Le Foot français en danger

Le Foot français en danger

Le contrat monumental avec Mediapro avait été accueilli en 2018 avec tambours et trompettes. Les clubs et la fédération de Football pensaient avoir décroché le gros lot en cédant 80% des droits TV pour la Ligue 1 et la Ligue 2 pour la période 2020-2024, pour un montant de 830 millions d’euros.

325 millions d’euros non versés

La décision de la Ligue de mettre fin à son contrat avec son principal diffuseur, la chaine Téléfoot ce vendredi 11 décembre, ouvre une ère d’incertitude économique pour le football français. La défaillance du groupe sino-espagnol (Mediapro) est apparue de plus en plus évidente depuis sa décision de ne pas honorer son échéance en octobre, puis en décembre, invoquant la crise sanitaire. La somme non versée s’élève désormais à environ 325 millions d’euros en tout.

Julien Bergeaud DG Mediapro

Une source ayant accès au dossier a expliqué à l’AFP que la Ligue devait récupérer ses droits de diffusion d’ici au 21 décembre. Contacté par l’AFP, Mediapro n’a pas souhaité faire de commentaire. Mais sous couvert d’anonymat, un journaliste de Téléfoot, la chaîne ad hoc créée par Mediapro, raconte que ses salariés ont été « réunis » par visioconférence vendredi matin. Son directeur général Julien « Bergeaud nous a dit, très ému et même au bord des larmes que c’était fini« , « le coup est monumental« . Il a été indiqué aux salariés de continuer à travailler les prochains jours, poursuit-il.

Survie jusqu’au 23 décembre

Via un communiqué transmis par mail, Mediapro est sorti du silence : 

«Mediapro Sport France et la Ligue de Football Professionnel annoncent avoir défini ensemble les termes d’un accord qui permettrait d’aboutir à la restitution des droits de diffusion des matches de Ligue 1 et de Ligue 2 à la Ligue de Football Professionnel à brève échéance. Cet accord sera soumis au Tribunal de commerce de Nanterre dans les prochains jours afin que ce dernier puisse entrer en vigueur dans les meilleurs délais. »

Mediapro 

La sortie du diffuseur sino-espagnol doit, donc, encore être validée par le tribunal de commerce de Nanterre qui avait engagé une procédure de conciliation le 19 octobre. Il s’agira alors de connaître précisément les conditions de la sortie de Mediapro. Plusieurs sources proches du dossier ayant évoqué ces derniers jours l’hypothèse du versement d’un dédommagement par Mediapro en échange de promesses de non-poursuites judiciaires. D’après Le Parisien, cette somme s’éleverait à 100 millions d’euros. 

En revanche, la chaîne Téléfoot ne va pas cesser d’émettre du jour au lendemain, elle assurera la télédiffusion des matchs jusqu’au 23 décembre 2020.

Et après ? Qui paiera pour les matchs ?

Quand le contrat de plus de 800 millions d’euros par an (sur un total record d’1,153 milliard pour la L1) avait été signé par Mediapro, nouveau venu en France, de nombreux experts avaient émis des doutes quant à sa viabilité. Et en octobre, le patron de Mediapro le Catalan Jaume Roures avait indiqué que Téléfoot comptait 600.000 abonnés, bien loin de l’objectif des 3,5 millions nécessaires à long terme pour rentabiliser le projet.

Les regards vont désormais se tourner vers Canal+, diffuseur historique du Championnat de France qui reste discret sur le dossier et a déjà indiqué via son patron Maxime Saada qu’il ne réinvestirait pas « à perte » dans le football. Cela laisse craindre une décote de plusieurs centaines de millions d’euros par an. Une forte baisse qui risque d’être difficile à encaisser pour de nombreux clubs déjà fragilisés par la crise sanitaire et des stades vides. Sollicité par l’AFP, Canal + n’a pas donné suite.

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