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  • La rentrée 2025/2026 de vos médias

    La rentrée 2025/2026 de vos médias

    En cette rentrée 2025/2026 de vos médias, nous avions un message pour : Mille mercis à vous tous, les 3 millions de Français de l’étranger. Depuis 2018, Lesfrancais.press vous accompagne dans votre expatriation. En 7 ans, vous avez été très nombreux à rejoindre les fidèles lecteurs du site d’opinions dédié aux Français de l’étranger. Aujourd’hui, vous êtes plus de 610 000 à être inscrit à notre bulletin d’information hebdomadaire et plus d’un million à écouter nos podcasts ou nos radios. Toute l’équipe se joint à mois pour vous remercier du soutien que vous nous portez chaque jour.

    On a traversé, ensemble, la COVID et sa cohorte d’interdits, la montée du sentiment anti-français en Afrique, les élections législatives, etc. Et les prochains mois s’annoncent aussi riches en rebondissement mais sont aussi et surtout cruciaux pour notre Nation et nos communautés à travers le monde. Conscients des enjeux et du besoin d’information, Lesfrancais.press, ses déclinaisons et ses partenaires, répondront présents.

    Un nouveau site en construction et une app

    7 ans que nous traversons avec vous, les Français expatriés, les affres de l’actualité internationale et les difficultés qui ponctuent la croissance de notre nation, dans un environnement que nous avions créé dans le but de le rendre facile d’accès et peu complexe.

    Mais au fil des années, les rubriques, comme les sujets, se sont empilées, rendant la navigation, parfois difficile, mais surtout peu intuitive. C’est pour cela, que nous avons étoffé notre équipe depuis ce début septembre pour imaginer une nouvelle version de notre site qui sera publiée à la rentrée de janvier 2026. On continuera bien sur entre temps d’accueillir, nos ministres (Laurent Saint Martin, etc.), nos parlementaires, et les hauts fonctionnaires de l’administration consulaire comme les acteurs majeurs de la sphère économique.

    De gauche à droite, Laurent St Martin, Pauline Carmona, Roland Lescure ©LFP
    De gauche à droite, Laurent St Martin, Pauline Carmona, Roland Lescure ©LFP

    Sur le nouveau site, en janvier 2026, vous trouverez un nouveau player pour les radios vous permettant d’accéder facilement à nos antennes locales, un nouvel espace pour échanger avec notre rédaction de plus de 30 personnes. Mais aussi, il sera possible de partager avec nous vos informations ou vos fichiers comme les éléments multimédias. De nombreuses fonctionnalités modernes et interactives que vous pourrez découvrir aussi dans l’app Lesfrancais.press qui sera, de nouveau disponible, totalement relookée, dès le 02 janvier 2026

    Au plus près de vous

    Si Lesfrancais.press vous informe des grands projets culturels, politiques ou économiques qui seront déployés auprès de toute la communauté des Français de l’étranger. On s’intéresse aussi, évidemment, à tout ce qui fait votre quotidien à travers des articles ou des podcasts à ceux qui font votre quotidien hors de France.

    Ainsi, on donne la parole aux associations, aux élus consulaires et aux citoyens qui s’impliquent dans la vie de votre communauté dans votre pays de résidence. Et c’est animer par cette volonté que nous développons notre réseau de radios locales. Après plusieurs années de rodage avec LFR Hong-Kong, pilotée par Catya Marti, cette saison donnera naissance à 2 nouvelles antennes, LFR New-York et LFR Maroc. Des projets, sur Dubaï, en Espagne et en Suisse, sont aussi dans les cartons.

    LFR New-york ©LFP
    LFR New-york ©LFP

    Sur ces antennes, vous pourrez, comme à Hong-Kong, écouter les classiques de la chanson française et les dernières nouveautés du hit-parade des francophones. Mais aussi, chaque semaine 5 sujets inédits vous seront proposés, 3 traiteront des enjeux nationaux et internationaux tandis que les 2 autres podcasts iront à la rencontre des Français qui font la vie de votre territoire. Bien sûr du lundi au vendredi, un flash local adapté aux francophones sera diffusé chaque matin dès 06h30. Enfin, le programme sera ponctué de nombreuses capsules sur l’éphéméride, la vie des stars, l’actualité des réseaux sociaux, l’histoire et la culture. Une grille complète d’une radio faite pour vous qui, on l’espère, recevra le meilleur accueil lors de son lancement. Si vous pouvez, dès à présent, vous branchez sur l’antenne de Hong-Kong, il faudra attendre le 15 septembre pour celle de New-York et janvier 2026 pour le Maroc.           

    Merci à nos partenaires

    Enfin, comment évoquer la rentrée, sans se pencher sur nos partenaires qui nous permettent de continuer à progresser chaque jour pour mieux vous informer. Tout d’abord, TV5MONDEplus qui a été à nos côtés ces 6 dernières années, mais aussi Euractiv ou la Pressa francesca du Mexique.

    D’autres nous ont rejoints ces dernières années, comme la Caisse des Français de l’étranger (CFE), Aimigo (gymglish), Skiptax ou France Pay, par la confiance et leur soutien, nous pouvons vous proposer chaque jour plus de sujets sur des formats toujours plus innovants.

    Pour cette saison 2025/2026, qui sera marquée par des élections, des moments forts tant sur le plan économique, politique que culturel, le groupe de médias, dédiés aux Français de l’étranger, fait donc peu neuve pour mieux vous servir ! Vous avez des idées ? N’hésitez pas à les échanger avec nous en nous écrivant à l’adresse email : [email protected] ! A bientôt et encore merci pour votre fidélité et votre soutien.

  • La FIAFE et l’agenda de rentrée des Accueils

    La FIAFE et l’agenda de rentrée des Accueils

    En cette rentrée de septembre, Lesfrancais.press a tendu son micro à la FIAFE, la Fédération internationale des accueils français et francophones d’expatriés. C’est sa présidente, Corinne Levet, qui nous a répondu, au nom d’une organisation qui accompagne depuis plus de 40 ans nos compatriotes hors de France. ADN de l’organisation, activités du réseau, nouveau profil des expatriés et « expérience unique de vivre une expérience à l’étranger » sont, entre autres, au menu de ce podcast.

