Bonjour à tous où que vous soyez, bienvenue dans l’édition quotidienne dédiée aux Français de l’étranger, nous sommes mercredi 21 septembre et aujourd’hui dans votre flash : Vague d’émotion chez les Français du Royaume-Uni pour les obsèques d’Elizabeth II – La Francophonie en danger en Algérie – L’affaire Quatennens déchire LFI.
God save the King
Comme les Britanniques, les Français vont devoir s’habituer au changement d’hymne du Royaume-Uni, une transition qui s’annonce complexe tant l’émotion fut grande lundi lors des obsèques. Un évènement que les Français ont suivi depuis leur salon ou en se rendant sur place. Mais pourquoi tant d’émotion ? On a posé la question à Alexandre Holroyd, le député des Français des iles britanniques, de Scandinavie et des pays baltes.
Vous pouvez découvrir l’intégralité du podcast sur lesfrancais.press, Alexandre Holroyd revient longuement sur son nouveau mandat de président de la Caisse des dépôts et consignations française.
C’est la rentrée scolaire en Algérie
Retardée de 15 jours pour permettre le recrutement de professeurs et la mise en place des cours en primaire d’une nouvelle matière : l’anglais. Alors que le français était la seule langue étrangère inculquée à tous les petits Algériens, désormais ils pourront choisir entre l’anglais et le français. Une très mauvaise nouvelle pour la francophonie dont l’origine est à chercher du coté des bisbilles diplomatiques entre la France et l’Algérie. Malgré le succès du dernier voyage d’Emmanuel Macron, fin août, le président algérien n’est pas revenu sur sa décision.
Le divorce des Quatennens fait exploser LFI
Le député du Nord a annoncé dans un communiqué lundi se mettre « en retrait » de ses fonctions de coordinateur de la France insoumise, alors qu’il est visé par une main courante de son épouse, Céline Quatennens, pour des faits de violences conjugales.
Alors que Jean-Luc Mélenchon a salué le « courage » et la « dignité » d’Adrien Quatennens, la députée Clémentine Autain invite les siens à ne « pas perdre le fil de [leurs] engagements » sur les violences faites aux femmes. Une prise de distance assumée, « Ce sont ses mots, pas les miens », a déclaré la députée insoumise Clémentine Autain dans Le Parisien ce mardi.
C’est tout pour aujourd’hui, bon mercredi à tous les écoliers et à leurs parents !
Alexandre Holroyd est le député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie, réélu en 2022, le jeune parlementaire a été choisi, le 09 septembre 2022, pour présider la Caisse des dépôts et consignations française (CDC). On l’a rencontré quelques heures après la cérémonie à Londres en l’honneur d’Elizabeht II.
A Londres, entre passé cordial et amitié renouvelée
Le Royaume-Uni a dit adieu à la reine Elizabeth II ce lundi 19 septembre. Ces funérailles d’Etat, surnommées les funérailles du siècle par la presse anglaise, sont les premières depuis la mort de Winston Churchill. Emmanuel Macron et son épouse étaient, bien naturellement présents.
Nous revenons dans les premières minutes de l’interview sur l’émotion mondiale qui s’explique pour Alexandre Holroyd par la place de l’ancienne monarque du Royaume-Uni dans notre histoire.
« Il y a une telle émotion mondiale car il y a le sentiment qu’une page de l’Histoire mondiale se tourne »
Alexandre Holroyd – député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie
L’occasion pour nous de l’interroger sur les nouvelles pages de l’amitié franco-britannique qu’il reste à écrire alors que Liz Truss occupe désormais le 10 Downing Street. Membre des conservateurs, la nouvelle première ministre est connue pour ses positions francophobes.
Une politique qui ne tiendra pas sur le long terme pour le député des Français de Grande-Bretagne, ce fin connaisseur des relations avec nos pays nous explique dans le podcast pourquoi, malgré le Brexit, la France partage toujours un destin commun avec son voisin.
« Si on regarde l’Histoire, avec un grand H, il n’y a qu’une conclusion, c’est que nos pays ont vocation à être des alliés dans le XXIème siècle »
Alexandre Holroyd – député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie
L’inflation au coeur du quotidien des Européens
Evoquant la situation du Royaume-Uni, on ne pouvait faire l’impasse sur l’inflation qui ravage ce pays mais pas seulement. Comme nous le rappelle Alexandre Holroyd, l’inflation touche tous les pays de sa circonscription comme les autres pays occidentaux.
« Il y a une reprise de l’inflation brutale, avec des taux de 20% comme aux pays baltes, avec 25%, ce qui est un bouleversement du modèle économique que nous connaissons depuis 20-30 ans »
Alexandre Holroyd – député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie
Avec le député macroniste, on fait le point sur les mesures prises en France et dont peuvent bénéficier les expatriés qui ont encore des liens forts avec notre pays, tout en évoquant les limites de l’aide que peut apporter la France à ses citoyens éparpillés dans le monde.
La Caisse des dépôts et consignations
Glissant de l’inflation à la macro-économie, nous abordons dans la dernière partie du podcast, le nouveau mandat pour lequel Alexandre Holroyd a été élu le 09 septembre, la présidence de la Commission nationale de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
La CDC est une institution publique française « sui generis » (c’est-à-dire avec un statut juridique spécifique) créée en 1816, indépendante et placée sous la surveillance du Parlement, au service de l’intérêt général au travers du financement du logement social, des universités, du développement des entreprises ou de la transition énergétique. Cette « banque » est un acteur majeur de la finance française avec des actifs représentant près d’un 1/3 du PIB de la France.
