Ça devait être le grand retour de Donald Trump sur la scène des sommets internationaux. Mais ce G7 canadien a tourné court, en effet ce premier sommet international majeur du président américain s’est achevé sans clash ni esclandre, mais aussi sans avancée majeure et surtout, un jour plus tôt que prévu. Le désordre mondial issu des guerres commerciales et des conflits désarçonne les grands de ce monde.
De nouveaux dirigeants
Ce mardi 17 juin 2025, alors que le 51e sommet du G7 au Canada bat son plein, les amateurs du jeu des sept différences ne manqueront pas de remarquer le changement radical dans le casting de la photo de famille. Cinq dirigeants sur sept ont ainsi disparu, remplacés au cours de l’année : Olaf Scholz par Friedrich Merz, Justin Trudeau par Mark Carney, Joe Biden par Donald Trump, Fumio Kishida par Shigeru Ishiba, et Rishi Sunak par Keir Starmer.
Seuls Emmanuel Macron et Giorgia Meloni sont les rescapés de cette année électorale bien mouvementée sur la scène internationale.
Photo des chefs d’États au Canada lors du G7
Le “cessez-le-feu” entre Israël et l’Iran
Au final, le G7 canadien tourne à la catastrophe tout d’abord car au second jour ils ne sont plus que 6 et surtout l’ombre du conflit entre l’État hébreux et celui chiite a plané sur toutes les conversations.
Au point que Donald Trump a quitté précipitamment le sommet dès lundi soir. Emmanuel Macron a justifié ce départ en expliquant que le président américain est retourné à Washington pour négocier un « cessez-le-feu » entre Israël et l’Iran.
Aussitôt, sur les réseaux sociaux, Donald Trump le dément catégoriquement : « Le président Emmanuel Macron, de France, en quête de publicité, a déclaré à tort que j’avais quitté le sommet du G7, au Canada, pour retourner à Washington afin de travailler sur un “cessez-le-feu” entre Israël et l’Iran. Faux ! Il n’a aucune idée de pourquoi je me rends maintenant à Washington, mais cela n’a certainement rien à voir avec un cessez-le-feu. Bien plus important que cela. Que ce soit volontaire ou non, Emmanuel se trompe toujours. Restez à l’écoute ! ». Le coup est rude. Cette discorde publique entre alliés, en pleine escalade militaire (224 morts iraniens, 24 morts israéliens), illustre l’effondrement des codes diplomatiques occidentaux.
illustration AFP 2025
Un G7 « trop européen » ?
D’ailleurs, l’ambiance entre les dirigeants n’était pas formidable au cours du dîner, notamment entre le président français et son homologue américain.
« Vraisemblablement, Trump n’a pas aimé la visite de Macron au Groenland », confie-t-on à Kananaskis. La Maison-Blanche, qui convoite ce territoire danois, y a vu une provocation mal venue…
En conclusion, les diplomates de la délégation européenne font un constat sans appel : Donald Trump considère le G7 comme « trop européen » et souhaite l’élargir pour diluer l’influence du Vieux Continent. Cette stratégie vise à casser le format intime qui permettait traditionnellement aux Européens d’exercer une influence collective sur Washington. Trump préfère manifestement des enceintes où l’Amérique peut jouer en solitaire… Et si possible, jouer les uns contre les autres.
Si le ministère de la Défense israélien a donné son feu vert pour organiser des vols d’évacuation destinés aux Israéliens bloqués à l’étranger, du côté français, aucune évacuation des Français du Moyen-Orient ou vol ne sont organisés par les autorités malgré les rumeurs qui courent. En Iran, non-plus, aucune mesure pour évacuer les ressortissants français n’est prévue. Pour autant, le ministère des Affaires étrangères donne des consignes à nos compatriotes qui veulent quitter ces zones de guerre.
Quitter Israël
Le seul État, à ce jour, qui a pu organiser une évacuation de ses ressortissants d’Israël, c’est la Bulgarie. Mais à l’heure où nous écrivons ces lignes (le 17 juin à 18h – CET), il est possible de vous indiquer que les Bulgares se dirigent en autocar vers l’Égypte, mais ne sont pas encore admis sur son territoire selon la chaîne info de la RNB.
Alors pourquoi la France ne fait pas de même ? Car pour l’instant, les Français résidents hors de l’État hébreux ou des territoires palestiniens sont appelés à ne pas se rendre en Israël pour le moment. Pour ceux qui résident en Israël et qui sont bloqués à l’étranger, qu’ils soient franco-israéliens ou simplement Français, l’administration consulaire renvoie vers les consulats israéliens de leur lieu de séjour.
Si la France n’évacue pas ses ressortissants, c’est déjà pour des raisons pratiques. Ils sont 100 000 à y vivre et finalement ce n’est qu’une infime minorité qui exprime la volonté de quitter le pays. Les Franco-israéliens font bloc avec leurs pays d’accueil. Ils seraient moins de 500. Après mettre en place une évacuation qui pourrait concerner 100 000 personnes est à ce jour impossible dans un délai raisonnable.
La dernière raison est plus géopolitique. Comme au Liban l’année dernière, la France, par son choix de ne pas évacuer ses ressortissants, veut démontrer sa confiance dans les autorités locales pour assurer la sécurité de tous les résidents.
Pour autant, sur les sites des consulats français en Israël, des informations sont données pour ceux qui veulent tenter l’aventure par leurs moyens. Les frontières terrestres avec la Jordanie ou l’Égypte étant toujours ouvertes et relativement sécurisées, il est possible de quitter Israël via un de ces pays et rejoindre la France via un vol commercial.
Pour plus d’informations, il est possible de contacter les autorités françaises par mail ou par téléphone au +972 (0)3 766 17 17.
Quitter l’Iran
Si des pays ont décidé d’évacuer leurs agents comme l’a annoncé la Russie, ce n’est pas le choix que la France a fait à ce stade. Les agents sont à leur poste restant aux côtés de la communautés française. Celle-ci est principalement concentrée à Téhéran avec 700 de nos compatriotes, 300 autres vivent dans les autres régions de l’ancienne Perse.
