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  • La santé, une digitalisation à marche forcée

    La santé, une digitalisation à marche forcée

    La crise sanitaire occasionnée par le coronavirus a souligné dans de très nombreux pays le retard technologique des systèmes de santé. Ces derniers, par leur complexité, par la présence d’un grand nombre d’acteurs, par conservatisme aussi parfois, sont restés en retrait de révolution digitale. 

    Les relations difficiles entre professionnels de la santé et les administratifs de ce secteur ont également contribué à retarder l’arrivée des nouvelles technologies, du moins dans les domaines de la prévention et de la gestion. La priorité a été longtemps donné aux matériels lourds comme les scanners ou les IRM. La médecine du quotidien a peu évolué au cours de ces trente dernières années.

    Toujours des dossiers « papiers »

    Dans une étude récente, le McKinsey Global Institute indique que la santé n’entre que difficilement dans la révolution digitale. Elle est à la traîne par rapport aux autres secteurs d’activité. Les banques, l’assurance, les voyages, la vente au détail, la construction automobile ont mis en œuvre des plans de digitalisation depuis une vingtaine d’années. L’assurance est en train de combler son retard. 

    En revanche, 70% des hôpitaux américains envoient toujours des fax et des dossiers de patients. L’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris gère également des dossiers « papier ». 

    En France, le dossier médical numérique n’est pas réellement exploité même si huit millions de Français l’ont ouvert. En Espagne, aucun partage électronique de documents de santé entre les différentes régions n’existe.

    La pandémie, un accélérateur pour doctolib et Ping An Good Doctor

     La pandémie a permis la réalisation de nombreuses avancées. Les médecins ont accepté la réservation en ligne et la téléconsultation. Les patients ont modifié leurs habitudes. Le recours à des ordonnances envoyées par mail s’est imposé. McKinsey estime que les revenus mondiaux de la santé numérique – provenant de la télémédecine, des pharmacies en ligne, des appareils portables – passeront de 350 milliards de dollars en 2019 à 600 milliards de dollars en 2024. 

    Doctolib, une entreprise française, affirme que ses consultations vidéo en Europe sont passées cette année de 1 000 à 100 000 par jour. Ping An Good Doctor, un portail de santé en ligne chinois qui dépend d’un assureur, se développe en Asie du Sud-Est. Depuis le début de l’année, sa capitalisation boursière a progressé de 50 %. Cette société a passé des accords avec plus de 28 opérateurs de téléphonie mobile. Elle a noué des partenariats avec des hôpitaux, des laboratoires et dispose de son propre réseau de médecins. Elle intervient comme un système organisé de santé, du diagnostic jusqu’à la livraison des médicaments à domicile. Le service est disponible 24 heures sur 24. Elle s’appuie également sur des médecins internationaux pouvant être consultés à la demande des patients. Ping An Good Doctor propose désormais ses services aux entreprises afin de couvrir leurs collaborateurs.

    Plus de 1000 services de télémédecine

    Dans les premières semaines de la pandémie, en Chine, cette société a géré plus d’un milliard de visites. De son côté, la plateforme WeDoctor, reliée à WeChat (propriété de Tencent) associé plus de 7 200 hôpitaux à sa plateforme de téléconsultations. L’entreprise chinoise, JD Health, filiale du site JD.com, est passée de la vente de médicaments en ligne à des consultations de télémédecine. La firme a notamment lancé un service numérique de médecine de famille. Sa capitalisation boursière a progressé depuis le début de l’année de 75 %. 

    Avec la crise sanitaire, le nombre de services de télémédecine est passé, à l’échelle mondiale de 150 à près de 1000. Une décantation aura certainement lieu, mais cet essor prouve que le secteur de la santé bascule du côté numérique de la force. 

    Le secteur de la santé attire de plus en plus de start-up qui proposent des solutions numériques pour épauler le personnel médical. Sur le seul troisième trimestre, aux Etats-Unis, ces entreprises ont bénéficié d’un apport de 9 milliards de dollars de la part des investisseurs. Google comme Apple multiplient les prises de participation dans le secteur de la santé numérique considérant que le potentiel de croissance est élevé.

    La moitié des diabétiques suivis en temps réel avec des capteurs

    Avec le déploiement de la 5G, le secteur des capteurs permettant de suivre en temps réel l’état de santé se développe rapidement. Ainsi, des entreprises spécialisées comme Livongo et Onduo fabriquent des appareils pour surveiller en permanence le diabète et d’autres maladies. Aux Etats-Unis, la moitié des patients atteints par de diabète sont déjà équipés. Des hôpitaux s’associent, outre-Atlantique, avec des entreprises digitales pour améliorer la délivrance des soins aux malades. 

    Ces systèmes permettent de doser plus finement les médicaments et réduisent les besoins en personnel soignant. Les pouvoirs publics font pression sur les prestataires de soins de santé pour qu’ils ouvrent leurs systèmes cloisonnés, condition préalable au développement de la santé numérique.

    Vers une norme électronique commune en Europe 

    La France est en retard en la matière en raison de la tradition jacobine de la Sécurité sociale. L’Union européenne défend l’idée d’une norme électronique commune applicable à tous les dossiers médicaux afin de faciliter la transmission au sein de tous les pays membres. Cette volonté d’ouverture n’a pas que des opposants qu’en France. Ainsi, le gouvernement chinois est contraint de se battre contre les hôpitaux qui n’entendent pas opter pour des dossiers médicaux ouverts de peur de perdre leurs patients au profit de la concurrence. Malgré tout, l’harmonisation est en voie d’être réalisée permettant à Yidu Cloud, une plate-forme big data pour les hôpitaux, de disposer du plus grand nombre de données médicales au monde. 

    Les données médicales constituent un nouvel eldorado que ce soit pour les entreprises digitales chinoises ou américaines. L’entreprise américaine Epic, l’un des principaux fabricants de logiciels de gestion des dossiers de santé électroniques, a accepté le principe de l’ouverture en partageant 40% des données gérées par son entreprise, avec des nonclients.

    La mine des données médicales  

    Outre-Atlantique, une interconnexion entre les dossiers médicaux et les assureurs a été opérée. Change Heathcare gère plus de 1,5 milliard de dollars de réclamations d’assurance médicale américaine par an. Cette entreprise fait le pari d’une interopérabilité accrue entre les entreprises dans les prochaines années. 

    La médecine devient de plus en plus une science de données associant des médecins et des informaticiens. La filiale santé de Siemens, Healthineers, travaille avec Geisinger, une chaîne hospitalière américaine, pour étendre la surveillance à distance des patients afin de faciliter leur suivi à domicile. 

    L’assistant numérique d’Amazon, Alexa, peut désormais à partir de l’écoute de la toux déterminer si la personne est susceptible d’avoir la covid-19 ou non. 