Ancien d’un cabinet dédié aux analyses financières, Alexandre Holroyd a réussi à obtenir l’aval de ses pairs pour présider la CDC. Jeune et riche de son expérience dans la capitale britannique, le député ambitionne d’apporter sa pierre à la modernisation perpétuelle que mène l’institution depuis sa fondation et que continue le directeur général, Éric Lombard.
Avec Alexandre Holroyd, on plonge dans la mécanique de la Caisse des dépôts et consignations et on balaie les prérogatives de son nouveau poste mais aussi l’ensemble des domaines d’activité que soutient le « bras armé de l’Etat ».
Une personnalité au service des ses concitoyens
A la fin du podcast, on revient avec le député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie, sur la situation des expatriés. Investi auprès de nos compatriotes, Alexandre Holroyd essaie de transcrire son analyse de professionnel de la vie économique en conseil pour ses compatriotes.
Où l’inflation va-t-elle sévir ? Quelle croissance en 2023 ? Quelles mesures à prendre ? Qu’attendre de la Loi de Finances 2023 en France ? Alexandre Holroyd tient un discours de vérité au service de ses concitoyens.
« On vit une période de rupture, de choc brutal. Ce moment charnière sera difficile »
Alexandre Holroyd – député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie
Le 19 juin, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ordonné l’introduction de l’anglais dans le cycle primaire aux côtés du français. Une décision qu’Emmanuel Macron, en voyage à Alger, il y a quelques semaines, n’a pas réussi à faire annuler. Mais alors quel avenir pour la Francophonie en Algérie ?
Une décision contre la France
A priori, il ne s’agit que de l’introduction d’une deuxième langue étrangère dans le cycle primaire. Mais quand on sait dans quel contexte cela a été décidé, on est en droit de se demander si ça ne vise pas à remplacer, à terme, le français et, par là même, à se détacher graduellement de la francophonie et de la culture française.
Le sentiment partagé par un certain nombre d’observateurs locaux est que le pouvoir en place, en mal de légitimité, semble céder à un puissant sentiment anti-français dans la société, où les appels à remplacer le français par l’anglais dans l’enseignement comme dans la vie publique n’ont jamais été aussi forts que depuis quelques années. En effet, les autorités avaient déjà commencé à imposer l’anglais, notamment dans les correspondances et les enseignes de l’armée et de certains ministères, dont, au premier, celui de l’Enseignement supérieur.
Emmanuel Macron et le Président algérien Abdelmadjid Tebboun en août 2022
Le facteur qui a sérieusement accéléré ce processus de «défrancisation» et l’émergence de ce courant idéologique, fut incontestablement le brusque raidissement des relations franco-algériennes après les fameuses déclarations du président Emmanuel Macron contre le «système politico-militaire» algérien, en octobre 2021. C’est pourquoi de nombreux intervenants accusent le gouvernement de vouloir imposer un choix éminemment politique au détriment de l’avenir pédagogique de millions d’élèves. Ces derniers devraient donc, à partir de cette année, avoir quatre langues à apprendre: l’arabe, le français, le tamazight et l’anglais.
Une rentrée scolaire bousculée
Si le programme s’annonce chargé pour les écoliers, la rentrée scolaire en Algérie,même reportée au 21 septembre, prend des airs de course contre-la-montre pour les professeurs et le corps administratif. En effet, l’apprentissage de l’anglais commençait au collège, désormais introduit dès la troisième année du cycle primaire (l’équivalent du CE2 en France), à raison de deux séances de 45 minutes par semaine, il a fallu dans les quelques semaines séparant la décision présidentielle de la rentrée tout organiser, inventer.
Et le gouvernement algérien a réussi son pari, en moins de deux mois. Pour cela, il a mis au point un programme et confectionné un million et demi d’exemplaires du nouveau manuel destiné aux élèves de troisième année d’école primaire et à le distribuer à travers tout le territoire national. Mieux, il a réussi le tour de force de recruter quelques 5.000 enseignants contractuels et à leur assurer une formation. En sachant que le ministère avait enregistré, dès la première semaine d’août, près de 60.000 postulants.
Rayonnement culturel et économique
Le 21 septembre, les écoliers algériens vont donc apprendre le français et l’anglais, étant, si jeunes, déjà la proie de combats politiques et idéologiques. Ainsi va le camp des partisans de l’anglais, l’influenceur Saïd Bensedira déclare que l’anglais est «la langue universelle» et que le français n’est qu’un «butin de guerre»…
Mais la France tient à préserver son rayonnement culturel, qu’elle travaille de toutes ses forces pour le préserver car elle sait très bien que ses intérêts sont protégés tant qu’elle est culturellement et linguistiquement dominante. Politiquement et économiquement, elle l’est, bien que le français ne soit pas une langue officielle en Algérie, mais il n’est pas non plus complètement étranger à la nation algérienne.
« Français de l’étranger », « expatriés », « émigrés », « évadés fiscaux », « exilés »… Tant de noms entendus en France pour qualifier ces Français qui ont décidé de s’établir à l’étranger. Dans l’hexagone nous les visualisons d’une certaine manière, pas toujours positive je dois le reconnaitre. N’étant pas la porte-parole de tous les Français (que l’univers m’en préserve), je vais ici partager ma propre vision, ma propre expérience.
Il y a un an, lorsque je suis arrivée dans la rédaction de Lesfrancais.press, je n’avais pas spécialement d’avis sur mes concitoyens installés à l’étranger. Si autour de moi, l’idée qu’ils sont des personnes aisées ayant fui la fiscalité française était répandue, je ne partageais pas spécialement cet avis. Je n’en avais pas. Je n’avais, pour tout dire, jamais vraiment pensé à eux.
