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  • La Mission laïque française : Un réseau éducatif résilient face à la crise

    La Mission laïque française : Un réseau éducatif résilient face à la crise

    La Mission laïque française (MLF), acteur historique de l’enseignement français à l’étranger, a traversé ces dernières années une crise financière sans précédent, menaçant jusqu’à sa survie. Avec un déficit de plusieurs millions d’euros et un risque de cessation de paiement, l’institution a dû faire preuve d’une résilience exceptionnelle pour maintenir sa mission éducative dans 108 établissements répartis dans 32 pays. Jean-Marc Merriaux, son directeur général, revient dans un entretien exclusif pour Lesfrancais.press sur les défis surmontés, les leçons tirées et les ambitions portées par le projet MLF 2030. Une conversation à découvrir en intégralité dans notre podcast, disponible ci-dessous ou sur vos plateformes préférées (Deezer, Spotify, Apple Podcast).

    Écouter le podcast avec Jean-Marc Merriaux

    Une crise financière surmontée, une stabilité retrouvée

    En 2023, la MLF a frôlé la cessation de paiement, une situation critique qui a nécessité des mesures drastiques et une refonte profonde de sa gestion. « Aujourd’hui, la situation s’est améliorée, déclare Jean-Marc Merriaux. Nous avons pris l’ensemble des mesures nécessaires pour assurer la continuité de notre activité. » Malgré une stabilisation fragile, l’institution reste vigilante face à un contexte international instable. Cette épreuve a cependant permis de repenser en profondeur le modèle économique et éducatif de la MLF, afin de le rendre plus robuste et adapté aux enjeux contemporains.

    La crise a révélé la vulnérabilité du modèle économique des établissements français à l’étranger, un constat partagé par d’autres acteurs du secteur. Pour la MLF, cette période difficile a aussi été l’occasion de se réinventer.

    « Nous sommes désormais en capacité de nous projeter différemment. Notre stabilité actuelle nous permet d’envisager des pistes de développement renforcées pour les années à venir. »

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de LMF

    MLF 2030 : une vision ambitieuse pour l’avenir

    Au cœur de cette renaissance se trouve le plan MLF 2030, une feuille de route stratégique visant à moderniser l’offre éducative tout en préservant les valeurs fondatrices de l’institution : plurilinguisme, interculturalité, laïcité et humanisme. Ce plan s’articule autour de plusieurs axes majeurs :

    • La transformation des établissements : La MLF accompagne ses 108 écoles dans une dynamique d’innovation pédagogique et organisationnelle. Huit établissements pilotes, situés dans des contextes géographiques variés, serviront de vitrines pour tester et déployer de nouvelles initiatives, comme des maternelles bilingues ou des dispositifs d’évaluation des personnels.
    • Une vision partagée : La formalisation de référentiels et de politiques communes permet d’harmoniser les pratiques et de renforcer la cohésion du réseau.
    • L’excellence académique : La MLF réaffirme son engagement à offrir une éducation d’excellence, tout en intégrant les nouvelles attentes des familles, notamment en matière d’ouverture internationale et de citoyenneté mondiale.

    « Notre ambition est de renforcer notre positionnement sur la scène éducative internationale, Nous voulons faire de nos établissements des lieux d’apprentissage ouverts sur le monde, où chaque élève peut s’épanouir dans un environnement exigeant et bienveillant. »

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de LMF

    Regarder le message de rentrée de Jean-Marc Merriaux

    https://youtu.be/KxlxQqn5cQA%20

    Coopération et diversification : des leviers pour l’avenir

    La MLF ne se limite pas à la gestion de ses établissements. Elle développe également des actions de coopération éducative dans plus de vingt pays, en partenariat avec des acteurs locaux et des institutions internationales. Bien que ces initiatives ne constituent pas le cœur de son modèle économique, elles jouent un rôle clé dans la promotion des valeurs de l’association et dans la diversification de ses activités.

    « Ces actions renforcent notre ancrage local et notre capacité à répondre à des appels d’offres internationaux, précise Jean-Marc Merriaux. Elles sont essentielles pour élargir notre impact et notre rayonnement. »

    Par ailleurs, la MLF collabore étroitement avec l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), avec laquelle elle partage un accord cadre en cours de renégociation.

    « Nous travaillons en complémentarité avec l’AEFE, insiste-t-il. Notre singularité d’acteur historique et associatif est un atout pour enrichir l’offre éducative française à l’étranger. »

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de LMF

    Un message de confiance pour les familles et les enseignants

    Face aux inquiétudes suscitées par la crise financière, Jean-Marc Merriaux tient à rassurer les familles, les enseignants et les partenaires : « Notre message est clair : Le monde est votre école, l’excellence notre mission. » La MLF mise sur une internationalisation renforcée de son enseignement, avec une place centrale accordée aux langues, à l’interculturalité et à la citoyenneté mondiale.

    La question des frais d’écolage, souvent source de tensions, est également abordée avec transparence. Après des augmentations importantes liées à la crise, la MLF s’engage désormais dans une politique de progressivité maîtrisée, adaptée aux réalités économiques locales.

    « Nous cherchons un équilibre entre la qualité de notre offre et la capacité des familles à y accéder, explique le directeur général. Notre objectif est de rester accessible tout en garantissant l’excellence. »

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de LMF

    MLF
    Lycée français international André Malraux à Rabat, Maroc

    Un héritage de 120 ans, une mission toujours actuelle

    Fondée en 1902, la MLF perpétue une tradition d’innovation et d’adaptation. « Notre force réside dans notre capacité à nous remettre en question et à innover, affirme Jean-Marc Merriaux. C’était vrai en 1902, cela l’est encore aujourd’hui. »

    À l’heure où le paysage éducatif international évolue rapidement, la MLF entend rester un acteur incontournable, en combinant homologation, excellence académique et ouverture sur le monde.

    « Nous devons répondre aux nouvelles attentes des parents, tout en restant fidèles à nos valeurs. C’est ce qui fera notre succès dans les décennies à venir. »

    Jean-Marc Merriaux, directeur général de LMF

    Bon à savoir

    À propos de la Mission laïque française La MLF est un réseau d’établissements scolaires français à l’étranger, présent dans 32 pays. Elle propose une éducation laïque, plurilingue et ouverte sur le monde, en s’appuyant sur un modèle pédagogique exigeant et innovant. Pour en savoir plus, visitez le site officiel de la MLF.

    Pourquoi cet article ? Chez Lesfrancais.press, nous accompagnons les Français de l’étranger dans leur quotidien. Retrouvez nos analyses, conseils et reportages sur notre site.

  • Histoire et modernité : le 10ème anniversaire du lycée Churchill à Wembley

    Histoire et modernité : le 10ème anniversaire du lycée Churchill à Wembley

    Le 22 septembre 2025, le lycée International Winston Churchill célébrera son 10ᵉ anniversaire lors d’une cérémonie exceptionnelle, accueillant l’ancien président français François Hollande. L’ancien chef de l’État se prêtera à l’exercice de la conférence suivie d’une séance de questions-réponses animée par les élèves. Placée sous le haut patronage d’Hélène Duchêne, ambassadrice de France au Royaume-Uni, cette journée, entre histoire et modernité, réunira familles, anciens élèves et invités de marque pour célébrer une décennie d’excellence éducative et d’ouverture internationale. Lesfrançais.press propose ainsi une série en trois volets pour marquer cet anniversaire : l’histoire du lycée, son présent et son futur, ainsi que la couverture de la cérémonie du 22 septembre.

    François Hollande invité du 10e anniversaire du Lycée Churchill

    C’est donc un ancien président de la République française qu’accueillera le lycée international Churchill basé à Londres pour la célébrer ses 10 ans d’existence. Lors de l’échange qui sera organisé à cette occasion au sein de l’établissement, François Hollande abordera les grandes questions contemporaines dont l’avenir de l’éducation et de la technologie, la coopération internationale, ou bien encore les enjeux mondiaux actuels.

    Dans un moment rare et privilégié, les élèves auront également l’opportunité d’interroger l’ancien locataire de l’Élysée, notamment pour encourager la curiosité intellectuelle, la pensée critique et la citoyenneté mondiale active des jeunes, des valeurs que prône le lycée. La cérémonie sera présidée par Arnaud Vaissié, président fondateur du conseil d’administration, et Mireille Rabaté, proviseur fondateur, qui ont contribué à faire du lycée une institution indépendante et internationale de premier plan au Royaume-Uni.

    Quartier et histoire du lycée international Winston Churchill

    Depuis son ouverture en 2015, lorsque François Hollande a inauguré le campus, le lycée est devenu une communauté florissante de plus de 800 élèves, reconnue pour son excellence académique, son innovation dans la scolarité et son bilinguisme. Situé au nord-ouest de Londres, dans le quartier animé de Wembley, le Lycée International Winston Churchill accueille des élèves francophones et bilingues. Si le campus impressionne par sa modernité et son rayonnement international, le bâtiment principal est chargé d’histoire : il s’agit de l’ancien hôtel de ville de Brent, construit dans les années 1930.

    Lycée International Winston Churchill
    Lycée International Winston Churchill

    Wembley, longtemps zone rurale, connaît un essor spectaculaire au XIXᵉ siècle avec l’arrivée du chemin de fer. Le secteur de Wembley Park fut aménagé dès la fin du XVIIIᵉ siècle par le paysagiste Humphry Repton, qui y créa un vaste domaine paysager. Au XXᵉ siècle, le quartier s’impose comme un lieu d’événements majeurs : la British Empire Exhibition de 1924–1925 attire des millions de visiteurs, et le mythique stade de Wembley confère à la zone une renommée internationale. Cet espace est ainsi devenu un pôle culturel et sportif majeur de la capitale britannique.

