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  • Israël : les expatriés inquiets mais solidaires

    Israël : les expatriés inquiets mais solidaires

    Depuis quelques jours le monde entier assiste à un emballement du conflit entre Israël et les Palestiniens. Un affrontement, par roquettes et Dôme de fer interposés, qui a déjà causé des morts, trop de morts des deux côtés.

    Un embrasement dont les causes sont nombreuses et complexes. Nous vous proposons de revenir sur les origines de ce conflit et les conséquences pour les Israéliens et les Français installés dans l’Etat hébreu.

    Une situation politique complexe

    En Israël

    Les Israéliens ont été appelés aux urnes déjà quatre fois et aucune majorité viable n’en est sortie. Le Premier Ministre Israélien Benyamin Netanyahou a demandé au parti arabe islamiste de Mansour Abbas de se joindre à une coalition. Ayant refusé cette offre, Abbas a détruit les ambitions de Netanyahou. Le Président de l’État d’Israël a alors demandé à Yaïr Lapid de former un gouvernement. Pour ce faire ce dernier a besoin des voix du parti de Mansour Abbas.

    L’embrasement de la situation fait le jeu de Netanyahou car si Lapid refuse de s’allier avec le parti islamiste d’Abbas, les Israéliens seront dans l’obligation d’aller vers de nouvelles élections et Netanyahou aura alors la possibilité de se représenter. Le Gouvernement actuel en Israël est un gouvernement d’intérim avec à sa tête deux chefs de parti (Netanyahou et Gantz) qui se détestent.

    Dans les territoires autonomes de Cisjordanie

    De l’autre côté, la situation politique est aussi complexe et fragile. Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne a reporté l’élection législative du 22 mai et l’élection présidentielle de juillet 2021. L’excuse donnée par Abbas est que « Le scrutin est reporté jusqu’à ce que notre peuple puisse exercer ses droits démocratiques à Jérusalem. » Ceci est un prétexte car Abbas savait qu’Israël n’autoriserait jamais le vote à Jérusalem, comme il ne l’avait pas autorisé en 2006.

    La vraie raison est que le parti de M. Abbas a peur de perdre les élections et a trouvé un prétexte pour les reporter.

    Les Palestiniens moins soutenus par les Arabes

    Depuis les accords d’Abraham, le problème palestinien n’est plus au coeur de la diplomatie des pays arabes. Avant ce traité, le monde pensait que le conflit israélo-arabe ne pouvait se résoudre sans un accord avec les Palestiniens. Ces derniers se sont sentis trahis par les états arabes signataires de cet accord. Le Bahrein a signé lui aussi un traité de paix, laissant la porte ouverte pour que l’Arabie saoudite, gardienne des lieux saints musulmans, reconnaisse à son tour Israël et signe un traité de paix.

    Ainsi, suite aux accords d’Abraham et à la crise de la Covid, les revendications palestiniennes sont mises aux oubliettes tant par les occidentaux que par les pays anciennement frères.

    Jerusalem, la ville des discordes

    Les origines de l’embrasement de ces derniers jours est, comme souvent, à chercher du côté de Jerusalem, la ville dont les deux parties souhaitent y établir leur capitale.

    Avant la création de l’État hébreu en 1948, le quartier Sheikh Jarrah était principalement habité par des familles juives. A la fin de la guerre de 1948, le quartier est passé sous contrôle de la Transjordanie et les habitants juifs en ont été expulsés. Une longue bataille juridique s’est alors engagée pour savoir à qui appartenait les maisons de Sheikh Jarrah. Les autorités judiciaires ont statué en 1973 que ces biens appartenaient à des familles juives. Depuis, certaines familles arabes contestent ce jugement et la Cour Suprême Israélienne doit rendre une décision dans les jours qui viennent.

    C’est ce vieux serpent de mer qui, aujourd’hui, a débordé des tribunaux pour atteindre l’Esplanade des Mosquées.

    Incendie sur l’esplanade des mosquées du 10 mai 2021

    Les émeutes ont, en effet, commencé ce lundi 10 mai sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem. La très grande majorité des Musulmans venus prier ont quitté les lieux en toute quiétude et seuls quelques extrémistes, que l’on peut qualifier de casseurs, sont restés pour en découdre avec les forces israéliennes.

    On est en droit de se demander pourquoi les autorités qui gèrent la Mosquée ont laissé ces casseurs accumuler des amas de pierres au sein de cette dernière. Il est bon de rappeler que la gestion de l’ensemble de l’Esplanade des Mosquées est confiée à un waqf, fondation religieuse islamique, dont la Jordanie est garante depuis les accords de Wadi Arabia (1994) qui procurent à la Jordanie le rôle privilégié de garante de l’Esplanade des Mosquées.

    Et les Français expatriés ?

    La France entend « rester à l’initiative » dans la recherche d’une solution politique, a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne, le Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France à I24, la chaine d’info israélienne francophone.

    Une position qu’ont du mal à la comprendre les 160 000 français installés dans l’Etat hébreux. Le député des Français de cette circonscription, Meyer Habib, partage la déception de nos compatriotes sur place. Dans un post sur Facebook, il ne cache pas son mécontentement.

    Meyer Habib
    Meyer Habib

    « Je rentre d’Israël où plus de la moitié des 160 000 Français que je représente à l’Assemblée nationale sont sous les bombes, je tiens à le rappeler !Le Hamas et le Djihad islamique, mouvements terroristes, frappent de manière indéterminée, aléatoire, avec pour seul objectif de tuer le maximum de civils : vieillards, femmes, enfants etc. Lorsqu’une démocratie est agressée par des terroristes, aucune équidistance n’est possible ! Je regrette que nous Français ayons choisi de tenir un discours mou, neutre, renvoyant dos à dos agresseurs et agressés, démocratie et mouvement terroriste !« 

    Meyer Habib, Député des Français installés dans les pays de l’est du bassin méditerranéen

    Une solidarité avec les forces israéliennes

    Car la grande majorité des expatriés sur place sont pleinement solidaires du gouvernement israélien et de son armée.

