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  • La France, mauvaise élève pour la transition énergétique

    La France, mauvaise élève pour la transition énergétique

    La France se classe parmi les plus mauvais élèves pour le respect des objectifs fixés par l’Union européenne pour développer les énergies renouvelables. S’appuyant sur la force de l’énergie électrique d’origine nucléaire, le pays a moins investi dans les autres sources d’énergie que ses partenaires. En 2018, la part de l’énergie provenant de sources renouvelables dans la consommation finale d’énergie brute a atteint, selon Eurostat, 18 % dans l’Union européenne, en hausse par rapport à 17,5 % en 2017 et plus du double de son niveau de 2004 (8,5 %). L’Union européenne s’est fixé un objectif de 20 % d’ici 2020 et au moins 32 % d’ici 2030 pour la part de l’énergie provenant de sources renouvelables.

    L’objectif est décliné pour chaque pays afin de tenir compte de sa situation de départ. Ainsi, en 2020, 23 % de l’énergie consommé en France est censé provenir de sources renouvelables. Or ce taux était à 16,6 % en 2018. L’objectif fixé à la France est supérieur à 20 % car la France dispose, de longue date, d’un parc de barrages hydroélectriques.

    Parmi les 28 États membres de l’Union, 12 ont déjà atteint une part égale ou supérieure à leurs objectifs contraignants nationaux pour 2020 : la Bulgarie, la Tchéquie, le Danemark, l’Estonie, la Grèce, la Croatie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Chypre, la Finlande et la Suède. Quatre États membres sont proches d’atteindre leurs objectifs, à moins de 1 point de pourcentage, et neuf États membres se situent entre 1 et 4 points, tandis que trois États membres sont à 4 points ou plus de leurs objectifs dont la France (7 points). Le plan de développement de l’éolien et du solaire a pris du retard en France.

  • Vers un Islam de Suisse !

    Vers un Islam de Suisse !

    «Il est temps de confier la mosquée de Genève à un conseil d’administration suisse, représentatif, avec un président élu» – Secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale

    Selon Le Matin Dimanche, le Secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale, financée par l’Arabie saoudite, a annoncé que la Mosquée de Genève serait désormais gérée et financée par les Suisses. «Il est temps de confier la mosquée de Genève à un conseil d’administration suisse, représentatif, avec un président élu», a-t-il déclaré. Il a souhaité une consultation des Musulmans de Suisse avec l’aide des autorités.

    La gestion de la Mosquée de Genève, au Petit-Saconnex, fondée par le roi Khaled en 1978 ne sera plus assurée par la fondation culturelle islamique mais devra être assurée par les fidèles de Suisse.

    Le Secrétaire général a annoncé que cette décision de la Ligue ne concernerait pas que Genève, mais toutes les mosquées financées par la Ligue. Progressivement, elles devraient devenir autonomes, en liaison avec les autorités nationales.

    En 2017, quatre employés de la mosquée, fichés S en France, avaient été licenciés. Puis la direction avait été remplacée. Le Secrétaire général, ancien ministre de la Justice en Arabie saoudite, a dit qu’il voulait lutter contre toutes les idées extrémistes et que « la mosquée devait devenir un facteur de cohésion et non un sujet d’inquiétude et de polémique. » « Au lieu de la fermer, nous la confions à tous ». a-t-il conclu.

    Visiblement, la Ligue a été sensible aux demandes des autorités nationales françaises et suisses. Cette décision apparait comme une remise en cause du financement des mosquées à travers le monde, en tout cas d’un contrôle accru. A suivre, si l’expérience suisse annoncéedevait être concluante.

  • Bilan à mi-mandat pour la majorité: quelles actions pour les Français de l’étranger?

    Bilan à mi-mandat pour la majorité: quelles actions pour les Français de l’étranger?

    Le 18 juin 2017, les électeurs ont donné une très forte majorité à La République en Marche et ses alliés : 308 députés pour LREM, 42 pour son allié du MoDEM, sur un total de 577 députés élus au Palais Bourbon.