    L’architecture et le patrimoine

    Dans ce contexte de dynamisme urbain, le Brent Town Hall, alors appelé Wembley Municipal Offices, est construit entre 1935 et 1940 par l’architecte Clifford Strange. L’édifice illustre l’élégance du style Art déco alliée au modernisme de l’entre-deux-guerres. L’usage généreux de la brique et les lignes géométriques sobres ont valu au bâtiment les louanges de Nikolaus Pevsner, qui le qualifie de « meilleur hôtel de ville moderne autour de Londres, ni fantaisiste ni morne ».

    Mireille Rabaté, directrice fondatrice de l’établissement
    Mireille Rabaté, directrice fondatrice de l’établissement

    Classé Grade II, il est aujourd’hui un symbole architectural du Nord-ouest londonien. Pendant plus de soixante-dix ans, le Brent Town Hall fut le centre de la vie municipale : réunions du conseil, services administratifs et cérémonies officielles y ont eu lieu jusqu’en 2013, date à laquelle les services municipaux ont été transférés dans un bâtiment plus moderne.

    Lycée et mission éducative

    En 2012, le site est alors acquis par le French Education Property Trust (FECT), qui entreprend sa transformation en lycée international, alliant patrimoine historique et infrastructures modernes. Après d’importants travaux, le Lycée International Winston Churchill ouvre ses portes en septembre 2015.

    Selon Mireille Rabaté, proviseur fondateur de l’établissement :

    « Il fallait que le lycée soit facilement accessible depuis le centre de Londres. Ce bâtiment, ancienne mairie de Brent, était idéal : inspirant, spacieux, avec un grand jardin. Nous sommes à seulement 12 minutes de Baker Street sur la Metropolitan Line, tout en profitant d’un espace extérieur rare pour que les enfants puissent grandir au grand air. Nous avons été très bien accueillis par le Brent Council, avec le soutien du Council of Morden Park, intéressé par l’implantation d’une école internationale dans le cadre de la régénération de Wembley. »

    Le Council of Morden Park, chargé de la gestion et de la conservation de ce parc public de 50 hectares, a appuyé le projet d’implantation du lycée à Wembley.

    Tout en ajoutant :
    « Il existait un énorme besoin pour un lycée français supplémentaire. En 2012, seul un établissement à South Kensington proposait le programme français, et il était saturé. Il y avait des écoles primaires, mais aucune continuité jusqu’au bac. L’objectif du lycée de Wembley était de permettre à tous les élèves français ou francophones de poursuivre leurs études jusqu’au bac. » Aujourd’hui, le lycée conjugue patrimoine et modernité : façades Art déco, salles de classe lumineuses et infrastructures tournées vers l’avenir reflètent son ouverture internationale.

    Le lycée international Churchill s’appuie sur le passé pour construire le futur

    De mairie locale à lycée mondial, ce bâtiment incarne l’histoire et l’avenir de Wembley. Comme le disait Winston Churchill : « Nous façonnons nos bâtiments, ensuite, ils nous façonnent  (…) Le courage est ce qu’il faut pour se lever et parler ; c’est aussi ce qu’il faut pour s’asseoir et écouter. ». Dans ces murs du lycée international qui porte le nom de l’ancien Premier Ministre de la couronne, traditions et ambitions éducatives se rejoignent pour former chaque génération et préparer son futur.

  • L’Inde face au protectionnisme américain

    L’Inde face au protectionnisme américain

    Sept ans se sont écoulés depuis la dernière visite de Narendra Modi en Chine. Son arrivée le 31 août dernier à Tianjin, port situé à environ deux heures de Pékin, marque son retour. Le Premier ministre indien y a assisté à une réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), un groupement de sécurité eurasiatique dont sont membres la Russie et l’Iran. Cette rencontre symbolise la détente entre l’Inde et la Chine, qui s’étaient affrontées en 2020. Cette réconciliation intervient alors que les relations entre l’Inde et les États-Unis se sont considérablement dégradées en raison de la hausse des droits de douane et de la prise de position de Donald Trump en faveur du Pakistan.

    La doctrine du non-alignement

    Depuis son indépendance en 1947, l’Inde a choisi de n’adhérer pleinement à aucun grand bloc. Elle revendique toujours un « non-alignement » dans les affaires internationales et refuse d’entrer dans des alliances formelles. Pour autant, elle a oscillé entre les différents camps rivaux. Depuis vingt-cinq ans, l’inclinaison indienne a été largement pro-occidentale. En 2001, les États-Unis ont levé les sanctions liées au programme nucléaire indien. En 2005, ils ont entamé des négociations sur un accord de coopération nucléaire signé en 2008. Il y a neuf ans, Washington a fait de l’Inde un « partenaire majeur de défense », statut offrant l’accès à de nombreuses technologies de pointe sans exiger une alliance formelle. Cette convergence était nourrie par l’intérêt partagé de contenir la puissance chinoise. Certes, les deux pays ont souvent voté dans des camps opposés à l’ONU sur les guerres et les sanctions. Mais aux yeux de nombreux Indiens, les États-Unis étaient devenus un allié fiable. Les volte-face récentes semblent avoir changé la donne et donné raison aux sceptiques qui mettaient en garde contre une dépendance excessive vis-à-vis de Washington. Même certains artisans de ce rapprochement expriment aujourd’hui leur désarroi. Navtej Sarna, ex-ambassadeur à Washington, résume à propos de Donald Trump : « Nous ne pouvons pas suivre aveuglément quelqu’un qui ne sait pas ce qu’il dira demain. »

    L’Inde dépend moins de ses exportations de biens que d’autres pays d’Asie : l’équivalent de 11 % du PIB, contre 85 % pour le Vietnam. Plusieurs catégories d’exportations importantes, comme les smartphones ou les produits pharmaceutiques, sont pour le moment exemptées. Mais les tarifs élevés remettent en cause la stratégie industrielle de l’Inde qui pouvait espérer récupérer une partie des usines chinoises.

    Les Indiens évaluent les conséquences de la nouvelle politique économique américaine. Une escalade commerciale pourrait menacer plusieurs piliers clés de leur économie.

    Face au mur des 50%

    Depuis le 27 août 2025, les États-Unis ont imposé des surtaxes allant jusqu’à 25 % en plus des taux de base déjà applicables aux produits importés d’Inde, portant ainsi le taux global à environ 50 % sur de nombreux produits indiens. Avant cette mesure, les droits de douane moyens appliqués étaient plutôt faibles, avec des taux pondérés de 2 à 3 % selon les secteurs. La hausse est présentée comme une réponse aux importations indiennes de pétrole russe, jugées contraires aux intérêts américains.

    Les exportations indiennes de vêtements et textiles sont particulièrement exposées, avec des tarifs passant de 12 % à 62 % selon les segments. Celles de pierres précieuses, bijoux et diamants sont également pénalisées, tout comme celles concernant les pièces automobiles et les produits chimiques.

    En revanche, les exportations de services (logiciels, centres d’appel, etc.) échappent à l’augmentation des droits. Elles progressent par ailleurs plus vite que celles concernant les biens.

    Les Américains n’ont aucun intérêt à entrer en conflit commercial avec les Indiens, et réciproquement. En effet, les États-Unis sont le premier pourvoyeur d’investissements en Inde (en tenant compte des flux transitant par Singapour et l’île Maurice). De nombreuses entreprises américaines ont créé des centres de services mondiaux — dotés de compétences en code et en finance. Ce secteur a généré 65 milliards de dollars l’an dernier et devrait atteindre 100 milliards de chiffre d’affaires d’ici 2030.

    Relations commerciales entre l'Inde et les Etats-Unis
    Coup de chaud sur les relations commerciales entre l’Inde et les Etats-Unis (photo d’illustration): l’Inde décide de relever les taxes sur un certain nombre de produits importés des Etats-Unis. ©REUTERS/Eduardo Munoz

    Aux frictions commerciales s’ajoute une querelle en matière de défense. Depuis des années, l’Inde accuse le Pakistan de tolérer, voire d’appuyer, des djihadistes opérant depuis son territoire. Washington a longtemps affirmé partager ces préoccupations. Ce consensus s’est fissuré lors du conflit entre l’Inde et le Pakistan en mai, déclenché après l’assassinat de deux dizaines de personnes au Jammu-et-Cachemire administré par l’Inde. Les États-Unis ont d’abord indiqué que l’Inde pouvait gérer seule la situation, avant de faire volte-face, appelant « les deux parties » à cesser le feu — donnant à New Delhi le sentiment d’être désignée comme agresseur. La colère indienne a redoublé quand Donald Trump a affirmé avoir imposé la paix en menaçant les deux camps d’un embargo commercial américain. Le président a ensuite proposé de médiatiser la question explosive du Cachemire. Depuis des décennies, l’Inde rejette vigoureusement toute médiation extérieure avec le Pakistan. Elle a affirmé s’être désengagée parce qu’elle avait atteint ses objectifs. Au fil des mois, Donald Trump semble pencher plus nettement vers les Pakistanais, allant jusqu’à laisser entendre que ceux-ci l’auraient proposé pour le Nobel. La vexation s’est poursuivie avec l’invitation en juin dernier, à déjeuner à la Maison-Blanche, du chef de l’armée pakistanaise, Field-Marshal Asim Munir — honneur rare pour un militaire étranger. À cette occasion, le président américain a annoncé que les États-Unis aideraient le Pakistan à exploiter ses réserves pétrolières et minières, ajoutant qu’« un jour » l’Inde pourrait avoir à acheter de l’énergie à son voisin…

    Les relations militaires américano-indiennes pâtiront de cette dispute. Or, au cours des quatre dernières années, l’Inde avait réduit son exposition à la Russie qui ne fournit plus que 36 % des armes importées par le pays. New Delhi craint un désengagement russe en cas de guerre avec la Chine. L’Inde doute aussi de la qualité d’une partie des équipements militaires russes. Or, la montée en puissance de l’armée pakistanaise équipée par Pékin impose à l’Inde de faire de même. Lors du conflit de mai, cinq avions indiens auraient été abattus par des chasseurs chinois.

