives anticipées.

    « J’irai à ce sommet crucial le 17 octobre et peu importe le nombre de dispositifs que ce parlement inventera pour me lier les mains, je vais tout faire pour obtenir un accord dans l’intérêt national (…) Ce gouvernement ne reportera pas encore le Brexit. »

    Jeremy Corbyn, chef de file de l’opposition travailliste, a assuré pour sa part que le Labour était impatient de participer à des élections, mais qu’il voulait d’abord qu’un report du Brexit soit validé.

    « Malgré notre enthousiasme, nous ne sommes pas prêts à risquer d’infliger à notre communauté le désastre d’un no deal », a-t-il indiqué.

    Pas de backstop, pas d’accord

    Plus de trois ans après le référendum du 23 juin 2016 par lequel un peu moins de 52 % des électeurs ont opté pour une sortie de l’Union européenne, le divorce est suspendu au bras de fer entre Johnson et les opposants au no deal.

    Ces derniers ont formé mardi un nouveau groupe parlementaire pour tenter de convaincre leurs collègues d’adopter un texte inspiré de celui qui a été rejeté trois fois aux Communes.

    Le groupe formé d’élus conservateurs, travaillistes et libéraux démocrates a été baptisé « MPs for a deal ». Son objectif et de rassembler autour du projet que l’ex-Première ministre Theresa May a élaboré avec le Parti travailliste.

    « Nous sommes tous favorables à la conclusion d’un accord et à une sortie ordonnée », a déclaré la travailliste Caroline Flint, selon laquelle une cinquantaine de députés du Labour souhaitent un tel accord. « Notre voix ne porte peut-être pas autant que d’autres, mais c’est celle de la raison », a-t-elle ajouté.

    Lundi lors d’un déplacement à Dublin, le Premier ministre a assuré avoir « soigneusement examiné les conséquences » d’un Brexit sans accord, pour l’Irlande comme pour le Royaume-Uni.

    Boris Johnson et plusieurs membres de son gouvernement affirment qu’ils sont en train de présenter de nouvelles propositions à l’Union européenne et que les négociations progressent avec Bruxelles.

    L’un des principaux points d’achoppement des discussions concerne le filet de sécurité censé empêcher le rétablissement de contrôles à la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord.

    Boris Johnson réclame la suppression de ce « backstop », hypothèse exclue par l’UE et Dublin. « En l’absence d’arrangements alternatifs, pas de backstop signifie pas d’accord pour nous », a rappelé lundi le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

  • Les premiers à être là, c’était les Frenchies.

    Les premiers à être là, c’était les Frenchies.

     Seconde tribune d’une série dédiée au 11 septembre – comment le souvenir de ces attentats a été perpétué aux quatre coins du monde ?

    On continue avec Laurent Dominati, Président de la Société éditrice « Lesfrancais.press », a été Ambassadeur de France, Député et Conseiller de Paris. Il a aussi été Rapporteur Spécial du Secrétariat Général de la Défense Nationale. Les trois autres tribunes sont de Catya Martin (Elue consulaire à Hong-Kong et éditrice du site Trait d’union), de Véronique Lederman (Candidate aux élections consulaires en Belgique et Directrice Générale du service social juif de Bruxelles) et d’Arnaud Lacheret directeur de la French Arabian Business School, département de l’Arabian GulfUniversity située au Bahreïn au cœur du Golfe Arabo-Persique.

     

    Dans la semaine, nous étions là. Au World Trade Center, avec cette odeur de cendres et de mort.  Au Pentagone, devant l’immeuble troué, au garde-à-vous. Nous étions la première délégation de Parlementaires étrangers à venir. Nous en étions étonnés, en fait, c’était normal.

    La première délégation parlementaire étrangère

    Pierre Lellouche avait dit qu’il fallait y aller tout de suite. Puisque l’Assemblée prenait son temps, qu’elle se concertait avec le gouvernement, il forma la délégation tout seul : des volontaires. Delphine Bürkli (aujourd’hui Maire du 9ème), qui travaillait avec lui, organisa le voyage. Il y avait Guy Teissier, Nicole Guedj, Olivier de Chazeaux, et quelques autres, -qu’ils me pardonnent de ne pas tous les citer-. L’Ambassadeur, Francois Bujon de l’Estang, nous accompagna partout : nous ne représentions pas le Gouvernement mais les Français. Des Représentants du Peuple, qui payaient leurs billets d’avion et leur hôtel pour saluer les Américains, leur dire qu’on se battrait avec eux, qu’ils étaient nos amis et nos frères.

