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  • Unir les Nations désunies

    Unir les Nations désunies

    Après la Reine, l’arène. Macron a tapé du poing sur le pupitre. Le New York Times a apprécié. Un discours dur vis-à-vis de la Russie. Poutine, absent, a répliqué : il a mis en garde la France qui se comporte en ennemie en fournissant des armes à l’Ukraine. Est-ce la dernière offensive ukrainienne qui a motivé l’intervention française ? Ou la répétition des crimes de guerre ? Catherine Colonna, la nouvelle ministre des affaires étrangères appuie la Cour Pénale internationale et insiste sur la nécessité de punir les criminels.

    Que leur importe la guerre de Poutine contre l’Occident ?

    L’intervention présidentielle a marqué parce qu’elle s’adressait au ventre mou de l’Assemblée des Nations-Unies : les neutres. Difficile, il est vrai, de mobiliser des pays qui voient dans la guerre en Ukraine une suite lamentable de la guerre froide. Que leur importe la Crimée ? Que leur importe la guerre de Poutine contre l’Occident ? Que leur importe la défense de la démocratie, la plupart des pays n’en sont pas ? Ce qui compte, c’est le blé, le gaz, le pétrole, les prêts chinois. Ils ont vu Poutine au sommet de Samarkand, avec l’Inde, la Chine, et même la Turquie. Alors cette histoire européenne les concerne peu, sauf qu’elle ajoute du désordre au chaos. 

    Wide view of the Hall during the opening of the meeting. 86th plenary meeting Election of five non-permanent members of the Security Council [item 112(a)] (a) By-election (A/71/896) (b) Election of five non-permanent members of the Security Council

    Macron a beau accuser la Russie d’impérialisme, l’impérialisme n’est pas que russe, pensent-ils. Quant au droit international, les Américains ne se sont-ils pas assis dessus maintes et maintes fois ? Le multilatéralisme, qui en est le fossoyeur ? C’est pourquoi le discours présidentiel pouvait recevoir une approbation polie, celle que l’on accorde à tout pays « ami » quand il prend une posture de combat et d’émotion parsemée de grands mots. 

    Ceux qui croient être neutres seront considérés comme complices

    La vraie force du discours n’était donc pas dans les accusations étayées formulées contre la Russie, ni dans l’appel au respect des souverainetés (même si c’est la leçon qu’a donné Xi Jinping à Poutine lors du sommet de Samarcande) mais dans la mise en garde : ceux qui croient être neutres seront considérés comme complices. « Qui voudrait mimer le combat des non-alignés se trompe lourdement : ceux qui se taisent aujourd’hui servent malgré eux, ou secrètement avec une certaine complicité, la cause d’un nouvel impérialisme, d’un cynisme contemporain qui désagrège notre ordre international sans lequel la paix n’est pas possible ». 

    Avec en complément, ce message subliminal : il faut un nouveau pacte « Nord/Sud », c’est-à-dire, « nous aiderons ceux qui sont solidaires ». 

    Dans le jeu des puissances, il est nécessaire de nier la logique des blocs. D’autant que les oppositions sont de fausses oppositions, et les blocs de faux blocs. La bataille n’est pas entre la Russie et les Etats-Unis mais plutôt entre la Chine et les Etats-Unis ; la Chine est alliée avec la Russie mais ne lui fournit ni armes, ni technologie, et achète son pétrole au rabais. L’Europe paie la guerre contre la Russie, mais ne veut pas aller trop loin contre la Chine. Etc., etc., etc.

    Le point sur lequel Emmanuel Macron a frappé, ce sont ceux qui sont entre les blocs, qui croient jouer au plus malin en ne voulant se mêler de rien. Il a vu Macky Sall, président du Sénégal et de l’Union Africaine, proche de la France, et Alberto Fernandez, le Président argentin. La France est partie du Mali, les mercenaires russes la remplacent. Un bien pour le Mali ? Un espoir pour l’Afrique ? Elle a besoin du blé russe, mais qui fait du chantage aux céréales ? Qui a débloqué la situation ? C’est ainsi que Macron justifie de maintenir un dialogue avec Poutine (même si ce n’est pas lui qui a débloqué les ports, cela a ouvert la porte au contrôle de la centrale nucléaire). Maintenir le dialogue (« même si cela sent mauvais » dit le Pape), rester ferme sur les principes, rappeler aux amis que la solidarité n’est pas neutre, que la neutralité n’est pas innocente.

    Faire bloc contre les blocs.

    Poutine mène la guerre avec l’Occident. Xi Jinping ne cache pas son envie de prendre le leadership de cette croisade dès qu’il se sera assuré de son pouvoir en interne, de sa solidité en externe. Mais « l’Occident » reste puissant, et considère que les limites sont atteintes. L’ordre mondial qu’il garantissait -notamment à travers les principes inscrits dans la Charte de l’ONU- est menacé. Voilà pourquoi tous les pays sont exposés. La Russie « a délibérément violé la charte des Nations unies et le principe d’égalité des Etats. Elle a ouvert la voie à d’autres guerres d’annexions, en Asie, en Europe, et peut-être demain en Afrique et en Amérique latine ». Si la guerre redevient le mode habituel des conflits, le Nord n’est pas le plus mal armé. Financièrement non plus. 

    Choisir son camp, ce n’est pas choisir la logique des blocs, c’est sauver l’ordre international. C’est l’intérêt de tous, dit Macron.  Il ajoute, à l’adresse de chacun : c’est votre intérêt, car nous comptons nos amis. Les Nations Unies sont désunies. La Russie a foulé aux pieds la charte de l’ONU. Ceux qui ne la dénoncent pas sont complices. Catherine Colonna était en Inde il y a quelques jours. La Chine appelait autrefois l’Inde le « paradis occidental ». L’enjeu est là : élargir l’Occident.

    Regardez le discours d’Emmanuel Macron à l’ONU le 20 septembre 2022

  • Report du prix du Rayonnement Français : « PPDA ne faisait plus partie du jury »

    Report du prix du Rayonnement Français : « PPDA ne faisait plus partie du jury »

    Comme pour chaque année depuis 2009 (hors Covid), la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam organise, en marge de la session d’automne de l’Assemblée des Français de l’étranger, la cérémonie de remise des prix du Rayonnement Français. Ces derniers « récompensent les femmes et hommes qui font rayonner les valeurs de la France sur tous les continents« . Ils se déclinent autour de thèmes comme la littérature, la francophonie mais aussi les mathématiques, etc.