    Parmi ces 577 élus de la République, 11 représentent les 2,5 millions de Français de l’étranger. 10 d’entre eux ont été élus sur des listes de la majorité, 1, Meyer Habib, sur une liste de centre-droit.

    Depuis, les choses ont quelque peu changé : M’jid El Guerrab, député de la 9ème circonscription des Français de l’étranger (Afrique du nord et de l’ouest), a été forcé de quitter la majorité, Joachim Son-Forget, élu des Français de Suisse et du Liechtenstein, a également claqué la porte après des sorties remarquées, tout comme, très récemment, Paula Forteza, députée des Français d’Amérique du Sud et Centrale, qui a rejoint Cédric Villani dans sa campagne pour les municipales à Paris.

    Quel avenir pour la représentation des Français de l’étranger ?

    La participation des Français de l’étranger à ce scrutin fut très faible : 7,87% au premier tour et 7,97% au deuxième. Des chiffres qui interpellent. Pourquoi une si faible participation ? Le vote entièrement papier dans des circonscriptions parfois gigantesques n’a certainement pas aidé. A cet égard les prochaines élections consulaires permettront aussi un vote électronique. Le fait que beaucoup des candidats étaient assez largement inconnus a sans doute aussi contribué à ce manque de participation.

    La situation et surtout le mode de scrutin pourraient être amenés à évoluer. Le gouvernement envisage en effet de réduire le nombre de parlementaires, y compris pour les Français de l’étranger, et pour ces derniers, de passer des 11 circonscriptions actuelles, à une circonscription unique avec un vote proportionnel. Concrètement, les Français de l’étranger seraient alors amenés à voter pour des listes de plusieurs candidats et le nombre d’élus par listes dépendrait alors du score de ces dernières. Cette proposition interpelle et en particulier quant à la déconnection possible des futurs élus. Comment comprendre les problématiques concrètes alors que l’on est élu d’une circonscription monde ? Les émeutes au Chili, le coronavirus en Chine, l’impact du Brexit, les difficultés pour les milieux d’affaires en Russie sont-elles comparables ? Sans doute pas. Pour autant, une telle évolution nécessiterait un vote du Congrès, qui regroupe Sénat et Assemblée Nationale, et il est peu probable que le Sénat, actuellement dominé par la droite, bascule dans une majorité centriste pro-gouvernement.

     

     

    Les Français de l’étranger sont-ils suffisamment considérés par la majorité ?

    Alors que les Français de l’étranger ont été 90% à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle, sont-ils pour autant suffisamment considérés et leurs intérêts sont-ils assez pris en compte ?

    Deux préoccupations sont primordiales pour les Français de l’étranger : l’éducation et la fiscalité. Sur ces deux points, des inquiétudes n’ont cessé de grandir face aux projets de la majorité.

    Concernant l’éducation, la France a mis en place depuis des décennies un réseau quasiment unique au monde : plus de 600 lycées, dont la majorité sont gérés par l’AEFE et la Mission Laïque Française. La première, agence de l’Etat, a fait l’objet en début de mandat du Président Macron, d’une baisse de ses dotations de 33 millions d’Euros. Si, depuis, elle a été dotée de 25 millions supplémentaires, des inquiétudes demeurent quant à son évolution, et ce alors que le Président de la République a annoncé son objectif de doubler le nombre d’élèves, actuellement à 350 000, d’ici 2030. De nombreuses grèves ont perturbé les élèves et leurs parents ces derniers mois. Parmi les principales préoccupations, l’inquiétude parmi les syndicats que le réseau à l’international ne bascule de plus en plus vers un modèle basé sur des fondations privées. Les parents d’élèves, eux, s’inquiètent souvent de coûts de scolarité souvent de plus en plus importants.

    De très grandes inquiétudes concernant la fiscalité des non-residents


    Autre sujet de préoccupation, celui de la fiscalité des non-résidents. Elle fait l’objet depuis des mois de nombreuses polémiques.