Bien sûr, je savais qu’il y avait des Français à l’étranger. Mais que ne fut pas ma surprise de constater que nous en comptons environ 3 millions ! C’est en amont de mon premier entretien d’embauche avec mon futur rédacteur en chef, que je me suis penché sur le sujet. Dans mon esprit, j’établis alors trois catégories différentes. Ceux qui lors d’un voyage sont tombés amoureux du pays et décidèrent de s’y installer. Ceux en constante recherche de nouvelles aventures, cultures et sociétés. Souvent fatigués de la France et de nos travers. Puis ceux qui partent pour un temps déterminé, pour un contrat. Evidemment, c’était un constat facile, voire carrément simpliste. Ce fut ma première erreur.
La deuxième, et je l’appris rapidement à mes dépends, fut de tous leur coller l’étiquette « expatrié ». Mot-valise tant employé en France, par méconnaissance pure et simple de la réalité. Lors de ma première semaine, ce fut un élu parlementaire des Français de l’étranger qui me ramena dans le droit chemin. Je me pris un savon – non-méchamment je vous rassure – lorsque je fis la bévue de l’appeler « élu des expatriés ».
Un apprentissage constant
C’était mon cinquième jour de travail et je compris que j’avais beaucoup à apprendre. C’était un euphémisme. Face à la masse d’informations que j’avais à ingurgiter, j’ai cru que mon cerveau allait exploser. Que le message 404 error allait s’afficher. Nous étions en pleines élections consulaires, et je m’arrachais les cheveux à retenir les onze circonscriptions, les rôles, noms et partis politiques des sénateurs, députés, élus consulaires. Quelles sont leurs fonctions, leur rôle. Pourquoi les élus régionaux sont si méconnus ? Qu’est-ce que l’AFE ? A ne surtout pas confondre avec l’AEFE ! Car oui, dans le même temps, je commençais à m’intéresser et à écrire sur le système éducatif à l’étranger. Vaste thème.
A la vue de mon inclination pour les sujets liés à l’éducation, je devins rapidement en charge de la rubrique. Interviews, reportages, articles, voyage de presse au Maroc, en un an j’ai lu, entendu et appris énormément de choses et je me suis éclatée ! Mais avant d’en arriver là, j’ai bien mis six mois pour comprendre ne serait-ce que la partie visible de l’iceberg. Car plus j’en découvrais sur le monde des Français de l’étranger, plus je comprenais que je n’en ferais jamais le tour ! Le système est complexe, car après tout ce n’est pas parce que nous sommes à l’étranger, que les abysses de l’administration française n’ont pas dépassé les frontières. Il y a donc eu des hauts, des bas, des débats même ! Beaucoup de pourparlers et de grèves. Car oui, le caractère militant des Français s’exporte aussi, il ne reste pas bloqué à la douane.
Un inlassable questionnement
Mais au milieu de toute cette actualité chaude, je me suis quotidiennement posé une question : « pourquoi diable n’en entendons-nous pas parler en France ? » Je veux bien que tout cela se passe loin de nous et qu’on se sente détaché, mais tout de même. Honnêtement, je ne savais même pas qu’il y avait un ministre et des parlementaires pour les Français de l’étranger… Je me suis sentie bien bête. A ce propos, pourquoi ce ministre a plusieurs portefeuilles à la fois ? Les Français de l’étranger, ne méritent-ils pas une personne qui leur consacre entièrement son temps de travail ? Surtout avec tout ce qu’il s’est passé ces deux dernières années ? Bref, des questions lancées à l’univers, qui resteront sûrement en suspens.
Aujourd’hui, mon contrat avec la rédaction prend fin et je tente de tirer le bilan de cette aventure. Un voyage long et riche m’ayant permis d’ouvrir mon esprit, ma façon d’appréhender les Français de manière générale. Si je me lance sur mon impression vis-à-vis de mes concitoyens à l’étranger, mon flot de paroles sera intarissable. Je ne dirai donc qu’une chose : les Français de l’étranger sont et restent des Français, avec leurs qualités et imperfections comme tout un chacun. Cependant, ils ont une façon d’aborder le monde et les questions sociales et environnementales bien différente de la plupart des Français dans l’hexagone. Vivant dans des pays aux cultures et aux politiques dissemblables de la nôtre, ils font parfois face à certains dérèglements depuis déjà des années. Ils peuvent apporter une voix particulièrement intéressante dans le débat public et dans l’évolution de notre pays pour le meilleur. Il serait donc temps de les entendre et surtout de les écouter.
L’Europe doit faire face à une menace de pénurie énergétique et à une vague d’inflation, inédite depuis quarante ans, sur fond de reprise de l’épidémie de covid-19 et de sécheresse sur une grande partie du continent.
Malgré la succession de crises, l’économie européenne demeure néanmoins relativement solide avec un taux de chômage de 6,6 %, ce qui signifie presque le retour au plein-emploi. Le pouvoir d’achat des ménages ne se contracte que légèrement. Les salaires sont orientés à la hausse. La chute de la confiance des consommateurs n’a pas entraîné celle de la consommation. Le moral des chefs d’entreprises reste élevé.
De 100 à 1000 euros par mégawattheure
En cette rentrée 2022, le marché de l’énergie est sous tension en Europe, même si le cours du baril de pétrole est retombé au-dessous de 100 dollars. La production d’électricité est devenue le problème numéro un de l’Union européenne. L’arrêt des livraisons de gaz russe et les problèmes des centrales nucléaires françaises ont provoqué une vive augmentation des contrats à terme pour l’électricité. En 2021, les contrats français et allemands d’électricité à un an se négociaient à environ 100 euros par mégawattheure quand ils ont dépassé, fin août, 1 000 euros. Ce prix est une indication de l’état du marché au printemps 2023 en cas de persistance des problèmes actuels.
