François Hollande et l’ambassadrice de France au Royaume-Uni, Hélène Duchêne, participeront aux célébrations d’un établissement devenu une référence de l’enseignement français à l’étranger. C’est le 22 septembre 2025, que l’ancien chef de l’État et l’ambassadrice célébreront ainsi les 10 ans du Lycée International de Londres Winston Churchill. L’occasion de mettre en lumière un établissement incontournable dans le paysage éducatif français à l’étranger et de réfléchir à ses ambitions pour l’avenir.
Un acteur majeur de l’enseignement français à Londres
Inauguré en 2015 dans l’ancien Brent Town Hall – un édifice Art déco classé –, le Lycée Winston Churchill accueille aujourd’hui près de 900 élèves de la maternelle à la terminale, représentant une quarantaine de nationalités. Sa vocation : conjuguer excellence académique française et ouverture internationale.
Les familles peuvent, entre autres, choisir entre deux parcours : le baccalauréat français, enrichi d’une option internationale, et le diplôme du Baccalauréat International (IB), reconnu dans le monde entier. Ce double cursus illustre l’identité de l’établissement : profondément ancré dans les valeurs de l’éducation française, tout en s’inscrivant pleinement dans le contexte britannique.
Des résultats d’exception… mais surtout une ambiance unique
Depuis son ouverture, le lycée affiche des résultats proches de 100 % de réussite aux examens. Ses élèves rejoignent chaque année les universités les plus prestigieuses du Royaume-Uni, d’Europe et d’Amérique du Nord. Mais pour Mireille Rabaté, proviseur fondateur de l’établissement, le succès ne se mesure pas uniquement en chiffres :
« Ce qui fait la force du lycée, c’est avant tout cette atmosphère de confiance et de bienveillance, sans complaisance, qui pousse chaque élève à donner le meilleur de lui-même. »
Mireille Rabaté, proviseur fondateur lors dune remise de diplômes
Les témoignages des familles confirment ce climat particulier :« Les parents me disent souvent : « Moi, je rentrais de l’école en traînant des pieds, mais mes enfants, eux, y courent en riant, impatients d’y retourner. »
Le lycée international Churchill : une indépendance revendiquée
Contrairement à d’autres établissements français de Londres, le Lycée international Winston Churchill a choisi l’indépendance totale. « Nous sommes une école de droit britannique, à but non lucratif. Nous ne recevons aucune subvention, ni du gouvernement français, ni du gouvernement britannique. Tout ce que nous faisons, nous le faisons seuls », précise Mireille Rabaté.
Les frais de scolarité financent directement les salaires et le fonctionnement. Un coût certain, mais qui reste compétitif dans le contexte londonien : « pour des Français en France, nos tarifs peuvent sembler élevés. Mais ici, à Londres, nous faisons partie des établissements les plus accessibles. »
Le numérique, un atout stratégique
Le lycée mise résolument sur les technologies numériques. Chaque élève du secondaire dispose d’un iPad, outil central de l’organisation et de l’apprentissage.
« Cela change tout », explique le proviseur fondateur. « D’abord, cela permet de personnaliser les enseignements. Ensuite, cela prépare les élèves à l’université : nos anciens nous disent que leur aisance avec les outils numériques est un atout précieux. »
Cette culture digitale a démontré toute son efficacité durant la pandémie : le lycée était déjà prêt à basculer vers l’enseignement en ligne. Aujourd’hui, des salles de classe connectées permettent aux élèves malades, sportifs de haut niveau ou expatriés temporaires de suivre les cours en direct et d’interagir avec leurs camarades.
Former les enseignants, préparer les citoyens de demain
Pour exploiter pleinement ces outils, chaque membre du personnel bénéficie de huit jours de formation professionnelle par an. « La technologie n’est pas un gadget, elle transforme notre façon d’enseigner. Les enseignants collaborent beaucoup entre eux pour créer des cours plus interactifs et stimulants. »
Le numérique, un outil d’apprentissage devenu incontournable – crédit adobestrock
Mais le numérique ne suffit pas : la vision éducative du lycée s’attache à former des esprits critiques, créatifs et adaptables. « Nous éduquons pour un monde dont nous ignorons encore les contours. Les connaissances seules ne suffisent pas : il faut développer des compétences, du savoir-être et du savoir-faire. Nos deux piliers : collaboration et imagination. »
Vers l’avenir
En moins de dix ans, le Lycée international Winston Churchill s’est imposé comme une référence de l’enseignement français à l’étranger : indépendant, bilingue, innovant et tourné vers l’avenir. Ses projets incluent l’augmentation de sa capacité d’accueil, le développement de nouveaux partenariats et la préparation des jeunes générations aux défis globaux, de l’intelligence artificielle aux enjeux climatiques. La présence de l’ancien président de la République, François Hollande, et de l’ambassadrice de France au Royaume-Uni, Hélène Duchêne, souligne le rôle stratégique de l’enseignement français à l’étranger : un outil de diplomatie culturelle et de rayonnement international.
Le 22 septembre marque ainsi une étape clé : célébrer les réussites d’un établissement déjà incontournable et dessiner le futur d’une éducation ambitieuse, ouverte et audacieuse. Le Lycée Winston Churchill, symbole de diversité et d’excellence, incarne une école du XXIᵉ siècle : exigeante mais bienveillante, indépendante mais connectée au monde, fidèle à ses racines françaises tout en cultivant un esprit international.
Chaque année, le 22 septembre, la Journée mondiale sans voiture invite les citadins à repenser leur mobilité. Née dans les années 1990 en Europe, cette initiative vise à sensibiliser aux impacts de la voiture individuelle sur la santé, la pollution et le climat. En France, l’événement a pris de l’ampleur dès 1998, avant de s’étendre à l’échelle mondiale. Les enjeux sont majeurs : en Île-de-France, le trafic routier génère 58 kilotonnes d’oxydes d’azote par an, soit la moitié de la pollution totale, et les Franciliens respirent un air « médiocre » plus de 10 semaines par an selon Airparif. Cette journée est l’occasion de redécouvrir la ville sans bruit ni pollution, et de promouvoir des modes de transport plus durables. On fait le point pour les Français de l’étranger et les expatriés.
En France, un engagement croissant pour la mobilité durable
Paris organise chaque année une édition emblématique, comme la journée « Paris Respire » du 17 septembre 2023, où les concentrations de dioxyde d’azote ont chuté de 5 à 20 % près des axes routiers. La capitale multiplie les animations : vélos en libre-service gratuits, rues piétonnes, et ateliers pour enfants. Depuis 2016, les Champs-Élysées sont même piétonnisés un dimanche par mois, une mesure saluée par les associations.
Les zones à faibles émissions (ZFE) : une généralisation en marche
En 2025, 43 agglomérations françaises de plus de 150 000 habitants instaurent des ZFE, interdisant progressivement les véhicules les plus polluants (Crit’Air 3 et plus). Paris et Lyon sont en première ligne, tandis que d’autres villes comme Marseille ou Rouen adaptent leur calendrier en fonction de l’amélioration de la qualité de l’air. Ces mesures s’accompagnent d’aides à la conversion vers des véhicules propres, comme la prime à la conversion ou le leasing social à 100 € par mois.
La semaine européenne de la mobilité : un relais efficace
Depuis 2002, la Journée sans voiture s’inscrit dans la Semaine européenne de la mobilité (16-22 septembre). En 2024, plus de 1 200 villes européennes y ont participé, proposant des alternatives comme le covoiturage, les transports en commun gratuits ou les pistes cyclables temporaires.
Tour du monde des initiatives : des exemples inspirants
Europe : Bruxelles, une ville sans voiture à grande échelle
Bruxelles interdit totalement la circulation motorisée sur 161 km² le jour J, ne tolérant que les transports en commun, les taxis et les véhicules de secours. Résultat : une réduction de 40 à 50 % de la pollution et du bruit.
Amérique du Nord : New York et ses « Summer Streets »
New York ferme chaque année plusieurs avenues à la circulation pour les piétons et les cyclistes. En 2024, plus de 100 000 personnes ont profité de ces espaces, avec une baisse mesurable des émissions de CO₂.
Amérique du Sud : Bogotá et ses « Ciclovías »
Tous les dimanches, Bogotá transforme 120 km de routes en pistes cyclables et piétonnes. Pendant la Journée sans voiture, cette initiative s’étend à toute la ville, avec des ateliers de réparation de vélos et des concerts.
Asie : Pékin, une mégalopole en transition
En 2015, Pékin a interdit la circulation dans tout le centre-ville, réduisant les particules fines de 30 %. Depuis, la Chine accélère le déploiement des bus électriques et des métros.
