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  • Iran – Israël : la situation des Français installés au Moyen-Orient

    Iran – Israël : la situation des Français installés au Moyen-Orient

    Depuis vendredi 13 juin et le début de l’opération « Rising Lion » lancée par Israël contre l’Iran, les appels à la retenue et à la désescalade se multiplient. Nous sommes allés à la rencontre des Français installés au Moyen-Orient pour faire le point sur leur situation et leur sécurité.

    Car l’État hébreu a bombardé des sites liés au nucléaire iranien, provoquant une riposte de la République islamique, qui a envoyé une pluie de missiles vers Israël. Les frappes ont continué samedi et se poursuivent ce dimanche. Le monde entier retient son souffle, s’organisant pour éviter une propagation du conflit dans la région et au-delà.

    Au moins 100 morts

    Les salves de missiles et les bombardements ont été meurtriers, à la fois en Iran et en Israël. L’armée israélienne a tué au moins 78 personnes, selon un bilan donné vendredi par le représentant iranien à l’ONU Amir Saeid Iravani. Depuis, les autorités iraniennes n’ont pas fourni un bilan total des frappes. Le nombre de blessés est lui estimé à plus de 320.

    Côté israélien, dix personnes sont mortes et plus de 200 ont été blessées depuis samedi soir dans des tirs de missiles et de drones iraniens sur Israël, selon des services de secours, la police et des hôpitaux. Ce nouveau bilan porte à 13 le nombre total de morts depuis le début vendredi des attaques iraniennes, en riposte à l’attaque massive israélienne contre la République islamique.

    La peur de la bombe nucléaire

    Au cœur de l’escalade et de l’action de l’armée israélienne : le programme nucléaire iranien. Alors que des discussions étaient en cours entre l’Iran et les États-Unis et qu’une nouvelle réunion devait se dérouler dimanche, Israël a décidé de lancer des frappes sur les sites d’enrichissement nucléaire vendredi.

    La centrale nucléaire de Bushehr, à 1.200 km de Téhéran, est la seule installation nucléaire du pays à produire de l'électricité (HAMED MALEKPOUR/FARS NEWS AGENCY/AFP)
    La centrale nucléaire de Bushehr, à 1.200 km de Téhéran, est la seule installation nucléaire du pays à produire de l’électricité ©HAMED MALEKPOUR/FARS NEWS AGENCY/AFP

    Des centaines de sites militaires et nucléaires iraniens ont été ciblés et plusieurs responsables militaires ainsi que des scientifiques de son programme nucléaire ont été tués. Pour justifier l’opération, baptisée « Rising Lion », Tel Aviv affirme que Téhéran s’approche du « point de non-retour » vers la bombe atomique.

    L’Iran est soupçonné par les Occidentaux et par Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, de vouloir se doter de l’arme atomique. Téhéran dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.

    Ce dimanche, l’Iran a accusé Israël de chercher à « faire dérailler » les négociations nucléaires avec Washington. La République islamique dit qu’elle rejettera tout accord qui compromettrait ses « droits » et prévient qu’elle ne négociera pas si Israël poursuit ses attaques.

    Carte des attaques israéliennes sur l'Iran en juin 2025
    ● Frappes israéliennes dans la nuit du 12 au 13 juin 2025 dont…
    ● … sur des villes accueillant des sites du programme nucléaire. Source: agences, médias et iran.liveuamap.com

    Situation sécuritaire des Français de l’étranger en Iran et en Israël

    Si les enjeux politiques sont majeurs, ce sont bien des enfants, des femmes et des hommes qui vivent actuellement en craignant à tout moment qu’un missile frappe leur secteur et fracasse la vie qu’ils ont construite dans leur pays de résidence.

    Les Français installés dans les pays au cœur de cette crise vivent, avec les populations locales, ces jours terribles. Le passeport français n’immunisant pas des blessures que les bombes ou les missiles affligent aux corps. Une réalité que rappelait la députée des Français du Moyen-Orient (hors Israël et Turquie) sur X, Amélia Lakrafi.

    « En tant que représentante des Français établis dans cette région, je souhaite exprimer toute ma solidarité aux populations #civiles, qu’elles soient #iraniennes ou #israéliennes, prises dans cette spirale dangereuse. »

    Amélia Lakrafi, Députée des Français de la Xème circonscription.

    D’ailleurs, dans deux publications du ministère des Affaires étrangères, il est demandé aux ressortissants Français d’éviter de se rendre en Israël ou en Iran.

    En Israël, confinement volontaire

    La rédaction a pu joindre Daphna Poznanski-Benhamou, conseillère des Français de Tel-Aviv et membre de l’AFE représentant les 100 000 Français installés en Israël et dans les Territoires palestiniens. Elle nous précisait qu’elle est actuellement « en déplacement en dehors d’Israël », elle nous confirme qu’elle ne peut pas « pour le moment rentrer car il n’y a pas d’avion ». Les frontières comme l’aéroport ont été fermés.

    Pour autant, l’ancienne députée française suit « les développements via les nombreux groupes WhatsApp ». Elle est d’autant « plus inquiète que j’ai tous mes enfants et petits-enfants sous la pluie de missiles », nous a-t-elle confiés.

    Ciel d'Israel alors que le dôme de fer intercepe la majorité des missiles iraniens ©AFP
    Ciel d’Israel alors que le dôme de fer intercepte la majorité des missiles iraniens ©AFP

    Ce lundi, un Comité de sécurité réunissant les élus consulaires doit se tenir en visioconférence. En parallèle, le Consulat de France sur place relaye les instructions du Commandement israélien. À ce stade, « les autorités françaises en Israël et notamment le Consul général à Tel Aviv –  responsable pour les Français résidant dans le pays, hors Jérusalem -, font ce qu’il faut » selon Daphna Poznanski-Benhamou.

    De son côté, la députée des Français de la Vème circonscription Caroline Yadan a écrit à tous les Français résidant en Israël. L’élue Renaissance a pris position clairement et fermement pour soutenir cette opération de l’armée israélienne, et pour défendre, sans ambiguïté, le droit d’Israël à se protéger. Elle est aussi revenue sur les mesures liées à la sécurité tout en saluant la résilience des personnes qui résident dans l’État hébreux.

    « Votre sécurité reste ma priorité. Je suis en lien constant avec les services consulaires et les autorités françaises pour que tout soit mis en œuvre afin de vous informer, vous protéger et vous accompagner dans cette période incertaine. »

    La députée des Français de la Vème circonscription Caroline Yadan

    Car la sécurité est bien sur la priorité de tous, des autorités locales ou consulaires, nos compatriotes ont reçu de nombreuses instructions ce week-end :

    Mesures du Pikadou ah Oref (Commandement du Front de l’arrière chargé en Israël des civils pendant les guerres)

    –            Le commandant du Front Intérieur est mobilisé, avec 50 bataillons de secours et sauvetage déployés dans tout le pays.

    –            Envoi d’avertissements sur les téléphones quand il faut se rapprocher d’un mamad (chambre bétonnée dans les appartements construits depuis une dizaine d’années) ou miklat (abri sous les immeubles)

    –            Avertissement envoyé sur les téléphones qu’un missile venant de l’extérieur est parti. Commencer à aller à l’abri.

    –            Pour sortir du Mamad ou Miklat seulement le faire après réception d’un message par téléphone donnant cette information

    Autres messages :

    –            Pour le moment, ne pas se rendre sur les lieux de travail non essentiels, et pas d’école

    –            Les FDI (Tsahal) appellent les soutiens internationaux à ne pas partager de vidéos ou de localisations des frappes de missiles. La publication de lieux de chute de missiles ou de contenus filmés sur les sites touchés, même s’il n’y a pas eu de blessés, aide l’ennemi !

    –            L’Iran surveille activement les réseaux sociaux pour affiner ses frappes à l’intérieur

    Le consulat rappelle aussi sur son site qu’il est conseillé de suivre la situation et les consignes des autorités locales via le site internet ou l’application du Commandement du front intérieur.

    En Iran, la situation des otages français

    En ce qui concerne les 1000 Français installés dans la République islamique iranienne, la situation est bien différente. Avec d’un côté, les Franco-iraniens et de l’autre les expatriés, les avis et les réactions à la situation actuelle sont bien différentes d’un groupe à l’autre. Un état de fait qui semble embarrasser les élus comme le président du conseil consulaire de Téhéran, Armand Meimand. Contacté par la rédaction, ce dernier n’a pas voulu s’exprimer.