    L’objectif principal du projet de réforme, la modification de la fiscalité des non-résidents sur leurs revenus en France donc, est l’application de barèmes : 20% pour les premiers 27 000€, 30% au-delà ou immédiatement si vous ne communiquez pas vos revenus tous pays confondus.

    L’autre possibilité est alors le choix du barème progressif, en communiquant vos revenus mondiaux et la constitution de votre foyer. C’est le barème qui s’applique en France de façon classique. Ce projet de réforme, complexe, difficile à appréhender et qui aura des conséquences très variables selon les personnes et les foyers fiscaux, fut portée par la députée Anne Genetet mais fait désormais l’objet d’un moratoire jusqu’au 1er janvier 2021. Que se passera-t-il ensuite ? Difficile à savoir mais un rapport d’étude devrait être publié dans la deuxième partie de 2020.

    Fiscalité, éducation, deux sujets majeurs pour les Français de l’étranger. Outre ces questions, celles sécuritaires touchent aussi de nombreux expatriés. 37% des Français inscrits au registre des Français de l’étranger résident dans l’Union européenne. Parmi eux, et outre la question des transfrontaliers et de leur fiscalité, se pose notamment le problème du Brexit. La France devra être attentive dans le cadre des négociations qui vont avoir lieu pendant toute l’année 2020.

    Parmi les autres « expats », certains vivent à Hong-Kong qui est depuis des mois l’objet de troubles, d’autres au Brésil qui est dirigé par un Président ultra nationaliste, d’autres en Australie et qui ont subit les terribles incendies de janvier.

    Il faut espérer que toutes leurs interrogations et leurs inquiétudes, qui remontent au Quai d’Orsay et à l’Elysée via les consulats et les ambassades, pourront obtenir des réponses.

  • Rencontre avec François Normand, pdt de la fédération des associations de parents d’élèves à l’étranger

    Rencontre avec François Normand, pdt de la fédération des associations de parents d’élèves à l’étranger

    Catya Martin, journaliste, Rédactrice en chef de la French Radio Hong-Kong et du magazine des Français de Chine, Trait d’Union, a reçu pour Lesfrancais.press,  François Normand qui préside la Fédération des associations de parents d’élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger.

    Catya Martin : Bonjour François Normand, merci de nous recevoir, est-ce que vous pouvez expliquer en quelques mots ces voyages à travers le monde pour aller à la rencontre des établissements français en tant que président de la Fapée, la Fédération des associations de parents d’élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger ?

    François Normand : Oui bonjour Catya, merci de me donner l’opportunité de m’exprimer, la Fapée regroupe 180 établissements du réseau de l’enseignement français à l’étranger, il est donc important pour moi de profiter des voyages professionnels, de colloques et séminaires organisés à travers le monde pour en profiter pour aller visiter nos établissements membres et donc Hong-Kong est un lycée qui est membre depuis de nombreuses années et il est important pour moi de venir leur rendre visite.

    Catya Martin : alors quand vous faites ces tournées vous allez donc rencontrer vos membres, quel est le message, de quoi leur parlez-vous ?

    François Normand : je les écoute surtout pour savoir quelles sont les problématiques qu’ils peuvent avoir localement et comme nous pouvons les aider à les résoudre mais j’échange également avec eux sur les sujets du moment et les combats que l’on mène au niveau de la Fapée, au niveau national, des instances de l’enseignement français à l’étranger. C’est vraiment un échange car l’idée de la Fapée est de défendre et représenter les associations de parents d’élèves à travers le monde et de récupérer les messages qu’ils ont à transmettre et faire en sorte que l’on puisse avancer et faire évoluer les choses.

    Catya Martin : quelle est votre satisfaction depuis votre élection à la présidence ?

