Croissance américaine, quand l’Empire contrattaque

Croissance américaine, quand l’Empire contrattaque

Au premier trimestre, La croissance de l’économie américaine s’est accélérée grâce à un soutien budgétaire massif aux ménages et aux entreprises. Le PIB des Etats-Unis a progressé de 6,4 % en rythme annualisé sur les trois premiers mois de l’année, soit un taux légèrement supérieur aux prévisions (6,1 %) et en progrès par rapport au dernier trimestre 2020 (+4,3 %). L’écart de croissance avec les pays européens s’explique par les plans de relance massifs engagés et par les effets de la campagne de vaccination. 

Croissance dopée

Au premier trimestre, la consommation a porté la croissance avec une augmentation de 10,7 % par rapport au dernier trimestre 2020. Elle a été dopée par le versement des chèques aux ménages (600 dollars par personne). En mars, les revenus des ménages américains ont augmenté de 21,1 %. La demande des ménages devrait rester vive dans les prochains mois avec l’allocation de nouveaux chèques (1400 euros par personne). 

Par ailleurs, le taux d’épargne des ménages qui dépassait 21 % du revenu disponible brut à la fin de l’hiver devrait baisser, ce qui devrait favoriser la consommation. L’activité aux Etats-Unis se normalise avec la levée des restrictions sanitaires rendue possible par la vaccination de près de 45 % de la population (première dose). Les restaurants et les bars sont à nouveau ouverts. Les Américains recommencent à voyager à l’intérieur du pays et à reprendre l’avion. 

Après une contraction du PIB de 3,5 % en 2020, la plus importante de ces soixante-dix dernières années, l’économie américaine devrait prochainement retrouver son niveau d’avant-crise. En 2021, la croissance pourrait dépasser 7 %. La tendance est à la révision à la hausse d’autant plus que le projet de loi sur l’investissement dans les infrastructures (American Jobs Plan), s’il est voté par le Congrès, pourrait accroître la croissance de 0,8 point l’an prochain et de 0,9 point en 2023, selon Oxford Economics.

Le chômage bientôt au niveau de l’avant-crise 

Il permettrait aussi au taux de chômage de refluer à 3,9 % de la population active fin 2022, proche de son niveau d’avant-crise (3,5 %). En mars 2021, selon la FED, il s’élevait à 6 %, avec un déficit de 8,4 millions d’emplois manquant par rapport à début 2020.

Surchauffe et pénuries  

Certains craignent une surchauffe de l’économie américaine. Des goulots d’étranglement dans plusieurs secteurs et des tensions sur les prix se manifestent depuis quelques semaines. La pénurie de maisons à vendre entraîne une augmentation des prix de l’immobilier. La construction doit faire face à une pénurie de bois qui amène les entreprises américaines à en acheter en Europe à des prix de plus en plus élevés. Des employeurs signalent des difficultés à recruter. Les ports de la côte Ouest des Etats-Unis sont saturés par le flux d’importations avec une accumulation de conteneurs qui manquent à l’appel pour le commerce européen. La pénurie de semiconducteurs pèse de plus en plus sur la production automobile. 

Mercredi 28 avril, Ford a annoncé que le manque de puces devrait amputer sa production prévue de moitié au deuxième trimestre, et de 10 % au second semestre. Plus d’un million de véhicules pourraient ne pas être assemblés cette année. La pandémie a fortement perturbé la production ; la logistique des transports a été également particulièrement touchée par les restrictions sanitaires. Le retour à la normale ne peut pas s’effectuer en quelques semaines, ce délai occasionnant des ruptures dans l’approvisionnement de biens intermédiaires. 

Dans ce contexte très particulier, face aux menaces de surchauffe, la banque centrale américaine estime que la crise de santé publique en cours continue de peser sur l’économie. Le comité de politique monétaire a décidé, dans ces conditions, de maintenir ses taux d’intérêt à presque zéro et jugé qu’il était trop tôt pour remettre en question son programme d’achat d’actifs qui soutient le financement de l’économie.

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