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  • Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans en Europe ?

    Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans en Europe ?

    Suite à l’appel d’Emmanuel Macron à une interdiction harmonisée des réseaux sociaux pour les moins de quinze ans à l’échelle de l’UE, la Commission européenne a rappelé que les États membres sont libres de définir eux mêmes l’âge de la majorité numérique.

    Lors d’une interview accordée à France 2 mardi 10 juin, le président français a annoncé qu’il donnerait trois mois à Bruxelles pour légiférer sur le sujet, sans quoi la France appliquerait unilatéralement une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de quinze ans.

    « On doit interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans », a affirmé le chef de l’État peu après le drame survenu dans un collège, où une surveillante a été tuée par un élève de quatorze ans. « Je nous donne quelques mois pour arriver à faire la mobilisation européenne. Sinon […] on commence à le faire en France. On ne peut pas attendre », a-t-il insisté.

    Lors d’une interview accordée à France 2 mardi 10 juin, le président français a annoncé qu’il donnerait trois mois à Bruxelles pour légiférer sur le sujet, sans quoi la France appliquerait unilatéralement une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de quinze ans. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN]
    Lors d’une interview accordée à France 2 mardi 10 juin, le président français a annoncé qu’il donnerait trois mois à Bruxelles pour légiférer sur le sujet, sans quoi la France appliquerait unilatéralement une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de quinze ans. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN]

    Majorité numérique 

    Interrogé à ce sujet, Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a expliqué à Euractiv que la décision de fixer un « âge de la majorité numérique », c’est-à-dire l’âge en dessous duquel les enfants doivent obtenir le consentement de leurs parents pour que leurs données soient traitées, relève de la compétence des États membres en vertu du règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE.

    La semaine dernière, la commissaire chargée des Technologies, Henna Virkkunen, avait déclaré que bloquer l’accès aux réseaux sociaux pour les utilisateurs de moins de quinze ans serait « difficile » en raison de la diversité des plateformes en ligne. Pour elle, les plateformes devraient plutôt donner la priorité à la sécurité dans la conception de leurs services et garantir un environnement en ligne sûr pour les mineurs.

    Le 6 juin, un groupe de sept États membres de l’UE a exhorté la Commission à proposer des règles européennes sur des mécanismes de vérification de l’âge plus stricts afin de bloquer l’accès des mineurs aux sites web pornographiques et préjudiciables. Au sein de ce groupe, la France, le Danemark et la Grèce souhaitent que l’« âge de la majorité numérique » soit fixé à quinze ans dans l’UE.

    « Nous partageons bien sûr le même objectif que le président [Emmanuel] Macron, à savoir rendre l’environnement en ligne plus sûr pour nos enfants », a poursuivi Thomas Regnier. L’UE continuera à appliquer son règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), qui vise à protéger les enfants contre les contenus préjudiciables, a-t-il ajouté.

    Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron plaide en faveur d’une restriction de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de quinze ans. Il avait déjà appelé à une telle mesure avant les élections anticipées de juin 2024 en France.

    Parallèlement à cela, Paris a déjà pris des mesures sévères contre la pornographie dans le but de protéger les enfants sur le net. Les principaux sites pornographiques avaient jusqu’au 6 juin pour se doter de mécanismes de vérification de l’âge, ce qui a incité Aylo, la société mère de Pornhub et d’autres sites webs pornographiques, à bloquer trois de ses plateformes pour les utilisateurs français.

    Interrogée sur l’usage des VPN pour contourner ces restrictions, la ministre de l’Économie numérique et de l’IA, Clara Chappaz, a déclaré à Euractiv la semaine dernière que la nouvelle loi rendait tout de même l’accès à la pornographie beaucoup plus difficile pour les mineurs.

  • Demain : une nouvelle crise financière est-elle possible ?

    Demain : une nouvelle crise financière est-elle possible ?

    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont le pays valeur refuge par excellence. Placer ses réserves, ses capitaux, ses gains aux États-Unis constitue un objectif pour de nombreux investisseurs, surtout en période d’incertitudes. Les États-Unis occupent cette position en raison de la puissance de leur économie, de leur armée et de leur monnaie. La stabilité institutionnelle — une Constitution en vigueur depuis 1787, sans coup d’État — constitue un gage de crédibilité, renforcé par une tradition de transparence. Cependant, les États-Unis deviennent à leur tour un foyer d’instabilité laissant planer une menace de nouvelle crise financière !

    Les motifs d’inquiétude s’accumulent : augmentation de l’endettement public, revirements présidentiels en matière de droits de douane, remise en cause de programmes de recherche. Les institutions démocratiques font l’objet d’attaques répétées, notamment de la part de Donald Trump qui cible en particulier le pouvoir judiciaire. Celui-ci entend également influencer le cours du dollar. Dans ce contexte, les investisseurs internationaux commencent à se détourner du marché américain.

    Le paysage financier mondial a profondément évolué, notamment aux États-Unis.  

    En 2008, les États-Unis ont été à l’origine de la plus grave crise financière depuis 1929, avec l’éclatement de la bulle des subprimes. Dix-sept ans plus tard, pourraient-ils à nouveau être responsables d’une crise financière de grande ampleur ? En moins de deux décennies, le paysage financier mondial a profondément évolué, notamment aux États-Unis. Un nouvel écosystème de gestionnaires d’actifs, de fonds spéculatifs, de sociétés de capital-investissement et d’acteurs de marché — parmi lesquels Apollo, BlackRock, Blackstone, Citadel, Jane Street, KKR ou Millennium — s’est imposé, tandis que les banques, les assureurs et les fonds traditionnels reculent. Ces nouveaux acteurs gèrent des milliers de milliards de dollars, souvent pour le compte de tiers. Apollo, Blackstone et KKR pilotent à eux trois plus de 2 600 milliards de dollars d’actifs, soit cinq fois plus qu’il y a dix ans.

    Sur la même période, les grandes banques américaines ont vu leurs encours ne progresser que de 50 %, atteignant 14 000 milliards de dollars. Ces entités sont de nature fondamentalement différente et moins régulées que les banques et les assureurs. Elles les remplacent progressivement dans plusieurs domaines. Apollo, pionnier du capital-investissement, est devenu en 2022 le premier émetteur d’annuités d’assurance-vie aux États-Unis après sa fusion avec sa filiale d’assurance.

    En dix ans, la valeur des titres américains détenus par des non-résidents a doublé.

    Ces groupes financent à la fois les ménages et des entreprises de premier plan, comme Intel. À lui seul, Apollo a prêté 200 milliards de dollars en 2024, contre 120 milliards de croissance nette pour les banques traditionnelles. Dans le secteur du trading, des sociétés comme Jane Street rivalisent désormais avec les grandes institutions : en 2024, elle a dégagé autant de revenus de courtage que Morgan Stanley.

    Les gestionnaires d’actifs orientent les capitaux vers des usages productifs, notamment dans les technologies de rupture. Le développement de l’intelligence artificielle est largement soutenu par le capital-risque et par des titres adossés à des infrastructures comme les centres de données. Cette efficacité a favorisé un afflux de capitaux étrangers. En dix ans, la valeur des titres américains détenus par des non-résidents a doublé, atteignant 30 000 milliards de dollars.