    Publication sur le groupe « Coups de pousse francophones en Israël »

    Cette crise renforce aussi le lien entre les membres de la communauté française et même francophone. En première ligne, les acteurs de la Sécurité et de la Santé multiplient leurs publications sur les réseaux sociaux. Ils détaillent les actions qu’ils mettent en place pour rassurer au quotidien et secourir la population en cas de besoin.

    Publication sur Facebook

    Une importation du conflit en France ?

    En plus de la situation sur place, les expatriés s’inquiètent d’une possible importation du conflit en France et attaquent vigoureusement ceux qui ne partagent pas leur avis.

    Publication sur un groupe d’expatriés français en Israël

    La communauté sur place salue d’ailleurs la décision du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin d’interdire les manifestations de soutien à Gaza en France.

    Un retour des expatriés en France ?

    Cependant d’autres Français installés plus récemment sur place comme le basketteur Arthur Rozenfeld, qui a rejoint l’équipe d’Ashdod en 2020, s’interrogent sur le maintien de leur présence au sein de l’Etat hébreu.

    « Moi, c’est impossible que je vive ça. S’il n’y a pas un minimum de sécurité, parce que ça peut frapper à n’importe quel endroit, je ne peux pas jouer dans de bonnes conditions. Surtout avec l’importance des matchs. » 

    Arthur Rozenfeld, basketteur français à Ashdod

    Les prochaines semaines seront décisives pour les Français d’Israël mais aussi pour toute la région, déjà secouée par les crises en Turquie et les tensions permanentes avec l’Iran.

  • Amazon, Engie : la justice de l’UE se prononce sur les rabais fiscaux du Luxembourg

    Amazon, Engie : la justice de l’UE se prononce sur les rabais fiscaux du Luxembourg

    La justice européenne s’est prononcé sur les rabais fiscaux du Luxembourg au géant de la vente en ligne Amazon et à l’énergéticien Engie, épinglés comme aides d’Etat illégales par Bruxelles qui en a ordonné le remboursement.

    Ces contentieux font partie d’une vaste campagne de la Commission européenne contre l’évasion fiscale des multinationales au sein de l’UE. Des enquêtes ont été ouvertes ces dernières années sous la pression des révélations du scandale LuxLeaks en 2014 puis des Panama Papers en 2016.

    Cette croisade a eu pour l’instant des résultats contrastés. Dans un litige l’opposant au groupe informatique Apple, la Commission avait subi un revers retentissant l’été dernier, les juges européens annulant sa décision de faire rembourser à l’Irlande 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux qu’elle estimait indus.

    Pour Amazon et Engie, les sommes en jeu sont moindres.

    Le géant américain du e-commerce avait été sommé en octobre 2017 de rembourser 250 millions d’euros au Luxembourg. Bruxelles estime qu’il a bénéficié d’avantages illégaux, grâce à un accord de 2003 (reconduit en 2011) lui permettant d’échapper à l’impôt sur près de trois-quarts de ses bénéfices dans ce pays qui abrite son siège européen.

    Montages financiers douteux 

    En juin 2018, l’exécutif européen avait ordonné au Luxembourg de récupérer 120 millions d’euros auprès d’Engie, mettant en cause des montages financiers douteux ayant permis à l’énergéticien français d’échapper à l’impôt sur 99% des bénéfices générés par deux de ses filiales sises au Grand-Duché.

    Contestant toute pratique illégale, le Luxembourg, Amazon et Engie avaient saisi la justice européenne. Les juges du tribunal de l’UE doivent rendre leur décision mercredi vers 11H00 (09H00 GMT).

    Les différentes parties pourront faire appel devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), comme l’a fait la Commission européenne après sa défaite contre Apple en première instance.

    La chaîne américaine de cafés Starbucks avait également obtenu gain de cause en septembre 2019 en première instance contre Bruxelles qui lui avait imposé de verser 30 millions d’euros d’arriérés d’impôt aux Pays-Bas.

    En revanche, le constructeur automobile italien Fiat avait échoué auprès des mêmes juges européens à faire annuler une décision portant sur ce même montant au Luxembourg.

    Un dumping fiscal

    Le traitement fiscal extrêmement favorable de grandes entreprises par certains Etats de l’UE, comme la Belgique, l’Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas, est dénoncé par des ONG depuis de longues années. Ces pays sont accusés de chercher à s’assurer investissements et emplois sur leur sol, au prix d’un dumping qui alimente une chute des recettes fiscales en Europe et crée des distorsions de concurrence entre les entreprises.

    Quelle que soit l’issue des procédures en cours, la question pourrait être bientôt résolue par la révolution de la fiscalité internationale promue par l’administration américaine. Le président Joe Biden souhaite en effet un impôt mondial minimal sur les sociétés.

    Une réforme en ce sens est en cours de négociation sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En cas de succès, elle permettrait de lever plus d’impôts et de régler les problèmes de distorsions au sein de l’UE.

  • Nouvelles tensions entre Israël et Palestine : les raisons

    Nouvelles tensions entre Israël et Palestine : les raisons

    Depuis quelques jours nous assistons à un emballement du conflit entre Israël et les Palestiniens. Conflit qui a déjà causé des morts, trop de morts des deux côtés.

    Les causes de cet embrasement sont nombreuses et complexes et malheureusement la presse internationale ne prend pas le temps de les expliquer.

    Les élections israéliennes 

    Le Hamas et le Djihad Islamique profitent de l’imbroglio politique israélien pour lancer une attaque contre Israël. 

    Les Israéliens ont été appelés aux urnes déjà quatre fois et aucune majorité viable n’en est sortie. Le Premier Ministre Israélien Benyamin Netanyahou a demandé au parti arabe islamiste de Mansour Abbas de se joindre à une coalition. Ayant refusé cette offre, Abbas a détruit les ambitions de Netanyahou. Le Président de l’État d’Israël a alors demandé à Yaïr Lapid de former un gouvernement. Pour ce faire ce dernier a besoin des voix du parti de Mansour Abbas.