    À Delhi, les autorités espèrent que la colère de Donald Trump contre l’Inde passera. En cas de paix en Ukraine, la question des achats indiens de pétrole à la Russie s’évanouirait. D’ici là, la réponse de l’Inde combinera sans doute, deux axes. Le premier : chercher un accommodement avec Donald Trump. New Delhi s’est gardée, pour le moment, de riposter aux tarifs américains et même de critiquer directement le président. Une rencontre entre les deux chefs d’État est possible en marge de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre. Le second axe consistera à resserrer les liens avec d’autres partenaires. Depuis 2021, le pays a signé une demi-douzaine d’accords commerciaux, dont un avec le Royaume-Uni ; il espère conclure bientôt avec l’Union européenne. Côté armements, il pourrait s’en remettre davantage à la France ou à Israël, qui fournissent déjà plus de 45 % de ses importations. Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, l’Inde se rapproche à nouveau de la Russie. Les deux gouvernements entendent accroître les échanges bilatéraux. Vladimir Poutine pourrait être reçu à New Delhi d’ici la fin de l’année.

    Le nouvel ami chinois

    Comme l’illustre le récent voyage de Narendra Modi à Tianjin, les relations entre la Chine et l’Inde se réchauffent. Pendant des années, aucun touriste ne circulait entre les deux pays. Certes, aucun avion commercial ne relie encore l’Inde et la Chine, mais un arrangement sur le différend frontalier a permis d’organiser une rencontre entre les deux dirigeants. Les discussions se déplacent désormais sur le terrain économique. Depuis les heurts de 2020, l’Inde a refusé de nombreux investissements chinois et bloqué des visas de dirigeants.

    Le président chinois Xi Jinping et le premier ministre indien Narendra Modi
    Le président chinois Xi Jinping et le premier ministre indien Narendra Modi doivent se rencontrer à Wuhan vendredi. Photo ©getty images

    Pourtant, sur la période, les importations indiennes en provenance de Chine ont augmenté : 114 milliards de dollars sur l’année close en mars, soit 75 % de plus en cinq ans. Les exportations de l’Inde intègrent de nombreux composants chinois, traduisant une intégration croissante des deux économies. Des flux de capitaux et de savoir-faire chinois pourraient soutenir l’industrie indienne, favoriser une montée en gamme manufacturière et réduire la dépendance aux importations. Le gouvernement indien prend son temps pour négocier avec la Chine, de peur de s’aliéner définitivement les Américains. Pour répondre à l’affront infligé par Donald Trump, le gouvernement souhaite accélérer les réformes intérieures longtemps repoussées afin de mieux résister aux pressions externes. S’attaquer aux rigidités domestiques permettrait de gagner en compétitivité et en croissance.

  • La Réserve fédérale dans le viseur de Donald Trump

    La Réserve fédérale dans le viseur de Donald Trump

    La politique monétaire des États-Unis se joue désormais sur Truth Social, le réseau social du Président. Il n’a suffi que d’un message envoyé après un dîner pour que la passe d’armes entre la Maison-Blanche et la Réserve fédérale prenne une tournure plus inquiétante. Le 25 août dernier, Donald Trump a publié une lettre affirmant avoir révoqué Lisa Cook, membre du Conseil des gouverneurs de la Fed, pour une présumée fraude hypothécaire. Certes, les présidents peuvent révoquer des responsables de la Fed, mais uniquement « pour motif valable », et aucun ne s’était prévalu de ce pouvoir jusqu’ici. Lisa Cook n’est inculpée d’aucun crime et, a fortiori, n’a été reconnue coupable de rien pour le moment. L’allégation — selon laquelle elle aurait déclaré deux logements comme résidence principale — a d’abord été formulée par Bill Pulte, de la Federal Housing Finance Agency (FHFA), qui a avancé des accusations similaires contre d’autres personnes, sans qu’elles n’aient, à ce stade, donné lieu à des poursuites judiciaires. Lisa Cook a promis de contester sa révocation en justice et, dans l’intervalle, de se maintenir en fonctions.

    Contrôler la Fed

    L’initiative du Président marque une escalade remarquable dans la campagne de ce dernier contre l’indépendance de la banque centrale. Durant son premier mandat, la Fed est demeurée en marge, hormis quelques tensions vite contenues. Elle est devenue la bête noire présidentielle depuis le début du second.

    Jerome Powell en 2025 ©FED

    Le Président exige bruyamment et publiquement des baisses de taux et juge Jerome Powell, qu’il a nommé lors de son premier mandat, en complet décalage par rapport aux besoins du pays. Il impute à la Fed le blocage du marché du logement par des taux trop élevés. Il a caressé l’idée de le révoquer et a, un temps, tenté d’utiliser le coût de la rénovation du siège de la Fed comme prétexte.

    Jusqu’à présent, Jerome Powell et la Fed ont largement ignoré le tollé du Président. Aucune baisse de taux n’est intervenue depuis décembre, même si une détente semble probable en septembre. Cette indifférence s’explique par la solidité des protections juridiques dont bénéficie la Fed. Les mandats des gouverneurs sont longs et leur révocation difficile. La Cour suprême a récemment exclu la banque centrale du champ d’un arrêt facilitant le limogeage des patrons d’agences fédérales. L’attaque contre Lisa Cook prouve que le Président n’a pas abandonné l’idée de peser sur le cours de la Fed.

    Donald Trump n’est pas assuré de gagner son bras de fer avec la banque centrale américaine. Concernant la bataille judiciaire autour du cas Lisa Cook, il devra prouver que les faits allégués justifient une révocation. Les documents en cause ont été déposés en 2021, alors que Lisa Cook était encore une simple citoyenne. Il faudra, en outre, démontrer l’intentionnalité de la fausse déclaration. Nul n’attend un dénouement rapide. La probabilité de sa révocation d’ici fin septembre, selon les bookmakers, n’est que de 10 %, et de 25 % d’ici la fin de l’année. Concernant les désignations au sein de la Fed, rien n’est certain. Le choix des présidents des Réserves fédérales régionales pourrait donner lieu à des surprises. Or cinq d’entre eux complètent le Federal Open Market Committee (FOMC) qui fixe les taux directeurs. Ce vote doit intervenir début 2026. Si Lisa Cook est écartée et si le Sénat confirme le nom de son remplaçant ainsi que celui d’Adriana Kugler, autre gouverneure récemment démissionnaire, alors, en principe, quatre des sept gouverneurs pourraient avoir été nommés par Donald Trump et être en phase avec la ligne de ce dernier. Cependant, même dans ce scénario, une ingérence aussi flagrante paraît peu probable. Christopher Waller et Michelle Bowman, nommés durant le premier mandat Trump, sont reconnus pour leur indépendance et leurs compétences techniques. Le dernier point de pression concerne le remplacement de Jerome Powell au terme de son mandat de Président le 15 mai 2026, sachant que celui de gouverneur court jusqu’au 31 janvier 2028. Après avoir semblé restreindre la liste des candidats, Donald Trump a fait circuler une liste plus longue et parfois fantasque. Parmi les prétendants sérieux, Christopher Waller qui avait prévu, contre le consensus, que l’inflation pourrait refluer sans récession. Si Donald Trump optait pour un loyaliste tel que Kevin Hassett, l’un de ses conseillers économiques, l’aptitude du FOMC à le mettre en minorité offrirait un garde-fou, à moins que cette capacité ne soit sapée par de nouvelles évictions à la Cook.

    Des précédents dans l’Histoire

    Le dernier Président qui a essayé de manipuler la Fed fut Richard Nixon. Il fit pression sur Arthur Burns, alors Président, pour abaisser les taux avant l’élection de 1972. L’issue fut calamiteuse. L’inflation s’accrut avant même le choc pétrolier de 1973, et il fallut une décennie pour la juguler. Thomas Drechsel (Université du Maryland) estime qu’un épisode de pression politique de moitié moins intense que celui de l’ère Nixon, appliqué sur six mois, pourrait renchérir les prix de 7 % sur dix ans.

    Donald Trump adopte aujourd’hui une posture bien plus décomplexée que « Tricky Dick » lui-même, n’osa jamais. Les marchés sont devenus plus sceptiques à l’égard des États-Unis depuis le mois d’avril 2025. Le dollar a reculé de 9 % face aux autres grandes devises. L’or est en forte hausse depuis que les menaces sur la Fed se précisent. Si les rendements des Treasuries de courte maturité ont reculé avec le tassement conjoncturel, ceux de longue maturité demeurent élevés, traduisant l’inquiétude des investisseurs face au fardeau de la dette et aux menaces pesant sur des institutions économiques comme la Fed.