    Mais cette année, patatras, sur les réseaux sociaux, une campagne est menée contre l’édition 2022. La raison, la présence supposée de Patrick Poivre d’Arvor parmi les membres du jury. Erreur, ce dernier ne l’est pas, mais un simple oubli de mise à jour sur un site internet a déclenché une polémique parmi les élus des Français de l’étranger.

    Pour faire le point sur ce report de la cérémonie, la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam a accepté de répondre à nos questions sur le Prix du Rayonnement Français.

    Lesfrancais.press : Vous avez créé le « Prix du Rayonnement Français » il y a de nombreuses années.  Le remise de ces prix, au Quai d’Orsay, a toujours été un événement très apprécié, notamment par les élus des Français de l’étranger. Vous avez décidé de reporter cette cérémonie, qui était aussi l’occasion de rencontres sympathiques. Pour quelles raisons? 

    Joëlle Garriaud-Maylam : C’est vrai que ce Prix, lancé en 2009 à l’Hôtel de la Marine avec le regretté Michel Déon (le tout premier Prix ayant été décerné en 2010 à l’issue d’un séminaire que j’avais organisé à la Maison d’Education de la Légion d’Honneur à Saint-Denis) était une manifestation très appréciée. J’avais toujours tenu à ce qu’elle ait lieu à l’occasion de la réunion annuelle début octobre des élus des Français de l’étranger afin que ceux-ci puissent y participer. Un des leurs en avait d’ailleurs été lauréat. Elle était le moyen de mettre en lumière des parcours remarquables, porteurs de valeurs universelles et avait aussi pour but, dans un pays prompt à l’autoflagellation, à donner à notre jeunesse la fierté de leur appartenance nationale.

    Si nous avons décidé de reporter (et non d’annuler) cette soirée, c’est pour deux raisons essentielles : d’une part parce qu’ un élu s’était permis de publier sur les réseaux sociaux le carton d’invitation à la cérémonie de remise des Prix du Rayonnement français prévue le 4 octobre au Quai d’Orsay. Outre la grossièreté du procédé, cette publication constituait un risque sécuritaire certain.

    D’autre part ce même élu avec quelques acolytes se sont permis d’organiser une polémique ridicule sur un prétexte fallacieux, en sachant parfaitement qu’ils mentaient. Mais que ne ferait-on pas pour du buzz ?  Nos soirées des Prix du Rayonnement s’étant toujours déroulées dans un climat positif de sérénité et de bienveillance partagées, et par respect pour les participants, pour la ministre des Affaires étrangères qui devait nous accueillir, et pour le Président Emmanuel Macron qui, comme chacun de ses prédécesseurs, nous a toujours honorés de son haut patronage, il était hors de question de laisser ce Prix s’engluer dans la boue dans laquelle on aurait voulu le traîner. 

    Lauréats de l’édition 2019
    Lesfrancais.press : Quelques élus consulaires ont en effet dénoncé la présence au sein du jury de Patrick Poivre d’Arvor, par ailleurs accusé par de nombreuses femmes de viols. Est-ce bien le cas? S’agit-il, en somme, d’une cabale? Pensez-vous que cela a un lien avec les futures élections sénatoriales?

    Joëlle Garriaud-Maylam : Oui, la prétendue présence de Patrick Poivre d’Arvor dans le Jury a été le prétexte de ce qui est effectivement une véritable cabale. Ce qui est choquant est que les instigateurs de cette cabale savaient parfaitement que PPDA ne faisait plus partie du Jury puisque j’avais eu l’occasion de le dire aux élus comme aux journalistes qui m’interrogeaient à ce sujet. Une élue a prétendu dans la presse qu’elle m’en aurait parlé en mai. Je ne le nie pas mais n’ai sincèrement aucun souvenir de cet échange, alors que j’ai en principe une excellente mémoire.  Par contre je m’étonne que cette même élue, m’interrogeant un mois  plus tard pour me demander si la date de la soirée avait été fixée pour l’entrer dans son agenda, ne m’en a certainement pas parlé. Alors que j’étais en mission parlementaire OTAN au Danemark et au Groenland la semaine dernière, j’ai reçu un certain nombre d’appels d’élus et de journalistes me demandant si PPDA était toujours dans le Jury, ce à quoi j’ai répondu que non, qu’il avait décidé de se retirer pour se consacrer davantage à l’écriture de ses livres et qu’il n’avait d’ailleurs participé à aucune réunion depuis plus d’un an, ni n’avait fait de propositions pour la nomination de lauréats. 

    « Il est choquant que l’on instrumentalise la souffrance des victimes »

    Joëlle Garriaud-Maylam

    Mais l’occasion était trop belle de faire du buzz et les élus consulaires en question ont utilisé le fait que le site Internet de l’association présentait toujours sa photo en tant que membre du Jury. Pourtant, comme l’a fait publiquement remarquer un journaliste respecté, il n’était pas difficile de voir que le site n’avait pas été actualisé depuis 2019. Pourquoi alors mettre avec tant d’aplomb  notre parole en doute? Nous devions d’ailleurs actualiser ce site ce mois-ci et avions demandé les codes à la société qui l’avait créé pour nous. Mais elle ne les avait pas, sa créatrice ayant quitté la société (si un de vos lecteurs a le talent de pouvoir entrer dans un site sans les codes, surtout qu’il me contacte !) 

    Quant à votre dernière question sur les liens de cette polémique avec les élections sénatoriales de l’an prochain, je vous dirai que la réponse est sans nul doute dans la question ! 

    Lesfrancais.press : Comment se fait-il qu’une cabale ait pu prendre autant d’ampleur sur la base de fake news ? 
    La sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam et Vladimir Milov, opposant à Poutine et soutien de Navalny en 2022 au Sénat

    Joëlle Garriaud-Maylam : Tout le monde sait que les réseaux sociaux sont le lieu idéal pour monter des cabales sur la base de mensonges. Et même lorsqu’il est prouvé qu’il s’agit de fake news, l’emballement ne s’arrête pas et on oublie la vérité pour se concentrer sur le lynchage. En tant que rapporteur général à l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, j’ai eu l’occasion d’étudier ce phénomène plus qu’inquiétant, très bien organisé notamment par la Russie.

