Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Trois jours pour célébrer la francophonie à San Diego

    Trois jours pour célébrer la francophonie à San Diego

    Du 2 au 4 octobre 2025, San Diego vibrera aux couleurs de la francophonie avec le lancement du French Literature and Arts Festival (FLAF), organisé par l’Alliance Française. Trois jours pour célébrer la francophonie dans une ville californienne qui accueillera auteurs, artistes et passionnés de culture. Le programme ambitieux mêlera ainsi littérature, théâtre, cinéma et musique. Le romancier et journaliste Eric Fottorino en sera l’invité d’honneur.

    Une vitrine francophone à l’international

    Le FLAF (French Literature and Arts Festival)  est né d’un esprit de collaboration : la Villa Albertine, la Délégation générale du Québec à Los Angeles, la Athenaeum Music & Arts Library et Gallimard comptent parmi ses prestigieux partenaires. Ouvert à tous, le festival se veut un lieu de rencontre entre francophones et francophiles, dans une ville où la diversité culturelle est un marqueur fort.

    La frontière avec Tijuana en fait une ville profondément marquée par les échanges transfrontaliers et son grand port est une fenêtre ouverte vers l’Asie. C’est ainsi que la ville revendique plus de 100 langues parlées dans une population marquée par une forte communauté Latino et asiatique. Les quartiers du Barrio Logan (art chicano, Chicano Park classé monument national) et de Convoy District (restaurants et commerces asiatiques) témoignent de cet ancrage multiculturel. Au-delà des vitrines officielles de la diffusion et de l’apprentissage de notre langue que sont l’Alliance et le Lycée français, le FLAF cherche à présenter une image littéraire et cultivée de la francophonie. Notre pays est souvent associé aux grandes figures des Lettres, des arts ou de la vie intellectuelle.

    French Litterature Alliance Française
    French Littérature Alliance Française San Diego

    Entre la French Theory à l’université, la French Touch en terme musical ou les romanciers francophones de tous horizons, les références culturelles connues des Américains ne manquent pas. Il s’agira donc d’offrir avec ce festival une dimension populaire et festive en français autour de moments de débats ou de réflexion.

    Éric Fottorino, voix majeure de la littérature contemporaine

    Au centre de cette première édition, un nom s’est donc imposé aux organisateurs : Éric Fottorino. Journaliste, ancien directeur du Monde, fondateur de l’hebdomadaire Le 1, et romancier prolifique, il est l’auteur de plus de quarante ouvrages couronnés par de nombreux prix, dont le Femina et le Prix François Mauriac. « Nous sommes fiers d’accueillir Éric Fottorino comme invité d’honneur littéraire. Sa présence incarne l’ambition du festival : célébrer la richesse de la culture francophone et favoriser les échanges culturels ici à San Diego », souligne Julie Ripoll, directrice exécutive de l’Alliance Française de San Diego.

    Trois temps forts sont au programme du FLAF

    Jeudi 2 octobre : ouverture théâtrale avec Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb, adapté et interprété par Layla Metssitane.
    – Vendredi 3 octobre : journée éducative avec ateliers dans les écoles locales et projection de Hola Frida !, film d’animation issu du livre illustré par Cara Carmina.
    – Samedi 4 octobre : grande journée littéraire à l’Athenaeum Library, rencontres avec auteurs, salon du livre, ateliers interactifs, suivis d’un concert de piano par Aleck Karis.

    Une mosaïque de voix

    Aux côtés d’Eric Fottorino, une vingtaine d’auteurs et créateurs enrichiront le programme : de la poésie d’Adama Sissoko à la littérature jeunesse de Marion Billet, en passant par les univers artistiques de Sophie Faucher ou Cara Carmina. Le programme du FLAF se veut accessible à tous et sans élitisme, ouvert à la diversité culturelle.

    San Diego, nouvelle scène francophone

    En rassemblant auteurs confirmés et voix émergentes, le FLAF ambitionne de faire de San Diego un nouveau point de rencontre international pour la littérature et la culture francophones. Avec son invité d’honneur Éric Fottorino, ce festival marque une étape importante dans le rayonnement du français en Californie.

    Eric Flottorino
    Eric Flottorino

    Le français n’est pas ici une langue de communication majeure et n’a pu s’appuyer sur la côte ouest sur un héritage tel que l’a connue la Louisiane. Mais notre idiome appuie son développement sur les communautés françaises présentes dans les grandes villes de San Francisco, Los Angeles ou Seattle qui concentrent les plus gros noyaux de francophones autour de secteurs d’activités comme la technologie la culture ou l’enseignement. Notre langue s’inscrit dans une tradition d’élitisme éducatif à l’image du réseau des lycées français sur la côte ouest qui proposent un enseignement d’excellence et une passerelle naturelle vers les études en France. Nul doute que le FLAF viendra compléter un paysage francophone dynamique avec une riche palette d’auteurs connus et reconnus pour donner le goût de la France cultivée autant que du français.

    Entretien avec Éric Fottorino

    Eric Flottorino

    Lesfrancais.press : « Qu’est-ce qui vous a motivé à accepter d’être l’invité d’honneur de ce premier festival francophone de San Diego ? »

    Éric Fottorino : « la curiosité de rencontrer un public de lecteurs américains en Californie que je ne connais pas. Et L’envie de participer à un événement qui n’a pas de précédent. L’équipe organisatrice a su me convaincre par son enthousiasme et sa simplicité. »

    Lesfrancais.press : « Comment percevez-vous l’importance de faire vivre la francophonie en dehors de l’espace européen, ici en Californie ? »

    Éric Fottorino : « une langue comme le français est vivante partout où elle est parlée, écoutée, transmise, comme support de contenus culturels qui permettent d’entrer en relations avec des populations différentes, pour mesurer aussi ce que nous avons de commun dans notre humanité, et de différents dans nos histoires autant que dans nos vies quotidiennes. La francophonie ce ne sont pas des chiffres de locuteurs. C’est une langue parlée qui crée du lien. »

    Lesfrancais.press : « Votre revue Le 1 est devenue un symbole d’engagement citoyen et intellectuel. Comment conciliez-vous cette démarche journalistique avec votre travail de romancier ? » »

    Éric Fottorino : « J’ai voulu créer en 2014 un journal qui rassemble ce que je suis : un journaliste de métier et un écrivain de cœur. Aussi je publie beaucoup d’écrivains de tous horizons dans le 1. Il est une sorte de prolongement de mon parcours littéraire. »

    Lesfrancais.press : « Beaucoup de vos romans puisent dans l’intime et l’histoire familiale. Quelle place tient l’expérience personnelle dans votre façon d’écrire sur le monde ? »

    Éric Fottorino : « J’ai une approche sensible des gens et des événements. Sans pour autant céder à l’émotion qui débouche facilement sur le sensationnel ou le racoleur.

    « Le savoir est une alchimie de sensible et de savant »

    Eric Fottorino

    Je publie des écrivains, des poètes, des artistes qui nous offrent une vision du monde nécessaire pour mieux entrer ensuite dans l’analyse rationnelle et savante des événements. Le savoir est une alchimie de sensible et de savant.

    Lesfrancais.press : « Vous avez dirigé un grand quotidien, vous dirigez aujourd’hui une revue indépendante. Que dit votre parcours de la transformation du journalisme ? »

    Éric Fottorino : « Il dit qu’il faut sans cesse se réinventer sur des supports et des formats différents et nouveaux, sans perdre de vue nos valeurs de base : l’indépendance, la ténacité à vouloir comprendre et informer, l’exigence de pédagogie, de clarté, d’ouverture au dialogue et à la nuance. »

    Lesfrancais.press : « Quelle responsabilité particulière pensez-vous qu’a un écrivain face aux crises contemporaines, qu’elles soient sociales, politiques ou écologiques ? »

    Éric Fottorino : « Celle d’un citoyen qui use des mots et raconte des histoires nées dans son imagination pour donner l’envie à d’autres d’agir. »

    Lesfrancais.press : « San Diego est une ville carrefour, entre Amérique du Nord et Amérique latine. Que peut apporter ce contexte à un festival francophone ? »

    Éric Fottorino : « Une meilleure connaissance et donc reconnaissance des deux côtés. »

    Lesfrancais.press : « Le festival met aussi à l’honneur théâtre et cinéma adaptés de livres. Comment voyez-vous ces dialogues entre les arts autour de la littérature ? »

    Éric Fottorino : « Ils se tiennent par la main pour dire que d’un roman peuvent naître autant d’interprétations que de lecteurs. Une œuvre est d’abord un don, une promesse de liberté. »

    Lesfrancais.press : « Enfin, si vous deviez formuler un vœu pour ce premier FLAF, quel serait-il ? »

    Éric Fottorino : « Qu’il soit le premier d’une riche et belle aventure »

  • Journées du Patrimoine 2025 : Découvrez les Trésors Cachés des Consulats et Ambassades de France à l’Étranger

    Journées du Patrimoine 2025 : Découvrez les Trésors Cachés des Consulats et Ambassades de France à l’Étranger

    Chaque troisième week-end de septembre, la France s’ouvre comme un livre d’histoire géant. Palais présidentiels, ministères, théâtres centenaire ou ateliers d’artisans : les Journées du Patrimoine 2025 transforment l’Hexagone en un musée à ciel ouvert, attirant plus de 12 millions de visiteurs en 2024. Mais saviez-vous que cette fête du patrimoine dépasse largement les frontières françaises ? Depuis leur création en 1984, les Journées du Patrimoine ont essaimé dans 50 pays européens, avant de conquérir le monde sous l’impulsion du Conseil de l’Europe et de l’UNESCO. Aujourd’hui, des consulats et ambassades de France sur les cinq continents organisent des événements exclusifs pour les expatriés et les locaux francophiles. Une occasion unique de découvrir les coulisses de la diplomatie, l’architecture des résidences officielles, ou des collections d’art méconnues – le tout, gratuitement. En 2025, avec près de 3 millions de Français vivant à l’étranger, ces journées prennent une dimension particulière. Tour d’horizon des initiatives les plus remarquables, des pays hébergeant les plus grandes communautés françaises (États-Unis, Suisse, Belgique, Canada, Royaume-Uni…) aux pépites insoupçonnées comme le consulat de Ho Chi Minh Ville ou l’ambassade de Pretoria.

