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  • La voie romaine

    La voie romaine

    Ils se tutoient, François et Emmanuel. « Je t’ai fatigué avec toutes ces histoires ». « Tu ne m’as pas fatigué ». Telles furent les paroles échangées entre le Souverain Pontife et le Président de la République, le 26 novembre dernier.  « Comment vas-tu ? ». Emmanuel Macron revoit le Pape. Il participe aux rencontres de la Communauté de Sant’Egidio, « le cri de la paix ».

    Le Pape, le 25 mars 2022, un mois à peine après le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, invitait tous les évêques du monde à prier pour consacrer la Russie à la Vierge Marie. 

    Drôle d’idée pour un prêtre argentin, qui vient de loin : Jean Paul II l’avait fait, un an après avoir survécu à un attentat du KGB. Pie XII, en 1943, l’année de Stalingrad. Ces papes répondaient à une « demande de la Vierge de Fátima », apparue en 1917 à trois enfants, juste avant la révolution russe. La répétition de la « consécration » souligne aussi l’échec d’associer la Russie à la voie romaine.

    Associer la Russie à la voie romaine 

    On peut en rire : le Pape, combien de divisions ? L’influence du Vatican, avec son remarquable réseau diplomatique, se mesure du Nicaragua aux Philippines, en passant par l’Afrique. L’Eglise, c’est 210.000 écoles à travers le monde, 1700 universités, 1.3 milliards de catholiques (bientôt plus que de Chinois). 

    Qu’est-ce que vient faire la Vierge de Fatima en Ukraine ? C’est l’histoire longue : consacrer la Russie (et l’Ukraine) à la Vierge, c’est dire qu’elle est européenne. Elle est plus proche de Rome (qui croit à la Vierge) que New York et les Evangélistes, (qui n’y croient pas). Est-ce à dire que le Vatican, qui intègre l’Ukraine à la Russie, donnerait raison à Poutine ? « Quant à la guerre à grande échelle en Ukraine, initiée par la Fédération de Russie, les interventions du Saint-Père sont claires et sans équivoque pour la condamner comme moralement injuste, inacceptable, barbare, insensée, répugnante et sacrilège », tranche le Saint-Siège. 

    Poutine tente une alliance anti occidentale, avec la Chine, l’Iran, et quelques autres. Ces alliances sont de fausses alliances, éphémères. Et les conflits des saignements d’orgueil et des beuveries de puissance. Le Pape argentin, étranger à la géopolitique européenne (il n’est pas Jean Paul II), rappelle cette évidence : la Russie est européenne. L’Occident n’est pas qu’américain : il est aussi latin. Cette particularité se voit aussi dans le traitement différencié, au sein de l’Europe, entre le nord et le sud.

    Le Pape François et Vladimir Poutine en 2019 ©Radio Notre Dame/AFP

    L’Europe doit garder une place pour la Russie

    La voie européenne reste la voie traditionnelle de la Russie, évidente. En quelque sorte, l’Europe doit garder une place pour la Russie. Evidemment, la Russie doit changer. Espérer, non seulement la paix, mais une paix durable, fondée sur le respect des peuples, c’est à dire la liberté. 

    Il n’y a pas si longtemps, les Papes rejetaient les droits de l’homme. Aujourd’hui, c’est l’inverse. En Chine comme en Iran, la première demande de la diplomatie vaticane est la liberté religieuse. L’Eglise rappelle que le fondement de la civilisation occidentale est la liberté (parfois contre elle). C’est en œuvrant pour elle, en Russie comme en Asie, que se gagne la course, non à la suprématie, mais à l’influence, au mode de vie, au modèle.  Une victoire repose d’abord sur des espérances, non sur des technologies. 

    La construction de l’Union Européenne, objet politique non identifié, est une nouveauté, la seule invention « moderne » dans le champ politique, parce qu’elle ne revendique ni domination ni suprématie. Organisation supra nationale plus qu’internationale, alliance d’Etats qui ne cherche pas à subjuguer, qui refuse de se fermer, obligée de cultiver le compromis jusqu’à la caricature. 

    Cet équilibre, cette modestie, est la seule voie d’avenir qui ne soit pas une régression vers les rêves de domination, contrairement au « rêve chinois » ou au néo-impérialiste russe. Le projet politique européen qui ne met pas en avant la force de tel ou tel Etat, de tel ou tel dirigeant, mais affiche comme principe le droit, celui du citoyen.