    Écouter l’interview de Corinne Levet, Présidente de la Fiafe

    Les bénévoles, l’ADN de la FIAFE

    De 12 associations à sa création en 1984, la FIAFE est passée à 160, désormais présentes dans 90 pays. Et pour décrire leur raison d’être, Corinne Levet précise : « chacune des associations s’appelle Accueil, ce qui explique de la manière la plus simple, son cœur de mission, accueillir les Français et les francophones expatriés qui arrivent dans un nouveau pays. »

    « La spécificité, c’est que le réseau est uniquement
    animé par des bénévoles »

    Corinne Levet, Présidente de la Fiafe, Fédération internationale
    des accueils français et francophones d’expatriés

    Au cours de ce podcast, notre invitée souligne que « la spécificité, c’est que le réseau est uniquement animé par des bénévoles ». Et elle ajoute, « Aujourd’hui, la FIAFE, c’est 10 000 bénévoles. » L’autre particularité c’est que cette organisation « est apolitique ». Corinne Levet insiste sur ce point indiquant que cela « donne un ADN un peu particulier et une réputation de nuance, de modération et donc de bienveillance ».

    Le programme de rentrée de la FIAFE

    Chaque année, de nouveaux « Accueils » s’ouvrent. Corinne Levet explique le cheminement de ces associations qui rejoignent le réseau, tout en donnant des exemples de villes et de pays. Outre cette dynamique de croissance, l’entretien revient les activités principales qui sont à l’agenda de la FIAFE : conseil d’administration en novembre (avec un renouvellement attendu en 2026), formation en ligne des bénévoles, pilotage de la trésorerie, coordonner des équipes aux quatre coins du monde … Soit 70 à 80 visioconférences par an.

    Assemblée générale FIAFE
    La FIAFE lors de l’assemblée générale

    Depuis 2022, la FIAFE est reconnue d’utilité publique. À travers les associations d’ « Accueils » dans les pays, elle est représentée lors de différents conseils consulaires, où sont débattues les aides sociales, les bourses scolaires et le soutien au tissu associatif (dispositif Stafe). Cette reconnaissance a renforcé le lien avec la DFAE (Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire), comme le souligne notre invitée. Le programme des initiatives proposées par les antennes dans les différentes villes est également évoqué au cours de cet échange : « il faudrait prévoir deux heures » pour les détailler annonce notre invitée, qui partage toutefois plusieurs exemples, tout en rappelant que « chaque adhérent partage ses talents avec les autres adhérents ».

    Un nouveau profil de Français de l’étranger

    Concernant le profil des adhérents des Accueils, celui-ci évolue depuis plusieurs années. De nouveaux publics émergent au sein du réseau de la FIAFE. « Les expatriés sont plus jeunes », constate Corinne Levet, et « de plus en plus, dans le couple, les deux travaillent, ce qui est un vrai sujet », à la fois pour « le recrutement des bénévoles » et pour l’organisation des activités.

    « Les expatriés sont plus jeunes (…) et de plus en plus,
    dans le couple, les deux travaillent »

    Corinne Levet, Présidente de la Fiafe

    Elle confie aussi : « une de mes plus grandes fiertés (…) c’est de réussir à convaincre des gens de travailler gratuitement, parce que bénévole, ça ne veut pas dire dilettante, ça veut dire être très engagé, très sérieux, très professionnel, mais pas payé ». Tout en expliquant qu’il « faut donner envie aux gens de rejoindre cette aventure-là ».

    Assemblée générale FIAFE
    Assemblée générale de la FIAFE au ministère des Français de l’étranger

    Enfin, invitée à partager un conseil pour celles et ceux qui, encore en France, hésitent à s’expatrier, la présidente de la FIAFE répond sans détour : « Si chaque Français pouvait avoir l’occasion de vivre plusieurs mois à l’étranger, je pense que le pays en serait nourri ».

    Elle ajoute que s’établir (un temps) hors de France, c’est « une magnifique opportunité, une expérience unique », mais rappelle que « l’expatriation doit se préparer ». Et pour cela la FIAFE peut y aider, ainsi que le réseau des Accueils présents dans 90 pays.


    Retrouvez la FIAFE, en cliquant ici

  • Les nouveaux sportifs français expatriés

    Les nouveaux sportifs français expatriés

    Dans l’hémisphère Nord, la rentrée ne concerne pas uniquement les écoliers : fin août–début septembre, les sportifs professionnels retrouvent eux aussi les terrains. Football, basket, handball… la plupart des championnats s’alignent sur le calendrier scolaire. Mais avant les premiers coups de sifflet, le marché des transferts a battu son plein. Des Françaises et Français ont ainsi quitté l’Hexagone pour tenter l’aventure à l’étranger. Qui sont ces nouveaux sportifs français expatriés, et dans quels pays vont-ils dorénavant résider ?

    Le chassé-croisé des expatriés footballeurs

    Tout au long de l’année, le podcast Lesfrancais.press « FC Expat » part à la rencontre de nos compatriotes footballeurs qui évoluent hors de France. Cette saison, certains ont choisi le chemin du retour comme Lucas Tousart, passé par l’Allemagne, et qui a rejoint le Stade Brestois cet été, ou bien encore Florian Thauvin. Après le Mexique et l’Italie, l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille s’est engagé avec le RC Lens en août. Mais d’autres ont profité de l’été pour tenter l’aventure en dehors de l’hexagone.

    Parmi ceux qui ont fait le pari de l’étranger, on retrouve dans les principaux mouvements celui de Bafodé Diakité : formé à Toulouse et Lillois depuis 2022, il vient de traverser la Manche pour signer à Bournemouth. Autre ancien pensionnaire de Ligue1 qui part à la découverte de l’Angleterre et de la Premier League, Arnaud Kalimuendo qui a décidé de revêtir le maillot de Nottingham Forest, rejoint ces derniers jours par un autre Français, Dilane Bakwa, un ancien des Girondins de Bordeaux et du RC Strasbourg.

    Laurina Fazer et Arnaud Kalimuendo
    Laurina Fazer et Arnaud Kalimuendo © Laurina Fazer – Instagram / 03/09/25 – © Arnaud Kalimuendo – Instagram / 03/09/25

    Du côté des féminines, l’internationale Laurina Fazer a quitté le Paris Saint‑Germain pour les États‑Unis : elle évolue désormais au San Diego Wave, dans l’un des championnats les plus relevés au monde. Autre membre de l’équipe de France et après dix-huit saisons à l’Olympique Lyonnais, Amel Majri quitte également la D1 Arkema pour s’engager avec Al‑Ula, en Saudi Women’s Premier League.

    Nos talents Français du basket s’expatrient

    Cette année, Lesfrancais.press vous proposera également d’explorer d’autres disciplines sportives que le football, et de suivre ainsi les parcours de nos professionnels Français à l’étranger, en basketball par exemple. Nos compatriotes brillent sur les parquets du monde entier et font vibrer les spectateurs. Victor Wembanyama, malgré des blessures, incarne cette réussite. Lui, qui a rejoint en 2023 les Spurs de San Antonio, a donné des idées d’ailleurs à d’autres de ses coéquipiers de l’équipe de France.