    Dans le cas du Prix du Rayonnement, les enjeux et l’impact ne sont évidemment pas du tout les mêmes, mais il était intéressant d’observer la gradation des attaques : d’abord la prétendue participation de PPDA au Jury puis (après démenti) le fait qu’il apparaisse toujours comme membre du Jury sur le site Internet, enfin le fait qu’il soit dans une photo-bandeau sur mon compte Twitter. Sur ce dernier point je tiens à dire que je n’ai absolument pas à répondre aux injonctions de retrait immédiat. Certes Twitter donne à ses utilisateurs une illusion de puissance et beaucoup se croient tout permis. Mais que je sache, nous ne sommes plus dans l’ Inquisition !

    «  Je tiens bien  évidemment à réitérer mon soutien le plus entier à toutes les femmes victimes de violences sexuelles« 

    Joëlle Garriaud-Maylam

    Car si PPDA figure sur photo-souvenir du Prix du Rayonnement Français de 2019 avant la Covid et avant toutes les accusations le visant, il s’y trouve au milieu de 20 autres personnalités, la plupart des amis ou des personnes pour lesquelles j’ai beaucoup d’estime comme par exemple Thomas Pesquet, Guillaume Gomez, Marie-Christine Saragosse, Catherine Pégard ou l’ancienne SG de la Francophonie, et je ne vois pas pourquoi je supprimerais cette photo pour satisfaire quelques esprits chagrin, et ce d’autant plus que d’autres personnes présentes utilisent elles aussi cette photo dans le même cadre !

    Photo-souvenir de 2019 présente sur le site de l’association

    Si cette controverse a pris de l’ampleur, c’est bien sûr aussi du fait de la propension très française à adorer démolir une personnalité connue ou enviée mais aussi – et c’est bien légitime par l’émotion soulevée par la découverte des multiples dénonciations d’actes répréhensibles de la part de PPDA. 

    A cet égard, je tiens bien  évidemment  à réitérer mon soutien le plus entier à toutes les femmes victimes de violences sexuelles, qu’elles aient été victimes de PPDA ou d’autres prédateurs. Membre de la délégation aux droits des femmes du Sénat depuis 2004, je sais et comprends  leur souffrance, mais tiens à dire avec force que le principe de la présomption d’innocence est un des fondements de notre justice sur lequel nous ne saurions revenir. Il est en tout cas profondément choquant que l’on instrumentalise la souffrance des victimes pour des cabales à visées personnelles. 

    Lesfrancais.press : Vous avez dit report. Est-ce report ou annulation pour cette année ? Qu’en est-il des lauréats ? Continuerez-vous l’année prochaine?

    Joëlle Garriaud-Maylam : Non, il s’agit d’un report et en aucun cas d’une annulation du Prix du Rayonnement Français. D’ailleurs nous utiliserons ce report pour donner un nouveau souffle à notre initiative, le but final étant de créer une Fondation du Rayonnement Français. Un de mes buts est en effet, tout en conservant à la manifestation son  excellence, de « démocratiser » la perception de la culture française et des réussites de notre pays en tout domaine et c’est pour cela que nous avons commencé à travailler avec l’association « Expressions de France », afin de plus encore ouvrir ces Prix à la diversité et à la jeunesse. Nos lauréats, des personnalités en tous points remarquables, ont été prévenus, ont parfaitement compris la situation et ont accepté avec beaucoup de bienveillance de recevoir leur prix à une date à définir ultérieurement.

    Lesfrancais.press : On parle beaucoup de vous comme possible Présidente de l’Assemblée Parlementaire de l’OTAN. Vous pourriez être la candidate du PPE, et donc la favorite. Comment se fait le choix du candidat ? Comment envisagez-vous votre mandat si vous êtes élue ?

    Joëlle Garriaud-Maylam : J’ai été effectivement sollicitée pour présenter ma candidature puisque la présidence va revenir, après celle de l’Américain Gerry Connolly,  à un membre du groupe PPE (droite et centre-droit) et que je suis déjà vice-présidente de cette assemblée et surtout présidente élue du groupe PPE, le plus important de l’Assemblée. J’ai également exercé de très nombreuses responsabilités au sein de notre Assemblée dont je suis également un des rapporteurs généraux. 

    « J’ai été effectivement sollicitée pour présenter ma candidature« 

    Joëlle Garriaud-Maylam

    Mais notre Assemblée regroupe des parlementaires de 30 pays (bientôt 32 avec l’adhésion à l’OTAN de la Finlande et de la Suède). Ce serait bien sûr une grande chance pour la France d’obtenir cette présidence (elle ne l’a exercée que 5 ans depuis la création de l’Assemblée en 1955) mais j’ai si souvent vu d’excellents candidats être battus (le mérite n’étant jamais un gage de succès) ou des parlementaires jouer contre les intérêts de leur propre pays que je me garderai bien de tout pronostic !

    Session plénière de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN 2017
  • Pour l’ONU, un « hiver de mécontentement » se prépare

    Pour l’ONU, un « hiver de mécontentement » se prépare

    Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dressé mardi 20 septembre un sombre tableau de l’évolution de la situation mondiale, évoquant un « hiver de mécontentement » dû à la hausse des prix, au réchauffement climatique ainsi qu’à des conflits meurtriers.

    « Notre monde est au plus mal », a déclaré Antonio Guterres lors du débat annuel de l’Assemblée générale des 193 membres des Nations unies à New York.

    Selon le nouveau bilan de l’ONU, les pays sont aux prises avec « un dysfonctionnement mondial colossal » et sont de moins en moins prêts ou disposés à relever les grands défis.

    « Un hiver de mécontentement mondial se profile à l’horizon », a déclaré M. Guterres.

    « La confiance s’effrite, les inégalités explosent, la planète brûle, les gens souffrent et les idéaux de la Charte des Nations Unies sont en danger », a-t-il ajouté en présentant le rapport annuel sur les travaux de l’instance.

    Soulignant que la coopération et le dialogue sont les seuls moyens d’aller de l’avant, il a averti qu’« aucune autre nation ou pays ne devrait avoir à supporter [ces conséquences] ».

    Ukraine : une paix improbable ?

    La guerre menée par la Russie en Ukraine a jeté une ombre sur la réunion et la plupart des participants ont déclaré que les chances de dialogue entre les Russes et les Ukrainiens à New York étaient faibles.

    M. Guterres s’est fait l’écho de cette idée dans son discours d’ouverture en déclarant que le temps des négociations de paix sur l’Ukraine viendrait, mais qu’il ne pensait pas que cela allait arriver dans un avenir immédiat.

