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  • La France bloque le projet MidCat avec l’Espagne

    La France bloque le projet MidCat avec l’Espagne

    Tandis qu’Allemands, Espagnols et Portugais relancent le débat sur le gazoduc MidCat reliant la péninsule ibérique à la France, certains dénoncent une manœuvre profitable, avant tout, aux intérêts de l’Allemagne. 

    Le 11 août 2022, le chancelier allemand Olaf Scholz annonce qu’il regrette l’arrêt du projet de gazoduc MidCat qui manquerait « dramatiquement » à l’Europe en cette période de crise.

    Dans la foulée, le Premier ministre portugais Antonio Costa rappelle que ce projet est même « une priorité » pour le continent, enjoignant donc la France à se positionner.

    Le projet MidCat a été lancé en 2013 à l’initiative des gouvernements espagnol et français et avec le soutien de la Commission européenne. Nécessitant des renforcements très importants du réseau gazier français, le projet initial fut raccourci et renommé South Transit East Pyrénées (STEP).

    Il est finalement abandonné en 2019, au prétexte qu’il ne répondait pas aux promesses escomptées en matière de sécurité d’approvisionnement et de viabilité économique.

    La France boude le projet

    Depuis, le gouvernement français botte en touche.

    En juin dernier, le ministère de l’Écologie, de l’Énergie et des Territoires avait répondu à EURACTIV France qu’il n’avait « aucun commentaire » à formuler, alors que le dossier revenait sur le devant de la scène suite au déclenchement de la guerre en Ukraine.

    En juillet, nouvelle sollicitation en amont du conseil des ministres de l’Énergie européens. Le cabinet du ministère répond à EURACTIV France que le projet est « non viable », au regard de son manque d’intérêt circonstancié en ces temps de crise. 

    Néanmoins, le ministère se disait « attaché » à une discussion avec les partenaires européens. 

    Propos que semble avoir entendu la ministre de l’Écologie espagnole. Le 12 août, elle déclarait à la télévision espagnole (TVE), que les travaux sur le projet MidCat coté Espagne pouvaient être terminés en « huit à neuf mois ».

    Contre la pénurie de gaz, Teresa Ribera propose, au minimum, de préparer l’ajout d’un compresseur supplémentaire sur les deux petits gazoducs qui relient actuellement l’Espagne à la France.

    Selon elle, le chantier ne devrait d’ailleurs prendre que « deux ou trois mois » et pourrait fournir rapidement « 2 à 2,5% » de la consommation gazière européenne. Estimation que corrobore le cabinet S&P Global sollicité par La Tribune.

    Mais le même jour, le ministère de la Transition énergétique français réitérait ses propos tenus en juillet. Il fait ainsi savoir, au média espagnol Ara, que le projet n’avait pas d’intérêt et qu’il mettrait des années à être opérationnel.

    « Nous ne sommes pas les vassaux de l’Allemagne »

    En un sens, c’est aussi ce que dénonce Thierry Bros auprès d’EURACTIV France : « le politiquement correct pourrait nous pousser à développer un nouveau gazoduc »« Mais à quoi sert un pipeline qui relie deux terminaux de regazéification ? », dénonce-t-il. 

    Le projet rebaptisé STEP prévoyait en effet d’interconnecter la ville de Figueres en Catalogne — proche du terminal de regazéification de Barcelone — à la ville de Barbaira en Occitanie — proche du terminal similaire de la Fos-sur-Mer. Situation absurde, donc, selon le chercheur.

    Néanmoins, le Premier ministre portugais déclare que le projet servirait tout de même à « désengorger les ports du nord de l’Europe » en permettant au continent de profiter d’une plateforme logistique située dans le sud de Lisbonne.

    Mais Thierry Bros rappelle que le projet profiterait surtout à l’Allemagne. Or, il n’y a selon lui, aucune raison que Français et Espagnols payent pour un chantier qui profiterait d’abord aux Allemands. À noter que les Espagnols ont cherché à faire financer ce projet par l’Union européenne.

    « Nous [les Européens] ne sommes pas des vassaux de Berlin », fulmine le chercheur.

    Face à la gravité de la situation que traverse l’Allemagne, il ajoute qu’Olaf Scholz ne peut s’en prendre qu’à lui-même et aux mauvaises décisions prises par les gouvernements allemands successifs depuis l’arrivée de l’ancienne chancelière Angela Merkel au pouvoir. Entre autres : la fermeture des centrales nucléaires.

    hydrogène, gaz
    Concept de bus à hydrogène

    Transport d’hydrogène ?

    En outre, la ministre de l’Écologie espagnole, avance que le projet pourrait permettre de développer les futures infrastructures de transport d’hydrogène. Ce à quoi Thierry Bros répond que, compte tenu de son immaturité technologique, l’hydrogène comme vecteur énergétique est une chimère face à l’urgence de la crise.

    De fait, le professeur a profité, jeudi (25 août), de son passage sur la chaîne LCI pour dénoncer l’inutilité des pourparlers entamés par Olaf Scholz avec son homologue canadien sur le développement d’un partenariat hydrogène.

    Il lui préfère le « pragmatisme » d’Emmanuel Macron, en visite en Algérie, dans un pays producteur de gaz et partenaire européen majeur.

    Le président devra néanmoins faire des courbettes s’il souhaite négocier un contrat gazier supplémentaire. Cela demanderait en effet des milliards d’euros d’investissements algériens, alors que l’Union européenne et ses États membres souhaitent, in fine, sortir des énergies fossiles.

    Une situation que la pénurie actuelle de gaz devrait d’ailleurs accélérer.

  • Accès de faiblesse euro sur fond de flambée électrique 

    Accès de faiblesse euro sur fond de flambée électrique 

    L’euro est repassé au-dessous de 1 dollar cette semaine, les investisseurs anticipant une longue récession en Europe, conséquence de la raréfaction du gaz russe et de la flambée électrique.