    Les Américains nous recevaient avec franchise et émotion. Le fait que ce voyage était une réaction spontanée de Parlementaires, et non les représentants d’un gouvernement, leur plaisait. Toutes les portes s’ouvraient. Paul Wolfowitz, Secrétaire adjoint à la Défense, dans son bureau au Pentagone, nous expliqua que la réponse viserait l’Afghanistan et l’Irak. J’étais étonné : que la conclusion vienne si vite, qu’il dévoile ses plans.

    Le Premier chef d’Etat à Washington après les attentats

    S’il y eut une poignée de parlementaires venus spontanément parler au nom du peuple français, il y eut bien mieux : Jacques Chirac était à Washington une semaine après les attentats. Le premier Chef d’Etat à marquer sa solidarité avec les Américains, c’était lui. C’est pourquoi il n’eut aucun mal à leur exprimer son opposition à la guerre en Irak. D’ailleurs, malgré les divergences, l’alliance entre le France et les Américains dans la guerre contre les réseaux terroristes a toujours bien fonctionné.

    Un officiel américain me dira plus tard (peut-être pour me faire plaisir mais il n’était pas obligé) que la France restait le meilleur allié en ce qui concernait l’anti terrorisme.  La coopération opérationnelle était parfaite. La réaction spontanée que nous avions eue correspond à celle des militaires : Quand on fait la guerre ensemble, on partage tout.

    La coopération contre les réseaux terroristes

    Les Américains et les Français se méprisent autant qu’ils s’aiment. Ce sont les deux seuls pays qui prétendent avoir un message universel, un message de liberté pour l’humanité tout entière. Chacun s’agace de la prétention de l’autre. Il n’empêche : nous croyons que les hommes sont libres. Ou qu’ils doivent l’être. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

    L’amitié entre les peuples est plus solide plus que les alliances entre les Etats. Les unes sont fondées sur un partage de valeurs, les autres sur une répartition d’intérêts. Tant que Français et Américains se voudront, malgré leurs faiblesses et leurs défauts, les hérauts de la liberté, ils se retrouveront, dans les moments graves, spontanément. Les crises sont des épreuves de vérité. Elles révèlent les hommes et les solidarités.

    C’est pourquoi, en nous recevant au Pentagone ou à la Mairie de New York, les Américains parlaient action et coopération et ne s’épanchaient pas en remerciements.  Ils trouvaient çà normal. La France est historiquement, leur premier allié, c’était donc normal qu’on vienne les premiers.

     

  • Le 11 septembre dans le Golfe

    Le 11 septembre dans le Golfe

    Première tribune d’une série dédiée au 11 septembre – comment le souvenir de ces attentats a été perpétué aux quatre coins du monde ?

    On commence avec Arnaud Lacheret , docteur en science politique, chercheur associé au laboratoire Pacte/Sciences Po Grenoble, a notamment mené une carrière de collaborateur d’élus locaux et nationaux pendant 12 ans en alternance (et parfois en parallèle) avec une carrière d’enseignant-chercheur. Il est actuellement directeur de la French Arabian Business School, département de l’Arabian GulfUniversity située au Bahreïn au cœur du Golfe Arabo-Persique.

    Les trois autres tribunes sont de Catya Martin (Elue consulaire à Hong-Kong et éditrice du site Trait d’union) de Véronique Lederman (Candidate aux élections consulaires en Belgique et Directrice Générale du service social juif de Bruxelles) et  de Laurent Dominati, Président de la Société éditrice « Lesfrancais.press », a été Ambassadeur de France, Député et Conseiller de Paris.

     

     

     

    Globalement, le 11 septembre reste un sujet dont on peut parler dans le Golfe, même si, qui en douterait, les débats sont toujours très après sur le sujet.

    En effet, il existe une vraie tendance á la remise en question de la version communément admise chez certains interlocuteurs, qui par ailleurs sont bien éduqués, ouverts sur le monde et sont souvent des proches. Sur tous les sujets, même les plus sensibles, les points de vue sont assez proches ou alors sont teintés de différence culturelle bien compréhensible, mais sur le 11 septembre, la « version officielle » ne passe pas et la porosité avec les thèses complotistes est assez impressionnante, même 18 ans après.