    Ce mode de financement suscite l’intérêt de l’Europe et de l’Asie, où les systèmes bancaires traditionnels peinent à mobiliser des ressources comparables. L’Union européenne s’efforce de construire un marché de capitaux unifié pour soutenir l’investissement. Cette transformation comporte néanmoins des risques. Le premier tient à l’absence de précédents.

    Les banques sont de plus en plus exposées aux acteurs non bancaires.  

    Les gestionnaires d’actifs n’ont jamais traversé de crise systémique. Il est difficile d’anticiper leurs comportements en cas de choc. Une panique ne peut être exclue. Si les souscripteurs d’annuités ou les apporteurs de capitaux redoutent des pertes, des retraits massifs pourraient engendrer un effet de contagion. Les banques sont en outre de plus en plus exposées aux acteurs non bancaires. Depuis 2020, les prêts bancaires à ces derniers ont doublé, atteignant 1 300 milliards de dollars. Les montants prêtés aux hedge funds sont passés de 1 400 à 2 400 milliards de dollars.

    L’opacité constitue une autre menace. Contrairement aux actifs côtés, les actifs non cotés sont peu liquides et rarement évalués à leur juste valeur. Des déséquilibres peuvent demeurer invisibles jusqu’à leur réévaluation brutale, entraînant des pertes en chaîne chez les investisseurs finaux.

    Les tensions institutionnelles, l’instabilité réglementaire et le ralentissement économique fragilisent l’ensemble du système. En cas de crise, se posera inévitablement la question du traitement des fonds gérés par les acteurs non bancaires, souvent au bénéfice d’investisseurs fortunés. Le sauvetage du secteur bancaire en 2008 a créé des crispations au sein des populations. Dans un contexte populiste, les gouvernements auront-ils les mêmes marges de manœuvre ? Néanmoins, face à une crise de nature systémique, ces derniers ont peu d’alternatives. La faillite de Lehman Brothers s’est révélée extrêmement coûteuse pour les États et les contribuables.

    En 2008, les grandes puissances avaient réagi collectivement dans le cadre du G20. Avec le retour du pouvoir de Donald Trump, le multilatéralisme n’est plus de mise, ce qui est une source évidente d’incertitudes en cas de survenue d’une crise de grande ampleur.

  • Inde, Pakistan, Ukraine, Russie, Taïwan : Incertitude sur l’avenir pour les expatriés ?

    Inde, Pakistan, Ukraine, Russie, Taïwan : Incertitude sur l’avenir pour les expatriés ?

    Notre invitée Anne Genetet, députée de la 11e circonscription des Français établis hors de France. Dans un contexte mondial en constante évolution, nous avons évoqué la situation dans plusieurs pays de la 11e circonscription qui soulève des préoccupations majeures pour nos concitoyens vivant à l’étranger. On pense à l’Inde, au Pakistan, l’Ukraine ou encore la Russie. L’occasion également de revenir sur la récente visite du Président de la République en Asie du Sud-Est (Vietnam, Indonésie et Singapour).

    Ecouter le podcast avec Anne Genetet

    Les pays en crise, le soutien de la France !

    Au cours du podcast, la députée explique les mesures mises en place par le gouvernement français pour soutenir les Français dans les zones de crise, notamment à travers le Centre de Crise et de Soutien (CDCS) au Quai d’Orsay. 

    « Nous sommes tous face à une incertitude sur l’avenir. », tient-elle à préciser, ajointant, « La France est le seul pays qui vraiment essaye d’être au plus près de ses concitoyens, de ses ressortissants, y compris de ce qu’on appelle les personnes protégées. »

    Anne Genetet, députée de la 11e circonscription des Français établis hors de France

    Elle revient dans l’interview sur la place pour  les Français à l’étranger du registre consulaire. Elle invite tous les expatriés à s’inscrire dans les consulats pour recevoir les informations qualifiées et les alertes.

    « Inscrivez-vous dans nos consulats. C’est le meilleur moyen d’avoir une information qualifiée, de qualité, qui puisse vous alerter sur les mesures et les précautions à prendre. »

    Anne Genetet, députée de la 11e circonscription des Français établis hors de France

    C’est aussi l’occasion de rappeler le rôle primordial en cas de crise dans un pays, des « îlotiers ».

    Leur rôle ? Bénévoles et volontaires, ces personnes, issues de la communauté française, en lien privilégié avec les consulats, ont la charge d’alerter et de contacter les ressortissants en cas de crise. Elle insiste sur l’importance de la collaboration avec les autorités locales pour une réponse efficace.

    « Pratiquement tous les pays en dehors de l’Union européenne sont organisés ainsi. »

    Anne Genetet, députée de la 11e circonscription des Français établis hors de France

    Un voyage avec Emmanuel Macron en Asie

    Avec Anne Genetet, on revient évidemment sur la récente visite du Président de la République en Asie du Sud-Est, soulignant la stratégie indo-pacifique de la France.

    Elle nous explique que la France cherche à promouvoir une voie singulière, distincte de l’agressivité américaine et de l’impérialisme chinois, en favorisant la liberté de circulation et la souveraineté des États.

    Anne Genetet avec Emmanuel Macon à Singapour
    Anne Genetet avec Emmanuel Macon à Singapour

    « Nous, on porte une autre voie dans laquelle on veut, comme vous, assurer une liberté de circulation sur les mers dans la région. »

    Anne Genetet, députée de la 11e circonscription des Français établis hors de France

    Projet de loi et protection sociale

    Enfin, on conclut ce podcast avec Anne Genetet en abordant le projet de loi sur les Français de l’étranger insistant sur le volet social.

    Elle y souligne la nécessité de soutenir ceux qui sont dans des situations subies, tout en appelant à plus de discernement et de critères stricts pour éviter les abus.

    « Oui, pour l’aide, mais avec beaucoup plus de discernement, beaucoup plus d’exigence, des critères beaucoup plus forts parfois. »

    Anne Genetet, députée de la 11e circonscription des Français établis hors de France

    La députée renaissance lance une réflexion sur la nécessité de soutenir les Français à l’étranger de manière équitable et responsable, en tenant compte des contraintes budgétaires et des besoins réels.

    « Il faut réfléchir au soutien que la France apporte à ses ressortissants. Quel soutien ? Et pourquoi ? »

    Anne Genetet, députée de la 11e circonscription des Français établis hors de France

  • L’Europe face au démon bureaucratique

    L’Europe face au démon bureaucratique

    DP World, filiale de Dubai World — la société de participation détenue par le gouvernement de Dubaï (Émirats arabes unis) — est le troisième exploitant portuaire mondial, avec 49 terminaux répartis à travers le globe. Afin de répondre aux exigences réglementaires de l’Europe, l’entreprise émiratie a lancé, il y a quelques années, un vaste chantier de mise en conformité, notamment en matière de durabilité et de devoir de vigilance. L’exercice imposait la collecte et le suivi de plus de 170 indicateurs. Pour y parvenir, DP World a fait appel à des cabinets de conseil, renforcé ses équipes internes et investi dans de nouveaux logiciels. Tout ce travail s’est cependant révélé vain : in fine, l’Union européenne a décidé de modifier ses règles. Cette instabilité réglementaire, perçue comme une forme de bureaucratie sclérosante, inquiète les entreprises, d’autant qu’elle semble permanente.