    Donald Trump et Richard
    Montage – Donald Trump et Richard Nixon ©smdp.com

    Dans le même temps, les actions démentent la morosité et évoluent à des plus hauts historiques. Actions, Treasuries et dollar ont tous reculé après l’annonce de la « révocation » de Mme Cook, mais à la marge. Prendre au sérieux les menaces visant l’indépendance de la Fed justifierait sans doute une réaction bien plus nette. Pourquoi, alors, ce calme relatif ? En partie parce que M. Trump a encore beaucoup d’obstacles devant lui. Obtenir une majorité accommodante au FOMC supposerait de convaincre les tribunaux de l’autoriser à révoquer Mme Cook, de faire confirmer par le Sénat plusieurs affidés, et d’amener des gouverneurs plus indépendants à exiger une liste docile de présidents régionaux.

    Une bataille néfaste pour tous

    Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump provoque en permanence, jusqu’au moment où il rencontre de la résistance, ce qui peut l’amener à édulcorer ses projets. Les investisseurs ont intégré les revirements fréquents du Président et font preuve d’une résilience croissante. S’ils considèrent qu’une prise de contrôle totale de la Fed reste peu probable, la guerre menée par le Président contre cette dernière pourrait provoquer de réels dégâts. Il a brisé une norme vieille de plusieurs décennies : l’intangibilité de l’indépendance de la Fed. Si le contrôle politique de la banque centrale devient une revendication récurrente des républicains au fil des cycles électoraux, la polarisation de la politique monétaire deviendra quasi inévitable. Saper la confiance dans les institutions économiques américaines n’est pas sans incidences. La Fed a déjà été ébranlée par son incapacité à anticiper l’inflation post-pandémie. Les taux plus élevés qu’elle a mis en œuvre ont pu juguler la hausse des prix sans récession, en grande partie parce que les agents économiques faisaient confiance à la Fed pour ramener l’inflation vers sa cible de 2 %, évitant une spirale prix-salaires façon années 1970. Une perte de confiance dans la Fed créerait des difficultés sur le marché obligataire. Le déficit budgétaire américain atteint 7 % du PIB, soit trois fois le niveau de l’époque de Richard Nixon. La dette publique nette avoisine 100 % du PIB. Convaincre les investisseurs d’absorber un volume important de titres publics n’a rien d’aisé. Jusqu’ici, les États-Unis sont restés attractifs grâce au statut de valeur refuge du dollar et parce que la plupart des autres économies avancées s’endettent elles aussi davantage. Cette situation n’est pas inscrite dans le marbre.

    Donald Trump et Jérome Powell
    Donald Trump et Jerome Powell, alors candidat à la présidence de la Fed, devant la Maison Blanche en novembre 2017. ©Reuters

    La bataille engagée entre Donald Trump et la Réserve fédérale dépasse le simple affrontement institutionnel. En filigrane, elle révèle des Etats-Unis où l’équilibre fragile entre le pouvoir politique et les contre-pouvoirs économiques se fissure. En s’attaquant à l’indépendance de la Fed, le Président remet en cause l’un des piliers de la stabilité financière mondiale. À court terme, ses coups de boutoir peuvent paraître sans effet, tant les marchés s’accommodent de ses outrances. Mais à long terme, l’idée même qu’une banque centrale puisse être placée sous la coupe d’un exécutif partisan fragilise la crédibilité de l’ensemble du système monétaire international. Si la Fed cède, c’est la confiance dans le dollar, valeur refuge universelle, qui pourrait vaciller. Et avec elle, l’architecture économique mondiale tout entière.

  • 10 septembre 2025 : la France paralysée, les expatriés en première ligne des conséquences

    10 septembre 2025 : la France paralysée, les expatriés en première ligne des conséquences

    Ce mercredi 10 septembre 2025 restera comme une journée de mobilisation sociale inédite en France, marquée par des blocages massifs, des perturbations dans les transports et une tension palpable entre manifestants et forces de l’ordre. Alors que les consulats français à l’étranger ne sont pas directement touchés, les Français résidant hors de l’Hexagone subissent de plein fouet les répercussions de ce mouvement, notamment en raison des difficultés accrues pour rejoindre la France. Retour pour les Français de l’étranger sur une journée qui a mis le pays à l’arrêt et interroge sur l’image de la France à l’international.

    Mobilisation massive des forces de l’ordre et violences en marge des manifestations

    Dès l’aube, la France s’est réveillée sous haute tension. Le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, avait annoncé la veille la mobilisation de 80 000 policiers et gendarmes à travers le pays, dont 6 000 rien qu’à Paris, pour encadrer le mouvement « Bloquons tout ». L’objectif : éviter tout débordement et garantir la libre circulation, notamment sur les « points d’intérêts vitaux » comme les raffineries, les gares et les aéroports. Pourtant, malgré cette présence policière sans précédent, des scènes de violence ont éclaté dans plusieurs villes.

    Dès 5h30 du matin, le rond-point desservant l'hypermarché Auchan de Petite-Forêt
    Dès 5h30 du matin, le rond-point desservant l’hypermarché Auchan de Petite-Forêt, en périphérie proche de Valenciennes (Nord), était bloqué par des manifestants. • © Bertrand Thery – France Télévisions

    À Paris, 95 interpellations ont été recensées en région parisienne dès le matin, et 295 au niveau national en cours de journée, selon les chiffres officiels. Les forces de l’ordre ont dû intervenir à plusieurs reprises pour débloquer des axes routiers, des dépôts de bus et des gares, comme à la gare du Nord, où des manifestants ont tenté une intrusion. Des heurts ont également été signalés à Lyon, Lille, Grenoble et Marseille, où des groupes masqués ont érigé des barricades et affronté les CRS.

    Les autorités ont pointé du doigt la responsabilité de l’ultra-gauche et de certains militants radicaux, tandis que des syndicats et des partis politiques dénonçaient une répression disproportionnée. Le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau a insisté sur une « tolérance zéro » face aux violences, mais les images de gaz lacrymogènes et de charges policières ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, alimentant les critiques sur la gestion du mouvement.

    Des manifestants bloquent la route au niveau de porte de Vincennes, à Paris, en incendiant des poubelles. ©GAUTHIER BEDRIGNANS / Hans Lucas/AFP

    Plusieurs actions violentes ont été marquantes ce 10 septembre comme les blocages routiers où des centaines d’actions ont été recensées, notamment sur les rocades de grandes villes et les autoroutes, avec des barricades et des feux allumés sur les chaussées. Les perturbations dans les transports ont aussi été importantes avec des dépôts de bus et des voies ferrées ciblés, entraînant des retards et des annulations massives. On note aussi des tentatives d’intrusion de manifestants qui ont tenté de forcer l’entrée de la gare du Nord à Paris et du Centre Bourse à Marseille. Cette journée a rappelé, par son ampleur et sa radicalité, les mouvements des Gilets jaunes de 2018-2019, avec une différence majeure : une mobilisation plus jeune et politisée, selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès.

    Les syndicats et les partis, entre soutien et distance

    L’appel à la grève générale du 10 septembre a divisé le paysage syndical et politique. Si certains ont soutenu le mouvement, d’autres ont préféré se tenir à distance, craignant des débordements ou une récupération politique.

    Mais la CGT et SUD ont officiellement appelé à la grève, notamment dans les transports (SNCF, RATP) et l’éducation nationale, où des écoles et lycées ont fermé leurs portes. Comme Solidaires qui a également rejoint la mobilisation, tandis que FO et la CFDT ont choisi de se concentrer sur la journée intersyndicale prévue le 18 septembre. Enfin, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, a participé aux blocages, dénonçant la « paupérisation des agriculteurs ».

    Du côté des partis, évidemment, La France Insoumise (LFI) a été l’un des principaux soutiens du mouvement. Jean-Luc Mélenchon a appelé à une « grève générale » pour faire tomber le gouvernement, accusant Emmanuel Macron de « mépris social ». Toujours à gauche, le Parti socialiste a exprimé sa « compréhension » pour la colère sociale, mais sans lancer d’appel officiel à la mobilisation. Enfin pour la majorité présidentielle et Les Républicains, les élus de ces partis ont condamné les blocages, qualifiant le mouvement de « récupération politicienne » et de « danger pour l’économie ».

    Au final, cette journée a révélé les fractures au sein de la société française. Pour les uns, il s’agissait d’un mouvement citoyen légitime contre les mesures d’austérité du gouvernement Bayrou (suppression de jours fériés, allongement des délais de carence maladie, etc.). Pour les autres, une manœuvre dangereuse risquant de paralyser le pays sans proposer de solutions.

    Manifestants hall gare routière
    Les manifestants se sont repliés sous le hall de la gare routière pour continuer leur assemblée générale face à la pluie battante. © OUEST-FRANCE

    A l’internationale : entre incompréhension et inquiétude

    La couverture médiatique internationale du 10 septembre 2025 a été massive, mais souvent teintée de scepticisme. Plusieurs grands médias étrangers ont souligné les risques pour l’image de la France, déjà fragilisée par des mois de crise politique.

    Comme The Guardian (Royaume-Uni) qui a titré : « France grinds to a halt as protests against austerity turn violent », mettant en avant les perturbations pour les voyageurs internationaux et les craintes des investisseurs face à l’instabilité sociale. L’agence de presse Reuters, elle, a insisté sur les conséquences économiques, avec des aéroports perturbés et des retards dans les livraisons, alors que la France est sous la menace d’une dégradation de sa note par Fitch. Notons aussi que DW (Allemagne) a évoqué un retour des Gilets jaunes, soulignant que la colère sociale n’avait pas disparu depuis 2018, malgré les promesses du gouvernement.