    L’embrasement de la situation fait le jeu de Netanyahou car si Lapid refuse de s’allier avec le parti islamiste d’Abbas, les Israéliens seront dans l’obligation d’aller vers de nouvelles élections et Netanyahou aura alors la possibilité de se représenter.

    Le Gouvernement actuel en Israël est un gouvernement d’intérim avec à sa tête deux chefs de parti (Netanyahou et Gantz) qui se détestent.

    Le Hamas et le Djihad Islamique font tout pour que la droite israélienne reste au pouvoir. 

    Toute personne qui s’intéresse à l’histoire du Proche-Orient remarquera qu’à chaque fois que le centre ou la gauche israélienne ont la possibilité de gouverner, les extrémistes palestiniens lancent des attaques meurtrières contre Israël.

    Les Palestiniens ne sont plus au cœur de l’actualité 

    Avec ces émeutes, le Hamas et le Djihad Islamique souhaitent que le monde reparle des Palestiniens.

    Les accords d’Abraham ont mis de côté le problème palestinien. Avant ce traité, le monde pensait que le conflit israélo-arabe ne pouvait se résoudre sans un accord avec les Palestiniens. Ces derniers se sont sentis trahis par les états arabes signataires de cet accord.

    Depuis plus d’un an les gouvernements comme les médias ne parlent que de la Covid et les sujets internationaux passent au deuxième plan.

    Ainsi, suite aux accords d’Abraham et à la crise de la Covid, les revendications palestiniennes sont mises aux oubliettes.

    Les élections palestiniennes 

    Le Hamas et le Djihad Islamiste pensent qu’ils peuvent gagner les futures élections et montrent leurs forces. 

    Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne a reporté l’élection législative du 22 mai et l’élection présidentielle de juillet 2021. L’excuse donnée par Abbas est que « Le scrutin est reporté jusqu’à ce que notre peuple puisse exercer ses droits démocratiques à Jérusalem. » Ceci est un prétexte car Abbas savait qu’Israël n’autoriserait jamais le vote à Jérusalem, comme il ne l’avait pas autorisé en 2006.

    La vraie raison est que le parti de M. Abbas a peur de perdre les élections et a trouvé un prétexte pour les reporter.

    Les émeutes de Jérusalem

    Israël

    L’Esplanade des Mosquées est confiée depuis 1994 à une fondation dont la Jordanie est garante. 

    Ces émeutes ont commencé sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem. La très grande majorité des Musulmans venus prier ont quitté les lieux en toute quiétude et seuls quelques extrémistes, que l’on peut qualifier de casseurs, sont restés pour en découdre avec les forces israéliennes.

    On est en droit de se demander pourquoi les autorités qui gèrent la Mosquée ont laissé ces casseurs accumuler des amas de pierres au sein de cette dernière.

    Il est bon de rappeler que la gestion de l’ensemble de l’Esplanade des Mosquées est confiée à un waqf, fondation religieuse islamique, dont la Jordanie est garante depuis les accords de Wadi Arabia (1994) qui procurent à la Jordanie le rôle privilégié de garante de l’Esplanade des Mosquées.

    La bande de Gaza 

    Depuis 2005 plus aucun Israélien ne vit à Gaza 

    Les roquettes tirées sur Israël proviennent de la bande de Gaza.
    Le Hamas qui a pris le pouvoir sur ce territoire en 2007 en chassant l’Autorité Palestinienne, affirme qu’il ne veut plus de l’occupation israélienne.
    Toute personne objective peut se demander de quelle occupation parle le Hamas car chacun sait que les accords d’Oslo de 1993 ont placé la bande de Gaza sous l’administration de l’Autorité palestinienne et qu’après la seconde intifada en 2005, Israël s’est complétement retiré de la bande de Gaza. Ainsi toute la population juive (9 000 habitants) qui vivait autour de cette bande a été évacuée.

    L’affaire des expulsions de « Sheikh Jarrah »

    La Cour Suprême Israélienne doit rendre une décision dans les jours qui viennent. 

    Sheikh Jarrah est un quartier de Jérusalem à quelques kilomètres de la vielle ville.
    Cette affaire est simple et compliquée à la fois car le droit et les ressentis humains ne vont pas toujours de pair.

    Avant la création de l’État hébreu en 1948, la maison située dans ce quartier appartenait à une famille juive.

    A la fin de la guerre de 1948, le quartier est passé sous contrôle de la Transjordanie et les habitants juifs en ont été expulsés.

    En 1967, suite à la guerre des Six jours, le Gouvernement israélien a adopté une loi permettant aux anciens habitants expulsés par la Transjordanie de récupérer leurs biens sous certaines conditions.

    Une longue bataille juridique s’est alors engagée pour savoir à qui appartenait les maisons de Sheikh Jarrah. Les autorités judiciaires ont statué en 1973 que ces biens appartenaient à des familles juives.

    Depuis, certaines familles arabes contestent ce jugement et la Cour Suprême Israélienne doit rendre une décision dans les jours qui viennent.

    2020 a été l’année de tous les espoirs 

    En mettant le feu aux poudres, le Hamas et le Djihad islamique veulent « islamiser » le conflit.

    L’année 2020 a été une année d’espoir pour le Proche-Orient. Enfin, après plus de 70 ans, les États du Golfe reconnaissaient Israël et, à la surprise de tous, cette paix n’était pas une paix entre des Gouvernements mais entre des peuples. Il suffit de voir le nombre d’échanges entre ces pays.

    En mettant le feu aux poudres, le Hamas et le Djihad islamique veulent « islamiser » le conflit qui oppose les Israéliens et les Palestiniens. S’ils réussissent, nous assisterons à une montée en puissance des frappes militaires. Des centaines de personnes vont y perdre leur vie. Les dirigeants du Hamas et du Djihad islamique s’en moquent et car ils ne s’intéressent qu’au pouvoir et surtout aux caisses de l’Autorité Palestinienne .