    Les Gafas aux petits soins

    Dans le contexte actuel, il n’est pas surprenant qu’Amazon entre sur le marché de la santé. Elle a, à ce titre, décidé de vendre, aux Etats-Unis, en ligne des médicaments. En Chine, AliHealth, une division d’Alibaba, le champion chinois du commerce électronique, fait de même. Ses revenus ont augmenté de 74 % de mars à septembre 2020. Apple et Alphabet, la maison mère de Google, sont un peu en retrait sur le plan de l’e-santé tout en disposant de sommes considérables soit pour investir sur des projets en direct, soit pour racheter des start-ups. Néanmoins, la montre d’Apple compte près de 50 000 applications de santé iPhone. 

    Les assureurs veulent récompenser la vertu 

    La division sciences de la vie de Google Verily, vient d’annoncer qu’elle interviendrait dans le domaine de l’assurance à travers une filiale dénommée « Coefficient Insurance Company » qui s’appuiera sur le big data et des algorithmes pour proposer des assurances de santé personnalisées aux entreprises. Google s’est associée avec l’assureur Swiss Re pour proposer ses solutions. Verily étant également positionnée sur les objets médicaux connectés, certains craignent la mise en place d’un système intégré avec une exploitation des données individuelles des assurés. Vérily est en train, par ailleurs, de passer de la rémunération à l’acte à des contrats fondés sur les risques. L’assuré se voit récompenser s’il adopte des comportements dits vertueux. Ainsi, les diabétiques qui contrôlent leur glycémie régulièrement bénéficieront de rabais sur leur forfait tout comme les personnes qui accepteront d’aller deux fois par an chez leur dentiste. 

    Optimiser des coûts de plus en plus chers

    La bataille des prochaines années en matière de santé est celle des coûts. Avec le vieillissement de la population, les dépenses de la santé augmentent de manière exponentielle. Les traitements sont de plus en plus onéreux. Les pouvoirs publics recherchent des solutions pour économiser en gestion et en soins. Jusqu’à maintenant, les plans mis en œuvre ont été avant tout centrés sur la régulation et sur le transfert des charges sur les complémentaires santé. 

    Les gains de productivité du secteur de la santé ont été relativement faibles au regard des sommes consacrées. Le poids du personnel dans les dépenses explique en grande partie cette situation. Les associations des structures de soins avec des start-ups ainsi qu’avec des assureurs se multiplient en Asie et aux Etats-Unis. Les experts en capital risque du secteur de la santé estiment que seule la coopération entre les différents acteurs permettra une mutation en profondeur des systèmes de santé et débouchera sur une meilleure efficience.

  • Covid-19 : la France teste massivement, les États-Unis lancent leur campagne de vaccination

    Covid-19 : la France teste massivement, les États-Unis lancent leur campagne de vaccination

    Alors que les États-Unis entament lundi une vaste campagne de vaccination contre le covid-19, de l’autre côté de l’Atlantique, la France se lance dans une stratégie de dépistages massifs dans certaines villes et l’Allemagne se prépare à un confinement partiel.

    En un an, la pandémie a déjà tué plus de 1,6 million de personnes dans le monde. Aux États-Unis, pays le plus touché, le nombre de morts se rapproche du seuil des 300 000 décès avec un total dimanche soir de 299 093 et plus de 16 millions de cas. Ce week-end, le vaccin Pfizer-BioNTech a commencé à être expédié, en caisses réfrigérées à -70°C, depuis l’usine Pfizer du Michigan vers des hôpitaux et d’autres sites.

    Pfizer indique que vingt avions transporteront ses vaccins chaque jour. « Les vaccins sont expédiés et en chemin », s’est félicité dimanche le président américain Donald Trump sur Twitter.

    Le gouverneur du Kentucky, Andy Beshear, a affirmé de son côté que son État, situé dans l’est des États-Unis, serait le premier à vacciner des Américains, moins de 72 heures après que le vaccin Pfizer-BioNTech eût recu le feu vert des autorités sanitaires américaines. Près de trois millions de doses devraient être rendues disponibles d’ici mercredi, avec l’objectif de vacciner quelque 20 millions d’Américains avant la fin de l’année et 100 millions avant fin mars.

    Six pays entament la campagne de vaccination

    L’urgence se fait sentir : les infections ont grimpé en flèche, avec 1,1 million de nouveaux cas confirmés durant les cinq derniers jours. La mort samedi des suites du Covid-19 du chanteur noir de country Charley Pride, 86 ans, a suscité l’émotion dans le pays.

    Les États-Unis ont été vendredi le sixième pays à approuver le vaccin de l’alliance américano-allemande, après le Royaume-Uni, le Canada, Bahreïn, l’Arabie saoudite et le Mexique. L’Agence européenne du médicament devrait rendre un avis d’ici fin décembre. Le Québec débute également lundi sa première phase de vaccination, avec les résidents et personnel de santé d’une maison de retraite dans la ville éponyme.

    Sur le Vieux continent, le plus frappé avec 477 631 décès et plus de 22 millions de cas, les craintes s’accentuent avant les fêtes de fin d’année, et la deuxième vague de l’épidémie s’accélère notamment en Allemagne et en Italie. Selon les données compilées par l’AFP, l’Europe est la zone ayant enregistré le plus de nouvelles contaminations cette semaine (+ 236 700 en moyenne par jour).

    France : nouveau dépistage massif

    La France se lance cette semaine dans une stratégie de dépistage massif ciblé sur quelques agglomérations, Le Havre, nord-ouest) et Charleville-Mézières (nord-est) pour commencer, dans l’espoir de mieux contrôler l’épidémie en vue du déconfinement. Deux autres territoires doivent tenter la même opération en janvier, parmi ceux où le virus circule le plus vite en France : Roubaix (nord) et Saint-Etienne (centre-est). La stratégie s’inspire de celle tentée au Royaume-Uni à Liverpool, menée début novembre et dont le bilan a été jugé positif

    En Allemagne, où la pandémie « est hors de contrôle » selon le dirigeant de la Bavière Markus Söder, un confinement partiel a été décrété dimanche à partir de mercredi jusqu’au 10 janvier, rappelant celui vécu au printemps lors de la première vague. Certaines régions n’ont pas attendu la réunion de dimanche pour prendre des mesures. En Saxe (est), l’État régional le plus frappé par l’épidémie actuellement, les fermetures de magasins et d’écoles entrent en vigueur lundi.

    En Suisse, le directeur de l’hôpital de Zurich a réclamé la mise à l’arrêt du pays et, selon le journalSonntagsZeitung, les cinq hôpitaux universitaires de Bâle, Berne, Zurich, Lausanne et Genève ont exprimé « leur grande préoccupation » au ministre de la Santé. L’Italie, cinquième pays le plus endeuillé au monde après les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et le Mexique, a dépassé samedi le Royaume-Uni comme pays européen le plus touché avec 64.036 morts et plus de 1,8 million de cas.