    Ainsi, Théo Maledon, passé par la NBA avant son retour à Lyon-Villeurbanne (Asvel) présidé par Tony Parker, a pris la direction de l’Espagne et du Real Madrid. Autre départ pour la péninsule Ibérique, celui de l’international Neal Sako qui découvrira la Liga Endesa avec Valence. Quant à Bandja Sy, revenu quelques années jouer en France, notamment au Paris Basketball, a refait ses valises pour le club d’Oradea, dernier finaliste du championnat roumain.

    Théo Maledon et Dominique Malonga
    Théo Maledon et Dominique Malonga © Théo Maledon – Instagram / 03/09/25 – © Dominique Malonga – Instagram / 03/09/25

    La section féminine de l’Asvel a également enregistré un départ marquant. En effet, Dominique Malonga a traversé l’Atlantique pour rejoindre le Seattle Storm aux États-Unis. Draftée en 2e position, un record pour une joueuse française dans l’histoire de la ligue, la Française commence à s’imposer dans sa nouvelle équipe. L’Espagne a aussi attiré nos talents cet été. Ainsi Caroline Hériaud a dit au revoir au Nord de la France pour atterrir au CB Islas Canarias, ou elle fera équipe avec une autre Française, Axelle Merceron, qui arrive quant à elle d’Angers. La vice-championne d’Europe Ornella Bankolé s’est aussi engagée de l’autre côté des Pyrénées et portera le maillot de Casademont Saragosse. Elle côtoiera notre compatriote Aminata Gueye, championne de France en 2024 avec Villeneuve-d’Ascq qui va connaître sa première expatriation.

    Le handball français s’exporte

    Autre sport et vie d’expatriés que nous investiguerons cette année dans le FC expat, le handball. Cette discipline offre de nombreuses médailles à la France, aussi bien aux Championnats du monde qu’aux Jeux Olympiques.

    Melvyn Richarson et Ludovic Fabregas
    Melvyn Richarson et Ludovic Fabregas © Melvyn Richarson – Instagram / 03/09/25 – © Ludovic Fabregas – Instagram / 03/09/25

    Plusieurs porteurs du maillot bleu ont quitté le championnat de France depuis plusieurs années. C’est ainsi que Melvyn Richardson, après Barcelone où il évoluait depuis 2021, vient ainsi de s’engager en Pologne avec le Wisła Płock. Son compatriote Julien Bos découvrira lui aussi le pays en quittant Nantes pour l’Industria Kielce. Autre bleu, Yanis Lenne a signé en Hongrie au Veszprém KSE, club masculin le plus titré de ce pays. Il y croisera Ludovic Fabregas, qui, lui, quitte les contreforts du massif de Transdanubie pour retrouver Barcelone.

    Des terrains de football aux parquets de basket, jusqu’aux salles de handball, de nouveaux sportifs français se sont expatriés cet été pour vivre de nouvelles aventures, professionnelles autant que personnelles. Tout au long de la saison, Lesfrancais.press partira à la rencontre de ces femmes et de ces hommes qui vivent leur passion et exercent leur sport au quotidien à l’étranger.

  • L’accord Mercosur-UE enfin adopté : quels impacts pour les Français expatriés en Amérique du Sud ?

    L’accord Mercosur-UE enfin adopté : quels impacts pour les Français expatriés en Amérique du Sud ?

    Après plus de 20 ans de négociations, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) a été validé par la Commission européenne ce mercredi 03 septembre, première étape formelle avant de soumettre ce traité de libre-échange aux Vingt-Sept et aux eurodéputés. Ce traité, l’un des plus ambitieux jamais conclus par l’UE, promet de redessiner les relations commerciales entre la France et les pays d’Amérique du Sud. Pour les 150 000 Français installés dans la région, cette nouvelle donne pourrait ouvrir des perspectives inédites, tout en soulevant des questions sur les équilibres économiques et environnementaux.

    Un accord aux enjeux majeurs pour les échanges franco-mercosuriens

    L’accord prévoit la suppression progressive des droits de douane sur 90 % des produits échangés entre les deux blocs. Pour la France, cela signifie un accès facilité aux marchés sud-américains pour ses produits industriels, pharmaceutiques et technologiques. À l’inverse, les pays du Mercosur pourront exporter davantage de viande bovine, de sucre ou d’éthanol vers l’UE, avec des quotas négociés pour éviter une saturation du marché européen. Les normes sanitaires et environnementales, souvent pointées du doigt, ont été renforcées dans le texte final, bien que leur application reste un sujet de vigilance. Enfin, l’accord inclut des clauses sur la protection des indications géographiques, un atout pour les produits français comme le champagne ou le camembert.

    Pourquoi la France a longtemps résisté… et pourquoi l’accord va être adopté malgré tout

    La France, soutenue par plusieurs États membres et des ONG, a longtemps bloqué cet accord, invoquant des risques pour l’agriculture européenne et des inquiétudes environnementales, notamment la déforestation en Amazonie. Les éleveurs français craignaient une concurrence déloyale face à la viande sud-américaine, produite à moindre coût. Cependant, la pression des autres pays européens, attirés par les opportunités économiques, et les concessions obtenues sur les quotas et les normes environnementales ont fini par emporter l’adhésion. L’argument de la diversification des approvisionnements, crucial après les crises géopolitiques récentes, a aussi joué un rôle clé.

    Agriculteurs Mercosur
    Le Mercosur, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays d’Amérique latine continue de créer la polémique. @Frederick FLORIN / AFP

    Des opportunités à saisir pour les expatriés français

    Pour les Français installés en Amérique du Sud, cet accord pourrait se traduire par un dynamisme accru des échanges et des investissements. Les entrepreneurs pourront bénéficier de règles douanières simplifiées pour importer ou exporter des biens, tandis que les professionnels des secteurs agroalimentaire, technologique ou des services pourraient voir émerger de nouveaux partenariats. Les compétences françaises en matière d’innovation et de transition écologique pourraient aussi trouver un terreau fertile dans des pays en quête de modernisation. Enfin, la mobilité professionnelle entre les deux blocs pourrait être facilitée, avec des visas simplifiés pour les travailleurs qualifiés.