    François Normand : la grande satisfaction fut quand le Président Macron a annoncé cet objectif de doubler les effectifs du réseau, cela faisait déjà un certain temps que nous réfléchissions à des évolutions à faire et très rapidement nous avons fait 50 propositions pour faire évoluer le réseau en parallèle de nombreuses réunions de travail, colloques et séminaires avec le ministère des affaires étrangères et nous avons eu le grand plaisir d’obtenir satisfaction sur une évolution de la gouvernance et du rôle des parents d’élèves dans les instances.

    Catya Martin : il s’agit de donner plus de pouvoir ?

    François Normand : ce que nous revendiquons depuis de nombreuses années est que les parents sont un très grand contributeur, ils financent 80% globalement du réseau français à l’étranger et ils doivent pouvoir se faire entendre et avoir une voix dans les instances. Nous demandions une augmentation de notre représentativité au niveau du conseil d’administration de l’AEFE, c’est quelque chose que le secrétaire d’Etat Jean-Baptise Lemoyne nous a confirmé nous allons passer de 2 à 4 sièges et en parallèle, nous demandions aussi plus de poids au niveau des instances dans les établissements, les conseils d’établissements et notamment de pouvoir être consultés sur les décisions financières prises, la conception du budget, les décisions d’augmenter les frais de scolarité. Actuellement nous sommes dans une phase d’élaboration de ces nouvelles instances, nous avons un groupe de travail de l’AEFE et c’est ma satisfaction et celle de toute l’équipe de relayer les demandes des parents : un rôle accru au niveau de la gouvernance.

    Catya Martin : quel est le souhait aujourd’hui de la Fapée à long-terme ? De quoi rêvez-vous ? Quel est l’établissement français idyllique ?

    François Normand : Il n’y en a pas, ils sont 522 aujourd’hui et il n’y en a pas deux identiques. Ce que nous espérons c’est que les établissements vont se développer, que ceux existants vont s’accroitre et que d’autres vont se créer. Aujourd’hui il y a seulement un quart des élèves français scolarisés dans le réseau à travers le monde, parfois par choix des parents mais parfois aussi parce qu’il n’y a pas d’établissement. Le fait qu’il y ait cette volonté de créer de nouveaux établissements permettra de scolariser des enfants qui actuellement ne peuvent pas l’être. Dans ces établissements nous souhaitons la création d’associations de parents d’élèves dynamiques qui participent à la gestion de ces établissements et qu’elles rejoignent la grande famille de la Fapée et que ensemble nous puissions faire avancer les choses. La Fapée fête cette année ses 40 ans et nous en sommes très fiers.

    Catya Martin : quel message aux parents avez-vous envie de donner ?

    François Normand : le message que j’ai est que nous devons avoir des établissements qui répondent aux demandes des familles, il y a une particularité : les parents font le choix de l’enseignement français à l’étranger alors que souvent ils ont d’autres choix alternatifs, et il faut que quand ils font ce choix ils puissent ensuite se reconnaitre dans l’enseignement et l’environnement dans lequel leur enfant va évoluer. C’est un message de dynamisme, de dialogue, que nos enfants puissent s’épanouir, avoir un avenir qui soit assuré avec ce nouveau Bac par exemple qui a crée des inquiétudes au départ mais qui je pense est une bonne réforme qui permettra une meilleure intégration dans des systèmes universitaires dans le monde.

    Catya Martin : vous êtes donc plutôt confiant sur l’avenir des lycées français ?

    François Normand : oui mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, il est clair que nous sommes de plus en plus dans un système concurrentiel et que en tant que lycées français nous sachions répondre à cette demande, que les parents français n’aillent pas dans d’autres types d’établissements. Je suis confiant mais en même temps , le message est faisons attention, sachons nous adapter, sachons répondre aux demandes, sachons considérer les parents comme des clients, ils payent des frais de scolarité et ont des attentes. Ce faisant, nous devrions réussir à continuer à développer le réseau sans aucune difficulté.

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  • 3,2 milliards de nuitées touristiques en Europe!

    3,2 milliards de nuitées touristiques en Europe!