    L’annonce d’un plan de simplification visant à réduire de 25 % la charge déclarative imposée aux entreprises d’ici 2029 — avec un effort accru pour les PME — n’a que partiellement rassuré les milieux économiques. Certaines entreprises, à l’instar de DP World, redoutent des changements soudains affectant des cadres normatifs mis en place après de longues années de concertation. Elles appellent à plus de « cohérence, clarté et stabilité ». D’autres jugent que la Commission européenne se contente de réaménager des textes qu’il conviendrait d’abroger purement et simplement. Seuls les cabinets de conseil et les lobbyistes, qui anticipent une demande accrue d’assistance réglementaire, semblent se réjouir de cette complexité croissante. La simplification administrative est pourtant devenue un impératif stratégique pour l’Union européenne.

    Une « menace existentielle » pour l’économie européenne.

    Dans son rapport de 400 pages remis en 2023, Mario Draghi n’hésitait pas à qualifier la situation de « menace existentielle » pour l’économie européenne. Entre 2019 et 2024, près de 14 000 actes juridiques ont été adoptés. Le coût de mise en conformité à la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) estimé, pouvant aller de 150 000 euros pour une entreprise non cotée à un million d’euros pour une société cotée. Le RGPD (Règlement général sur la protection des données), quant à lui, entraînerait des charges encore plus lourdes. Il est souvent perçu comme un frein à l’innovation, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle qui repose sur des traitements massifs de données. De nombreuses entreprises européennes auraient ainsi réduit leurs capacités de stockage et de traitement des données par crainte d’enfreindre les règles.

    Les efforts de simplification engagés par la Commission, souvent présentés sous forme de « paquets omnibus », restent à ce jour modestes. S’agissant des normes ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance), Bruxelles propose de reporter certaines échéances et d’exempter davantage de petites entreprises. Mais ces ajustements sont jugés insuffisants pour restaurer l’attractivité du marché européen. Pire encore, ils génèrent de nouvelles incertitudes. Les grandes entreprises font valoir qu’elles ne peuvent produire des données ESG fiables si leurs sous-traitants et fournisseurs ne sont pas soumis aux mêmes obligations. Quant aux petites structures, elles oscillent entre poursuite de leurs efforts ou abandon pur et simple.

    En mai 2025, la Commission a proposé d’exempter 38 000 PME supplémentaires de l’obligation de tenue de registre dans le cadre du RGPD. La commissaire en charge du numérique, Henna Virkkunen, a indiqué que d’autres modifications étaient à l’étude, s’inquiétant de l’impact négatif de la réglementation sur l’innovation en IA et de l’hétérogénéité des pratiques entre États membres. Même l’AI Act, pourtant récemment adopté en 2024, pourrait être revu. La commissaire rappelle que les règles sur le droit d’auteur devront continuer de protéger les industries culturelles tout en permettant aux développeurs d’IA d’accéder aux contenus nécessaires à l’entraînement de leurs modèles.

    Commission européenne à Bruxelles ©UE
    Commission européenne à Bruxelles ©UE

    Ces mêmes États exigent aujourd’hui des coupes drastiques dans des corpus réglementaires qu’ils ont contribué à bâtir.

    Le paradoxe est frappant : les normes européennes, parfois exigées par les professionnels eux-mêmes pour freiner la concurrence américaine, se retournent désormais contre leurs promoteurs. L’inflation normative résulte souvent du jeu des lobbys sectoriels et des demandes spécifiques d’États membres. Ces mêmes États exigent aujourd’hui des coupes drastiques dans des corpus réglementaires qu’ils ont contribué à bâtir. Le président Emmanuel Macron a ainsi récemment plaidé pour l’assouplissement de certaines obligations en matière de durabilité.

    Ce recul réglementaire, notamment dans le domaine de l’ESG, marque une forme d’alignement sur le modèle américain, pourtant honni, et vient conforter les critiques de Donald Trump qui dénonce depuis des années les normes environnementales européennes comme autant de barrières non tarifaires. Il réclame désormais qu’elles soient remises à plat dans le cadre des négociations commerciales transatlantiques.

    La simplification administrative est une nécessité si l’Union européenne veut préserver sa compétitivité sans sacrifier ses ambitions en matière de durabilité, de transparence et de souveraineté numérique. Mais pour qu’elle soit crédible, cette simplification doit s’inscrire dans une vision cohérente, lisible et stable, et non dans un enchaînement d’ajustements improvisés.

    L’Union ne doit pas céder à la tentation du renoncement sous la pression des cycles politiques ou des intérêts sectoriels. La régulation ne peut être un labyrinthe en perpétuelle mutation.

  • L’Ukraine, l’UE et les agriculteurs

    L’Ukraine, l’UE et les agriculteurs

    Alors que l’Union européenne envisage l’adhésion de l’Ukraine, les inquiétudes se multiplient au sein des États membres quant aux répercussions possibles sur la politique de cohésion et les financements agricoles, deux piliers de la solidarité européenne. En Hongrie, ces préoccupations sont particulièrement marquées.Les dirigeants agricoles hongrois, soutenus par les principaux organismes agricoles de l’UE tels que le COPA-COGECA, ont organisé une manifestation à Bruxelles, avertissant que l’adhésion de l’Ukraine pourrait réduire le financement actuel de la Politique agricole commune (PAC) jusqu’à 25 %.

    Selon Zsolt György Papp, président de la Chambre nationale d’agriculture de Hongrie (NAK), cela menacerait gravement les moyens de subsistance des agriculteurs de Hongrie et d’autres pays d’Europe de l’Est.

    « Nous devons protéger le système de soutien agricole de l’UE des conséquences de l’adhésion de l’Ukraine », a déclaré Zsolt György Papp, soulignant que la sécurité alimentaire et la durabilité rurale, qui représentent quelque 400 milliards d’euros, sont en jeu.

    La manifestation a coïncidé avec des révélations de plans de la Commission européenne suggérant que le financement de l’agriculture pourrait être intégrée dans un « mega-fonds » plus large comprenant les dépenses de cohésion et de défense.

    Les critiques affirment que cela diluerait les fonctions essentielles de la PAC, à savoir l’aide au revenu de base, l’investissement dans l’agro-technologie et les mesures de durabilité.

    Tibor Cseh, vice-président de la NAK, a mis en garde contre les « efforts législatifs furtifs » visant à fusionner les fonds de la PAC et de la cohésion, qui pourraient réduire considérablement la part de l’agriculture dans le budget de l’UE.