    Pour rappel de nombreux produits français bénéficieront de la suppression des droits de douane avec le Mercosur. Les secteurs, qui pourraient principalement en bénéficier, sont les suivants :

    • Automobiles et pièces détachées : Actuellement soumises à des droits de douane pouvant atteindre 35 % dans les pays du Mercosur, les voitures et pièces détachées françaises verront ces barrières progressivement supprimées, ce qui rendra les véhicules et composants français bien plus compétitifs sur ces marchés
    • Machines et équipements industriels : Ce secteur, crucial pour l’industrie française, bénéficiera également de la suppression des droits de douane, facilitant l’exportation de machines et technologies vers l’Amérique du Sud
    • Produits chimiques et pharmaceutiques : Les produits chimiques et pharmaceutiques français, déjà très demandés, verront leurs coûts d’exportation réduits, ce qui devrait stimuler les ventes
    • Vins et spiritueux : Les vins, champagnes et spiritueux français, actuellement taxés à 27 % dans le Mercosur, bénéficieront d’une suppression progressive des droits de douane, ouvrant davantage le marché sud-américain à ces produits d’excellence
    • Produits agroalimentaires protégés par des indications géographiques : Des produits comme le roquefort, le camembert ou le cognac, protégés par des indications géographiques, verront leur accès facilité et leur authenticité mieux préservée sur les marchés du Mercosur
    • Vêtements et textiles : Les vêtements et textiles français, actuellement soumis à des droits de douane élevés, bénéficieront aussi de cette libéralisation, bien que ce secteur soit moins dominant que les autres.

    Maintenant, il reste à voir comment cet accord sera mis en œuvre sur le terrain, et si les promesses économiques sauront concilier croissance et durabilité. Une chose est sûre : pour les expatriés, l’Amérique du Sud pourrait bien devenir un terrain de jeu encore plus attractif.

  • Budget 2026 : l’épargne des Français en ligne de mire ?

    Budget 2026 : l’épargne des Français en ligne de mire ?

    À quelques jours du vote de confiance du 8 septembre, François Bayrou tente de convaincre les députés d’avaler la pilule : 44 milliards d’euros d’économies dans le budget 2026. Une trajectoire jugée indispensable alors que la charge de la dette, déjà 66 milliards d’euros en 2025, devrait dépasser les 100 milliards en 2029, selon la Cour des comptes. « La dette de la France augmente de 5 000 euros chaque seconde », rappelait notamment le Premier ministre cet été, évoquant un État devenu le champion mondial de la dépense publique. C’est ainsi que, de fil en aiguille, l’épargne des Français se retrouve en ligne de mire

    De Rome à Chypre : quand l’État vide les comptes

    Les Français de l’étranger ont la mémoire longue. En 1992, alors président du Conseil des ministres en Italie, Giuliano Amato avait prélevé 0,6 % sur tous les comptes bancaires italiens pour combler un déficit insoutenable. Le traumatisme populaire fut si grand qu’en 2011, lors de la crise économique, la fuite des capitaux italiens vers l’étranger fut sans précédent. En 2013, Chypre avait envisagé une taxe de 6,75 % à 9,9 % sur les dépôts bancaires avant de reculer face à la fronde populaire. Ces précédents nourrissent une inquiétude : et si la France, sous pression des marchés, choisissait à son tour la voie de la ponction ?

    Une manne tentante : l’épargne des Français

    L’épargne des Français n’a jamais été aussi abondante. Selon l’Insee et la Banque de France, le bas de laine national dépasse désormais 6 300 milliards d’euros, toutes formes confondues : livrets, assurance-vie, placements financiers ou encore immobiliers. Avec un taux d’épargne qui s’établit à 17,4 % du revenu disponible brut, la France figure parmi les champions européens de la prudence, juste derrière l’Allemagne.

    Il est plus facile de taxer
    « l’argent qui dort »
    que de tailler dans la dépense publique

    En moyenne, chaque ménage met de côté environ 240 euros par mois, même si ce chiffre recule légèrement par rapport aux années précédentes. Mais derrière ces moyennes flatteuses se cachent d’importantes disparités : le patrimoine médian des ménages plafonne à 124 000 euros, bien loin du patrimoine moyen estimé à 278 000 euros. Autrement dit, la moitié des Français dispose en réalité de beaucoup moins que ce que les statistiques globales laissent croire.

    Pour l’État, cette montagne d’épargne représente un réservoir fiscal immédiatement mobilisable. Bien plus simple à ponctionner qu’une réforme structurelle de la dépense publique, elle constitue une cible de choix en période de tension budgétaire.

    Mais toucher à cette épargne, c’est aussi prendre le risque d’une rupture de confiance majeure : fuite des capitaux, défiance envers les institutions et sentiment de trahison chez les épargnants. Rien d’étonnant, malgré les risques, à ce que certains imaginent la tentation : il est plus facile de taxer “l’argent qui dort” que de tailler dans la dépense publique.

    Dépenses ou ponction : le dilemme français

    Le cœur du débat budgétaire est là. Deux chemins s’opposent :

    • Réduire les dépenses publiques. Cela implique de s’attaquer aux structures de l’État, à la complexité des régimes sociaux, à la multiplicité des aides et subventions. Des réformes impopulaires mais structurelles, qui demandent du courage politique et produisent leurs effets sur le moyen terme. Le défi est d’autant plus important que la France est le pays qui détient le plus de fonctionnaires et d’agents publics; ce seraient attaquer un électorat important sans assurance de succès tant le climat social serait enflammé.
    • Ponctionner l’épargne. Rapide, techniquement simple, cette solution donne des résultats immédiats en trésorerie. Mais elle détruit la confiance, déclenche des fuites de capitaux et alimente le ressentiment citoyen. L’Italie en 1992 en garde encore les stigmates : à chaque crise, les épargnants craignent le retour du « coup de tonnerre Amato ».

    L’un est politiquement explosif, l’autre économiquement suicidaire. Mais le gouvernement pourrait être tenté de choisir la voie de la facilité, surtout si les marchés accentuent la pression sur les taux.

    Le prix de la confiance

    Un prélèvement sur l’épargne aurait un effet psychologique ravageur. Les ménages, déjà éprouvés par l’inflation, verraient leur patrimoine amputé du jour au lendemain. Les Français de l’étranger, souvent détenteurs de comptes en France, seraient doublement touchés : par la ponction directe et par le doute durable sur la sécurité de leurs avoirs.

    François Bayrou conférence de presse du 15 juillet 2025 sur le budget © AFP
    François Bayrou conférence de presse du 15 juillet 2025 sur le budget © AFP

    Déjà menacés par une possible double-imposition sur les droits de succession, les Français de l’étranger verraient cette ponction ajouter une pierre de plus à l’édifice de l’imposition du patrimoine au détriment de la performance économique.