Le 5 septembre, la Russie a annoncé qu’elle fermerait son gazoduc Nord Stream tant que les sanctions occidentales seraient en place, entraînant une augmentation de 30 % du cours du gaz. Ce cours a atteint l’équivalent de 400 dollars le baril de pétrole, contre 100 euros avant la guerre en Ukraine.
La dépréciation de l’euro accentue la hausse des prix de l’énergie. Aux prix à terme actuels, les dépenses annuelles en électricité et en gaz des consommateurs et des entreprises de l’Union européenne pourraient atteindre 1 400 milliards d’euros, contre 200 milliards d’euros avant 2020, selon les experts de Morgan Stanley.
Au Royaume-Uni, plus de 14 % des ménages n’acquittent plus leur facture énergétique
La crise énergétique a des répercussions de plus en plus importantes sur l’ensemble du continent européen. En Italie, des usines de gazéification de l’eau ont fermé, le coût du gaz étant devenu prohibitif. ArcelorMittal a décidé de fermer une usine à Brême en Allemagne. Il en est de même pour la verrerie de Duralex de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret).
Au Royaume-Uni, où aucun bouclier tarifaire n’avait été institué jusqu’à la nomination de Liz Truss, plus de 14 % des ménages n’acquittent plus leur facture énergétique. La Pologne et la République tchèque sont également exposées aux menaces de pénurie d’énergie.
Face à cette situation, la Commission européenne entend modifier le fonctionnement du marché de l’énergie et en particulier celui de l’électricité. Le prix du mégawattheure était jusqu’à maintenant déterminé par les coûts du producteur marginal, qui est souvent alimenté au gaz. La hausse du prix du gaz se répercute ainsi sur l’ensemble de la production d’électricité qu’elle soit d’origine renouvelable, nucléaire ou liée à l’utilisation d’hydrocarbures. Cette situation aboutit à la constitution de profits importants de la part de certaines entreprises énergétiques, profits que la Commission entend taxer de manière spécifique.
Pour compenser les effets de la hausse de l’énergie, tous les gouvernements européens, et désormais le Royaume-Uni, ont décidé de soutenir les ménages et les entreprises. L’Allemagne va dépenser 65 milliards d’euros supplémentaires, soit 1,8 % du PIB pour des mesures comprenant un plafonnement des prix pour une quantité de base d’électricité pour les ménages et les entreprises. Liz Truss, la nouvelle Première ministre britannique, a annoncé un plan de gel des prix pendant deux ans, évalué à plus de 100 milliards de livres sterling (115 milliards d’euros), soit 4,3 % du PIB.
Treize États européens ont supprimé des droits sur le carburant
En France, l’État consacrera plus de 30 milliards d’euros en 2022 pour le bouclier tarifaire et la ristourne sur les carburants.
De nombreux pays atténuent la répercussion des prix de gros en réduisant considérablement les taxes. Treize États européens ont supprimé les droits sur le carburant, allant d’une remise de six centimes le litre en Grande-Bretagne à 30 centimes en France. Beaucoup ont également réduit les taux de TVA, dont les Pays-Bas et la Pologne. La Grèce couvre 94 % des hausses du prix de l’électricité auxquelles les ménages sont confrontés, une mesure qui devrait coûter près de 2 milliards d’euros au contribuable. L’État norvégien acquitte 90 % des factures d’électricité supérieures à 700 NkR (70 euros, soit environ la moitié du prix actuel) par mégawattheure jusqu’en mars 2023. La France a limité, jusqu’à la fin de l’année, l’augmentation des tarifs réglementés de l’électricité à 4 % et oblige EDF à vendre plus d’électricité à perte à ses concurrents. La Roumanie plafonne les factures de gaz et d’électricité jusqu’à certains niveaux de consommation. Le Portugal et l’Espagne financent une partie des coûts de carburant des centrales électriques.
Des chèques énergie dans toute l’Europe
Les gouvernements multiplient les chèques en faveur des ménages. Les salariés allemands qui paient l’impôt sur le revenu devraient recevoir une allocation unique de 300 euros quand les familles bénéficieront d’une prime de 100 euros par enfant. Plus de 8 millions de ménages britanniques accéderont à une prime de 650 livres qui s’ajoute à un versement universel de 400 livres. Le Danemark, l’Italie et d’autres ont également réservé des transferts aux plus touchés.
Au total, l’Europe, Royaume-Uni compris, dépensera plus de 450 milliards d’euros pour réduire les effets de la crise énergétique.
Les politiques de soutien des gouvernements génèrent néanmoins des effets pervers. Le plafonnement des prix favorise le maintien de la demande d’énergie. La consommation de gaz augmenterait en Espagne depuis l’introduction des ristournes. Il est surtout difficile de mettre un terme au bouclier par crainte d’une hausse brutale des prix. Pour autant, les États sont condamnés à intervenir. Les entreprises qui ont bien résisté à la crise sanitaire grâces aux aides publiques sont confrontées à des problèmes de production plus graves avec la guerre en Ukraine.
La politique de soutien n’est pas tenable à long terme
Afin d’éviter l’effondrement en mode domino des compagnies d’électricité, certaines peuvent avoir besoin de lignes de crédit temporaires de l’État, comme les banques en ont bénéficié en 2008 lors de la crise financière.