    Le nombre de nuitées passées dans des hébergements touristiques dans l’Union européenne a dépassé, en 2019, 3,2 milliards, ce qui représente une progression de 2,4% par rapport à 2018.

    Depuis le début du siècle, le nombre de nuitées est en forte progression. La hausse est de 50 %. Elle est plus forte pour les nuitées réalisées par des non-résidents de l’Union (+60%) que celles réalisées par les résidents (+40%).
    L’Espagne occupe la première place avec 469 millions de nuitées. Elle devance la France (446 millions), l’Allemagne (436 millions) et l’Italie (433 millions). En 2019, le nombre de nuitées passées dans des hébergements touristiques a augmenté dans la quasi-totalité des États-membres, les plus fortes hausses ayant été enregistrées en Slovaquie (+12%) et en Lituanie (+10%), suivies par les Pays-Bas (+6%) et le Royaume-Uni (+5%).

    En revanche, des baisses ont été observées en Grèce (-3%) et à Malte (-2%). Ces deux pays avaient enregistré de fortes progressions les années précédentes. Ils ont été également victimes des fortes canicules que l’Europe a connues durant les périodes estivales.

    Le nombre de nuitées touristiques passées par des non-résidents a augmenté dans la majeure partie des États-membres, dont les augmentations les plus fortes ont été observées au Royaume-Uni (+19%), aux Pays-Bas (+10%) et en Lituanie (+10%).

    Dans les États-membres de l’Union, la plus grande part des nuitées passées par les résidents a été enregistrée en Roumanie (83% du nombre total de nuitées), en Allemagne et en Pologne (80% chacun) ainsi qu’en Suède (75%). En revanche, le pourcentage le plus élevé des nuitées passées par les non-résidents a été observé à Malte (95% du nombre total de nuitées), à Chypre (94%), en Croatie (92%) et au Luxembourg (88%). La faible taille des États concernés explique évidemment ce classement.

    En France, les non-résidents représentent 30% des nuitées pour une moyenne européenne de 47%. En Espagne, ce taux est de 64% et en Italie de 50%.

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    L’activité touristique continue à fortement progresser au sein de l’Union européenne. Elle remodèle les cités historiques avec le développement des logements mis en location saisonnière et l’essor de l’hôtellerie. Cette évolution entraîne le départ de services domestiques et de magasins de proximité (alimentation) au profit de boutiques dédiées aux touristes (restauration, hôtellerie, boutiques de luxe, etc.).

    Au cœur des cités touristiques, un effet d’éviction est constaté au détriment de la population locale. Les habitants de plusieurs villes touristiques comme à Barcelone ou à Venise demandent une limitation des flux touristiques.
    Des réflexions sont également engagées pour réguler l’accès à des sites naturels menacés par la sur-fréquentation. L’instauration de péages ou de quotas de touristes est avancée mais ce type de solution s’oppose au principe de libre accès aux territoires publics.

  • L’UE et Londres se lancent dans la bataille de l’après-Brexit

    L’UE et Londres se lancent dans la bataille de l’après-Brexit

    L’Union européenne et le Royaume-Uni se lancent lundi dans la bataille de l’après-Brexit en affichant les lignes rouges de leur future relation, qui reste à bâtir, au prix de négociations ardues et déjà tendues.

    Passé la joie ou les regrets du divorce après 47 ans de mariage houleux, les deux parties doivent se mettre d’accord sur la nouvelle architecture de cette relation, en particulier commerciale, noyau dur des discussions.

    Comme il est de mise au début d’une négociation, les deux camps ont affiché des positions très fermes.

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson doit avertir que son pays refusera un accord qui lui imposerait de continuer de respecter certaines règles de l’Union, selon des extraits d’un discours attendu lundi sur sa vision du Royaume-Uni, après le divorce.

    « Il n’y a pas besoin d’un accord de libre-échange qui implique d’accepter les règles de l’UE en termes de concurrence, de subventions, de protection sociale, d’environnement ou autre », doit-il déclarer.