    Une retenue confortée par l’ambassade qui ne donne pas de consignes spécifiques mais qui rappelle que « L’Iran met en œuvre une politique délibérée de prise d’otages occidentaux et cible des ressortissants français de passage qu’il accuse d’espionnage. »

    Immeuble d'habitations touché par une bombe israélienne ©AFP
    Immeuble d’habitations touché par une bombe israélienne ©AFP

    Mais une autre consigne était martelée depuis plusieurs semaines soit « quitter le pays ». Le ministère des Affaires étrangères affichait, et affiche toujours, sur son site le message suivant : « En raison du risque accru d’escalade militaire régionale et compte tenu du risque de fermeture inopinée de l’espace aérien et des aéroports iraniens, il est recommandé aux Français résidant en Iran et qui en ont la possibilité de quitter temporairement le pays. » Ils furent, d’ailleurs peu à suivre la consigne.

    Mais à Paris comme à Téhéran, c’est bien la situation des prisonniers français qui inquiète. S’exprimant à l’Élysée sur la situation en Iran ce vendredi soir, le président Emmanuel Macron a réaffirmé les efforts de la France engagés pour libérer Cécile Kohler et Jacques Paris. Pour rappel, Cécile Kohler et de son compagnon Jacques Paris, deux enseignants que la France qualifie « otage d’État » ont été arrêtés en mai 2022 pour « espionnage ». Ils sont emprisonnés depuis dans des conditions extrêmement dures, à l’isolement, dans la prison d’Evin de Téhéran, où Amnesty International documente régulièrement des cas de torture.

    « Je veux redire [aux familles des otages] notre solidarité et notre détermination à obtenir leur libération »

    Emmanuel Macron, vendredi 13 juin 2025

    Le chef d’État a de nouveau appelé les Français à « ne pas se rendre » en Iran tandis que Téhéran, qui s’est dit « surpris » par cette démarche, a dénoncé une « instrumentalisation ». Cécile Kohler et Jacques Paris sont officiellement les deux derniers Français détenus en Iran. Une vingtaine d’Occidentaux sont détenus en Iran, le pays étant accusé par les chancelleries européennes et des ONG de pratiquer une « diplomatie des otages ».

  • La géopolitique de l’IA est bleue comme une orange

    La géopolitique de l’IA est bleue comme une orange

    « La terre est bleue comme une orange » annonçait Éluard avant que les astronautes n’aperçoivent, de l’espace, la planète bleue. Qui sait ce que recèle son jus de magma magnétique? Si le plus haut volcan de la planète, le mont Mauna Kea, posé sur la croûte océanique, dépasse les 10.000 mètres, la terre est moins rugueuse qu’une orange. Longtemps, elle fut plate. Jusqu’au 20ème siècle, la géopolitique se lit en cartes: territoires, frontières, mers et détroits. L’aviation, les sous-marins, l’espace, donnent la troisième dimension. Quand l’Intelligence Artificielle (IA) analyse les images de la Voie Lactée, elle découvre ce qu’aucun regard ne peut voir: le trou noir en son centre tournerait à la vitesse de la lumière, à rebours des théories. L’IA, élément nouveau de la révolution digitale, change la façon de voir le monde, de le maîtriser – ou non. Voici la quatrième, ou plutôt la cinquième dimension. La géopolitique de l’IA est bleue comme une orange. Ou un trou noir.

    Après celui de la bombe atomique de 1945, l’IA est le nouveau choc stratégique. Tous cherchent la souveraineté numérique, si tant est que le concept de souveraineté ait un sens dans un univers d’interdépendances mutuelles et multiples.

    Après la bombe atomique, l’IA est le nouveau choc stratégique.

    L’IA repose sur une chaîne, qui va des terres rares à la production d’énergie pour les data centers, en passant par les semi-conducteurs et les logiciels de fabrication. Quelle est la carte mondiale de l’IA ? La Chine, le plus grand consommateur de puces, représente 16% de la production mondiale. Elle dépend des puces de haute performance de Nvidia (États-Unis). Mais les puces conçues par Nvidia (80% du marché) sont fabriquées par TSMC, à Taïwan. Et les États-Unis dépendent des terres rares chinoises et des puces taïwanaises. Tous, aussi, ont recours à ASML pour la gravure, une société néerlandaise.

    À la fin, les circuits sont reliés à des data centers. Il en existe près de 10.000 dans 164 pays. Le tiers de ceux-ci est aux États-Unis. Les deux tiers du « cloud » européen sont hébergés par des sociétés américaines. Une coupure, une attaque sur les câbles, un brouillage, une panne électronique, une attaque cyber et tel pays retourne à l’âge de pierre sans apocalypse nucléaire.

    carte des datacenters dans le monde
    Carte des data centers dans le monde

    Là où sont les données, les lois nationales décident de leur exploitation. Les Chinois ont un avantage : ils collectent les tous les gestes et mots de leur population, ce qui leur permet de tester des modèles à moindre coût. On l’a vu pour la reconnaissance faciale ou la gestion des trafics urbains. Les lois sur la propriété de données sont au cœur de la bataille de normes, qu’elles soient techniques ou « éthiques ». Chacun veut imposer ses normes. Les Européens, enfants pauvres de l’IA, sont des maîtres en matière de règles, parfois à leurs dépens. Surtout quand d’autres ne respectent pas le droit international et donnent à la loi nationale un caractère extraterritorial.

    Taïwan, menacé, brandit son arme de dissuasion numérique, TSMC.

    Retour à la géographie du chantage: Taïwan, menacé par l’invasion chinoise d’un côté, les droits de douane de Trump de l’autre, brandit l’arme de la dissuasion numérique, TSMC, qui fabrique les semi-conducteurs nécessaires à la Chine comme aux États-Unis. Trump demande que TSMC construise des usines aux États-Unis.  TSMC y est prêt, (pour 100 milliards) au risque de diminuer la dépendance américaine. Illusion, car les usines de l’Arizona renverront les données pour pilotage à Taïwan. D’un côté la dépendance américaine se réduirait, de l’autre les liens se renforceraient.

    projet de TSMC pour une giga-usine dédiée au 2 nm progresse
    projet de TSMC pour une giga-usine dédiée au 2 nm progresse

    C’est ce que vise Taïwan : s’intégrer dans une chaîne mondiale qui garantirait sa survie face à la Chine. Elle voudrait investir aussi aux Émirats Arabes Unis. Ce que les États-Unis voient d’un mauvais œil, puisqu’ils veulent développer un partenariat avec l’Arabie saoudite et Abu-Dhabi dans l’IA et la construction de Data centers : La péninsule arabique numérique. Avant cela, il faut nettoyer le Moyen-Orient, réduire toute menace de l’âge nucléaire promis par Téhéran. Ce que fait Israël, qui participe au projet. Le Golfe ne sera plus le paradis meurtrier de l’or noir, mais le financier du nouveau monde de l’IA.

    Nettoyer le Moyen-Orient avant d’investir la péninsule arabique numérique.

    Taïwan aimerait animer avec les États-Unis, une chaîne mondiale « non communiste », c’est-à-dire « non chinoise ». Une telle chaîne repose sur des usines mais aussi, encore et toujours, sur du droit. Elle nécessite une stabilité juridique, ce qui redonne du poids à l’Europe, au Canada, quand les États-Unis revendiquent l’imprévisibilité comme art de gouverner. TSMC investit à Munich et à Dresde (10 milliards). Les Néerlandais avec ASML détiennent un maillon de la chaîne de valeur. Les États-Unis aimeraient les empêcher d’exporter vers la Chine, qui représente un tiers de leurs ventes. Tout le monde s’agite et rêve.

    Comment la Chine entend répondre ? En investissant massivement dans l’IA, c’est-à-dire dans … le capital humain : elle forme 1.5 millions d’ingénieurs par an. (La France, 45.000). Seulement une petite proportion dans l’IA. Selon la Commission, il manquerait en Europe plus d’1,5 millions de professionnels de l’intelligence artificielle en 2025, 3,5 millions en 2030. L’IA détruira des emplois, elle en crée déjà, comme dans toute révolution technologique.

    Crédit Photo : STR / AFP
Le ministère de l'Éducation a annoncé un renforcement de l’enseignement de l’IA dans les écoles, visant à favoriser la collaboration entre l’industrie, l’université et la recherche.
    Crédit Photo : STR / AFP – Le ministère de l’Éducation a annoncé un renforcement de l’enseignement de l’IA dans les écoles, visant à favoriser la collaboration entre l’industrie, l’université et la recherche.