Pour éviter la multiplication des fermetures d’usines, les gouvernements pourraient être contraints de renouer avec la politique des prêts garantis. En Allemagne, toute l’industrie chimique, sidérurgique et de l’automobile est menacée. Après l’épidémie de covid-19 qui a accru la dette publique de 20 points de PIB pour les États membres de l’OCDE, la guerre en Ukraine occasionne une nouvelle progression des dépenses publiques. Ces dernières ont comme conséquence le maintien des déficits publics autour de 5 points de PIB.
Des déficits plus importants en période d’inflation obligent les banques centrales à augmenter encore plus leurs taux directeurs, ce qui accroît par ricochet le coût de la dette. La politique de soutien global n’est pas tenable sur le long terme du fait de la dérive des finances publiques qu’elle entraîne.
La taxation des bénéfices liés à l’énergie pourrait atteindre près de 300 milliards d’euros
De plus en plus d’experts estiment que le recours aux prélèvements obligatoires est incontournable tant pour équilibrer les comptes publics que pour refroidir les économies. La taxation des bénéfices liés à l’énergie est devenue le fil rouge de l’été. En Europe, ces derniers pourraient atteindre près de 300 milliards d’euros. L’instauration de prélèvements exceptionnels nuit néanmoins à la neutralité fiscale et peut dissuader les entreprises d’investir.
Les entreprises énergétiques doivent investir dans de nouvelles infrastructures
Les besoins financiers pour les énergies renouvelables, pour le stockage de l’énergie, comme les batteries, se chiffrent en milliers de milliards d’euros pour l’ensemble de l’Union européenne. Pour faire face à la crise, les entreprises énergétiques doivent investir dans de nouvelles infrastructures pour le gaz liquéfié et accélérer leurs programmes de développement des énergies renouvelables.
Le recentrage des aides sur les ménages modestes est avancé pour limiter la progression des dépenses publiques. Il permettrait au mécanisme de marché de freiner la demande, tout en soutenant les personnes les plus vulnérables. Selon le FMI, cette politique serait plus efficace que celle actuellement en vigueur.
La deuxième priorité est d’augmenter l’offre. Les gouvernements multiplient les contrats avec des producteurs de gaz que ce soit l’Algérie ou le Qatar. L’amélioration des interconnexions gazières transfrontalières est également une nécessité. Après vingt ans de sous-investissement, les États sont contraints de rattraper leur retard même si la crise actuelle n’a pas totalement effacé les divisions au sein de l’Union européenne comme la traditionnelle hostilité de la France pour la réalisation d’un gazoduc en provenance de l’Espagne et qui rejoindrait l’Allemagne.
La pénurie souligne l’interdépendance énergétique en Europe
Cette crise devrait renforcer les institutions européennes. Le risque de pénurie souligne l’interdépendance énergétique sur le vieux continent. Avec l’arrêt de plus de la moitié de son parc nucléaire, la France a besoin de l’électricité allemande quand, de son côté, l’Allemagne souhaite avoir accès au gaz que la première a acheté.
La Commission pourrait proposer des prêts à faible taux pour financer la transition énergétique
La Commission européenne entend réguler le marché de l’énergie et éviter que les États surendettés en soient privés. Elle a décidé d’utiliser son fonds de relance pandémique de 807 milliards d’euros pour venir en aide aux États membres. Ce fonds mis en place en 2021 n’a été utilisé pour le moment qu’à hauteur de 15 %. Les versements pour les projets énergétiques pourraient être accélérés et la Commission pourrait proposer des prêts à faible taux pour assurer le financement de mesures en faveur de la transition énergétique. La BCE s’est engagée de son côté à limiter les écarts de taux entre les États membres pour éviter une fragmentation de la zone euro.
Samedi 10 septembre, Charles III était proclamé Roi au palais médiéval Saint-James, au cœur de Londres, avant d’enchaîner les audiences avec la Première ministre, Liz Truss, et les chefs des partis politiques. Le lendemain était consacré à une autre journée marathon. Au lieud’accompagner le cercueil de sa mère du château de Balmoral, à Edimbourg (Ecosse), le nouveau monarque britannique s’enfermait au palais de Buckingham pour se consacrer aux affaires du Commonwealth.
Dans le salon 1844, la pièce la plus solennelle de l’immense palais, réservée aux hôtes de marque, se sont succédés la secrétaire générale de l’organisation, Patricia Scotland, originaire de la Dominique, une île des Caraïbes émancipée de l’Empire britannique en 1978. Puis les hauts-commissaires – sorte d’ambassadeurs au sein du Commonwealth – des quatorze pays (outre le Royaume-Uni sur cinquante-six au total) qui reconnaissent encore le roi comme leur chef d’Etat.
Aspirations républicaines
Cependant, sous ce ciel bleu, les nuages s’accumulent. Entre aspirations républicaines et demandes de réparations post-coloniales, comment vont évoluer les liens entre le Royaume-Uni et ses anciennes colonies ? Cette alliance peut-elle être remise en cause avec le couronnement de Charles III ? L’analyse de Mélanie Torrent, Professeure des universités pour TV5MONDE…
De nombreux citoyens britanniques ont rendu un dernier hommage à la reine Elizabeth II lors de ses funérailles d’État le lundi 19 septembre à l’abbaye de Westminster à Londres. Parmi eux se trouvaient quelques Français que nous avons rencontrés. Comme au premier jour, l’émotion de nos compatriotes et leurs interrogations sont palpables.
Honorer la Reine
Mélanie est venue de Paris samedi matin. Nous l’avons rencontrée dans la longue file d’attente pour visiter le cercueil de la Reine Elizabeth II. Elle est arrivée en Eurostar depuis Paris à 9h, a rejoint la file d’attente à 11h, et restera à Londres jusqu’à lundi soir. Elle nous a raconté qu’elle admirait la Reine en tant que leader mondial au féminin. Elle s’est aussi fait des amis anglais dans la file d’attente.