Océanie : Sydney et ses « Car Free Days »
Sydney organise des journées sans voiture dans son centre-ville, avec des navettes électriques gratuites et des activités culturelles. L’objectif : réduire la dépendance à la voiture dans une ville où les embouteillages coûtent 5 milliards de dollars par an.
Afrique : Lagos, un défi contre la pollution
Lagos, l’une des villes les plus polluées au monde, a lancé en 2023 sa première Journée sans voiture, combinée à des campagnes de sensibilisation sur les transports en commun et le covoiturage.
La voiture en ville
Europe : vers la fin des voitures thermiques
L’Union européenne interdira la vente de voitures neuves à essence et diesel dès 2035. Des pays comme la Norvège anticipent cette échéance en visant 2025. Les constructeurs européens investissent massivement dans les véhicules électriques, soutenus par des subventions pouvant atteindre 4 000 €.
États-Unis : des villes en avance
San Francisco et Seattle limitent déjà l’accès de leurs centres-villes aux véhicules les plus polluants. Los Angeles, connue pour ses embouteillages, développe un réseau de bus rapides et de pistes cyclables protégées.
Asie : Singapour et Tokyo, modèles de mobilité
Singapour taxe lourdement l’usage de la voiture et mise sur les transports en commun. Tokyo, malgré sa densité, limite la circulation grâce à un système de péages urbains et de parkings dissuasifs.
Océanie : Melbourne et ses « 20-minute neighbourhoods »
Melbourne réorganise son urbanisme pour que chaque quartier offre tous les services essentiels à moins de 20 minutes à pied ou à vélo. Résultat : une baisse de 12 % de l’usage de la voiture en cinq ans.
Les expatriés, acteurs du changement
Les Français de l’étranger ont un bilan carbone souvent alourdi par les voyages en avion. Un aller-retour Paris-New York émet environ 1 tonne de CO₂ par passager, soit l’équivalent de six allers-retours Paris-Marseille. Pour réduire notre empreinte, nous pouvons :
Privilégier le train pour les trajets européens.
Utiliser les transports en commun et le vélo dans leur ville d’accueil.
Participer aux initiatives locales de mobilité durable.
La Journée mondiale sans voiture rappelle que vivre sans voiture en ville est non seulement possible, mais aussi bénéfique pour la santé et la planète. Et vous, comment comptez-vous vous mobiliser le 22 septembre ? Dites-le-nous par mail sur [email protected] ou via les réseaux sociaux.
Avant de perdre la confiance de l’Assemblée nationale lundi 8 septembre, François Bayrou avertissait le mois dernier que le « surendettement » représentait un « danger immédiat » pour la prospérité du pays. Le ministre des Finances, Eric Lombard, a même indiqué que l’explosion de la dette nationale pourrait contraindre Paris à demander un renflouement au Fonds Monétaire International (FMI).
Exacerbant le sentiment d’une catastrophe imminente, les coûts d’emprunt de l’État français sont désormais plus élevés que ceux de la Grèce, ce qui fait craindre que l’Europe ne subisse un effondrement économique bien pire que celui déclenché par la situation financière d’Athènes en 2009.
Les analystes notent toutefois que les risques imminents posés par l’augmentation des rendements obligataires et des niveaux d’endettement de la France sont largement exagérés. « Il est certain que la France est confrontée à une crise politique, mais pas à une crise financière », a déclaré à Euractiv Nicolas Véron, chercheur principal à Bruegel et à l’Institut Peterson pour l’économie internationale.
Les experts soulignent que l’inversion des rendements des obligations grecques et françaises est principalement due à une nette amélioration de la confiance du marché dans la Grèce, plutôt qu’à une détérioration de l’attitude des investisseurs à l’égard de la France. Le rendement de 3,41 % des obligations d’État françaises à 10 ans est également bien inférieur au taux d’intérêt de 3,50 % payé par l’Italie, qui n’est pas en situation de péril financier immédiat.
L’affirmation d’Eric Lombard selon laquelle Paris pourrait bientôt avoir besoin d’une intervention du FMI « n’a absolument aucun sens », selon Nicolas Véron. Il a ajouté que, dans le cas improbable où la deuxième économie de l’UE aurait besoin d’un renflouement, ce serait le Mécanisme européen de stabilité (MES), et non le FMI, qui viendrait à la rescousse de la France.
Plutôt qu’un danger économique imminent, les experts avertissent que la crise politique insoluble de la France risque de freiner l’investissement et la croissance à long terme.
L’Assemblée nationale est divisée en trois blocs : gauche, centre et extrême-droite, qui resteront probablement profondément hostiles les uns aux autres, quel que soit le successeur de François Bayrou. Les sondages suggèrent également qu’aucune faction ne disposera d’une majorité parlementaire si, au lieu de nommer son cinquième premier ministre en deux ans, Emmanuel Macron convoque de nouvelles élections législatives.
« L’une ou l’autre voie injecterait une nouvelle incertitude dans un paysage politique déjà fragile »
Charlotte de Montpellier, économiste senior chez ING Research
Selon le FMI, le PIB de la France ne devrait croître que de 0,6 % cette année, soit moins de la moitié de l’expansion de 1,4 % prévue par les économies avancées du monde. Le rythme de croissance de la France devrait aussi rester inférieur au taux d’expansion anémique de la zone euro jusqu’en 2027, les tensions commerciales mondiales et l’incertitude géopolitique infligeant de graves dommages aux secteurs de l’industrie manufacturière et des services du pays.
En plus d’entraver la croissance, l’instabilité politique de la France rend plus difficile la maîtrise du déficit et de la dette du pays, a estimé Maria Demertzis, qui dirige le centre de stratégie économique et financière du Conference Board Europe.
Selon les dernières prévisions de la Commission européenne, la France devrait enregistrer un déficit budgétaire de 5,6 % du PIB annuel cette année, soit près du double de la limite officielle de 3 % fixée par l’Union européenne. Le ratio dette/PIB de la France, qui s’élève à 114,1 %, est également près de deux fois supérieur au seuil de 60 % fixé par l’Union européenne.
« On peut se demander si la trajectoire de la dette peut rester viable », s’interroge Maria Demertzis, notant que le prédécesseur de François Bayrou, Michel Barnier, a été destitué après avoir échoué à faire passer un budget similaire de réduction des déficits l’année dernière.
« Il faut une voie crédible en termes économiques et politiques. C’est l’économie qui permettra d’y arriver, mais c’est la politique qui soutiendra cette voie. Mais si vous devez subir cette crise politique tous les ans et demi, ce n’est pas un problème facile à résoudre. »
Maria Demertzis
Une lueur d’espoir ?
Certains analystes ont toutefois suggéré que la crise politique française pourrait avoir un côté positif, dans la mesure où les niveaux élevés de la dette et du déficit du pays font désormais l’objet d’une discussion politique sérieuse.
« Il y a plus de 20 ans — on pourrait dire une génération, au moins — de laxisme fiscal en France. Il n’y a jamais eu de véritable moment d’assainissement budgétaire ou de correction de trajectoire. Le fait que la situation fiscale soit au cœur de la conversation nationale française est donc, je pense, une bonne chose, et non une mauvaise »
Nicolas Véron
Maria Demertzis a également fait remarquer que le moment actuel souligne à quel point il est essentiel que la France mette de l’ordre dans ses finances publiques, étant donné que les institutions financières de l’UE, en particulier le MES et la Banque centrale européenne, n’ont sans doute pas le poids nécessaire pour sauver l’économie française. Avec 3 000 milliards d’euros, elle est environ douze fois plus importante que celle de la Grèce.
« Le problème français, si je puis l’appeler ainsi, n’est pas non plus un petit problème : il met en évidence l’incapacité de l’UE à prendre le relais en cas de véritable crise »
Rick Perry, ancien gouverneur du Texas et secrétaire à l’Énergie durant le premier mandat de Donald Trump, entend relancer l’énergie nucléaire aux Etats-Unis. Le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, il a lancé Fermi America, une entreprise ayant pour ambition de construire le plus vaste complexe énergétique et de centres de données au monde. Près d’Amarillo au Texas, les bulldozers déplacent la terre rouge pour un site qui produira d’abord de l’électricité à partir de gaz naturel et de solaire, avant l’édification de réacteurs nucléaires classiques et de plusieurs petits réacteurs modulaires (SMR), pour une puissance totale de 11 gigawatts (GW).