    La dépréciation de la monnaie européenne, -15 % en un an, s’explique également par les écarts des taux directeurs pratiqués par les banques centrales de part et d’autre de l’Atlantique. La FED a relevé ses taux dès le mois de mars quand la Banque centrale européenne ne l’a fait qu’à partir du mois de juillet. Compte tenu de l’écart de taux qui atteint désormais deux points, les investisseurs privilégient les placements américains au détriment de ceux de la zone euro, ce qui provoque une baisse de la valeur de la monnaie européenne.

    Ecart des taux 

    Si la dépréciation de l’euro favorise les exportations en dehors de l’Union européenne, elle renchérit, en revanche, le coût des importations et notamment celles en énergie. Elle contribue ainsi à l’augmentation de l’inflation. Pour les Européens, il est plus coûteux d’investir aux États-Unis quand, a contrario, les Américains peuvent le faire en Europe à moindre prix. 

    La semaine restera marquée par l’envolée sans précédent des prix de l’électricité en Europe et tout particulièrement en France. Les prix de gros de l’électricité pour 2023 en France ont dépassé 1 000 euros le mégawattheure (MWh) quand ces prix n’étaient que de 85 euros il y a un an. Avant la crise sanitaire, ils fluctuaient même autour des 50 euros. La hausse des prix de l’électricité est imputable à la diminution des flux de gaz russe vers l’Europe depuis le début de la guerre en Ukraine et à l’augmentation du cours du gaz. De nombreuses centrales de production d’électricité sont alimentées au gaz en Europe, ce qui induit des effets sur le cours de cette dernière.

    Plus de la moitié des réacteurs nucléaires à l’arrêt 

    En France, 32 des 56 réacteurs nucléaires que compte l’Hexagone sont à l’arrêt, notamment en raison d’un problème de corrosion, réduisant la production électrique française à un niveau historiquement bas. La France est contrainte d’importer son électricité quand logiquement elle est exportatrice. Les annonces d’EDF sur un report de la remise en réseau des centrales concernées a provoqué des tensions supplémentaires sur le marché de l’électricité. 

    Jusqu’à maintenant, les pays de la zone euro ont institué des boucliers tarifaires pour protéger leurs concitoyens des effets de la hausse du prix de l’électricité. Le coût budgétaire est exponentiel. Au Royaume-Uni, le régulateur a annoncé le vendredi 26 août que les tarifs réglementés de l’énergie augmenteraient de 80 % à partir d’octobre dans le pays, et que les factures de gaz et d’électricité pourraient progresser encore « considérablement » en 2023.

    Réunion d’urgence 

    En France, des dizaines de milliers de clients migrent de fournisseurs privés d’électricité vers l’énergéticien public, EDF, et son tarif fixe. En 2023, le bouclier tarifaire devrait céder la place à un système d’aides ciblées en faveur des ménages les plus modestes. Face à l’augmentation des cours de l’énergie, la Première ministre tchèque, dont le pays assure la présidence de l’Union européenne, a déclaré ce vendredi que son pays allait convoquer une réunion d’urgence pour faire face à la crise énergétique. Le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, Jozef Sikela, a déclaré que le conseil européen de l’énergie devait se réunir « le plus tôt possible ».

  • Danse interdite, vies interdites

    Danse interdite, vies interdites

    La première ministre finlandaise, Sanna Marin, a été dénoncée pour avoir été filmée en train de danser au cours d’une soirée. Elle a trente-six ans, elle en aurait 96, serait-ce moins scandaleux ? Le scandale est-il le film -toute figure du pouvoir est publique- ou la danse ? Elle est la première ministre d’un pays qui collectionne les premières places dans tous les classements de développement humain : liberté, environnement, éducation, santé… Même dans ce paradis du nord, danser pourrait être incompatible avec sa fonction. Staline dansait avec les membres du Politburo (que des hommes), susurrant à l’oreille du valseur que le lendemain il pourrait être mort. Aurait-elle proféré de telles menaces ?  Elle a reçu une bise sur la joue.

    Une femme au pouvoir qui danse, c’est léger, dangereux 

    Elle s’est soumise à un test anti-drogue. La soupçonnerait-on d’avoir blanchi l’argent des Narcos comme Juan Orlando Hernandez, ou Maduro ? Détourné des millions de dollars, comme Cristina Kirchner ? Touché de l’argent d’un pays étranger, comme Clinton, Biden, Sarko ou le roi d’Espagne ? Arrêté un évêque comme Ortega, emprisonné des opposants, comme Sissi, Erdogan, Xi Jinping ? Découpé un journaliste en rondelles, comme MBS, ou l’avoir empoisonné ? Bombardé des civils, comme Poutine, Assad, Bush, Obama, Netanyahou, Erdogan et bien d’autres plus discrets ?  

    Ce n’est pas la danse qui choque, c’est la féminité : une femme au pouvoir qui agit comme un homme, soit. Une femme au pouvoir qui danse, c’est léger, dangereux. La mise en scène hiératique du pouvoir serait dégradée. 

    Pendant l’étalage du scandale finlandais, d’autres femmes subissaient d’autres accusations, d’autres condamnations, autrement cruelles et scandaleuses, bien plus discrètes.  

    Au Salvador, Esme a été condamnée à 30 ans de prison pour une fausse couche. Le juge y a vu un avortement camouflé. Or l’avortement y est strictement interdit, comme dans quinze autres pays dans le monde, pour quelque raison que ce soit. Le Salvador est le pays des Maras et des cryptomonnaies. Aux Etats-Unis, depuis la décision de la Cour suprême, quatorze Etats ont passé des lois interdisant l’avortement. Un juge a interdit la demande d’avortement d’une mineure, la considérant trop « immature » pour décider d’avorter ; mais pas pour élever un enfant. 1000 femmes ont saisi la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour contester l’application de la nouvelle législation polonaise restreignant le recours à l’avortement.