    Il serait simple de réduire la géopolitique de l’IA à ses territoires. Où sont les plus grandes capacités de transmission internet dans le monde ? États-Unis, Europe. Quels sont les pays à puces ? Chine, Taïwan, Corée, États-Unis, Pays-Bas, Japon. Pour les assembler : Vietnam, Philippines, Mexique, Inde, Chine. Quels sont les montants investis par pays, le nombre de brevets ? Les mêmes ou presque : Chine, États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Corée, Japon, Taïwan. Avec une langue dominante, l’anglais, 60% des données, loin devant le chinois (6%), le français, l’espagnol et le russe (3%). L’IA travaille à partir d’un corpus de données. Si le corpus est américain, la « pensée » de l’IA sera américanisée.

    Avec l’IA, naît l’anti-IA. « En créant des données polluées afin d’induire des faussetés dans un modèle ».

    Au-delà des réseaux, échanges et territoires, comment la Chine, engagée dans la lutte finale de l’intelligence, entend combattre ? « En créant des données polluées afin d’induire des faussetés dans un modèle », ce qui amène l’adversaire à « attaquer ses boucliers avec ses propres lances ». Selon l’armée chinoise, « Le principe de base de la mise en œuvre d’opérations de contre-données est de tromper le processus de formation et d’apprentissage ou le processus de jugement du modèle de renseignement ». Il s’agit de « créer un brouillard de guerre et du bruit de données », rappelle Benaouda Abdeddaïm, dans Les Echos, citant des sources chinoises.

    Avec l’IA, naît l’anti-IA. Ce n’est pas théorique. L’Armée Populaire de Libération prétend avoir réussi à supprimer le champ magnétique d’un navire de guerre en utilisant un système assisté par l’IA. L’IA permettrait d’échapper aux missiles avec une efficacité augmentée de 60%. Polluer les données, saper les capacités de calcul, créer des leurres informationnels, la géopolitique de l’IA n’est plus territoriale, ni spatiale. Elle dépasse la quatrième dimension (le temps). Voici la cinquième, quand le vers d’Eluard n’a plus aucun sens, parce que tout un chacun voit la terre bleue comme une orange. Ou un trou noir.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et l’app bancaire France Pay

  • Fête de la Musique 2025 : Les initiatives francophones qui feront vibrer la planète

    Fête de la Musique 2025 : Les initiatives francophones qui feront vibrer la planète

    La fête de la musique qui naît en France en 1982 est d’abord une idée : Faire du 21 Juin un évènement populaire, festif, massif. Mettre la musique dans la rue. Faire hurler les décibels comme offrir une délicate sonate au coin de chez vous. Mettre sur les places des concerts gratuits symphoniques, des grosses machineries étincelantes. Ou permettre à votre voisin de palier qui joue du trombone de connaitre (enfin) son quart d’heure de gloire.

    Chacun devient artiste pour une journée

    Et la Fête de la Musique s’est imposée désormais comme un événement culturel planétaire. L’idée a essaimé au point que la formule soit copiée et détournée, répliquée ou déclinée en autant de formules festives et internationales.

    Chaque 21 juin, la musique s’invite partout et elle dépasse largement le cadre du seul « made in France ». En 2025, elle sera célébrée dans plus de 120 pays, portée par un vaste réseau d’Alliances françaises, d’Instituts français, d’ambassades mais aussi par les communautés francophones locales :  comme cette fête appartient à tout le monde  des particuliers mélomanes la font vivre.  Des entrepreneurs voient dans cette fête du printemps un moyen utile de faire vivre leurs projets. La fête est plurielle, cosmopolite, joyeuse, parfois un peu bordélique, mais terriblement animée.

    Comme chaque année, nous sommes allés à la rencontre des initiatives francophones qui vont feront vibrer la planète.

    Le Parc du Cinquantenaire en fête

    Débutons notre tour du monde par une escale Belge. On sait nos voisins particulièrement attachés à cette fête qu’ils ont adopté dès sa création. Les 20 et 21 Juin se dérouleront concerts et évènements conviviaux dans l’emblématique parc du Cinquantenaire autour de deux grandes scènes et de nombreux stands. De nombreuses communes déclineront le concept et c’est toute la capitale de l’Europe qui fera la fête ensemble.

    La 39e édition de la fête de la musique a enregistré un record d'affluence avec 30.000 personnes au parc du Cinquantenaire en 2023 ©RTBF
    La 39e édition de la fête de la musique a enregistré un record d’affluence avec 30.000 personnes au parc du Cinquantenaire en 2023 ©RTBF

    Philippines : un mois de célébration pour 90 événements dans 29 lieux

    Partons vers Manille maintenant pour ce qui sera une des éditions de la fête de la musique particulièrement ambitieuse : L’édition Philippine en partenariat avec l’Ambassade de France, propose une grande variété d’évènements festifs : pool parties, scènes ouvertes dans les hôtels, concerts de rue. Elle s’étalera sur plusieurs semaines. Elle a débuté le 11 Juin à l’alliance française de Manille par des concerts et culminera le 21 aux Ayala Triangle Gardens. Des évènements gratuits qui convoqueront talents confirmés et jeunes pousses internationales.

    Fête de la musique 2025 - Manille
    Fête de la musique 2025 – Manille

    A Berlin : ambiance de rue et improvisations

    À Berlin, la Fête se vit en mode Do it yourself : artistes amateurs, DJ, groupes électro ou rock se produisent devant des bars, dans des parcs ou sur les balcons. A l’image d’une capitale allemande ouverte et libre, la musique musardera dans des lieux culturels ou urbains mélangés. La porte de Brandebourg sera un des épicentres d’une nuit transgressive et populaire.

    Fête de la musique à Berlin
    Fête de la musique à Berlin

    Aux États-Unis : l’ambassade à Washington ouvre ses portes, Georgetown s’enflamme

    Le silence des chancelleries sera perturbé volontairement ce 21 Juin. L’Ambassade de France à Washington et ses jardins seront ouverts autour de trois scènes musicales.

    À Georgetown, le centre-ville accueillera 40 artistes qui rivaliseront de talent pour animer les rues à partir de 15H avant que la fête ne s’épanouisse à partir de 18h à la maison de France.  

    Fête de la musique à Washington
    Fête de la musique à Washington

    Les Français de Montréal voient grand

    Les Francos de Montréal voient les choses en grand une nouvelle fois. Nos cousins canadiens organisent 250 performances du 13 au 21 Juin. La fête de la musique clôturera ce qui est un des plus grands festivals d’été nord-américain.  Des valeurs confirmées comme Alain Souchon, Philippe Katerine ou Clara Luciani animeront le show.

    Fête de la musique à Montréal
    Fête de la musique à Montréal

    Les instituts de Tokyo et Kyoto donnent leurs chances aux jeunes artistes

    L’institut de France à Tokyo donnera sa chance à de jeunes artistes invités sur scène. Avec une date décalée pour une célébration le 28 Juin.

    Kyoto c’est le 15 Juin qu’une série d’évènements dédiés à la musique se tiendront dans les jardins de l’institut français.

    Fête de la musique au Japon
    Fête de la musique au Japon

    A Casablanca, la musique en place

    L’Institut français de Casablanca organisera une journée musicale ouverte. Entre musique solo ou musique de groupe, l’esprit sera convivial et mélangé. Kenza Cook, Ouidad et Benjamin Piat se produiront à partir de 14H place Rachidi.

    Ce rapide panorama témoigne d’une vitalité francophone comme du mélange des cultures autour de la musique. Le 21 Juin constitue souvent une soupape populaire face à une actualité morose ou crispante. Se perdre dans la musique et laisser chavirer les corps le temps d’une longue nuit. Il crée du lien social partout.

    Si le concept est résolument français dans son essence il a désormais été repris avec bonheur dans le monde anglo-saxon.

    Fête de la musique à Casablanca
    Fête de la musique à Casablanca

    Le phénomène « Make Music Day »

    Inspiré du modèle français, le concept du « Make Music Day » a été adopté dans plusieurs pays comme l’Afrique du Sud, le Ghana, la Turquie. Au-delà des logiques commerciales, il ouvre aussi des espaces d’expressions le temps d’une soirée ou pendant des périodes festives où les artistes font passer des messages culturels ou plus politiques.

    Make Music Day 2025
    Make Music Day 2025
  • FC Expat avec Paul Nardi : le rêve éveillé du gardien de QPR

    FC Expat avec Paul Nardi : le rêve éveillé du gardien de QPR

    Aujourd’hui le FC Expat reçoit un footballeur familier de nos auditeurs : Paul Nardi. Après son passage à la Gantoise, marqué notamment par une grave blessure, le gardien français s’est lancé un nouveau défi outre-Manche. En effet, il a rejoint mi 2024 les Queens Park Rangers (QPR) à Londres, où il vit depuis un rêve éveillé. Pour nous raconter cela, le natif de Vesoul se livre ainsi sans détour. Un épisode marqué par la résilience, la découverte et quelques gourmandises inattendues. Un FC Expat à déguster sans modération.  Attention toutefois, « spoiler exceptionnel » en approche…

    Ecouter le podcast avec Paul Nardi

    Une saison de galères… et de renaissance

    Sur le papier, la saison 2023-2024 aurait pu être celle du cauchemar pour Paul Nardi. Commotion, fracture, passages à l’hôpital et quatre mois de rééducation intense. Il se souvient notamment du moment où sa jambe s’est brisée : « ma première crainte, c’était même de pouvoir remarcher un jour », confie-t-il.