    Biographie de l’auteur, Eric Gozlan

    Éric Gozlan

    Éric Gozlan est né en 1964. Il a vécu une grande partie de sa vie en Israël au kibboutz et a servi dans une unité combattante de Tsahal pendant la première guerre du Liban et la première Intifada. Il étudie l’économie en Israël. De retour en France, il est reçu au troisième concours de l’École Nationale de la Magistrature et a travaillé de nombreuses années dans le milieu bancaire et au Conseil de l’Europe. En dehors de son parcours professionnel, Éric a toujours été intéressé par le social et les relations interreligieuses. 

    Un article publié dans la section blog du Times of Israel

  • Élections régionales et départementales : qui sont les ministres candidats ?

    Élections régionales et départementales : qui sont les ministres candidats ?

    Au moins treize ministres et secrétaires d’État seront candidats aux élections départementales et régionales en France. Un exercice pour la démocratie en temps de pandémie !

    Combien de ministres et secrétaires d’État sont candidats aux régionales ?

    À ce jour, ils sont dix sur quarante-trois membres du gouvernement, dont cinq engagés comme têtes de liste : Marc Fesneau (Relations avec le Parlement) en Centre-Val-de-Loire ; Brigitte Klinkert (Insertion) dans l’Est ; Geneviève Darrieussecq (Anciens combattants) en Nouvelle Aquitaine ; Laurent Pietraszewski (Retraites) dans les Hauts-de-France ; et Sophie Cluzel (Personnes handicapées) en Provence-Alpes-Côte d’Azur… À moins d’un nouveau rebondissement de dernière minute et d’un accord avec le LR Renaud Muselier…

    De leur côté, Emmanuelle Wargon (Logement), Nathalie Elimas (Éducation prioritaire), Marlène Schiappa (Citoyenneté) et Amélie de Montchalin (Fonction publique) sont toutes les quatre en lice en Île-de-France, dans l’équipe conduite par Laurent Saint-Martin. Quant à Éric Dupond-Moretti (Justice), il se présente dans les Hauts-de-France.

    Qui est candidat aux départementales ?

    Gérald Darmanin (Intérieur) à Tourcoing (Nord), Sébastien Lecornu (Outre-mer) à Vernon (Eure), et Brigitte Bourguignon (Autonomie) à Desvres-Marquise (Pas-de-Calais).

    Y a-t-il des indécis ?

    Oui. Alain Griset (Petites et moyennes entreprises) réfléchit à se présenter aux départementales dans le Nord. En revanche, Élisabeth Borne (Travail), qui souhaite « jouer un rôle dans la campagne » des régionales en Normandie, ne sera pas sur une liste.

    Que fera un ministre en cas de victoire ?

    Marc Fesneau quittera le gouvernement s’il est élu à la tête de la région Centre. Il en sera de même pour Brigitte Klinkert, qui réclame un « choc de décentralisation pour le Grand Est ». Même ambition pour Geneviève Darrieussecq qui milite en faveur « d’une gouvernance de proximité » en Nouvelle Aquitaine. Pour l’instant, aucun ministre tête de liste n’est donné favori.

    Et en cas de défaite ?

    Les candidats perdants devront-ils dire adieu à leur ministère ? Interrogé sur le sujet, Marc Fesneau renvoie la balle au chef de l’État. « Ce n’est pas moi qui décide. La décision est entre les mains du président de la République. » Questionnée sur le même thème, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili estime que ses collègues candidats « ne défendent pas leur bilan ministériel aux régionales et départementales. Pourquoi, alors, devraient-ils démissionner en cas de défaite ? »

  • La vaccination ouverte à tous les Français et aux expatriés

    La vaccination ouverte à tous les Français et aux expatriés

    Le gouvernement français franchit une étape importante ce mercredi 12 mai en abaissant à 18 ans la tranche d’âge accessible à la vaccination. Pour l’instant, il s’agit d’un dispositif conçu pour ne pas gâcher de doses. Pour cela, il autorise via les plateformes de prises de rendez-vous telles que Doctolib ou Vitemadose de déclarer disponible la veille pour le lendemain un créneau de rendez-vous non réservé par une catégorie prioritaire. Un dispositif valable pour les expatriés aussi.

    20 millions de vaccinés

    Ce nouveau coup d’accélérateur de la campagne de vaccination par le gouvernement vise à franchir à la fin de cette semaine la barre des 20 millions de personnes ayant reçu au moins une injection (contre plus de 17,8 millions actuellement).

    Pour autant, l’objectif du gouvernement des 30 millions de Français vaccinés à la mi-juin reste incertain, à cause de la méfiance persistante vis-à-vis du vaccin d’AstraZeneca et de la situation sanitaire qui reste « préoccupante ».

    Cette défiance persistante à l’égard du vaccin AstraZeneca (seulement 75% des doses reçues injectées selon les chiffres de dimanche dernier, 25% des doses n’ont donc pas trouvé preneur) ralentit le déroulement optimal de la vaccination compte tenu du manque persistant de doses à injecter.

    Les expatriés sont aussi vaccinés

    Si le gouvernement recommande aux Français de l’étranger de se faire vacciner dans leur pays de résidence quand la vaccination est possible, les expatriés peuvent venir en France pour bénéficier de la vaccination gratuite.

    La vaccination sera possible et gratuite sous réserve que vous obteniez un rendez-vous, ce qui n’est plus un souci vu le nombre de places libres disponibles sur les plateformes dès à présent.

    Coté administratif, les choses sont simples : 

    • Vous dépendez du régime français de sécurité sociale. La présentation de la carte vitale et, à défaut, l’attestation avec le numéro de Sécurité sociale vous sera demandée.
    • Vous êtes adhérent de la Caisse des Français de l’étranger (CFE), l’attestation CFE ou la carte vitale sera demandée.
    • Vous n’êtes pas assuré du régime français, un passeport ou une carte d’identité vous sera demandé. Un numéro d’identification d’urgence sera créé (votre numéro de sécurité social si vous en détenez un ou sinon il vous en sera créé un).