    34 ans de prison pour des messages pour les droits des femmes

    En vacances en Arabie saoudite, Salma al Shehab, qui vit au Canada avec ses deux enfants, a été condamnée à 34 ans de prison pour avoir posté sur Twitter des messages pour les droits des femmes, considérés comme hostiles au régime. Elle rejoint d’autres femmes, comme Loujain al-Hathloul, emprisonnée et torturée pour avoir réclamé le droit de conduire, avant que le Prince ne l’accorde. Elle s’était filmée au volant d’une voiture. Image de la féminité, toujours. A cacher, à bannir, à voiler. 

    En Égypte, Amal Fathy, ayant critiqué l’inaction des autorités face au harcèlement sexuel, a été condamnée à un an de prison. 

    En Inde, au Gujarat, onze hommes condamnés à vie en 2008 pour un viol collectif ont été libérés : remise de peine.

    Peut-on espérer une telle clémence pour deux « influenceuses » égyptiennes, Hanin Hossam (un million d’abonnés sur Tiktok) et Mawada el Adham (trois millions d’abonnés), condamnées pour incitation à des contenus « contraires aux bonnes mœurs ». Selon le juge, elles saperaient « les valeurs et la morale égyptiennes ». On les voit danser avec une petite fille de six ans.

    Condamnée à la lapidation pour adultère 

    Au Soudan, Maryam Alsyed Tiyrab, 20 ans, a été condamnée à la lapidation pour adultère. En Iran, 17 femmes ont été exécutées. Trois ont été pendues le même jour. Souvent, elles sont condamnées pour le meurtre du mari. La famille est invitée à participer à l’exécution : ainsi, Maryam Karimi, condamnée pour avoir tué son mari qui refusait de lui accorder le divorce, a vu sa fille participer à son exécution en mars 2021. En Iran toujours, le port du voile étant obligatoire, les jeunes femmes qui l’ont enlevé pour manifester ces dernières semaines ont été arrêtées. 

    La police a aussi arrêté le mari de Mona Heydari, 17 ans. Il l’avait décapitée en pleine rue et brandissait fièrement sa tête en souriant. Il plaidera qu’il s’agissait d’un « crime d’honneur ». Selon The Lancet, cité par Human Rights Watch, il y aurait eu, entre 2010 et 2014, plus de 8000 crimes d’honneur en Iran. L’agence officielle ISNA estime que les crimes d’honneur, ou plutôt d’horreur et déshonneur, représentent 20% des assassinats en Iran.

    Dans les régimes policiers le meurtre prolifère. Dans les régimes sans police aussi : en Haïti, où règnent les gangs, le viol est devenu une arme de guerre pour le contrôle des territoires entre bandes rivales.

    Le droit des femmes, un signe de décadence occidentale ?

    Au Maroc, Fatema Karim, 39 ans, s’est moquée des versets du Coran sur sa page Facebook. Elle a été condamnée à deux ans de prison. En Afghanistan, les femmes sans marham, sans accompagnateur masculin, sont arrêtées. Etc., etc., etc. 

    Parfois, il y a de bons signes : L’Ukraine, en pleine guerre, a ratifié la Convention d’Istanbul, traité international contre la violence faite aux femmes. La Convention établit des normes minimales de protection, de prévention et de poursuites judiciaires contre les violences domestiques. La Turquie, qui faisait partie de premiers signataires, s’en est retiré. L’Ukraine, en pleine guerre, signe. La Russie, elle, n’a jamais voulu signer Le droit des femmes, un signe de décadence occidentale ?

    Sanna Marin a rompu avec 70 ans de « paternalisme russe » sur la neutralité finlandaise en décidant l’adhésion de son pays à l’OTAN. Elle a osé. Sa danse scandalise forcément les admirateurs du pouvoir fort, rigoureux, antidécadent, « antioccidental » de Poutine. Tout est toujours une bataille de civilisation.

    La mère de Sanna Marin avait été élevée dans un orphelinat. Elle s’était réfugiée dans un centre pour femmes battues pour échapper à son mari. Sa fille a accumulé les petits boulots, financé ses études, adhéré à un parti, été élue, est devenue la plus jeune dirigeante d’un pays moderne, paisible, courageux, à bien des égards, exemplaire.

    En France, en 2021, 122 femmes tuées par leur conjoint  

    En quelques générations, en Europe, dans de nombreux autres pays qui suivent le « modèle occidental » le sort des femmes a changé, comme celui de la mère de Sanna Marin. Les femmes continuent de subir violence, mépris, haine sur tous les continents. En France, en 2021, 122 femmes ont été tuées par leur conjoint. 84% d’entre elles avaient porté plainte pour violence conjugale. Plus d’attention -de justice- aurait pu les sauver. 

    Peu à peu, lentement, le principe d’égalité homme-femme, les droits des femmes, les féminismes, sont apparus. Surtout, presque exclusivement à vrai dire, en Occident, qui le diffuse avec son impérialisme, qui est méprisé pour sa décadence supposée. Le wokisme, pur produit de l’autocritique occidentale, ira-t-il coloniser les décolonisés ? Ses excès ne sauraient occulter ses raisons : même en Finlande, l’image du pouvoir serait dévaluée par celle d’une femme qui danse, ou, simplement, d’une trop grande liberté. A surgi, dans un des pays les plus policé de la terre, la revanche malsaine de remettre une femme à sa place parce qu’elle est au pouvoir.

    Les guerres contre les femmes    

    Louis XIV dansait, imbéciles ! Faut-il assez de bêtise, de cruauté, pour interdire aux hommes et aux femmes, de danser ? Si une fatwah mentale allégeait le monde de quelques ayatollahs, censeurs, corrupteurs, juges, assassins, violeurs, et autres tyranneaux de village, il gagnerait moins en légèreté qu’en grâce. Dansez donc, madame la première ministre, dansez ! Quelle tristesse de vous voir seulement vous excuser à la télévision. Toujours ces procès par les images. Où sont, à la télévision, les excuses des vrais criminels, les reportages pour toutes ces guerres contre les femmes ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice des Français de l’étranger

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 29/08/22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 29/08/22

    Bonjour à toutes et à tous ! Je suis heureuse de vous retrouver pour cette nouvelle semaine de flash info des Français de l’étranger. Aujourd’hui au programme : les Français au Cambodge, les sites internet des consulats non mis à jour, et la loi de finances, un défi pour l’opposition. 