    « Cette guerre ne durera pas éternellement. Il y aura un moment où des négociations de paix auront lieu », a expliqué M. Guterres aux journalistes plus tard lorsqu’il s’est exprimé aux côtés du président autrichien Alexander Van der Bellen.

    « Je ne vois pas cela dans l’avenir immédiat. Mais je peux dire une chose : nous n’abandonnerons jamais. »

    Sécurité alimentaire

    La sécurité alimentaire était un autre point majeur de l’ordre du jour. Avec en toile de fond les images du navire Brave Commander, l’un des navires utilisés pour transporter plusieurs tonnes de blé ukrainien à destination de l’Éthiopie, du Yémen et d’autres pays dans le besoin, que M. Guterres a qualifié de symbole de « ce que le monde peut accomplir lorsque nous agissons ensemble ».

    Le Brave Commander

    Il a également salué « l’Initiative céréalière de la mer Noire, rendue possible par l’Ukraine et la Fédération de Russie elles-mêmes, avec le concours de la Türkiye [Turquie] », qui ont uni leurs efforts pour faire aboutir ce projet, en dépit de la complexité de la situation, des opposants et de l’enfer de la guerre.

    Toutefois, bien qu’elle se présente comme une force de médiation neutre, la Turquie a été accusée ces dernières semaines d’être un pays qui pourrait aider d’autres pays à échapper aux embargos internationaux et aux sanctions.

    Plus de 200 ONG ont appelé les dirigeants réunis pour l’Assemblée générale à prendre des mesures urgentes pour « mettre fin à la spirale de la crise alimentaire mondiale ».

    « Dans le monde, 50 millions de personnes sont au bord de la famine dans 45 pays », ont-elles déclaré, avant d’ajouter que l’on estime que 19 700 personnes meurent de faim chaque jour, soit une personne toutes les quatre secondes.

    L’Union européenne, les États-Unis, l’Union africaine et l’Espagne ont coprésidé un sommet spécial sur la sécurité alimentaire qui a également eu lieu mardi, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Ce sommet s’inscrit dans le prolongement d’une réunion du G7 qui s’est tenue en juin et au cours de laquelle les pays se sont engagés à consacrer environ 4,5 milliards d’euros à la lutte contre la faim dans le monde.

    Changement climatique

    Le changement climatique a également dominé la réunion, alors que le monde continue de subir les effets découlant des phénomènes météorologiques extrêmes.

    « Nous avons rendez-vous avec la catastrophe climatique », a déclaré Antonio Guterres.

    « Ce doit être la priorité absolue de chaque gouvernement et organisation multilatérale », a-t-il ajouté.

    Alors que les températures mondiales augmentent et que les catastrophes naturelles, comme les inondations massives au Pakistan, se multiplient, M. Guterres a dénoncé un monde « accro aux combustibles fossiles » et a appelé les États à demander des comptes à ceux qui continuent d’investir dans ce secteur.

    Il a appelé toutes les économies développées à taxer les bénéfices des combustibles fossiles et à utiliser les recettes pour compenser les dommages causés par le changement climatique et aider les personnes qui luttent contre les prix élevés.

    « Les pollueurs doivent payer », a-t-il affirmé.

    « Ces fonds doivent être réorientés vers les pays dans lesquels la crise climatique occasionne des pertes et vers les personnes mises en difficulté par la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie », a-t-il déclaré lors du rassemblement annuel des dirigeants mondiaux à New York.

    Les autres crises

    Outre l’urgence climatique et la perte de biodiversité ainsi que la guerre en Ukraine, le chef de l’ONU a également souligné des crises telles que la situation financière désastreuse des pays en développement et l’avancement des pays en ce qui concerne les objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU.

    Il a également souligné les signaux alarmants liés à une multitude de nouvelles technologies, la montée des discours haineux et la surveillance numérique « hors de contrôle ».

    « Nous ne disposons même pas d’un début d’architecture mondiale pour faire face à tout cela. »

    M. Guterres a également évoqué d’autres conflits qui sont passés de plus en plus au second plan au cours des derniers mois.

    Outre l’Afghanistan, où l’économie est dévastée et où les droits de l’homme sont bafoués, M. Guterres a également mentionné la reprise des affrontements en Éthiopie et en Haïti, où les gangs « détruisent les fondements mêmes de la société ».

    « En Libye, les divisions continuent de mettre en péril le pays. En Irak, des tensions permanentes menacent la stabilité », a-t-il noté.

    « En Israël et en Palestine, les cycles de violence sous l’occupation se poursuivent alors que les perspectives de paix fondées sur une solution à deux États s’éloignent de plus en plus », a-t-il ajouté.

    Parmi les autres dirigeants qui se sont exprimés mardi, citons le président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui a rencontré le Premier ministre israélien Yair Lapid, signe d’un réchauffement des relations après les critiques virulentes du président turc sur le traitement des Palestiniens par l’État juif.

    Lundi (19 septembre), le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait déjà convoqué la première réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie depuis que les combats y ont éclaté ce mois-ci. Les dirigeants européens, dont le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell, devraient assurer le suivi des efforts de médiation.

  • Sur la corde raide de la fiscalité 

    Sur la corde raide de la fiscalité 

    Depuis des années, les finances publiques ressemblent à un grand jeu de bonneteau. Les déficits passent de main en main pour finir sous le verre de l’État. La crise sanitaire a amplifié cette tendance, l’État étant amené à compenser totalement ou presque les pertes de revenus des ménages et des entreprises. La succession rapide des crises conduit les pouvoirs publics à intervenir de plus en plus dans la constitution des revenus soit la fiscalité. 

    Avec les taux historiquement bas, avec les politiques monétaires non-conventionnelles, l’idée que les États pouvaient dépenser sans compter s’était imposée au point d’être théorisée par des économistes, d’autant plus que l’inflation faisait alors cruellement défaut. Avec son retour logique au vu des milliers de milliards d’euros ou de dollars déversés depuis deux ans, cette idée, si elle est devenue caduque, n’en demeure pas moins populaire.

    Les marges de manœuvre se réduisent en France 

    Avec une dette publique de plus de 110 %, un déficit qui reste sur la crête des 5 % du PIB, les marges de manœuvre pour le gouvernement se réduisent en France. Jamais, néanmoins, depuis des décennies, les besoins en dépenses publiques n’ont été aussi importants. La santé, la retraite, la dépendance, l’éducation, la transition énergétique, la réduction des inégalités, etc. supposent un accroissement des crédits publics représentant au total déjà plus de 57 % du PIB. 