    Pour les Français de l’étranger, cette journée a, donc, été synonyme de difficultés accrues si vous étiez en voyage pour la France. Les annulations de vols et les retards dans les transports ont compliqué les déplacements, tandis que l’image d’une France ingouvernable a alimenté les inquiétudes. Certains expatriés, interrogés par Lesfrancais.press, ont exprimé leur crainte d’une détérioration durable de la situation, susceptible d’affecter leurs projets de retour ou d’investissement dans l’Hexagone. Mais c’est surtout un signal inquiétant pour l’attractivité du pays selon les experts. La répétition des crises sociales et politiques depuis 2018 interroge. Pour les expatriés, la France reste un pays attachant, mais son instabilité chronique pourrait, à terme, peser sur leur décision de revenir ou d’y investir.

    Historique mais…

    Si la mobilisation a été historique, avec des centaines d’actions dans toute la France et une visibilité médiatique internationale, les blocages n’ont pas suffi à faire plier le gouvernement, et la division syndicale a limité l’impact du mouvement. Pour autant, les appels à prolonger la mobilisation se multiplient, mais leur succès dépendra de la capacité des syndicats et des partis à unir leurs forces.

    Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, nommé la veille, devra apaiser les tensions tout en menant une politique de rigueur budgétaire. Un exercice d’équilibriste, alors que la colère sociale reste vive. Le prochain rendez-vous social pour son équipe c’est le 18 septembre, avec une grève intersyndicale unitaire qui pourrait être plus suivie.

  • Sébastien Lecornu : un défi politique et économique dans une France divisée

    Sébastien Lecornu : un défi politique et économique dans une France divisée

    Ce 10 septembre 2025, Sébastien Lecornu prend officiellement ses fonctions à Matignon, dans un contexte politique et social explosif. Nommé par Emmanuel Macron après la chute de François Bayrou, il hérite d’une France fracturée, d’une Assemblée nationale ingouvernable et d’une colère sociale grandissante. Son arrivée à la tête du gouvernement, le jour même d’une mobilisation nationale pour « bloquer le pays », symbolise l’urgence et la complexité de la tâche qui l’attend. Proche d’Emmanuel Macron, ancien ministre des Armées, Lecornu doit composer avec une majorité relative, des oppositions déterminées et des attentes fortes sur le pouvoir d’achat, la défense et la stabilité institutionnelle. Son premier défi : éviter la censure et faire adopter un budget 2026 dans un délai serré, tout en rassurant une opinion publique lasse des crises à répétition.

    Les circonstances économiques et politiques de sa nomination

    La nomination de Sébastien Lecornu intervient après des mois de blocage institutionnel. Depuis les élections législatives anticipées de juillet 2024, la France est privée de majorité absolue, rendant toute gouvernance difficile. Le rejet du vote de confiance accordé à François Bayrou le 8 septembre 2025 a précipité sa chute, illustrant l’impossibilité de gouverner sans compromis avec les oppositions. Emmanuel Macron, affaibli, a choisi un fidèle : Sébastien Lecornu, 39 ans, ministre des Armées depuis 2022, est perçu comme un « soldat » de la macronie, capable de négocier sans ambition présidentielle personnelle.

    Le contexte économique est tout aussi tendu. La dette publique frôle les 110 % du PIB, les marchés financiers s’inquiètent, et l’agence Fitch menace de dégrader la note de la France. Le budget 2026, en préparation, doit concilier rigueur et justice sociale, sous peine de déclencher une nouvelle crise. Les Français, touchés par l’inflation et les plans d’économies successifs, attendent des réponses concrètes. La nomination de Lecornu, perçue comme un « recyclage » du macronisme, suscite déjà l’incompréhension, comme le souligne Olivier Faure, premier secrétaire du PS : « Sébastien Lecornu à Matignon, c’est Emmanuel Macron à Matignon ».

    Pourtant, Lecornu incarne une forme de continuité rassurante pour les marchés et les partenaires européens. Son expérience au ministère des Armées, où il a piloté la loi de programmation militaire 2024-2030 (413 milliards d’euros), lui confère une crédibilité sur les enjeux de défense, cruciaux dans un contexte de guerre en Ukraine et de tensions géopolitiques.

    Les enjeux des prochains mois : Ukraine, budget 2026, armées

    Sébastien Lecornu arrive à Matignon avec une vision claire : « Armer l’Ukraine sur le long terme » est une priorité. Il a plaidé pour un budget de la défense porté à « 100 milliards d’euros par an », contre 50,5 milliards en 2025, pour faire face aux menaces russes et à l’incertitude américaine sous Donald Trumptf1info.fr. La France, déjà engagée dans la livraison d’armes et la formation de soldats ukrainiens, doit aussi renforcer sa propre souveraineté militaire. Lecornu a annoncé une réduction des frais de représentation des états-majors de 10 % en 2026, tout en maintenant les investissements stratégiques.

    Sébastien Lecornu à Kiev
    Sébastien Lecornu à Kiev en septembre 2023 © AFP/Sergei Supinsky

    Le budget 2026 : un casse-tête politique

    Le projet de loi de finances (PLF) 2026 doit être présenté avant le 15 octobre. Sans majorité, Lecornu devra trouver des compromis avec les Républicains (LR) et, éventuellement, le Parti socialiste (PS). Les socialistes exigent une taxation accrue des grandes fortunes, via la « taxe Zucman » (20 milliards d’euros par an), tandis que LR refuse toute hausse d’impôts. Le risque de censure est réel : « Sans justice sociale, les mêmes causes produiront les mêmes effets », avertit le PS.

    La stabilité institutionnelle en question

    Le Premier ministre, Lecornu ,a promis un « changement de méthode », en renonçant au 49.3, mais son marge de manœuvre est étroite. « Il n’y a pas de censure gratuite », rappelle-t-il, conscient que chaque décision pourrait faire tomber son gouvernement. La pression est maximale : 80 000 policiers sont déployés pour contenir les manifestations du 10 septembre, et une nouvelle mobilisation syndicale est prévue le 18 septembre.

    Une composition en cours, sous haute tension

    Sébastien Lecornu doit former « un gouvernement d’unité », mais les négociations s’annoncent difficiles. Les Républicains pourraient entrer au gouvernement, à condition de ne pas être associés à une politique perçue comme trop sociale. Les Insoumis et le RN ont déjà annoncé qu’ils voteraient la censure.

    D’ailleurs, Les médias étrangers soulignent le « pari risqué » d’Emmanuel Macron. Pour The Guardian, Lecornu est « le dernier rempart avant une dissolution ou une démission ». Der Spiegel évoque « une Ve République à bout de souffle », tandis que El País s’interroge sur « la capacité de la France à réformer ».

    Ainsi, pour conclure, on constate que Sébastien Lecornu devra prouver qu’il peut « éviter le sort de ses prédécesseurs » et « redonner confiance aux Français ». Son succès dépendra de sa capacité à concilier rigueur budgétaire, justice sociale et stabilité politique.  Un équilibre périlleux dans une France plus divisée que jamais.

  • Patrice D’Arras : le candidat sans étiquette qui veut bousculer le jeu politique chez les Français de l’étranger

    Patrice D’Arras : le candidat sans étiquette qui veut bousculer le jeu politique chez les Français de l’étranger

    Alors que les électeurs de la 5e circonscription des Français établis hors de France (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco) s’apprêtent à élire un nouveau député après l’invalidation du mandat de Stéphane Vojetta, un visage inattendu s’invite dans la course : Patrice D’Arras, candidat sans parti. Engagé sur les réseaux sociaux, il veut bousculer le jeu politique chez les Français de l’étranger.

    Écouter le podcast avec Patrice D’Arras

    Patrice D’Arras : un citoyen engagé, sans parti ni carrière politique

    Installé à Murcie, en Espagne, Patrice D’Arras ne vient ni de l’appareil politique, ni d’un mouvement partisan. Il revendique une démarche citoyenne : « Je ne suis pas d’un parti politique. Je n’ai pas une étiquette politique. Je suis vraiment quelqu’un de normal qui se préoccupe beaucoup pour ce qui se passe en France ».

    C’est d’ailleurs sur les réseaux sociaux qu’il a commencé à exprimer ses idées, en créant une chaîne politique en janvier dernier : « C’est parti très fort. Et du coup, quand j’ai vu que Stéphane Vojetta était sorti par le Conseil constitutionnel, je me suis dit : est-ce que là, j’ai, pour le coup, pas une responsabilité ? »

    « Si on arrive à avoir des députés transpartisans, on va avoir des gens qui vont réagir non pas en fonction de ce que va leur dire leur parti, mais en fonction de chaque idée »

    Patrice D’Arras, candidat sans étiquette, 5e circonscription des Français de l’étranger

    Sa candidature s’inscrit donc dans une volonté de dépasser les clivages traditionnels, qu’il estime dépassés : « Si on arrive à avoir des députés transpartisans, on va avoir des gens qui vont réagir non pas en fonction de ce que va leur dire leur parti, mais en fonction de chaque idée, de chaque proposition ».

    Patrice d’Arras : le transpartisanisme comme boussole politique

    Plutôt que de se situer sur un axe gauche-droite, Patrice D’Arras se revendique transpartisan, refusant toute étiquette rigide. Il explique : « J’ai du mal à me situer sur l’échiquier […] Le libéralisme, pour moi, c’est quelque chose de très important. En même temps, j’ai travaillé cinq ans sur un modèle alternatif au libéralisme. »

    Patrice D'Arras
    Patrice D’Arras

    Sa vision de la politique s’inspire aussi de figures historiques comme De Gaulle, et de l’héritage du débat démocratique à l’antique : « On revient peut-être d’une manière assez curieuse à l’agora athénienne ».