L’accident de Fukushima en 2011 a profondément terni l’image du nucléaire. Il a provoqué la sortie de cette énergie en Allemagne, sortie devenue effective en 2023. Bien que cette énergie conserve une place significative dans le mix de certains pays comme la France, aucun projet n’a été mené à bien dans le respect des délais et des budgets impartis en Europe ou en Amérique du Nord. Tandis que le coût des renouvelables chutait, les projets nucléaires aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou en Finlande s’enlisaient dans les retards et les dépassements financiers. En France, le coût de l’EPR de Flamanville est passé de 3,3 milliards d’euros à 19,1 milliards d’euros (en euros constants de 2015), soit environ 5,8 fois le budget initial. Mais le 25 août dernier, Fermi et Westinghouse ont annoncé un partenariat pour soumettre à autorisation la construction de quatre réacteurs nucléaires à Amarillo.
L’énergie nucléaire a de l’avenir
Plusieurs facteurs jouent en faveur d’un renouveau du nucléaire. D’abord, la volonté croissante des gouvernements occidentaux de sécuriser leur production électrique. Deuxièmement, les besoins énergétiques croissants des entreprises du secteur des technologies de l’information et de la communication. Enfin, l’émergence de modèles opérationnels et financiers susceptibles d’améliorer une économie du nucléaire jugée jusque-là trop risquée. Par ailleurs, Donald Trump a appelé à quadrupler la capacité nucléaire domestique pour atteindre 400 GW d’ici 2050. Un objectif irréaliste, mais qui mobilise le système économique. Adoptée en juillet, la loi One Big Beautiful Bill comporte des crédits d’impôt et des subventions en faveur du secteur énergétique. Les États républicains, comme le Texas, se montrent favorables à cette initiative. Des États démocrates, comme New York, autrefois hostiles, revoient leur position. Après avoir fermé une grande centrale en 2021, ils souhaitent aujourd’hui en construire de nouvelles pour éviter toute pénurie.
Sur le vieux continent, la Commission européenne a publié en juin une feuille de route prévoyant une hausse de la capacité nucléaire de 100 à 145 GW d’ici 2050. L’Allemagne a renoncé à s’opposer au classement du nucléaire comme énergie « verte » dans la réglementation européenne, facilitant les projets français de six nouvelles centrales EPR. En juillet, Londres a donné son autorisation à Sizewell C, à la construction de deux réacteurs dont le coût pourrait dépasser 38 milliards de livres (48 milliards d’euros). La Suède a confirmé la construction de plusieurs petits réacteurs modulaires produits en usine et déployés (SMR) ensuite sur site. Si la technologie n’est pas encore mature, la promesse de coûts initiaux plus réduits et de déploiements plus rapides séduit. Plus de 120 entreprises travaillent sur ce type de réacteurs. D’ici 2050, la capacité nucléaire nette hors Chine et Russie pourrait croître de plus de 50 %, à plus de 450 GW, dont 40 à 60 % via des SMR, ouvrant un marché d’un millier de milliards de dollars. Parallèlement, des dizaines de start-up se lancent dans la fusion nucléaire, pari bien plus risqué mais porteur d’une énergie quasi illimitée et décarbonée. Depuis 2024, les start-up de SMR ont levé plus de 2 milliards de dollars de capitaux aux Etats-Unis. En juin, Oklo, soutenue par Sam Altman (OpenAI), a levé 460 millions de dollars, tandis que TerraPower, fondée par Bill Gates, a collecté 650 millions. Google s’est associé à Kairos Power pour développer une flotte de SMR d’ici 2035. La fusion attire aussi des capitaux : Commonwealth Fusion Systems (également soutenue par Gates) a levé 863 millions en août. Les GAFAM s’engagent de plus en plus sur le secteur de l’énergie en investissant à la fois dans les renouvelables et dans le nucléaire. La centrale nucléaire de Clinton (Illinois), exploitée par Constellation Energy, menacée de fermeture en 2027, faute de rentabilité face au gaz de schiste, a été sauvée par Meta (Facebook) qui a signé un contrat de 20 ans finançant sa prolongation contre des crédits carbone. Microsoft avait conclu un accord similaire en Pennsylvanie. Depuis les décrets pro-nucléaires de Trump, les cours boursiers du secteur sont en forte hausse.
Pour le moment, les coûts du nucléaire et des SMR dépassent le prix de marché de l’électricité. Les contraintes réglementaires ont rendu ce secteur peu compétitif par rapport aux énergies renouvelables.
La Chine et la Corée du Sud ont prouvé récemment qu’il est possible de construire des réacteurs nucléaires en cinq ans grâce à des processus standardisés. Un article récent signé Daniel Kammen dans la revue scientifique Nature souligne le rôle clé du vaste marché électrique chinois qui offre des gains de productivité importants aux acteurs du secteur. Les marchés européens et américains restent segmentés ce qui génère des surcoûts. Les pays de l’OCDE devraient mutualiser les financements mutualisés avec un apport plus important des entreprises de la haute technologie à travers la signature de contrats longs.
L’énergie nucléaire offre l’avantage d’être relativement peu sensible aux aléas climatiques même si la question du refroidissement des centrales peut se poser avec une acuité plus forte en raison du réchauffement climatique. Elle a comme atout de pouvoir fournir des quantités importantes d’énergie pouvant répondre aux besoins des acteurs économiques. Son coût s’est fortement accrue en raison des contraintes qui ont été imposées après l’accident de Fukushima. L’arrêt des constructions de centrales nucléaires a par ailleurs provoqué une perte de compétences et de savoir-faire qui provoquent des surcoûts au moment de la relance des programmes. La désindustrialisation des pays occidentaux constitue pour ces derniers un handicap pour recréer une industrie nucléaire. Les pays comme la France ou les Etats-Unis qui disposent d’un parc de centrales nucléaires important sont confrontés à un réel dilemme. Ils sont appelés en effet dans les prochaines années à les remplacer, leur prolongement étant une source de dangers à terme. Or, faut-il opter pour des réacteurs de forte puissance style EPR, développer les SMR ou recourir de manière plus massivement aux énergies renouvelables ?
Chaque année, des millions de voyageurs empruntent la liaison Paris-Londres, l’un des axes les plus fréquentés d’Europe. En 2025, le train Eurostar reste le moyen de transport privilégié, avec une durée de trajet stable autour de 2h16 et une fréquentation record, malgré des tarifs souvent supérieurs à 200 euros pour un aller-retour en dernière minute. L’avion, bien que rapide, perd du terrain face à l’urgence écologique et aux contraintes logistiques (aéroports excentrés, contrôles de sécurité, etc.). Pourtant, malgré son succès, Eurostar est régulièrement critiqué pour ses prix élevés, ses retards fréquents et la saturation de la gare londonienne de Saint-Pancras. Dans ce contexte, l’annonce d’Uber de lancer ses propres trains à grande vitesse entre Paris et Londres d’ici 2029 marque un tournant.
Le géant américain, en partenariat avec la start-up britannique Gemini Trains, promet une alternative plus abordable, plus flexible et intégrée à son application. Mais ce projet suscite aussi des interrogations, voire de l’opposition.
Eurostar
Aujourd’hui, Eurostar domine le marché transmanche avec une offre de 15 à 20 trajets quotidiens entre Paris Gare du Nord et Londres St Pancras, ainsi que des liaisons vers Bruxelles et Amsterdam. Malgré ses atouts (rapidité, confort, faible empreinte carbone), la compagnie est pointée du doigt pour plusieurs raisons :
Des tarifs prohibitifs : si les billets peuvent démarrer à 44 euros en réservation anticipée, les prix grimpent rapidement, dépassant souvent 230 euros pour un aller-retour en période de forte demande.
Des retards récurrents : en septembre 2025, des perturbations majeures ont encore affecté le réseau, en raison de grèves ou de problèmes techniques.
Une gare londonienne saturée : Saint-Pancras, principale porte d’entrée vers l’Europe, est en capacité limite, générant des files d’attente et des désagréments pour les voyageurs.
Un manque de concurrence : jusqu’à présent, Eurostar bénéficiait d’un quasi-monopole, limitant les alternatives pour les usagers.
Ces critiques ont ouvert la voie à de nouveaux acteurs, comme Evolyn (soutenu par Trenitalia) ou Virgin Trains, qui préparent eux aussi des offres concurrentielles.
L’offre Uber Trains : fonctionnement, fréquence, dates et prix
Uber, en collaboration avec Gemini Trains, compte lancer « Uber Trains » à partir de 2029, avec pour objectif de démocratiser l’accès au Transmanche. Voici les principales caractéristiques du projet :
Dix liaisons quotidiennes : les trains relieront Londres (depuis la gare de Stratford International, moins saturée que Saint-Pancras) à Paris, Bruxelles et Lille, avec des arrêts à Ebbsfleet (Kent).