    Les besoins sont d’autant plus élevés que les pouvoirs publics ont réduit leurs investissements au profit des dépenses courantes. Le retard pris en matière d’équipements est important, que ce soit pour les voies ferrées, les centrales électriques, les hôpitaux ou les établissements d’enseignement supérieur.

    Plus de dépenses et moins d’impôts 

    Avec la hausse des taux, le retour aux fondamentaux devrait s’amorcer. L’argent est une ressource rare et d’autant plus que la croissance est faible. Or, nul ne semble vouloir en tirer les conséquences. À défaut de réduire les dépenses, l’augmentation des impôts est incontournable. Or, tous les candidats ou presque à l’élection présidentielle d’avril 2022 ont promis plus de dépenses et moins d’impôts. À leur décharge, dans le passé, aucun candidat prônant la rigueur n’a été élu. 

    Avec un taux de prélèvements obligatoires de plus de 45 % du PIB, la France n’est pas avare en cotisations, taxes, impôts et contributions en tout genre. Depuis les « gilets jaunes », les pouvoirs publics n’osent plus affronter la population de front sur le plan fiscal. Ils laissent pour le moment aux collectivités locales le soin de trouver les ressources nécessaires en jouant sur des impôts hors d’âge comme la taxe foncière. 

    Face à l’épaisseur des déficits, l’État ne pourra pas reporter éternellement le débat relatif au financement des charges publiques. La recherche et la réalisation d’économies indispensables seront un exercice délicat qui, dans le passé, n’a jamais été mené jusqu’à son terme en France. Certains pays comme le Canada ou la Nouvelle-Zélande ont néanmoins prouvé que cela était possible.

    Les principaux impôts français sont datés et obsolètes  

    Au niveau des prélèvements obligatoires, le chantier est tout aussi vaste. Les principaux impôts français sont datés et obsolètes. Ils sont issus de l’après Seconde guerre mondiale pour l’impôt sur le revenu ou la TVA, voire de l’après Révolution française pour la taxe foncière et la taxe d’habitation qui demeure pour les résidences secondaires. Face à l’impopularité de certaines contributions, dans le passé, les gouvernements ont préféré les rogner en lieu et place de les refonder. Ce fut le cas pour l’ISF, la taxe d’habitation et de l’impôt sur le revenu. 

    Les exonérations partielles et les abattements dérogatoires se multiplient même si le discours officiel condamne cette pratique. Les bases d’imposition se délitent progressivement au moment où le besoin en recettes publiques est pressant. 

    Les impôts pour être efficaces doivent être en phase avec l’économie. L’émergence de l’impôt sur le revenu a coïncidé avec l’essor du salariat, celle de la TVA avec le développement de la société de consommation. Ces impôts avaient remplacé des prélèvements qui étaient devenus désuets comme celui sur le sel ou sur les portes et fenêtres. Aujourd’hui, l’économie est digitale et mondialisée. Elle doit se décarboner. La fiscalité doit s’adapter. Du fait de la règle de l’unanimité, l’Union européenne n’a pas été en capacité d’instituer des impôts communs aux Etats membres. Elle a essayé avec la TVA mais l’harmonisation est loin d’être réalisée.

    Substituer la taxation des émissions de CO2 aux impôts actuels

    L’exploitation des données crée de véritables rentes de situation, sources de profits élevés. Il y a certainement des moyens pour éviter ces rentes qui, par ailleurs, ralentissent la diffusion des gains de productivité générés par le numérique. La taxation des émissions de CO2 est considérée comme le meilleur moyen pour accélérer la transition énergétique. Elle ne doit pas s’ajouter aux impôts actuels mais s’y substituer pour éviter un matraquage fiscal dont les ménages à revenus modestes seraient les premières victimes. 

    Avec les transferts de compétences, avec le souhait légitime des citoyens à plus de subsidiarité ou d’autonomie comme en Corse, une clarification des financements des collectivités locales s’impose. L’autonomie fiscale est un faux débat. L’importance de la pérennité des ressources et leur évolution selon des critères reconnus de tous prime sur la capacité à fixer les taux ou l’assiette. Le recours à un système de péréquation à l’allemande qui prendrait notamment en compte le PIB par habitant garantirait aux collectivités des moyens en phase avec leurs besoins et serait, en outre, cohérent avec l’objectif d’égalité.

    Les impôts doivent rester neutres pour ne pas dissuader le travail et la création d’activité 

    À défaut de frugalité fiscale, les principes éternels d’une bonne fiscalité devraient s’appliquer. Les impôts doivent rester neutres afin de ne pas dissuader le travail et la création d’activité. Or la tentation est forte pour les pouvoirs publics d’user des taxes pour orienter le comportement des agents économiques. 

    Les impôts doivent autant que possible avoir des assiettes larges et des taux faibles pour être efficaces sans générer des effets pervers d’évitement. Ils doivent contribuer, enfin, à lutter contre les rentes qui nuisent à l’économie et sont génératrices d’inégalités. 

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 22.09.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 22.09.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans votre flash d’actualités dédié aux Français hors de France. Dans les titres du jour : certificat de nationalité : enfin une simplification – Dossier des bourses scolaires : qui décide ? – Emmanuel Macron appelle à la mobilisation mondiale contre la Russie 

    Prouver qu’on est français ! 

    Les Français de l’étranger, nés hors de France, résidant dans leur pays d’accueil, dont ils détiennent souvent aussi la nationalité, peuvent parfois laisser passer des décennies avant d’avoir besoin de papiers d’identité français ou tout simplement de faire valoir leur citoyenneté. Pour démontrer qu’ils sont français, ils ont donc besoin d’un certificat de nationalité française. Depuis le 01 septembre la procédure a été simplifiée. Tous les détails dans le dossier disponible sur le site Lesfrancais.press

    Dossier des bourses scolaires : qui décide de quoi ?