    L’impact de l’agriculture hongroise

    Les responsables hongrois se sont fait l’écho de ces préoccupations. L’eurodéputé du Fidesz, Csaba Dömötör, a accusé Bruxelles de se préparer à démanteler la PAC pour réaffecter des fonds à l’adhésion de l’Ukraine et à d’autres programmes idéologiques.

    « La première victime sera l’aide à la surface », a-t-il déclaré à Bruxelles, faisant référence à l’aide directe au revenu dont dépendent plus de 150 000 agriculteurs hongrois.

    Csaba Dömötör a affirmé que la vaste base agricole de l’Ukraine — plus de 40 millions d’hectares — pourrait inonder les marchés de l’UE avec des produits moins chers, dont beaucoup sont traités avec des substances interdites dans l’UE, ce qui aurait pour effet d’affaiblir les producteurs locaux.

    Il a averti que la politique de cohésion pourrait également être compromise. S’exprimant lors d’un forum du Fidesz à Zalaegerszeg, il a déclaré que les fonds de cohésion et les fonds agricoles de la Hongrie pourraient être considérablement réduits, tandis que l’ouverture des marchés aux produits ukrainiens pourrait avoir lieu avant même l’adhésion à part entière. Il a affirmé que cela aurait de « graves conséquences » pour l’économie rurale hongroise.

    Le tournant agricole

    Ces points de vue s’inscrivent dans le cadre d’un débat politique plus large à Bruxelles. Une note d’information du Service de recherche du Parlement européen (EPRS) souligne le rôle de la politique de cohésion dans le soutien aux jeunes agriculteurs et au développement rural par le biais d’instruments tels que le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER).

    Bien que le rapport ne mentionne pas spécifiquement la Hongrie, il souligne à quel point la PAC et le financement de la cohésion sont conjointement essentiels pour lutter contre le déclin démographique et les disparités économiques dans les zones rurales.

    Une récente analyse de la Fondation Robert Schuman renforce ces inquiétudes. Des pays comme la Hongrie, la Pologne et la Roumanie ont vu leur production chuter fortement en 2024 — parfois de plus de 15 % — au cours d’une année que la fondation décrit comme un « tournant » pour l’agriculture européenne, marquée par des extrêmes climatiques, des ralentissements économiques et des incertitudes géopolitiques.

    L’analyse souligne que ces difficultés ont aggravé les conditions économiques dans les zones rurales et suscité un mécontentement politique. Dans certaines régions, les politiques de l’UE sont perçues avec méfiance, rappelant les souvenirs douloureux du contrôle extérieur passé. Il en résulte une frustration croissante à l’égard de ce qui est perçu comme des réglementations uniformes qui ne tiennent pas compte des réalités locales.

    Grande moissonneuse-batteuse récoltant les cultures et remplissant une remorque tracteur, vue aérienne. Capturée par un opérateur de drone autorisé avec une autorisation pour le travail aérien.

    Des dés à forts enjeux

    Alors que des pays occidentaux comme la Suède et le Luxembourg sont parvenus à stimuler leur production grâce à des investissements stratégiques et à des mesures d’adaptation, de nombreux agriculteurs d’Europe centrale et orientale peinent à suivre le rythme.

    Ils se sentent coincés entre les règles environnementales et les pressions du marché, d’autant plus que les importations bon marché et les accords commerciaux inégaux, tels que l’accord controversé avec le Mercosur, sont perçus comme sapant leurs efforts.

    La Commission a promis de simplifier les réglementations et de soutenir les petites exploitations agricoles, mais ces promesses doivent être soutenues par des financements et adaptées aux conditions diverses de l’Europe centrale et orientale. La technologie et l’innovation — y compris les outils numériques et l’agriculture de précision — sont considérées comme la clé de l’avenir. Mais les petites exploitations de la région risquent de ne pas disposer des ressources nécessaires pour les adopter rapidement.

    Cet article fait partie de l’édition spéciale de notre partenaire, le média référence de la sphère européenne, Euractiv, Cohésion sous pression : la Hongrie teste les lignes rouges de l’UE.

  • 1 enfant français décède en Autriche dans la fusillade de Graz

    1 enfant français décède en Autriche dans la fusillade de Graz

    Un ancien élève de 21 ans a tué par balles neuf personnes dans un établissement scolaire de Graz en Autriche ce mardi 10 juin 2025. Un drame sans précédent dans le pays alpin qui a décrété trois jours de deuil national. Au moins 3 familles françaises y ont des enfants scolarisés. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    10 morts dont le tireur

    Un ancien élève de 21 ans a tué par balles 10 personnes dans un établissement scolaire de Graz en Autriche dont un jeune Français expatrié avec sa famille.

    Parmi les victimes figurent six personnes de sexe féminin et trois de sexe masculin. Leur âge n’a pas été précisé.

    En Autriche une fusillade à Graz ce 10 juin 2025 ©AFP
    En Autriche une fusillade à Graz ce 10 juin 2025 ©AFP

    L’auteur présumé a agi seul et s’est donné la mort dans les toilettes, selon la police qui s’est refusée à toute spéculation sur son mobile à ce stade. Le jeune homme, un Autrichien originaire de la région, a utilisé pour commettre l’attaque un fusil et une arme de poing qu’il détenait légalement. Il avait été scolarisé dans cet établissement secondaire accueillant des élèves de 14 à 18 ans, mais n’avait pas terminé son cursus.

    Les lieux ont été rapidement sécurisés et évacués et les adolescents pris en charge par une cellule de crise. Mais une question se pose, comment a-t-il pu accéder à une arme. Alors que les détenteurs d’armes en Autriche sont soumis à la détention d’un permis.

    1 jeune Français parmi les victimes

    En écrivant ces lignes, nous apprenions qu’un jeune adolescent français faisait partie des victimes. Et ce alors que l’Autriche figure parmi les dix États les plus sûrs du monde, d’après l’Indice mondial pour la paix (Global Peace Index), qui prend en compte le taux d’homicide aux côtés d’autres indicateurs comme la militarisation et les conflits.

    En Autriche une fusillade à Graz ce 10 juin 2025 ©AFP
    En Autriche une fusillade à Graz ce 10 juin 2025 ©AFP

    En sus, Les Français sont nombreux dans cette région qu’ils ont découverte, souvent en Erasmus, et qui y sont restés souvent par amour. Près de 1000 compatriotes sont installés dans ce secteur (600 inscrits au registre consulaire). Au moins 3 familles y ont des enfants scolarisés dont celle du garçon décédé, le fils d’un ancien Garde républicain engagé dans les activités associatives françaises sur place.

    Émotion dans la communauté française

    En quelques minutes grâce à la mobilisation d’élus consulaires comme Patrick Ugo, Vincent Roué, Frédéric Le Vouëdec-Guéganno ou Fabrice Tressard, l’information a été transmise au consulat et aux autorités françaises.

    Sans voix, ils ont la lourde tâche d’accompagner les familles françaises dans cette épreuve alors que les premières questions sur l’organisation de la sécurité des Français en Autriche se posent. Comme souvent dans les pays occidentaux, aucun dispositif d’îlotiers a été mis en place. Obligeant, élus, administration comme les citoyens à communiquer comme ils le peuvent et peut-être, parfois, maladroitement quand la communauté française est confrontée à des évènements nécessitant une solidarité et une cohésion de ses membres.