    Plus au nord, la Lituanie va fermer la plupart des magasins à partir de mercredi. Pour sa Première ministre Ingrida Simonyte, « les chiffres sont effrayants et attristants, le risque est désormais partout ».

    Troisième vague en Corée du Sud

    En Asie, la Corée du Sud, qui affronte une troisième vague d’infections, a signalé dimanche 1 030 nouveaux cas, un record pour le deuxième jour consécutif.

    Longtemps érigé en modèle de gestion de la crise sanitaire, le pays a été surpris par ce regain et le président Moon Jae-in a évoqué samedi une situation « très grave ». Il a présenté ses excuses à propos des difficultés rencontrées par son gouvernement.

    En Afrique, la Mauritanie a annoncé dimanche rétablir un couvre-feu nocturne face à la progression du Covid-19, qui menace de saturation les hôpitaux de ce pays pauvre aux moyens sanitaires limités.

    Quant au petit royaume d’Eswatini, enclavé dans l’Afrique du Sud, il a perdu son premier ministre, décédé plus de deux semaines après avoir été diagnostiqué positif au Covid-19, même si les autorités n’ont pas précisé la cause de ce décès.

    Un article de notre partenaire

  • Retraités : attention au certificat de vie !

    Retraités : attention au certificat de vie !

    Les campagnes de vérification de l’existence des pensionnés résidant à l’étranger reprennent leur rythme habituel. Normalement, les vérifications devaient se finaliser en juillet 2020.

    Heureusement, La dématérialisation vient simplifier la procédure par envoi postal. Depuis le 14 octobre 2019, c’est donc cette solution qui est privilégiée meme si elle n’est pas encore généralisée. Les procédures avaient été suspendues face à la pandémie et aux fermetures des administrations un peu partout dans le monde.

    Des formulaires adaptés aux pays de résidence

    Depuis le 1er décembre 2020, les caisses de retraite ont donc repris le rythme normal pour effectuer les contrôles permettant le versement des retraites. En effet, alors qu’en France et dans certains pays européens (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Portugal, Italie et Espagne), les organismes en charge des pensions sont informés du décès du bénéficiaire, pour la grande majorité des pays, c’est aux retraités de prouver qu’ils sont encore vivants.

    Pour cela, ils doivent fournir un certificat, avalisé par le pays de résidence, à leurs caisses, soit par format postal et donc depuis 2019, ils ont aussi la possibilité de préférer une forme numérique.

    En cette fin d’année, les formulaires envoyés ont été désormais traduits dans les langues suivantes : l’allemand, l’arabe, le néerlandais, le polonais et le turc. Ces formulaires sont donc désormais disponibles dans les neuf langues suivantes : allemand, anglais, arabe, espagnol, italien, néerlandais, polonais, portugais et turc. Cette évolution traduit la nouvelle répartition des pensionnés qui sont de plus en plus nombreux à résider hors de France pour profiter des jours heureux.

    Lutter contre la fraude

    Ces traduction ont été effectuées pour faciliter la vie de nos ainés, mais aussi et surtout pour lutter contre la fraude. Les certificats à faire remplir par les autorités locales, rédigés en français, n’étaient pas toujours pleinement compris par les fonctionnaires habilités localement.

    C’est particulièrement le cas dans les pays dus Maghreb qui concentrent selon le député Pierre Vatin (LR), la grande majorité des abus. Comme il le remarque, non sans malice, ces territoires concentrent un nombre de centenaires bien supérieur à celui constaté en France.

    Dans tous les cas, il ne vous reste, si vous êtes concerné, que quelques jours pour vous mettre en ordre et éviter un retard dans le versement de votre retraite en janvier 2020. Pour cela, direction, l’interface web du service public français en cliquant ICI pour récupérer le formulaire puis selon les pays d’aller le faire authentifier par une autorité habilitée.

  • Les Lycées français du monde, un défi à l’obscurantisme

    Les Lycées français du monde, un défi à l’obscurantisme

    Jean-Yves Le Drian a conclu la quatrième édition de la Semaine des Lycées français du Monde le 05 décembre 2020. Au cours d’une allocution transmise via l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE), il a parcouru l’année, particulièrement, difficile qu’à traverser l’Education nationale en France et le rôle des établissements dont le Ministère des Affaires étrangères a la charge.

    Lutter contre le repli sur soi

    Le Ministre des affaires étrangères est revenu longuement sur les écueils qui s’annoncent pour les Nations du monde. Tout d’abord, le repli sur elle-mêmes, comme si, face aux défis globaux du XXIe siècle, « leurs intérêts ne rejoignaient pas en réalité les intérêts de l’humanité tout entière ».

    Jean-Yves Le Drian a aussi évoqué les piliers de l’obscurantisme, que sont l’irrationalité et le relativisme. Ils l’enracinent dans les peuples, donnant vie à un repli identitaire, « au point de nourrir la haine de l’autre et de conduire aux pires violences  » comme pour Samuel Patty, mort pour avoir enseigné.

    Pour lui, « La France ne saurait s’y résoudre !« .  Le Ministre désire forger avec les Européens et l’ensemble de nos partenaires « un avenir plus désirable« , en travaillant à rectifier le cours de la mondialisation.

    Une diplomatie d’engagement

    Face à ce monde, pour Jean-Yves Le Drian la réponse ne peut être qu’une diplomatie multilatérale et européenne  où le réseau de l’enseignement français à l’étranger joue un rôle crucial.

    S’appuyant sur nos 540 établissements qui sont, en effet, autant de relais décisifs, qui font vivre les valeurs de la République dans quelque 140 pays du monde. Il désire continuer à former les 370 000 élèves comme des Ambassadeurs de l’Excellence à la Française.

    Quelques semaines après l’assassinat de Samuel Paty dans un geste terroriste d’une abjecte brutalité, il a voulu rappeler que « la force de notre modèle d’émancipation par l’éducation tient aux valeurs universelles qui en sont le fondement et que nous entendons promouvoir à travers lui. » Il évoque ainsi l’esprit critique, l’apprentissage du raisonnement et la citoyenneté. Et pour lui, elle ne peut s’épanouir que dans l’égalité entre citoyens du monde.

    Cap sur l’égalité  

    Pour les années à venir, le Ministre des affaires étrangères a, donc, voulu donner un cap socio-culturel aux établissements français à l’étranger. La mission qu’il donne à tous les agents de l’AEFE, c’est celle de transmettre une des valeurs de notre devise, l’Egalité, à tous les enfants du réseau.