    Paul Nardi gardien de but français de QPR ©photo QPR
    Paul Nardi gardien de but français de QPR ©photo QPRScreenshot

    Mais épaulé par une équipe médicale « exceptionnelle » à Gand, le portier a réussi l’exploit de retrouver les pelouses en un temps record, refermant ainsi un chapitre important de sa vie du côté de la Belgique.

    Londres, l’appel du foot anglais

    En fin de contrat, Paul Nardi voit s’ouvrir devant lui les portes du championnat anglais, l’EFL- Championship. Alors que des discussions avancées avaient été entamées avec Courtrai en Belgique, c’est finalement du côté des Queens Park Rangers (QPR) que l’aventure prend un nouveau tournant en juillet 2024.

    « Franchement, à 30 ans, avec le parcours que j’ai eu, je n’aurais pas pensé me retrouver au Queens Park Rangers »

    Paul Nardi, gardien de QPR

    Avec cette possibilité de rejoindre ce club « anglais emblématique », « vous imaginez que le choix a été très simple », partage-t-il. Malgré un déménagement express, et une séparation temporaire d’avec sa femme et son fils, qui ont pu le rejoindre par la suite, l’accueil chaleureux réservé par QPR a grandement facilité l’intégration de Paul dans la capitale britannique.

    Chiswick, cancoillotte et vie londonienne

    Dorénavant installé en famille dans le quartier de Chiswick à Londres, Paul retrouve parfois un peu de son terroir au marché local : « J’y vais le dimanche… et il y a de la cancoillotte (…), même s’il vaut mieux ne pas parler du prix ! », s’etonne-t­-il.

    Paul Nardi devant les fans des Queens Park Rangers © QPR
    Paul Nardi devant les fans des Queens Park Rangers © QPR

    Rituel gourmand mais réconfortant, il a en parallèle aussi découvert de multiples endroits où aller se promener avec ses proches. Côté adaptation, la connaissance de la langue anglaise progresse chaque semaine chez lui, même si l’accent reste « très frenchy » nous dit-il.

    Championship, une surprise à 30 ans ?

    Jouer en Angleterre, c’est le rêve de nombreux footballeurs. C’était aussi celui de notre invité. « Franchement, à 30 ans, avec le parcours que j’ai eu, je n’aurais pas pensé me retrouver au Queens Park Rangers » nous confie-t-il. Et il ajoute même « J’ai l’impression que c’est un petit cadeau du ciel. Franchement, j’en suis vraiment heureux. »

    « Je suis un spoiler exceptionnel »

    Paul Nardi, gardien de QPR

    Au cours de ce FC Expat, Paul nous raconte ses premiers frissons et son premier match au Loftus Road, l’antre des QPR. Son premier adversaire ne fut pas des moindres. À cette occasion c’est en effet, Tottenham, vainqueur de l’UEFA Europa League en 2025 qu’il a affronté. « Que du bonheur ! » lâche-t-il, sans aucune retenue, à notre micro.  

    Les séries et le flipper : les péchés mignons de Paul

    Enfin, c’est au cours des arrêts de jeu de ce podcast que notre invité nous parle de deux autres de ses passions : les séries et le flipper ! Et après avoir regardé un épisode ou une émission de télévision à suspens, le gardien de QPR ne peut s’empêcher de raconter le dénouement à sa famille, à ses proches ou amis… un « spoiler exceptionnel » comme il se décrit !

    Paul Nardi au Loftus Road © QPR
    Paul Nardi au Loftus Road © QPRScreenshot

    Au-delà de son irrésistible envie de dévoiler la fin des séries à son entourage, Paul nourrit donc une autre passion : le flipper ! D’ailleurs, c’est peut-être une des raisons de sa formidable adaptation au climat londonien. Il s’en explique au cours de ce podcast. Il n’est également pas interdit de penser que cette balle qui rebondit partout lui a servi lors de ses exploits sur le terrain : on garde ainsi en mémoire son incroyable quadruple arrêt face à Blackburn cette saison. Une séquence de jeu digne d’un pinball.

    Écouter ce podcast avec Paul Nardi, c’est donc la garantie d’un moment convivial, porté par une bonne humeur communicative. En plus de ses indéniables qualités de footballeur, c’est aussi cette authenticité et cette joie partagée qui font de notre invité le gardien titulaire du FC Expat.

  • Don du sang 2025 : Français de l’étranger, à vous de sauver des vies

    Don du sang 2025 : Français de l’étranger, à vous de sauver des vies

    Français de l’étranger, donnez ! Ce 14 juin 2025, c’est en effet la journée mondiale du don du sang. Ainsi, dans la plupart de vos pays de résidence, vous aurez l’opportunité de réaliser ce geste essentiel pour sauver des vies. Alors pourquoi hésiter ?

    La Journée mondiale du don du sang : une date à retenir

    Depuis 2004, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a instauré la Journée mondiale du donneur de sang. Cette initiative a pour but de sensibiliser le public à l’importance de ce geste solidaire, qui permet de sauver des millions de vies chaque année. À ce jour, il n’existe en effet aucun produit capable de se substituer entièrement au sang humain, rendant ainsi le don (quasi) indispensable.

    À l’occasion du 14 juin, nous encourageons les Français et Françaises de l’étranger, qui peuvent le faire, à se mobiliser en se rendant dans l’un des centres de collecte prévus dans leur pays de résidence.

    Un don du sang rémunéré

    Dans de nombreux cas, le don du sang repose sur le volontariat et n’est pas rémunéré. C’est notamment la situation en France, en Belgique, en Suisse, au Canada et au Maroc. À l’inverse, certains pays comme les États-Unis, l’Allemagne ou la Tanzanie, autorisent une compensation financière pour les donneurs. Parfois, le don de plasma fait aus

    Image illustration Don du sang
    Image illustration Don du sang

    Les partisans du don rémunéré avancent plusieurs arguments. Selon eux, cette pratique permettrait notamment aux autorités de réduire les coûts liés aux campagnes de sensibilisation, la rémunération constituant un incitant direct pour attirer davantage de donneurs. Cependant, les détracteurs défendent le caractère altruiste du don de sang. Ils craignent aussi qu’une compensation financière n’encourage des personnes à risque à venir faire ce geste, ce qui pourrait compromettre la sécurité des produits. Pour eux, un donneur non rémunéré serait moins enclin à dissimuler des informations sur son état de santé.

    Don du sang : des critères à respecter

    Selon les pays, des critères spécifiques sont demandés avant de pouvoir donner son sang. Toutefois, certains principes se retrouvent dans la plupart des régions. En règle générale, les donneurs doivent être en bonne santé, avoir un certain âge (souvent 18 ans), un poids minimum (souvent 50 kg) et ne pas avoir de contre-indications médicales.

    Campagne de promotion du Don du sang en France
    Campagne de promotion du Don du sang en France

    Outre ces conditions à respecter, d’autres restrictions peuvent également s’ajouter, et vous empêcher de donner votre sang : des raisons liées à certains voyages récents, des comportements sexuels particuliers ou bien encore une consommation de drogues. In fine, pour savoir si vous êtes éligible à donner votre sang, le mieux est de consulter les services de transfusion sanguins de votre lieu de résidence.

    Don du sang : les chiffres clés

    Selon l’OMS, en 2024, 118,5 millions de dons de sang ont été collectés. Ce chiffre représente une légère augmentation par rapport aux années précédentes. En moyenne, le taux de dons de sang se mesure à environ 31,5 dons pour 1000 habitants dans les pays à revenu élevé, tandis qu’il est de 16,4 dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, et seulement 5,0 pour les pays à faible revenu. Les réserves doivent être constamment renouvelées, car les produits sanguins ont une durée de conservation limitée.

    Aussi, quel que soit votre pays de résidence, ce 14 juin la communication autour du don du sang devrait résonner, alors participez à cet élan. En cette journée mondiale, Françaises et Français de l’étranger, sachez aussi que votre geste permettra de sauver jusqu’à 3 vies, car le sang récolté est ensuite séparé en différents composants (globules rouges, plasma, plaquettes).