« Face à l’escalade militaire au Proche-Orient, notre priorité c’est la sécurité de nos ressortissants et de nos agents, je veux avoir une pensée pour nos agents à Tel-Aviv, à Jérusalem, à Téhéran, qui exercent leurs missions, aux côtés de nos compatriotes dans des conditions extrêmement difficiles »
Jean-Noël Barrot lors des questions l’Assemblée nationale ce mardi 17 juin 2025
Évidemment, les ressortissants français de passage en Iran sont invités à quitter le pays dans les plus brefs délais compte tenu des risques de détention arbitraire auxquels ils s’exposent. Car ci-ceux installés depuis plusieurs années sont parfaitement intégrés au régime des Mollah, nos compatriotes aux usages « trop occidentaux » peuvent être la cible de groupes populaires mais aussi de la République islamique qui s’est spécialisée dans la détention d’otages européens ou américains afin de faire pression sur les pays concernés. Alors que la France soutient l’opération contre les installations nucléaires et militaires, la détention d’un ressortissant français peut être une tentation à laquelle les Gardiens de la Révolution peuvent céder.
Pour quitter le territoire de l’État iranien, c’est en revanche beaucoup plus compliqué. L’Iran est enclavé entre l’Afghanistan, le Pakistan, le Turkménistan et l’Irak. Le salut pourrait venir du Koweït, séparé de l’Iran par une fine bande détenue par l’Irak, qui dispose d’un aéroport international et qui n’est pas hostile à la France. Mais Koweït City se situe à plus de 700Km de Téhéran et les routes peuvent être dangereuses. Finalement, le consulat français à Téhéran invite les Français à rester chez eux, à sortir qu’en cas d’obligation et surtout d’éviter tout regroupement.
Afin d’accompagner les 1000 Français d’Iran, une cellule de Réponse Téléphonique dédiée a été ouverte au numéro suivant : +98 21 64 09 49 00, en plus du numéro habituel du standard du consulat : +98 21 64 09 40 00. Les agents y répondent de 08h à 20h tous les jours ouvrés (attention du dimanche au jeudi, le vendredi et le samedi étant chômés dans les pays musulmans).
En début de mois, nous avons reçu la tribune, sur l’activation de la section 899 du code fiscal américain, d’un lecteur que nous avons décidé de partager avec vous.
Pierre Duclaux est un Français de 46 ans, ingénieur freelance dans le secteur de l’aéronautique. En 2012, il s’est installé à Boston et depuis cette date il collabore avec de nombreux acteurs de l’industrie aéronautique à Boston et dans tout l’État du Massachusetts. Marié et il est papa de deux petites filles américaines. Il nous alerté sur l’activation d’une disposition fiscale, la section 899, qui modifie la fiscalité des revenus des expatriés européens aux USA.
Qu’est-ce que la section 899 ?
Cette section, « enfouie profondément dans ses pages », décrit comment le gouvernement américain « pourrait imposer des taxes sur les individus, les entreprises et autres entités provenant de pays considérés comme ayant un régime fiscal discriminatoire envers les intérêts américains. »
Cela pourrait potentiellement affecter des pays comme le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Canada, l’Australie et l’Inde, particulièrement ceux qui prélèvent une taxe sur les services numériques.
Les analystes notent que de telles dispositions ne sont pas entièrement sans précédent, citant « la Section 891 du code fiscal qui existe depuis la Grande Dépression », autorisant le doublement des taxes sur les entités provenant de pays ayant des politiques fiscales discriminatoires envers les États-Unis.
La tribune de Pierre Duclaux
Demain, je paierai 35 % d’impôt sur mes dividendes Apple. Non pas parce que j’ai fraudé, ou que j’ai quitté la France sans solder mes comptes. Mais parce que je suis français, et que l’administration américaine a décidé que cela suffisait pour me pénaliser.
En tant qu’expatrié vivant aux États-Unis, je découvre aujourd’hui que ma nationalité est devenue un passif fiscal. La raison ? Une nouvelle loi votée en mai 2025 par la Chambre des représentants : le One Big Beautiful Bill Act, et sa Section 899, qui transforme la fiscalité en une arme géopolitique.
Elle autorise les États-Unis à imposer des surtaxes allant jusqu’à 20 % sur les revenus américains de personnes ou entreprises provenant de pays jugés « fiscalement discriminatoires ». La mesure est automatique, sans nécessiter d’aval présidentiel ou de processus diplomatique. En un mot : unilatérale.
Derrière le jargon technique, c’est une mutation profonde qui s’opère. Nous sommes passés de la guerre commerciale à une guerre des capitaux. Les conventions fiscales bilatérales, les forums multilatéraux, les mécanismes de conciliation : tout cela est court-circuité. L’Amérique ne négocie plus, elle punit.
Salariés d’entreprises américaines, entrepreneurs, investisseurs individuels ou retraités, tous les expatriés français aux États-Unis sont concernés. La surtaxe s’appliquera aux revenus du travail, aux dividendes, plus-values, intérêts, loyers, voire aux revenus générés par des fondations privées.
Illustration vote de la section 899
20 points de taxation fiscale américaine en plus
Prenons un exemple simple. Un Français vivant à Boston, détenteur d’actions Apple, voit aujourd’hui ses dividendes soumis à une retenue à la source de 15 %, selon la convention fiscale franco-américaine. Demain, ce taux grimperait à 35 %, sans autre justification que son pays d’origine. Un entrepreneur français installant une filiale à San Francisco se verra imposer des taux BEAT (Base Erosion and Anti-Abuse Tax) jusque-là réservés aux très grandes entreprises. Une taxe de rétorsion fiscale fondée non pas sur les faits, mais sur l’identité nationale.
C’est une discrimination légalisée. Le principe d’égalité fiscale entre contribuables résidant aux États-Unis vole en éclats. Les expatriés deviennent des otages de tensions politiques qu’ils n’ont ni provoquées ni choisies.
La France est en première ligne. Pourquoi ? Parce qu’elle a maintenu une taxe sur les services numériques (3 % sur les revenus générés par les géants du numérique en France) et qu’elle a pleinement intégré l’impôt minimum mondial (15 %) promu par l’OCDE. Ces deux initiatives, pourtant inscrites dans des démarches multilatérales, sont désormais désignées comme « injustes » par l’administration Trump.