    En premier lieu l’égalité entre les femmes et les hommes, qui est la grande cause de ce quinquennat et le cœur de la diplomatie féministe déployée par le ministère. Mais Jean-Yves Le Drian veut aller plus avec aussi la lutte contre les stéréotypes de genre et les comportements sexistes.

    Et la solidarité

    Sur une planète tissée d’interdépendances, l’égalité se traduit par la solidarité. Et le réseau AEFE a été exemplaire aux yeux du ministre. Comme avec  l’opération « Un cartable pour le Liban », qui a permis de collecter plus de 120 000 € pour offrir des fournitures scolaires aux élèves des écoles publiques de Beyrouth. Cette année encore, les élèves comme les adultes ont été aux côtés du Téléthon, malgré la pandémie.

    Une pandémie qui a aurait pu avoir de lourdes conséquences. Mais le réseau a tenu, grâce à la volonté de tous ses acteurs et à l’effort budgétaire mis en place, dans l’urgence. Pour Jean-Yves Le Drian ces aides ont ainsi soutenu toutes les familles françaises et étrangères et de tous les établissements qui en avaient besoin. Pourtant des voix s’élèvent, en particulier, chez les expatriés, qui ont souvent moins été soutenus que les annonces le laissaient penser.

    La bonne nouvelle, du discours, fût l’agrandissement du réseau. Le Ministre des affaires étrangères a annoncé que 23 écoles avaient rejoint l’AEFE en 2020. Elles viendront renforcer l’offre mondiale, l’objectif étant toujours de doubler le nombre d’élèves.. mais en 2030.

    Une piste, n’a pas été évoquée par Jean-Yves Le Drian, pour réussir ce doublement, et bien avant 2030, accueillir tous les petits Français expatriés. Simplement, en faisant valoir leur droit comme citoyen français à l’Education nationale, l’Etat Français créera de nombreux futurs ambassadeurs de l’excellence à la Française, des Français expatriés. Sous la tutelle du Quai d’Orsay, le réseau d’éducation à l’étranger laisse souvent sur le côté de jeunes Français au profit des élites locales, leur éducation n’est-t-elle pas une mission primordiale ?

    REGARDER L’ALLOCUTION DE JY LE DRIAN

  • Sorties de crise – 3 questions à Philippe Crevel

    Sorties de crise – 3 questions à Philippe Crevel

    Philippe Crevel

    Philippe Crevel, économiste, Président de Lorello ecodata, société d’études économiques, et Directeur du » Cercle de l’Épargne » sur les stratégies économiques des gouvernements et les sorties de crise possibles. 

    Lesfrancais.press :  L’année 2020 aura été marquée par trois mois de confinement, avec à la clef un recul du PIB qui pourrait atteindre dix pour cent ; la dette publique devrait se rapprocher de 120 % du PIB. Quelles seront les conséquences à moyen et long terme de cette situation sans précédent en temps de paix ?

    Philippe Crevel : La crise économique provoquée par la crise sanitaire est une première. Dans le passé, nous avons connu des crises immobilières, des crises boursières ou des crises bancaires, des crises d’offre ou de demande. 

    La crise actuelle est la conséquence d’une décision volontaire des pouvoirs publics de préserver la vie de leurs concitoyens. Il n’y a pas de destruction de capital physique, à la différence des périodes marquées par des conflits militaires. Nous manquons donc de précédents pour apprécier les capacités de réaction de l’économie face à un ou plusieurs confinements.

    Course de vitesse

    Philippe Crevel : L’absence de retours d’expériences est d’autant plus réelle que les gouvernements ont mis en œuvre des politiques de soutien inédites afin de limiter les effets de la mise à la cape des économies. Les plans de soutien sont, en 2020, de 50 à 100 % plus élevés qu’en 2008 lors de la crise des subprimes. Au sein des pays dits avancés, les revenus des ménages ont été globalement assurés. La perte, en France, est limitée à 5 %. Ce soutien a un coût, une dette accrue de 20 points de PIB.

    Les mesures gouvernementales ont permis une reprise assez rapide des activités après le premier confinement. La consommation a retrouvé son niveau d’avant crise en quelques semaines. L’évolution de l’épidémie rend complexe l’élaboration de prévisions pour 2021. La deuxième vague aura un effet négatif sur l’activité, mais son ampleur sera moindre que celle de la première vague. Le recul de la consommation a été évalué à 15 % en novembre contre 30 % en avril dernier pour la France.

    Passeport sanitaire

    Philippe Crevel : L’économie tend à s’adapter à la nouvelle donne sanitaire. Ce phénomène est constaté à l’occasion de chaque épidémie, que ce soit celle du choléra en 1832 ou celle de grippe en 1918. La survenue d’une troisième vague dans les premiers mois de 2021, loin d’être improbable, freinera la reprise et minera le moral de la population et les fondamentaux économiques.

    L’année prochaine, une course de vitesse s’engagera entre les vagues de covid-19 et la vaccination. L’instauration d’un passeport sanitaire est prévisible.

    Lesfrancais.press : Est-il possible de mener de front, sortie de crise et transition énergétique ?

    Philippe Crevel : La crise bousculant les fondamentaux des économies conduit à un retour massif de l’interventionnisme étatique. Les gouvernements, compte tenu de la mise entre parenthèses des règles de bonne gestion publique, veulent en profiter pour accélérer leur programme de transition énergétique. Ils sont évalués à plusieurs milliers de milliards de dollars. 

    En renchérissant le prix de l’énergie et le coût des investissements, elle réduit potentiellement le niveau de vie des ménages et diminue la rentabilité du capital, du moins à court et moyen terme.

    Le prix de la transition énergétique 

    L’association sortie de crise et transition énergétique est séduisante sur le papier, mais pas sans risque. La priorité pour l’opinion publique est le maintien de l’emploi et des revenus. Certes, une partie de celle-ci estime qu’il est possible de refonder sur l’économie sur de nouvelles bases avec cette crise sanitaire. Les gouvernements devront mener un ardent travail de pédagogie faute de quoi les populations pourraient à un moment donné considérer que le prix de la transition énergétique est trop élevé. 

    Les restrictions de liberté que la crise sanitaire impose sont de plus en plus mal acceptées. Il n’est pas impossible que le rejet des contraintes concerne toutes les politiques publiques. 

    Une culpabilisation importante des consommateurs au nom de la protection de la planète pourrait avoir des effets négatifs sur la croissance et donc sur l’emploi. Un juste équilibre devra donc être trouvé !

    Lesfrancais.press : Avec le deuxième confinement, l’épargne des ménages reste orientée en hausse. Comment en 2021, cette cassette évoluera-t-elle ?