    Deux vainqueurs provisoires de la guerre d’Ukraine : Chine et Etats-Unis

    Pour intégrer la Russie à l’ensemble européen, il faut que naisse une autre Russie, une autre Europe, un autre monde. Alors les deux vainqueurs provisoires de la guerre d’Ukraine, Chine et Etats-Unis, n’auront peut-être pas l’occasion de figer le monde dans un nouveau face à face. 

    On peut se moquer du pape, on aurait tort. Dans la chute de l’URSS, l’Eglise ne fut pas innocente. C’est bien pour cela qu’il y eut un attentat. Jean Paul II répondit avec Fátima, déjà. Et Solidarnosc. L’Église a une diplomatie à long terme, ancrée dans l’histoire -et ailleurs : ce qui parle plus aux combattants, pour le meilleur et pour le pire, que le cours du gaz. Les chancelleries, à un moment ou à un autre, enregistrent les éléments du Vatican. Les États-Unis ne sont pas les derniers à le reconnaitre : en août 1917, le Pape faisait un Appel à la paix auprès des Chefs d’état en guerre. Cela eut un effet sur le nouvel empereur, Charles de Habsbourg. Le protestant Wilson en intégra les éléments dans ses fameux 14 points.

    Vaincre la guerre suppose d’abord de vaincre 

    La guerre d’Ukraine est un enjeu vital pour l’Europe. Une défaite ukrainienne serait mortelle, une guerre longue un poison. Intégrer l’Ukraine sera aussi difficile ; presqu’impossible si une porte n’est pas ouverte avec la Russie. Il faut donc penser la paix -la victoire- en termes d’ouverture avec la Russie. Mais vaincre la guerre suppose d’abord de vaincre.

    Paradoxalement, si on pense l’avenir de la Russie en Europe, il est impératif d’être plus audacieux. Pour l’instant on suit, derrière les Américains. Mais l’Ukraine restera, avec la Russie, le problème européen.

    Intervenir de façon plus forte en Ukraine 

    C’est le moment d’intervenir de façon plus forte en Ukraine. Un peu comme la France libre s’immisça dans la victoire contre le nazisme, arracha une place pour la France à la table des vainqueurs. Préparer le règlement de la paix, suppose de s’investir plus dans la guerre. Dialoguer avec Poutine, (et il le faut), demande de montrer plus de soutien à l’Ukraine. 

    Si l’on veut que la Russie rejoigne la voie romaine, c’est-à-dire préfère l’Europe à une vassalisation chinoise, alors soutenir aussi tout ce que la Russie compte de démocrates, de dissidents, d’exilés, -à commencer par les déserteurs- et dialoguer, encourager, financer, préparer l’après Poutine. Car l’Histoire longue enseigne quelque chose : seuls les dictateurs se croient immortels. La géographie, elle, ne change pas. Dire au peuple russe que sa place est en Europe, que son destin est la liberté. Et que s’engager en Ukraine, c’est aussi s’engager pour lui.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati 

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 24.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 24.10.22

    Bonjour à tous, je suis Radwan, je vais vous accompagner toute cette semaine! Dans l’édition dédiée aux Français de l’étranger de ce lundi 24 octobre, on découvre les résultats de l’élection consulaire partielle de Montréal, on revient sur le séjour au Maroc d’Olivier Becht et on partage avec vous l’alerte aux espions russes des services secrets français.

    NUPES en tête à Montréal 

    Derrière Ramzi Sfeir (EELV), la liste NUPES a réussi à décrocher 3 postes de conseillers et 2 de délégués consulaires. Tandis que le parti présidentiel, aidé par la faible participation, a réussi à décrocher 2 sièges sur les 7 ! Deux autres listes, une indépendante et une socialiste, ferment la marche. Mais l’information de ce scrutin c’est l’abstention abyssale : moins de 4% des électeurs se sont déplacés ! La faute à un mandat aux contours flous et à une administration qui après avoir oublié le vote en ligne s’est contentée de mettre 3 bureaux de vote pour 71 000 Français répartis sur des milliers de kilomètres carrés. 

    élection consulaire partielle à Montréal
    Élection consulaire partielle à Montréal

    Terrain miné pour Olivier Becht au Maroc 

    Une administration qui, décidément, enchaîne les boulettes. Cette fois c’est du côté diplomatique que la faute a eu lieu. Alors que le ministre du commerce extérieur et des Français de l’étranger se rendait au Maroc pour tenter de réconcilier le royaume chérifien et la république, notre ambassadrice sur place s’est lancée dans une joute avec les opposants à la France sur Twitter. Cet échange a eu comme effet de chauffer à blanc l’opinion publique. Olivier Becht a donc dû affronter l’hostilité des autorités, toujours fâchées par la réduction des visas accordés à ses citoyens, mais aussi celle de la rue. Malgré tout, il a enchaîné les rendez-vous économiques et aussi les sorties auprès de la communauté française sur place. Il s’est par ailleurs rendu au Lycée Français de Casablanca dont le proviseur est décédé lundi dernier, 18 octobre, la veille de son arrivée ! 