    Ce sujet était d’ailleurs évoqué par les élus consulaires lors de leurs réunions, mais même avec îlotiers, le drame n’aurait pas pu être évité. La sécurité de tous étant, évidemment, la responsabilité de l’État de résidence.

  • Les Savoyards du Monde s’engagent pour l’enfance

    Les Savoyards du Monde s’engagent pour l’enfance

    Les Savoyards du Monde invitent le public à un moment fort de témoignage et d’humanité, à l’occasion d’une conférence exceptionnelle donnée par Benoît Duchâteau-Arminjon, lauréat du 1er prix des Trophées des Savoyards du Monde 2019. Intitulée « Pour l’enfance cambodgienne, agir et transmettre », cette rencontre se tiendra le jeudi 12 juin à 17h45, dans la prestigieuse Salle du Comte Rouge, au Château des Ducs de Savoie à Chambéry.

    Cette conférence se déroulera alors que les inscriptions aux trophées des Savoyards du monde seront ouvertes et ce jusqu’au 5 Juillet. Cet évènement phare de l’association permet de récompenser des Savoyards de l’étranger aux actions emblématiques.

    Une vie tournée vers les enfants les plus vulnérables

    Fondateur de l’ONG Krousar Thmey (« Nouvelle Famille »), Benoît Duchâteau-Arminjon œuvre depuis plus de trente ans au Cambodge en faveur des enfants défavorisés. À travers des actions pionnières — éducation des enfants sourds et aveugles, lutte contre l’exploitation, accompagnement d’orphelins — son engagement témoigne d’une profonde volonté de reconstruire un avenir digne pour les plus vulnérables, dans un pays marqué par les blessures du génocide khmer rouge.

    Benoît Duchâteau-Arminjon © Cambodge mag
    Benoît Duchâteau-Arminjon © Cambodge mag

    Ainsi, son intervention mettra en lumière les enjeux actuels de la solidarité internationale, mais aussi les valeurs de transmission, d’humilité et de coopération interculturelle qui ont guidé son parcours. Lauréat 2019 des Trophées des Savoyards du Monde, il incarne pleinement cet esprit d’ouverture et de responsabilité que l’association s’attache à promouvoir.

    Rendez-vous à Chambéry

    Ce rendez-vous du 12 juin s’inscrit dans la continuité des initiatives portées par les Savoyards du Monde pour donner la parole à celles et ceux qui agissent, dans l’ombre ou dans la lumière, au service du bien commun.

    📅 Date : Jeudi 12 juin 2025
    🕔 Heure : 17h45
    📍 Lieu : Salle du Comte Rouge, Château des Ducs de Savoie, Chambéry
    🎟️ Entrée libre – dans la limite des places disponibles

    Une rencontre à ne pas manquer pour toutes celles et ceux qui souhaitent conjuguer attachement aux racines, ouverture au monde et engagement solidaire.

    Château des ducs de Savoie
    Château des ducs de Savoie

    Une association au service du rayonnement savoyard

    Créée pour tisser des liens durables entre les Savoyards de l’étranger et leur territoire d’origine, l’association Savoyards du Monde, présidée par Laurent Rigaud, valorise chaque année les parcours singuliers de celles et ceux qui portent haut les couleurs de la Savoie dans le monde. Son action repose sur un socle de convivialité, de mémoire partagée et de reconnaissance des talents. Le site officiel de l’association permet de suivre l’actualité et les préparatifs des prochains Trophées.

    Les lauréats, entourés par les partenaires des trophées 2024. © Savoyards du monde
    Les lauréats, entourés par les partenaires des trophées 2024. © Savoyards du monde

    Véritable « réseau vivant d’histoires individuelles, d’enracinement et de mobilité », elle est composée femmes et d’hommes qui, tout en parcourant le monde, continuent de faire rayonner leur terre d’origine et qui en incarnent les valeurs. L’association fait partie de ces réseaux régionaux qui structurent la communauté française à l’étranger, au même titre que les Alsaciens ou Bretons qui possèdent des groupes à l’étranger. La remise des trophées des Savoyards du monde est l’évènement phare de l’année. L’année 2025 en sera la 6ème édition.

    Les Trophées des Savoyards du Monde, événement phare de l’année

    L’appel à candidatures pour la prochaine édition des Trophées est désormais ouvert ! L’association récompense chaque année des parcours inspirants de Savoyards vivant à l’étranger ou impliqués à l’international. Les dossiers peuvent être déposés en ligne avant le 5 juillet. Toutes les modalités pratiques sont détaillées sur le site officiel des Savoyards du Monde. Pour candidater c’est ici

    La remise des prix aura lieu le 2 août à Aix-les-bains.

    Laurent Rigaud
    ©Laurent Rigaud
    Échange avec le président de la fédération « Savoyards du Monde », Laurent Rigaud

    Laurent Rigaud : « Notre objectif, créer de l’entraide et du lien vivants »

    Lesfrancais.press : « Monsieur le président, la conférence du 12 juin met en valeur un récipiendaire du trophée, Benoît Duchâteau-Arminjon. Parlez-nous de l’origine de cette rencontre avec ce Savoyard de l’étranger ? »

    Laurent Rigaud : « Nous avons entendu parler de Benoît par des amis qui vivaient en Asie. Il a fait un travail énorme au Cambodge pendant plus de 30 ans. Pour la première édition des trophées de 2019 nous l’avons naturellement contacté. Sur 35 dossiers reçus il sortait clairement du lot. Il a gagné le premier prix et on le suit depuis lors. Comme nous avons décidé de faire des conférences dans les pays de Savoie pour mettre en valeur les Savoyards expatriés et nous faire connaître sur nos terres, il était naturel de se tourner vers lui.

    « La première des valeurs c’est l’entraide entre Savoyards »

    Laurent Rigaud, Président de la fédération Savoyards du Monde

    Avec nos trophées on récompense des entrepreneurs, des artistes, des associatifs, une grande variété de destins et de projets. Je pense par exemple à ce Savoyard qui est un missionnaire engagé auprès des enfants des rues au Brésil. Il a reçu un trophée en 2023. En 2021, nous avons voulu récompenser un chanteur Savoyard qui chante en Chine et qui est suivi par des dizaines de milliers de gens alors qu’il est totalement inconnu dans l’hexagone. L’année dernière nous avons récompensé Olivier Goy qui est atteint de la maladie de Charcot et qui est devenu un des porte-parole pour collecter de l’argent et faire avancer la recherche sur cette terrible maladie. Ces lauréats représentent tous un visage différent de la Savoie mais portent des valeurs communes. »

    Lesfrancais.press : « Quelles sont ces valeurs partagées justement ? »

    Laurent Rigaud : « La première des valeurs c’est l’entraide entre Savoyards. Au-delà de la promotion de notre région, si on regarde l’historique de l’immigration savoyarde depuis le 18ème siècle on voit que les immigrés Savoyards s’entraidaient et promouvaient des valeurs de partage et de soutien dans les pays où ils émigraient. La diaspora savoyarde à Paris qui s’établit il y a deux siècles c’est avant tout autour de valeurs d’entraide, de contact, de mise en relations humaines qu’elle va se développer. Avec aussi une confiance partagée pour avancer dans des projets concrets. Il y avait aussi de l’entraide vis-à-vis de ceux qui étaient restés au pays. Le soutien à la scolarisation dans des écoles laïques pour les enfants restés au village était ainsi valorisé. Plus récemment, en Argentine on a créé des centres culturels, en Uruguay également, qui sont aidés dans leurs activités par les Savoyards de Savoie.