“Il est normal que la Reine soit honorée”
Mélanie de Paris
Des obsèques trop chères ?
Ce à quoi de nombreux citoyens et résidents britanniques ne sont pas préparés, cependant, ce sont les coûts astronomiques attendus pour ces obsèques nationales financées par leurs impôts. Le volet religieux, lui, étonne uniquement les expatriés, en particulier pour les Français, si habitués à la séparation des pouvoirs et à la laïcité. Mais rappelons-le, le monarque britannique est aussi le chef de l’église anglicane.
Véronique Martin, qui habite au Royaume-Uni, ne sait pas exactement combien coûtent ces 10 jours de deuil, “mais (elle sait) que c’est une somme très conséquente. C’est tout à fait normal que la Reine soit honorée par des obsèques nationales, mais 10 jours me paraissent extrêmes, tout comme la couverture obsessionnelle des médias. Je crois que beaucoup de personnes ont besoin d’un sentiment de sacré qui est absent dans notre monde matérialiste et la chorégraphie de ce deuil me frappe comme étant très religieuse. La queue (The Q) est décrite comme une expérience de pèlerinage avec ses difficultés, ses sacrifices et avec le soutien d’autres pèlerins. Le cercueil et les symboles du pouvoir royal sont disposés sur un autel au centre d’un hall immense et silencieux qui ressemble à une église. Et les gens qui marchent devant le cercueil s’inclinent ou font le signe de croix comme on le fait dans les églises catholiques devant le chœur où brûle la lampe rouge, symbole de la présence divine. C’est très intéressant mais aussi un peu effrayant, car ce sentiment religieux est très puissant et pourrait être mal utilisé par les forces nationalistes qui hélas nous gouvernent. Le gouvernement actuel veut enrichir les riches en écrasant les pauvres. Notre pays, le Royaume-Uni, a devant lui des jours très sombres et pour beaucoup terrifiants. J’ai lu que le Roi Charles III s’est déjà exprimé pour le soutien des personnes vulnérables cet hiver auprès de Mark Drakeford, j’espère de tout cœur que l’empathie marquera son règne car on en a tellement besoin. Au cours de mes 35 ans de vie ici, je n’ai jamais vu autant de sentiment républicain chez les Britanniques. Je ne pense pas que cela remette en question la monarchie, mais je pense que cela justifierait la présence bienveillante de Charles pour faire un contrepoids à notre gouvernement fasciste et liberticide.”
“La Reine a préservé l’unité du pays”
Un autre Français qui a fait la file d’attente ces derniers jours, c’est Ali, à Londres depuis 9 ans :
“Pour moi, qui suis venu m’installer ici, et qui aime ce pays pour tout ce qu’il représente en libertés et en humanité, je pense que c’est en partie grâce à la Reine. Elle a tenu le pays « together », et je suis heureux de voir un pays rassemblé qui est moins divisé et violent que la France, car les gens ont un point central qui les rassemblait tous : la Reine. Je ne suis pas sûr que Charles puisse remplir ce même rôle. La Reine avait autre chose. Elle méritait ce respect que je suis allé lui manifester. Je ne le ferais pour personne d’autre. Je ne fais même pas la queue 5 minutes dans une boulangerie.”
Ali, Français à Londres depuis 9 ans
Il a ajouté, après un temps de réflexion, qu’il “aurait aimé passer au moment de la veillée de Charles et de ses frères et sœurs car ça aurait été plus mémorable. Voir le cortège est toujours sympa. Mais je n’aurais pas fait le déplacement pour voir le Roi. La Reine était vraiment une personne à part. On ne l’aimait pas seulement comme Reine mais comme femme, comme mère, comme être humain. Elle était juste, responsable, avec un sens du devoir.”
Emmanuel Macron présent aux obsèques royales
Arrivé dimanche après-midi, le couple présidentiel s’est joint aux principaux leaders occidentaux, comme Joe Biden, au dîner organisé au Palais de Buckingham à l’invitation du roi Charles III. Au cours de la soirée, le Président de la République française a offert au nouveau roi Charles III un album photos des visites d’Elizabeth II en France.
Emmanuel Macron et son épouse ont ensuite assisté à la cérémonie prévue à l’abbaye de Westminster. Un déplacement qu’il avait justifié afin de montrer le lien « indéfectible » de son pays avec le Royaume-Uni et rendre hommage à une « reine éternelle ».
Les funérailles de la Reine Elizabeth II ont été regardées par environ 4 milliards de téléspectateurs ce lundi et resteront un évènement historique.
Bonjour à tous, bienvenue dans le bulletin d’informations dédié aux Français de l’étranger. Aujourd’hui, on parlera évidemment des obsèques de la Reine, de la guerre entre TF1 et Canal + et de l’affaire Quatennens qui plombe la NUPES en France.
Les obsèques d’Elizabeth II
Hier, le monde entier a regardé les cérémonies d’adieux du peuple britannique à sa Reine, Elizabeth II. Dans la foule, de nombreux Français, installés sur place ou venus spécialement pour l’évènement. Tous se retrouvent avec les Anglais pour rendre hommage à l’ancienne souveraine. Du côté français, on s’étonne, en bons laïcs, de la dimension religieuse qui est pourtant innée, le souverain britannique étant le chef de l’église anglicane. Pour ceux qui résident au Royaume-Uni, comme d’autres natifs, on s’inquiète du coût de tout ce cérémonial. Aujourd’hui, la vie reprend son cours : inflation, Brexit, Irlande du Nord, sont au programme pour le nouveau roi et la nouvelle première ministre.