La France est ainsi cataloguée comme pays fiscalement hostile. Et avec elle, l’essentiel de l’Europe : Espagne, Italie, Danemark, Royaume-Uni, Irlande… Tous visés pour avoir adopté des mesures que les États-Unis jugent contraires à leurs intérêts économiques. Mais selon quels critères ? Selon une définition floue, discrétionnaire, laissée à l’appréciation du seul Trésor américain.
C’est un renversement complet des principes de la coopération fiscale internationale. Les règles ne sont plus négociées entre États. Elles sont imposées. Et les sanctions tombent sans appel, sans dialogue, sans médiation.
Illustration vote de la section 899
Plus de défiscalisation pour les entités gouvernementales étrangères
Les conséquences économiques de cette dérive sont profondes. En pénalisant les revenus américains des Européens, la Section 899 détourne les capitaux des États-Unis. Fonds souverains, fonds de pension, banques centrales : tous les grands détenteurs européens d’actifs américains voient leurs rendements menacés.
La suppression de l’exemption fiscale traditionnelle accordée aux entités gouvernementales étrangères (Section 892) est un saut qualitatif inquiétant. La Banque de France et la Bundesbank, qui détiennent à elles deux près de 500 milliards de dollars de bons du Trésor américain, seraient elles aussi surtaxées. Il est difficile d’imaginer un signal plus clair de retrait volontaire du multilatéralisme.
Cette stratégie punitive pourrait avoir un effet boomerang : perte d’attractivité du marché américain, chute du dollar, fragmentation des flux d’investissement. La logique d’un monde ouvert cède la place à une logique de blocs, de représailles, de calculs de court terme.
La Section 899 ne se contente pas de frapper les grandes entreprises. Elle frappe leurs citoyens, leurs diasporas, leurs investisseurs individuels. Elle nous frappe, nous les expatriés. Elle nous désigne comme leviers de pression, pièces sur l’échiquier géopolitique.
Mais au fond, ce que cette loi révèle, c’est un mépris plus large : celui de l’autonomie fiscale des autres nations. Et une dérive unilatérale des États-Unis, qui préfèrent punir plutôt que négocier.
Face à cela, il est impératif que la France et l’Union européenne réagissent d’une seule voix. Cela signifie protéger les ressortissants, garantir la continuité des accords fiscaux bilatéraux, renforcer les mécanismes multilatéraux existants. Cela signifie aussi ne pas céder à la division, alors que l’approche américaine vise clairement à isoler les pays les plus « offensifs » pour affaiblir la réponse collective.
« Je suis expatrié. Pas fraudeur. Pas complice. Pas bouc émissaire. »
Pierre Duclaux, expatrié aux USA depuis 2012
J’appartiens à une génération européenne qui a cru à la mobilité, à la coopération transatlantique, à la circulation des idées et des capitaux. Aujourd’hui, je découvre que cette promesse est menacée — non pas par une crise ou une guerre, mais par une décision législative, prise sans nous, contre nous.
Près de sept ans après la disparition de Tiphaine Véron, survenue le 29 juillet 2018 à Nikkō, au Japon, sa famille continue de se battre pour savoir ce qui s’est passé ce jour-là. Malgré les obstacles culturels, politiques et judiciaires qui sont le lot de beaucoup lorsqu’une disparition survient à l’étranger, la mobilisation des proches de Tiphaine n’a jamais faibli. Une association, l’ANTRED a d’ailleurs été créée pour accompagner les familles des disparus hors des frontières de l’Hexagone. Damien Véron, le frère de Tiphaine revient pour Lesfrançais.press sur son combat pour faire éclater la vérité.
Ecouter le podcast avec Damien Véron
Une enquête « cold case »
Aujourd’hui encore la coopération est au ralenti, le silence est pesant. Alors que le Japon n’a toujours pas ouvert d’enquête criminelle, « c’est paradoxal, mais dans leur système, une enquête n’est ouverte que lorsqu’un suspect est arrêté » déplore Damien Véron, côté français, l’affaire a été reprise par le pôle cold case de Nanterre.
Damien Véron, Kazunari Watanabe
« Cette initiative a permis de reprendre certains éléments négligés jusque-là, comme l’analyse de la valise de Tiphaine, qui n’avait jamais été expertisée auparavant. » Malheureusement, ces efforts peinent à trouver un écho au Japon rendant la recherche de la vérité d’autant plus complexe.
« Le dossier de Tiphaine est suivi par l’Élysée. Il est clairement estampillé Emmanuel Macron »
Damien, le frère de Tiphaine Véron disparue au Japon
En effet, « l’absence de traité de coopération judiciaire entre la France et le Japon entrave les échanges. Par exemple, la police japonaise refuse toujours de transmettre les 800 heures de vidéos de surveillance, pourtant conservées » explique Damien Véron. Le bras de fer est permanent.
Le soutien international grandit, mais les réponses se font attendre
La mobilisation a cependant franchi les frontières. L’ONU elle-même a interpellé le Japon pour réclamer une vraie coopération. Trois demandes précises ont été émises : l’identification des suspects, l’ouverture d’une enquête, et la mise en place d’un échange judiciaire avec la France. « C’est une avancée importante, ça légitime notre combat aux yeux du monde » souligne Damien Véron.
« C’est la politique des petits pas. Il faut multiplier les démarches pour espérer faire bouger les lignes »
Damien, le frère de Tiphaine Véron disparue au Japon
Malgré cela, le Japon reste silencieux. Mais pour la famille de Tiphaine, chaque action compte : « C’est la politique des petits pas. Il faut multiplier les démarches pour espérer faire bouger les lignes. »
Une entraide pour ne pas laisser les familles seules
Forts de cette expérience douloureuse, les proches de Tiphaine ont décidé de créer l’association l’ANTRED, afin d’accompagner d’autres familles confrontées à la disparition d’un proche à l’étranger. « Je pense notamment à la famille de Mathieu Martin qui se bat pour essayer d’obtenir des réponses. Mathieu Martin a disparu en Argentine quelques jours après Tiphaine. Ce genre de combat est trop complexe pour être mené seul. Il faut des avocats, des enquêteurs spécialisés, un réseau diplomatique » explique Damien Véron.