    Le Cambodge, un Eldorado en construction pour les expatriés

    Le Cambodge, un Eldorado en construction pour les expatriés ! Depuis une dizaine d’années, le pays d’Asie vit une transformation de fond ! Constructions multiples, développement du tourisme, taux de croissance avoisinant les 7%, vivier pour les start-up, tout est fait pour attirer les investisseurs étrangers ! Une aubaine pour les quelque 10 000 Français qui vivent sur place. Cependant, tous déconseillent d’y partir sans projet en amont, et sans argent en réserve car la chute de l’euro leur a fait perdre 20% de leur pouvoir d’achat. 

    Les sites des consulats non mis à jour

    On continue avec les sites des consulats. Dans une lettre à Olivier Becht, la sénatrice des Français de l’étranger Hélène Conway-Mouret, l’alerte de la non-mise à jour des sites internet des consulats. Un problème d’importance majeur pour les expatriés qui ne peuvent pas avoir accès aux informations de base. Il en va donc de la transparence démocratique. Dans sa lettre, disponible sur Lesfrancais.press, elle propose plusieurs solutions au ministre. Elles sont aujourd’hui toutes entre ses mains. 

    Transparence démocratique dans les consulats
    Transparence démocratique dans les consulats

    Possible recours au 49-3

    Puis nous terminons avec la loi de finances. A l’occasion du projet de loi de finances, les différends entre les groupes politiques ressurgissent. Dans une interview au Parisien, la première ministre Elisabeth Borne a laissé entendre que la majorité serait prête à recourir au 49-3 si jamais l’opposition bloque le projet. Elle envisage un tel recours car selon elle, “les Français ne nous ont pas demandé l’immobilisme”

    C’est terminé pour aujourd’hui ! On se retrouve demain pour un nouveau flash info. Bonne rentrée à tous !

    Écoutez le flash info

  • Bilan de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie

    Bilan de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie

    Le président Emmanuel Macron s’est rendu pendant trois jours en Algérie, du 25 au 27 août. Une visite marathon, qui se solde par un « partenariat renouvelé ».

    « Emmanuel Macron a fait subir, d’une certaine manière, une épreuve marathonienne aux services de sécurité » affirme Slimane Zeghidour, envoyé spécial TV5MONDE en Algérie. Effectivement, les trois jours de visite du chef de l’État en Algérie, ont été particulièrement intenses en termes de rendez-vous et de déplacements.

    Le voyage politique s’est passé « sans anicroche », ce qui est un succès en soit. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a pour sa part, salué « une visite excellente et réussie ».

    Sur le plan strictement politique, le traité de partenariat renouvelé, signé le samedi 27 août, marque une avancée des relations bilatérales. D’un côté, c’est la première fois qu’un traité signé par deux chefs d’État « est aussi circonstancié ». Il fait état de l’ensemble des secteurs d’activités propres aux deux nations.

    Algérie
    Emmanuel Macron lors de sa visite en Algérie – Ludovic MARIN / AFP

    Par ailleurs, les échanges académiques, universitaires et scientifiques, vont reprendre ardemment pour la première fois depuis l’ère de Valéry Giscard d’Estaing. Si à l’époque les échanges universitaires franco-algériens étaient forts, ils avaient connu après un fort recul.

    A la suite de ce déplacement, tout laisse augurer d’ »une véritable refondation des relations » entre les deux nations.

    Un reportage de TV5MONDE

  • Le Cambodge, un Eldorado en constuction

    Le Cambodge, un Eldorado en constuction

    Le Cambodge vit depuis une dizaine d’années une transformation à plusieurs échelles. Un mouvement que la communauté française sur place semble suivre. 

    Une histoire commune

    Le Cambodge et la France ont longtemps été liés. Durant près d’un siècle (1863-1953), le pays asiatique a successivement été sous protectorat français, inscrit dans l’Indochine française puis défini comme État associé de l’Union française, avant de prendre son indépendance en 1953. Seulement, ce n’est pas cette période de l’Histoire qui a le plus marqué l’opinion publique. Le régime totalitaire du sanguinaire Pol Pot (1975-1979) superposé au Conflit cambodgien (1978-1999) ont particulièrement entaché l’image du Royaume et participé à sa décroissance. Mais aujourd’hui, les habitants tentent de se défaire de ce passé et souhaitent ardemment se tourner vers l’avenir. 

    De son côté, la communauté française installée sur place est longtemps restée assez homogène dans sa composition. Mais au même titre que la population locale, elle évolue, semble-t-il, dans le même sens. 

    Un rajeunissement des populations

    Le Cambodge compte actuellement plus de 16 millions d’habitants, dont 65% a moins de 30 ans. Cette démographie particulièrement jeune s’explique par plusieurs facteurs, tous liés aux heures sombres du pays. 

    Dans les années du règne de Pol Pot, environ 1,7 millions de personnes ont perdu la vie, soit 20% de la population de l’époque. Entre ces tueries de masse, les flux migratoires vers les États frontaliers et la chute du taux de natalité, le taux de croissance du pays est passé d’environ 2% en 1976 à près de -4% en 1978. S’il y a eu un boom des naissances dans les années 1980, le taux de mortalité demeurait, lui, toujours haut. 

    Aujourd’hui, le pays a bien entamé sa transition démographique, ainsi les femmes font moins d’enfants (2,5 en 2020 contre 6,5 en 1985), mais l’affaissement du taux de mortalité a provoqué un accroissement et un rajeunissement démographique.

    Selon Florian Bohème, élu consulaire, membre de Français du monde-ADFE et de la Chambre de commerce du franco-cambodgienne, “cette jeunesse a soif de réussite, d’avenir et croque la vie ! Elle ne veut pas se retourner sur ses démons, bien qu’elle ne les oublie pas”. Ainsi, les villes se développent et les jeunes prennent leurs responsabilités à pleines mains afin de faire évoluer leur nation. Les nouvelles entreprises se multiplient à Phnom Penh, la capitale, et les start-up ont le vent en poupe. 