    C’est la question qu’on s’est posée à la rédaction. La campagne de bourses achevée, les dossiers remis complets et dans les délais vont donc suivre un parcours afin de déterminer si le candidat-boursier est éligible. Pour cela, première étape, votre conseil consulaire, puis direction Paris, comme l’ont découvert nos journalistes, c’est dans la capitale, comme souvent, que tout se joue. L’enquête sur le site Lesfrancais.press.

    bourses scolaires
    Bourses scolaires

    Macron et Poutine 

    Voilà une relation que notre président avait voulu préserver en maintenant de nombreux canaux de communication. Mais hier, après le discours du président russe contre l’Occident, Emmanuel Macron a changé de ton. Depuis New-York, le Président de la République a appelé « à mettre le maximum de pression sur Vladimir Poutine pour qu’il mette fin à cette guerre qui n’a pas de sens. »

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour le dernier flash de la semaine. 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Certificat de nationalité française : nouvelle procédure

    Certificat de nationalité française : nouvelle procédure

    Les Français de l’étranger, nés hors de France, résidant dans leur pays d’accueil, dont ils détiennent souvent aussi la nationalité, peuvent parfois laisser passer des décennies avant d’avoir besoin de papiers d’identité français ou tout simplement de faire valoir leur citoyenneté. Pour démontrer qu’ils sont Français, ils ont donc besoin d’un Certificat de nationalité française. Depuis le 01 septembre 2022, une réforme du traitement des demandes de certificat de nationalité française est entrée en vigueur. On fait le point pour vous.

    A quoi sert le Certificat de nationalité française ?

    Le certificat de nationalité française (CNF) est un document délivré par les tribunaux judiciaires. Il prouve la nationalité française et peut notamment être utilisé pour une 1ère demande de carte d’identité et de passeport, ou pour se présenter à certains concours de la fonction publique. Il se présente sous la forme d’un document officiel, gratuit et sans limite de validité attestant de la nationalité française d’un citoyen. Il mentionne les textes applicables ainsi que les faits (naissance, résidence, etc.) ou actes juridiques (mariage, naturalisation, etc.) déterminant le rattachement à la France.

    Jusqu’alors, le traitement des demandes de CNF n’avait jamais fait l’objet d’une réglementation précise et de pratiques harmonisées. Aucun délai n’était établi, que ce soit pour l’instruction des demandes, la possibilité de former un recours ou la réponse donnée à ce recours. La nouvelle procédure met de l’ordre dans toutes ces démarches.

    Ce qui a changé au 1er septembre 2022

    La demande de CNF est désormais harmonisée grâce à la mise en place d’un formulaire Cerfa n°16237 et d’une notice explicative n°52373, accessibles sur Justice.fr. La demande doit être accompagnée de pièces justificatives, répondant à certaines exigences. Pour faciliter le suivi de la demande, les communications et notifications du greffe au demandeur se feront par courrier électronique. Pour les Français nés hors de France, c’est le service de la nationalité des Français nés et établis hors de France qui est compétent. Vous pouvez lui écrire au 30 rue du Château des Rentiers, 75647 Paris Cedex 13, ou les appeler au 0033144329262, ou bien encore leur écrire à l’adresse suivante : [email protected].

    Un délai maximum de 6 mois

    La durée d’instruction des demandes de CNF est désormais encadrée. Le délai est fixé à six mois à compter de la date du récépissé constatant la remise de l’ensemble des pièces nécessaires.

    En cas de refus de délivrance du CNF, le demandeur peut exercer un recours qui s’effectue désormais directement auprès du tribunal judiciaire. Ce recours contentieux pour obtenir la délivrance du certificat doit être engagé dans un délai de six mois. Indépendamment du recours, le demandeur a toujours la possibilité d’engager une action pour voir juger qu’il est de nationalité française. Cette action n’est soumise à aucun délai. Dans les deux cas, la représentation par un avocat est obligatoire.

  • Singapour, le violoncelle et l’ambassadeur

    Singapour, le violoncelle et l’ambassadeur

    Marc Abensour vient de quitter ses fonctions d’ambassadeur de France dans la cité-Etat de Singapour. Un départ en musique, salué par tous, à l’image de l’action de ce diplomate qui occupa ce poste pendant 6 ans, une exception dans le monde feutré du Quai d’Orsay alors que la durée d’un mandat usuel d’un ambassadeur est normalement de 3 à 4 ans maximum.

    Un diplomate de carrière

    A l’heure où le gouvernement veut réformer le corps diplomatique pour permettre à l’exécutif de nommer des ambassadeurs ou autres responsables de la diplomatie française des personnalités en dehors des fonctionnaires ayant réussi le concours, Marc Abensour est un diplomate de carrière, pur produit de la méritocratie française. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie, il a été étudiant d’échange dans le département des études sur l’Asie orientale à l’Université d’Harvard en 1993/1994.

    Comme chaque nouveau diplomate, Marc Abensour a commencé par une immersion sur le terrain en étant successivement en poste en tant que premier secrétaire à l’ambassade de France en Chine de 1996 à 2000 et à l’ambassade de France aux Etats-Unis de 2000 à 2002. L’Asie, il en fit son dada, en choisissant en 2003 de postuler au poste de sous-directeur d’Extrême-Orient qu’il occupa jusqu’en 2005. Puis il s’occupa au ministère des Affaires étrangères des questions industrielles et des exportations sensibles de 2005 à 2008, là aussi, comme sous-directeur.

    Puis de 2008 à 2012, il a été Représentant permanent adjoint de la France au Conseil de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), où il a notamment contribué au processus par lequel la France a repris toute sa place au sein de l’organisation. Pour cela, il bénéficia de la confiance de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République.

    Et pourtant, lors de l’arrivée de François Hollande, son talent continua d’être reconnu. En effet, il fut nommé directeur pour les affaires internationales, stratégiques et technologiques du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité Nationale (service du Premier ministre) en 2012 et 2013 avant de conseiller le ministre de la Défense en 2014.

    Fort de son expérience professionnelle qui couvre principalement les affaires asiatiques et les questions politico-militaires, il fut nommé en 2016 ambassadeur à Singapour, par François Hollande, avant d’être confirmé par Emmanuel Macron.

    Singapour, une cité-Etat étonnante

    Tout d’abord, penchons-nous sur Singapour. Cette cité-Etat est peu connue des Français, et ce alors que les Français y sont de plus en plus nombreux. Les entreprises françaises basées à Hong-Kong, lassées des incertitudes politiques, des difficultés économiques liées à un confinement qui ne finit pas, ont été nombreuses à partir pour Singapour… Et l’ambassadeur n’y est pas pour rien !