    L’ombre d’un vote sanction des Français de l’étranger

    Le débat sur le budget 2026 n’est pas qu’une affaire de chiffres et de ratios. Pour les Français de l’étranger, il se traduit par une inquiétude très concrète : celle de voir leur épargne, souvent placée en France pour préparer un retour, financer les études des enfants ou soutenir leur famille restée au pays, devenir la variable d’ajustement des finances publiques.

    Les Français de l’étranger pourraient transformer
    leur colère en vote sanction
    lors des prochaines échéances

    Une telle mesure ne toucherait donc pas uniquement les « rentiers » ou les fameux baby-boomers, mais aussi des milliers d’expatriés qui, malgré leur éloignement, continuent de contribuer à l’économie nationale par leurs dépôts et leurs investissements. Un prélèvement brutal sur leurs comptes bancaires serait vécu comme une double peine : loin de la métropole, mais pas à l’abri d’un coup de rabot fiscal.

    Les conséquences politiques pourraient être considérables. Déjà souvent critiques à l’égard de la gestion de la dépense publique, les Français de l’étranger pourraient transformer leur colère en vote sanction lors des prochaines échéances. Ils l’ont montré à plusieurs reprises : leur bulletin de vote est sensible aux questions de patrimoine, de fiscalité et de confiance dans l’État.

    À l’heure où le gouvernement cherche à convaincre du bien-fondé de ses 44 milliards d’économies, il devrait garder à l’esprit que l’épargne n’est pas qu’une ligne comptable : c’est un lien de confiance entre les citoyens, où qu’ils vivent, et leurs institutions. Briser ce lien, c’est prendre le risque de perdre non seulement des capitaux, mais aussi des électeurs.

  • Le 10 septembre ? De droite ou de gauche ?

    Le 10 septembre ? De droite ou de gauche ?

    Va-t-il se passer quelque chose en ce 10 septembre 2025 ? Le 28 août, 400 personnes se sont réunies dans le parc de la Villette, à Paris, pour la première assemblée générale du mouvement du 10 septembre en Île-de-France. Cette même semaine, 200 personnes se sont rassemblées à Montpellier, Grenoble, Lille… 300 à Lyon. Les villes moyennes, voire petites, ne sont pas en reste : 60 personnes à Alès, une cinquantaine au Havre, une soixantaine à Aix-en-Provence et à Lorient, ou encore une vingtaine à Souillac dans le Lot, ou à Romans-sur-Isère. En tout plus de 60 villes sont déjà identifiées par les autorités françaises. Mais celles-ci ont du mal à vraiment quantifier l’ampleur du mouvement alors que les organisateurs sont diffus et souvent de courants opposés. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Un mouvement né dans l’esprit d’un leader d’un groupuscule

    Lancée en plein mois de juillet par un groupuscule complotiste d’extrême droite nommé « Les Essentiels », la première action prévue à cette date n’était autre qu’un appel à « l’auto confinement généralisé ». L’objectif était flou : « reprendre le contrôle sur nos vies » et le mot d’ordre peu propice à la rencontre. Mais au fur et à mesure de l’été, à la faveur de boucles Telegram souvent intitulées « Bloquons tout » ou « Indignons-nous », la couleur politique du 10 septembre a changé.

    Affiche dans la banlieu de Monptellier le 29 aout 2025 ©AFP

    L’appel des Essentiels a peu à peu été marginalisé. Sa chaîne Telegram peine à dépasser les 500 membres quand les boucles concurrentes « Bloquons tout » avoisinent désormais les 10 000 abonnés et se multiplient pour couvrir une diversité de zones géographiques.

    Car ce 10 septembre, animé par un appel à « l’auto-confinement » et à la grève de la consommation, s’est globalement mué en organisation d’assemblées générales qui incitent aux blocages, aux grèves et aux manifestations.

    Les Gilets Jaunes de Gauche ?

    L’objectif du mouvement du 10 septembre est, donc, désormais de s’opposer au « budget Bayrou », qui promet plus de 40 milliards d’euros d’économie en coupant dans le financement de la sécurité sociale, de la fonction publique, ou encore en supprimant deux jours de congé. Le probable départ du Premier ministre, le 8 septembre, suite au vote de confiance de l’Assemblée nationale qu’il a lui-même requis, n’y change rien.

    « On parle d’austérité et plus de Bayrou dans les AG, mais le fond du propos n’a pas changé »

    Pierre à l’AFP, impliqué dans les AG du 10 septembre à Alès.

    Pour tenter d’y voir plus clair, de nombreux observateurs comparent le 10 septembre 2025 au 17 novembre 2018, date de début du mouvement des Gilets jaunes.

    Tout comme ce dernier, le mouvement du 10 septembre est d’initiative citoyenne, indépendant des syndicats et des partis. La présence de militants qui se revendiquent « Gilets jaunes » dans les assemblées du 10 septembre aide aussi à tracer un tel parallèle.

    Une assemblée générale départementale
    Une assemblée générale départementale au cours de laquelle sont dicutés les actions à mener pour le mouvement « Bloquons Tout » , le 10 septembre. A Nantes, le 30 août 2025. © ESTELLE RUIZ / HANS LUCAS VIA AFP

    Pourtant, les différences avec le mouvement social de 2018-2019 sont nombreuses. À commencer par les liens potentiels avec l’extrême droite. Le début du mouvement des gilets jaunes était marqué par une présence – certes marginale – de militants d’extrême droite. Elle semble cette fois cantonnée à internet.

    « J’ai vu surtout des militants de gauche et des syndicalistes »

    Cyril à l’AFP, jeune militant qui a participé à l’AG de Saint-Denis.

    À Paris, ou encore à Toulouse, la nécessité d’éloigner l’extrême droite a été clairement évoquée : « Si on voit une personne réac en AG, on discute, si c’est un militant d’extrême droite, on le dégage », peut-on lire dans un compte rendu. Les thématiques du mouvement tournent autour de la justice sociale, de la démocratie, ou de l’écologie. La question palestinienne, la lutte contre le sexisme et les LGBTphobies, la nécessité de parler aux quartiers populaires, sont aussi souvent évoquées.

    Autre différence notable avec le mouvement au gilet fluo : le rapport aux partis politiques, aux syndicats et organisations classées à gauche. S’ils étaient restés distants, voire méfiants à l’approche du 17 novembre 2018, les partis de gauche (PC, LFI, PS, EELV) et les syndicats (Solidaires et CGT) ont cette fois signifié leur soutien au mouvement du 10 septembre, avec plus ou moins d’insistance. Attac ou les Soulèvements de la terre ont fait de même. Les partis de droite et le RN se sont au contraire éloignés de ce dernier, voire l’ont condamné.