La justice tranchera le conflit entre TF1 et Canal +
Pour ceux qui sont en Europe, au Maghreb ou en Turquie, la solution la plus efficace pour recevoir la télévision française est celle du satellite. 2 opérateurs se partagent le marché, TNT SAT (filiale de Canal +) et Fransat. Mais sans préavis, les chaines du groupe TF1 ont disparu du bouquet de TNT SAT ce vendredi 02 septembre 2022. L’affaire va se régler avec une procédure en référé (donc sur la forme et non sur le fond) ce 22 septembre devant le tribunal de commerce de la capitale française.
Le divorce de Quatennens plombe la NUPES
Adrien Quatennens est visé par une main courante déposée par son épouse, en pleine procédure de divorce. Dans un communiqué, le député a évoqué dimanche trois violentes disputes, et “une gifle”, avant d’annoncer sa mise en retrait de sa fonction de coordinateur de La France insoumise. Si Olivier Faure, le patron des socialistes, a salué cette décision, Sandrine Rousseau d’EELV appelle à ce qu’il quitte le groupe des Insoumis à l’Assemblée nationale. Le divorce du jeune député enclenchera-t-il celui des partis constituant la NUPES ? A suivre…
C’est tout pour aujourd’hui, bon courage à tous, où que vous soyez !
Pour ceux qui sont en Europe, au Maghreb ou en Turquie, la solution la plus efficace pour recevoir la télévision française est celle du satellite. 2 opérateurs se partagent le marché, TNT SAT (filiale de Canal +) et Fransat, tous deux disponibles chez notre partenaire TVcorner. Mais sans préavis, les chaines du groupe TF1 ont disparu du bouquet de TNT SAT ce vendredi 02 septembre 2022. L’affaire va se régler avec une procédure en référé (donc sur la forme et non sur le fond) ce 22 septembre devant le tribunal de commerce de la capitale française.
Une procédure en urgence
Cette procédure en urgence (référé) devant le tribunal de commerce de Paris n’est qu’une partie du conflit entre les deux groupes.
Celui-ci a éclaté depuis que Canal+ a cessé de diffuser début septembre les chaînes de TF1, faute d’accord financier pour le renouvellement de leur contrat. TF1 a demandé une « mesure provisoire de quatre mois » pendant lesquels Canal rétablirait ses chaînes sur TNT Sat. Le satellite est le seul moyen pour certains foyers de recevoir la télévision dans les zones isolées en France non desservies par la TNT (essentiellement en montagne) ou pour recevoir légalement les chaînes françaises hors de France.
Mais Canal refuse, faisant valoir que l’offre TNT Sat est indissociable du contrat global sur lequel les deux groupes s’opposent. Cette période de quatre mois « permettrait soit de trouver un accord » global, soit laisserait le temps aux clients de TNT Sat « de basculer sur Fransat », autre offre satellite du groupe Eutelsat, a plaidé l’un des avocats de TF1, Me Louis de Gaulle, en dénonçant une « rupture brutale des relations commerciales ». Selon lui, une telle mesure mettrait fin à « l’aggravation d’un préjudice » pour TF1, qui dit pâtir de la coupure en termes d’audience, comme pour les utilisateurs de TNT Sat, privés de cinq chaînes gratuites (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI).
Canal + contre attaque
Cette demande est « absurde », a répliqué l’un des avocats de Canal+ à l’AFP, Me Olivier Chappuis, selon qui « il n’y a pas de relation commerciale autonome au sujet du service TNT Sat ». Canal+ insiste sur le fait que la loi ne l’oblige pas à diffuser ces chaînes. C’est ce qu’avait indiqué l’Arcom (ex-CSA) le 5 septembre.
Les deux groupes se rejettent la responsabilité du conflit. Canal+ assure que TF1 était trop gourmand dans la renégociation du contrat, conclu fin 2018 après un conflit similaire. TF1 affirme que c’est son rival qui n’a pas souhaité trouver d’accord. Lors de l’audience, Me de Gaulle a glissé que le montant du contrat TF1 Premium (diffusion des chaînes en direct et services annexes comme le replay) était de « 13 millions d’euros par an ». Dans une procédure distincte, Canal a assigné TF1 devant le tribunal de commerce de Nanterre.
Verdict jeudi 22 septembre, en cas de rejet, il faudra vous résoudre à changer d’opérateur satellite si vous désirez recevoir, à nouveau, les chaînes du groupe TF1. Notre partenaire, TVcorner, peut vous aider sur l’ensemble des territoires couverts par les satellites de TNT SAT ou de Fransat.
Une victoire des partis extrémistes aux élections législatives du 25 septembre en Italie pourrait-elle déclencher une crise sur les marchés financiers du pays ?
Un futur gouvernement italien dirigé par Giorgia Meloni ?
Dans le passé, face à des risques politiques majeurs, l’Italie nous a habitués à la mise en place d’équipes de techniciens, parfois initiés par les autorités européennes. Ainsi, Mario Monti, Romano Prodi ou Mario Draghi, ont formé des gouvernements indépendants ou modérés de manière déconnectée des résultats des élections législatives. Au vu des sondages actuels, la logique voudrait que le futur gouvernement italien soit dirigé par Giorgia Meloni. Elle a commencé sa carrière nationale en étant membre du gouvernement de Silvio Berlusconi entre 2008 et 2011. En 2014, elle a fondé le parti national-conservateur Frères d’Italie (FdI). En 2020, elle est élue présidente du Parti des conservateurs et réformistes européens. Accusée de sympathies fascistes qu’elle récuse, elle a néanmoins tenu à plusieurs reprises des propos favorables à Benito Mussolini. Elle est soutenue par les réseaux de Donald Trump et a notamment reçu l’appui de son ancienne éminence grise, l’Américain Steve Bannon.