    Et pourtant, Singapour n’est pas forcément la destination « rêvée » pour les occidentaux. Son écosystème est fondé sur la « méritautocratie » soit un savant mélange entre méritocratie individuelle et autocratie collective. La société y est dominée par la figure tutélaire du « père de la nation », Lee Kuan Yew, Premier ministre pendant plus de trente ans à partir de 1959. Un leader dont les débuts furent marqués par un projet avorté de fusion avec la Malaisie en 1963, puis une guerre contre l’Indonésie en 1965.

    Si Singapour est un pays minuscule (seulement 50 kilomètres sur 26), son positionnement fondé sur la stabilité, la quiétude et l’innovation permanente remporte un vif succès. Singapour est, en effet, avec Israël, par bien des côtés son jumeau, même si les autorités locales se voient plutôt comme la « Suisse de l’Asie du Sud-Est », le petit pays le plus avancé au monde en technologie et particulièrement en intelligence artificielle. Une technologie qui est sa colonne vertébrale, tant en termes de gouvernance – la fameuse « Smart Nation data-driven » – que de business et même de soft power, quand on constate que l’Égypte utilise une plateforme de popularisation de l’AI conçue par la National University of Singapore.

    L’action de Marc Abensour

    Dans des domaines comme la smart city, la fintech, la santé, la 3D et la réalité virtuelle, ainsi qu’en matière d’enseignement supérieur et de recherche, Marc Abensour a renforcé la présence française et le rayonnement de ses entrepreneurs.

    Il a aussi accompagné L’ESSEC et L’INSEAD dans le déploiement de leur cursus, comme Sciences Po qui a mis en place un double diplôme. Toujours dans l’éducation, il a guidé de grandes universités afin de créer des partenariats d’échange et de recherche avec des universités singapouriennes. Autre succès à son action, Le CNRS, qui avec son projet sur l’accompagnement du vieillissement, a rejoint CREATE, un programme de très grande envergure et d’excellence qui rassemble les plus grands instituts mondiaux de recherche.

    Marc Abensour lors de la réception du 14 juillet 2019

    Autre volet qui fut prioritaire pour Marc Abensour, l’entreprenariat. Dans cette optique, il facilita le développement de La French Tech , qui fut lancée en présence du Président de la République et qui depuis a générè de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises.

    Ce lourd planning ne l’a pas empêché de participer pleinement à la vie de ses compatriotes installés sur place. Il s’appuya sur eux pour réussir sa mission, une attitude qui mérite d’être soulignée et qui devrait être généralisée à la vue du succès du mandat de Marc Abensour. Attaché à Singapour, il enregistra, avec l’ambassade, un concerto au violoncelle, qu’il offrit aux Français sur place et à tous les francophiles via la page Facebook de l’ambassade. Une humanité que tous les Français de l’étranger voudraient retrouver chez leurs consuls ou ambassadeurs.

    Écoutez le concert de Marc Abensour

  • La campagne de bourses scolaires passe en phase 2

    La campagne de bourses scolaires passe en phase 2

    En général, vous aviez jusqu’au 16 septembre pour déposer vos demandes de bourses scolaires pour inscrire vos enfants dans une école ou un collège ou un Lycée Français à l’étranger. Si vous n’avez pas deposé votre dossier dans les temps, c’est fini pour cette année. Mais la première campagne pour l’année scolaire 2023/2024 débutera en février, notez-le pour ne pas louper les échanges.

    Pour ceux qui ont déposé le dossier complet avant vendredi 16 septembre minuit, le parcours n’est pas fini. On vous le détaille dans cet article.

    Première étape : le Conseil consulaire

    Pour obtenir la bourse scolaire nécessaire à l’inscription dans un établissement français à l’étranger, il faut donc remplir ce lourd dossier que vous avez remis avant la date butoir et puis passer les différents filtres mis en place par le législateur.

    Le premier filtre c’est celui du Conseil consulaire. Constitué des élus que vous avez choisis en mai 2021, ils vont statuer sur votre dossier et y apposer des commentaires. Si les membres considèrent que votre dossier, complet, correspond à l’esprit de la loi ayant instauré les bourses scolaires, ce dernier sera validé. Les élus peuvent indiquer, à la vue de votre situation et celle de votre pays de résidence, qu’ils connaissent pour y habiter, si la prise en charge doit être complète ou si elle peut être partielle.

    Une fois leur décision prise, les services consulaires feront suivre votre dossier et l’avis du Conseil consulaire à la commission basée à Paris qui est la seule à pouvoir décider de votre éligibilité à la bourse et les conditions de prise en charge. Petit bémol, en 2021, les élus, à leur grande stupeur, ont découvert, par hasard, que leurs recommandations n’étaient même pas communiquées à ladite commission. Un mépris de l’administration que le ministre de l’époque, Jean-Baptiste Lemoyne, avait promis de corriger, mais dont l’application devra être suivie par le nouveau ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht.

    Deuxième étape : la Commission nationale des Bourses scolaires

    La dernière et plus important étape de ce « parcours du combattant », c’est le passage devant la Commission nationale des Bourses scolaires.

    La commission nationale des bourses (CNB) réunit l’AEFE, la Direction des Français de l’étranger du Ministère des Affaires étrangères et européennes, différentes administrations, les fédérations de parents d’élèves, les organisations syndicales, les associations représentatives des Français de l’étranger reconnues d’utilité publique (ADFE et UFE), ainsi que les élus des Français de l’étranger, à l’exception des sénateurs (depuis 2018).

    La collégialité et l’assise règlementaire de la commission en font donc une instance prédominante, mais également complexe d’un point de vue technique. Derrière cet argument, se cache une opacité qui empêche de connaitre exactement la méthodologie permettant d’attribuer ou non la bourse et pour quel montant.

    Une situation que déplorent des élus locaux des Français de l’étranger, mais aussi la sénatrice Samantha Cazebonne. Ces échos ont été entendus par Olivier Becht, qui a promis, lors de son interview exclusive sur notre site le 11 septembre, de proposer une réforme dans les meilleurs délais pour permettre d’accroître le nombre de bénéficiaires et rendre plus transparent le dispositif d’attribution.

    Mais pour cette année, il faudra donc faire avec, la Commission nationale des Bourses scolaires se réunira les 14 et 15 décembre. Les parents seront informés dans les jours qui suivent de la décision prise sur leur dossier.

  • RN : Marine Le Pen loue la « vague patriote » en Europe

    RN : Marine Le Pen loue la « vague patriote » en Europe

    Marine Le Pen a célébré la « vague patriote » en Europe, en Suède ou « demain » en Italie et « après demain » aux Pays-Bas, promettant aussi à la France un « grand basculement politique », dimanche (18 septembre) à Agde (Hérault) lors de l’université d’été du RN.