Outre le soutien humain, l’aspect financier est un frein considérable. « Nous attendons le rescrit fiscal pour permettre aux particuliers de faire des dons déductibles. Car pour agir, il faut des moyens. »
Une affaire portée jusqu’à l’Élysée
Dans cette quête, Damien Véron se dit soutenu par les institutions françaises : « Le dossier de Tiphaine est suivi par l’Élysée. Il est clairement estampillé Emmanuel Macron. Nos élus locaux aussi sont mobilisés, c’est essentiel. » Mais l’heure est à un tournant : « On va devoir à nouveau solliciter l’Élysée, car on entre dans une phase cruciale. »
Une statue pour ne pas oublier Tiphaine
Pour continuer à faire vivre la mémoire de Tiphaine et maintenir la mobilisation, une statue sera inaugurée à Nikkō le 29 juillet prochain, à la date anniversaire de sa disparition. Un nouveau voyage d’investigations est également en préparation.
Enfin, le livre Tiphaine, où es-tu ? (Robert Laffont), coécrit avec sa sœur Sybille, ainsi que le documentaire, L’air mouillé de Cécile Jujan (sortie prévue le 18 juin prochain), permettent de retracer l’enquête et de sensibiliser encore davantage. « Il ne faut surtout pas que Tiphaine tombe dans l’oubli. C’est ça le plus important », conclut Damien Véron.
Soutenir le combat de Damien Veron et celui des familles françaises à la recherche d’un proche disparu à l’étranger
Soutenir le combat de Damien Veron et celui des familles françaises à la recherche d’un proche disparu à l’étranger.
Comme chaque été, vous rentrez en France pour retrouver votre famille, vos amis mais parfois aussi entretenir vos biens ou les relations professionnelles. Cependant, le fisc français peut en profiter pour vous traquer. Surtout que désormais les agents de Bercy utilisent des outils basés sur l’IA pour recouper de grandes quantités de données et détecter des anomalies. On fait le point pour les Français de l’étranger sur les éléments qui peuvent conduire à un contrôle fiscal.
Des mouvements bancaires avec l’étranger
Le fisc surveille aussi particulièrement les transactions entrantes et sortant du territoire national, notamment celles impliquant des pays dont la législation ou les pratiques font obstacle à la lutte contre le blanchiment de capitaux.
Si vous disposez d’un compte bancaire français et que vous l’approvisionnez pour vos vacances, soyez attentif aux commentaires que vous joindrez au virement et assurez-vous d’avoir les justificatifs prouvant la fiscalisation de ces fonds dans votre pays de résidence ou en France. C’est d’autant plus vrai quand des non-résidents fiscaux sont installés dans des pays à fiscalité privilégiée, comme la Suisse ou Andorre.
Si vous déclarez vos revenus à la France, pour une bourse scolaire ou tout simplement car vous louez votre ancienne résidence principale, soyez attentif à la cohésion des déclarations.
Depuis la loi de finances pour 2020, l’administration fiscale peut collecter et exploiter des données publiquement accessibles sur les réseaux sociaux, et ce, à titre expérimental. C’est un moyen de repérer les contribuables ayant un train de vie ostentatoire (voyages dans des hôtels de luxe, voitures coûteuses, etc.), mais qui serait incompatible avec les revenus officiellement déclarés, sans oublier que les paiements en nuitées d’hôtel ou en produits de beauté constituent une forme de revenus à déclarer.
Détenir une entreprise en France
Un dirigeant dont l’entreprise est contrôlée a de fortes chances d’être contrôlé dans la foulée. Idem pour une personne redevable à l’IFI et qui possède un bien en indivision avec plusieurs copropriétaires, dont l’un a été redressé.
Propriétaire d’une entreprise en France ? Attention le fisc peut vous traquerphoto d’illustration du chapitre hériter
Hériter
En cas de succession, de donation ou de divorce, les biens immobiliers doivent être évalués et cela conditionne notamment le calcul de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ou les droits de succession. À cette occasion, certaines situations sont particulièrement surveillées comme les déclarations de succession portant sur un patrimoine important et celles concernant des contribuables assujettis à l’IFI.
Être dénoncé
Un autre risque qu’on oublie souvent, c’est celui d’être dénoncé. Et oui, les jaloux existent. Et les expatriés peuvent être victimes de la mauvaise image de notre communauté, vu de France, comme un repaire de fraudeurs fiscaux.
Ainsi si elles sont crédibles ou détaillées, l’administration peut donner suite à des dénonciations, souvent faites par un ancien conjoint ou un ancien partenaire d’affaires. L’information peut aussi provenir des informateurs fiscaux (appelés aviseurs fiscaux), qui sont rémunérés par l’administration s’ils dénoncent une fraude fiscale importante, selon des conditions strictes.
Le rééquilibrage de l’économie mondiale constitue le fil rouge de la politique économique de Donald Trump. À ses yeux, la Chine doit produire moins et consommer davantage, tandis que les États-Unis doivent emprunter le chemin inverse : produire plus en se réindustrialisant.L’ultime étape logique serait que les Américains consomment moins, ce qui constituerait une véritable révolution. Au sein de l’administration républicaine, des voix s’élèvent en faveur de la frugalité. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, appelle à « une réduction de la consommation ». Donald Trump, plus imagé, évoque une Amérique où les enfants n’auraient plus trente poupées, mais deux. J.D. Vance, le vice-président, résume la doctrine : « Un million de grille-pain bon marché ne vaut pas un seul emploi manufacturier américain ».
L’idée selon laquelle les États-Unis vivent au-dessus de leurs moyens n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, la gauche critique l’ultra-consumérisme. Dans les années 2000, certains économistes dénonçaient une société dépendante du crédit bon marché. En 2010, Glenn Hubbard, figure républicaine, et Peter Navarro — alors démocrate, futur architecte de la doctrine commerciale de Trump — plaidaient déjà pour une hausse du taux d’épargne national.
Le déficit commercial, reflet du déficit d’épargne
Quand un pays consomme davantage qu’il ne produit, il doit emprunter à l’étranger. Ces flux financiers sont la contrepartie directe du déficit commercial que Donald Trump dénonce. La face cachée des conteneurs remplis de biens débarquant dans les ports américains, ce sont les achats de bons du Trésor ou d’actions d’entreprises du S&P 500 par des non-résidents. Réduire le déficit commercial revient donc à restreindre ces flux financiers. Pour maintenir un niveau élevé d’investissement, le taux d’épargne doit augmenter. Or, le taux d’épargne brut des États-Unis plafonne à 17 % du PIB, contre 23 % en moyenne dans l’OCDE. L’investissement, lui, atteint environ 22 % du PIB. Ce différentiel, de l’ordre de 5 points, est actuellement comblé par des capitaux étrangers, à hauteur de 1 300 milliards de dollars en 2023.