    Un mouvement suivi par la communauté française 

    Au sein de la population française, nous observons également un abaissement de l’âge. Selon les élus consulaires Florian Bohème et Jean Lestienne, et la co-présidente de Phnom Penh Accueil Estelle Bouat, la communauté française comptait essentiellement des retraités seuls il y a encore une dizaine d’années. Mais aujourd’hui, ils recensent de plus en plus de familles avec des enfants. L’attractivité du pays impulsée par son dynamisme et les nouveaux-nés d’une union franco-cambodgienne sont d’autant de raisons qui expliquent ce rajeunissement. 

    Face à ce phénomène, l’association Phnom Penh Accueil (PPA) a sensiblement élargi son catalogue d’activités. A son arrivée au Cambodge, l’association était déjà en pleine mutation, explique Estelle Bouat. Mais depuis l’an dernier, elle a pris un virage encore plus marqué. Si avant les semaines étaient animées par les parties de mahjong et d’aquagym pour les personnes âgées, aujourd’hui les loisirs proposés sont divers et prolifèrent. Cours d’aquagym dynamiques, visites guidées de la ville pour petits et grands, ateliers café-bricole, il y en a pour tous les goûts et tous les âges ! Aussi, afin d’accompagner au mieux les expatriés dans leur quotidien, l’association a créé un guide pratique (disponible à la fin de l’article). 

    Phnom Penh Accueil, Cambodge
    Des membres de Phnom Penh Accueil lors d’une sortie culturelle – © Facebook PPA

    De son côté, Capucine Thuilliez, Française de 25 ans actuellement en Volontariat international en administration (VIA) à l’ambassade française, raconte qu’elle fait partie d’un important réseau de Français de la même génération. “Notre réseau de VIA et VIE (Volontariat international en entreprise) est assez large. Le fait qu’il y ait de plus en plus de jeunes m’a beaucoup aidé lors de mon emménagement dans le pays”. Effectivement, grâce à ce réseau d’une cinquantaine de personnes, la Française a pu se faire plusieurs amis avec qui elle a découvert le Royaume et se construire une vie sociale, ce qui est particulièrement important lorsque nous arrivons dans un endroit que nous ne connaissons pas. 

    Le Cambodge, un pays chantier

    “Phnom Penh est une ville chantier, les immeubles poussent comme des champignons” assure Capucine. Depuis son installation il y a trois mois, elle a vu le paysage se modifier ostensiblement. Une observation largement approuvée par les élus consulaires et la co-présidente de PPA, résidents du Royaume depuis de nombreuses années.

    “Le Cambodge est très stratégique géopolitiquement”

    Florian Bohême, élu consulaire au Cambodge

    Depuis 2012, le Cambodge vit une croissance économique forte à hauteur de 7% de son PIB chaque année. Si elle s’est stoppée nette durant la crise de Covid-19, elle est repartie à la hausse en 2022 avec des chiffres tablant à 5,7% de son PIB. La forte présence des promoteurs chinois, le développement de secteurs comme celui de la construction et sa place géographique et géopolitique ont favorisé son déploiement. Effectivement, depuis 1999, le Cambodge est membre de l’Association des nations de l’Asie du Sud Est (ASEAN). Cette organisation politique, économique et culturelle a permis au pays d’ouvrir une zone d’échanges commerciaux avec les États voisins et de libéraliser son économie. Aussi, la présidence de l’organisation cette année, l’a placée sous le feu des projecteurs de la scène internationale, incitant ainsi les investisseurs étrangers à s’y implanter. 

    Aussi, comme l’explique Florian Bohème, “le Cambodge est à la croisée des chemins dans la région”. Ses frontières avec le Vietnam, la Thaïlande, le Laos et le Golfe de Thaïlande, lui confèrent une position stratégique de carrefour, selon l’élu consulaire. Avant d’ajouter que “certes c’est un petit pays, mais très stratégique géopolitiquement. Le Cambodge est une zone tampon entre la Chine et le reste du monde”. 

    Une communauté d’affaires toujours plus importante 

    Dans ce contexte économique, le Cambodge séduit donc une communauté d’affaires certaine. A Phnom Penh, les start-up et les petites sociétés sont toujours plus nombreuses, avec à la tête des chefs d’entreprises cambodgiens ou étrangers. La capitale prend donc peu à peu le visage d’un vivier industriel qui attire les Français. Nous pensons notamment aux firmes Legrand, spécialiste des infrastructures électriques, à Alldreams Cambodia, un service de voyages engagé dans l’écotourisme ; ou encore à l’implantation de la French Tech en 2015

    Sur le plan administratif, Florian Bohème, lui-même président d’un cabinet de conseil dans l’hôtellerie, certifie de la simplicité de création des sociétés. 

    Cambodge, Siem Reap, élu consulaire
    Jean Lestienne, élu consulaire au Cambodge

    Effectivement, la loi locale n’impose pas la présence de Khmers parmi les dirigeants ou actionnaires, contrairement aux pays voisins, facilitant ainsi les démarches. Cependant, il déconseille aux Français ayant des envies d’expatriation, de venir s’y installer sans un projet de vie défini en amont. Un point repris par son collègue Jean Lestienne, établi dans la ville touristique de Siem Reap. 

    “Je dirais que le rêve des expatriés de partir avec 5000€ en poche et l’envie d’ouvrir une guest house, est terminé”. Non seulement, parce que le marché de l’hôtellerie est toujours plus concurrentiel, mais aussi parce que la pandémie mondiale a fortement ralenti le secteur. Jean Lestienne affirme que depuis trois ans les visiteurs chinois se font rares dans la ville qui donne accès aux ruines d’Angkor. Étant donné qu’ils comptaient parmi les flux de touristes les plus importants, l’activité n’a donc pu reprendre. pleinement. 