    Le négociateur de l’UE, Michel Barnier, a lui posé dimanche deux conditions à la conclusion d’un traité commercial : « un accord sur les règles de jeu communes », afin que Londres ne devienne pas un concurrent déloyal ; et un règlement de la question ultra-sensible de la pêche.

    Discussion-marathon

    Ajoutant à la difficulté de ce front contre front, ces négociations devront se tenir à un rythme marathon puisque Boris Johnson refuse de prolonger la période de transition, pendant laquelle les Britanniques continueront d’appliquer les règles européennes.

    Or, c’est pendant cette période, qui s’achève le 31 décembre, que doivent se tenir les pourparlers.

    Michel Barnier dévoilera lundi à 11h GMT les termes de son mandat de négociation, fixant les priorités et les lignes rouges de l’UE.

    Le bloc craint plus que tout de voir émerger une économie dérégulée à sa porte.

    Le négociateur européen connaît déjà les embûches du dossier puisqu’il a négocié le traité du Brexit sur les modalités de divorce, pendant plus de deux ans.

    Son mandat de négociation ne devant être approuvé que fin février par les États membres, les négociations ne s’ouvriront officiellement que début mars.

    Dans ce très court laps de temps, tous les sujets entre Bruxelles et le Royaume-Uni, devenu un pays tiers, ne sauraient être traités et Bruxelles s’est fixé des priorités.

    Les négociations porteront principalement sur le partenariat économique, en particulier l’accord de libre-échange, les questions de sécurité et le dispositif juridique prévu pour régler les litiges.

    Pour les Européens, l’accès au marché unique du continent, fort de ses quelque 440 millions de consommateurs, sera conditionné par le respect des normes sanitaires, environnementales, sociales et fiscales, sans oublier celles sur les aides d’État aux entreprises.

    Ce marché est crucial pour Londres puisque l’UE reste son premier partenaire commercial.

    Les Européens veulent mener les négociations en parallèle sur tous les sujets afin de limiter le risque de divisions, duquel les Britanniques pourraient tirer profit.

    La pêche, vitale pour plusieurs États

    La pêche, sur laquelle les deux parties ont promis de s’entendre avant le 1er juillet, sera l’un des sujets ultra-sensibles de la négociation.

    Les pêcheurs de plusieurs États membres, comme la France et le Danemark, sont dépendants des eaux britanniques. Ces dernières représentent 30 % du chiffre d’affaires des pêcheurs français.

    De son côté, Boris Johnson a souligné que « reprendre le contrôle » de ces eaux poissonneuses était de première importance et promis « une nouvelle politique de pêche nationale fantastique ».

    La pêche pourrait constituer une monnaie d’échange dans ces discussions, par exemple pour l’accès au continent des services financiers britanniques, cruciaux pour la City de Londres.

    La France sera « extrêmement vigilante » sur cette question, a prévenu Paris.

    Un premier bilan sera dressé fin juin, ce qui devrait permettre d’évaluer le risque d’un « no deal », un spectre qui va continuer à planer, avec ses conséquences désastreuses, sur les discussions.

  • Les racines du malaise social français

    Les racines du malaise social français

    Les tensions sociales sont en augmentation dans plusieurs pays et notamment en France. Dix ans après la crise de 2008/2009 et malgré l’amélioration de la situation du marché de l’emploi, les Français expriment un ressentiment tant vis-à-vis de la politique menée par le Gouvernement qu’à l’égard du système économique. Depuis dix ans, aucun Président de la République, aucun gouvernement, aucune majorité n’échappe à l’impopularité ; la différence provient d’une montée de la violence qui s’exprime contre les biens publics et les dirigeants.

    Les tensions sociales ont des sources multiples. Cette diversité empêche la cristallisation des contestations. Elle rend également difficile les réponses à apporter.