Aux États-Unis, la consommation représente 81 % du PIB, administrations publiques comprises — un record au sein du G7, à l’exception du Royaume-Uni. Ce recours aux capitaux étrangers a conduit à une progression de la dette extérieure nette des États-Unis qui atteint désormais 90 % du PIB — un chiffre qui ferait vaciller la confiance dans n’importe quel autre pays. Longtemps, les États-Unis en ont tiré avantage : ils bénéficiaient de produits importés à bas coût et finançaient leur déficit public par l’émission de titres faiblement rémunérateurs. Dans le même temps, les Américains détenaient des actions d’entreprises à forte rentabilité. Ce différentiel a été qualifié de « privilège exorbitant », hérité du statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale.
La fin du confort financier ?
Au troisième trimestre 2024, les États-Unis ont versé davantage de revenus à leurs créanciers étrangers qu’ils n’en ont perçus — donnant partiellement raison à Donald Trump. Les déficits commerciaux appauvrissent les Américains. En théorie, un déficit courant chronique finit par ronger la richesse d’un pays, comme une famille dépensière s’appauvrit face à un voisin économe. Une crise de change brutale n’est pas impossible si les investisseurs perdent confiance dans la solvabilité du pays. Jusqu’à présent, les États-Unis ont échappé aux conséquences de leur déficit structurel courant. Ils ont pu compter sur l’épargne mondiale, ainsi que sur l’apport de l’administration centrale. Même lors de la crise financière de 2008, le dollar s’est apprécié — preuve que les investisseurs continuaient à placer leurs liquidités aux États-Unis. En période de crise, la devise américaine demeure une valeur refuge.
Les États-Unis peuvent-ils s’affranchir des lois économiques classiques ? Selon Maurice Obstfeld, ex-économiste en chef du FMI, le déficit courant est assimilable à un solde primaire public négatif : les pouvoirs publics doivent, à tout le moins, maintenir l’illusion d’un retour à l’équilibre. Peter Hooper, économiste de la Deutsche Bank, évoque un « mal chronique » qui pourrait, à terme, remettre en cause la suprématie américaine. Joseph Gagnon, du Peterson Institute, note qu’aucune économie avancée n’a jamais supporté une position extérieure aussi dégradée que celle des États-Unis.
Une crise du compte courant américain se traduirait par une dépréciation du dollar, une chute des marchés boursiers et une hausse des taux obligataires. Les actifs libellés en dollars perdraient en attractivité, entraînant un rééquilibrage externe douloureux. Les ménages américains seraient contraints de réduire leur consommation, ce qui améliorerait le solde extérieur — au prix d’un choc économique majeur.
Par son repli protectionniste, Donald Trump pourrait précipiter cette baisse de la consommation en provoquant une hausse des prix via l’augmentation des droits de douane. La réforme fiscale en préparation prévoit des restrictions sur les flux de capitaux, ce qui ferait grimper les taux d’intérêt et encouragerait l’épargne. Mais cette mécanique risque d’entraîner un appauvrissement des ménages, une baisse de la rentabilité des placements étrangers, et, in fine, l’accélération de la crise qu’elle prétend prévenir.
Le mini-krach d’avril 2025, survenu après l’annonce de droits de douane « réciproques », a mis en lumière la fragilité des équilibres financiers américains. Selon l’économiste Menzie Chinn (Université du Wisconsin), les États-Unis, grâce à leur statut monétaire, peuvent rembourser leurs créances avec une aisance relative — à condition de maintenir un haut niveau de confiance et de préserver la valeur de leurs actifs. Cela suppose d’arrêter de désigner l’étranger comme responsable.
Peter Navarro accuse régulièrement d’autres pays de manipuler leur devise pour favoriser leurs exportations et nuire à celles des États-Unis. Stephen Miran, conseiller économique de Donald Trump, pointe du doigt les flux financiers internationaux qui renforcent excessivement le dollar. Pour beaucoup, l’origine du déséquilibre réside dans l’excès d’épargne mondiale — notamment en Chine — qui impose à l’Amérique un taux d’intérêt trop bas et un dollar trop fort, encourageant une consommation excessive.
Mais le problème est avant tout intérieur. Il s’agit du déficit budgétaire fédéral qui atteint 7 % du PIB. Quand l’État dépense sans lever d’impôts équivalents, il stimule artificiellement la consommation. Le lien entre vulnérabilité extérieure et dérive budgétaire est direct : une réduction d’un point de PIB du déficit public permettrait de réduire le déficit courant de 0,5 point. Sans effort fiscal, il sera illusoire d’atteindre l’équilibre commercial.
Une stratégie contradictoire
Pour réduire l’imposant déficit public, l’État fédéral pourrait réformer le système de santé ou les retraites. Il pourrait également instituer une TVA, absente du système fiscal américain.
Pour l’heure, Donald Trump ne semble pas envisager ces pistes. Il persiste dans une contradiction majeure : réduire les recettes fiscales tout en cherchant à rééquilibrer les échanges courants. Souhaiter simultanément réindustrialiser, réduire les déficits commerciaux et augmenter les déficits budgétaires relève d’un non-sens économique. Mais Donald Trump préfère, plus que tout, être disruptif.
L’ambition de Donald Trump de rééquilibrer l’économie américaine repose sur une équation instable : réduire les déficits commerciaux sans toucher aux déséquilibres budgétaires internes, relocaliser la production sans comprimer la consommation, durcir le protectionnisme sans rompre avec les lois de l’économie mondiale.
Derrière les discours sur la grandeur industrielle retrouvée, le risque est celui d’un choc d’ajustement brutal, déclenché non par des choix stratégiques, mais par la perte de confiance des créanciers et des marchés.
À terme, les États-Unis ne pourront préserver leur rôle central dans l’économie mondiale qu’en acceptant de corriger leurs excès internes. Le véritable rééquilibrage ne se fera pas par les droits de douane, mais par une discipline budgétaire assumée, une redéfinition des priorités fiscales et un arbitrage lucide entre souveraineté économique et interdépendance financière. À défaut, la puissance américaine pourrait se heurter à ses propres contradictions.