    Dans les pays où la situation est complexe et que la vaccination ne peut attendre le déplacement en France, les services consulaires ont commencé à organiser des campagnes de vaccination comme à Madagascar ou en Inde.

    Credit photo : Ambassade de France à Madagascar
  • Royaume-uni : la France en orange !

    Royaume-uni : la France en orange !

    Grant Shapps

    Ce vendredi 7 mai 2021, le ministre britannique des Transports, Grant Shapps, a annoncé un assouplissement des restrictions sur les voyages à l’étranger depuis ou à destination du Royaume-uni. C’est pourquoi, le gouvernement britannique souhaite mettre en place un système de feu tricolore pour classer les pays, selon leur niveau de vaccination, leur taux de contamination et la présence de variants sur leur territoire. La France a été déclarée « orange ».

    Pays verts : pas de quarantaine

    Pour les destinations vertes, les voyageurs pourront désormais revenir en Angleterre en étant exemptés de quarantaine et faire un test après leur arrivée. Seulement trois destinations sont classées en rouge : la Turquie, le Népal et les Maldives.

    Malheureusement, comme indiqué ci-dessus, la France a été classée en orange. Les restrictions actuelles restent inchangées. Et, les voyageurs en provenance de l’Hexagone devront toujours présenter un test PCR négatif datant de moins de 72 heures avant leur départ. Il devra remplir le “passenger locator form” (formulaire de localisation du passager à faire en ligne) et se confiner 10 jours dès leur arrivée. Ils devront réaliser deux tests (dont le coût est à leur charge et à commander avant son départ auprès d’un prestataire agréé par le gouvernement britannique) au 2ème et 8ème jour de leur “dizaine”. Son prix peut varier £120 et £320.

    les Français au Royaume-Uni en colère

    Entre la frustration et la colère, les Français vivant au Royaume-Uni se résilient.

    Pour Johanna, 28 ans, et qui habite à Londres depuis 2 ans, elle trouve que “le système de classement est bien. Mais le prix des tests est scandaleux et il creuse encore plus les inégalités avec le coût du voyage, entre le test pour partir et le kit pour rentrer. C’est 4 fois le prix du billet. Ce qui équivaut au prix d’un voyage à l’autre bout du monde. Pourquoi devons-nous nous tester maintenant, alors qu’il faut quand même s’isoler 10 jours ? Pour moi c’est une double peine. Comment lutter contre l’isolement après plus d’un an de Covid? Il ne reste plus trop de solutions, les appels et les visios ne suffisent plus, c’est assez déprimant.”

    Témoignage de Johanna

    Margaux, qui est aussi à Londres est également frustrée par l’annonce du gouvernement britannique. “Le fait que le Royaume-Uni a mis la France sur liste orange n’est pas une surprise compte tenu de la situation dans l’Hexagone. Ce qui reste très frustrant. Un an, que nous ne pouvons pas rentrer en France tranquillement sans avoir une quarantaine en retour. C’est impossible de rater dix jours au retour quand on travaille .”

    Témoignage de Margaux

    Les candidats aux élections consulaires réagissent

    Patricia Connell

    Pour Patricia Connell, tête de liste de « La République en Marche » pour les élections consulaires qui se dérouleront le 30 mai 2021, elle estime “qu’il est bien naturel d’être frustré. Le taux de transmission en France est pour l’instant plus élevé qu’au Royaume-Uni. Dans les 3 semaines à venir, une fois que le programme de vaccination sera bien plus avancé qu’il ne l’est actuellement, les choses vont changer. Alors le gouvernement britannique pourra revoir sa décision. Pour l’instant, mis à part le Portugal, l’Islande ou le Gibraltar, les autres pays de la Zone européenne sont tous en orange. Je dirais donc aux Français d’être patients. Dans 3 semaines, les choses seront très certainement différentes. Je n’ai pas vu ma maman depuis juillet dernier. Comme eux, je rêve de pouvoir la prendre dans mes bras. Il faut encore attendre quelques jours. Soyons patients.”

    Le travail formidable du Consulat

    Nicolas Hatton

    Un autre candidat aux élections consulaires, Nicolas Hatton, fondateur des «3Millions » et qui est tête de liste : Un monde des projets, estime qu’il est “difficile de suivre avec tous les changements de règles et je comprends les frustrations de certains à ce sujet. Mon conseil est de bien comprendre les règles avant de prendre ses billets et d’accepter que les choses puissent changer en cas de dégradation de la situation sanitaire. Au-delà du débat sur la justesse de ces règles, je voudrais souligner le travail formidable du Consulat pour renouveler les passeports expirés de nos concitoyens et concitoyennes qui doivent se rendre en France pendant la pandémie. Comme tout le monde, j’espère pouvoir aller rendre visite à ma famille cet été et je croise les doigts. »

    Les mesures seront revues toutes les trois semaines, comme l’a précisé le ministre des Transports vendredi. Ce qui permet aux expatriés d’espérer voir la France intégrer cette liste verte d’ici les congés estivaux. En attendant, les Français au Royaume-Uni vont devoir se patienter pour revoir leurs proches en France.

  • Des dettes publiques à la monnaie numérique de banque centrale

    Des dettes publiques à la monnaie numérique de banque centrale

    Après avoir atteint un point bas dans les années 1980/1990, l’endettement des États occidentaux est en hausse. L’érosion de la croissance a diminué les recettes publiques quand, dans le même temps, les gouvernements ont accru les dépenses, en particulier en matière sociale. La succession des crises conduit à un interventionnisme croissant. Un nouvel acteur bouleverse le jeu, la monnaie numérique.