    N’hésitez pas également à encourager vos proches à se joindre à vous dans cette démarche. Le prélèvement ne dure d’ailleurs qu’environ 10 minutes. Un temps bien dépensé quand on sait quel effet positif il peut avoir sur la santé publique, partout dans le monde.

  • UNOC 2025 : FAIRE DE L’OCEAN UNE PRIORITE POLITIQUE

    UNOC 2025 : FAIRE DE L’OCEAN UNE PRIORITE POLITIQUE

    Nous, parlementaires de tous les continents, unissons nos voix pour appeler à une action politique ambitieuse en faveur de l’Océan, bien commun du vivant. La France et le Costa Rica ont accueilli à Nice la troisième Conférence des Nations unies sur !’Océan (UNOC). Dix ans après l’Accord de Paris, l’UNOC 2025 ambitionnait de faire de la protection de !’Océan une priorité politique, diplomatique et parlementaire.

    Chefs d’État, scientifiques, ONG, collectivités, entreprises et citoyens se sont réunis à Nice autour de cet objectif commun. Il est temps de passer des engagements aux actes. L’ambition doit prendre le pas sur l’inaction. L’Océan régule le climat, nourrit des milliards d’êtres humains, génère des emplois et rend des services écosystémiques indispensables. Pourtant, ce poumon bleu est en danger. Réchauffement, acidification, eutrophisation, polluants persistants, surexploitation des ressources, destruction des habitats, exploitation des grands fonds : les menaces se multiplient, en particulier dans les zones situées au-delà des juridictions nationales – la haute mer – qui représentent près des deux tiers de !’Océan mondial.

    Un traité pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine

    Face à cette urgence, le traité sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale (BBNJ) constitue une avancée majeure. Fruit de près de 20 ans de négociations, il établit un cadre juridique contraignant pour protéger la haute mer, pour créer des aires marines protégées, réaliser des évaluations d’impact environnemental et garantir le partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques marines.

    Emmanuel Macron intervenant pour l'ouverture de l'UNOC 2025 à Nice ce 07 juin 2025 ©AFP
    Emmanuel Macron intervenant pour l’ouverture de l’UNOC 2025 à Nice ce 07 juin 2025 ©AFP

    Mais pour que ce traité entre en vigueur. 60 ratifications sont nécessaires. Nous sommes proches du but : plus de 50 pays ont déjà franchi le pas. C’est ici que nous, parlementaires, avons un rôle déterminant à jouer. Nous avons les moyens, et la responsabilité, de traduire cet accord en réalité.

    Dépasser les frontières

    Le 8 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de !’Océan, des parlementaires venus du monde entier se sont réunis à Nice pour participer au « Parlement de la Mer » et lancer l’ICOP (lnterparliamentary coalition for Ocean Protection), une coalition interparlementaire mondiale pour l’Océan. Ce réseau international, conçu pour durer au-delà de l’UNOC 2025, permettra de renforcer les initiatives parlementaires en faveur de l’Océan, de soutenir les dynamiques de ratification du traité BBNJ et de faciliter le partage de bonnes pratiques législatives. La préservation de l’Océan dépasse les frontières, les partis et les sensibilités politiques.

    Le moment d’agir, c’est maintenant.

    Parlementaires du monde entier,

    Rejoignez-nous !

    Nous publions cette tribune à la demande de Mme Eleonore Caroit, députée des Français d’Amérique centrale et du Sud en faveur à l’occasion de la clôture de l’UNOC 2025.

  • 14 juillet à l’américaine : parade militaire et « Pas de roi »

    14 juillet à l’américaine : parade militaire et « Pas de roi »

    Ce 14 juin 2025, les États-Unis célèbrent en grande pompe les 250 ans de larmée américaine. Une parade militaire dune ampleur inédite est annoncée dans la capitale fédérale, mêlant hommage historique, démonstration de force et patriotisme affiché. Mais derrière ce spectacle organisé le jour-même de lanniversaire de Donald Trump, se cache une source dinspiration : le défilé français du 14 juillet.

    En réaction à ce qu’un partie des Américains perçoit comme une mise en scène autoritaire du pouvoir présidentiel, une riposte progressiste est prévue à travers tout le pays, sous le mot dordre : In America, we dont do kings.

    Un 14 juillet dans la tête de Donald Trump

    Troupes, blindés, hélicoptères et fanfares seront mobilisés pour une démonstration militaire spectaculaire, accompagnée de festivités grand public, le tout sous haute surveillance. Le choix de cette parade marque un tournant symbolique : celui d’une Amérique qui affirme sa puissance en s’inspirant d’une tradition résolument française. Car derrière cette mise en scène américaine se profile l’ombre d’un autre 14… celui de juillet, à Paris. Pour en saisir l’inspiration, il faut revenir au 14 juillet 2017, lorsque Donald Trump fut l’invité d’honneur du défilé militaire sur les Champs-Élysées.

    À l’époque, les deux chefs d’État incarnent une nouvelle génération de dirigeants fraîchement élus : Emmanuel Macron est président depuis à peine deux mois, Donald Trump depuis sept. Leurs styles et leurs opinions diffèrent, mais ce 14 juillet les réunit dans une mise en scène millimétrée du pouvoir militaire et diplomatique français. Donald Trump, visiblement impressionné par le cérémonial et la puissance symbolique du défilé parisien, n’avait pas caché son enthousiasme. L’idée d’un Bastille Day à l’américaine avait ainsi germé dans son esprit. Il avait d’ailleurs déclaré : « On pourrait faire quelque chose comme ça le 4 juillet à Washington, sur Pennsylvania Avenue. Il va falloir qu’on essaie de faire encore mieux. »

    Us army au défilé du 14 juillet en france
    La 1ère division de l’armée américaine, l’armée de l’air américaine, la marine américaine et les marines américaines défilent sur les Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris lors d’une répétition du défilé militaire annuel de la fête nationale le 10 juillet 2017. / PHOTO AFP / Martin BUREAU

    Il avait bien tenté d’organiser son défilé militaire en 2018, mais l’événement n’avait jamais vu le jour en raison des coûts faramineux qu’il impliquait. Il lui aura donc fallu attendre huit ans pour voir son ambition enfin se réaliser. Le défilé militaire américain prévu ce 14 juin 2025 à Washington D.C. rassemblera environ 6600 soldats, accompagnés de 150 véhicules blindés, 50 hélicoptères, sept fanfares et plusieurs milliers de civils. En comparaison, le défilé du 14 juillet 2024 à Paris a mobilisé environ 4500 militaires, dont 4000 à pied, avec 43 avions, 22 hélicoptères et 200 chevaux de la Garde républicaine.

    Selon un article d’AP News paru le 12 juin 2025, environ 6 Américains sur 10 estiment que la parade de samedi n’est « pas une bonne utilisation » de l’argent public, y compris la grande majorité — 78 % — de ceux qui n’approuvent ni ne désapprouvent la parade dans l’ensemble, selon un sondage du Center for Public Affairs Research de l’Associated Press-NORC. L’enquête révèle également qu’environ 4 adultes américains sur 10 approuvent « plutôt » ou « fortement » la parade, tandis qu’environ 3 sur 10 la désapprouvent « plutôt » ou « fortement ». Environ 3 sur 10 ne l’approuvent ni ne la désapprouvent.

    Soft power contre démonstration de force américaine

    Est-ce que la ressemblance avec le défilé français et américain se limite à l’esthétique ? Le défilé militaire du 14 juillet, en France, n’a rien d’un simple étalage de force. Il s’inscrit dans une tradition profondément républicaine commémorant à la fois la prise de la Bastille (1789) et la Fête de la Fédération (1790). Ainsi, il ne glorifie pas la violence révolutionnaire, mais renforce une vision unitaire et pacifiée de la Nation. Ce rituel d’État rend hommage à une armée professionnelle, placée sous l’autorité du pouvoir civil, et incarne l’unité nationale. Aussi solennel que stratégique, il est un instrument de soft power. Une vitrine bien huilée de l’histoire française, de sa diplomatie, et de son modèle républicain.

    À l’inverse, les progressistes voient dans la parade américaine une démonstration de force assumée, orchestrée par un président soucieux d’imposer son autorité sur la scène intérieure et internationale. Ainsi, à leur initiative, une contre-manifestation d’ampleur est prévue dans quelque 150 villes du pays, autour du slogan : In America, we don’t do kings. Un mot d’ordre devenu viral, qui fustige le supposé culte de la personnalité autour de Donald Trump et la militarisation  de l’espace public, avec les événements de Los Angeles le week-end du 8 juin dernier. L’ironie saute aux yeux : alors que le 14 juillet symbolise la fin de la monarchie absolue, c’est un président accusé de dérives autoritaires par le camp Démocrate qui, de l’autre côté de l’Atlantique, orchestre une parade calquée sur la fête nationale française.