Armand Meimand est président du conseil consulaire d’une zone qui comprend les Françaises et Français d’Iran. Lui-même vit à l’année dans la région de Téhéran. Depuis plusieurs jours il est au cœur des événements. Sa vie est en danger, comme celle de nos ressortissants sur place. Pour nos compatriotes, Armand est d’ailleurs devenu le point de contact. Dans cette région en guerre, il nous partage un point de situation, proposent des réponses et, surtout, adresse un appel : « en cas de coupure d’internet, je souhaiterais pouvoir utiliser une fréquence radio» afin de continuer à communiquer avec Français d’Iran.
Nos compatriotes en Iran face au danger
Alors que le conflit entre Israël et l’Iran a pris une nouvelle dimension, les représailles venues de l’État hébreu ciblent les dirigeants iraniens, mais ont aussi des répercussions sur nos compatriotes vivant à Téhéran et aux alentours. Ainsi, nos ressortissants voient également leur quotidien bouleversé depuis quelques jours. Ils doivent s’adapter à une situation de plus en plus dangereuse dans laquelle leur vie est en danger. Dans ce contexte, le partage d’information est crucial. Élu consulaire et en prise directe avec la communauté française, Armand Meimand est devenu le référent pour nos expatriés en quête d’information et de conseils.
Un élu consulaire au cœur de la tempête
Armand Meimand_ Président du conseil consulaire des Français d’Iran
Ainsi, contacté par notre rédaction, Armand Meimand nous indique que « la situation ne s’améliore pas ». D’autant plus que les informations venant de Paris se font rares. Il souligne ainsi qu’à ce jour « les chefs d’îlots n’ont reçu aucune instruction ». Dans certains pays, un système d’îlotiers est ainsi mis en place, permettant de diffuser des communications ciblées à la communauté. Selon notre correspondant, aucun contact n’a donc pour le moment été établi entre les autorités diplomatiques françaises et ce canal de diffusion.
Un groupe Whatsapp créé
Or, le risque grandissant des prochaines heures est la « coupure probable d’Internet, du téléphone et de l’électricité » en Iran. Mais avant de devoir faire face à cette éventualité, Armand Meimand a décidé de créer un groupe WhatsApp pour la communauté française sur place. Il y diffusera les dernières nouvelles, les réponses éventuelles mises à jour,… qu’il parviendra à recueillir, tant auprès de ses contacts locaux que via la France.
Mais pour l’heure, Armand Meimand se heurte à des difficultés pour obtenir des informations en provenance du Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Malgré ses tentatives, il n’a, pour le moment, pas obtenu de réponse de cette cellule.
Pour le moment, pas de plan d’évacuation pour les Français en Iran
Cependant, le temps presse et les questions sont précises. Au moment où nous écrivons ces lignes, il n’y aurait pas encore de plan d’évacuation. Or, précise Armand Meimand, il faut aussi savoir qu’avant de quitter l’Iran, notamment pour les bi-nationaux, les autorités iraniennes exigent une autorisation administrative de départ. Celle-ci est délivrée après un contrôle des éventuelles dettes.
Un appel : « qui peut ouvrir une fréquence radio pour communiquer directement avec les Français en Iran ?»
Outre la gestion du présent, Armand Meimand s’active également pour anticiper les événements à venir. « En tant que président du conseil consulaire, je suis légitime et je dois aussi prévoir les choses », déclare-t-il. En plus du groupe WhatsApp, il prévoit d’envoyer un e-mail à l’ensemble de la communauté française.
Dans la perspective des prochains événements, Armand Meimand lance un appel urgent. « Si l’accès à Internet est coupé, comment continuer à informer les Français en Iran ? »
Ainsi, il souhaiterait pouvoir disposer rapidement « d’une fréquence radio » qui émettrait depuis la France, pour maintenir le contact avec la communauté française. Nous relayons son appel : Quel diffuseur pourrait d’ores et déjà lui ouvrir ce canal pour pouvoir communiquer dans les meilleurs délais à notre communauté sur la place la fréquence qui pourrait être utilisée. Il en va de la vie même de certaines et de certains de nos ressortissants.
La Caisse des Français de l’Étranger (CFE), qui assure la sécurité sociale pour près de 200 000 expatriés, traverse une crise financière préoccupante. Plusieurs associations, élus et représentants des Français de l’étranger tirent la sonnette d’alarme depuis début 2024, évoquant un danger réel pour la pérennité de la CFE.
Depuis un audit a été lancé, les initiatives parlementaires comme citoyennes se multiplient. Le ministre des Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, s’est rendu, jeudi 12 juin, au siège dans la banlieue parisienne alors que le lendemain, les assises de la protection sociale organisées par l’Assemblée des Français de l’étranger organisaient un webinaire sur le thème. Le ministre a également pu rencontrer les équipes et découvrir plus particulièrement le service commercial comme le service en charge des fraudes ainsi que celui dédié à la prise en charge des remboursements. Un vrai tour du propriétaire…
Cette semaine, le conseil d’administration se réunit, l’occasion pour nous de faire le point sur la santé de la sécu des « expats », la Caisse des Français de l’Étranger ou CFE pour les intimes.
Financement insuffisant
La CFE doit, par la loi, équilibrer ses comptes uniquement avec les cotisations de ses adhérents. Une particularité qui la distingue de ces cousines que ce sont les caisses départementales avec qui les affiliés la confondent souvent.
En sus, ces ressources sont jugées insuffisantes pour couvrir les missions obligatoires, que l’État lui a confiées dans le cadre de la délégation de service public, notamment la solidarité envers les plus précaires avec le maintien d’une catégorie dite aidée (tarifs sociaux).
La Caisse des Français de l’Étranger est donc victime, en premier lieu, de ce statut qui lui impose les rigueurs du secteur privé tout en lui confiant des missions prises en charge par la solidarité nationale dans l’hexagone.
Site web CFE (Caisse Français de l’Etranger)
Car excepté une subvention annuelle modeste (300 000 à 700 000 €), l’État n’apporte pas d’aide significative, alors que le coût de la mission de service public de la CFE atteint 25 millions d’euros par an.
C’est dans ce cadre qu’une inspection de l’IGAS et une mission de la Cour des comptes ont été diligentées pour proposer des solutions. Mais, la remise de leurs conclusions prévues pour ce conseil d’administration a été décalée à mercredi 18 juin.