Une réservation simplifiée : les billets seront disponibles directement dans l’application Uber, déjà utilisée par des millions d’utilisateurs pour des VTC, vélos ou ferries.
Des prix compétitifs : si les tarifs exacts ne sont pas encore communiqués, Uber promet des billets « bon marché », en réponse aux prix élevés d’Eurostar.
Une approche multimodale : l’intégration des trains dans l’appli Uber s’inscrit dans une logique de « super-app », où l’utilisateur peut enchaîner train, taxi et vélo en un seul clic.
Le choix de Stratford International comme hub principal est stratégique : cette gare, bien desservie par la ligne Elizabeth et le métro londonien, permet d’éviter l’engorgement de Saint-Pancras et d’offrir une expérience plus fluide. Cependant, le projet reste ambitieux : aucune commande ferme de trains n’a encore été passée, et le calendrier de 2029 semble optimiste.
Pourquoi certains s’y opposent ?
Malgré ses promesses, le projet Uber Trains fait face à plusieurs obstacles :
Des défis logistiques et financiers : l’acquisition de rames à grande vitesse et l’obtention des autorisations nécessaires représentent un investissement colossal. Les carnets de commandes des constructeurs ferroviaires sont déjà saturés, et les infrastructures du tunnel sous la Manche sont limitées.
La crainte d’une ubérisation du rail : certains redoutent que l’arrivée d’Uber ne conduise à une précarisation des emplois et à une standardisation des services, au détriment de la qualité.
La concurrence accrue : Eurostar, mais aussi les autres prétendants (Virgin, Trenitalia), ne comptent pas laisser Uber s’imposer sans réagir. Une guerre des prix et des services pourrait en résulter, au risque de déstabiliser le marché.
Des questions écologiques : si le train reste le mode de transport le plus vertueux, l’impact réel d’une multiplication des opérateurs sur la fréquentation et les émissions reste à évaluer.
Ainsi, l’arrivée d’Uber sur le marché ferroviaire transmanche pourrait bien bouleverser les habitudes des voyageurs entre Paris et Londres. Si le projet tient ses promesses, les Français de Londres pourraient bénéficier de tarifs plus accessibles et d’une offre plus flexible. Mais les défis sont nombreux, et le succès d’Uber Trains dépendra de sa capacité à concrétiser ses annonces d’ici 2029. Une chose est sûre : la concurrence s’annonce féroce, et les voyageurs en seront les premiers bénéficiaires.
Le résultat du scrutin législatif de 2024 ayant été annulé par le conseil constitutionnel, nos compatriotes résidant en Espagne, au Portugal, en Andorre et à Monaco sont appelés à voter de nouveau. Le mandat de député de la 5eme circonscription des Français établis hors de France est donc remis en jeu. Seize candidats sont en lice pour cette élection législative partielle. Le premier tour aura lieu à l’urne le dimanche 28 septembre, et un vote par internet sera ouvert dès le 19 septembre. Voici l’essentiel à retenir.
Le député élu en 2024 déchu de son mandat
Suppléant de Samantha Cazebonne alors députée des Français de la 5eme circonscription des Français de l’étranger, Stéphane Vojetta avait fait son entrée au Palais‑Bourbon en 2021, à la suite de l’élection au Sénat de la titulaire. En 2022, il sera élu directement pas les électeurs, notamment en éliminant Manuel Valls de la compétition.
Réélu en 2024, Stéphane Vojetta est toutefois déchu de son mandat en juillet dernier par le conseil constitutionnel, notamment en raison de l’ouverture tardive d’un compte bancaire durant la campagne électorale consécutive à la dissolution. Le poste devenant vacant, une nouvelle élection législative partielle est donc organisée.
Élection dans la 5eme circonscription des Français de l’étranger : date du 1er tour à l’urne ou par internet
Bien que la France ait connu ces derniers jours un changement de Premier ministre, l’élection législative partielle aura bien lieu. L’arrivée à Matignon de Sébastien Lecornu, qui a succédé à François Bayrou, ce dernier n’ayant pas obtenu la confiance de l’Assemblée nationale, ne modifie pas le déroulement du scrutin, ni son calendrier. Un décret publié en août a d’ailleurs pour effet de convoquer les électeurs de la 5e circonscription des Français établis hors de France pour élire un nouveau ou une nouvelle député(e).
Vote par internet
La date du vote à l’urne pour le 1er tour est fixée au dimanche 28 septembre. Les bureaux de votes seront ouverts de 8h à 18h (heures légales locales). Mais se rendre dans l’isoloir n’est pas l’unique possibilité de voter pour cette élection législative.
En effet, le vote par internet sera possible. Il sera ouvert du 19 septembre à midi au 24 septembre à midi. Avant l’ouverture du scrutin, un mot de passe personnel composé de 12 caractères (lettres majuscules et chiffres uniquement) vous sera envoyé par sms, et vous recevrez également un identifiant composé de 12 caractères (lettres majuscules et chiffres uniquement) sur votre e-mail, celui renseigné lors de votre inscription sur la liste électorale. Vous aurez besoin de ces deux informations pour pouvoir voter.
Si vous souhaitez renouveler un de ces deux codes (mot de passe ou identifiant), ou bien les deux, vous trouverez les instructions à suivre en cliquant ici.
À savoir également, le portail France Diplomatie du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a également publié une « foire aux questions » à laquelle vous accédez via ce lien, vous y trouverez notamment les informations sur « comment accéder au portail de vote ».
Deux autres modalités sont également possibles pour ce 1er tour, à savoir le vote par procuration et le vote par correspondance pour les électeurs ayant demandé à recevoir leur matériel de vote par cette voie.
16 candidats pour devenir député des Français de l’étranger
Sur la ligne de départ, ils sont 16 candidats à briguer le mandat de député de la 5eme circonscription des Français établis hors de France. Un arrêté paru le 8 septembre 2025 dernier a officialisé le nom des personnes participant à ce scrutin. Vous trouverez ci-dessous la liste complète telle que publiée.
M. CHAOUAT Frédéric, remplaçant M. LEVANT Romain ;
M. SOUGEY DE FUNÈS Christophe, remplaçant M. GOATER Laurent ;
M. BRENIER Christopher, remplaçant M. LEMESLE Nicolas ;
M. TAVERA Sébastien, remplaçant M. LOPEZ Ludovic ;
M. SIMIAN Benoit, remplaçant M. TEHEI François ;
Mme KRIEF Sandra, remplaçant M. DEMARQUEZ Philippe ;
M. CHERMETTE-WAGNER Johan, remplaçante Mme SALVAIRE Aurélie ;
M. VALLEE Alexis, remplaçante Mme GARCIA Virginie ;
Mme COGGIA Nathalie, remplaçant M. MARTY Nicolas ;
Mme MAUREL Johana, remplaçant M. LEPOUTRE Grégoire ;
M. D’ARRAS Patrice, remplaçant M. DE CONIHOUT Pierre ;
M. SANCHEZ PEREZ José, remplaçante Mme ROMAN GONZALEZ Maria ;
M. BRANT Thomas, remplaçant M. ZIEBA Pierre-Frédéric ;
Mme PECIÑA Martha, remplaçant M. BLANCO Sébastien ;
M. HORN Guillaume, remplaçante Mme DE OLIVEIRA Nathalie ;
M. ALEXANDRE Marie, remplaçante Mme MORINIÈRE Nicole.
Rappelons que pour être élu au 1er tour, un(e) candidat(e) doit obtenir plus de 50 % des suffrages exprimés, et un nombre de voix au moins égal à 25 % du nombre des électeurs inscrits. Si aucun n’obtient ce score, un 2d tour est organisé. Seules certaines candidatures peuvent cependant se présenter au 2e tour : les 2 candidat(e)s qui sont arrivés en tête, et les candidats suivants, à condition d’avoir obtenu un nombre de voix au moins égal à 12,5 % du nombre des électeurs inscrits. Alors, ce 2eme se tiendrait à l’urne le dimanche 12 octobre 2025 avec un vote en ligne en amont.
Au‑delà de l’identité de la future ou du futur représentant des Français d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco à l’Assemblée nationale, l’une des grandes inconnues de cette élection partielle dans la 5e circonscription des Français établis hors de France reste la participation. Combien d’électeurs glisseront un bulletin dans l’urne, sur papier ou par voie électronique ? En 2024, au premier tour des législatives, la participation s’élevait à 37,83 %. Ce niveau sera‑t‑il dépassé en 2025 ?