    Marines américains s'entraînant pour le défilé ©AFP 2025
    Marines américains s’entraînant pour le défilé ©AFP 2025

    « L’idée de ce défilé, n’est pas choquante en soi, explique Christina Rebuffet-Broadus, consultante américaine en interculturel, installée à Grenoble depuis vingt ans. Ce qui me dérange, c’est le contexte. Trump veut le présenter comme un hommage à l’armée, en s’inspirant de la France. Mais ses ambitions quasi monarchiques, donnent une impression autoritaire, presque nord-coréenne ou russe. » Et d’ajouter : « Cette démonstration militaire porte une forte charge symbolique. Ce n’est pas un simple hommage à l’armée : le message qu’elle envoie n’est pas: voyez la force de notre armée, mais voyez le pouvoir que je détiens en tant que président. »

    Du côté de la Floride, Alain Ouelhadj, ex-délégué Reconquête des Français de l’étranger, et citoyen franco-américain explique : « Je ne pense pas qu’il cherche à faire une démonstration de force contre son propre peuple. Une démonstration de ce qu’est l’armée américaine, oui, certainement, mais pas dans une logique de menace intérieure. Je crois que c’est quelqu’un de profondément attaché à son pays. Après, évidemment, il y a des oppositions. Le clivage entre Démocrates et Républicains est toujours très présent. Les Démocrates sont assez discrets en ce moment, s’opposer au défilé est sans doute une façon pour eux de rebondir politiquement, tout simplement. » Et de rajouter : « Je crois que tous les grands pays dotés d’une armée importante, comme les États-Unis, ont leur propre manière de célébrer leur force militaire, à travers des défilés ou d’autres formes de commémorations. On le voit en Russie, en Chine, en France ou encore au Royaume-Uni. Ce n’est donc pas une idée si étrange en soi, d’autant que les États-Unis restent la première puissance mondiale et la première puissance militaire. J’y vois un symbole patriotique fort. Les Américains sont très attachés à leur armée, aux vétérans. Ils sont extrêmement patriotiques, et l’armée est profondément respectée ici. »

     » Le message qu’elle envoie n’est pas: voyez la force de notre armée, mais voyez le pouvoir que je détiens en tant que président.  »

    Christina Rebuffet-Broadus, consultante américaine en interculturel

    Patriotisme américain ou Trumpiste ?

    En tant qu’Américaine, Christina Rebuffet-Broadus admet la place centrale du patriotisme dans son pays. « Mettre à l’honneur les forces armées ne me surprend pas du tout. Le patriotisme est très fort aux États-Unis, c’est presque instinctif. C’est quelque chose que je ne retrouve pas en France. Un jour, je repartais aux États-Unis et j’attendais à l’aéroport. Devant moi, un militaire en uniforme patientait dans la file. Une famille américaine, visiblement de retour d’une visite en Champagne, portait un panier avec une bouteille. La femme s’est tournée vers le militaire, l’a remercié pour son service pour le pays, puis lui a offert la bouteille. » Mais ce respect quasi réflexe pour l’uniforme contraste, selon elle, avec certaines déclarations de Donald Trump. Aussi, elle explique : « Les Américains ont un lien très fort avec les forces armées. Alors quand en 2020, lors d’une cérémonie au cimetière national d’Arlington, Donald Trump a tenu des propos qualifiant certains militaires américains morts au combat de losers (perdants) et de  suckers  (idiots), beaucoup ont été profondément choqués. »

    Mais pour l’Américaine, la question centrale reste celle de la réaction populaire. Et sur ce point, la France et les États-Unis semblent être deux mondes : « Honnêtement, je pense que les Américains devraient s’inspirer des Français pour manifester, protester, contester. C’est très bien que certains le fassent ici. Je trouve que les Américains sont un peu mous quand il s’agit de défier le pouvoir. En France, on tente de repousser la retraite d’un an ou de supprimer un jour férié, et tout le pays se bloque. Aussi, je comprends que beaucoup de Français s’étonnent que les Américains ne descendent pas dans la rue. » Et de nuancer aussitôt : « Ce n’est pas dans notre culture, ni dans notre ADN. De plus, il y a un autre facteur, beaucoup d’Américains sont préoccupés par le fait de joindre les deux bouts. Manifester est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre. » 

    Le président américain Donald Trump regarde une manifestation militaire à Fort Bragg, une installation militaire de l’armée américaine, près de Fayetteville, en Caroline du Nord, le 10 juin 2025. (Photo par Brendan SMIALOWSKI / AFP)
    Le président américain Donald Trump regarde une manifestation militaire à Fort Bragg, une installation militaire de l’armée américaine, près de Fayetteville, en Caroline du Nord, le 10 juin 2025. (Photo par Brendan SMIALOWSKI / AFP)

    14 juin

    Alain Ouelhadj revient sur la date symbolique du 14 juin :« Cette coïncidence du jour du défilé avec la date d’anniversaire de Donald Trump est compliquée à interpréter. Le 14 juin est en effet une date marquante dans l’histoire des États-Unis : c’est le 14 juin 1775 qu’a été créée l’US Army. Et d’ailleurs, la France a joué un rôle important à cette époque, il ne faut pas l’oublier. Mais combien de personnes sont nées un 14 juin ?  On peut toujours trouver des travers pour apporter des critiques. Moi, j’y vois simplement une commémoration républicaine patriotique. »

    Ce samedi 14 juin 2025, pendant que les militaires défileront à Washington D.C. et que des milliers d’Américains manifesteront à travers les États-Unis contre Donald Trump, Christina Rebuffet-Broadus participera avec d’autres expatriés américains de Grenoble à un No Kings Brunch. « Pour le symbole », précise-t-elle.

    Alain Ouelhadj sera aussi dans la symbolique : « On verra sûrement, ce jour-là beaucoup de drapeaux américains accrochés aux porches des maisons et aux fenêtres. Je suis citoyen américain, je sortirai aussi le mien et je serai derrière mon écran pour regarder le défilé. »

    Parallèlement, en Caroline du Nord, Sylvain Perret, entrepreneur franco-américain, prendra lui part à la mobilisation In America, We Dont Do Kings. « La question de manifester ou non ce samedi pour la fameuse manifestation In America We Dont Do Kings, je me la suis posée longtemps. Le thème même de cette manifestation est clair : il ne se focalise pas sur un seul problème — que ce soit l’immigration, l’avortement, les réductions d’emplois de service public, l’intervention dans l’éducation ou les relations Musk / Trump, même si cela a pas mal évolué ces derniers jours. Non, cette manifestation est très large et elle sanctionne avant tout un mode de gouvernement qui est, très clairement, celui du passage en force pour tout, du non-respect des règles, du non-respect des usages, du non-respect des décisions judiciaires, de la justice elle-même. Malheureusement, les exemples sont quotidiens. C’est la dérive flagrante de ce gouvernement vers l’autoritarisme qui est dénoncée, » explique l’entrepreneur installé aux États-Unis depuis quinze ans.

    En écho à cette mobilisation d’ampleur, les Américains Démocrates de France se joindront au mouvement depuis Paris, où un rassemblement No Kings Day est organisé par Democrats Abroad France et Indivisible Paris. À leur manière, eux aussi comptent faire entendre leur voix contre ce qu’ils estiment être une mise en scène militariste orchestrée par Washington. Un mois avant que les Champs-Élysées ne s’emplissent de drapeaux tricolores pour le 14 juillet, c’est Place de la Bastille que résonnera, en anglais, un message venu d’Amérique : We dont do kings! 

  • Un accord « historique » sur Gibraltar

    Un accord « historique » sur Gibraltar

    Le Royaume-Uni et l’UE ont conclu un accord « historique » sur l’avenir de Gibraltar, mettant un terme à plusieurs années de négociations difficiles menées après le Brexit concernant le statut de ce territoire britannique d’outre-mer.

    L’accord, qui doit encore être ratifié, prévoit la mise en place d’un double contrôle des passeports Schengen et britanniques au port et à l’aéroport de Gibraltar, ainsi que la suppression des contrôles d’identité et des cartes de résident pour les 15 000 personnes qui traversent quotidiennement la frontière entre Gibraltar et l’Espagne.

    L’accord supprimera également les contrôles sur les marchandises et renforcera la coopération entre l’UE et le Royaume-Uni dans d’autres domaines, notamment les aides d’État, la fiscalité et l’application de la loi.