    Les tensions sont d’ordre économique avec la stagnation des revenus et l’augmentation des dépenses pré-engagées. Elles sont d’ordre social avec la montée de certaines formes de précarité. Elles sont de nature sociologique avec la diffusion du sentiment de déclassement au sein des classes moyennes. Elles sont également le produit des mutations territoriales du pays avec la montée en puissance de la métropolisation.

    Une part croissante de la population française sous assistance

    Si le taux de pauvreté français reste un des plus faibles de l’OCDE, il n’a pas retrouvé, en 2018, son niveau d’avant crise. Pour autant, les dépenses sociales se sont accrues de 3 points de PIB en dix ans pour atteindre près de 26% du PIB en 2019. Si les dépenses de prestations sociales ont permis de limiter l’impact de la crise, elles ont abouti à placer sous assistance une part croissante de la population française. Pour les 20% les plus pauvres, ces prestations représentent plus de 40% des revenus.

    Le sentiment que la France se segmente en blocs de plus en plus étanches est largement partagé. Un des facteurs pouvant expliquer ce sentiment est l’augmentation de l’écart de revenus avant prestations. Depuis vingt ans, l’évolution du pouvoir d’achat des différentes catégories sociales est divergente. Les retraités ont enregistré une hausse de 11% de leur pouvoir d’achat entre 2002 et 2019 quand le pouvoir d’achat des indemnités de chômage a reculé d’une dizaine de points. Le niveau de vie des retraités a bien résisté à la crise à la différence de celui des personnes se situant entre les 20 et les 40% les plus pauvres en France.

    Le poids du logement

    La vie des Français est de plus en plus dépendante de l’accès à l’immobilier, à l’évolution de son cours. Pour les jeunes générations d’actifs, devenir propriétaire au sein des grandes métropoles qui sont les principales pourvoyeuses d’emploi est un chemin de croix. Le ratio du prix des maisons par rapport au salaire nominal a augmenté de 5% entre 1998 et 2019. Selon l’INSEE, en 2018, 26,6% de la dépense de consommation finale des ménages sont alloués au service de logement. Il s’agit du premier poste de dépenses, loin devant la part consacrée à l’alimentation ou aux transports (respectivement 17,1% et 14,3%). La part des dépenses dédiées au logement a sensiblement augmenté depuis les années 1990, où elle était de 6,5 points inférieurs à son niveau actuel. Pour les locataires du secteur privé au sein des grandes agglomérations, ce taux peut atteindre 30%. Si les jeunes consacrent en moyenne plus de 22% de leur budget au logement, ce taux est de 5% pour les retraités, 75% de ces derniers étant propriétaires de leur résidence principale. Pour les Français comptant parmi les 10% les plus pauvres, le coût du logement avant les aides représente plus de 42% de leur budget.

    L’augmentation des dépenses liées au logement a provoqué une forte hausse des dépenses dites pré-engagées des ménages, dépenses sur lesquelles ces derniers ont peu de prises pour les faire varier rapidement. Ces dépenses comprennent également les abonnements, les remboursements des intérêts des emprunts à la consommation, les assurances, etc. La part des dépenses pré-engagées dans le revenu disponible brut des ménages est passée de 12,6 % à 29,2 % (soit +16,6 points) entre 1960 et 2018. La fonction logement est celle qui a le plus contribué à cette hausse. Depuis 1959, elle explique 13,4 points de la progression, passant de 9,5% à 22,9% du revenu disponible brut.

    La problématique de l’emploi

    Sur le front de l’emploi, l’embellie est réelle. Le taux d’emploi en 2019 a atteint 78% contre 70% en 1998. Le taux de participation au marché de l’emploi s’élevait en fin d’année dernière à 85%, ce qui constitue un record. Le taux de chômage qui avait dépassé les 10% en 2016 est revenu à 8,5% en fin d’année dernière. Cette évolution positive s’accompagne d’une profonde mutation de la structure des emplois.