    Il y a plusieurs pistes qui peuvent expliquer cela, et la première d’entre elles est la propension au complotisme dans le monde arabo-musulman. Cette propension à la rumeur est bien connue par ceux qui vivent dans le monde arabe, et elle a un certain charme parfois. Cette tendance au conspirationnisme a été étudiée quantitativement par le chercheur américain Mansoor Moaddei dans une étude de 2013.

    Copyright Moaddei, 2014

    Cette tendance à penser qu’il y a une conspiration contre l’islam est doublée également par un sentiment « d’invasion culturelle » de l’occident que Moaddei identifie bien également. Ainsi, près de 83 % de saoudiens indiquent que l’invasion est importante ou très importante, taux que l’on retrouve en Irak, en Egypte et en Turquie et qui n’est jamais inférieur à 54 % (cas de la Tunisie).

     

    Copyright Moaddei, 2014

    Donc, dans les discussions, la version d’une attaque terroriste djihadiste a du mal à passer, et particulièrement chez les ressortissants saoudiens. Il faut aussi regarder le fait que la quasi-totalité des terroristes étaient de nationalité saoudienne et portaient des noms assez communs. On peut donc imaginer qu’il y a aussi un réflexe de déni, comme on en trouve chez les occidentaux quand il faut regarder les agissements de certains de nos compatriotes ou certains de nos errements collectifs que nous minimisons souvent. Ce déni est certainement accentué par cette propension au complotisme que nous avons vue plus haut mais, contrairement au complotisme occidental, il est assez simple à questionner.

    Je n’ai jamais eu l’expérience d’un arabe du Golfe se refermant complètement lorsque j’ai tenté de défendre la version la plus communément admise du 11 septembre. Au contraire, la quasi-totalité des interlocuteurs reconnaissent rapidement qu’ils vont un peu loin et ce sont même plusieurs d’entre eux qui indiquent que « culturellement, il y a beaucoup de rumeurs chez nous… » et se plient à l’argument le plus rationnel.

    Copyright Moaddei, 2014

    Le déni est donc d’abord dû à un réflexe de défense, mais aussi à une haute opinion de la moralité de ses concitoyens. Ainsi, Moaddei, en 2013, demandait d’auto évaluer son degré de moralité, puis celui des américains. On constate que l’Arabie Saoudite, l’Irak et l’Egypte s’évaluent très favorablement (7.7 sur 10 pour les saoudiens) et que l’évaluation des américains est bien entendu plus basse (quoique les saoudiens notent les américains mieux que toutes les autres nationalités testées). Ainsi, les horreurs du 11 septembre ont du mal à passer également car les arabes se voient comme des citoyens à haut degré de moralité, ce qui rendrait le passage à l’acte difficile à concevoir.

    En bref, si les théories complotistes sont encore très présente dans le Golfe concernant le 11 septembre, ceux qui les expriment sont loin d’être cristallisés dans leur opinion et se montrent capables de recul et de discussion. Mieux, ils sont capables d’autocritique et se montrent enclins à modifier leur opinion à partir du moment où l’on sait leur présenter des arguments rationnels.

    Nous sommes donc bien loin des complotistes occidentaux qui sont militants et durablement ancrés chez leurs partisans. Ici, nous sommes dans un complotisme soft, qui tient davantage du déni de responsabilité (que l’on retrouve en occident sur d’autres sujets), d’une certaine tradition du complotisme et d’un sentiment d’invasion culturelle pas dénué de tout fondement.

  • Loi de finances 2020 : Les Français de l’étranger imposés au régime des résidents français !?

    Loi de finances 2020 : Les Français de l’étranger imposés au régime des résidents français !?

    Le gouvernement a supprimé en 2018 la CSG sur les revenus du capital des contribuables affiliés à un régime de Sécurité sociale de l’Union européenne. Il est donc enfin en conformité avec le droit européen et a procédé à de nombreux remboursements au cours des derniers mois.

    « C’est un système plus juste qui ne pénalise plus les revenus les plus faibles » Alexandre Holroyd député des Français d’Europe du Nord et du Royaume-Uni.