    Nations d’Europe

    La finaliste de la présidentielle a jugé « inexorable » ce « grand retour des Nations d’Europe », une « révolution politique » et « un désaveu d’une Union européenne » qui n’est « même plus fédérale mais impériale ».

    Ces « mouvements populaires et nationaux » ont gagné « hier la Suède, demain l’Italie, après demain probablement » les Pays-Bas avec « la courageuse et pacifique révolte paysanne qui s’y déroule » face au « pouvoir mondialiste néerlandais », a-t-elle estimé, après la victoire inédite d’un attelage entre droite et extrême droite aux législatives suédoises.

    En Italie, une coalition réunissant Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni (post-fasciste) et Forza Italia de Silvio Berlusconi (droite libérale) est donnée favorite aux législatives du 25 septembre.

    Lors d’une discussion informelle avec des journalistes, Marine Le Pen avait expliqué connaître « depuis longtemps » Giorgia Meloni, même si « l’allié historique » du RN est la Ligue de Matteo Salvini, en net recul dans les sondages.

    Giorgia Meloni – 30 mai 2022 – ©AFP

    89 députés en France

    En France, avec la constitution d’un groupe de 89 députés RN à l’issue des législatives de juin, Marine Le Pen a décrit « une révolution électorale de grande ampleur »« la plus grande victoire que le mouvement national ait connue en cinquante ans d’existence ».

    Cela « pose le socle du grand basculement politique », a jugé la cheffe de file de l’extrême droite française dans ce discours de rentrée sur le thème de « l’alternance pour la France ».

    « L’immigration, il n’y a que le Rassemblement national pour s’y opposer », a-t-elle aussi insisté.

    Sur les dossiers internationaux, Mme Le Pen a par ailleurs dénoncé un « discours hallucinant de Mme Von der Leyen », la présidente de la Commission européenne, à propos de la guerre en Ukraine et de la Russie lui reprochant de « dangereuses postures belliqueuses ».

    Mme Le Pen a fustigé « une Union Européenne hystérisée par la guerre en Ukraine dans des sanctions inappropriées et irréfléchies » contre la Russie.

    Le RN a tenu de vendredi à dimanche ses Universités d’été dans la station balnéaire du Cap-d’Agde, avec des discours, dimanche, de Louis Aliot et Jordan Bardella, qui briguent tous deux la présidence du parti lors du congrès prévu début novembre.

  • Le retour de l’inflation à 2 % est-il possible ? 

    Le retour de l’inflation à 2 % est-il possible ? 

    Les Banques Centrales des pays occidentaux semblent avoir comme objectif de ramener l’inflation dans la cible des 2 % d’ici 2024. La réalisation de cet objectif dépend de l’inflation sous-jacente et de son évolution prévisible à court terme (qui dépend elle-même de l’évolution des coûts salariaux unitaires et du possible rattrapage du pouvoir d’achat) et de l’orientation de la politique budgétaire. 

    Les banques centrales doivent évaluer l’évolution de l’inflation dans les prochains mois pour déterminer leur politique de taux, sachant qu’elles ne maîtrisent pas les prix des matières premières et de l’énergie. Les incertitudes restent importantes en ce qui concerne le cours du pétrole, du gaz ou de l’électricité. Certains estiment que ces cours pourraient se stabiliser d’ici le milieu de l’année 2023 quand d’autres considèrent que les économies occidentales doivent s’habituer à évoluer en régime de pénurie permanente d’énergies et de matières premières. 

    En cette fin d’été, une désescalade des prix du pétrole et des matières premières est constatée mais tel n’est pas le cas pour le gaz et l’électricité.

    Le manque de main-d’œuvre favorise l’augmentation des salaires 

    L’inflation sous-jacente qui sert de référence aux banques centrales dépend essentiellement de la hausse du coût salarial unitaire et du possible rattrapage du pouvoir d’achat des salariés. Depuis la fin du deuxième trimestre 2022, au sein de l’OCDE, le coût salarial unitaire s’accélère. Le manque de main-d’œuvre favorise également l’augmentation des salaires. 

    En moyenne, la perte de pouvoir d’achat au sein des États membres de l’organisation pourrait être de 3 à 5 % sur l’ensemble de l’année. Cette perte pourrait donner lieu à une correction entre la fin de l’année et le milieu de l’année 2023. 

    L’intervention des Etats est inflationniste

    Le choix des États de soutenir les ménages et les entreprises est inflationniste. Il maintient artificiellement la demande et exige des besoins croissants de financements afin de financer le déficit. Les États membres de la zone euro sont fortement interventionnistes. La nomination de Liz Truss au poste de Première Ministre devrait conduire le Royaume-Uni à emboiter le pas à la zone euro. 

    Le gouvernement fédéral américain est moins en soutien que ses homologues européens mais la situation américaine est différente, le risque de pénurie d’énergie n’existant pas. Si le déficit public européen restera voisin de 5 points de PIB, il est en forte contraction aux États-Unis. Il devrait passer de -12 à -4 points de PIB de 2020 à 2022. 

    Dans le passé, pour réduire l’inflation, les banques centrales ont relevé fortement leurs taux directeurs. En 2009, aux États-Unis, le recul de l’inflation est obtenu avec des taux des Fed Funds nettement supérieurs à l’inflation sous-jacente, mais la politique budgétaire était alors expansionniste. Au Royaume-Uni, la diminution de l’inflation en 1999/2000 est intervenue avec un taux de base de la Banque d’Angleterre nettement supérieur à l’inflation sous-jacente. Dans la zone euro, les reculs de l’inflation (1999-2000, 2005-2006, 2009-2010, 2013-2014), se sont accompagnés de taux repo supérieurs à l’inflation sous-jacente, sauf en 2013-2014. 

    Selon Patrick Artus, chef économiste de Natixis, pour espérer revenir à 2 % d’inflation d’ici 2024, il faudrait porter le taux Fed Funds à 5,7 % aux États-Unis, le taux de base de la Banque centrale d’Angleterre à 6 % et le taux repo de la Banque centrale européenne à 6,1 %. 

    Pour le moment, par crainte d’une récession et de tensions sur les dettes souveraines, les banques centrales n’annoncent pas de telles hausses de taux. Elles semblent ainsi favorables à laisser l’inflation rester au-dessus de 2 % pendant plusieurs années.

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