  • La BCE face à Trump

    La BCE face à Trump

    Invitée de Radio Classique lundi 1er septembre, Christine Lagarde a expliqué que les tentatives de Donald Trump de resserrer son emprise sur la politique monétaire américaine menacent gravement l’économie américaine et mondiale. Elle a aussi commenté les soubresauts que connaît la politique française. On fait le point pour les expatriés français.

    Inquiétudes après le renvoi de Lisa Cook

    Ses commentaires interviennent après le limogeage par le président américain de la gouverneure de la Réserve fédérale américaine, Lisa Cook, la semaine dernière. Cette décision a alarmé les économistes qui ont averti des effets sur l’indépendance de la banque centrale la plus importante au monde.

    « S’il [Donald Trump] devait réussir, ce serait un danger très grave » – Christine Lagarde – La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) sur les ondes de Radio Classique.

    Lisa Cook, une proche alliée du président de la Fed, Jerome Powell, a refusé de démissionner. Jerome Powell s’est attiré à plusieurs reprises les foudres de Donald Trump pour avoir refusé de réduire les taux d’intérêt afin de stimuler l’économie américaine.

    « S’il [Donald Trump] devait réussir, ce serait un danger très grave »

    Christine Lagarde – La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) sur les ondes de Radio Classique.

    Lisa Cook, une proche alliée du président de la Fed, Jerome Powell, a refusé de démissionner. Jerome Powell s’est attiré à plusieurs reprises les foudres de Donald Trump pour avoir refusé de réduire les taux d’intérêt afin de stimuler l’économie américaine.

    Lisa Cook
    Lisa Cook, gouverneure de la Réserve fédérale américaine ©AFP

    Toutefois, la Fed devrait réduire rapidement ses taux d’intérêt au cours de l’année prochaine, car les craintes d’une faible croissance ont commencé à l’emporter sur celles que les droits de douane de Donald Trump puissent déclencher une résurgence de l’inflation aux États-Unis.

    « La barre pour faire dérailler une baisse des taux de la Fed le 17 septembre semble élevée », ont estimé lundi les analystes de Deutsche Bank, ajoutant que les investisseurs évaluent actuellement à 140 points de base (1,4 point de pourcentage) les baisses de taux d’ici la fin de 2026.

    « Il s’agit d’une quantité d’assouplissement qui, depuis les années 1980, ne s’est produite qu’au moment des récessions »

    La Deutsche Bank dans un communiqué.

    La BCE garde son cap

    En revanche, la BCE devrait maintenir son taux d’intérêt directeur à 2 % lors de sa réunion de la semaine prochaine, ce qui est nettement inférieur au taux directeur actuel de la Fed, qui se situe entre 4,25 et 4,5 %.

    Christine Lagarde s’est dite « préoccupée » par l’impact des troubles politiques en France sur l’économie de la zone euro, le premier ministre François Bayrou étant sur un siège éjectable devant perdre avant le vote de confiance le 8 septembre. Son plan pour réduire les déficits rencontre une opposition unanime de la classe politique.

    Le choix inattendu de la part de François Bayrou, la semaine dernière, d’organiser ce vote a fait plonger les actions et les obligations françaises, l’écart entre les coûts d’emprunt français et italiens se réduisant pour atteindre son niveau le plus bas depuis des décennies. L’Italie est pourtant traditionnellement considérée comme beaucoup plus risquée que la France par les investisseurs.

    Christine Lagarde a toutefois minimisé les craintes qu’un effondrement du gouvernement français, qui serait le troisième en un an, ne déclenche une nouvelle crise de la zone euro comme au cours de la dernière décennie.

     « Je pense que le système bancaire français est en meilleure forme que lors de la dernière grande crise financière, qu’il est bien structuré, bien supervisé et qu’il compte des acteurs responsables ».

    Christine Lagarde – La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) sur les ondes de Radio Classique.

  • Intelligence artificielle : de l’eldorado à la bulle

    Intelligence artificielle : de l’eldorado à la bulle

    Si l’intelligence Artificielle devait avoir une capitale, ce serait sans doute Ashburn, au nord de la Virginie, en périphérie de Washington. Les passagers attentifs installés côté hublot, à l’approche de l’aéroport de Washington Dulles, peuvent apercevoir une série de bâtiments aux toits blancs, alignés à proximité de lotissements. Ce sont les toits des centres de données, éléments du plus important cluster mondial, lequel a absorbé l’an dernier plus du quart de l’électricité produite par la principale compagnie d’énergie de Virginie. Malgré les incertitudes générées par la politique de Donald Trump, les investissements consacrés aux infrastructures de l’Intelligence Artificielle (IA) ne ralentissent pas.

    L’IA : 40 % de la croissance du PIB

    Un sixième de la progression de 2 % du PIB américain au cours des douze derniers mois provient des dépenses en matériel informatique et en équipements de communication, incluant semi-conducteurs et centres de données. En ajoutant les investissements dans les réseaux électriques pour alimenter les modèles d’IA, ainsi que la valeur de la propriété intellectuelle du logiciel, une estimation attribue à cette dernière jusqu’à 40 % de la croissance du PIB.

    Ce chiffre est impressionnant au vu du poids économique réel de ce secteur qui ne représente, en effet que quelques pour cent du PIB américain.

    Une frénésie pas comme les autres

    L’essor de l’IA ne ressemble pas aux précédentes vagues d’investissements technologiques. Jusqu’à récemment, les grandes entreprises technologiques finançaient ces dépenses à partir de leurs bénéfices et de leurs trésoreries. Désormais, l’ampleur des besoins pour l’IA impose le recours à l’endettement. Les entreprises construisent des centres de données en considérant que l’IA générera, d’ici quelques années, une croissance élevée rendant nécessaire la mise à disposition de puissance de calcul importante.  Contrairement à l’immobilier résidentiel ou aux usines, il s’agit ici d’un marché « winner takes all », à très forte rentabilité potentielle, où les préoccupations ordinaires, comme le coût du crédit, sont pour le moment écartées. Les entreprises du numérique dans leurs projets d’investissement ne considèrent pas les coûts comme un obstacle. Ainsi, la hausse des taux d’intérêt ou celle de l’électricité ne sont pas des facteurs discriminants pour l’engagement d’investissements de grande ampleur. Les projets de centres de données à l’échelle avec une consommation d’énergie équivalente à celle d’une ville de plusieurs dizaines de milliers d’habitants, se multiplient aux Etats-Unis. Les réseaux électriques américains se préparent à des tensions croissantes avec des risques de rupture.