    La French Tech Cambodge aux côtés de la French Tech Bangkok lors de l’évènement Bonjour Futur – © Facebook La French Tech Cambodge

    Des difficultés encore importantes

    Si le Royaume du Cambodge est en pleine mutation, des difficultés restent apparentes, surtout pour les habitants étrangers. Nous ne le savons que trop bien, retrouver son mode de vie occidentale peut être impossible dans certains pays du monde, et surtout non voulu. Cependant, il y a des situations que nous aimerions bien pouvoir éviter. La VIA pense notamment à l’impossibilité de se trouver certains produits hygiéniques comme les tampons, un “détail”qui change radicalement le quotidien. 

    Pour leur part, Estelle Bouat, mère de trois enfants, et Florian Bohème citent le manque de places disponibles au sein du lycée français de Phnom Penh. S’ils s’accordent à dire que l’établissement n’est pas responsable de ce problème, ils aimeraient voir les moyens lui étant alloués être étendus, afin d’éviter une fuite des élèves vers les écoles anglophones de la capitale. 

    PPA
    Estelle Bouat, co-présidente de PPA

    Enfin, Jean Lestienne rappelle les soucis rencontrés par les Français dont le salaire est inférieur à 1500€. Bien que la vie sur place ne soit pas particulièrement onéreuse, les loyers représentent un certain coût estimé aux alentours de 600€ par mois. Cependant, il est d’autant plus facile qu’en France d’en trouver un, étant donné que les frais d’agence sont à la charge du propriétaire et non du locataire. 

    Par ailleurs, avec la chute de l’euro depuis plusieurs semaines, le pouvoir d’achat des retraités et des personnes percevant leurs revenus en euros a drastiquement baissé. Les deux représentants des Français évaluent la baisse à 20%. 

    Malgré les obstacles réels, toutes les personnes interrogées se rejoignent sur la simplicité de la vie au Cambodge. “C’est un pays simple dans son rapport au quotidien” relate Florian Bohème ; “la vie est plus facile et douce qu’en France” abonde Capucine, avant qu’Estelle Bouat répète que “les gens sont d’une gentillesse infinie” et que Jean Lestienne ne renchérit en disant “qu’ils ont toujours été très accueillants avec les étrangers”. 

    Le guide pratique 2022 de Phnom Penh Accueil

  • Transparence démocratique dans les consulats

    Transparence démocratique dans les consulats

    Pour qu’un Etat soit une véritable démocratie, les autorités se doivent, dans la mesure du possible (hors Secret Défense et autres intérêts vitaux d’une nation), de gouverner en respectant le droit à l’information des citoyens. Hélène Conway-Mouret (PS), sénatrice des Français de l’étranger, interpellée par un grand nombre de conseillers consulaires, a écrit au ministre des Français de l’étranger pour que soit rétabli le principe de transparence démocratique dans les consulats.

    Les règles pour les Français de l’étranger

    Comme vous le savez, les Français de l’étranger disposent d’une représentation au sein des consulats afin de participer à la gouvernance de la circonscription consulaire et décider avec le représentant de l’Etat, le ou la Consul(e), des actions prioritaires à mener sur le volet social, éducatif et culturel.

    Ces décisions ou recommandations sont prises lors de réunions du conseil consulaire qui ont lieu régulièrement, au moins chaque trimestre, dans les bureaux de la représentation française dudit pays. Comme pour les délibérations prises en conseil municipal et autres organes démocratiques en métropole, ces dernières font l’objet d’un procès-verbal accessible au public et dont l’autorité de tutelle doit veiller à la publication ou la mise à disposition auprès du public français.

    La situation dans les consulats

    Pour les Français de l’étranger, c’est le ministère des Affaires étrangères qui joue le rôle d’autorité de tutelle, en France c’est le ministère de l’Intérieur et donc ce sont les autorités consulaires qui doivent veiller à la bonne publication des procès-verbaux. Ces derniers sont, en plus, une source d’informations indispensable pour nos compatriotes pour leur vie française dans leur pays d’accueil.

    Deux solutions sont mises à la disposition des consulats. Le simple affichage dans le hall d’accueil, sur le modèle du fonctionnement des mairies pendant des décennies, et aussi la publication sur le site internet de l’autorité consulaire.

    Pour la sénatrice Hélène Conway-Mouret c’est là que la difficulté réside. En effet, s’il peut être aisé dans un village ou une commune de se rendre à l’Hôtel de ville, se rendre au consulat est souvent plus complexe, ces derniers couvrant un pays ou une vaste région (comprenant dans de rares cas, parfois plusieurs Etats). Le site internet est donc, vu la saturation des standards téléphoniques, le seul point de contact des citoyens avec l’Etat français.

    C’est sur la base de ce constat, que les élus consulaires ont porté leurs inquiétudes auprès de la sénatrice Hélène Conway-Mouret qui les a elle-même relayées auprès du ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht, dans un courrier daté du 18 août 2022.

    Hélène Conway-Mouret – Sénatrice des Français de l’étranger (PS)

    Quelles actions à mener ?

    Dans sa lettre, l’élue des Français de l’étranger demande à Olivier Becht de rétablir ce principe de transparence démocratique dans les consulats. Pour cela, elle demande « qu’une circulaire soit envoyée à l’ensemble du réseau consulaire afin de rappeler l’importance de ces bonnes pratiques, qui s’inscrivent justement dans la feuille de route que vous avez fixée en matière de poursuite du processus de modernisation ».

    Actuellement, les sites internet des postes diplomatiques sont gérés localement, le plus souvent par un stagiaire, et s’il n’y en pas ? Malheureusement, les sites restent souvent en jachère. Il n’est pas rare en surfant sur le web de trouver des ambassades et consulats qui ne publient pas depuis plusieurs mois les délibérations des Conseil consulaires, comme à Sydney. Alors que faire, renforcer le staff local afin qu’un webmaster soit attaché à chaque consulat ? Centraliser la gestion des sites sur le modèle de France Consulaire en cours de déploiement ? La réponse est dans les mains du ministre Olivier Becht.