    Les origines des Journées du Patrimoine et leur rayonnement international

    Inspiré par la « Journée Portes Ouvertes des Monuments » lancée en 1984 par Jack Lang, alors ministre de la Culture, les Journées du Patrimoine ont comme objectif de démocratiser l’accès au patrimoine et créer du lien social. En 1984, c’étaient 1 500 monuments ouverts en France pour 2 millions de visiteurs. En 1991, l’adoption par le Conseil de l’Europe a transformé l’évènement français en « Journées Européennes du Patrimoine » (JEP). Un coup de projecteur sur ces journées qui ont réuni en 2024, 50 pays pour 30 000 événements, rien qu’en Europe.

    « Le patrimoine est un bien commun.
    Les JEP en sont la célébration la plus populaire. » 

    Rima Abdul Malak, ministre de la Culture en 2024.

    Dès le début des années 2000, le Quai d’Orsay a encouragé les représentations françaises à organiser des événements locaux, en partenariat avec les autorités du pays hôte, participant ainsi à l’internationalisation du Modèle. Avec des succès inédits, comme en 2023, où l’ambassade de France à Washington a accueilli 15 000 visiteurs pour des visites de la résidence de l’ambassadeur (un hôtel particulier du XVIIIᵉ siècle).

    Cette année, 120 ambassades et consulats participeront tandis qu’on attend près de 13 millions de visiteurs dans les bâtiments du patrimoine de l’hexagone.

    Les Événements Phares dans le monde

    A l’international, comment peut-on trouver les meilleures animations quand on est expatrié ? La rédaction vous a concocté une sélection des événements les plus attendus en 2025.

    Amérique du Nord : Entre Histoire et modernité

    Aux États-Unis où 300 000 Français inscrits au registre consulaire, les autorités consulaires sont mobilisées. Comme à New York, où il est proposé de visiter la résidence de l’ambassadeur (hôtel particulier de la 5ᵉ Avenue, avec jardin à la française) tout en profitant d’une exposition sur les liens franco-américains depuis Lafayette. A l’autre bout des US, los Angeles accueillera une projection de films patrimoniaux au consulat général situé dans la cité des anges. Au nord, à Montréal (Canada), c’est un circuit « Patrimoine francophone » incluant l’Oratoire Saint-Joseph et des ateliers sur l’immigration française au Québec qui vous est offert.

    L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal
    ©L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

    En Europe : Proximité et richesse architecturale

    On commence par la Suisse qui abrite 200 000 Français. Dans ce petit bout de prospérité au cœur de l’Europe, le consulat ouvre exceptionnellement sa bibliothèque et sa collection de fonds anciens sur la Réforme protestante. A Zurich, c’est un concert qui sera donné dans la cour de la résidence consulaire (un ancien château du XIXᵉ).

    On poursuit par la Belgique où sont inscrits 150 000 Français. C’est dans la capitale européenne qu’il faudra se rendre pour visiter les salons diplomatiques de l’ambassade (décors Napoléon III) et assister à des conférences sur les femmes diplomates.

    Pour conclure, ce tour d’horizon, non exhaustif, des animations prévues en Europe par la diplomatie française, on prend la direction du Royaume-Uni (140 000 Français). A Londres, c’est un parcours « French Touch » dans le quartier de South Kensington (lycée français, Institut français, ambassade) qui est proposé. Une façon originale de redecouvrir la capitale britannique.

    Le quartier des Français à Londres
    Le quartier des Français à Londres ©LFP

    Asie : Entre tradition et diplomatie

    Les Journées du patrimoine commencent à traverser les océans pour atteindre les rives du Pacific. Aux antipodes de la France, notre diplomatie tente d’impulser ce rendez-vous.

    Comme au Japon, où résident 50 000 Français, l’Institut français de Tokyo organise des ateliers de calligraphie franco-japonaise. Sur le continent, c’est à Shanghai que le consulat fait une démarche courage. Profitant de ces Journées du patrimoine, une exposition courageuse sur les concessions françaises (1849-1946) est en libre accès. Enfin à Bangkok, nos compatriotes et les francophiles sont invités à découvrir les jardins de l’ambassade (inspirés de Versailles) tout en profitant d’une dégustation de vins français.

    Moyen-Orient : Luxe et patrimoine

    Avant dernière étape de notre tour des Journées du patrimoine, les Émirats Arabes Unis. A Dubai, c’est une soirée « Patrimoine et innovation » dans la Villa France (siège du consulat) qui est organisée le samedi 20 septembre. Ailleurs dans la région, les festivités seront moins clinquantes comme à Beyrouth au Liban où c’est un hommage aux bâtiments Art déco français des années 1920 alors que notre compatriote Jean-Louis Mainguy nous a quitté, il y a quelques semaines. 

    Afrique : Mémoire coloniale et coopération

    Dernier arrêt, l’Afrique, un continent dont les relations complexes avec la France se redéfinissent depuis quelques années. Pour autant, il reste des francophiles et de nombreux Français de l’étranger.

    Les 100 000 Français du Maroc vont pouvoir visiter à Casablanca, l’église Notre-Dame-de-Lourdes (vitraux de Mauméjean). Tandis qu’à Dakar au Sénégal, c’est une conférence sur les archives de la traite négrière conservées au consulat qui est organisée ce week-end.

    Notre Dame de Lourdes à Casablanca
    Notre Dame de Lourdes à Casablanca ©o-maroc.com

    Les Incontournables en France en 2025

    Mais n’oublions pas la France, en particulier pour ceux de passage, c’est l’occasion de redécouvrir notre pays. Voici les pépites à ne pas manquer dans quelques villes françaises :

    • Paris : Palais de l’Élysée (réservation obligatoire), Opéra Garnier (coulisses).
    • Lyon : Traboules de la Croix-Rousse (parcours guidé).
    • Bordeaux : Cité du Vin (accès gratuit aux collections permanentes).
    • Strasbourg : Palais du Rhin (siège de la préfecture, style impérial allemand).

    En plus, en France, comme dans tous les pays européens, vous pouvez télécharger l’appli officielle des JEP pour géolocaliser les événements.

    Application JEP
    Application journées européennes du patrimoine 2025

    On l’a vu ensemble, les Journées du Patrimoine sont bien plus qu’un rendez-vous culturel : elles incarnent le lien vivace entre la France et ses expatriés, ainsi que l’attractivité de son modèle diplomatique. Que vous soyez à Sydney, São Paulo ou Stockholm, votre consulat ou ambassade propose probablement un événement – souvent méconnu même des locaux !

    Comment s’informer ?

    1. Consulter le site de son consulat (liste sur diplomatie.gouv.fr).
    2. Suivre les réseaux sociaux des Alliances Françaises locales.
    3. S’inscrire aux newsletters des comités des Français de l’étranger.
  • Foires aux vins en ligne 2025 : Le guide ultime pour les Français de l’étranger

    Foires aux vins en ligne 2025 : Le guide ultime pour les Français de l’étranger

    Depuis des siècles, les foires aux vins rythment la vie des amateurs de vin en France, offrant l’opportunité de découvrir des crus d’exception à des prix attractifs. Nées dans les grandes surfaces et les cavistes, ces événements se sont progressivement digitalisés, permettant aux expatriés de profiter des mêmes avantages, où qu’ils se trouvent dans le monde. Aujourd’hui, la France reste le leader incontesté du marché vinicole mondial, grâce à la qualité de ses terroirs et à son savoir-faire unique. Mais ce secteur doit aussi faire face à des défis majeurs : le réchauffement climatique, qui menace certains vignobles historiques, et la montée en puissance des vins du Nouveau Monde, qui séduit de plus en plus de consommateurs. Pour les Français de l’étranger, les foires aux vins en ligne sont une aubaine pour garnir leur cave sans quitter leur pays d’accueil. Comme chaque année, on vous propose un décryptage !