    Frontière entre Gibraltar et l'Union européenne
    Frontière entre Gibraltar et l’Union européenne

    Le Rocher restera britannique

    Gibraltar, surnommé « le Rocher » et dont le statut de territoire britannique est contesté depuis longtemps par l’Espagne, continuera de faire partie du Royaume-Uni en vertu de cet accord.

    Le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, a salué un « accord historique », ajoutant qu’il « renforce un nouveau chapitre de nos relations » après le départ officiel du Royaume-Uni de l’UE en 2020.

    Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a déclaré que le gouvernement travailliste « avait hérité [de l’administration conservatrice précédente] d’une situation qui mettait en péril l’économie et le mode de vie de Gibraltar ».

    « La percée d’aujourd’hui apporte une solution pratique après des années d’incertitude »

    Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy,

    Les négociations sur le statut de Gibraltar étaient dans l’impasse depuis plusieurs années. L’avenir du territoire n’avait pas été réglé dans l’accord de libre-échange conclu en 2020 entre l’UE et le Royaume-Uni, qui avait suivi le référendum sur le Brexit en 2016.

    Quelque 34 000 personnes vivent actuellement à Gibraltar, un territoire de 6,7 km carrés situé à la pointe sud de l’Espagne, cédé à la Grande-Bretagne par Madrid en 1713 dans le cadre du traité d’Utrecht.

    Avec le protocole sur l’Irlande du Nord convenu par Londres et Bruxelles en 2023, Gibraltar était le dernier territoire britannique sans un accord clarifiant sa future relation avec l’UE, note l’AFP.

  • Les superstitions du vendredi 13 dans le monde

    Les superstitions du vendredi 13 dans le monde

    Les vendredis 13, des dates qui suscite la superstition pour de nombreuses personnes dans le monde. Selon la culture, il s’agirait d’un jour porte-malheur, au cours duquel de nombreux événements malheureux auraient lieu ou inversement un jour de chance où il faut tout tenter. Pour les Français de l’étranger, on fait un petit tour des mythes du vendredi 13 dans le monde.

    Le vendredi 13 si rare ?

    Si l’année 2024 compte deux vendredis 13, comme l’an dernier, toutes les années ne comportent pas de « double vendredi 13 », puisqu’en 2025 il n’y en aura qu’un seul. Cependant, trois vendredis 13 peuvent être dénombrés par an, si et seulement si le premier jour de l’année est un jeudi, pour une année non bissextile ou si le premier jour de l’année est un dimanche, pour une année bissextile.

    Vendredi 13 : jour de chance
    Vendredi 13 : jour de chance

    Mais cela n’en fait pas une exception ou une rareté du calendrier. En effet statistiquement, le 13 du mois tombe plus souvent un vendredi qu’un autre jour ! Oh ! Pas de beaucoup mais depuis 400 ans il y a eu 688 vendredis 13 contre 687 mercredi ou dimanche 13, 685 lundi ou mardi 13 et 684 jeudi ou samedi. Ce n’est donc pas de là que viennent toutes les légendes du vendredi 13.

    Alors d’où viennent ces croyances ?

    Pourquoi un jour de la semaine ou un nombre peut-il évoquer la prudence et être associé à la bonne ou à la mauvaise chance ? Selon les historiens, la superstition du vendredi 13 aurait des racines profondes dans la culture et les croyances de l’Antiquité. Certains d’entre eux estiment qu’elle pourrait remonter à la mythologie nordique, où le treizième invité à une fête donnée par les dieux, Loki, était considéré comme un porte-malheur. D’autres suggèrent que la superstition du vendredi 13 pourrait être liée à la religion chrétienne, où le treizième invité à la Cène, Judas, était considéré comme le traître qui a livré Jésus aux Romains. Le vendredi étant le jour où Jésus a été crucifié, il est devenu associé à la malchance. Il est également possible que la superstition du vendredi 13 soit née de la combinaison de ces deux légendes et de nombreuses autres croyances liées à la malchance.

    D’autres explications sont possibles, ainsi les chercheurs en occident, on démontrait que, dans de nombreuses cultures, le chiffre 12 au bonheur, à l’ordre naturel des choses. Une année compte 12 mois, il fait jour pendant 12 heures et nuit pendant 12 heures également. La mythologie grecque et romaine compte aussi 12 dieux. Le 13 est vu comme l’élément perturbateur qui vient déséquilibrer l’ordre établi. Tandis que dans l’alphabet hébreu, la treizième lettreMem, est la première lettre du mot met, qui signifie mort

    Quoi qu’il en soit, cette superstition est devenue largement répandue au fil des siècles et est encore très présente dans de nombreuses cultures à travers le monde. En France, elle est renforcée en plus par l’Histoire. En effet, le vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés presque en même temps, au petit matin. Rappelons que ces derniers étaient devenus une puissance qui s’opposait aux seigneurs et au Roi du fait de l’importance de son réseau et de ses avoirs dans le système bancaire naissant. Une puissance financière acquise grâce aux privilèges concédés par le Saint-Siège et aux dons des fidèles mais aussi avec les fruits des pillages liés aux croisades. Il y a plus de 600 ans, le Roi de France était trop endetté (sic), le budget du Royaume était (déjà) un casse-tête… Mais point de 49.3 à l’époque, Phillipe Le Bel a liquidé ses dettes avec ses créanciers. C’est ainsi qu’on explique que si en France, le vendredi 13 est un jour de malchance, il est aussi porte-bonheur pour jouer à la loterie, rappelant le jackpot royal de 1307. D’ailleurs, la Française des Jeux profite de l’occasion pour organiser un super-loto.

    Alors d'où viennent ces croyances ?
    Alors d’où viennent ces croyances ?

    Notons que certains pays échappent à cette superstition. En Italie, la superstition néfaste frappe le vendredi 17, XVII (en chiffres romains) étant l’anagramme de VIXI, le mot latin pour « j’ai vécu ».  En Asie de l’Est, ce sont les 4 du mois qui sont associés au mauvais augure, une superstition très commune, plus particulièrement en Chine, à Taïwan, au Japon et en Corée.

    À faire ou ne pas faire un vendredi 13

    Ainsi que ce soit pour une raison ou une autre, le vendredi 13 reste un jour spécial dans le monde entier. On vous présente quelques particularités étonnantes.

    Fenêtres inclinées aux USA

    L’histoire des Etats-Unis comporte une tradition de « chasse aux sorcières ». Visiblement dans certains États on se méfie encore de ces êtres « imaginaires » (ou pas). Ainsi, le vendredi 13, vous pouvez ainsi croiser des fenêtres un peu spéciales, baptisées « witch windows », littéralement « fenêtres de sorcières ». Selon une ancienne croyance, ces fenêtres inclinées empêcheraient les sorcières d’entrer en bloquant leur balai.

    Au Mexique, on ne passe pas le balai n’importe où !

    Au Mexique aussi, on se méfie des balais, mais pas des balais volants. Ainsi, un coup de balai mal placé un vendredi 13 peut vous empêcher de vous marier ! En effet, la superstition veut que si l’on passe le balai sous les pieds de quelqu’un le vendredi 13 on lui prédit le célibat à vie.

    Le mardi pour les Espagnols et en Amérique Latine

    Contrairement aux Français qui redoutent le vendredi 13, pour l’Espagne et l’Amérique latine, c’est le mardi 13 qui est un jour de malchance pour les voyages ou les mariages. Cette croyance remonterait à Marte, nom du dieu de la guerre en espagnol. En effet, mardi se dit “martes” en castillan. Mais cette superstition remonterait aussi à l’épisode biblique de la Tour de Babel : le châtiment divin provoquant la confusion des langues serait apparemment tombé un mardi 13…

    En Finlande, l’État fait de la prévention

    Les autorités de Helsinki profitent de ce jour redouté du calendrier pour organiser chaque année une campagne nationale contre les accidents de la route. Elle a eu lieu le vendredi 13 septembre pour 2024.

  • Le cri d’alerte de Sylvie Serrano séparée de ses enfants en Allemagne

    Le cri d’alerte de Sylvie Serrano séparée de ses enfants en Allemagne

    À la suite de la publication de notre article « Les conjoints suiveurs face au divorce », nous avons été contactés par une lectrice engagée : Sylvie Serrano, qui connaît ce sujet de l’intérieur pour l’avoir vécu douloureusement. Elle a résidé en Allemagne et a connu une descente aux enfers après son divorce qui l’a vu séparer de ses enfants. Elle a été ensuite poursuivie par la justice ? Et même emprisonnée. C’est un cri d’alerte qu’elle lance avec Lesfrancais.press.