    Lesfrancais.press : « Quelle sera la spécificité de l’édition des trophées cette année ? »

    Laurent Rigaud : « Chaque année on a des éditions un peu spécifiques, fonction de la sociologie des candidats. On va parfois solliciter des candidats qu’on détecte à travers la presse. Il y a 6 trophées différents donc on essaie de ventiler les candidatures entre les différentes catégories.

    « Être reconnu par les siens est toujours très touchant pour les lauréats des trophées des Savoyards du monde »,

    Laurent Rigaud, Président de la fédération Savoyards du Monde

    Nous sommes très attentifs vis-à-vis des jeunes qui portent nos valeurs et qui sont des symboles de réussite. Cette phase de détection est très intéressante pour nous. Car elle permet aussi de compléter notre maillage géographique et d’identifier des Savoyards emblématiques. Être reconnu par les siens est toujours très touchant pour les lauréats y compris pour des Savoyards qui sont déjà une renommée ou une notabilité dans leurs pays de résidence. »

    Lesfrancais.press : Comment voyez-vous l’avenir ?

    Laurent Rigaud : « Notre objectif est d’avoir un réseau mondial encore plus dense. Nous avons déjà identifié 10 000 Savoyards dans 62 pays. On a une vingtaine d’associations et une quinzaine de délégués partout dans le monde. Nous allons continuer à élargir ce réseau solidaire qui permet par exemple à des jeunes qui partent en stage à l’étranger d’avoir des contacts locaux. On continue de faire ce que nos ancêtres ont fait avant nous. De créer de l’entraide et du lien vivants. »

  • Londres dit adieu au « non-dom »

    Londres dit adieu au « non-dom »

    Le domicile fiscal, jusque-là, relevait au Royaume-Uni d’un étrange flou romantique, presque aristocratique : un héritage, un lieu d’origine, un passé familial. Désormais, place au concret, au mesurable. La résidence devient l’unique boussole. En renonçant au principe de non-domiciliation, Londres referme un vieux chapitre d’exception britannique et engage son système fiscal sur la voie de la normalisation. Une onde de choc pour les expatriés fortunés, un nouveau défi pour les conseillers fiscaux.

    Lesfrançais.press fait le point pour les Français de l’étranger et partage avec vous l’éclairage et les analyses d’un expert fiscal alors que le Royaume-Uni abandonne le statut du « non-dom”.

    Le mirage fiscal s’effondre

    Annoncée en 2024 par le gouvernement conservateur, cette réforme marque une nette amélioration du système, perçu désormais comme plus transparent et équitable. Mais certains points restent encore débattus. Et une question divise, à mi-chemin entre équité fiscale et stratégie d’attractivité :  est-ce vraiment le bon moment pour basculer vers une imposition mondiale ?

    Trouver cet équilibre est un exercice délicat, qui doit concilier justice fiscale pour les résidents permanents et attractivité du pays pour les nouveaux venus.

    Aujourd’hui, plusieurs millions de personnes vivent au Royaume-Uni sans y être domiciliées. La plupart ne perçoivent pas de revenus étrangers suffisants pour être imposés — et ceux qui en ont, partent, le plus souvent, avant leur septième année (échéance obligeant à se conformer aux taxations britanniques).

    Mais pour l’instant, selon les chiffres officiels, seulement environ 5 500 contribuables verront leur imposition augmenter mais de façon spectaculaire, parfois de plusieurs centaines de milliers de livres par an, un choc fiscal considérable pour ce petit groupe à hauts revenus.

    Dans les coulisses de la réforme : entretien avec un fiscaliste de la City

    Pour bien cerner les enjeux, nous avons interrogé Franck Lavoyer, conseiller fiscal au sein du cabinet St Matthew. Spécialisé dans l’accompagnement des entreprises, son cabinet ne conseille pas directement les particuliers, mais accompagne ses clients professionnels dans l’adaptation comptable et administrative aux évolutions législatives. Voici ses éclairages :

    ©stmatthew.fr
    ©stmatthew.fr

    « Fin du remittance basis : changements significatifs et départs ciblés »

    Franck Lavoyer : « La suppression du régime « remittance basis », effective dès le 6 avril 2025, constitue une évolution majeure. Les nouveaux arrivants bénéficieront d’un régime simplifié, « Foreign Income & Gains », qui leur permettra d’être exonérés d’impôt sur leurs revenus étrangers pendant quatre ans, avant une taxation mondiale complète.

    Certains médias évoquent jusqu’à 10 800 départs de millionnaires en 2024, mais dans les faits, nous observons surtout des réorganisations stratégiques des domiciles fiscaux personnels. La majorité de nos clients conserve leurs structures à Londres, attirés par les avantages durables de la City : un marché financier profond, une sécurité juridique forte, et un positionnement géographique stratégique pour les affaires internationales. 

    Illustration non-dom
    Illustration non-dom

    Les trois visages de l’expatriation fiscale :

    • Les résidents établis cherchent des juridictions fiscalement attractives comme Andorre, Gibraltar ou les Émirats Arabes Unis.
    • Les entrepreneurs tournés vers l’Asie privilégient la Thaïlande, dont la fiscalité territoriale, le coût de vie modéré et l’écosystème numérique dynamique offrent une alternative solide aux Émirats.
    • Les nouveaux arrivants au Royaume-Uni profitent de la période initiale de quatre ans sans impôt sur leurs revenus étrangers et envisagent une relocalisation future selon leurs besoins.

    Même lorsque les sociétés restent majoritairement basées à Londres, certaines activités sont parfois délocalisées à proximité des dirigeants pour optimiser efficacité et coûts. »

    Entre stratégie et adaptation : comment réagissent les entreprises ?

    « Chez St Matthew, la tenue comptable et la conformité avec Companies House et HMRC restent au cœur de l’activité. Mais la réforme impose aussi de renforcer :

    • La coordination internationale avec les conseils fiscaux des pays de résidence choisis par les dirigeants, pour faciliter le transfert des données financières essentielles (dividendes, rémunérations, certificats de flux financiers).
    • La veille réglementaire proactive, afin d’alerter les clients sur les impacts des évolutions fiscales internationales sur leurs obligations et distributions.

    « Résultat inattendu et positif : plusieurs clients découvrent qu’en combinant une résidence fiscalement avantageuse avec une société toujours basée à Londres, ils peuvent réduire leur charge fiscale globale, parfois en dessous de ce qu’ils supportaient sous l’ancien régime. »

    interrogé Franck Lavoyer, conseiller fiscal au sein du cabinet St Matthew.