    Le vin français dans le monde : réputation, leadership et défis

    La France est le premier producteur mondial de vin en valeur, avec plus de 45 millions d’hectolitres produits en 2025, et le troisième marché en volume. Son vignoble, qui représente 11 % de la surface mondiale, est célèbre pour sa diversité : plus de 200 cépages, des appellations protégées reconnues internationalement, et une réputation d’excellence qui traverse les siècles. Les vins français, notamment ceux de Bourgogne, Bordeaux ou Champagne, sont synonymes de qualité et de prestige, et représentent 50 % des exportations de certaines régions comme la Bourgogne.

    En plus, les Français de l’étranger restent très attachés à ces produits dits de terroirs, qui incarnent un patrimoine culturel et gastronomique unique. En 2025, la France confirme sa position de leader, malgré une consommation nationale en légère baisse, compensée par une demande internationale toujours forte, notamment en Asie et aux États-Unis

    La consommation de vin en France a décru, en volume, de 23 % entre 1996 et 2018. Le rouge est la couleur qui souffre le plus.
    La consommation de vin en France a décru, en volume, de 23 % entre 1996 et 2018. Le rouge est la couleur qui souffre le plus. ©Le Journal des Entreprises

    Les dangers qui pèsent sur le vignoble français

    Le changement climatique accélère la maturation des raisins, avance les dates de vendanges de 2 à 3 semaines par rapport aux années 1980, et modifie la typicité des vins. Selon l’INRAE, 90 % des vignobles côtiers et de basse altitude du sud de l’Europe risquent de perdre leur aptitude à produire du vin de qualité d’ici la fin du siècle si le réchauffement dépasse +2 °C. Les vignobles français, déjà touchés par des épisodes de gel, de grêle et de sécheresse, doivent s’adapter en testant de nouveaux cépages ou en modifiant leurs pratiques.

    Aussi, le réchauffement climatique profite aussi à des régions plus septentrionales, comme la Wallonie, où les vignerons observent une amélioration de la qualité de leurs vins, même si la rentabilité reste limitée. Parallèlement, les vins du Nouveau Monde (Chili, Argentine, Australie, Afrique du Sud, États-Unis) gagnent des parts de marché chaque année, grâce à des prix compétitifs, des techniques modernes et une approche marketing agressive. Ces vins, souvent plus fruités et accessibles, séduisent une clientèle jeune et internationale, grignotant peu à peu la part des vins français sur les étagères mondiales.

    Face à ces défis, la filière vinicole française mise sur l’innovation : vins bio, désalcoolisés, formats alternatifs (canettes, bag-in-box), et digitalisation des ventes. En 2025, seulement 1,7 % des ventes de vin se font en ligne, mais ce canal est en forte croissance, porté par des plateformes qui offrent une expérience d’achat enrichie et une traçabilité accrue.

    Bordeaux 2050
    De toute évidence, les cépages bordelais devront s’adapter aux nouvelles normes climatiques ou disparaître. ©Dico du vin

    Les foires aux vins en ligne : un événement incontournable pour les expatriés

    Tout d’abord, qu’est-ce donc qu’une foire aux vins en ligne ? Traditionnellement organisées en magasin, les foires aux vins sont des périodes de promotions intenses, deux fois par an (printemps et automne), où les amateurs peuvent acheter des bouteilles à prix réduits. Depuis quelques années, ces événements se sont étendus au web, permettant aux expatriés de profiter des mêmes offres, avec des avantages supplémentaires :

    • Accès à une sélection internationale : vins français, mais aussi du monde entier.
    • Livraison à domicile : où que vous soyez, en Europe ou hors UE.
    • Conseils d’experts : fiches dégustation, accords mets-vins, et recommandations du Guide Hachette ou de la Revue des Vins de France.
    • Exclusivités : cuvées rares, millésimes exceptionnels, et ventes privées réservées aux abonnés

    En achetant lors d’une foire aux vins en ligne, vous pourrez donc réaliser des économies avec des réductions pouvant aller jusqu’à -34 % sur des grands crus. En plus, vous n’aurez pas besoin de vous déplacer, en commandant en quelques clics. Aussi, c’est l’occasion de sortir des sentiers battus en découvrant des régions moins connues (Sud-Ouest, Loire, Jura) ou, pourquoi pas, tenter des vins bio ou naturels. C’est aussi le moment idéal pour faire un cadeau à ses proches en France ou dans votre pays de résidence.

    10 sites pour votre foire aux vins en ligne (15 septembre – 31 octobre 2025)

    Avant de se plonger dans notre sélection de foires aux vins en ligne, on vous donne quelques astuces.

    Comme pour tout achat, il vaut mieux éviter de se précipiter et prendre le temps de comparer les sites. En effet, certains proposent des ventes privées, des accès anticipés, ou des services de stockage. Aussi, avant de charger votre cadi virtuel, faites un tour sur la page dédiée aux livraisons, vérifiez que votre pays et indiqué et renseignez-vous sur les frais de livraison. Ils varient selon le pays et le volume commandé. Aussi, n’hésitez pas à consulter les plateformes comme Vinatis, Millésima ou Cdiscount Vin qui publient des notes et des commentaires clients. Enfin, profitez d’être en ligne, pour consulter aussi des applications de gestion de cave ou dédiées aux conseils d’accords mets-vins, certaines proposent aussi de vérifier l’authenticité en traçant via la blockchain vos bouteilles de vin !!!

    Découvrons la sélection de la rédaction des bons plans 2025

    Nous commençons par 5 sites français :


    Site Période de la foire aux vins 2025 Livraison internationale Points forts

    Vinatis
    5 septembre – 7 octobre Oui (UE et hors UE) +600 cuvées, vins bio, grands crus à -34 %, livraison rapide

    Millésima
    Septembre – mi-octobre Oui (monde entier) Sélection premium, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, service client multilingue

    Cdiscount Vin
    9 – 25 septembre Oui (UE) Prix agressifs, vins bio, promotions flash

    Comptoir des Millésimes
    3 septembre – 10 octobre Oui (UE et hors UE) Grands Bordeaux, vignerons partenaires, livraison sécurisée

    Le petit ballon
    5 septembre – 5 octobre Oui (UE ) Abonnement avec livraison mensuelle, découvertes et exclusivités

    Carrefour Ma Cave
    9 septembre – 26 octobre Oui (UE ) Large choix, promotions sur les appellations phares, livraison en 48h

    On enchaine avec les sites basés dans d’autres pays qui proposent aussi des vins français.


    Site Période de la foire aux vins 2025 Livraison internationale Points forts

    Wine.com (USA)
    Septembre – octobre Oui (monde entier) Sélection mondiale, livraison express, outils de gestion de cave

    Vivino (Danemark)
    Toute l’année (promos en septembre) Oui (monde entier) Communauté d’amateurs, notes et avis, livraison partenaire locale

    Laithwaite’s (UK)
    Septembre – octobre Oui (UE et hors UE) Vins du monde, coffrets cadeaux, service personnalisé

    Naked Wines (UK/USA/AU)
    Promos automnales Oui (monde entier) Vins exclusifs, financement direct des vignerons, livraison flexible

    Wine-Searcher
    Toute l’année Oui (monde entier) Comparateur de prix, accès aux cavistes locaux et internationaux

    Les frais de douanes

    Dernier point à ne pas oublier quand on se fait livrer à l’international, les frais de douanes. Donald Trump a provoqué un big-bang, les règles ont changé dans de nombreux pays.

    En effet, lorsque vous faites livrer du vin hors de l’Union européenne, des droits de douane et des taxes locales (accises, TVA) peuvent s’appliquer. Par exemple, depuis un pays de l’UE vers un pays hors UE : pas de droits si la valeur est inférieure à 150 € (selon les accords, attention aux USA, c’est 15%), mais taxes locales possibles (ex. : 1,75 % d’accise en France en 2025)

    En conclusion, on vous rappelle que le vin pour un Français n’est pas qu’une boisson mais un élixir de nos terroirs. Pour les Français de l’étranger, une bonne bouteille reste un indispensable de la table, un symbole de convivialité et de patrimoine. Les foires aux vins en ligne offrent une opportunité unique de se réapprovisionner en vins d’exception, tout en découvrant de nouveaux terroirs. Que vous soyez amateur de Bordeaux, de Bourgogne ou de vins du Nouveau Monde, ces événements sont l’occasion de garnir votre cave à moindre coût, tout en soutenant une filière qui fait la fierté de la France.