    Les réseaux sociaux comme nouvel espace démocratique

    TikTok, Instagram et YouTube sont devenus ses principaux canaux de communication. Une stratégie assumée, loin du terrain classique : « On est face à un changement de paradigme total. […] Avec les réseaux sociaux, vous pouvez porter un message de façon beaucoup plus puissante ». Il en fait même un outil de transparence : « Je documente tout ça aussi pour que les gens sachent après ce qui s’est passé ».

    « Je pense que j’aurai la campagne la moins chère de tous les candidats, et c’est voulu. C’est aussi parce que c’est l’argent des Français »

    Patrice D’Arras, candidat sans étiquette, 5e circonscription des Français établis hors de France

    Cette approche numérique lui permet de montrer les coulisses de sa campagne, ses doutes, ses réflexions, ses victoires, ses échecs, dans une volonté de réhumaniser la politique : « On doit faire en sorte que ce soit intéressant pour les gens. Et donc, il faut choisir une certaine façon de monter tout ça. »

    Une campagne électorale sobre et assumée

    Conscient des coûts que représente une campagne pour gagner son siège au Palais Bourbon, pour les élections législatives dans la 5e circonscription des Français de l’étranger notamment dans un territoire aussi vaste, Patrice D’Arras mise sur la sobriété : « Je pense que j’aurai la campagne la moins chère de tous les candidats, et c’est voulu. C’est aussi parce que c’est l’argent des Français ».

    Il annonce préférer les échanges numériques aux déplacements physiques, et encourage les électeurs à voter en ligne : « Avec quelques milliers de voix, je peux passer […] C’est aussi une fenêtre d’opportunité unique pour quelqu’un qui est sans étiquette ».

    Des propositions pour les expatriés basées sur la simplification et la transparence

    Sur le fond, Patrice D’Arras ne promet pas des aides ou des subventions qu’il juge illusoires. Pour lui, « soit c’est une méconnaissance de ce qui se passe, soit c’est du clientélisme ».

    Patrice d'Arras
    Patrice d’Arras – Candidat à l’élection législative, 5eme circonscription des Français de l’étranger

    Il défend une approche pragmatique fondée sur la simplification administrative et la technologie : « On peut simplifier très très vite beaucoup de choses […] Et l’avantage de la simplification, c’est aussi qu’on va économiser de l’argent ». Il prévoit de réinjecter ces économies dans des priorités identifiées par les Français de l’étranger.

    Un objectif clair : gagner pour ouvrir une brèche

    S’il se sait outsider, Patrice D’Arras n’entre pas en campagne pour le symbole. Il vise clairement la victoire : « Je suis là pour gagner […] J’ai vraiment envie d’emmener des gens, d’ouvrir cette brèche ». Il espère même inspirer une vague de candidatures transpartisanes à l’avenir : « Que dans deux ans, on ait des élections avec plein de transpartisans qui se proposent »

    Le premier tour de la législative partielle aura lieu le dimanche 28 septembre 2025 dans les bureaux de vote, et du 19 au 24 septembre par internet. En jeu : un siège à l’Assemblée nationale pour représenter les Français d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco. Un siège que Patrice D’Arras espère bien conquérir… avec vos clics.

    Campagne officielle

    Les candidats à l’élection du député élu par la 5e circonscription des Français établis hors de France figurant ci-dessous ont reçu un récépissé définitif attestant de l’enregistrement de leur candidature, conformément aux dispositions de l’article L. 161 du code électoral et publié par l’arrêté du 8 septembre 2025 :

    1. M. CHAOUAT Frédéric, remplaçant M. LEVANT Romain ;
    2. M. SOUGEY DE FUNÈS Christophe, remplaçant M. GOATER Laurent ; 
    3. M. BRENIER Christopher, remplaçant M. LEMESLE Nicolas ;
    4. M. TAVERA Sébastien, remplaçant M. LOPEZ Ludovic ;
    5. M. SIMIAN Benoit, remplaçant M. TEHEI François ;
    6. Mme KRIEF Sandra, remplaçant M. DEMARQUEZ Philippe ;
    7. M. CHERMETTE-WAGNER Johan, remplaçante Mme SALVAIRE Aurélie ;
    8. M. VALLEE Alexis, remplaçante Mme GARCIA Virginie ;
    9. Mme COGGIA Nathalie, remplaçant M. MARTY Nicolas ;
    10. Mme MAUREL Johana, remplaçant M. LEPOUTRE Grégoire ;
    11. M. D’ARRAS Patrice, remplaçant M. DE CONIHOUT Pierre ;
    12. M. SANCHEZ PEREZ José, remplaçante Mme ROMAN GONZALEZ Maria ;
    13. M. BRANT Thomas, remplaçant M. ZIEBA Pierre-Frédéric ;
    14. Mme PECIÑA Martha, remplaçant M. BLANCO Sébastien ;
    15. M. HORN Guillaume, remplaçante Mme DE OLIVEIRA Nathalie ;
    16. M. ALEXANDRE Marie, remplaçante Mme MORINIÈRE Nicole.
  • Sébastien Lecornu, Premier ministre en France

    Sébastien Lecornu, Premier ministre en France

    Le ministre aux Armées, fidèle parmi les fidèles, d’Emmanuel Macron, a été nommé Premier ministre de la France ce 09 septembre 2025.  Il est le cinquième locataire de Matignon sous le second mandat du Président de la République. Mais qui est Sébastien Lecornu ? On revient sur sa carrière et ses ambitions pour la France alors qu’il entame un mandat qui s’annonce houleux. Arrivera-t-il à faire adopter un budget pour l’année 2026 à l’Assemblée nationale ?

    Qui est Sébastien Lecornu ?

    Né le 11 juin 1986 à Eaubonne, Sébastien Lecornu s’engage très tôt en politique en adhérant à l’UMP à 16 ans. Il devient, à 19 ans, le plus jeune assistant parlementaire de l’Assemblée nationale auprès du député Franck Gilard. Diplômé en droit public à l’université Paris 2 Panthéon-Assas, il se fait remarquer comme conseiller de Bruno Le Maire aux Affaires européennes sous Nicolas Sarkozy. Élu maire de Vernon à seulement 28 ans, puis président du conseil départemental de l’Eure, il confirme son ancrage local. Ralliée à Emmanuel Macron dès 2017, il est exclu des Républicains et intègre le gouvernement Édouard Philippe comme secrétaire d’État à la Transition écologique, puis ministre des Collectivités territoriales en 2018. Son rôle dans l’organisation du Grand débat national, en réponse à la crise des « gilets jaunes », renforce sa visibilité et sa réputation d’homme de dialogue et de terrain.

    L’homme clé d’Emmanuel Macron

    Depuis 2020, Sébastien Lecornu occupe des postes clés : ministre des Outre-mer, puis des Armées à partir de 2022 sous les gouvernements Borne, Attal et Bayrou. À ce poste, il pilote des réformes majeures, comme l’augmentation du budget de la Défense et la modernisation de l’arsenal nucléaire français. Colonel de réserve de la gendarmerie, il incarne une approche à la fois technique et politique. En septembre 2025, son nom circule pour remplacer François Bayrou à Matignon, soulignant son influence croissante dans le paysage politique français. Son parcours, marqué par une ascension rapide et une fidélité à Macron, en fait l’un des ministres les plus en vue de la Ve République.

    Pragmatisme et fidélité macroniste

    Mais si Sébastien Lecornu est nommé, c’est avant tout car il incarne une ligne politique à la fois pragmatique et résolument pro-européenne, marquée par son ralliement précoce à Emmanuel Macron en 2017, un choix qui lui vaut d’être exclu des Républicains (LR). Son engagement se caractérise par une défense des réformes libérales et sociales-libérales, tout en affichant une sensibilité aux enjeux territoriaux et de cohésion nationale. En tant que ministre des Collectivités territoriales, il porte une vision décentralisatrice, visant à renforcer les pouvoirs locaux et à simplifier l’action publique. Lors de la crise des « gilets jaunes », il joue un rôle central dans l’organisation du Grand débat national, démontrant sa capacité à concilier écoute citoyenne et fermeté institutionnelle. À la Défense, il combine modernisation des armées — avec un accent sur l’autonomie stratégique française et européenne — et gestion rigoureuse des budgets, tout en défendant une posture atlantiste tempérée par une volonté d’affirmation souveraine, notamment sur les questions industrielles et nucléaires.

    Le président Emmanuel Macron et le ministre de la Défense Sébastien Lecornu en août 2024. © AFP
    Le président Emmanuel Macron et le ministre de la Défense Sébastien Lecornu en août 2024. © AFP

    Son parcours illustre une ascension rapide et méthodique : de jeune militant UMP à maire de Vernon à 28 ans, puis président du département de l’Eure, il cumule les mandats locaux avant de rejoindre le gouvernement. Son passage par plusieurs ministères (Transition écologique, Collectivités territoriales, Outre-mer, Armées) révèle une polyvalence et une adaptabilité rares. Proche du président Macron, il incarne la nouvelle génération de responsables politiques, alliant expérience terrain et loyauté envers l’exécutif. Son profil — à la fois technocrate et homme de terrain — ainsi que sa capacité à naviguer entre les sensibilités politiques, en font une figure clé de la majorité présidentielle, régulièrement citée pour des postes à haute responsabilité, comme celui de Premier ministre en 2025.