    Pour ces dirigeants, cette stratégie personnelle représente un avantage tangible. »

    Pas un exil, mais une mue silencieuse

    « Ainsi, loin d’entraîner un exode massif de Londres, la réforme favorise une réorganisation réfléchie des flux financiers et des équipes. Cette restructuration stratégique est précisément ce que St Matthew accompagne au quotidien, garantissant rigueur comptable et fiabilité des informations transfrontalières.

    Le Royaume-Uni tourne la page d’une fiscalité jugée obsolète. Entre équité et attractivité, le pays réinvente son modèle d’imposition. Les expatriés, eux, doivent désormais composer avec ce nouveau cadre — un défi mais aussi une opportunité pour repenser leurs stratégies financières. 

    La City n’a pas perdu son éclat, mais elle change de lumière. À l’ère post-non-domiciliation, les expatriés n’abandonnent pas le navire : ils déplacent les voiles. Car même dans les eaux fiscales les plus mouvantes, celui qui sait lire le vent ne quitte pas la mer — il change simplement de cap. »

  • Correspondants Défense : un modèle républicain à réinventer pour les Français de l’étranger ?

    Correspondants Défense : un modèle républicain à réinventer pour les Français de l’étranger ?

    Peu connu du grand public, le Correspondant Défense joue pourtant un rôle clé dans le lien entre les citoyens et l’institution militaire. À l’heure où les menaces se mondialisent, pourquoi ne pas réinventer ce modèle républicain pour les Français de l’étranger ?

    Une fonction civique au service de la Nation

    Le Correspondant Défense est un conseiller municipal désigné pour être le relais entre les citoyens de sa commune et les institutions militaires françaises. Il incarne le lien entre la Nation et ses forces armées, en diffusant l’esprit de défense, en sensibilisant la jeunesse et en assurant le devoir de mémoire. Sa mission s’articule autour de trois axes principaux :

    • Informer sur la politique de défense et les engagements de la France à l’étranger ;
    • Sensibiliser la jeunesse, notamment via le recensement, la Journée Défense et Citoyenneté (JDC), et les opportunités professionnelles offertes par les armées ;
    • Faire vivre la mémoire nationale, par l’organisation de cérémonies, de témoignages et de projets éducatifs.

    Ainsi, ce correspondant agit en lien étroit avec la Délégation militaire départementale (DMD), qui l’accompagne dans ses démarches et l’oriente dans ses actions.

    Tirs conjoint français roumain exercice Black Scorpion - © Jérôme /EMACOM/Défense
    Tirs conjoint français roumain exercice Black Scorpion – © Jérôme /EMACOM/Défense

    Dans cette perspective, le Guide pratique 2025 publié par le ministère des Armées lui fournit un éventail d’outils : propositions d’actions concrètes, modèles de contacts, documentation officielle, conseils pédagogiques, accès à des subventions. Objectif : faire de chaque Correspondant Défense un animateur engagé de la citoyenneté et de l’esprit de défense dans son territoire.

    Télécharger le guide du Correspondant Défense


    Concrètement, que fait un Correspondant Défense ?

    Il ne s’agit pas d’un rôle honorifique. Le guide détaille une trentaine d’actions très concrètes :

    • Mettre en place une rubrique « défense » dans le bulletin municipal
    • Organiser des conférences sur les enjeux stratégiques contemporains
    • Encourager les jeunes à visiter des sites militaires ou à assister à des commémorations
    • Faciliter les projets pédagogiques dans les écoles sur la mémoire des conflits ou les métiers de la défense
    • Faire intervenir des réservistes ou anciens combattants dans les établissements scolaires
    • Diffuser les informations sur le Service militaire volontaire (SMV), le Service national universel (SNU) ou les préparations militaires

    Ces actions s’inscrivent dans un cadre souple et évolutif, avec un seul mot d’ordre : mobiliser les citoyens autour des valeurs de la République et de la défense nationale.

    Pourquoi ce rôle est-il stratégique aujourd’hui ?

    À l’heure où la France renforce ses moyens de défense face aux menaces multiples (cyberattaques, instabilité géopolitique, guerre informationnelle), la mobilisation des citoyens est plus que jamais nécessaire. Le Correspondant Défense contribue à entretenir cette vigilance républicaine. Il rappelle que la sécurité du pays ne dépend pas seulement des militaires, mais aussi du soutien actif des citoyens, de leur compréhension des enjeux, et de leur engagement, notamment des jeunes.

    Le Correspondant Défense est l’un des maillons de cette chaîne. Il contribue à :

    • renforcer la culture de sécurité dans la population ;
    • mobiliser la jeunesse autour des questions d’engagement et de résilience ;
    • lutter contre la désinformation en relayant des sources fiables sur l’actualité militaire ;
    • faire vivre une mémoire partagée, gage d’unité nationale.

    Le guide 2025 insiste sur cette mission de transmission et de pédagogie, essentielle pour préparer les générations futures à faire face aux défis qui se présentent.

    Une transposition à l’étranger : une évidence ?

    Et si cette dynamique citoyenne franchissait les frontières ? Les Français établis hors de France, tout particulièrement dans les grandes circonscriptions consulaires, sont souvent éloignés des réflexes et des symboles républicains.

    illustration de transmission de messages militaires
    illustration de transmission de messages militaires

    Pourtant, les enjeux de défense les concernent aussi : opérations extérieures, sécurité des communautés françaises, rayonnement militaire, coopération de défense avec les pays hôtes, carrières militaires ouvertes aux jeunes expatriés…

    Dans ce contexte, la création d’un Correspondant Défense au sein des Conseillers des Français de l’étranger (CdFE), ou directement rattaché aux consulats, serait une évolution naturelle et stratégique. Plusieurs arguments plaident en faveur de cette extension :

    • Rapprocher les jeunes expatriés de leur citoyenneté : Le recensement, la Journée Défense et Citoyenneté (JDC), le Service National Universel (SNU) ou encore les préparations militaires sont souvent peu connus à l’étranger. Un Correspondant Défense pourrait devenir l’interlocuteur naturel des familles, des lycées français et des associations de jeunesse.
    • Valoriser les carrières de la défense auprès des jeunes binationaux : Ces derniers ignorent souvent qu’ils peuvent s’engager dans l’armée française, y effectuer un stage ou y trouver un débouché professionnel. Dans un monde concurrentiel, cette information est importante pour renforcer l’attractivité de nos forces armées.
    • Faire vivre la mémoire nationale à l’étranger : De nombreuses villes du monde accueillent des cérémonies du 8 Mai, du 11 Novembre ou de l’Appel du 18 Juin. Pourquoi ne pas structurer cette dynamique mémorielle avec le soutien d’un Correspondant Défense qui, en lien avec les établissements scolaires et les associations locales ou les délégations du Souvenir Français, proposerait témoignages, expositions, visites de lieux symboliques ou concours pédagogiques ?
    • Appuyer la diplomatie de défense : En lien avec l’Attaché de défense de l’ambassade, le Correspondant Défense pourrait faire rayonner les initiatives militaires françaises dans les cercles francophones ou francophiles, mais aussi faciliter la coopération locale (lycées, associations d’anciens combattants, centres culturels…).
    • Créer du lien intergénérationnel et interculturel : Par son action, le Correspondant Défense participerait à tisser un réseau de solidarité et de dialogue entre jeunes, anciens, militaires, élus et citoyens, renforçant l’appartenance républicaine au-delà des frontières.