    Et vous, quel vin ne quitte jamais votre table ? Partagez vos coups de cœur en commentaire

  • Voyager en avion avec son chien : règles, compagnies dog-friendly et alternatives pour les expatriés

    Voyager en avion avec son chien : règles, compagnies dog-friendly et alternatives pour les expatriés

    En 2025, la France compte plus de 79 millions d’animaux de compagnie, et 68 % des Français considèrent leur chien ou leur chat comme un membre à part entière de la famille. Pourtant, voyager avec son chien, surtout en avion, reste un parcours semé d’embûches : réglementations strictes, restrictions selon les races, et risques sanitaires pour les animaux brachycéphales comme les bouledogues français. Entre les formalités administratives, les limites de poids en cabine, et les craintes pour le bien-être de l’animal, l’expatriation ou le voyage avec un compagnon à quatre pattes peut vite devenir un casse-tête. Comment s’y retrouver ? Quelles compagnies autorisent les chiens en cabine, quel que soit leur poids ? Quelles sont les alternatives pour un transport intercontinental sécurisé ? Voici un guide complet pour préparer sereinement votre voyage avec votre chien.

    Voyager en avion avec son chien

    Pour voyager avec un chien en avion, plusieurs conditions s’imposent, surtout si vous quittez ou rejoignez la France :

    • Identification : Puce électronique obligatoire et passeport européen pour les chiens, chats et furets.
    • Vaccination : Vaccin antirabique à jour (valide 21 jours après l’injection) et rappel annuel.
    • Règles selon la destination : Certains pays, comme les États-Unis, imposent des réglementations sanitaires supplémentaires.

    En France, le transport en avion des chiens est encadré :

    • En cabine : Seuls les chiens de moins de 8 kg (sac de transport inclus) sont généralement acceptés, sauf exceptions.
    • En soute : Les chiens entre 8 et 75 kg doivent voyager avec les bagages, dans une caisse homologuée IATA.

    Le non-respect des règles peut entraîner des refus d’embarquement, des amendes, ou des poursuites en cas de fraude sur les documents sanitaires. Par ailleurs, les compagnies aériennes peuvent être tenues responsables en cas de problème de santé ou de décès de l’animal, ce qui a poussé certaines à durcir leurs conditions.

    Des risques pour les races brachycéphales

    Comme pour les chiens à museau court (dont notre bouledogue français, mais aussi les carlins, boxers, etc.) qui sont particulièrement vulnérables en avion. Leur anatomie les expose à des problèmes respiratoires, surtout en soute, où la température et la pression peuvent varier brutalement. Depuis 2019, plusieurs compagnies, dont Air France, interdisent le transport en soute de ces races, après des incidents tragiques. Les propriétaires de bouledogues français doivent donc privilégier la cabine ou des solutions alternatives, sous peine de voir leur animal refusé à l’embarquement.

    Les chiens en cabine : l’exemple italien

    Depuis mai 2025, l’Italie a révolutionné le transport aérien en autorisant tous les chiens et chats en cabine, sans limite de poids, à condition qu’ils voyagent dans une cage adaptée et fixée au siège. Cette mesure, saluée par les associations de défense animale, répond à une demande croissante des voyageurs et pourrait inspirer d’autres pays européens. Les compagnies italiennes sont désormais libres de fixer leurs tarifs pour ce service, ouvrant la voie à une segmentation du marché (transport premium vs. standard).

    Cette évolution reflète une tendance vers plus de flexibilité, mais chaque pays et chaque compagnie conserve ses propres règles. Il est donc essentiel de vérifier les conditions avant de réserver.

    Chien Jet privé
    Image d’illustration ©Adobestock

    Alternatives au transport aérien classique pour les expatriés avec chien

    Il existe aussi des solutions dédiées, comme Woof Airlines, Bagages du Monde ou Air Transport Animal. Ces sociétés proposent des services sur mesure pour le transport intercontinental des animaux, avec un accompagnement personnalisé et un suivi vétérinaire. Ces solutions, bien que plus coûteuses, garantissent un voyage sécurisé et moins stressant pour l’animal.

    Sur le même continent

    Pour les trajets au sein d’une région du globe, le train (SNCF) ou le ferry peuvent être des alternatives, sous réserve des règles spécifiques à chaque opérateur. Pour les expatriations lointaines, des agences spécialisées organisent le transport par avion-cargo, avec des escales adaptées et un encadrement vétérinaire.

    Voyager avec son chien en avion exige une préparation minutieuse, surtout pour les races à risque ou les grands gabarits. Si l’Italie montre la voie en autorisant tous les chiens en cabine, la plupart des pays maintiennent des restrictions. Pour les expatriés, les solutions spécialisées (cargo accompagné, agences de transport) offrent une alternative rassurante. En attendant une harmonisation européenne, renseignez-vous auprès des compagnies et des autorités sanitaires, et privilégiez toujours le bien-être de votre compagnon.

    Préparation et conseils pratiques

    • Habituer son chien à sa cage plusieurs semaines avant le voyage.
    • Choisir un vol direct pour limiter le stress.
    • Vérifier les formalités douanières du pays de destination, notamment pour les chiens de catégorie 1 ou 2.
  • Les actifs immobiliers et financiers face au vieillissement démographique

    Les actifs immobiliers et financiers face au vieillissement démographique

    « La démographie, c’est le destin. ». Cette formule d’Alfred Sauvy, économiste et démographe, demeure d’une acuité saisissante à l’heure où les pays développés sont confrontés au mur du vieillissement. Alfred Sauvy rappelait que la population n’est pas une donnée extérieure à l’économie, elle en est la colonne vertébrale, le ressort invisible qui irrigue la production, la consommation et l’innovation. Les Trente Glorieuses ont démontré toute l’importance de la démographique. Entre 1946 et 1973, la France voit ainsi sa population passer de 40 à 52 millions d’habitants, portée par le baby-boom. Chaque année, plus de 850 000 naissances nourrissent la demande et l’investissement. La croissance du PIB dépasse alors 5 % par an. Aujourd’hui, le contraste est frappant. En France, le taux de fécondité est tombé à 1,6 enfant par femme en 2024, contre plus de 2,9 au début des années 1960. La part des plus de 65 ans atteint 21 % de la population, et le rapport cotisants/retraités qui était de 4 en 1960, n’est plus que de 1,7 en 2023. Alfred Sauvy avait écrit : « Quand les jeunes manquent, c’est l’avenir qui s’étiole. ». Une démographie dynamique ne se résume pas à une question d’effectifs. En effet, c’est plus d’actifs pour produire, plus de consommateurs pour acheter, plus d’esprits jeunes pour innover et bousculer les routines. À l’inverse, le vieillissement installe une économie de rente et de précaution, moins portée à prendre des risques, à entreprendre, à inventer.

    Cycles financiers et démographiques

    Les marchés financiers et immobiliers épousent également les cycles démographiques même si des décalages dans le temps peuvent se produire. Dans une population vieillissante, à terme, le prix des actifs est amené à s’éroder.

    Lors de ces trente dernières années, l’espérance de vie à la naissance a gagné plusieurs années dans toutes les grandes économies, à l’exception notable des États-Unis. En zone euro, elle est passée de 79 ans à plus de 82 ans entre 1995 et 2023. Au Japon, elle atteint désormais 85 ans, La Chine et l’Inde ont également connu des progrès rapides et un rattrapage spectaculaire. L’espérance de vie est passée de 69 ans en 1995 à 77 ans en 2023 pour la Chine en 2023 et de 62 ans à 70 ans pour l’Inde. Les États-Unis confrontés à une montée de l’obésité et de la consommation d’opiacées n’ont pas connu de progrès en matière d’espérance de vie. Elle est stable depuis trente ans, autour de 77 ans.

    Le deuxième moteur du vieillissement est la chute du taux de fécondité. En Europe, on tourne autour de 1,5 enfant par femme, bien en-deçà du seuil de remplacement des générations (2,1). Le Japon, se situe même à 1,3 et la Corée du Sud tourne autour de 0,8. La Chine suit le même chemin que les pays occidentaux malgré l’abandon de la politique de l’enfant unique. Le taux de fécondité n’y dépasse pas 1,5 enfant par femme. En revanche, l’Inde conserve une fécondité supérieure à 2,0, gage de renouvellement démographique, tandis que les États-Unis se maintiennent autour de 1,7.

    Ces deux mouvements – allongement de l’espérance de vie et baisse du nombre de naissances – transforment en profondeur la structure des populations. Le rapport entre les 65 ans et plus et les 15-64 ans, indicateur clé de dépendance, augmente rapidement. Dans la zone euro, il est passé de 20 % en 1995 à près de 35 % en 2025, et il dépassera 55 % en 2045. Après avoir profité d’un dividende démographique, la Chine, a basculé dans le vieillissement. À l’inverse, le taux en Inde est de 15 % en 2025. Aux États-Unis, il avoisine 30 %.

    Trop de biens immobiliers ?