Sur le plan économique, partisane d’un certain interventionnisme, elle souhaite la fin du revenu de citoyenneté mis en place par le premier gouvernement Conte, et prône des mesures en faveur de l’emploi et du logement qui seraient réservées aux Italiens. Sur le terrain de l’immigration, elle veut la fermeture complète de l’Italie. Elle propose une multiplication des centres de surveillance et des expulsions. Sur le terrain sociétal, elle milite contre le mariage homosexuel, l’adoption homoparentale et l’avortement.
Qualifiée d’eurosceptique, Giorgia Meloni déclare défendre l’Europe confédérale du Général de Gaulle, mais ne réclame pas la sortie de l’Italie de l’Union européenne ou de l’euro, reprenant en cela la position de Marine Le Pen. Elle souhaite une révision des programmes de nature fédérale dont le plan de relance qui pourtant avantage l’Italie. Elle entend mettre fin aux politiques européennes en matière de sécurité et de défense.
Giorgia Meloni n’est pas francophile. Elle considère que la France est en grande partie responsable des problèmes d’immigration dont est victime son pays. Elle dénonce également le caractère colonialiste du pouvoir français avec le maintien du franc CFA en Afrique et le maintien de « possessions coloniales » (DROM et Corse). À la différence de Matteo Salvini (Ligue du Nord), elle soutient le peuple ukrainien dans sa lutte contre la Russie mais elle a dans le passé tenu des propos louangeurs à Vladimir Poutine qui « défend l’identité chrétienne et combat le fondamentalisme islamique ».
Matteo Salvini – Giorgia Meloni – Silvio Berlusconi
Contrôler les écarts de taux d’intérêt entre les pays de la zone euro
En cas d’élection, les débats au sein de l’Union européenne risquent d’être tendus, en particulier en ce qui concerne l’éligibilité de l’Italie au « Transmission Protection Instrument » (TPI), qui permet à la BCE de contrôler les écarts de taux d’intérêt entre les pays de la zone euro.
La BCE peut réinvestir dans les dettes publiques des pays de la zone euro qu’elle souhaite, pour resserrer si nécessaire les « spreads » de taux de ce pays. Pour bénéficier de l’appui de la banque centrale, les États membres doivent avoir une trajectoire budgétaire compatible avec les règles budgétaires communes et une politique macroéconomique soutenable. Si le nouveau gouvernement italien mène une politique budgétaire très expansionniste avec notamment l’instauration d’une « flat tax » à 15 % pour l’impôt sur le revenu, l’Italie pourrait perdre son éligibilité au TPI.
Une politique industrielle nationaliste (rejet des entreprises étrangères) irait également dans cette direction. Un risque de dérive du déficit public est fort probable, sachant qu’il dépasse déjà 5 % du PIB. L’Italie possède la dette la plus élevée après la Grèce. Elle représente 155 % du PIB, soit plus de 2 900 milliards d’euros.
Pour le moment, les investisseurs réagissent peu au risque de blocage européen en cas d’élection d’une coalition d’extrême droite. Le spread de taux d’intérêt à 10 ans entre l’Italie et l’Allemagne s’est ouvert, mais faiblement. Les cours boursiers n’ont pas plus souffert en Italie qu’ailleurs en Europe. Pour autant, la nomination du futur gouvernement pourrait constituer un choc avec une prise de conscience des difficultés réelles que connaît l’Italie : une faible production et un déclin démographique important. Depuis 1994, la productivité par tête a diminué de plus de 6 %. La population active devrait passer de 36 à 33 millions de 2016 à 2030.
L’Italie n’a engagé que 13 réformes sur les 61 prévues
En 2020, les Européens avaient décidé d’aider l’Italie qui avait été durement touchée par la première vague de Covid à la condition que des efforts soient réalisés pour moderniser l’économie et les administrations publiques. Le Président du Conseil des Ministres, Mario Draghi, avait obtenu de l’Europe plus de 190 milliards d’euros de dons et de prêts sur les 750 milliards d’euros du plan Next Generation. L’obtention des fonds européens suppose que l’Italie mette en place de nombreuses réformes de la fonction publique (numérisation), de la justice, des appels d’offres publics, du réexamen des dépenses, de l’enseignement supérieur, des politiques actives du marché du travail. 134 investissements ont été prévus dans le « Piano Nazionale di Ripresa e Resilienza » (transition écologique, transition numérique, résilience sociale). Or, pour le moment, l’Italie n’a engagé que 13 réformes sur les 61 prévues.
Les investisseurs ne croient pas à un scénario catastrophe
Giorgia Meloni a fait part de son souhait de revoir les conditions d’attribution des crédits du Plan Next Generation. Si une défiance à l’encontre de l’Italie prenait forme après les élections législatives, une forte hausse des spreads de taux avec l’Allemagne interviendrait avec l’apparition de l’anticipation d’un problème de solvabilité budgétaire. Si la Commission de Bruxelles bloquait les fonds du Plan de relance, les entreprises italiennes et les administrations ne bénéficieraient plus des crédits nécessaires pour leur modernisation, ce qui nuirait à la croissance. Les investisseurs ne croient pas à un scénario catastrophe car ils estiment que le nouveau gouvernement, comme souvent en Italie, composera avec les autorités européennes et qu’un accord sera trouvé. Le pays a besoin de l’Europe et celle-ci ne peut se permettre d’avoir une crise avec le troisième État de la zone euro. Mais à force de jouer avec la ligne rouge, une sortie de route n’est jamais impossible…