    Les bénéfices seraient multiples :

    • Réduire la distance administrative et symbolique entre la République et ses citoyens de l’étranger
    • Fédérer les jeunes générations autour des valeurs de défense, de mémoire et d’engagement
    • Valoriser la présence française à l’étranger dans ses dimensions civiques, éducatives et stratégiques.

    Une expérimentation à imaginer

    Rien n’empêche aujourd’hui d’imaginer une expérimentation dans certaines circonscriptions volontaires. À titre d’exemple, des postes consulaires dans des pays partenaires de la France en matière de défense (Allemagne, Canada, Sénégal…) pourraient lancer un projet pilote avec un Correspondant Défense de l’étranger.

    Débat sur la défense nationale
    Débat sur la défense nationale

    Le ministère des Armées, en partenariat avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, (MEAE) pourrait concevoir une version allégée et adaptée du guide 2025. Les Conseillers des Français de l’étranger ou les représentants associatifs pourraient jouer un rôle moteur dans ce déploiement.

    Une citoyenneté républicaine à géométrie globale

    Les Correspondants Défense, dans leur version actuelle, incarnent une citoyenneté active, enracinée dans les territoires. Mais la République ne s’arrête pas aux frontières. Transposer ce modèle à l’étranger auprès de nos ressortissants, ce serait offrir aux expatriés un nouveau levier d’engagement, un moyen de renouer avec la mémoire, le service, l’information et les valeurs républicaines.

    Dans un monde en tension, renforcer l’unité des Français autour de leur défense n’a jamais été aussi nécessaire. Et cela commence peut-être… par un Correspondant Défense, là où on ne l’attend pas.

  • Bleue est notre planète !

    Bleue est notre planète !

    Les mers recouvrent 71 % de la surface du globe et génèrent à elles seules la moitié de l’oxygène que nous respirons. Elles captent entre un quart et un tiers du dioxyde de carbone émis chaque année par l’activité humaine, tout en absorbant plus de 90 % de l’excès de chaleur produit par notre croissance effrénée. Pour trois milliards d’êtres humains, la mer est l’assiette première, la source majeure de protéines. Les océans ne nourrissent pas seulement : ils transportent. Près de 90 % du commerce mondial transite par voie maritime. Et sous leurs profondeurs serpentent les artères invisibles de notre civilisation numérique : plus de 95 % des données internationales voyagent à travers des câbles sous-marins à fibre optique. Si notre dépendance aux océans est permanente, elle demeure trop souvent inconsciente pour ceux qui habitent notre planète.

    L’acidification des eaux, la montée du niveau marin, la raréfaction des espèces halieutiques ne sont pas des menaces futures, mais des réalités déjà en cours, qui affectent aujourd’hui la vie de milliards de personnes. Dans cet immense jeu d’échelles, la France porte une responsabilité singulière. Deuxième puissance maritime mondiale derrière les États-Unis, elle dispose de plus de 10 millions de kilomètres carrés d’espaces maritimes, répartis dans tous les bassins océaniques. Et pourtant, elle s’est longtemps pensée continentale, tournée vers l’Est et non vers le large. La frontière rêvée était le Rhin, non la mer. Sa capitale fut Paris, loin du littoral, et non Rouen ou Le Havre.

    La Méditerranée, trop souvent reléguée au second plan.

    Même la Méditerranée, pourtant berceau des civilisations phénicienne, égyptienne, grecque et romaine, fut trop souvent reléguée au second plan. Marseille, grand port isolé, en est le symbole. En juin 2025, à Nice, la France coorganise avec le Costa Rica la troisième conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC). Ce rendez-vous doit être bien plus qu’un exercice diplomatique. Il doit marquer un sursaut.

    La France a l’opportunité de redevenir une puissance maritime consciente de ses atouts, ambitieuse dans ses engagements, lucide sur ses intérêts. Face à une Amérique tentée par le repli sur soi et l’extraction de ressources naturelles à tout-va – Donald Trump ayant décidé de se retirer des Accords de Paris et d’ouvrir la voie à l’exploitation minière des grands fonds – la France peut incarner une autre voie. Celle de la responsabilité planétaire. Elle peut entraîner avec elle une coalition élargie contre la surexploitation minière des fonds marins, plaider pour la ratification massive des accords contre la pêche illégale et en faveur des aires marines protégées, et surtout — catalyser les financements nécessaires à la transition océanique.

    Visite de l’exposition "La baleine" présentée pour la Conférence des Nations Unies sur les océans (UNOC) au Parc des expositions de Nice, le 2 juin 2025. La troisième Conférence des Nations Unies sur les océans, co-organisée par la France et le Costa Rica, aura lieu du 9 juin au 13 juin 2025. (Photo de Frederic DIDES / AFP)
    Visite de l’exposition « La baleine » présentée pour la Conférence des Nations Unies sur les océans (UNOC) au Parc des expositions de Nice, le 2 juin 2025. La troisième Conférence des Nations Unies sur les océans, co-organisée par la France et le Costa Rica, aura lieu du 9 juin au 13 juin 2025. (Photo de Frederic DIDES / AFP)

    Les fonds bleus doivent devenir les piliers d’une diplomatie économique de l’océan.  

    Les fonds bleus, ces instruments financiers dédiés à la protection des milieux marins, doivent devenir les piliers d’une diplomatie économique de l’océan. Plus d’une centaine de fonds ont déjà été recensés à travers le monde, représentant une vingtaine de milliards de dollars.

    À terme, les projets qu’ils soutiennent peuvent générer des crédits carbone bleus, c’est-à-dire valoriser la réduction des gaz à effet de serre grâce à la restauration des écosystèmes marins. Ces crédits, vendus à des entreprises à forte empreinte carbone, pourraient structurer une véritable filière économique.

    La Méditerranée comme les Outre-mer offrent un terrain idéal pour bâtir cette convergence entre écologie, financement innovant et développement territorial. L’articulation entre fonds bleus et crédits carbone océaniques constitue sans doute l’un des leviers les plus prometteurs du financement durable. Encore faut-il que les moyens soient à la hauteur des discours. En se plaçant à l’avant-garde de cette dynamique, la France peut conjuguer responsabilité environnementale, innovation économique et affirmation géopolitique. Il ne s’agit pas de proclamer un nouvel âge maritime mais de construire patiemment une stratégie ancrée dans le réel — au service de ses territoires, de sa croissance, et de la préservation des biens communs planétaires.

    Nous verrons quelles décisions seront prises lors du sommet de l’ONU dédié aux Océans qui s’est ouvert ce 09 juin à Nice.

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