Mais les acteurs associatifs comme politiques sont sceptiques vu que le gouvernement a pour l’instant écarté toute augmentation significative du financement public. Cependant, le cas de la CFE pourrait être traité dans le cadre d’une nouvelle loi dédiée aux Français de l’étranger que le ministre Laurent Saint-Martin a annoncé pour le second semestre de cette année.
Mais sur le plan commercial, si la hausse des cotisations et la baisse des prestations pourraient pousser des adhérents à quitter la CFE, aggravant encore sa situation financière, il est important de noter que celle-ci dispose encore de réserves financières lui permettant d’assurer ses prestations à court et moyen terme.
On est très loin d’une éventuelle remise en cause des couvertures distribuées. Les affiliés peuvent être rassurés d’autant que tous les acteurs se mobilisent pour conserver cet outil unique au monde. Ainsi si la viabilité de son modèle économique est sur le long terme menacée, en aucun cas son existence immédiate ne l’est.
Cependant, sans mesures correctives, notamment un engagement de l’État, la pérennité de la CFE et la qualité de la couverture santé pour les expatriés français sont sérieusement menacées.
Laurent Saint-Martin, s’est rendu, jeudi 12 juin, au siège de la CFE dans la banlieue parisienne
Il faut sauver le soldat CFE
Si le danger n’est pas immédiat, la mobilisation des Français de l’étranger pour le maintien d’un tel dispositif de couverture sociale à la française étendu au reste du monde. Surtout que certains comme le rappelait, la présidente du conseil d’administration, Isabelle Frej, ont une vision fantasmée de la sécurité sociale à la française.
Car la CFE, si elle transpose globalement la sécurité sociale, n’est pas l’équivalent d’une CAF (caisse d’allocation familiale) ni d’une CPAM (caisse primaire d’assurance maladie) mais bien un organisme de sécurité sociale de droit privé auquel a été confiée en sus une mission de service public. La CFE a donc un périmètre plus restreint et des contraintes liées aux exigences du marché privé.
Pour autant, la Caisse des Français de l’Étranger est un outil unique apportant un véritable filet de sécurité aux expatriés d’un jour comme aux Français installés définitivement hors de France. Un constat que partagent de nombreux citoyens, engagés ou non. Ainsi, plusieurs pétitions et appels de parlementaires (notamment Karim Ben Cheïk) demandent à l’État de prendre ses responsabilités et de financer la part de service public assurée par la CFE.
Seront-ils entendus en cette période de disette budgétaire, rien n’est moins sûr ! Réponse en octobre avec le budget 2026 !
Pour aller plus loin : regardez le webinaire sur la CFE
« Au combat, je n’abandonne ni mon arme, ni mes camarades morts ou blessés. » Cette maxime, pilier de la fraternité d’armes, résonne puissamment au cœur du dîner caritatif Vulnérati. Celui-ci est organisé chaque année depuis 2021 aux Invalides, sous le patronage du général d’armée Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre. Ce moment est un engagement à partager… même depuis l’étranger.
Pour cette cinquième édition, qui s’est tenue le 11 juin 2025, la prestigieuse Team France met les petits plats dans les grands. En cuisine et à la sommellerie : Thierry Marx, Guillaume Gomez, Christelle Brua, Fabrice Prochasson, Sylvestre Wahid, David Biraud, Philippe Faure‑Brac et Eric Beaumard. Un plateau de talents rares, réunis non pas pour briller, mais pour servir — ceux qui ont été blessés en servant la Nation.
Blessés du corps, blessés de l’âme : la Nation doit répondre présent
Trop souvent, l’image du blessé de guerre se résume à des atteintes physiques. Mais la réalité est plus complexe. Les blessures psychiques (stress post-traumatique, dépression, troubles anxieux) représentent une part importante des souffrances endurées par les soldats en opération.
Aussi, le dispositif Vulnérati entend répondre à ces détresses multiples avec un accompagnement personnalisé, durable, et respectueux de la dignité de chacun.
« La blessure, qu’elle soit physique ou psychique, ne se soigne jamais seul. Elle demande un soutien de l’armée, mais aussi de la société dans son ensemble», explique le général Arnaud Dupuy de Grand’ Rive, coordonnateur du programme Vulnérati.
Dîner 2025 Vulnerati
C’est pourquoi, les fonds levés lors du dîner et les engagements via la cagnotte nationale permettent de financer des soins spécialisés, des dispositifs de réinsertion professionnelle, un accompagnement des familles, et des projets individuels ou collectifs de reconstruction.
Français de l’étranger : tous concernés
Si le dîner se tient à Paris, à l’Hôtel des Invalides, son message et son impact sont universels. La communauté des Français établis hors de France ne doit pas se sentir en marge de cette cause : nos compatriotes de l’étranger y sont pleinement intégrés. Ces dernières années, l’armée française a démontré sa capacité d’intervention pour protéger nos compatriotes à l’étranger, souvent dans des contextes à hauts risques.
En août 2023, au Niger, puis en octobre 2024, au Liban, les forces françaises ont procédé à des évacuations sécurisées de ressortissants français pris dans des contextes géopolitiques dégradés. Pour ces opérations, comme pour bien d’autres, la mobilisation des militaires, parfois au prix de leur propre sécurité, a été déterminante. En retour, soutenir Vulnérati est une opportunité concrète pour les Français de l’étranger de remercier ceux qui veillent sur eux, même loin de la métropole.
Une cagnotte ouverte à tous
Le dîner caritatif Vulnérati n’est qu’un point d’orgue. Toute l’année, une plateforme de dons est ouverte à tous, particuliers comme entreprises, résidents de France comme expatriés. De grands groupes français, mais aussi des PME, mécènes privés comme l’artiste Enki Bilal, ou des collectivités, participent à ce mouvement de solidarité. Chaque euro compte, car chaque blessé mérite un accompagnement adapté.
S’inscrire au registre consulaire : un acte de solidarité préventive
Enfin, l’actualité récente l’a confirmé : l’inscription au registre des Français établis hors de France est une condition essentielle à l’efficacité des dispositifs d’évacuation ou d’aide d’urgence. Pour les armées comme pour les services diplomatiques, savoir où se trouvent nos compatriotes est un préalable incontournable à toute intervention rapide et ciblée.