    L’ombre du précédent internet

    Au regard du précédent de la bulle internet de la fin des années 1990, la frénésie d’investissement dans l’IA pourrait perdurer quelque temps. Le déploiement coûteux des technologies nécessaires au web avait duré plusieurs années, avec un effet bien plus marqué sur le PIB américain que celui observé jusqu’ici avec l’IA. La différence entre ces deux périodes est que les espoirs de gains avec l’IA sont plus importants que ceux qui étaient évalués avec Internet. Certes, depuis quelques mois, les espoirs de révolution économique via l’IA s’estompent. La déception générée par le modèle GPT5 d’OpenAI a tempéré les ardeurs.

    Un moteur qui pèse sur le reste de l’économie

    Le paradoxe est que le secteur qui alimente une grande partie de la croissance américaine étouffe simultanément d’autres pans de l’économie. Les promoteurs immobiliers, par exemple, ne peuvent ignorer la flambée des coûts de financement. Nombre d’entreprises ordinaires non plus. Les centres de données entretiennent une pression haussière sur les prix de l’énergie. En 2025, la facture moyenne d’électricité des ménages américains a déjà progressé de 7 %, en partie à cause de la demande supplémentaire exercée par ces infrastructures.

    Intelligence artificielle
    Intelligence artificielle

    Au-delà de l’IA, le tableau économique apparaît beaucoup plus terne. La consommation réelle stagne depuis décembre. La création d’emplois reste faible. La construction de logements est en chute libre, tout comme l’investissement des entreprises dans des secteurs non liés à l’IA.

    Une réallocation à l’échelle de l’économie

    En clair, l’économie américaine vie une phase de mutation. Les secteurs sensibles aux taux et à l’énergie contribuent moins à la croissance, tandis que l’investissement dans l’IA devient le principal moteur. Pour que cette dynamique perdure, les géants de la tech doivent poursuivre, voire intensifier, leurs dépenses. Le moindre ralentissement des investissements provoqué, par exemple, par des contraintes d’approvisionnement en énergie ou en semi conducteurs, réduirait mécaniquement le soutien à la croissance globale.  Un tel coup de frein aurait certes pour effet secondaire de détendre les taux d’intérêt et les prix de l’énergie, soulageant ainsi le reste de l’économie. Une chute des investissements liés à l’IA priverait les États Unis d’un moteur de croissance majeur, au moment même où le reste de l’économie montre des signes de fragilité. L’augmentation des droits de douane réduira le pouvoir d’achat des ménages dans les prochains mois. L’éclatement de la bulle de l’IA aurait des incidences fortes sur la croissance en mettant un terme aux investissements et en diminuant le pouvoir d’achat des ménages américains qui dépend en partie de la bonne tenue des cours boursiers et notamment de ceux des valeurs technologiques. 

  • Les inégalités socio-économiques explosent dans le monde et en France

    Les inégalités socio-économiques explosent dans le monde et en France

    Une association mondiale de lutte contre la pauvreté, Oxfam, a publié un rapport sur les inégalités qui explosent dans le monde. Une dure réalité qui se reflète aussi en France où les écarts de niveau de vie d’une ville à l’autre peuvent être inquiétants. Pour les Français de l’étranger, on fait le point en intégrant un classement de la banque suisse UBS, qui, tout en restant inquiétant, pondère l’analyse de l’association mondialiste.

    L’héritage, première source d’inégalité ?

    Dans son rapport, Oxfam met en évidence que 60 % de la fortune des milliardaires ne provient ni de l’innovation ni du travail acharné, mais plutôt de l’héritage, du réseau ou du monopole des pouvoirs. Ce système perpétue un statu quo dans lequel les ultrariches continuent de s’enrichir tandis que la majorité peine à joindre les deux bouts. L’étude révèle aussi que des mécanismes hérités de l’ère coloniale transfèrent des richesses du Sud mondial vers les 1 % les plus riches du Nord à un rythme effarant de 30 millions de dollars (28,6 M €) par heure.

    Face à ces inégalités flagrantes, le rapport plaide pour une taxation beaucoup plus élevée des ultrariches afin qu’ils fournissent une contribution plus équitable. Il recommande également des réparations pour les crimes coloniaux, une réforme des institutions mondiales pour donner la priorité aux pays les plus pauvres, ainsi qu’un renforcement de la coopération Sud-Sud.

    Des USA aux Emirats

    Le classement GINI publié par UBS en 2025 révèle des disparités frappantes dans la répartition des richesses à l’échelle mondiale. Les États-Unis, malgré leur statut d’économie avancée, affichent un indice de GINI de 75, avec une concentration extrême de la richesse : 1 % des plus riches détiennent près de 35 % des richesses nationales, tandis que les 50 % les plus pauvres n’en possèdent que 1,5 %. Le pays compte le plus grand nombre de milliardaires au monde, dont Elon Musk, mais aussi un taux de pauvreté élevé (18 %), illustré par des écarts d’espérance de vie importants entre États.

    Neuilly Guetto de riches
    ©Neuilly sur Seine

    Autres pays inégalitaires, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, avec un indice de 77, montrent une richesse très concentrée entre les mains d’une minorité, notamment la famille royale saoudienne ou les élites locales. Malgré une légère amélioration depuis 2008, les inégalités restent marquées, avec une majorité de travailleurs migrants vivant dans la précarité.
     Enfin, le Brésil et l’Afrique du Sud se distinguent par des inégalités encore plus criantes. Au Brésil (indice de 81), les 1 % les plus riches possèdent près de 49 % des richesses, tandis que la moitié la plus pauvre affiche une richesse nette négative. En Afrique du Sud (indice de 82), héritière des inégalités structurelles de l’apartheid, les 10 % les plus fortunés détiennent 85,6 % des richesses, contre une richesse nette négative pour les 50 % les plus pauvres. Ces pays illustrent les défis persistants de la redistribution des richesses, malgré la présence de milliardaires et une croissance économique inégale. Ce classement souligne l’urgence de politiques publiques visant à réduire ces écarts, notamment pour les expatriés français confrontés à ces réalités dans leurs pays d’accueil.

    La France face à une fracture sociale
    grandissante

    En 2025, la France n’échappe pas à la montée des inégalités, avec des écarts de revenus de plus en plus marqués dans certaines villes, notamment en Île-de-France. Des communes comme Neuilly-sur-Seine, Paris ou Versailles illustrent cette réalité : les 10 % les plus riches y gagnent jusqu’à huit fois plus que les 10 % les plus modestes. Ces disparités créent une ségrégation spatiale et économique, où quartiers aisés et zones défavorisées coexistent, souvent au sein d’une même ville. Malgré des politiques locales visant à favoriser la mixité sociale, les résultats restent insuffisants pour inverser cette tendance, impactant directement la qualité de vie des habitants et la cohésion sociale.