    Dès lors, l’économie s’oriente vers un excès structurel d’offre d’actifs financiers et immobiliers. Les retraités vendent leurs biens pour financer leur retraite, tandis que les jeunes, moins nombreux, sont dans l’incapacité de les absorber. Le Japon est le laboratoire de cette mécanique. Depuis l’éclatement de la bulle immobilière des années 1990, les prix des logements sont orientés à la baisse. En Europe, l’indice immobilier de la zone euro, base 1995=100, plafonne à 200 en 2025, loin derrière les dynamiques américaines. La progression des prix des logements concerne essentiellement les grandes villes qui concentrent une part croissante de la population. Depuis plusieurs années, l’immobilier chinois connaît une crise profonde. La contraction de la population active a provoqué une baisse des prix. Après avoir doublé entre 2009 et 2019, ils ont perdu plus de 20 % en cinq ans. À l’opposé, les États-Unis et l’Inde affichent des hausses soutenues. L’indice immobilier américain dépasse 350 en 2024 (base 2009=100), tiré par la croissance démographique et le crédit abondant. Avec une urbanisation galopante et une fécondité encore élevée, l’Inde, connaît une forte progression avec un indice proche de 400.

    Crise Immobilier
    Image illustration ©Adobestock

    Les bourses aussi ?

    Les indices boursiers reflètent également l’évolution démographique. Depuis 1995, l’indice Sensex indien a gagné près de 2 500 %, porté par la jeunesse de sa population, l’essor technologique et la confiance des investisseurs étrangers. De son côté, le S&P 500 américain a multiplié sa valorisation par près de 7 depuis 1995. Ce dynamisme s’explique par une démographie moins défavorable, mais aussi par la montée en puissance des entreprises du secteur des technologies de l’information. La relative vigueur de la natalité et l’immigration entretiennent un flux constant d’acheteurs d’actifs.

    À l’inverse, l’Euro Stoxx 50 peine à tripler sa valeur en trente ans. Le Nikkei japonais, malgré un rebond depuis un an a connu une lente stagnation depuis 1990. L’indice chinois « Shanghai Composit » stagne depuis 15 ans et illustre l’essoufflement d’une économie vieillissante avant même d’avoir pleinement émergé.

    Eurotsoxx-50
    Image illustration ©Adobestock

    La corrélation entre valorisation des actifs et démographie n’est pas parfaite. Les pénuries de logements dans certaines métropoles et le durcissement des règles d’urbanismes maintiennent artificiellement des prix élevés malgré le vieillissement. Les achats par les non-résidents peuvent compenser la faiblesse de la demande domestique, en particulier en Europe. Ces effets correctifs ne joueront pas indéfiniment. Sur le long terme, les prix devront baisser d’autant plus que les pouvoirs publics limiteront la progression des pensions de retraite et la prise en charge des dépenses de santé.

    L’investisseur européen ou japonais ne peut plus extrapoler le passé. L’idée que « la pierre monte toujours » ou que « les actions finissent par performer » se heurte à la réalité du vieillissement. La prudence impose. Pour contrer cette réalité, une diversification internationale s’impose, en particulier vers les zones jeunes et dynamiques (Inde, États-Unis, Canada, Asie du Sud-Est et Afrique à terme). Il convient de surveiller l’évolution des politiques migratoires qui détermineront la vitalité future des marchés domestiques. Pour éviter toute déconvenue, les investisseurs doivent réévaluer la place de l’immobilier résidentiel dans leur patrimoine.

    Le vieillissement agit comme une force de gravité sur les prix des actifs. Les États-Unis et l’Inde bénéficient d’un réel avantage avec une démographie favorable à la différence de l’Europe, de la Chine et du Japon. Pour ces derniers, une dépréciation du cours des actifs est loin d’être improbable même si pour le moment certains facteurs peuvent retarder l’échéance.

  • Protéger son entreprise contre l’imprévisible : pourquoi une assurance pro est essentielle

    Protéger son entreprise contre l’imprévisible : pourquoi une assurance pro est essentielle

    Dans le monde de l’entrepreneuriat, l’incertitude fait partie du quotidien. Que l’on soit auto entrepreneur, dirigeant d’une PME ou fondateur d’une start-up ambitieuse, chaque journée amène son lot de décisions, de défis et parfois d’imprévus. Et si beaucoup d’entrepreneurs concentrent leur énergie sur la performance et la croissance, il est tout aussi crucial de penser à la protection. C’est ici qu’intervient l’assurance professionnelle, souvent abrégée en assurance pro, un pilier discret mais vital pour garantir la continuité de l’activité.

    L’imprévisible fait partie du métier

    Un client insatisfait qui intente une action en justice, un dégât matériel qui empêche de travailler, un accident qui engage la responsabilité civile de l’entreprise. Ces situations ne se prévoient pas toujours, mais elles peuvent avoir des conséquences lourdes. Dans certains cas, elles sont capables de mettre en péril des années d’efforts.

    Pourtant, la réalité est simple : aucun entrepreneur ne peut tout contrôler. Même avec la meilleure organisation, les bonnes pratiques et la plus grande qualité de service, il reste toujours une part de risque. C’est précisément pour couvrir ces failles que l’assurance pour les pros a été créée pour répondre là où les ressources personnelles ou financières ne suffiraient pas.

    La responsabilité civile : une couverture incontournable même pour un auto entrepreneur

    Parmi les protections les plus importantes figure la responsabilité civile professionnelle. Elle couvre l’auto entrepreneur ou l’entreprise en cas de dommages causés à un tiers, que ce soit par une erreur, une omission ou un accident lié à l’activité.

    Prenons un exemple concret. Imaginez un consultant qui, par inadvertance, fournit une phrase erronée dans un rapport stratégique, conduisant son client à prendre une mauvaise décision. Ou encore un artisan qui, en réalisant un chantier, endommage le matériel de son client. Dans ces deux cas, la responsabilité civile pourrait être engagée, et les conséquences financières seraient lourdes sans assurance pro.

    L’assurance pro comme réponse adaptée aux besoins réels

    L’avantage d’une assurance professionnelle est sa capacité à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque activité. Un auto entrepreneur dans le domaine du conseil n’aura pas les mêmes risques qu’un restaurateur, ni qu’une agence de communication digitale. Les contrats sont donc pensés pour offrir une réponse personnalisée et pertinente.

    Aujourd’hui, il est possible de comparer facilement les formules, d’évaluer la couverture nécessaire et de trouver un équilibre entre budget et protection. Certaines assurances incluent même des volets liés à la santé ou à la protection sociale, permettant de sécuriser à la fois l’entreprise et la personne qui la porte.

    Un investissement, pas une contrainte

    Beaucoup d’entrepreneurs considèrent encore l’assurance comme une charge obligatoire, une formalité administrative qu’il faut régler parce qu’il le faut. Pourtant, l’assurance professionnelle doit être vue comme un investissement stratégique.

    En protégeant l’activité, elle permet d’agir avec plus de confiance, d’oser prendre des actions ambitieuses et de rassurer les clients. Une page d’un site internet peut vanter la qualité d’un service, mais c’est souvent la preuve d’une couverture par une assurance pro qui renforce réellement la crédibilité d’une entreprise aux yeux de ses partenaires.

    L’assurance pro : un gage de performance à long terme

    Un entrepreneur qui a anticipé les risques sait qu’il ne sera pas paralysé par un imprévu. Cette sérénité se traduit par une meilleure performance globale : moins de stress, plus de disponibilité mentale et la possibilité de se concentrer sur ce qui compte vraiment, le développement de l’activité.

    De plus, dans un contexte économique instable, la capacité à se relever rapidement après un incident est un atout précieux. L’assurance n’empêche pas les difficultés, mais elle garantit que leur impact ne sera pas fatal. Elle devient donc un levier de résilience, et par conséquent un outil stratégique de croissance durable.

    Choisir son assurance professionnelle avec discernement

    Le marché propose aujourd’hui une grande variété d’offres. Pour faire le bon choix, il ne s’agit pas seulement de comparer les prix, mais surtout de vérifier que le contrat répond aux besoins réels de l’activité.

    Voici quelques critères à examiner :

    • La couverture de la responsabilité civile.
    • Les garanties spécifiques à son secteur.
    • Les exclusions éventuelles qui peuvent limiter l’efficacité du contrat.
    • La qualité du service client et la rapidité de réponse en cas de sinistre.

    Un bon assureur ne se contente pas de vendre un produit : il doit accompagner l’entrepreneur dans ses choix, l’aider à anticiper les risques et proposer des solutions évolutives au fil de la croissance de l’entreprise.

    Protéger son entreprise contre l’imprévisible n’est pas une option, mais une nécessité. L’assurance pro, qu’il s’agisse d’un auto entrepreneur ou d’une société plus établie, représente une réponse pragmatique et efficace aux aléas du quotidien. Elle sécurise la responsabilité civile, protège la santé financière et humaine de l’activité, et constitue un gage de qualité et de confiance pour les clients.

    En somme, l’assurance professionnelle n’est pas une simple formalité : c’est l’un des piliers invisibles qui permettent à une entreprise de grandir, d’évoluer et de performer durablement, en sachant qu’elle dispose toujours d’un filet de sécurité solide.