    Son témoignage poignant, désormais devenu livre et combat public, met en lumière un pan souvent méconnu des conséquences de la mobilité internationale : la séparation parentale à l’échelle transfrontalière. En toile de fond on retrouve les difficultés posées par le droit familial dans certains pays européens — en particulier l’Allemagne. La Française a souhaité médiatiser sa situation.  Elle lance d’ailleurs une association appelée Me Tiny. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé elle nous explique pourquoi elle a aussi créé cette structure.

    Le terme « conjoint suiveur » désigne le conjoint d’une personne expatriée, qui suit son partenaire dans un autre pays pour des raisons professionnelles. Depuis des années, cette réalité sociologique concerne nombre de nos compatriotes de l’étranger. Mais derrière se nichent parfois des drames silencieux. Quand la séparation frappe ces couples, quand vient l’heure du divorce, la situation des enfants peut devenir alors problématique. Voire dramatique. Surtout quand le droit du pays de résidence protège à l’outrance le résident national au détriment du conjoint suiveur. C’est ce que nous raconte

    SYLVIE SERRANO
    SYLVIE SERRANO

    Une histoire personnelle devenue symbole

    Dans son livre « Les escrocs de l’injustice », récemment publié aux éditions Maïa, Sylvie Serrano raconte son parcours de mère française expatriée en Allemagne. Cette ancienne conjointe d’un médecin munichois est contrainte en 2018 de quitter le territoire allemand sans pouvoir emmener ses enfants.

    Aujourd’hui installée à Hossegor, elle n’a plus vu ses enfants depuis 5 ans. Suite à un différend avec son ex-conjoint, elle a été poursuivie par la justice allemande et condamnée par la justice française. Des peines qui interrogent pour une mère seulement préoccupée par le lien avec les siens. Elle dénonce cette situation d’« absurde et inhumaine ». Le pouvoir considérable de l’administration allemande de la jeunesse, le Jugendamt est pointé dans son livre.

    Le rôle contesté du Jugendamt

    Créé en 1922, cet office allemand de l’aide sociale à l’enfance est régulièrement dénoncé par des parents non allemands comme étant discriminatoire dans ses pratiques. La communication ne se fait qu’en allemand. L’office refuse presque systématiquement que les enfants mineurs quittent le territoire germanique. Et ses avis sont quasi systématiquement suivis par les juridictions familiales allemandes.

    Les escrocs de l’injustice
    Les escrocs de l’injustice

    Ce problème dépasse les cas individuels : des centaines de dossiers sont en souffrance au Parlement européen, comme l’a rappelé l’ex-eurodéputé Édouard Martin. En 2018, une résolution du Parlement européen exprimait sa « vive inquiétude » quant à la fréquence des discriminations contre les parents étrangers.  Le droit européen et les conventions internationales semblent méprisées. En particulier la Convention de La Haye sur les enlèvements d’enfants.

    Le mouvement MeTiny : une voix pour les mères

    De cette épreuve, Sylvie Serrano a tiré une initiative : le mouvement MeTiny, contraction de Me + Tiny (Moi et mon tout-petit).  L’objectif est de donner une voix aux mères séparées de leurs enfants dans un cadre international. Le mouvement milite pour que les systèmes judiciaires prennent mieux en compte le lien mère-enfant dans les procédures de divorce et de garde transfrontalières. « Des milliers de mères sont invisibilisées, réduites au silence par la complexité des systèmes juridiques étrangers et l’opacité des décisions de justice. MeTiny veut porter cette parole et exiger une réforme à l’échelle européenne », explique Sylvie Serrano.

    Une cause de plus en plus relayée

    Le 1er juin dernier, nos confrères du quotidien Le Parisien ont consacré un article aux conséquences du système du Jugendamt sur les parents français. Ont été évoqués notamment le cas de Sylvie Serrano et d’autres mères dans la même situation. Des associations comme Ratatouille, Familles Francophones d’Europe, participe aussi à ce travail de sensibilisation, souvent dans une relative indifférence politique.

    Une mobilisation nécessaire

    Alors que la mobilité européenne est encouragée, ces situations montrent l’envers du décor : le statut précaire des conjoints suiveurs, souvent sans emploi local, sans autonomie juridique, et en position de grande vulnérabilité au moment de la séparation. Ce sont majoritairement des femmes.

    Sylvie Serrano lance un appel aux lecteurs expatriés de Lesfrancais.press : « Cette cause vous concerne peut-être, directement ou indirectement. MeTiny a besoin de soutien, de relais et d’engagement. »


    En savoir plus avec le livre

    Rencontre avec Sylvie Serrano

    Nous avons pu échanger avec cette mère courageuse et combative.

    Lesfrancais.press : « Vous avez vécu l’expérience traumatique d’être séparée durablement de vos enfants après votre divorce en Allemagne. Pouvez-vous nous raconter votre histoire ? »

    Sylvie Serrano : « Mon histoire est contenue entièrement dans mon livre. Vous comprendrez que j’ai été séparée 2 fois d’avec mes enfants : en 2014, mes fils avaient alors 8, 10 et 13 ans, j’ai été séparée pendant 9 mois. Je suis alors retournée à Munich, ne voulant plus être éloignée d’eux. Mais je suis séparée d’eux désormais depuis 2020, mes fils avaient alors 14, 16 et 19 ans, cela fait 5 ans maintenant.

    « Je dénonce dans mon livre la rudesse de la justice allemande avec le parent non-allemand »

    Sylvie Serrano

    J’ai été depuis condamnée à une peine de prison de 18 mois pour un différend familial avec mon ex-mari, (peine totalement démesurée par rapport au délit), j’ai connu la fuite, Interpol, la prison en Italie, une évasion… Je me suis rendue alors à la justice française, qui doit appliquer la peine allemande : 9 mois de bracelet électronique à partir du 1er octobre prochain. La demande de grâce a encore été refusée par la justice bavaroise et je souhaite faire intervenir le gouvernement français. Je dénonce dans mon livre la rudesse de la justice allemande avec le parent non-allemand. »

    Lesfrancais.press : « Vous avez écrit ce livre poignant et engagé pour attirer l’attention de l’opinion sur ce sujet difficile. Avez-vous des retours des pouvoirs publics et pensez-vous faire bouger les lignes ? »

    Sylvie Serrano : « Je n’ai pas encore reçu de retour officiel des pouvoirs publics, mais c’est bien mon objectif ultime. Mon livre, tout juste paru, marque le point de départ d’un engagement public fort. Avec la parution d’un article dans Le Parisien, je compte mettre en lumière le mouvement #MeTiny que j’ai fondé.

    « J’ai la conviction que les lignes peuvent bouger, à condition que nous soyons nombreux à les pousser ensemble »

    Sylvie Serrano

    Je vais mobiliser tous les canaux possibles — réseaux sociaux, médias, presse, émissions télé — pour faire entendre cette cause essentielle : protéger le lien mère-enfant, surtout dans les procédures judiciaires. C’est un combat international. Une pétition internationale, disponible en plusieurs langues, est en cours pour faire entendre la voix des mères et des enfants au-delà des frontières, car elle constitue un levier important pour interpeller les autorités et démontrer l’ampleur du soutien citoyen. J’ai la conviction que les lignes peuvent bouger, à condition que nous soyons nombreux à les pousser ensemble. »

    Lesfrancais.press : « Le mouvement #MyTiny connaît son essor. Quel message faites-vous passer à celles qui souhaiteraient vous rejoindre ? »

    Sylvie Serrano : « Le mouvement #MeTiny est né d’une expérience personnelle douloureuse, mais il porte aujourd’hui une voix collective : celle de toutes les mères (et de leurs enfants) confrontées à une injustice silencieuse. Ce sujet est encore très méconnu, mais il détruit des vies.

    « Il est essentiel que la justice replace la relation mère-enfant au cœur de ses priorités, sans jamais la confondre avec les conflits juridiques ou financiers opposant les parents »

    Sylvie Serrano

    MeTiny milite aujourd’hui pour que soit votée une loi imposant la présence obligatoire d’experts indépendants – psychologues, pédopsychiatres, psychiatres – lors des audiences devant les juges aux affaires familiales. Le bien-être psychologique et émotionnel de l’enfant doit être réellement pris en compte dans chaque décision. Il est essentiel que la justice replace la relation mère-enfant au cœur de ses priorités, sans jamais la confondre avec les conflits juridiques ou financiers opposant les parents. L’intérêt supérieur de l’enfant doit redevenir la seule et unique boussole de chaque décision. Ces réalités doivent être portées et reconnues par les plus hautes instances internationales, telles que le Parlement européen, l’ONU et Amnesty International. »


    En savoir plus avec le livre

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