    Philippe Crevel : Le premier confinement marqué par une chute de la consommation de 30 % a entraîné une montée de l’épargne. Le deuxième confinement n’aura pas le même effet sur l’épargne. 20 % devrait être le taux moyen de l’année. La décrue de l’épargne covid-19 sera, sans nul doute, longue, étant donné que le virus devrait sévir sur l’ensemble de l’année. 

    Tout dépendra évidemment de la diffusion des vaccins et de leur efficacité. Le retour de la confiance devrait s’accompagner d’un mouvement favorable de la consommation. Dans tous les cas, comme lors des précédentes crises, l’encours de l’épargne restera plus élevé qu’avant la crise. 

    Succession des crises et vieillissement 

    Les ménages ont tendance à détenir des volumes plus importants d’encours d’épargne de précaution. Ce comportement peut s’expliquer par la succession rapide de crises ces vingt dernières années et par le vieillissement des populations. 

    L’aversion aux risques croissante contribue à la hausse du taux d’épargne au sein des pays de l’OCDE. La transformation d’une épargne de court terme en une épargne de long terme investie sur des supports destinés par exemple au financement de la retraite, sera sans nul doute une priorité des prochaines années.

    (lesfrancais. pressremercie « Le cercle de l’épargne » dans lequel a été publié en premier cet entretien)

  • Programme Erasmus+ : la France en tête de la mobilité étudiante

    Programme Erasmus+ : la France en tête de la mobilité étudiante

    La Commission européenne doit annoncer ce vendredi (11 décembre) l’enveloppe accordée au programme Erasmus+ pour la période 2021-27, une enveloppe en nette augmentation par rapport à la période précédente grâce à la mobilisation des Eurodéputés. A cette occasion, l’Agence Erasmus+ France dresse un premier état des lieux.

    C’est un bilan très positif : le nombre d’étudiants participant au programme Erasmus+ a augmenté de 21% entre 2015 et 2019, jusqu’à 34 % pour les seuls apprenants en formation professionnelle. Cela signifie que près d’un étudiant français sur deux quittant l’Hexagone pour poursuivre ses études à l’étranger bénéficie d’un financement Erasmus+, faisant ainsi de la France le premier pays européen en termes d’apprenants participant à ce programme.

    De fait, les chiffres publiés par l’Agence Erasmus+ France montre qu’entre 2014 et 2020, avec un budget national de 1,2 milliard d’euros, Erasmus+ représentait 597 000 mobilités en France. Le programme phare de l’Union européenne aura également permis de financer les projets européens de 5 000 établissements et organismes de formation en France.

    Lancé en 2014, le programme Erasmus+ regroupe les différents dispositifs de l’Union européenne en faveur de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et des sports. Le 10 novembre dernier, après d’âpres négociations, les Eurodéputés et la présidence allemande du Conseil des ministres de l’Union européenne sont arrivés à un accord sur le budget européen, dans lequel le programme Erasmus+ figure parmi les grands gagnants.

    En Europe, le premier volet du programme « a dépassé son objectif qui était de soutenir 4 millions de mobilités d’apprentissage », affirme un membre de la Commission européenneFort de ce succès, l’objectif de la prochaine période qui s’étend entre 2021 et 2027 a été revu à la hausse : il doit permettre la mobilité à près de 12 millions de personnes en Europe, soit autant que pendant les trente premières années du programme (1987-2007).

    S’ouvrir aux jeunes des classes populaires

    Ce succès auprès des jeunes Français s’explique par l’amélioration de leurs compétences professionnelles qu’offre le programme européen. Ainsi, l’Observatoire Erasmus+ montre que 86 % d’entre eux estiment avoir développé leur autonomie et leurs compétences linguistiques grâce au programme quand 93 % déclare qu’il a contribué à améliorer leurs capacités d’adaptation.

    Par ailleurs, une priorité du programme Erasmus+ est de bénéficier aux « publics fragiles » ou éloignés des opportunités. Actuellement, d’après les données de l’Agence Erasmus+ France, 38 % des apprenants sont des jeunes issus des classes populaires, et jusqu’à 60 % chez les apprenants en formation professionnelle. Comme le confirme la dernière étude de l’Observatoire Erasmus+, « l’accès à une bourse Erasmus+ est une condition sine qua none pour ces publics, dont une minorité seulement reçoit une aide financière des parents« .

    Un programme plus inclusif, plus vert et plus axé sur le numérique

    « Le programme Erasmus+ doit permettre aux citoyens européens de gagner en compétences, d’accéder à un marché de l’emploi tendu par la crise sanitaire et de favoriser la cohésion sociale en Europe« , explique Laure Coudret-Laut, directrice de l’Agence Erasmus+ France Education et Formation. Côté français, « nous voulons mettre en oeuvre un programme Erasmus+ encore plus ouvert, plus responsable et plus ambitieux. »

    Avec, à la clé, la possibilité pour les élèves de l’enseignement secondaire de partir en mobilité individuelle et l’option de partir hors Europe pour les apprenants de la formation professionnelle – comme c’est déjà le cas depuis 2015 pour les étudiants de l’enseignement supérieur.

    Les ambitions européennes pour le programme comprennent également une modernisation des systèmes éducatifs et la structuration d’un espace européen de l’éducation d’ici 2025. Les 41 alliances Universités européennes, représentant 294 établissements européens d’enseignement supérieur et 7 millions d’étudiants, doivent ainsi être développées. La simplification des procédures administratives constitue un autre enjeu pour le programme Erasmus+ : Elle doit « faciliter l’accès au programme pour les petites structures et les personnes les moins favorisées » au dispositif, selon Laure Coudret-Laut.

    Fort des enseignements de la crise sanitaire, le programme verra par ailleurs le renforcement de sa « mobilité hybride« , un mélange de mobilité physique et d’activités virtuelles.

    Enfin, le « Green Erasmus+ » constitue un objectif phare pour le programme après 2020. D’un côté, seront favorisé les « projets qui répondent aux enjeux environnementaux, forment les jeunes générations au développement durable ou contribuent à sensibiliser les citoyens à la transition écologique« , selon l’Agence Erasmus+ France. De l’autre, seront soutenus les modes de transport plus respectueux de l’environnement à travers, notamment, une prise en charge des frais supplémentaires liés aux transports peu émissifs de gaz à effet de serre.

    Grâce au nouveau budget pour la période 2021-27, « nous pourrons réussir les transitions écologique et numérique engagées pour inclure tous les publics et ne laisser personne sur le côté du chemin« , estime Laure Coudret-Laut.

  • Comment utiliser le futur?

    Comment utiliser le futur?

    A l’Unesco, le Forum mondial sur la Littératie des futurs[1] a réuni futurologues, dirigeants politiques, universitaires, économistes, citoyens, du monde entier. Apprendre à utiliser le futur, dés maintenant, voilà, en simplifiant, ce qu’on appelle « littératie», apprentissage. L’idée que l’on se fait du futur influence directement nos vies, d’autant plus gravement que le futur a peu de chance d’arriver, puisqu’il est, par nature, imprévisible.