  • 18 septembre 2025 : Grèves en France et dans le réseau AEFE

    18 septembre 2025 : Grèves en France et dans le réseau AEFE

    Paris, Lyon, Marseille, mais aussi Nantes, Toulouse ou Clermont-Ferrand : ce jeudi 18 septembre 2025, la France a vécu une nouvelle journée de grèves et de manifestations massives, dans la continuité du mouvement entamé le 10 septembre. Avec plus de 1,5 million de manifestants selon les syndicats (580 000 pour le ministère de l’Intérieur), cette mobilisation marque un le rapport de force entre le nouveau gouvernement mené par Sébastien Lecornu et les organisations syndicales, déterminées à faire reculer les réformes sur les retraites, le pouvoir d’achat et les services publics. À l’appel de la CGT, FO, l’UNSA, la FSU et Solidaires, les cortèges ont défilé dans plus de 200 villes, souvent sous haute tension, avec des affrontements violents à Paris, Lyon et Bordeaux.

    Pour les Français de l’étranger, les conséquences sont immédiates : aéroports paralysés, trains annulés, et même des écoles du réseau AEFE partiellement touchées par la grève. Alors que la presse internationale scrute cette « crise à la française », les syndicats appellent déjà à une nouvelle journée d’action le 25 septembre, tandis que l’exécutif maintient sa ligne, malgré un dialogue social au point mort. Retour sur une journée qui pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire sociale récente.

    Des métropoles aux villes moyennes, un bilan contrasté

    Plus de 500.000 participants ont manifesté dans toute la France, ce jeudi 18 septembre, a annoncé le ministère de l’Intérieur. Le syndicat CGT, lui, évoque une mobilisation de « plus d’un million de personnes ». Dans l’ensemble, les différentes manifestations se sont déroulées dans le calme. Mais, des heurts entre des manifestants et les forces de l’ordre ont tout de même eu lieu dans certaines villes de France, comme Rennes, Lyon ou encore Paris. 

    Les leaders de la CFDT, Marylise Léon, et de la CGT, Sophie Binet, ont annoncé que l’intersyndicale se réunirait, ce vendredi 19 septembre, pour décider de la suite du mouvement. « Il y aura une expression de l’intersyndicale demain [vendredi, NDLR] et donc l’idée, c’est bien de mettre le Premier ministre face à ses responsabilités« , a déclaré Marylise Léon, dans RTL Soir.

    Lors d’un point presse, ce jeudi soir, Bruno Retailleau s’est félicité que « la France n’a pas été bloquée » malgré « 7.300 individus radicalisés » présents dans les cortèges. Le ministre de l’Intérieur démissionnaire a annoncé que 309 personnes ont été arrêtées dans toute la France. Parmi elles, 134 ont été placées en garde à vue.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé, ce jeudi soir, au terme d’une deuxième journée de mobilisation à l’appel de tous les syndicats, que les « revendications » des manifestants pour plus de justice sociale et fiscale étaient « au cœur des consultations » qu’il a engagées avec les forces politiques et syndicales depuis sa nomination. Désireux de « poursuivre le dialogue », il ajoute qu’il recevra « à nouveau les forces syndicales dans les jours qui viennent ».

    Enfin, le nouveau locataire de Matignon dit condamner « avec la plus grande sévérité » les « exactions » contre les forces de l’ordre ». « La violence n’est pas un moyen d’action politique légitime, et personne ne doit l’excuser. Il ne peut y avoir de liberté de manifester sans le respect des lois », a ajouté le chef du gouvernement.

    Les manifestants boulevard du Temple
    Les manifestants boulevard du Temple, à quelques pas de la place de la République, jeudi 18 septembre 2025 à Paris. ©AFP

    Lyon et Marseille : des mobilisations massives, mais moins violentes

    À Lyon, 80 000 personnes (35 000 pour la préfecture) ont défilé entre Bellecour et la Part-Dieu, avec un mot d’ordre clair : « Macron, démission ! ». La CFDT Rhône a souligné une « colère populaire qui monte », notamment chez les agents hospitaliers et les enseignants.

    Tandis qu’à Marseille, 60 000 manifestants (22 000 pour la police) ont convergé vers la préfecture, avec une forte présence des dockers du port et des infirmiers de l’AP-HM. Ici, pas de violences, mais une ambiance déterminée.

    Cortège arrivant sur le vieux port à Marseille
    Cortège arrivant sur le vieux port à Marseille ©Fabien Ferasson/LFP

    Les villes moyennes entrent dans la danse

    Contrairement aux mouvements précédents, les villes de taille moyenne ont été très mobilisées :

    • Nantes : 30 000 manifestants (12 000 pour la préfecture), avec un blocage partiel de l’autoroute A83 par des agriculteurs et des routiers.
    • Toulouse : 25 000 personnes (10 000 pour la police), avec une grève totale des tramways.
    • Clermont-Ferrand : 15 000 manifestants (5 000 pour la préfecture), une première depuis 2010.
    • Strasbourg : 20 000 personnes, avec une forte participation des Allemands frontaliers (syndicats DGB en soutien).
    Montpellier - plus de 10.000 personnes dans le cortège de la manifestation du 18 septembre 2025.
    Montpellier – plus de 10.000 personnes dans le cortège de la manifestation du 18 septembre 2025. • © A.Duffaud/FTV

    Transports : aéroports et gares dans le chaos

    Évidemment, les conséquences pour les expatriés furent nombreuses. Des centaines de Français se sont retrouvés bloqués, comme en témoigne, à l’AFP, Paul, 32 ans, en partance pour Montréal : « Mon vol a été annulé à la dernière minute. Air France me propose un remplacement… dans 5 jours. Comment je fais pour le travail ? »

    Si les avions ont dû rester au sol ou être très en retard, c’est que les contrôleurs aériens (SNCTA) furent partie prenante avec 20% d’absentéisme, contre 10% habituellement. Et les bagagistes (CGT) ont aussi apporté leur contribution à cette pagaille, provoquant des retards accumulés sur les correspondances. Sur rail aussi, c’était compliqué. Thalys et Eurostar ont vu leurs lignes très perturbées, avec des annulations vers Bruxelles et Londres.

    L’AEFE touchée ? partiellement

    Lyon, New York, Dubai… Ce jeudi 18 septembre, le mouvement social a dépassé les frontières de l’Hexagone. Le réseau des 566 établissements de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), qui scolarise 390 000 élèves dans 138 pays, a été partiellement paralysé par la grève. Professeurs, personnels administratifs et même parents d’élèves se sont mobilisés, créant des perturbations inédites pour les 2,5 millions de Français établis hors de France.

     »On paie très cher pour que nos enfants aient un enseignement à la française. Aujourd’hui, on nous dit que les profs sont en grève pour défendre leur retraite… mais qui défend nos intérêts à nous, parents ? Personne. Le consulat nous renvoie vers l’AEFE, qui nous renvoie vers les établissements. C’est l’omerta. »

    Clara, 34 ans, mère de deux enfants scolarisés au lycée français de Bruxelles

    Document de la FSU
    Document de la FSU ©FSU

    D’après les premiers bilans syndicaux, entre 20 % et 40 % des enseignants ont fait grève dans les lycées français les plus emblématiques, avec des disparités fortes selon les continents. Quelques exemples communiqués par nos confrères et les syndicats sont centralisés dans le tableau ci-dessous.


    Ville Etablissement Taux de grès (enseignants) Perturbation Source
    Londres Lycée Charles de Gaulle 42 % Cours annulés en lycée, primaire maintenu Le Petit Journal Londres
    New York Lycée français de New York 25 % Retards et classes fusionnées French Morning
    Madrid Lycée français Molière 38 % Grève totale en seconde et terminale El País
    Dubai Lycée français international 18 % Assemblée générale des profs The National
    Casablanca Lycée Lyautey 35 % Manifestation devant l’ambassade TelQuel
    Montréal Collège Stanislas 12 % Mouvement symbolique Radio-Canada
    Singapour Lycée français de Singapour 10 % Pas de perturbation majeure Strait Times

    Deux raisons expliquent ce sursaut militant dans un réseau souvent perçu comme « à l’abri » des tensions sociales. En premier, comme en France, c’est le financement des retraites qui préoccupe. Les enseignants expatriés cotisent au régime général français et seront donc impactés par le report à 64 ans. Pour exemple, une enseignante de 58 ans au lycée de Tokyo risque de devoir travailler jusqu’à 66 ans pour toucher une retraite complète.

    « Beaucoup d’entre nous ont commencé tard leur carrière à l’étranger. À 64 ans, qui aura l’énergie d’enseigner sous 40°C à Dubai ou dans des classes surchargées à New York ? »

    Marc Lefèvre, professeur de physique à Abu Dhabi (interviewé par Français du monde).

    Deuxième sujet tendu, le gel des salaires qui a été mis en place depuis 2023. Alors que le coût de la vie explose dans des villes comme Genève (+12 % en 2 ans) ou San Francisco (+9 %), les grilles salariales de l’AEFE n’ont pas été revalorisées.

    « C’est historique. D’habitude, les grèves en métropole n’ont que peu d’écho ici. Là, les collègues ont répondu présents. Les réformes sur les retraites et les salaires nous concernent aussi : beaucoup d’entre nous cotisent pour la retraite française et subissons la même précarité que nos collègues de métropole  »

    Cécile Morvan, professeure d’histoire au lycée français de Londres et déléguée syndicale Snuipp-FSU.