Par une journée d’août ensoleillée sur la Côte d’Azur, Emmanuel Macron a tenté de calmer les nerfs des Allemands à l’issue d’un Conseil des ministres conjoint, en insistant sur le fait qu’une nouvelle crise politique interne à Paris ne ferait pas dérailler l’amitié retrouvée entre les deux pays.
Après la réunion avec l’équipe dirigeante du chancelier Friedrich Merz, Emmanuel Macron a été interrogé par des journalistes qui voulaient savoir si l’une ou l’autre des initiatives conjointes couvrant tous les domaines, de l’énergie au commerce, qui avaient été convenues lors du sommet dans le sud de la France, survivrait, étant donné que la nécrologie du gouvernement du Premier ministre de l’époque, François Bayrou, était déjà en train de s’écrire.
Emmanuel Macron a répondu que les turbulences politiques nationales n’avaient « jamais été un obstacle » à la coopération cruciale entre les deux plus grandes économies de l’Union européenne, qui représentent ensemble un tiers de la population du bloc.
En réalité, les turbulences françaises se sont révélées être un obstacle persistant à la création d’une dynamique au cours des dernières années. Le partenariat franco-allemand, autrefois salué comme le moteur de l’UE qui devait toujours favoriser l’intégration dans le marché unique et d’autres grands projets européens, s’est enlisé, Paris et Berlin ayant été accaparés par leurs propres crises politiques.
Le vote de défiance qui a évincé François Bayrou lundi 8 septembre — le quatrième Premier ministre d’Emmanuel Macron en à peine trois ans — a marqué un coup d’arrêt à l’élan franco-allemand fraîchement retrouvé, soulevant désormais de nouvelles questions sur l’avenir de l’alliance bilatérale au cœur de l’Europe.
Le gouvernement du chancelier Friedrich Merz, à Berlin, a tenté de faire bonne figure. Le porte-parole Stefan Kornelius a déclaré avant le vote que Berlin n’avait « aucune inquiétude » au sujet de la France, tandis que les principaux députés de la coalition ont minimisé les craintes d’une scission.
Mais en privé, le malaise grandit. Une source parlementaire allemande proche de la coalition a admis que « l’impasse dans laquelle se trouve la France et les problèmes fiscaux qui affectent la coopération franco-allemande suscitent de vives inquiétudes, qui sont également partagées par le gouvernement ».
La même source a ajouté que certaines voix au sein de la coalition se demandent si l’Allemagne ne devrait pas tracer sa propre voie, car la France semble être un partenaire peu fiable.
Certaines sources parlementaires allemandes affirment que cette situation est particulièrement ressentie dans les domaines où des tensions existent, tels que les grands projets de défense communs, et ont mis en garde contre une érosion de la coopération franco-allemande.
En marche et à l’arrêt
Il y a quelques années encore, c’est la paralysie politique de l’Allemagne qui agaçait les Français.
Sous la houlette de l’ex-chancelier Olaf Scholz, qui a quitté ses fonctions au début du mois de mai, une coalition tripartite complexe s’est retrouvée à plusieurs reprises dans l’impasse, notamment en matière de politique climatique et budgétaire.
Emmanuel Macron a ensuite perdu sa majorité parlementaire en convoquant des élections anticipées l’été dernier, juste après la victoire de l’extrême droite française aux élections européennes. Puis la coalition d’Olaf Scholz s’est effondrée.
Selon Yann Wernert, expert des relations franco-allemandes au Centre Jacques Delors, ces alternances d’instabilité reflètent un changement plus large en Europe. Les garanties de sécurité américaines sont devenues moins fiables avec le retour de la guerre sur le continent, ce qui pèse sur des budgets et des gouvernements déjà très sollicités.
Ironiquement, la chute de François Bayrou intervient au moment où les relations se sont réchauffées sous l’égide du nouveau chancelier allemand francophile, Friedrich Merz, qui a mis en scène un spectacle chorégraphié d’unité avec Emmanuel Macron en France il y a moins de deux semaines. Les deux hommes ont même annoncé un programme substantiel pour l’économie et la sécurité.
Ces initiatives sont désormais « en attente », a déclaré Jacob Ross, politologue au German Council on Foreign Relations (DGAP).
Le remplacement de François Bayrou par un fidèle d’Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu, jusqu’alors ministre des Armées, vise à limiter le désordre politique, mais il n’est pas certain qu’un nouveau gouvernement français s’en tienne aux accords conclus par les prédécesseurs, estime Jacob Ross.
Il existe également un problème structurel plus profond.
La chute de François Bayrou a enterré les plans de réduction des dépenses et a révélé une fois de plus l’incapacité de la France à mettre en œuvre des réformes budgétaires sérieuses. La marge de manœuvre du pays, dont le ratio dette/PIB est le troisième plus élevé de l’Union européenne, est donc étroite.
Pendant des années, la France n’a pas été en mesure de peser de tout son poids sur les questions budgétaires européennes, alors que l’Allemagne a assumé une plus grande part du fardeau. Cela signifie que les projets communs se limitent à des mesures peu coûteuses ou dépendent de la puissance de feu financière de Berlin.
« Il y a un déséquilibre dans l’investissement fiscal que la France et l’Allemagne peuvent apporter », a souligné Yann Wernert, notant toutefois que, contrairement à l’Allemagne, la France dispose déjà d’une armée raisonnablement bien équipée.
Mais les immenses défis auxquels l’Europe est confrontée nécessitent des investissements plus importants. Dans son rapport fondamental sur l’avenir de l’économie européenne, Mario Draghi, l’ancien directeur de la Banque centrale européenne, a estimé que les États membres de l’UE devaient dépenser 800 milliards d’euros supplémentaires par an, soit plus de 4 % du PIB de l’UE, pour répondre aux besoins en matière de réarmement, de neutralité climatique et de compétitivité économique.
Or, la France est à peine capable de contribuer. Paris dépense aujourd’hui davantage pour le service de la dette — 67 milliards d’euros par an — que pour la défense. Ce déséquilibre est également illustré de manière frappante par l’aide militaire à l’Ukraine, où les contributions de l’Allemagne éclipsent celles de la France.
Une mauvaise relation entre les deux pays
Cependant, peu de personnes à Berlin voient une alternative viable à un partenariat franco-allemand fort et revigoré lorsqu’il s’agit de faire avancer l’agenda européen en matière de réarmement et de compétitivité. Le Royaume-Uni a quitté le bloc et reste politiquement instable ; la Pologne et l’Espagne sont confrontées à leurs propres soubresauts internes ; et l’Italie est coincée dans la même camisole de force fiscale que la France.
De nombreux Berlinois prient donc pour un gouvernement français stable, alors que les élections présidentielles sont prévues pour 2027, et que le Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite, cherche à tirer parti du chaos.
Armin Laschet, un chrétien-démocrate qui préside la commission des affaires étrangères du parlement allemand, a déclaré qu’il espérait que le nouveau premier ministre français pourrait faire avancer les réformes « de manière consensuelle et avec une plus grande sensibilité ».
Markus Töns, chef de file des sociaux-démocrates pour les affaires européennes au parlement allemand, considère pour sa part que certaines des inquiétudes fiscales concernant la « phase difficile » de la France étaient exagérées.
« Les chiffres de la dette sont loin d’être une source d’inquiétude sérieuse, surtout si on les compare à ceux d’autres pays de l’UE »
Markus Töns, chef de file des sociaux-démocrates
Un dysfonctionnement durable de la relation pourrait toutefois avoir de profondes répercussions sur l’avenir de l’UE.
« Si le concept de moteur franco-allemand est irréparable et dépassé, cela signifie à mon avis que l’intégration européenne telle que nous la connaissons est dans une impasse »
Jacob Ross de la DGAP
Une crise perpétuelle et insoutenable obligera finalement les membres de l’UE à décider s’ils doivent faire le saut vers un État fédéral fonctionnel, a-t-il ajouté, mais « sans compromis et initiatives franco-allemandes, il ne peut y avoir d’approfondissement de l’UE ».
Dans sa note de conjoncture du mois de septembre, l’INSEE souligne la résilience de l’économie française malgré un contexte difficile. La bonne tenue de l’activité touristique et la production d’avions et de navires soutiennent l’économie. En revanche, la consommation des ménages demeure atone.
Un contexte mondial complexe
Après une forte progression au premier trimestre 2025 (+1,3 %) en raison des achats de précaution réalisés par les importateurs américains (+8,4 % pour les importations), le commerce mondial a connu un repli au deuxième (-0,3 %). L’effet des droits de douane américains a été en partie compensé par l’intensification du commerce intra-asiatique, reflétant la capacité des industriels chinois à rapidement diversifier leurs débouchés. Au Vietnam, par exemple, les importations venant de Chine et les exportations à destination des États-Unis ont fortement augmenté.