    Avoir créé le centre de crise du Quai d’Orsay est la mesure la plus importante du ministère depuis quinze ans. On ne sait pas quelle crise va surgir. On sait qu’il y a en aura chaque année, plus ou moins bouleversante. La diplomatie, la politique, est un métier de pompier. De pyromanes, aussi. Comment le futur dicte le présent ? 

    Coronavirus : Personne ne l’avait prévu. Ce n’est pas lui qui a provoqué la crise, mais la réaction à son apparition. Si on projette 600.000 décès en, alors on suspend toute activité (France). Si c’est une grippette, on ne fait rien (Brésil). Dans tous les cas, l’impréparation à une épidémie et des expertises inexactes dictent les politiques publiques. Apprendre à utiliser le futur permet d’éviter les pièges de la panique et des erreurs d’anticipations. 

    Rose ou grise, l’idée du futur dicte le présent 

    Spéculation : Airbnb, introduit en bourse cette semaine, a doublé son cours dans la journée, portant sa valorisation à 87 milliards de dollars. A titre de comparaison Mariott ne vaut « que » 42 M$, Accor seulement 10M$. Airbnb perd pourtant chaque année des millions de dollars et ne possède aucun immeuble. Les financiers, experts, etc… se sont trompés en introduisant le titre à 68$ alors qu’il a atteint 147$. Le marché, plus précis que les spécialistes ? Forcément, il achète le futur. Le cours va-t-il rester à ce niveau? Pas forcément, une bulle financière se profile. La prochaine crise est donc annoncée. Les valeurs nouvelles, comme Airbnb, s’en tireront mieux que Mariott, parce qu’elles sont plus immatérielles, et fonctionnent différemment.

    Economie : Selon le World Economic Forum, 75 millions d’emplois seront détruits d’ici 2022, demain. Par les robots. Mais 130 millions seront créés dans des emplois plus qualifiés. Personne ne dit où ni pour qui. Réflexe : investir dans l’éducation, la recherche et … la robotique. Mais si c’est pour refaire l’école d’hier, inutile. La France dépense 5.6% de son PIB – comme pour la Santé – pour des résultats médiocres. Utiliser le futur pour changer l’école : quels sont les savoirs fondamentaux au XXIème siècle ? Apprendre la discipline de l’usine ? Celle du télétravail ? Apprendre à apprendre. A s’adapter, à affronter les crises, à … multiplier les possibles.

    Finance, épidémie, guerre, des tsunamis en gestation

    Défense. Emmanuel Macron annonce la construction d’un nouveau porte-avion, à propulsion nucléaire : 5 milliards. Décision sans doute nécessaire, ne pas le faire eut été déchoir. Le temps de le construire, le Charles de Gaulle sera désarmé. Mais demain, les porte avions, seront-ils des atouts ou des cibles faciles pour les drones sous marins ? Plus qu’un porte avion, conçu dans les années 90, ne faut-il pas concevoir un système d’armes, comme le SCAF pour l’aviation et le construire avec d’autres ? Selon l’image que l’on se projette de la guerre et de nos adversaires, l’état de la mer change. 

    Il y a des tsunamis qui arrivent, technologiques, cybernétiques, financiers, géopolitiques, économiques, écologiques. Faut-il un, aucun ou cinq porte avions ? Ou faut-il changer de méthode : devenir capable de construire des porte avions comme les Vénitiens construisaient des galères, les Américains des B52, les Chinois des buildings?

    Beaucoup d’intérêts animent les images du futur.   

    Transition énergétique. Pourrait-on utiliser l’extraordinaire technologie de la propulsion nucléaire pour, à l’inverse des EPR, construire de petites unités nucléaires, comme le projettent Russes et Coréens? Le plan de relance de l’UE pour la transition écologique ignore ces technologies pour miser sur l’hydrogène et les renouvelables, à l’avantage des panneaux solaires chinois et du gaz russe. Il en faut, mais ce n’est qu’une certaine vision du futur -fin supposée du nucléaire et du pétrole- qui décide de ces politiques. D’autres hypothèses, avec les mêmes objectifs (transition énergétique, retour à un équilibre écologique) sont possibles. Brider l’industrie européenne pour importer des produits chinois est-ce efficace dans la lutte contre le changement climatique ? 

    Déceler dans les images du futur les manipulations politiques, les clichés, ôtent des œillères mentales, qui correspondent aussi à des intérêts.

    Manipulations du futur, les enjeux immédiats. 

    Ce n’est pas seulement pour leur image ou les subventions que les pétroliers investissent dans les énergies renouvelables. C’est aussi parce que celles–ci requièrent un complément en gaz. Derrière les choix européens de la transition énergétique, il y a le renoncement allemand au nucléaire et les intérêts gaziers.

    Faire table rase du futur 

    Faire table rase du futur permet de développer un éventail stratégique, intellectuel, créatif plus vaste, oblige à reconsidérer les présupposés, les politiques. 

    Une seule vision du futur est un aveu d’échec. Mille visions du futur permettent de dépasser le porte-avion, l’hydrogène, le coup de bourse, pour développer une attitude différente, tout de suite: construire des alliances, imaginer des systèmes d’armes, développer un management différent, utiliser le capital sur des bases moins statiques, oser des écoles moins uniformes, investir dans la rapidité, la capacité d’adaptation.

    Il en est de même des écoliers et des dirigeants : Les critères de choix des bons dirigeants ne seront pas les « programmes », impossibles à tenir, mais savoir réagir à l’inconnu, répondre aux crises, rebondir sur les bouleversements. 

    Insulter l’avenir: croire qu’il est écrit. Utiliser l’avenir: préparer l’imprévu.  


    [1] Riel Miller (Unesco, OCDE), le créateur de ce Forum, m’en voudra de simplifier à l’extrême les réflexions des personnes qu’il a su réunir et d’utiliser si mal ses travaux. Voir son livre : « Transformer le futur, l’anticipation au XXIème », Unesco, (téléchargeable gratuitement.) 

  • Après le Brexit, le Brexin

    Après le Brexit, le Brexin

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont décidé de poursuivre les discussions autour d’un accord post-Brexit, a déclaré la présidente de la Commission, dimanche midi, après un appel téléphonique « constructif et nécessaire » avec le Premier britannique.

    Dernières discussions, comme d’habitude. Boris Johnson estime un échec «très, très probable». Ursula von der Leyen juge «faibles» les espoirs d’un accord. Pour le Brexit, le compte à rebours est enclenché. Même si l’Europe est la spécialiste  des accords de dernière minute, la possibilité pour l’Union européenne et le Royaume-Uni de signer avant le 31 décembre se réduit d’heure en heure. Pourtant personne n’a à gagner d’un « hard Brexit ».