    La covid-19, un accélérateur de mutations

    L’épidémie de Covid-19 a entraîné une augmentation sans précédent des dépenses et de la dette : en moyenne, +20 % du PIB. Pour la première fois depuis 75 ans, le taux d’endettement public dépasse le niveau qu’il avait atteint à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Il s’élevait à 138 % du PIB en 2020 pour l’OCDE contre 120 % en 1945 et 50 % en 1980. Parmi les grands États occidentaux, seul le Royaume-Uni n’a pas battu son record de 1945. L’endettement public de ce dernier avant atteint alors plus de 240 % du PIB (103 % en 2020).

    Déséquilibres structurels 

    Entre 1950 et 2007, les États occidentaux ont limité l’ampleur de leurs déficits publics. L’équilibre était de mise jusqu’en dans les années 1970. Une lente dégradation intervient à partir du premier choc pétrolier qui s’amplifie de crise en crise. Aujourd’hui, la tendance lourde est à l’augmentation des dépenses publiques du fait d’une forte demande de socialisation de la richesse produite. La lutte contre la pauvreté, la transition énergétique, les relocalisations, la santé, l’éducation les retraites ou la dépendance constituent des pôles de dépenses jugés incontournables par les opinions publiques. 

    Dans le contexte actuel, nul n’imagine le retour rapide aux excédents budgétaires mêmes primaires (avant paiement des intérêts de la dette), ce qui constitue une rupture par rapport à la période 1950/1970 ou la quasi-totalité des États dégageaient de tels excédents. Rompant avec une tradition qui s’était imposée après la Seconde Guerre mondiale, les États recourent de plus en plus à la monétisation des dettes publiques.

    Un quart de la dette détenue par les banques centrales 

    La part de la dette publique détenue par les banques centrales représentait moins de 5 % du PIB jusqu’au début des années 2000. Ce ratio atteint désormais 35 %. Il s’élève même à près de 100 % au Japon. Cette augmentation est évidemment à mettre en parallèle avec celle de l’endettement. Les banques centrales ont accompagné et permis la progression rapide de la dette publique ; elles en détiennent désormais plus du quart. Les taux d’intérêt constituent un élément clef de la solvabilité des États. 

    Si les taux d’intérêt nominaux sont inférieurs à la croissance nominale, il y a bien sûr réduction du taux d’endettement public. Durant les Trente Glorieuses, la faiblesse des taux nominaux était en partie due à une inflation élevée et s’accompagnait d’une croissance importante. Cette combinaison a contribué à la forte réduction de l’endettement public. 

    Aujourd’hui, les pouvoirs publics comptent essentiellement sur les taux d’intérêt anormalement bas. Depuis les années 1990, au sein de l’OCDE, ils sont en moyenne inférieurs à la croissance. Les politiques monétaires expansives des banques centrales réduisent le coût de l’endettement en offrant aux États la possibilité d’émettre des volumes d’obligations plus importants que dans le passé.

    Une inflation larvée mais déjà présente 

    Pour certains, l’inflation est de manière larvée déjà présente. La progression des prix de l’immobilier et des actions en serait une des manifestations. Les dépenses de logement des ménages sont en augmentation constante depuis une dizaine d’années, ce qui aboutit à réduire leurs marges de manœuvre en période de stagnation salariale.

    Une hausse des prix sur les matières premières et sur certains biens intermédiaires comme les microprocesseurs est constatée depuis le début de l’année 2021. Ce phénomène peut être transitoire en raison des problèmes d’approvisionnement générés par l’épidémie. Elle peut néanmoins être amenée à perdurer avec la hausse de la demande qui est stimulée par les plans de relance notamment américains. 

    Jusqu’à maintenant, les grandes monnaies que sont le dollar ou l’euro ne connaissent pas de dépréciation malgré la forte augmentation de leur masse monétaire provoquée par l’endettement croissant des États et des autres agents économiques. Le statut de valeur refuge de ces deux monnaies et l’inexistence d’alternative monétaire crédible empêchent l’engagement d’un tel processus.

    Le Dollar, l’Euro et les cryptomonnaies 

    Des économistes comme Charles Gave estiment que la défiance à l’encontre du dollar et de l’euro interviendra assez rapidement avec l’émergence des crypto-monnaies. Ce scénario suppose l’affaiblissement du pouvoir des banques centrales qui sont les seules à pouvoir donner une valeur légale aux monnaies. Face à un risque de marginalisation, elles pourraient s’accorder pour déployer des monnaies numériques de banque centrale. 

    Toutes les périodes d’endettement massif donnent lieu à des innovations financières majeures. L’émergence de la blockchain ouvre également de nouveaux horizons au secteur financier.

    Expérimentation de l’euro numérique 

    La Banque Européenne d’Investissement (BEI) et la Banque de France mènent depuis le milieu de l’année dernière des expérimentations sur ce sujet. Au mois d’avril, une émission d’obligations numériques pour un montant total de 100 millions d’euros a été ainsi réalisée. Les règlements ont été effectués en monnaie numérique de banque centrale émise sur la blockchain. D’un point de vue technologique, l’expérimentation a nécessité le développement et le déploiement de smart contracts sous des conditions sécurisées, afin que la Banque de France puisse émettre et contrôler la circulation des jetons de Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC) et que leur transfert se fasse simultanément en livraison contre paiement à la livraison des jetons de titres dans le portefeuille des investisseurs. 

    L’ensemble des opérations a été mené en coopération avec les membres d’un syndicat bancaire composé de Goldman Sachs International, Santander et Société Générale. D’autres expérimentations seront réalisées par la Banque de France dans les prochains mois en coopération avec d’autres acteurs du marché, pour tester de nouveaux usages d’un euro numérique de banque centrale dans les règlements interbancaires. 

    Quelles formes pourraient prendre cette future monnaie digitale de banque centrale ? Cette monnaie pourrait être réservée aux intermédiaires financiers et permettrait d’utiliser la blockchain pour réduire les coûts et les délais associés à certaines transactions interbancaires faisant aujourd’hui intervenir back-offices, chambres de compensations, dépositaires centraux et banques centrales. Un tel usage pourrait aboutir à l’essor du shadow banking et à l’arrivée de nouveaux acteurs.