    Mais désormais, il faut compter, à partir de 2020, sur le barème progressif qui s’appliquera automatiquement aux revenus français des non-résidents.

    le gouvernement revient donc, comme convenu, sur le mécanisme de retenue à la source libératoire (de 0%, 12% ou 20%). Dans son rapport, Anne Genetet a démontré que le taux de 20% était pénalisant dans de nombreux cas. Les contribuables peuvent demander l’application du barème progressif s’ils parviennent à prouver que leur impôt dû sur l’ensemble de leurs revenus (de source française et étrangère) serait inférieur, mais peu ont recours à cette possibilité.

    Le gouvernement a donc complété son  projet de loi de finances par un amendement  qui prévoit de remplacer le dispositif actuel qu’il juge complexe par une retenue à la source « non libératoire » à compter de 2020, calculée en appliquant la grille de taux par défaut du  prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu . Pour être simple, le barème progressif s’appliquera automatiquement aux revenus français des non-résidents, sans qu’ils en fassent expressément la demande. « C’est un système plus juste qui ne pénalise plus les revenus les plus faibles », a commenté le député Alexandre Holroyd (LREM), représentant les Français d’Europe du Nord et du Royaume-Uni.

    En échange le gouvernement promettait d’autoriser les mécanismes d’allégement fiscaux comme notamment la possibilité de déduire certaines charges, par exemple les pensions alimentaires ou la réduction d’impôt Pinel, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La fiscalité des plus-values immobilières devait être rapprochée de celle des résidents en France. Ainsi, les contribuables qui quittent la France auraient pu bénéficier de l’exonération au titre de la cession de leur résidence principale, s’ils cèdent leur bien dans un délai d’un an.

    Ça c’était les promesses.. Car une fois que nous appliquons les nouvelles règles, qui devraient entrer en vigueur en 2020, elles s’avéreraient très défavorables pour certains de nos compatriotes .La loi est en cours d’adoption alors qu’aucun des députés des Français de l’étranger n’a fait réaliser, en amont d’études, d’impact détaillées. Pour bien analyser, il faut se rappeler  que les salaires et les pensions des français non-résidents sont, actuellement, imposés par une retenue à la source (de 0 %, 12 %, ou 20 %) dont le barème est, jusqu’à 43.000 euros de revenus annuels, souvent plus avantageux que le barème de l’impôt des résidents français (avec ses tranches à 14 %, 30 %, 41 %, 45 %).

    A compter de 2020, cette retenue à la source libératoire sera donc abrogé par un prélèvement des revenus à la source selon le barème français et les revenus seraient donc taxés à 20 % dès le premier euro, puis à 30 % au-delà de 27.520 euros de revenus annuels. Les contribuables qui le souhaitent pourraient opter pour une imposition au « taux moyen ». Ce taux sera calculé sur la base des revenus mondiaux. Ils devront donc déclarer l’ensemble de leurs revenus.

    « L’avantage du taux moyen est qu’il permet d’appliquer un barème progressif et de prendre en compte la situation familiale », a explique Anne Genetet au journal Les Echos.

    Certains familles pourraient être victimes de ce changement, même s’ils optent pour le taux moyen.  Sur les réseaux sociaux ceux qui n’ont pas ou plus de charges de famille, comme des retraités résidents à l’étranger ou de jeunes travailleurs frontaliers ont indiqué que leurs impôts vont être multipliés par 2 ou par 3.

    Le projet de loi de finances, présenté le 25 septembre, devrait comprendre une disposition technique concernant les non-résidents, que les députés et sénateurs pourront compléter par des amendements. Cependant, alors que, comme indiqué plus haut, les associations de français de l’étranger attendaient de pouvoir accéder aux mécanismes de crédits et réductions d’impôts, il n’y en aurait pas de traces.  Les députés vont devoir présenter des amendements dans ce sens et engager un bras de fer avec Bercy qui risque toutefois d’opposer que certains non-résidents ont déjà été avantagés par  la suppression, l’an dernier, des prélèvements sociaux sur les revenus fonciers.

    Dans les couloirs, il se profile un compromis sur un moratoire d’un an…  Encore faut il que cette année soit mise au service d’une vraie analyse des français de l’Union européenne mais aussi de ceux hors de l’Union.

     

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