    Le poids des emplois manufacturiers a diminué de 22% en vingt ans quand celui des services aux entreprises et du secteur financier a augmenté de 60%. Les emplois au sein du secteur financier se sont fortement accrus dans les années 2000 avant de se stabiliser. Les emplois des services domestiques (services à la personne, hôtels, restaurants, loisirs, transports) ont connu de 1998 à 2019 une hausse de 20%.

    Les emplois domestiques sont, en règle générale, peu rémunérateurs et sont proposés par des structures de petite taille. Ils sont moins protecteurs que les emplois industriels. La fin des embauches dans le secteur financier (banques et assurances) touche en priorité les enfants des classes moyennes, contribuant ainsi à alimenter les craintes de déclassement.

    Précarisation

    Si 85% des salariés sont en contrat à durée indéterminée, cette proportion tend à décroître. La proportion des salariés en intérim ou en CDD est passée de 11,4% à 13,5% de 2003 à 2018 (source INSEE). De même, le nombre de personnes travaillant à temps partiel est passé de 1,8 million à 5 millions de 1980 à 2018. Le taux d’emploi en temps partiel a ainsi été multiplié par plus de deux, de 8% à 19%. Lors de ces vingt dernières années, il a augmenté de 5 points.

    Un tiers des emplois à temps partiel serait subi. La multiplication des emplois à temps partiel, en intérim ou sous forme de contrats à durée déterminée génère des surcoûts et de pertes des temps au niveau des transports. Elle alimente le sentiment de précarité. Ce type d’emplois rend difficile l’ascension sociale comme elle se pratique dans les grandes entreprises industrielles ou de services pour les titulaires d’un CDI.

    Les plateformes de services sur Internet ont contribué à la création de nombreux emplois non-salariés. De nombreux acteurs de ces plateformes optent pour le statut de micro-entrepreneur (ex-auto-entrepreneur). Ce statut a été choisi par plus de 1,3 millions de personnes dont plus de 800 000 exercent une réelle activité. 45% des créations d’entreprise sont réalisées, en France, par des micro-entrepreneurs. Pour les auto-entrepreneurs en activité de complément, le chiffre d’affaires moyen est de 7 600 euros en 2016, contre 12 800 euros pour ceux en activité principale. Le développement des activités de prestataires de service a permis de générer de l’activité, en particulier, au sein des quartiers difficiles, au point que les pouvoirs publics ont décidé de ne réglementer qu’à la marge les VTC au grand dam des chauffeurs de taxi.

    Cette précarisation relative de l’emploi ne s’est pas traduite en France par une déformation des revenus au détriment des salariés, à la différence de ce qui est constaté aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Le salaire réel par tête en euros constants a augmenté entre 1998 et 2019 à l’exception de la période de crise (2008/2010). La hausse a été de 25% en vingt ans. Elle est supérieure à celle de la productivité par tête (+20%), expliquant, en partie, la perte de compétitivité de l’économie française.

    Le salaire minimum a connu deux grandes périodes. Il a fortement augmenté entre 1998 et 2007 en lien avec la mise en place des 35 heures. Déflaté, le salaire minimum est resté stable, en revanche, depuis une dizaine d’années. Par rapport au salaire médian (niveau de salaire partageant en deux parts égales les salariés, son montant net mensuel était de 1789 euros au premier semestre 2019), le SMIC tend à diminuer. Il ne représente plus que 61% du salaire médian en 2019 contre 67% en 2007. Les tensions sociales se nourrissent de la baisse tangible du pouvoir d’achat des ménages. Si entre 1998 et 2007, il avait augmenté de 14% en euros constants, il a diminué de 5% entre 2008 et 2019. Il demeure inférieur de 6 points à son niveau de 2007. Certes, depuis 2016, il s’est mis à progresser mais sans compenser les pertes antérieures.

    Face à la dégradation de la situation sociale, les gouvernements ont eu tendance à accroître les prestations sociales tout en les recentrant sur les personnes les plus modestes. Cette politique atteint ses limites tant en termes de coûts que d’efficacité. Elle contribue à segmenter le pays et à alimenter les frustrations ou les rancœurs.

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