En résumé:
• Le dîner Vulnérati 2025 a eu lieu le 11 juin aux Invalides, sous le haut patronage de l’armée de Terre, avec les plus grands chefs français aux fourneaux.
• Objectif : soutenir les blessés militaires, qu’ils soient atteints dans leur chair ou leur esprit
• Une cagnotte nationale est ouverte à tous, accessible depuis l’étranger
• Français de l’étranger : vous pouvez également soutenir cette action. Et, parallèlement, nous vous invitons aussi à vous inscrire au registre consulaire.
Soutenir Vulnérati et être inscrit au registre consulaire, c’est ainsi participer concrètement à l’effort collectif de reconnaissance envers ceux qui protègent les Français partout dans le monde. Car la solidarité nationale n’a pas de frontières.
Si, comme l’affirme Donald Trump, l’Union européenne (UE) a été créée « pour flouer les États-Unis », nul ne l’avait encore constaté. Certes, l’UE dégage un excédent commercial de plus de 2 000 milliards de dollars avec les États-Unis, mais ce chiffre ne reflète qu’une partie des échanges entre ces deux grands blocs économiques. Les États-Unis affichent en effet un important excédent dans les services, porté par leur domination dans les technologies de l’information et de la communication.
Par ailleurs, une part non négligeable du déficit commercial américain vis-à-vis de l’UE est d’ordre comptable : elle tient à la localisation des bénéfices de nombreuses multinationales américaines en Irlande, pour des raisons fiscales. De plus, les entreprises européennes investissent massivement outre-Atlantique, ce qui contribue à résorber ce déficit. En 2023, le stock d’investissements directs étrangers (IDE) européens aux États-Unis a dépassé les 2 000 milliards de dollars, soit près de 40 % du total des IDE reçus par l’économie américaine — contre un tiers dix ans plus tôt.
Les entreprises européennes emploient quelque 3,5 millions de salariés aux États-Unis.
Les entreprises européennes emploient quelque 3,5 millions de salariés aux États-Unis, un chiffre supérieur à celui des effectifs américains travaillant pour des groupes européens. Selon l’association allemande de l’industrie automobile, ses membres à eux seuls comptent 140 000 salariés répartis sur 2 000 sites industriels, pour une production annuelle de 900 000 véhicules.
Malgré cette contribution significative à l’économie américaine, les entreprises européennes sont désormais dans le collimateur de Donald Trump. Ce dernier a menacé d’imposer, dès le 1er juin, des droits de douane de 50 % sur les produits européens. Si des pressions diplomatiques ont permis de suspendre temporairement cette mesure jusqu’au 9 juillet, et si un tribunal américain a remis en question l’étendue des prérogatives présidentielles en matière tarifaire, l’incertitude suscitée inquiète les dirigeants européens qui s’interrogent sur la pertinence de leur exposition au marché américain.
Selon Morgan Stanley, en moyenne, les entreprises cotées dans l’UE réalisent près de 20 % de leur chiffre d’affaires aux États-Unis. Certaines, comme EssilorLuxottica ou Novo Nordisk, y sont bien plus dépendantes. Même celles qui y produisent localement dépendent encore fortement de chaînes d’approvisionnement mondialisées, et pourraient subir de plein fouet une hausse des droits de douane.
Certains groupes envisagent une réorientation vers d’autres marchés, notamment en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine.
Face à ce durcissement du climat commercial, certains groupes envisagent une réorientation vers d’autres marchés, notamment en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine. Durant la dernière décennie, les entreprises européennes ont fait le choix des États-Unis, séduites par la vigueur de leur croissance et, dans certains secteurs, par les subventions fédérales. À l’inverse, leurs investissements en Chine ont marqué le pas, freinés par le ralentissement économique, la montée des tensions géopolitiques et la concurrence des acteurs locaux.
La part des ventes des entreprises européennes en Chine reste inférieure à 10 %, tandis que celle générée aux États-Unis ne cesse de croître. Quelques groupes — Sanofi ou Siemens, par exemple — poursuivent néanmoins leur expansion américaine. Sanofi bénéficie d’un actionnariat largement américain. Siemens, déjà bien implanté dans les 50 États, y emploie plus de 45 000 personnes. Mais d’autres entreprises se montrent plus prudentes. Une enquête récente de la Chambre de commerce et d’industrie allemande révèle que 24 % des entreprises envisagent d’augmenter leurs investissements aux États-Unis… tandis que 29 % projettent au contraire de les réduire.
La réorientation des échanges n’a toutefois rien d’évident. Le marché américain, proche culturellement et juridiquement, reste attractif. À l’inverse, le marché chinois demeure complexe, avec des barrières réglementaires, des restrictions sur les données et des exigences de transfert de technologie. Les marges y sont faibles et la concurrence locale féroce. L’environnement est, de surcroît, de plus en plus marqué par le nationalisme économique et une préférence ouverte pour les produits locaux.
Illustration Stockadobe
La diversification géographique devient un impératif stratégique.
L’exposition géographique des entreprises européennes varie fortement. Les groupes néerlandais réalisent 42 % de leur chiffre d’affaires aux États-Unis, contre seulement 8 % pour les entreprises italiennes. En Chine, les entreprises allemandes tirent 13 % de leur chiffre d’affaires, contre seulement 2 % pour les groupes espagnols. Les entreprises françaises, quant à elles, sont structurellement plus présentes aux États-Unis qu’en Chine.
Dans ce contexte, la diversification géographique devient un impératif stratégique. Des pays comme le Vietnam, le Brésil, le Chili, l’Uruguay ou encore plusieurs États d’Afrique — Nigeria, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Mozambique, Sénégal — suscitent un intérêt croissant. Ces marchés, encore émergents, offrent des perspectives de croissance et un accès souvent plus ouvert aux entreprises étrangères.
Face à l’imprévisibilité de la politique commerciale américaine et à la complexité croissante du marchéchinois, les entreprises européennes n’ont d’autre choix que de réinventer leur géographie économique. La diversification devient une condition de résilience, non seulement pour limiter les risques géopolitiques, mais aussi pour capter les nouvelles dynamiques de croissance mondiale. L’avenir du capital européen pourrait bien se jouer dans ces « nouveaux Suds », là où se dessine une autre carte de la mondialisation.