    Un nouveau rôle pour les banques centrales 

    A terme, la monnaie digitale de banque centrale pourrait être accessible à tous les publics : particuliers, entreprises et intermédiaires financiers. Sa valeur serait garantie par le bilan de la banque centrale et ne souffrirait d’aucun risque de défaut. Elle pourrait alors être utilisée pour les transactions dans des points de vente physiques, en ligne ou sur des objets connectés. Elle pourrait également être rémunérée et constituer alors un placement. 

    Cette monnaie pourrait remettre en cause le rôle d’intermédiation rempli par les établissements financiers. Le système bancaire pourrait être confronté au risque de captation des dépôts par la banque centrale. Compte tenu de son caractère présumé sans risque, les épargnants pourraient se détourner des dépôts traditionnels en banques commerciales. 

    Si les transactions commerciales sont réalisées en monnaie digitale de banque centrale, les établissements n’auront plus accès à des informations concernant leurs clientèle de détail. Cette perte d’information peut les conduire à prendre des décisions moins pertinentes dans leur activité d’octroi de crédit, ce qui impacterait la qualité des actifs bancaires et leur solvabilité. 

    L’émergence des monnaies digitales est une source de déstabilisation de l’ensemble de la place financière avec des possibilités de transferts massifs si elles sont ouvertes trop rapidement à la clientèle de détail. En l’état actuel, les banques centrales souhaitent en réserver l’accès aux établissements financiers et limiter la rémunération qui y serait associée afin de ne pas pénaliser les dépôts traditionnels. La détention de la monnaie digitale serait plafonnée avec, en outre, des obligations de conversion dans les devises ayant cours légal.

  • AstraZeneca : l’Europe dit stop

    AstraZeneca : l’Europe dit stop

    L’Union européenne n’a pas renouvelé pour l’instant son contrat de fourniture de vaccins Covid-19 avec AstraZeneca pour après le mois de juin, a indiqué dimanche le commissaire européen Thierry Breton, au lendemain de l’annonce de la signature d’un nouveau contrat de l’UE avec Pfizer.

    Pfizer privilégié

    « Nous n’avons pas renouvelé le contrat (avec AstraZeneca) après le mois de juin. On verra, on regarde ce qu’il se passe », a déclaré le commissaire européen chargé du marché intérieur, interrogé sur France Inter/France Info.

    Relancé par ses intervieweurs pour savoir si le non-renouvellement actuel signifiait une fin de non-recevoir définitive pour le vaccin AstraZeneca, M. Breton a laissé planer le doute.

    « Ce n’est pas encore fait, attendez », a-t-il dit. « On a commencé » les renouvellements de contrat avec Pfizer/BioNTech mais « on en aura d’autres », a-t-il dit.

    « On a commencé avec Pfizer parce qu’on est en train de travailler sur la deuxième phase, les vaccins de deuxième génération », a-t-il indiqué.

    Il s’agit de « se mettre en situation avant les autres » pays pour la suite du programme de vaccination, a-t-il dit.

    Emmanuel Macron laisse une porte ouverte

    Interrogé par la presse à Strasbourg sur l’avenir du contrat européen avec AstraZeneca, le président français Emmanuel Macron a lui aussi maintenu l’incertitude.

    Le vaccin d’AstraZeneca « nous aidera à la sortie de crise », a-t-il relevé, de Strasbourg où il donnait le coup d’envoi de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

    « Mais pour répondre aux variants, on voit que d’autres vaccins sont aujourd’hui plus efficaces », a-t-il poursuivi, en soulignant le « pragmatisme » dont l’UE avait toujours fait preuve sur la question des vaccins.

    La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé samedi un nouveau contrat pour acheter jusqu’à 1,8 milliard de doses de vaccins contre le Covid à BioNTech-Pfizer.

    « D’autres contrats et d’autres technologies de vaccins suivront », a-t-elle ajouté.

    Des livraisons de vaccins assurées jusqu’en 2023

    Le contrat avec les laboratoires allemand et américain, alliés dans la production de vaccins anti-Covid, prévoient des livraisons dès cette année et jusqu’en 2023.

    Ces nouvelles doses permettront notamment de protéger la population contre les nouveaux variants du coronavirus mais aussi de vacciner les enfants et adolescents.

    L’UE mise désormais ouvertement sur les vaccins dits à ARN messager, comme ceux de BioNTech-Pfizer et de l’américain Moderna, une technologie innovante jugée plus efficace contre les variants dits « sud-africain » et « brésilien ».

    AstraZeneca, victime des retards de livraison

    Le vaccin d’AstraZeneca, qui utilise une technologie plus traditionnelle, a en revanche pâti de très forts retards de livraison qui ont poussé l’UE a introduire une action en justice contre le laboratoire suédo-britannique. L’UE et AstraZeneca s’expliqueront le 26 mai devant un tribunal de Bruxelles à ce sujet.

    De rares cas de thrombose associés à son inoculation ont par ailleurs amené à en restreindre l’usage.

    AstraZeneca a produit un vaccin « qui est très intéressant » et « très bon », a estimé Thierry Breton.

    « Il a surtout l’intérêt de pouvoir être utilisé dans des conditions logistiques et de température » plus souples que les autres vaccins, a-t-il dit.

  • Haïti : sœur Agnès et père Michel finalement libres

    Haïti : sœur Agnès et père Michel finalement libres

    A Haïti, le 11 avril, deux religieux français Sœur Agnès et Père Michel de la Mission Saint Jacques à Port-au-Prince, ont été enlevés avec les personnes qui se trouvaient avec eux.

    20 jours de captivité

    On soupçonne le gang des Maweze. Ils ont été finalement libérés après 20 jours de captivité dans la jungle.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Biden, brise tabous !?

    Biden, brise tabous !?