Après la prolongation, pour trois mois, de la trêve tarifaire américaine avec la Chine début août, un accord conclu fin juillet avec l’Union européenne a relevé de 15 % les droits sur de nombreux produits en provenance du Vieux Continent, tandis que des hausses sont intervenues durant l’été vis-à-vis d’autres pays. L’ensemble de ces mesures a porté le taux effectif moyen des droits de douane à près de 18 %. Ce protectionnisme américain pèserait sur le commerce mondial sans pour autant provoquer sa baisse. Celui-ci progresserait de +0,4 % par trimestre au second semestre. À l’automne, il augmenterait ainsi de +1,9 % en glissement annuel. L’effet des droits de douane est évalué à un point par l’INSEE.
Détente sur le marché des matières premières et de l’énergie
Sur les marchés des matières premières, la pression continue de diminuer malgré des soubresauts car la résurgence des tensions commerciales et la faiblesse persistante de l’économie chinoise pèsent sur les perspectives de demande. Depuis juin, les cours du pétrole ont été marqués par une forte volatilité : après un pic en juin provoqué par le conflit de douze jours entre l’Iran et Israël, le prix du baril de Brent s’est replié en dessous de 70 dollars à la faveur du cessez-le-feu. L’INSEE table sur un baril de Brent relativement stable, autour de 68 dollars. Le prix du gaz, quant à lui, se maintient en dessous de 35 €/MWh, en baisse de 15 % sur un an.
Baisse des taux d’intérêt en lien avec la décrue de l’inflation
Dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a déjà réalisé huit baisses de taux depuis juin 2024 : le taux de la facilité de dépôt est passé de 4,0 % à 2,0 %. Cette décrue a été rendue possible par la diminution de l’inflation qui ne s’élevait en zone euro qu’à 2,1 % en août, contre plus de 10 % trois ans plus tôt. L’INSEE table sur la poursuite, de cette politique d’assouplissement monétaire d’ici la fin de l’année.
La BCE réduit son principal taux directeur à 2 %
Aux États-Unis, l’orientation de la politique monétaire est plus incertaine en raison de la résurgence inflationniste provoquée par la politique commerciale de Donald Trump. La Réserve fédérale a de nouveau maintenu ses taux lors de sa réunion de juillet. Elle devrait néanmoins les assouplir durant l’automne, tout en les maintenant à un niveau significativement plus élevé qu’en Europe.
La transmission des assouplissements monétaires aux agents privés est affaiblie par la réduction de la taille du bilan des banques centrales et l’abondance de dette publique. Dans ce contexte, les taux appliqués aux agents privés diminuent moins fortement que les taux directeurs, limitant la reprise de l’investissement. Les forts besoins de financement des administrations publiques concourent également au maintien de taux longs plus élevés que dans le passé.
Petite accélération de la croissance en France
En France, la croissance du PIB au deuxième trimestre 2025 s’est établie à +0,3 %. Ce bon résultat s’explique pour l’essentiel par le dynamisme de la production manufacturière en juin, en particulier dans l’aéronautique, et par la hausse continue du solde touristique.
En revanche, la demande intérieure finale demeure atone au deuxième trimestre (contribution de +0,1 point). La consommation des ménages résidents a déçu. À l’inverse, la consommation des non-résidents est dynamique. Les dépenses en hébergement-restauration ont fait preuve d’une belle tenue (+0,3 %). La consommation en produits manufacturés a progressé (+0,8 %) grâce au rebond de la consommation alimentaire et à la hausse des achats de carburants, stimulés par la baisse des prix à la pompe. La consommation en énergie du logement s’est repliée sous l’effet des températures douces du début de printemps (-4,7 %).
L’investissement des ménages a, quant à lui, de nouveau progressé (+0,4 %) : leur investissement résidentiel s’est presque stabilisé (-0,1 %) et leur investissement en services, constitué des frais de notaire et d’agence, continue de remonter la pente (+2,3 %) malgré le relèvement de la fiscalité sur les transactions immobilières par la plupart des départements au printemps. L’investissement des entreprises reste en convalescence (-0,2 %).
Le commerce extérieur a pesé négativement sur la croissance (-0,3 point). Les exportations de biens manufacturés n’ont pas progressé, alors que les importations ont nettement rebondi (+2,1 %).
Les variations de stocks ont de nouveau soutenu la croissance (+0,5 point après +0,7 point), constituées pour l’essentiel de matériel aéronautique, déjà produit ou importé, mais pas encore assemblé ni exporté.
Le déficit du commerce extérieur de la France atteint 76 milliards d’euros en juin 2025
La situation conjoncturelle d’ensemble demeure dégradée. Depuis juin, le climat des affaires est stable, à 96, en deçà de sa moyenne de longue période. La situation est globalement comparable dans l’industrie et les services, où les indicateurs sont quasi stables depuis l’été, au-dessous de leur moyenne de long terme. À l’inverse, le climat s’éclaircit dans le bâtiment et se rapproche de sa moyenne : les entrepreneurs du secteur se montrent nettement plus optimistes en août qu’en début d’année sur leurs perspectives d’activité.
Un second semestre positif
Selon l’INSEE, l’activité en France augmenterait de +0,3 % au troisième trimestre puis de +0,2 % au quatrième trimestre. Au niveau sectoriel, l’activité continuerait de progresser dans l’industrie manufacturière au troisième trimestre (+0,2 %), avant de se stabiliser au quatrième. Sur l’année, la production aéronautique augmenterait de 7 %, une progression pour l’essentiel acquise dès le printemps. Après deux trimestres de recul marqué, l’activité de la branche énergie rebondirait (+2,6 %) puis serait quasi stable, sous l’hypothèse d’un retour à la normale des températures. Sur l’ensemble de l’année, elle se replierait du fait de la douceur du climat en début d’année.
Dans la construction, l’activité reculerait légèrement au troisième trimestre (-0,2 %) avant de presque se stabiliser à l’automne. Enfin, dans les services marchands, l’activité resterait en sous-régime, reflétant l’atonie de la demande intérieure (+0,3 % au troisième trimestre puis +0,2 % au quatrième).
L’emploi résiste mieux que prévu
Au deuxième trimestre 2025, l’emploi salarié a progressé de 43 000 postes, contre une contraction de 28 000 en début d’année. En particulier, l’emploi en alternance a continué d’augmenter au premier semestre malgré la baisse des soutiens publics, et le boom touristique a soutenu les embauches dans l’hébergement-restauration. Cependant, l’emploi en alternance — dont l’essentiel des embauches a lieu en septembre — se retournerait d’ici la fin de l’année, avec 65 000 postes détruits en six mois. L’emploi dans le secteur privé reculerait en 2025 (-51 000 sur l’ensemble de l’année), notamment en raison de l’alternance. De son côté, après des hausses annuelles ininterrompues depuis 2019, l’emploi public se stabiliserait sous l’effet de la raréfaction des emplois aidés.
Au total, fin 2025, l’emploi salarié total diminuerait légèrement sur un an (-0,1 %, soit -34 000 emplois), principalement en raison du recul dans le privé. En tenant compte de la hausse prévue du travail non salarié, l’emploi resterait quasi stable au second semestre. Sur un an, à la fin 2025, l’emploi total ralentirait à +0,1 % (+36 000 emplois), après +0,3 % en 2024.
Au deuxième trimestre 2025, le taux de chômage au sens du BIT s’établit à 7,5 % de la population active, en hausse de 0,2 point sur un an. La France compte 140 000 actifs supplémentaires en un an, principalement sous l’effet de la réforme des retraites. Au second semestre, la population active ralentirait (+20 000 environ par trimestre) : confrontés au repli du nombre de postes en alternance, une majorité d’étudiants choisiraient de poursuivre leurs études en formation initiale et n’entreraient donc pas sur le marché du travail. Compte tenu de la quasi-stabilisation de l’emploi, le taux de chômage augmenterait légèrement en fin d’année 2025, pour atteindre 7,6 % de la population active.
L’inflation resterait contenue d’ici la fin de l’année
L’inflation en France a fortement diminué en février 2025 et se situe désormais nettement en deçà de celle des autres pays européens. Ce résultat est lié au recul des prix de l’énergie et des télécommunications. Elle devrait rester basse, avec une légère augmentation d’ici la fin de l’année, consécutive à l’arrêt de la guerre tarifaire entre opérateurs téléphoniques.