    Consultez le courrier d’Hélène Conway-Mouret

  • La communauté française en Algérie

    La communauté française en Algérie

    A l’occasion du voyage du Président de la République, Emmanuel Macron, en Algérie, on fait le point pour les expatriés sur la communauté française en Algérie.

    Une population de bi-nationaux

    Le nombre de Français inscrits sur le registre consulaire à Alger est de près de 42 000 citoyens. Cependant, ils sont nombreux à disposer de la nationalité française tout en n’étant pas inscrits sur les livres des consulats de France situés en Algérie.

    Les Français inscrits au registre consulaire

    Parmi les inscrits, il y a bien évidemment les « expatriés d’entreprises » soit les cadres envoyés par les grandes entreprises auprès des filiales des groupes français, mais aussi ceux démarchés par les sociétés algériennes pour venir étoffer leurs équipes.

    Deuxième gros bataillon de Français enregistrés auprès de l’administration française : les anciens combattants. Héritage de la colonisation et de la seconde guerre mondiale, 30 000 Français ou Algériens sont éligibles à la carte d’anciens combattants et la plupart touchent une retraite de l’armée française. Ceux qui disposent de la double nationalité, un gros tiers, ont l’obligation de s’identifier et de fournir un certificat de vie aux autorités françaises, ces impératifs expliquent leur forte proportion parmi les inscrits au registre consulaire.

    Les Français non-inscrits au registre consulaire

    Enfin, le dernier segment de Français installés en Algérie regroupe tous les binationaux qui de retour en Algérie ne peuvent pas faire prévaloir leur nationalité française sur le territoire algérien.

    Parmi cette population, on retrouve principalement des descendants des migrants qui avaient rejoint la France au cours des années 60 et 70 pour répondre à son besoin de main-d’oeuvre. Souvent bien formés, ils cèdent aux sirènes du gouvernement algérien qui leur tend un pont d’or afin de renforcer la productivité et la compétitivité du pays.

    Une Histoire toujours présente

    Si, à la différence du Maroc ou de la Tunisie, les Français sont moins présents en Algérie, c’est l’Histoire qui l’explique.

    En effet, la décolonisation, marquée par une guerre fratricide, laissa des traces négatives importantes dans le pays. Et si les années sont passées, le gouvernement en place, toujours héritier du Front National de Libération (FNL), entretient toujours la rancoeur envers la France, ce que n’a pas manqué, encore une fois, de dénoncer Emmanuel Macron au printemps 2022.

    Macron veut apaiser les tensions

    La visite du Président de la République s’inscrit dans une volonté d’apaisement. En effet, une relation saine et sereine avec l’Algérie s’impose désormais alors que la Russie n’approvisionne plus l’Europe en gaz.

    Emmanuel Macron a donc proposé dès son arrivée, jeudi 25 août 2022, la mise en place d’une commission mixte d’historiens algériens et français pour étudier les archives sur la colonisation et la guerre d’Algérie. L’objectif : démystifier ce conflit sans renier la part de chacun dans les massacres qui ont touché les deux communautés de 1954 à 1962.

    « Nous avons un passé commun » qui « est complexe, douloureux » et « nous avons décidé ensemble » de créer « une commission mixte d’historiens » pour « regarder l’ensemble de cette période historique« , « du début de la colonisation à la guerre de libération, sans tabou, avec une volonté […] d’accès complet à nos archives« 

    Emmanuel Macron à Alger le 25 août 2022

    « Bâtir l’avenir »

    Emmanuel Macron vient aussi, donc, négocier l’accès au gaz et pour cela il a un argument : les visas.

    Ainsi, la question des visas est liée à celle du gaz algérien. Celui-ci « suscite toutes les convoitises des Européens« , alors que l’Europe cherche à réduire sa dépendance au gaz russe. Or, l’Algérie est l’un des plus grands producteurs de gaz au monde. Officiellement, l’Élysée affirme pourtant que « ce n’est pas le sujet principal [du] déplacement » d’Emmanuel Macron. « Difficile de croire que les deux chefs d’Etat ne vont pas l’aborder », commentent toutefois les journalistes. 

    Alors que la France a durci sa politique de visas envers les Algériens, pourtant normalement balisée par les accords d’Evian qui ont donné l’indépendance à l’ancienne colonie française, elle pourrait rétablir les anciens critères si l’Algérie arrivait à augmenter ses exportations. Ainsi la France et l’Union européenne pourraient financer des stations de productions électriques photovoltaïques pour assurer ses besoins et ainsi libérer du gaz pour les Européens…

  • Un début de vendanges mi-figue mi-raisin en Europe

    Un début de vendanges mi-figue mi-raisin en Europe

    Les vendanges ont maintenant commencé dans la plupart des vignobles européens, marquées par une précocité inédite. Entre autres conséquences.

    « Dans la plupart des régions viticoles, il y a trois semaines d’avance par rapport à une année normale », annonce Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault à EURACTIV.

    « En ce qui me concerne, je n’ai jamais commencé aussi précocement, depuis plus de 30 que je pratique. Dès le 9 août pour le chardonnay ! », ajoute le viticulteur installé à quelques kilomètres de Montpellier.

    En Andalousie dans le sud de l’Espagne, les cépages blancs de l’appellation Jerez – Xérès – Sherry sont arrivés à maturité fin juillet. Même chose en Sicile, ou au Portugal.

    Plus au Nord, en Belgique, à Charleroi, le vigneron Henri Larsille s’apprête à récolter son muscari, un raisin blanc, dans deux à trois semaines. Avec impatience. « Nous aurons 15 jours d’avance. Et cette année, avec le beau temps et l’état sanitaire impeccable des vignes, tous les éléments sont réunis ! », se réjouit le secrétaire de l’Association des vignerons de Wallonie. Cette année, il devrait multiplier par trois sa production.

    De fait, après une année catastrophique en 2021, où les épisodes de gel et les maladies (mildiou, oïdium) avaient ravagé une bonne partie des vignobles européens, la situation sanitaire de 2022 s’avère « exceptionnelle », confie Jérôme Despey. La sécheresse aura au moins écarté champignons et autres moisissures qui se développent dans l’humidité.