    On savait le capitalisme révolutionnaire, mais à ce point c’est du  quantique: espaces courbes, intrications, bientôt l’énergie noire. « Les tabous sont faits pour être violés » disait Marcel Mauss, le père de l’anthropologie française. Le siècle naissant et sa cohorte de révolutions lui donnent raison. Sans doute la crise est-elle un formidable accélérateur de changements. Mais c’est au fond une Révolution, guidée par la conscience, qui engage cette chaîne de bouleversements. Joe Biden, par exemple, brise les tabous en ce début de mandat.

    Biden chauffe l’Amérique au dollar

    Président du pays porte flambeau du capitalisme, Joe le vieux, Joe l’endormi, réveille l’Amérique à coups de milliards et brise tous les tabous : Après les 1 900 Mds$ du Rescue Plan, les 2 200 Mds de l’American Jobs Act (infrastructures), voici 1 800 Mds$ pour les familles de l’American Families Act. Au total 5 900 Mds$, près de 30% du PIB US sur les prochaines années. Du jamais vu depuis le New Deal de Roosevelt. 

    Qui dit mieux ? Personne. L’Europe espère faire approuver son plan de relance avant la fin de la crise : 750 Mds€. On excusera du peu : la dette commune, c’est une première, aussi. Il faut y ajouter les plans nationaux, difficile à évaluer, en France entre cent et cinq cent milliards… selon le Ministre de l’économie ou le Président de la République. Tout dépend comment on compte, mais qui compte ?

    La crise permet tout. (Y compris d’interdire). Biden veut la transformer en «opportunité » et booste la croissance. 5.900 milliards, il faut ce qu’il faut. Tout le monde ne peut pas puiser au puits sans fond du dollar. Résultat : la croissance américaine est repartie à +6% ce dernier trimestre. En France, à … 0.4%.

    Tabou des impôts 

    Après le tabou de la dépense, Biden fait sauter celui des impôts. Non seulement il a décidé d’augmenter les impôts sur les sociétés, à 25%, (presque le taux français, 28%), mais il veut même un taux d’imposition minimal mondial : 21% ! L’Amérique veut taxer ses multinationales, et que les autres les taxent aussi. Le monde à l’envers.

    En Colombie, où le taux d’imposition ne dépasse pas 20% du PIB, un des plus faible de l’OCDE, le gouvernement a voulu augmenter les impôts pour financer le déficit du à la coronacrise. Révolte : 28 morts. 

    Pour les pays qui n’ont pas la dette facile, la crise accroit la pauvreté. En 2020, selon l’ONU, 155 millions de personnes, dont 100 millions en Afrique, sont tombés dans l’insécurité alimentaire, le nombre le plus élevé de ces dernières années : ils n’étaient « que » 96 millions en 2016, sur une tendance de baisse continue. La quasi-totalité était due aux conflits et aux guerres. L’arrêt des échanges, le blocage de l’économie mondiale ont provoqué par la coronacrise, a fait grimper le chiffre. Ce n’est pas le covid qui tue en Afrique, c’est la panne des circuits de distribution. Et toujours les guerres, bien sûr. 

    Mais que se passerait-il si l’Afrique, jusqu’ici épargnée, connaissait la même flambée épidémique que l’Inde, désormais submergée ?

    Comment permettre la vaccination dans les pays pauvres ? Les pays riches ont lancé avec l’OMS l’initiative COVAX : 5 milliards de financements annoncés par les pays les plus riches, Etats-Unis, Europe, Japon. Mais Biden va plus loin, il se prononce pour la levée des brevets.

    Tabou de la propriété intellectuelle

    Bien mondial, bien gratuit, dit-il. Et le droit de propriété intellectuelle ? Tant pis. Devoir moral, dit-il. Il accède aux demandes de l’Inde et de l’Afrique du sud. D’accord, les Etats-Unis sont généreux avec les brevets Européens, qui produisent 40% des vaccins de la planète et ont exporté la moitié des 400 millions de doses produites quand les Etats-Unis conservaient les siennes : America first. Certes, le partage des brevets ne résoudra pas la question de la production, en tout cas pas dans l’immédiat. Peu importe : Biden ouvre la porte à une mise en parenthèse de la propriété intellectuelle, le socle de la recherche et de la richesse. 

    Comment rémunérer le chercheur si on ne paie pas sa découverte ? Qui s’élancera dans la prochaine course au vaccin, pour la prochaine pandémie ? disent les critiques. Seuls le pourront ceux qui seront financés a priori par des commandes publiques. Reprenant Mauss, Graham Green écrivait : « Les principes sont faits pour être violés », il expliquait : « être humain est aussi un devoir. » Voilà ce qui inspire Biden. Mais pas seulement : Les écarts dans l’accès aux vaccins, l’accès aux financements, aux technologies vont s’accroitre entre les pays. Or les écarts, dans une si petite planète, ne peuvent pas se tendre sans risque. On ne peut rester riche et bien portant, – relativement aux autres-  tout seul impunément. Or les écarts s’accroissent vite, très vite.

    Lors de ce premier trimestre 2020, trimestre de crise, Amazon, a vu son chiffre d’affaires augmenter de 44% : 108 Mds. Bénéfice triplé: 8 Mds. Google: 55 Mds de CA, 18 milliards de bénéfice. Apple, chiffre d’affaires + 54% : 89,4 milliards de $. Profit : 23,6 milliards. En un trimestre. 

    A titre de comparaison : 90 milliards est la valeur totale de la BNP ; 23 milliards, celle de la Société Générale. Petites banques, petite France. La fondation Gates donne d’ailleurs un peu plus que la France à l’initiative Covax. Finances, monnaies, sécurité : Le temps des Etats serait compté.  

    La crise amplifie les changements d’échelle dans le monde. Elle bouleverse la façon de travailler, les modes de pensée, les principes. Rien n’est tabou, rien n’est acquis. 

    La constance, c’est la compétition mondiale. Biden veut garder, ou restaurer le leadership moral de l’Amérique. Répondre ainsi à Poutine et à la Chine. La morale aussi est un capital. Brise tabou n’est pas si fou. 

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député des Français de Belgique

    Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »

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