    Neuilly-sur-Seine et Paris, symboles des inégalités

    Neuilly-sur-Seine se distingue comme la ville la plus inégalitaire de France, avec des revenus mensuels dépassant 10 700 euros pour les plus riches, contre seulement 1 320 euros pour les plus pauvres. Paris n’est pas en reste : les 10 % les plus aisés y perçoivent en moyenne 6 000 euros par mois, soit 6,4 fois plus que les 10 % les moins favorisés. Ces écarts reflètent une division croissante entre des « ghettos de riches » et des « ghettos de pauvres », renforçant les tensions et le sentiment d’injustice. La capitale, souvent perçue comme un modèle d’opportunités, devient ainsi le théâtre de contrastes sociaux saisissants.

    Les manifestations en 2020 après la mort de George Floyd ont fait ressortir l'inégalité raciale aux Etats-Unis. ©Getty Images
    Les manifestations en 2020 après la mort de George Floyd ont fait ressortir l’inégalité raciale aux Etats-Unis. ©Getty Images

    Une concentration des inégalités en Île-de-France et au-delà

    Le phénomène n’est pas limité à Paris et Neuilly : 15 des 20 communes les plus inégalitaires se trouvent en Île de-France, mais certaines villes de province sont également touchées. Cette concentration géographique des richesses et des précarités aggrave les inégalités d’accès aux services publics, à l’éducation et à l’emploi. Les populations modestes, souvent reléguées dans des quartiers moins favorisés, subissent un isolement croissant, tandis que les plus aisés bénéficient de conditions de vie privilégiées, accentuant le clivage territorial.

    Des défis persistants pour les politiques publiques

    Pour répondre à ces enjeux, des initiatives locales, comme la construction
    de logements abordables ou la rénovation urbaine, sont déployées.
    Pourtant, leur efficacité reste limitée face à l’ampleur des disparités. Les
    élus locaux et nationaux sont appelés à renforcer leurs actions et à
    coordonner une approche globale pour réduire la ségrégation socio-
    économique. En 2025, la lutte contre ces fractures sociales devient un
    enjeu majeur, non seulement pour les résidents, mais aussi pour les
    Français de l’étranger, attachés à l’équilibre et à la justice sociale de leur
    pays d’origine. La question se pose : comment concilier attractivité
    économique et équité territoriale pour préserver le modèle républicain ?

  • La Journée Défense et Citoyenneté (JDC) : une obligation pour tous les jeunes Français

    La Journée Défense et Citoyenneté (JDC) : une obligation pour tous les jeunes Français

    La Journée Défense et Citoyenneté (JDC) est une étape obligatoire du parcours de citoyenneté pour tous les jeunes Français, y compris ceux résidant à l’étranger. Elle s’inscrit dans le cadre du service national universel et concerne les garçons et les filles âgés de 16 à 25 ans. Cette journée a pour objectif de sensibiliser les jeunes aux enjeux de la défense nationale, de la sécurité et de la citoyenneté. Elle est indispensable pour passer certains examens ou concours publics (comme le permis de conduire ou l’inscription à une université ou grande école en France).

    Tous les jeunes Français, y compris ceux vivant à l’étranger, doivent participer à la JDC. Si votre enfant a 16 ans ou plus et qu’il n’a pas encore effectué sa JDC, il devra la réaliser avant de s’inscrire dans une faculté ou une grande école en France. On vous explique tout !

    Peut-on effectuer la JDC avant d’arriver en
    France ?

    Oui et non ! En effet, il est possible de réaliser la JDC à l’étranger mais uniquement dans certains pays où des sessions sont organisées par les ambassades ou consulats de France. Alors qu’une dynamique s’était instaurée, la COVID-19 et des problèmes logistiques ont mis un coup d’arrêt à l’organisation des JDC.

    Cependant, vous pouvez vous rapprocher du consulat ou de l’ambassade de France de votre pays de résidence afin de prendre connaissance d’éventuelles dispositions. Le Maroc a, par exemple, relancé l’organisation de ces journées depuis quelques mois.

    Photo lycée français à Rabat ©AEFE
    Photo lycée français à Rabat ©AEFE

    Si aucune session n’est disponible dans votre pays de résidence, votre enfant pourra effectuer sa JDC lors de son arrivée en France. Lors de ce retour sur le territoire national, et avant ses 25 ans, le jeune doit satisfaire cette obligation liée à la Journée Défense et Citoyenneté, (conformément à l’article R112-17 du code du service national).
    L’attestation de report éventuellement délivrée par votre ambassade ou consulat n’est en effet plus valable quand la personne (re)vient vivre en France. Aussi, pour régulariser cette situation et signaler son retour, il convient de contacter le Centre du Service National (CSN) pour les résidents à l’étranger de préférence par courriel : [email protected]
    Des démarches seront alors effectuées pour se rapprocher du Centre du Service National (CSN) le plus proche de son futur lieu de résidence en France pour connaître les dates et modalités d’inscription. 

    Comment réaliser la JDC en arrivant en
    France ?

    Si votre enfant n’a pas pu effectuer sa JDC à l’étranger, il devra donc la réaliser dans les meilleurs délais après son installation en France.
    Outre le fait de contacter le Centre du Service National (CSN) pour les résidents à l’étranger comme indiqué précédemment, il devra fournir des documents et peut aussi suivre les étapes suivantes : 

    1. S’inscrire en ligne sur le site majdc.fr ou contacter le Centre du Service National (CSN) de son département de résidence.
    2. Présenter les documents nécessaires : pièce d’identité, justificatif de domicile, et éventuellement un certificat de participation à l’Enseignement de Défense (s’il a été suivi à l’étranger dans un établissement du réseau AEFE).
    3. Choisir une date parmi celles proposées par le CSN. Les sessions ont généralement lieu pendant les vacances scolaires ou les week-ends.
    4. Participer à la journée, qui dure une journée complète et comprend des ateliers, des échanges avec des militaires, des pompiers ou des représentants des services publics.

    À l’issue de la JDC, un certificat de participation sera remis. Ce document est obligatoire pour s’inscrire dans une faculté ou une grande école en France, ou bien passer son permis de conduire. En revanche, si vous rentrez vous installer en France après vos 25 ans, vous êtes dispensé de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC).

     

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