    Sans accord de libre-échange avec Bruxelles au 31 décembre, les échanges du Royaume-Uni avec son principal partenaire se feront selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane et de quotas. 

    En 2019, le montant des échanges entre l’Union européenne était de 830 milliards d’euros. Le Royaume-Uni est jusqu’à maintenant le pays d’Europe ayant le déficit commercial le plus élevé. A ce titre, la France dégage un de ses rares excédents commerciaux européens avec ce pays.

    L’UE est le premier partenaire du Royaume-Uni

    Plusieurs points de blocages empêchent la conclusion d’un accord. Ainsi, le Royaume-Uni n’entend pas se soumettre aux normes techniques, fiscales et environnementales de l’Union. La Commission de Bruxelles considère que le gouvernement britannique entend faire de son pays une porte d’entrée aux marchandises des pays émergents qui ne souhaiteraient pas se soumettre à la réglementation européenne. Le Royaume-Uni se transformerait en Cheval de Troie du commerce européen au profit des pays tiers. 

    Le gouvernement britannique s’oppose également au système d’arbitrage des différends commerciaux. Logiquement, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) est compétente pour juger les cas de litige dans les prochaines années. Le Royaume-Uni ne se considère désormais plus lié aux lois européennes depuis son départ de l’Union en 2020, et récuse tout pouvoir à la CJUE. Bruxelles serait disposé à trouver sur ce point un compromis. 

    Tous les problèmes ont leur solution

    Le dossier de la pêche et des zones réservées est également dans l’impasse. Les eaux britanniques sont parmi les plus riches du monde en poisson et de nombreux pays de l’Union y pêchent 760 000 tonnes de poissons chaque année, soit 636 millions d’euros de marchandises. La France est le pays le plus concerné en y réalisant 30 % de ses prises. Or au 1er janvier 2021, le Royaume-Uni reprend le contrôle de cette zone économique exclusive et souhaite y imposer un système de droit de pêche et de quotas. Ces derniers seraient mis en place dans trois ans. Un délai estimé trop court par Bruxelles, qui propose plutôt de s’acquitter d’une taxe en reversant une partie des prises effectuées dans les eaux britanniques. Le gouvernement britannique estime les concessions européennes très insuffisantes.

    Johnson veut un vrai Brexit, donc un hard Brexit

    Désormais, aussi bien Boris Johnson que les dirigeants européens se préparent à un no deal. Boris Johnson vante les mérites d’un accord à l’Australienne ou à la Canadienne, pour citer deux pays avec lesquels le Royaume-Uni vient de conclure des accords de libre échange. Pourtant, ils n’ont rien à voir avec l’accès au marché européen. D’autant que ces accords ne sont pas meilleurs que ceux signés avec l’UE…

    Signe positif, le gouvernement britannique a récemment confirmé le retrait d’une loi, qui renonçait à l’établissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Eire, invalidant l’accord dit de sortie. Or, sans accord d’accès au marché unique, on comprend mal comment le gouvernement gérera l’absence de frontière entre les deux Irlandes.

    Quant à la pêche, difficile de penser qu’une question à 630 M€, sur un volume d’échanges de 830 milliards, ne trouve pas de solution. Enfin la question de l’arbitrage semble pouvoir être résolue par un autre système d’arbitrage que la CJUE. 

    Le plus important semble être la question des normes européennes. Ils emble évident qu’en cas de no deal, les produits britanniques devront de toute façon les appliquer. Une certification semblerait permettre un compromis. 

    En fait, aucun problème ne semble insurmontable. 

    La raison fondamentale à l’absence d’accord c’est le refus d’avoir un accord. Comme s’il fallait une rupture en bonne et due forme, afin que personne ne croie que le Brexit puisse être un faux Brexit.

    Les Britanniques continueront à négocier plus tard, un peu trop tard. 

    Une fois que le Royaume-Uni sera sorti, les Britanniques commenceront à négocier sérieusement. Mais l’échec laissera des traces, et ce temps de latence aura des effets dévastateurs sur l’économie britannique, et en Europe. En France en particulier, puisque le Royaume-Uni est un de ses principaux partenaires. 

    Laisser la porte ouverte

    Il faudra absolument mettre les rancœurs de coté de tenter de trouver avec le Royaume-Uni les meilleures relations possibles. Un partenaire fort et heureux est préférable un voisin divisé et isolé, ou entièrement dans l’orbite américaine.

    Certes, il n’y aura pas de Brexin, mais la porte doit rester ouverte. Il faut absolument conserver les meilleures relations possibles, dans tous les domaines, avec le Royaume-Uni. C’est l’intérêt des Européens, et c’est l’intérêt des Britanniques. D’autant qu’il risque d’y avoir bientôt la question de l’Ecosse. Un  Scotix qui se transformerait en Scotin n’est pas impossible : la meilleure façon de résoudre la question écossaise, et la question irlandaise sera, pour les Britanniques,  un accord avec l’UE.  

  • La France vaccinera ses expatriés

    La France vaccinera ses expatriés

    Le gouvernement veut que sa stratégie de vaccination des citoyens français prenne, dès sa genèse, en compte les Français de l’étranger. Jean-Baptiste LEMOYNE, le secrétaire d’Etat aux Français hors de France a réuni vendredi 11 décembre les parlementaires pour leur exposer son plan.

    Tirer les leçons du H1N1

    EN 2009-2010, 550.000 doses de vaccin contre le H1N1 avaient été envoyées pour 1,4 million de Français inscrits au registre à cette date. Seulement 62 800 expatriés se sont fait immuniser à travers le réseau consulaire.

    Cette faible participation s’explique en partie par un défaut d’information de nos compatriotes. Mais en 10 ans la communauté des Français de l’étranger a doublé et s’est organisée. En s’appuyant sur les consulats, les alliances françaises, les accueils des Français et le réseau scolaire, de nombreuses associations se sont épanouies. Avec la création en 2014 des élus consulaires, les territoires sont mieux maillés. Cependant, comme l’a démontré la disparité de l’information transmise tout au long de la pandémie actuelle, des consignes claires et communes sont attendues de leur ministère respectif par tous les acteurs de la communauté.

    L’autre explication à ce faible taux de couverture de la campagne de vaccination de 2009-2010 : Le H1N1 est incomparable à la Covid-19. 10 000 décès pour le premier, la moitié de la planète touchée, tandis qu’aujourd’hui, alors que la maladie fait encore rage, le monde entier compte ses morts avec un total de 1 600 000 (au 11/12/20).

    Equité de traitement et  subsidiarité 

    Lors de la réunion avec les députés et sénateurs, le secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste LEMOYNE, a indiqué que sa stratégie pour les Français de l’étranger reposera sur deux grands principes : équité de traitement entre Français de l’étranger/Français de France et subsidiarité.