    Des perturbations concrètes pour les familles expatriées

    Et demain ? Encore des grèves ?

    Pour les parents d’élèves, souvent des cadres en mobilité professionnelle, ces grèves tombent au plus mauvais moment. À Londres, des cours ont été annulés pour les lycéens, obligeant certains parents à poser un jour de congé ou à recourir à des gardes d’enfants d’urgence. À New York, des classes ont été fusionnées, avec jusqu’à 35 élèves par salle.

    Pour autant, la direction de l’AEFE, pourtant désavouée il y a quelques semaines par son ministre de tutelle, ne semble pas prendre conscience de la crise. Dans un communiqué laconique publié jeudi après-midi, l’agence reconnaît « des perturbations localisées » mais assure que « la continuité pédagogique est assurée dans l’immense majorité des établissements ». Une réponse qui a ulcéré les syndicats : « Ils minimisent la situation. À Madrid, des élèves de terminale ont été renvoyés chez eux faute de profs. C’est ça, leur ‘continuité pédagogique’ ? », ironise Isabelle Gonzalez, secrétaire académique du Snuipp-FSU Espagne.

    Mais derrière les motifs économiques, se cache aussi une colère plus large contre la politique menée par l’Agence. Les motifs de discordes ne manquent pas comme la suppression de postes, pour rappel, l’AEFE a perdu 200 enseignants depuis 2023 en raison de restrictions budgétaires et ce alors que Emmanuel Macron s’était engagé à doubler le nombre d’élèves dans le réseau. Car entre la politique internationale menée par la France ces dernières années et le cout prohibitif, les Français de l’étranger ne se ruent pas au portillon, d’ailleurs les étrangers non plus. Ce qui conduit forcément à des fermetures de classes comme à Beyrouth ou Sao Paulo. Ailleurs, des sections bilingues sont menacées de suppression faute de moyens. Enfin le sujet majeur qui préoccupe les syndicats c’est la précarisation des contractuels. Dans certains lycées, jusqu’à 30 % des profs sont en CDD, sans sécurité de l’emploi.

    Eh, oui, le réseau AEFE ne sera plus un sanctuaire. Les syndicats ont déjà annoncé une journée de mobilisation dans tous les établissements AEFE, avec des rassemblements devant les ambassades, le 25 septembre. En Octobre, c’est la préparation d’une grève des corrections du baccalauréat (comme en 2018), qui pourrait paralyser les examens pour les terminales.

    Que ce soit dans l’hexagone ou à l’étranger, La France de 2025 est à un carrefour. Une chose est sûre : les Français, où qu’ils soient, ne restent pas indifférents.

  • Les Assises de la protection sociale à l’épreuve du contexte politique

    Les Assises de la protection sociale à l’épreuve du contexte politique

    Grande première pour les expatriés : les Assises de la protection sociale des Français de l’étranger ont été lancées en mars 2025. Elles visent, entre autres, à améliorer les dispositifs d’aides sociales et de bourses scolaires, ainsi qu’à proposer des solutions pour préserver la Caisse des Français de l’étranger. Alors que les conclusions sont attendues à la mi‑octobre 2025, la situation politique en France risque‑t‑elle de bouleverser le calendrier ? Quels seront les prochains rendez‑vous ? Les objectifs seront-ils tenus ? Les réponses avec Florian Bohême, président de la Commission des affaires sociales de l’AFE et l’un des instigateurs de ces Assises.

    Écouter le podcast avec Florian Bohême

    Assises de la protection sociale et changement de gouvernement : cap maintenu ?

    Depuis mars 2025, partout dans le monde, les expatriés sont invités à apporter leur contribution pour nourrir la réflexion des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger. Aides sociales, bourses scolaires et avenir de la CFE (Caisse des Français de l’étranger) sont les trois thèmes qui avaient été retenus. Lancées officiellement il y a cinq mois par Laurent Saint‑Martin, alors ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, ces Assises suscitent aujourd’hui des interrogations quant aux répercussions possibles des évolutions politiques en France sur son calendrier et la conduite de ses travaux.

    « Au début, beaucoup nous attendaient au virage en disant, c’est quoi ce machin ?, au sujet des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger »

    Florian Bohême, Président de la Commission des Affaires sociales de l’AFE, Conseiller des Français du Cambodge

    En effet, Sébastien Lecornu a succédé à François Bayou à Matignon. Ce changement a‑t‑il une incidence directe sur les travaux des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger ? La réponse de notre invité, Florian Bohême, est limpide : « Non, cela ne perturbe pas (…) nous avons un programme très établi. » Au cours de ce podcast, le président de la Commission des affaires sociales de l’AFE donne des exemples concrets sur les réunions et rencontres en cours.

    « Ce n’est pas parce que la situation politique est merdique en France que le système doit s’arrêter »

    Florian Bohême, Président de la Commission des Affaires sociales de l’AFE, Conseiller des Français du Cambodge

    Mais si le cap est maintenu, les modifications ministérielles possibles pourraient ouvrir une brèche sur le budget. Laurent Saint-Martin avait insisté pour que les recommandations des Assises se fassent à euro constant, c’est-à-dire sans engager de dépense supplémentaire. Pour notre invité « le gouvernement n’est plus. Est-ce que cet objectif sera maintenu par le prochain gouvernement ? Moi, je n’ai pas la réponse aujourd’hui » ! Laissant supposer que des recommandations entraînant un apport budgétaire supplémentaire pourraient être posées sur la table, notamment concernant la santé et la CFE. Revenant sur l’instabilité gouvernementale, de son propre aveu, Florian Bohême est « cash » en nous disant : « ce n’est pas parce que la situation politique est merdique en France que le système doit s’arrêter ».

    Mobilisation citoyenne autour des Assises de la protection sociale des expatriés

    L’une des clés de réussite de ces Assises pourra se mesurer à la participation de nos ressortissants établis hors de France. L’élu consulaire du Cambodge rappelle le chemin parcouru depuis le lancement des travaux : « Je pense que c’est vraiment quelque chose qui a pris de l’ampleur au fur et à mesure », dit‑il, en reconnaissant qu’« au début, beaucoup nous attendaient au tournant en se demandant c’est quoi, ce machin ?, à propos des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger. »

    Florian Boheme lors du lancement des Assises de la protections sociale
    Florian Bohême lors du lancement des Assises de la protections sociale

    Au fil de cette interview, Florian Bohême nous donne des exemples de cette mobilisation citoyenne en faveur des Assises de la protection sociale. Ainsi, des dizaines de réunions de conseil consulaire dans les différents pays se sont, par exemple, organisées. Et notre invité nous partage aussi le chiffre suivant : « 250 citoyens ont candidaté pour rejoindre le panel citoyen. On va en tirer 40 au sort. Je trouve que c’est déjà une réussite ». Il évoque également des situations vécues de Français à l’étranger qui se sont engagés dans ce débat, notamment sur le volet éducation et les attentes vis-à-vis des écoles françaises à l’étranger en lien avec l’AEFE et les aides à la scolarité.

    Les prochains rendez-vous des Assises

    La dernière phase de ces assises a commencé. L’ensemble des contributions reçues sera prochainement publié sur le site internet dédié aux Assises. Puis, une conférence de consensus est ainsi prévue pour le 10 octobre. Florian Bohême nous explique le fonctionnement envisagé pour cet exercice de « consultation citoyenne », et la façon dont les panélistes voteront les recommandations pour définir des priorités. Et, le 15 octobre prochain pendant la session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), les élus voteront sur les propositions retenues.

    D’ores et déjà des pistes d’amélioration devraient recueillir le soutien de nombreuses personnes. Mais comment faire pour que ces recommandations en faveur des aides sociales, des bourses scolaires et des soins de santé à travers la Caisse des Français de l’étranger deviennent ensuite une réalité et ne terminent pas dans un placard, ou victime d’un contexte politique instable ? Outre la rédaction d’un livre blanc, et l’appel aux parlementaires pour le soutenir, Florian Bohême le sait « il faut beaucoup de persuasion et c’est peut-être finalement ce qui nous attend d’ici la fin du mandat ».


    Informations sur les assises de la protection sociale ici

  • Tribune libre « Le coût réel de la vie au Vietnam : entre mythes et réalités »

    Tribune libre « Le coût réel de la vie au Vietnam : entre mythes et réalités »

    Si vous voulez nous faire part d’un témoignage, d’une analyse ou bien de propositions en lien avec les expatriés, Lesfrançais.press est aussi un espace d’expression. Ainsi, nous accueillons avec intérêt les contributions des Françaises et des Français vivant à l’étranger, désireux de partager leurs expériences, réflexions ou observations depuis leur pays de résidence. C’est le sens de cette tribune libre sur « le coût réel de la vie au Vietnam entre mythes et réalités » que notre media a reçu, et que nous publions. Vous pouvez également nous faire parvenir vos contributions en écrivant à [email protected].