Augmentation des salaires réels
En 2025, dans un contexte d’inflation faible, le rythme de progression des salaires nominaux se maintiendrait autour de +0,4 % par trimestre pour le Salaire mensuel de base (SMB). Le salaire moyen par tête (SMPT) progresserait légèrement plus vite au second semestre (+0,4 % au troisième puis +0,5 % au quatrième trimestre), du fait d’un effet de composition : la baisse des aides à l’alternance réduirait en effet le nombre de bénéficiaires, alors que leurs salaires sont, en moyenne, nettement plus faibles que ceux des autres salariés.
En moyenne annuelle, les salaires nominaux continueraient de ralentir en 2025 : +2,1 % pour le SMPT (après +2,6 % en 2024) et +1,8 % pour le SMB (après +2,9 %). Ce ralentissement serait un peu moins marqué que celui des prix, si bien que l’évolution du SMPT réel atteindrait +1,0 % en moyenne annuelle (+0,8 % pour le SMB).
En cumul sur 2024 et 2025, les salaires réels des branches marchandes non agricoles auraient ainsi regagné environ les trois quarts des pertes subies en 2022 et 2023 (+1,8 % de regain en 2024-2025, après -2,4 % en 2022-2023 pour le SMB, et +1,7 % après -2,5 % pour le SMPT).
Le pouvoir d’achat des ménages en hausse en 2025
Après avoir progressé modérément aux deux premiers trimestres 2025 (+0,1 % à l’hiver puis +0,4 % au printemps), le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) diminuerait au second semestre (-0,1 % au troisième trimestre, puis -0,7 % au quatrième).
Cette baisse proviendrait en grande partie du recul des revenus de la propriété et du calendrier des prélèvements fiscaux. D’une part, le versement de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus est prévu en fin d’année. D’autre part, le rendement de l’impôt sur le revenu se redresserait mécaniquement : les revenus soumis à l’impôt en 2024 ayant progressé davantage que l’indice des prix à la consommation sur lequel est indexé le barème, le solde d’impôt acquitté par les ménages au second semestre serait plus dynamique que l’an passé.
En termes réels, les prestations sociales, notamment les pensions de retraite, resteraient la principale source de gains de pouvoir d’achat des ménages en 2025 (+0,9 point après +1,5 point en 2024), tandis que les revenus d’activité n’y contribueraient que modestement (+0,4 point après +0,7 point). Pour la deuxième année consécutive, les prestations progresseraient plus de deux fois plus vite que les revenus d’activité. Les revenus du patrimoine, qui avaient fortement soutenu le pouvoir d’achat depuis 2021, n’y contribueraient presque plus en 2025.
Des perspectives toujours négatives pour la consommation
La consommation des ménages reste faible, notamment en raison du fort taux d’épargne, et ce malgré de nouveaux gains de pouvoir d’achat. La confiance des ménages connaît une érosion continue depuis février et s’établit désormais à 87, en deçà de sa moyenne de longue période (100), au plus bas depuis près de deux ans.
De même, le climat des affaires s’est nettement dégradé dans le commerce de détail en août, principalement du fait de la chute des intentions de commandes et des perspectives générales d’activité. Dans le commerce automobile, le climat s’établit même à son plus bas depuis 2013 (hors crise sanitaire).
Dans ce contexte, la consommation n’augmenterait que modérément au second semestre 2025 (+0,3 % par trimestre). Sur l’ensemble de l’année, elle ralentirait (+0,5 % après +1,0 % en 2024). Elle progresserait une nouvelle fois moins vite que le pouvoir d’achat (+0,8 %), le taux d’épargne continuant d’augmenter à 18,5 % (après 18,2 %), son plus haut niveau depuis 45 ans (hors crise sanitaire). En trimestriel, ce taux baisserait légèrement au second semestre, du fait de la hausse des impôts sur le revenu, pour s’établir à 17,8 % en fin d’année.
L’investissement des ménages en hausse
Depuis fin 2024, l’investissement des ménages a recommencé à progresser, principalement grâce au rebond du marché de l’ancien et donc aux dépenses en services d’agences et de notaires. Ces dernières se stabiliseraient malgré la hausse récente de la fiscalité sur les transactions décidée par la plupart des départements au printemps. Quant à l’investissement en construction, il progresserait légèrement à l’été (+0,2 %), puis à l’automne (+0,4 %), porté surtout par la construction de logements neufs. Au total, l’investissement des ménages continuerait de croître à l’été (+0,2 %), puis à l’automne (+0,3 %).
Des entreprises dans l’attentisme
Après sa chute de 2024 (-2,4 %), l’investissement des entreprises reste en convalescence depuis trois trimestres. Il a légèrement reculé au printemps (-0,2 % après +0,1 % au premier trimestre) et cette tendance se prolongerait d’ici la fin de 2025.
Les décisions d’investissement restent soumises à des vents contraires : d’une part, les assouplissements monétaires passés commencent à se diffuser ; d’autre part, les incertitudes liées à l’économie mondiale et à la situation politique en France freinent les projets.
Sur l’ensemble de l’année, le taux de marge des sociétés non financières s’établirait à 31 % de leur valeur ajoutée, en baisse de 1,2 point par rapport à 2024. Les gains de productivité (+0,9 point) compenseraient partiellement le dynamisme des salaires réels (-0,8 point).
Une légère reprise du commerce extérieur
Après un premier semestre morose, les exportations de biens manufacturés s’accéléreraient au second (+2,0 % au troisième trimestre, +4,0 % au quatrième), portées par d’importantes livraisons aéronautiques et navales. Hors ces livraisons, les exportations progresseraient plus modestement (+1,0 % puis +0,3 %). Les exportations françaises totales augmenteraient de +1,4 % au troisième trimestre et de +2,6 % au quatrième, tandis que les importations progresseraient faiblement à l’été (+0,3 %), puis se stabiliseraient à l’automne. Ainsi, le commerce extérieur contribuerait positivement à la croissance (+0,4 point au troisième trimestre, +0,9 point au quatrième), mais cette dynamique serait contrebalancée par un déstockage marqué (-0,2 point puis -0,9 point). La croissance resterait donc principalement portée par la demande intérieure (+0,2 point par trimestre).
Une croissance en deçà de 1 % en 2025
En 2025, la croissance atteindrait +0,8 % en moyenne annuelle (après +1,1 % en 2024), soit +0,6 % après +1,2 % corrigé des jours ouvrés. La demande intérieure y contribuerait pour +0,4 point (après +0,6 point en 2024). La consommation des ménages ralentirait (+0,5 % après +1,0 %), l’investissement public reculerait (-1,5 % après +4,7 %), tandis que la consommation publique resterait stable (+1,3 % après +1,4 %). L’investissement des ménages rebondirait légèrement, et celui des entreprises baisserait moins qu’en 2024 (-0,9 % après -2,4 %). Le commerce extérieur contribuerait négativement (-0,5 point, après +1,3 point en 2024), tandis que les entreprises reconstitueraient leurs stocks (+0,9 point après -0,8 point).
La France sauve sa croissance en 2025, mais celle-ci demeure faible, insuffisante pour combler les déficits publics. La faible augmentation de la population et l’accélération du vieillissement pèsent sur la demande intérieure. L’investissement peine à redémarrer malgré la décrue des taux, en raison de l’attentisme généré par la crise politique nationale et les incertitudes internationales.
Vous êtes Français résidant à l’étranger et vous devez régler vos impôts en France pour le quatrième trimestre 2025 ?Pour une bonne finalité, il est essentiel de maîtriser les règles et les modalités de règlement pour éviter tout désagrément. Cet article vous guide à travers les conditions d’imposition, les modes de paiement autorisés (virement SWIFT, IBAN français, etc.), et les solutions disponibles pour simplifier vos démarches. Découvrez comment payer vos impôts en toute sérénité, où que vous soyez dans le monde.
Quels revenus sont concernés et quelles règles s’appliquent ?
En 2025, votre résidence fiscale est déterminée par l’administration française selon trois critères principaux (foyer, séjour principal, activité professionnelle) ou par les conventions fiscales internationales. Si vous ne remplissez aucun de ces critères en France, vous êtes considéré comme non-résident et imposable uniquement sur vos revenus de source française (revenus fonciers, salaires perçus en France, pensions, plus-values immobilières, etc.).
Attention : Même si vous payez vos impôts en France, vous devez aussi vous conformer aux obligations fiscales de votre pays de résidence, sous peine de double imposition. Les conventions fiscales entre la France et de nombreux pays (plus de 120 en 2025) permettent d’éviter ce risque en attribuant le droit d’imposition à un seul État ou en prévoyant des crédits d’impôt.