    Déploiement similaire à celui réalisé en France

    La campagne de vaccination contre la Covid-19 pour les expatriés sera effectuée en 3 phases comme en France : janvier à février (EHPAD, personnels en contact avec des personnes âgées), phase 2 : personnes à risque ; phase 3 : reste de la population. Et là aussi comme sur le territoire national, 4 principes s’appliqueront : non obligatoires, gratuits, disponibilité, déploiement via la médecine de ville. 

    Retenant une suggestion d’Amelia LAKRAFI, Députée (LREM), Jean-Baptiste LEMOYNE proposera au gouvernement de faire appel aux Instituts Pasteurs,  aux centres médicaux sociaux (OLEF) et aux médecins des ambassades.

    Marc Villard (PS), qui préside l’Assemblée des Français de l’Etranger, suggère lui d’ouvrir le réseau médical de la CFE aux non-adhérents. La caisse rembourserait ou prendrait en charge tous les expatriés et l’Etat la rembourserait à son tour.

    Adapter la campagne aux enjeux locaux

    Anne Genetet, députée (LREM), s’est opposée à un déploiement systématique et massif, rappelant que tous les pays n’homologueront pas le même vaccin, que cette démarche peut amener à des tensions géopolitiques, etc. Elle propose d’intervenir uniquement en dernier recours comme au Koweit où les vaccins seront refusés aux étrangers.

    Claudine Lepage, sénatrice (PS), la rejoint, au moins partiellement. Dans certains pays, la couverture proposée par les pays de résidence sera similaire à celle française. C’est particulièrement le cas au sein de l’Union européenne, en vertu de l’égalité de traitement des européens, nos compatriotes dans ces pays seront pris en charge par l’Etat d’accueil. Elle s’interroge pour les autres pays.

    C’est aussi l’inquiétude de son collègue, Christophe Frassa (LR), il se demande « comment envisager la campagne dans les pays où il n’y a pas de campagne nationale de vaccination ? »

    Une « Task Force » contre la Covid-19 au Quai d’Orsay

    Axel CRUAU, responsable de la « Task force Covid » au Ministère des affaires étrangères français, présent à la réunion, a exposé les actions qui seront mises en place au cours des prochaines semaines. Des questionnaires pour les postes diplomatiques, des relances des partenariats avec les autres états de l’Union européenne, un dialogue pour retour d’expérience avec la CFE sur la campagne de 2009-2010.. Finalement beaucoup de papiers mais encore peu d’actions…

    Et comme l’indique dans un courrier envoyé aux élus consulaires à la suite de la réunion, le sénateur Robert del Picchia (LR), les vraies questions sont en suspens : « quid des pays qui obligeraient à se vacciner ? Quid des agents de l’État et des agents locaux ? (..) Quels pays choisiront le nationalisme vaccinal ? »

  • Le Foot français en danger

    Le Foot français en danger

    Le contrat monumental avec Mediapro avait été accueilli en 2018 avec tambours et trompettes. Les clubs et la fédération de Football pensaient avoir décroché le gros lot en cédant 80% des droits TV pour la Ligue 1 et la Ligue 2 pour la période 2020-2024, pour un montant de 830 millions d’euros.

    325 millions d’euros non versés

    La décision de la Ligue de mettre fin à son contrat avec son principal diffuseur, la chaine Téléfoot ce vendredi 11 décembre, ouvre une ère d’incertitude économique pour le football français. La défaillance du groupe sino-espagnol (Mediapro) est apparue de plus en plus évidente depuis sa décision de ne pas honorer son échéance en octobre, puis en décembre, invoquant la crise sanitaire. La somme non versée s’élève désormais à environ 325 millions d’euros en tout.

    Julien Bergeaud DG Mediapro

    Une source ayant accès au dossier a expliqué à l’AFP que la Ligue devait récupérer ses droits de diffusion d’ici au 21 décembre. Contacté par l’AFP, Mediapro n’a pas souhaité faire de commentaire. Mais sous couvert d’anonymat, un journaliste de Téléfoot, la chaîne ad hoc créée par Mediapro, raconte que ses salariés ont été « réunis » par visioconférence vendredi matin. Son directeur général Julien « Bergeaud nous a dit, très ému et même au bord des larmes que c’était fini« , « le coup est monumental« . Il a été indiqué aux salariés de continuer à travailler les prochains jours, poursuit-il.

    Survie jusqu’au 23 décembre

    Via un communiqué transmis par mail, Mediapro est sorti du silence : 

    «Mediapro Sport France et la Ligue de Football Professionnel annoncent avoir défini ensemble les termes d’un accord qui permettrait d’aboutir à la restitution des droits de diffusion des matches de Ligue 1 et de Ligue 2 à la Ligue de Football Professionnel à brève échéance. Cet accord sera soumis au Tribunal de commerce de Nanterre dans les prochains jours afin que ce dernier puisse entrer en vigueur dans les meilleurs délais. »

    Mediapro 

    La sortie du diffuseur sino-espagnol doit, donc, encore être validée par le tribunal de commerce de Nanterre qui avait engagé une procédure de conciliation le 19 octobre. Il s’agira alors de connaître précisément les conditions de la sortie de Mediapro. Plusieurs sources proches du dossier ayant évoqué ces derniers jours l’hypothèse du versement d’un dédommagement par Mediapro en échange de promesses de non-poursuites judiciaires. D’après Le Parisien, cette somme s’éleverait à 100 millions d’euros. 

    En revanche, la chaîne Téléfoot ne va pas cesser d’émettre du jour au lendemain, elle assurera la télédiffusion des matchs jusqu’au 23 décembre 2020.

    Et après ? Qui paiera pour les matchs ?

    Quand le contrat de plus de 800 millions d’euros par an (sur un total record d’1,153 milliard pour la L1) avait été signé par Mediapro, nouveau venu en France, de nombreux experts avaient émis des doutes quant à sa viabilité. Et en octobre, le patron de Mediapro le Catalan Jaume Roures avait indiqué que Téléfoot comptait 600.000 abonnés, bien loin de l’objectif des 3,5 millions nécessaires à long terme pour rentabiliser le projet.

    Les regards vont désormais se tourner vers Canal+, diffuseur historique du Championnat de France qui reste discret sur le dossier et a déjà indiqué via son patron Maxime Saada qu’il ne réinvestirait pas « à perte » dans le football. Cela laisse craindre une décote de plusieurs centaines de millions d’euros par an. Une forte baisse qui risque d’être difficile à encaisser pour de nombreux clubs déjà fragilisés par la crise sanitaire et des stades vides. Sollicité par l’AFP, Canal + n’a pas donné suite.

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