    Les opposants furieux

    Maintenant, qu’on connaît mieux notre nouveau Premier ministre, penchons-nous sur les réactions à sa nomination, annoncée ce 9 septembre 2025. Celles-ci, souvent virulentes, reflètent un climat politique tendu et polarisé.

    Dans le camp présidentiel, cette décision est perçue comme un choix de confiance et de continuité, Emmanuel Macron s’appuyant sur un fidèle parmi ses fidèles, reconnu pour son expérience gouvernementale et sa connaissance fine des territoires. Xavier Bertrand (LR), bien que lui-même pressenti, a salué cette nomination en déclarant que Lecornu était « en train de composer son gouvernement », confirmant ainsi la volonté de l’Élysée de s’entourer d’un profil à la fois loyal et expérimenté. Cependant, cette annonce a aussi suscité des critiques vives : Marine Le Pen (RN) y voit « la dernière cartouche du macronisme », dénonçant un pouvoir « bunkerisé » avec un cercle restreint de fidèles, tandis que Mathilde Panot (LFI) qualifie la nomination de « provocation », notamment à la veille des mobilisations sociales prévues le 10 septembre.

    Montage ©LFP

    Montage ©LFP

    Ainsi, du côté de l’opposition, la nomination est interprétée comme un signe de fermeté, voire d’inflexibilité, de la part du président. Les partis de gauche et d’extrême droite pointent un mépris pour les attentes de renouvellement démocratique, Lecornu incarnant selon eux la poursuite d’une politique libérale et pro-européenne contestée. Certains observateurs soulignent aussi le risque d’une radicalisation des tensions, sa nomination intervenant dans un contexte de crise sociale et politique aiguë. À droite, si certains élurent locaux saluent son parcours et son pragmatisme, d’autres, comme une frange des Républicains, regrettent l’absence d’ouverture vers une majorité plus large, alors que le pays fait face à des blocages répétés et qui devraient se multiplier ce 10 septembre.

    Une France stable pour le monde

    Enfin, comment les autres gouvernements vont accueillir ce nouveau représentant de la France en pleine séquence de crises internationales ?

    Les premières réactions en Europe sont mesurées, marquées par une attention particulière à la stabilité politique française. En Italie, le chef de la diplomatie Antonio Tajani a exprimé l’espoir que la crise politique en France trouve « le plus vite possible » une issue, soulignant les possibles répercussions sur l’Europe, notamment en période de défis économiques et géopolitiques. La presse étrangère, selon les observateurs de France 24, relève surtout la continuité que représente Lecornu, perçu comme un technocrate loyal à Macron, mais s’interroge sur sa capacité à apaiser les tensions sociales et à obtenir un soutien parlementaire durable. Certains médias européens voient dans cette nomination un signe de fermeté de l’Élysée comme en France, mais aussi un risque de prolongement de l’instabilité, alors que notre pays reste un acteur clé dans les dossiers européens et internationaux.

    Arrivée à l’OTAN en janvier 2025 de M. le Ministre des Armées français Sébastien Lecornu et de Mme la Représentante Permanente de la France auprès de l’OTAN ©AFPM

    Arrivée à l’OTAN en janvier 2025 de M. le Ministre des Armées français Sébastien Lecornu et de Mme la Représentante Permanente de la France auprès de l’OTAN ©AFP

    Notons que nos partenaires traditionnels, comme l’Allemagne et le Royaume-Uni, adoptent une posture attentiste, tout en réaffirmant leur volonté de poursuivre la coopération bilatérale. Les commentateurs soulignent que Lecornu, ancien ministre des Armées, est connu pour son engagement en faveur de la défense européenne et de l’OTAN, ce qui pourrait rassurer les alliés sur la constance de la politique étrangère française. Cependant, la nomination intervient à un moment où la France fait face à des mouvements sociaux majeurs, ce qui pourrait affaiblir sa crédibilité à court terme sur la scène internationale. Les observateurs notent aussi que cette décision est perçue comme un choix interne, sans rupture majeure, mais qui ne résout pas les divisions politiques profondes du pays. Les réponses dans les prochains jours…

  • Élections législatives 2025 : les candidats de la 5e circonscription des Français de l’étranger

    Élections législatives 2025 : les candidats de la 5e circonscription des Français de l’étranger

    Alors que la France traverse une instabilité politique, une élection législative partielle est programmée chez les Français de l’étranger. En effet, en juillet dernier, le Conseil constitutionnel a déchu Stéphane Vojetta de son mandat de parlementaire. Aussi, nos compatriotes d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco vont devoir élire un ou une nouvelle député(e) pour la 5eme circonscription des Français de l’étranger. La liste des candidats est close, ils sont 16 sur la ligne de départ. On vous les présente.

    28 septembre : date du 1er tour à l’urne de l’élection législative

    La 5e circonscription des Français établis hors de France fait partie des onze circonscriptions législatives représentant à l’Assemblée nationale nos ressortissants à l’étranger. Stéphane Vojetta, député apparenté au groupe Renaissance élu en 2022 et 2024, a été dépossédé de son mandat par le Conseil constitutionnel en juillet dernier. Dès lors, le siège étant vacant une nouvelle élection est organisée. Le premier tour du scrutin à l’urne aura lieu le dimanche 28 septembre et le vote par internet sera lui ouvert en amont du 19 au 24 septembre.

    Nathalie Coggia, une candidature soutenue par Renaissance

    Pour le camp du président de la République, Emmanuel Macron, c’est l’ancienne suppléante du député sortant, Stéphane Vojetta, qui brigue sa succession. Installée à Madrid depuis près de vingt ans, Nathalie Coggia, candidate soutenue par Renaissance, met en avant le travail accompli par l’ancien parlementaire. Dans une interview accordée à notre média, elle déclarait pour convaincre les électeurs : « Je pense que nous sommes protégés par le travail mené par Stéphane, utile indépendamment du contexte politique général. »


    Contacter Nathalie Coggia ici


    Écouter le PODCAST -EXCLUSIF

    Le Rassemblement national avec Johana Maurel

    Du côté du Rassemblement national, Johana Maurel, ex-membre des Républicains, portera les couleurs du parti de Jordan Bardella. Candidate aux législatives de 2024, elle avait recueilli près de 20 % des suffrages exprimés, un score inédit pour le RN à l’étranger. Pour ce scrutin, la conseillère régionale d’Occitanie a clairement affiché son objectif dans un podcast Lesfrancais.press : « Notre ambition aujourd’hui, bien évidemment, est celle de gagner cette élection ».


    Contacter Johana Maurel ici


    Écouter le PODCAST -EXCLUSIF

    Stéphane Vojetta
    Stéphane Vojetta, le député dont l’élection a été annulée

    Christophe Sougey de Funès porte les couleurs LR

    Le parti de Bruno Retailleau Les Républicains sera représenté par l’ancien Consul honoraire de France à Séville et entrepreneur Christophe Sougey de Funès. Lors d’un entretien accordé à notre rédaction, le candidat LR avait résumé sa ligne ainsi : « pas un député de plus pour Macron », tout en défendant « une vision de droite assumée, non complexée ».


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    Le Parti Socialiste soutient Guillaume Horn

    À gauche, le Parti socialiste d’Olivier Faure a investi Guillaume Horn. Auteur d’un ouvrage sur l’histoire des Français à Barcelone, cet enseignant d’histoire-géographie a affirmé sur nos antennes que « le PS peut faire basculer la circonscription à gauche ». À propos des candidatures successives dans la 5e circonscription des Français établis hors de France, il avait ajouté : « En 2022, il y a eu les écologistes, en 2024 LFI, maintenant c’est l’heure du PS. » La Fédération des Radicaux de l’Étranger a également apporté son soutien à cette candidature.


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    Martha Peciña, la candidate LFI soutenue par les Ecologistes

    La France insoumise a investi Martha Peciña. Cette candidate a également reçu le soutien du parti Les Ecologistes et aussi de Génération.s et d’Agissons Ensemble. Installée à Bilbao depuis 2021, elle dirige une société de conseil en égalité professionnelle et en prévention des violences sexistes et sexuelles. Née d’une mère française et d’un père basque espagnol, la représentante du parti de Jean‑Luc Mélenchon revendique un parcours international, notamment au sein de consulats, où elle dit avoir « constaté les conséquences dramatiques des coupes budgétaires sur les agents du ministère des Affaires étrangères », déclarait‑elle dans une interview à Lesfrancais.press.


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    Johan Chermette-Wagner , le candidat de Place Publique

    Place publique, le mouvement mené par le député européen Raphaël Glucksmann, présente un candidat : Johan Chermette‑Wagner. Référent de ce parti en Espagne, ce Perpignanais de 32 ans, installé à Barcelone, a été investi et mène actuellement sa campagne.


    Contact Johan Chermette‑Wagner ici

    5ème circonscription des français de l'étranger
    5ème circonscription des français de l’étranger

    Liot soutient un ancien député Benoit Simian

    Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot) a accordé son soutien à Benoit Simian qui fut député de la Gironde de ce mouvement de 2017 à 2022. « Député des Français de l’étranger après une expérience d’expatrié dans le Pacifique Sud et de résident à la frontière pyrénéenne espagnole en Vallée d’Aspe c’est une équation naturelle ! » écrit-il sur son site de campagne.


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    Volt présente Alexandre Marie

    Le mouvement Volt Europa fait confiance à Alexandre Marie pour défendre son projet lors de cette élection législative. Outre son inquiétude de « la montée de l’extrême droite en France et en Europe », cet homme de 19 ans « souhaite aussi encourager les jeunes à s’engager en politique et montrer qu’une nouvelle génération peut apporter des solutions aux grands problèmes du 21è siècle. »


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    Le parti animaliste avec Sandra Krief

    Elue en Isère, Sandra Krief représentera le parti animaliste devant les Français d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco. Le projet de cette formation est notamment « d’élaborer des perspectives et un programme prenant en considération les intérêts des animaux ».