    Mais si l’ambiance est à la fête en Belgique et dans le nord de la France, notamment en Champagne où tous les voyants sont au vert, les vignes méridionales font grise mine.

    Baisse de production

    Un printemps sec, des canicules précoces, dès le mois de juin en Europe, et qui se répètent ensuite en juillet et en août : si la vigne, plante méditerranéenne, s’accomode assez de la chaleur, la fréquence et l’intensité des événements extrêmes engendrent un stress parfois lourd de conséquences. Des feuilles jaunissent, chutent ; le poids des baies diminue, le cycle biologique est bouleversé. 

    En Toscane, région viticole emblématique de l’Italie, le vice-président du consortium « Chianti Classico », Sergio Zingarelli dresse un constat amer à l’agence Reuters : « Nous avons des raisins plus petits et nous nous attendons à ce que le nombre de raisins soit inférieur à la moyenne des dernières années […] ».

    « Je pense que ce sera l’une des récoltes les plus faibles jamais enregistrées dans le Douro« , déclare de son côté le producteur Paul Symington dans la revue The drinks business. Le Douro est une AOC qui produit notamment du porto dans le nord du Portugal.

    Davantage de raisins pour atteindre la même production de vin : un défi auquel sont confrontés de plus en plus d’exploitants. « Depuis quelques années, le changement climatique a un vrai impact sur le potentiel de production dans tous les pays producteurs de l’Union européenne, constate Jérôme Despey, on a des récoltes de plus en plus faibles. »

    En France, après la récolte historiquement faible de 2021, la production devrait tout de même atteindre 44 millions d’hectolitres. Des chiffres qui peuvent évidemment évoluer selon les conditions météo des prochaines semaines. « Nous sommes pour l’instant dans la moyenne basse de ces dernières années » précise Jérôme Despey.

    Sur le plan qualitatif, l’absence de maladies pouvant fortement altérer le goût des vins, est une bonne nouvelle pour la filière et les consommateurs. Une récolte saine permet en effet aux arômes de mieux se développer et de conduire le raisin jusqu’à sa maturité gustative.

    Après les incendies exceptionnels dans le sud de l’Europe cet été, une question se pose : un goût de fumée peut-il persister dans le vin ? Si les spécialistes commencent à s’y intéresser, le phénomène semble encore peu perceptible. « Les défauts peuvent être corrigés au moment de la vinification » rassure le vigneron. 

    vendange, raisin

    Atténuation et adaptation

    Alors que les orages de la mi-août et les précipitations à venir pourront soulager quelques cépages tardifs, la production européenne restera marquée par l’exceptionnelle sécheresse des derniers mois. « Le problème est que ces orages sont souvent très localisés, et il y a une déperdition : en quelques heures, beaucoup d’eau ruisselle. Le sol n’a pas le temps d’absorber », souligne Jérôme Despey pour qui les maitres-mots sont désormais l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. 

    En cette fin d’été, les vignerons scrutent le ciel en pensant déjà à l’année prochaine. Si le manque de pluie perdure dans le temps, les vignes se retrouveront les pieds à sec au printemps, sans réserve d’eau, pour la reprise du cycle. Pour le vigneron de l’Hérault, la recherche doit s’accentuer autour des nouveaux cépages plus résistants, tout en facilitant l’irrigation.

    Il rappelle que seulement 10 % des surfaces sont irriguées en France, alors qu’on atteint 50 % en Espagne et 26 % en Italie. Cela monte à 90 % en dehors de l’Europe en Afrique du Sud, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. « Cela permet d’être plus résilient face à la sécheresse, et de maintenir les capacités de production », insiste-t-il.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 26/08/22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 26/08/22

    Bonjour à tous, bienvenue dans l’édition du 26 août de votre flash quotidien. Ce vendredi, on évoque la galère des bagages perdus, l’association des conjoints accompagnants et Emmanuel Macron préparant les Français aux réformes à venir 

    Explosion du nombre de bagages perdus 

    Cet été, le premier post pandémie, le chaos a régné dans les aéroports aux quatre coins de la planète. Selon la fédération des transporteurs aériens, la fameuse IATA, c’est plus de 100 000 valises qui ont été égarées ces dernières semaines. A Roissy, c’est plus de 35 000 voyageurs qui ont été confrontés à ce problème. Il existe bien sur des solutions pour se faire indemniser et rembourser mais attention les délais et les règles sont précises. Retrouvez toute les infos dans le dossier disponible sur le site Lesfrancais.press.

    L’AFCA au coté des conjoints de fonctionnaires 

    Suivre sa moitié dans un pays étranger est source de découverte et d’enrichissement personnel, mais aussi éventuellement de solitude et de difficultés. Effectivement, la carrière professionnelle n’est pas toujours au rendez-vous, le cercle d’amis et familial non-plus, “puis le monde de la diplomatie c’est particulier” assure Zoé Meyer, la présidente de l’AFCA. Un monde souvent fermé ou du moins difficile à cerner lorsque nous ne le connaissons pas. C’est à ce moment-là que l’AFCA entre en jeu. Besoin de soutien ! N’hésitez pas à contacter une des 50 antennes en vous rendant sur leur site https://www.afca-mae.com/

    MAE, ministère, quai d'orsay

    Macron prépare les Français aux réformes 

    C’est en tout cas ce que semble deviner la presse nationale après la déclaration du Président de la République sur la fin de l’abondance avant le Conseil des ministres de la rentrée mercredi dernier. Les mois à venir s’annoncent donc difficiles, marqués par l’arrivée de réformes contestées comme celle sur le chômage, les retraites, la sobriété énergétique, etc. 

    C’est tout pour cette semaine, lundi vous retrouverez Emma, pour ma part, je vous dis à Lundi 05 septembre. Bon week-end à tous où que vous soyez 

    Ecoutez le flash du vendredi 26 août 2022

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