    Contribution de Jaime Peypoch, Secrétaire Général de Français du monde-adfe, Président de la section Français du monde Vietnam, et de Marc Villard, Conseiller des Français de l’étranger, élu au Vietnam.

    Vietnam : le mythe du « pays pas cher » résiste-t-il aux faits ?

    Les réseaux sociaux regorgent de témoignages de voyageurs décrivant le Vietnam comme un pays « pas cher », où il serait possible de vivre mieux qu’en France avec un revenu équivalent au SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance). Cette vision occulte une réalité essentielle : en France, ce revenu couvre la sécurité sociale, la retraite, la scolarité et même l’assurance chômage. Rien de tout cela n’est inclus au Vietnam.

    Marc Villard, Conseiller des Français de l'étranger et Jaime Peypoch, Président de Français du monde adfe Vietnam
    Marc Villard, Conseiller des Français de l’étranger et Jaime Peypoch, Président de Français du monde adfe Vietnam

    La vie quotidienne vietnamienne semble imbattable si l’on adopte un mode de vie local. Un repas de rue coûte rarement plus de trois euros, un café pris sur le trottoir se paie quelques dizaines de centimes, et de nombreux petits services paraissent extrêmement abordables pour un regard venu d’Europe. Si ces avantages existent au Vietnam, ils ne représentent qu’une partie de l’expérience de l’expatriation.

    Expatriés au Vietnam : ce qui pèse vraiment dans le budget

    Les dépenses incontournables, elles, sont d’un tout autre ordre. Le premier poste est la santé. Une simple consultation dans un hôpital international coûte entre 40 et 80 euros. Une journée d’hospitalisation en soins intensifs peut se facturer plusieurs milliers d’euros, et un transport sanitaire d’urgence peut atteindre 30 000 à 40 000 euros. Ces montants rendent indispensable la souscription d’une assurance santé. Mais cette sécurité a un prix : de 1 000 euros par an pour un célibataire à 2 000 ou 3 000 euros pour une famille, avec souvent un reste à charge important.

    La scolarité est un autre poste majeur. Dans les établissements scolaires français au Vietnam, il faut compter entre 6 000 et 9 000 euros par an et par enfant. Certes, les familles peuvent bénéficier de bourses scolaires, mais elles ne couvrent pas toujours l’intégralité du coût et leur attribution dépend de critères sociaux stricts.

    « Le Vietnam n’est donc pas l’eldorado que certains décrivent. C’est un pays dynamique, accueillant et plein d’opportunités, mais où l’expatriation exige une préparation sérieuse »

    Jaime Peypoch et Marc Villard

    Le logement illustre lui aussi l’écart entre vie locale et vie expatriée mais dans une moindre mesure. Louer un appartement dans un quartier vietnamien coûte entre 200 et 400 euros par mois. Mais pour vivre dans les quartiers dits expatriés Il faut prévoir entre 600 et parfois plus de 1000 euros pour un grand appartement. Les jeunes actifs seuls ou en couple peuvent se contenter de solutions plus modestes, mais pour les familles, le logement constitue souvent une charge difficilement compressible.

    Visa pour le Vietnam : des démarches parfois complexes

    À ces dépenses s’ajoute une autre difficulté : l’obtention d’un visa. Vivre au Vietnam de manière légale nécessite un titre de séjour adapté, qu’il s’agisse d’un visa de travail, d’affaires ou de résident. Le « visa run » — consistant à sortir régulièrement du pays pour y revenir avec un visa touriste — reste une pratique qui ne permet pas une vie stable, d’ouvrir un compte bancaire, de signer un bail, d’obtenir un permis de conduire ou de travailler officiellement.

    En cas de difficultés, les consulats et les associations locales peuvent apporter un soutien ponctuel. Mais ils ne constituent pas un système de protection sociale français à l’étranger. Leur rôle se limite à proposer des aides temporaires ou des solutions d’urgence. Lorsqu’une situation se dégrade durablement, la seule solution réaliste reste bien souvent le retour en France.

    Le Vietnam n’est donc pas l’eldorado que certains décrivent. C’est un pays dynamique, accueillant et plein d’opportunités, mais où l’expatriation exige une préparation sérieuse. Santé, scolarité, logement et statut légal doivent être anticipés avec soin. S’installer au Vietnam peut être une formidable aventure, à condition de bien préparer son départ, de planifier son budget et de sécuriser son statut administratif.

    Jaime Peypoch, Secrétaire Général de Français du monde-adfe, Président de la section Français du monde Vietnam, et Marc Villard, Conseiller des Français de l’étranger, élu au Vietnam.

  • Briser le carcan de la fatalité

    Briser le carcan de la fatalité

    La France, pays malade d’une Europe elle-même souffrante, renoue avec l’instabilité politique. Celle-ci n’est pas nouvelle : elle constitue même le fil rouge de son histoire. Depuis la Révolution de 1789, plus de treize régimes se sont succédé En soixante-neuf ans, la IIIᵉ République a comptabilisé cent quatre gouvernements ; en douze ans, la IVᵉ en a connu vingt-quatre. Instituée afin de restaurer la stabilité, la Ve République est loin d’être un modèle du genre, surtout depuis trois ans. Depuis 1958, elle a vu se succéder quarante-six gouvernements, quand l’Allemagne n’en a connu que vingt-trois.

    Au-delà de cette instabilité chronique, la France traverse une crise politique, économique et sociale de grande ampleur. Elle cumule plus de cinquante années de déficits publics et une dette dépassant 113 % du PIB. Le moral des ménages est au plus bas.

    Europe morose

    La France n’est toutefois pas la seule à être confrontée à cette situation : c’est l’ensemble de l’Europe qui doit composer avec la morosité. Les populations des États membres de l’Union européenne vitupèrent contre leurs gouvernements, en mettant en avant la baisse de leur pouvoir d’achat, l’insécurité ou encore le coût de la transition écologique. La fragmentation des sociétés menace l’unité des États membres.

    Les perspectives économiques ne sont guère encourageantes. Les prévisionnistes tablent sur une croissance européenne inférieure à 1 % par an pour les années à venir, sur fond de vieillissement démographique. L’économie allemande demeure atone, malgré un assouplissement budgétaire. Le marché américain, premier débouché des entreprises européennes, se referme avec la hausse des droits de douane. L’afflux de produits chinois à bas prix pourrait déstabiliser plusieurs secteurs stratégiques.

    L’Europe semble démunie face à un triple défi : le vieillissement démographique, la transition écologique et la digitalisation. Ces trois défis s’imposent en grande partie aux Européens. Le vieillissement démographique commence à peser lourdement, avec la forte augmentation des dépenses sociales et la baisse de la productivité. Il s’accompagne de la tentation prégnante du repli sur soi. Par son coût et les modifications de comportements qu’elle induit, la transition écologique est de plus en plus perçue comme une contrainte et non comme une opportunité. Elle est devenue une source de tensions sociales. Quant à la digitalisation et sa composante liée à l’intelligence artificielle, elle est subie en Europe du fait des retards technologiques accumulés depuis des décennies par rapport aux États-Unis et à la Chine.

    À la différence de l’après-Seconde Guerre mondiale, peu de personnalités et peu d’énergie positive se dégagent aujourd’hui au sein des États membres pour trouver des solutions communes. La Commission européenne est critiquée en permanence, tant par les gouvernements que par les populations. Elle est jugée tour à tour trop intrusive et trop passive, trop favorable à la bureaucratie et absente des grands dossiers — immigration, guerre en Ukraine, droits de douane… Bien souvent, elle est vilipendée pour des sujets qui ne relèvent même pas de sa compétence.

    Europe maillon faible

    Dans un monde qui se structure en empires, l’Europe doit cesser d’être le maillon faible. La montée des nationalismes fait croire à certains qu’ils s’en sortiraient mieux seuls qu’ensemble. Il n’y a pas excès d’Europe mais bien déficit d’Europe. Les propositions du rapport de Mario Draghi — au premier rang desquelles la finalisation du marché unique avec la création d’un véritable marché unifié des capitaux — mettent trop de temps à être mises en œuvre. La transition écologique comme l’effort de défense devraient reposer sur des financements communautaires. Sans budget commun de recherche, le retard technologique avec les États-Unis et la Chine ne pourra pas être comblé.

    Le chantier de l’harmonisation fiscale devrait également être relancé afin de favoriser l’émergence d’un plus grand nombre de sociétés réellement européennes. Enfin, l’Europe doit créer les conditions de gains de productivité, seule garantie durable de croissance.

    Faute de sursaut collectif, la France comme l’Europe risquent de s’enliser dans un cercle vicieux d’instabilité politique, de stagnation économique et de repli identitaire. L’histoire européenne a montré que les crises peuvent être l’occasion de prises de conscience et de rebonds. Il est urgent de briser le carcan de la fatalité et de retrouver l’esprit de construction, sans quoi l’Europe demeurera spectatrice dans un monde où seuls les empires font l’Histoire.

● Radio en direct
En pause