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    Christopher Brenier candidat du parti libertarien

    Résidant au Portugal depuis 2021 après avoir connu une expatriation en Suisse, Christopher Brenier défend les idées du parti libertarien. « A vouloir tout faire l’État fait tout mal » argumentait celui-ci alors au candidat eux élections législatives de 2024.


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    Décidons Nous-Mêmes présente Thomas Brant

    Le parti politique Décidons Nous-Mêmes a apporté son soutien à Thomas Brant. Ingénieur de formation il est favorable à un système permettant notamment « aux citoyens de décider directement, par des référendums d’initiative citoyenne, par des assemblées citoyennes tirées au sort ou élues localement » comme il l’indique dans son document de campagne.


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    José Sanchez Perez, candidat Europe Egalité Ecologie !

    Franco-espagnol, chercheur scientifique dans le domaine de l’écologie et l’environnement, José Sanchez Perez porte les couleurs dEurope Egalité Ecologie ! Déjà candidat aux élections législatives de 2024, il proposait notamment de « mettre en place un lien intergénérationnelle des Français à l’étranger pour s’informer et s’entraider ».


    Contacter José Sanchez Perez ici

    Assemblée nationale
    Assemblée nationale
    et ses 577 députés réunis dans l’hémicycle @assemblée nationale

    Sébastien Tavera, investi par Reconquête

    Pour cette élection législative, Sébastien Tavera se présente sous la bannière du parti d’Eric Zemmour, Reconquête !  En 2021, ce Français de Marbella était présent sur la liste soutenue par Les Républicains et les Centristes lors des élections des conseillers des Français de l’étranger et des délégués consulaires.


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    Des candidats sans étiquette politique

    Des candidats proposent aussi leur programme sans être lié à une formation politique. C’est le cas d’Alexis Vallée, professeur de management & d’innovation à l’IE University à Madrid, cet homme veut « représenter ceux à qui la politique a tourné le dos ».


    Contacter Alexis Valle en cliquant ici

    Autre prétendant au siège vacant de l’Assemblée nationale, Patrice d’Arras part également sans le soutien particulier d’une formation politique. C’est d’ailleurs son défi « peut-on devenir député quand on n’a pas de parti ? ». Très présent sur les réseaux sociaux, ce Français de Murcia souhaite, via ces canaux, montrer ce que sont, entre autres, les coulisses d‘une campagne électorale.


    Contacter Patrice d’Arras en cliquant ici

    Quant à Frédéric Chaouat, il se présente également sans le soutien d’un mouvement spécifique dans cette 5eme circonscription des Français de l’étranger. Professeur d’anglais, il est notamment l’auteur du livre « la sagesse politique » et de « Fred Astaire un artiste aux multiples visages ».


    Contacter Frédéric Chaouat ici

    Par décret, les Françaises et Français d’Espagne, de Portugal, d’Andorre et de Monaco ont donc été convoqués pour voter en faveur de leur prochain député(e). Le 1er tour de l’élection législative partielle de la 5eme circonscription des Français établis hors de France aura lieu le dimanche 28 septembre à l’urne. Le vote par internet sera aussi possible en amont du 19 au 24 septembre.

    La liste des candidats sera présentée dans l’ordre du tirage au sort, qui attribue à chacun un numéro servant notamment au positionnement des affiches électorales et des bulletins de vote. Mais la double question est de savoir comment le contexte politique français que nous connaissons se répercutera-t-il sur cette élection législative partielle, et quelle sera également la mobilisation des électeurs ? 

    Arrêté du 8 septembre 2025 fixant la liste des candidats au premier tour de l’élection du député élu par la 5e circonscription des Français établis hors de France

    Consulter ou télécharger le décret

  • Vos avantages au retour en France après une expatriation

    Vos avantages au retour en France après une expatriation

    Chaque année, environ 200 000 Français quittent l’Hexagone pour s’expatrier, tandis que près de 100 000 choisissent de revenir s’installer en France. Parmi ces retours, une partie significative concerne des expatriés ayant passé plusieurs années à l’étranger pour des raisons professionnelles. Si l’expatriation offre des opportunités uniques, le retour en France n’est pas dénué d’atouts : avantages fiscaux, aides à la réinsertion, et opportunités de carrière. Mais attention, ce retour s’accompagne aussi d’obligations, notamment fiscales. Voici ce qu’il faut savoir pour préparer au mieux votre impatriation.

    Expatrié, impatrié : quelles différences ?

    Avant d’aborder les avantages et obligations liés au retour en France, il est essentiel de clarifier les statuts d’expatrié et d’impatrié.

    Expatrié

    Un Français est considéré comme expatrié lorsqu’il part exercer une activité professionnelle à l’étranger, sous un contrat local, un contrat avec une entreprise française, ou en tant qu’indépendant. Pendant cette période, il rompt généralement ses liens avec le système social français, sauf s’il adhère à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE). Ce statut permet de bénéficier d’une fiscalité souvent allégée, mais avec une protection sociale moins avantageuse qu’en France.

    Impatrié

    À l’inverse, l’impatrié est un Français qui revient s’installer en France après une période d’expatriation, souvent pour reprendre un emploi local. Ce statut ouvre droit à des avantages spécifiques, comme la prime d’impatriation, destinée à faciliter la réinstallation

    Les avantages du retour en France

    Revenir en France après une expatriation peut sembler complexe, mais ce choix s’accompagne de nombreux atouts, tant sur le plan fiscal que professionnel ou social. Il peut être aussi utile d’ouvrir un compte bancaire français avant même son arrivée sur le territoire national afin d’accélérer les procédures.

    Une fiscalité avantageuse pour les impatriés

    Les Français de retour après au moins 5 ans d’expatriation peuvent bénéficier d’un régime fiscal particulier. La prime d’impatriation, par exemple, est exonérée d’impôt sur le revenu. Cette prime est accordée si :

    • Vous êtes rappelé par une entreprise liée à votre ancien employeur à l’étranger.
    • Vous êtes directement recruté depuis l’étranger pour travailler en France.

    De plus, les revenus perçus à l’étranger avant le retour peuvent, sous conditions, être partiellement ou totalement exonérés de prélèvements sociaux.

    Des aides sociales pour faciliter la réinsertion

    Le retour en France permet de retrouver l’accès à des dispositifs sociaux essentiels :

    • Le Revenu de Solidarité Active (RSA) : Accessible après 4 mois de résidence en France, sous conditions de ressources. Les moins de 25 ans peuvent y prétendre s’ils ont travaillé au moins 2 ans à temps plein dans les 3 années précédant leur demande.
    • La Garantie Jeunes : Destinée aux 16-25 ans sans ressources, elle combine un accompagnement professionnel intensif et une aide financière mensuelle.

    Des opportunités professionnelles renforcées

    L’expatriation est souvent perçue comme un atout majeur sur un CV. Les compétences acquises à l’étranger (adaptabilité, gestion de projets multiculturels, maîtrise des langues) sont très recherchées par les employeurs français. De plus, les réseaux professionnels construits à l’international peuvent ouvrir des portes inattendues en France.

    Expatrié français de retour en France

    Les obligations à ne pas négliger

    Si le retour en France offre des avantages, il impose aussi des démarches administratives et fiscales strictes.

    La déclaration des revenus : une étape incontournable

    Dès votre retour, vous devez déclarer l’ensemble de vos revenus, qu’ils aient été perçus en France ou à l’étranger. Deux déclarations sont souvent nécessaires :

    1. La déclaration 2042-NR : Pour les revenus de source française perçus avant votre retour.
    2. La déclaration 2042 classique : Pour les revenus perçus après votre retour, jusqu’au 31 décembre de l’année en cours.

    Ces déclarations doivent être adressées au service des impôts des particuliers non-résidents, qui transmettra ensuite votre dossier au service compétent selon votre nouveau domicile.

    Le domicile fiscal : un critère clé

    Votre domicile fiscal détermine votre imposition. Si vous établissez votre résidence principale en France, vous serez soumis à une obligation fiscale illimitée : tous vos revenus, y compris ceux perçus à l’étranger, pourront être imposés en France. En revanche, si vous conservez des biens ou revenus à l’étranger, des conventions fiscales peuvent limiter cette imposition.

    La protection sociale : un retour progressif

    En revenant en France, vous réintégrez automatiquement le système de sécurité sociale français. Cependant, selon votre situation, une période de carence peut s’appliquer pour certains droits (chômage, retraite complémentaire, etc.). Il est donc conseillé de se renseigner auprès de la CPAM et de France travail dès votre retour. Le fait d’être adhérent à la CFE permet une réintégration plus fluide et rapide.


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    CFE, la sécurité sociale des expatriés

    Un retour source d’opportunités ?

    Revenir en France après une expatriation est une étape importante, à la fois sur le plan personnel et professionnel. Si les démarches administratives et fiscales peuvent sembler lourdes, les avantages sont nombreux : fiscalité allégée, accès aux aides sociales, et valorisation de votre expérience internationale sur le marché du travail.

    Pour les 3 millions de Français de l’étranger, ce retour peut représenter une véritable opportunité de carrière, tout en permettant de retrouver un cadre de vie familier. Préparez votre impatriation en amont, et n’hésitez pas à solliciter des experts (comptables, conseillers en mobilité internationale) pour optimiser votre transition.

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