Quels revenus sont imposables en France pour les non-résidents ?
Les revenus concernés sont listés à l’article 164 B du Code général des impôts :
Revenus fonciers (locations meublées ou non meublées).
Pensions et retraites versées par l’État français ou des organismes publics.
Salaires pour une activité exercée en France.
Dividendes, intérêts et plus-values de source française.
Exemple : Si vous louez un appartement à Paris ou percevez une retraite française émise par l’Etat, ces revenus sont imposables en France, même si vous vivez à l’étranger.
Quelle imposition s’applique ?
Les non-résidents sont soumis soit au barème progressif de l’impôt sur le revenu, soit à la taxation libératoire avec un taux minimum de 20 % pour les revenus dès le premier euro et jusqu’à 29 315 € et 30 % au-delà (revenus 2024). Vous ne pouvez pas bénéficier des réductions ou crédits d’impôt réservés aux résidents, sauf exceptions.
Cas particuliers :
Les conventions fiscales peuvent modifier ces règles. Par exemple, une retraite française perçue par un résident au Portugal peut être imposée uniquement au Portugal, selon la convention franco-portugaise.
Les prélèvements sociaux (17,2 %) s’appliquent aux revenus immobiliers, sauf pour les résidents dans l’Union européenne.
Est ce que je dépend du service des impôts des particuliers non résidents (SIPNR) ?
Comment déclarer ses revenus en tant que non-résident ?
Vous devez utiliser le formulaire 2042-NR, disponible en ligne sur impots.gouv.fr. La déclaration en ligne est obligatoire, sauf pour les personnes sans accès internet (date limite papier : 20 mai 2025).
À retenir :
Déclarez seulement vos revenus de source française.
Utilisez le formulaire 2047 pour les revenus étrangers si une convention fiscale le prévoit.
Modes de paiement autorisés : virement SWIFT, IBAN français et autres options
Paiement par virement bancaire : SWIFT ou SEPA ?
Le paiement par virement est la méthode la plus courante. Deux options :
Virement SEPA (zone euro) : gratuit ou peu coûteux, rapide (1 à 2 jours).
Virement SWIFT (hors zone SEPA) : possible, mais avec des frais élevés (20 à 50 € selon les banques) et des délais plus longs (3 à 5 jours). En sus, comme nous le verrons ci-dessous désormais l’IBAN FR est largement privilégié.
Alors faut-il un IBAN français pour payer ses impôts ?
Oui, dans la plupart des cas : L’administration française privilégie les virements depuis un compte en zone SEPA (IBAN commençant par FR, DE, ES, etc.).
Exceptions : Si vous résidez dans un pays sans accès à la zone SEPA (ex : Maroc, Liban, Venezuela), vous pouvez payer directement sur le compte du Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR) par virement SWIFT, sans IBAN français. Mais un virement émis depuis un IBAN étranger peut être rejeté (pays non autorisé, transaction mal identifiée, etc.).
Rappel Coordonnées bancaires du SIPNR (2025) (faire une box)
Prélèvement à la source : Obligatoire pour les salaires et pensions perçus en France.
Paiement en ligne : Via votre espace particulier sur impots.gouv.fr (carte bancaire européenne ou compte français).
Chèque : Accepté uniquement pour certains pays (à envoyer au SIPNR).
À savoir : Les comptes bancaires ouverts à l’étranger doivent être déclarés à l’administration fiscale française, sous peine de majoration de 80 % en cas d’omission. Cela concerne évidemment, aussi, vos comptes ouverts dans votre pays de résidence.
Comment payer hors zone SEPA : le comparatif
Banques traditionnelles vs néobanques
Les néobanques offrent des solutions flexibles pour les expatriés, mais attention à leurs conditions générales :
Revolut et N26 : Proposent des IBAN français, mais uniquement pour les résidents de l’UE/EEE.
France Pay : Seule néobanque acceptant tous les Français, quel que soit leur pays de résidence (hors UE inclus). Elle délivre un IBAN français et permet des virements SEPA sans frais supplémentaires.
Comparatif des solutions :
Solutions
IBAN français
Résidents hors UE acceptés
Frais virement SEPA
France Pay
Oui
Oui
Gratuit
Revolut
Oui
Non
Gratuit
N26
Oui
Non
Gratuit
Wise
Non (IBAN BE)
Oui
~ 0,3 %
Conseil : Pour les résidents hors UE, France Pay est la solution la plus simple pour obtenir un IBAN français et payer vos impôts sans frais cachés.
Pour alimenter un compte SEPA à moindres couts depuis un pays en dehors d’Europe, il existe des Ssrvices spécialisés pour les expatriés
Wise (ex-TransferWise) : Permet des virements internationaux à taux réduit, mais l’IBAN fourni est belge (BIC : KRREDBEBB). Vous devrez déclarer ce compte à l’administration fiscale française.
OFX, CurrencyFair : Plateformes pour réduire les coûts de change, idéales pour les gros montants.
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Le 2 septembre 2025, un ressortissant tunisien, Abdelkader Dhibi, est abattu par la police française à Marseille après avoir blessé cinq personnes au couteau. L’événement, qualifié de « meurtre injustifié » par Tunis, a déclenché une crise diplomatique et relancé le débat sur les relations franco-maghrébines, déjà mises à mal par une défiance croissante envers la France dans la région.
Cinq personnes blessées à Marseille
Mardi 2 septembre 2025, dans le quartier animé de Belsunce à Marseille, un homme de 35 ans, Abdelkader Dhibi, armé de deux couteaux et d’une matraque, blesse cinq personnes avant d’être neutralisé par la police. Selon le procureur de Marseille, l’individu, en situation régulière sur le territoire français, aurait agi dans un contexte de troubles psychiatriques et non de radicalisation. Les forces de l’ordre, alertées par des témoins, ont ouvert le feu après que l’assaillant a eu ignoré leurs sommations et menacé une patrouille en civil. L’intervention, justifiée par la nécessité de neutraliser une menace immédiate, a suscité une vive polémique en France, où certains s’interrogent sur le recours à la force létale.
L’émotion est palpable dans la cité phocéenne, déjà marquée par plusieurs épisodes de violences urbaines. Le ministre de l’Intérieur a salué le professionnalisme des policiers, tandis que la justice antiterroriste a été saisie pour éclaircir les motivations de l’assaillant. Cependant, l’absence de lien avéré avec le terrorisme et le profil psychologique du suspect ont nourri des débats sur les protocoles d’intervention policière.
Dès le lendemain, la Tunisie a réagi avec fermeté. Le ministère des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires français à Tunis pour dénoncer un « meurtre injustifié » et exiger une enquête « rapide et transparente ». Le président Kaïs Saïed a ordonné le rapatriement du corps et promis de défendre les droits de la famille du défunt. Sur les réseaux sociaux, la mort d’Abdelkader Dhibi a provoqué une vague d’indignation, avec des accusations de « crime d’État » et des appels à boycotter les produits français.
Laurent Caizergues, conseiller des Français de l’étranger en Tunisie et Libye, nuance cette réaction : « La réponse tunisienne s’inscrit dans une démarche consulaire classique, mais le choix des termes reflète le style direct des autorités actuelles. Les liens franco-tunisiens restent solides au quotidien, portés par des milliers de familles, d’étudiants et d’entrepreneurs. Les réseaux sociaux amplifient les voix les plus radicales, sans refléter l’opinion générale. » Il souligne aussi une « désaffection linguistique » chez les jeunes Tunisiens, liée à l’arabisation du système scolaire et à la montée de l’anglais, plus qu’à un rejet politique de la France.
Pour les Français expatriés en Tunisie, la situation est délicate. Certains craignent des représailles, bien que les autorités tunisiennes aient réaffirmé leur engagement à protéger tous les étrangers sur leur sol. Les associations de Français à l’étranger appellent à la prudence et au dialogue, tout en rappelant l’importance des échanges économiques et culturels entre les deux pays.
En Tunisie comme au Maghreb, un sentiment anti-français en hausse ?
L’affaire de Marseille s’inscrit dans un contexte régional marqué par une défiance croissante envers la France. Au Maroc, en Algérie et en Libye, les critiques contre Paris se multiplient, alimentées par des discours panarabistes, des tensions postcoloniales et une concurrence accrue avec d’autres puissances comme la Chine ou la Turquie. En Algérie, les relations sont tendues depuis des années, notamment sur les questions mémorielles et migratoires. Au Maroc, une élite intellectuelle et politique dénonce régulièrement l’ingérence française, tandis que la jeunesse se tourne vers l’anglais et les réseaux sociaux pour contourner l’influence culturelle française.