    Olivier Becht
    Olivier Becht

    Les espions russes font aussi leurs courses sur Le bon coin !

    Derrière cette expression, c’est une réalité bien inquiétante que les services secrets ont dévoilée ce week-end. Profitant de petites annonces, notamment des étudiants ou des jeunes fraîchement diplômés, des ingénieurs en économie par exemple, les espions russes parviennent à soutirer des informations au gré des échanges avec ces derniers. Une situation qui peut aussi se retrouver à l’étranger alors que nos jeunes donnent des cours de français ou autres pour arrondir leurs fins de mois. Soyez donc attentifs aux personnes un peu trop curieuses, surtout si vos études concernent des domaines sensibles ou que votre famille travaille pour les intérêts de la Nation. 

    © LCI

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition ! Prenez soin de vous où que vous soyez ! 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Résultat de l’élection consulaire partielle à Montréal

    Résultat de l’élection consulaire partielle à Montréal

    Suite à l’annulation des élections de mai 2021, du fait d’infractions sur leur communication de certains listes, une élection consulaire partielle avait lieu ce samedi 22 octobre dans la 4ème circonscription des Français du Canada, soit Montréal. Sur 71 067 Français appelés à participer à cette élection, seuls 2155 se sont déplacés pour voter soit 3,03 % de participation.

    Une perdante : la participation

    Ce chiffre de la participation est bien inférieur à celui du scrutin de 2021 qui était de 14,35% ! Un mauvais score qui s’explique, tout d’abord, par la désynchronisation du vote par rapport aux autres circonscriptions. En France, comme à l’étranger, les élections partielles, qui se déroulent donc en dehors d’un renouvellement général et de la dynamique qu’il entraine, sont toujours victimes d’une faible participation.

    Pour les Français de Montréal, la sanction fut double, car l‘administration consulaire n’avait pas prévu cette situation, pourtant pas si exceptionnelle que cela, dans le contrat avec le prestataire chargé du déploiement du vote en ligne, ils en ont donc été privés. Dans une circonscription si vaste, sans être géante, les 3 bureaux de vote mis à disposition par le consulat pouvaient être situés très loin du lieu de résidence.

    Autre explication, le flou qui entoure le rôle du conseiller des Français dans le dispositif consulaire. En effet, les élus locaux des Français de l’étranger ne dispose pas de pouvoir effectif dans les consulats. Ils sont souvent simples spectateurs, cantonnés à un rôle de vigie dont l’avenir des alertes et réflexions dépendront de la volonté des fonctionnaires. Une situation qui motive peu les Français à aller voter !

    Ils sont 2155 à avoir fait le déplacement et les résultats sont bien différents de ceux de 2021 !

    Elections consulaires partielles 2022
    Les têtes de listes qui se sont présentées ce samedi 22 octobre 2022

    Renaissance, principal bénéficiaire de la partielle

    Alors que Montréal était le foyer anti-Macron en 2021 du continent nord-américain, la faible mobilisation a joué en faveur du parti présidentiel qui a réussi, derrière Florent Pigeyre, à décrocher deux postes de conseillers et 1 poste de délégué.

    Renaissance, incarné par la liste « En Marche, Majorité présidentielle » arrive donc juste derrière la liste adoubée par les partis de la NUPES. Une liste qui revient de loin alors que lors de la première élection en 2021, elle avait été parasitée par une liste qui se réclamait, à tort, de Nicolas Hulot. Derrière Ramzi Sfeir (EELV), elle a réussi à décrocher 3 postes de conseillers et 2 de délégués consulaires.

    Derrière, la liste Union Française des Indépendants, seule liste non partisane à se présenter, a réussi l’exploit de mobiliser assez de citoyens pour obtenir 1 poste de conseiller et 1 de délégué. La démarche de ce mouvement mené par Alaric Bourgoin, professeur à l’Université à Montréal, s’articule autour d’un projet, « la Maison France », qui s’intéresse uniquement aux problèmes locaux même si son positionnement est d’essence socio-libéral. Une démarche qu’on salue, car elle s’inscrit dans l’esprit de la loi.

    Enfin une autre liste de gauche ferme la marche. Celle-ci axée principalement sur la solidarité, la protection des droits sociaux et l’écologie fut menée par Gwenaëlle Olivié, proche de Yan Chantrel (ancien élu à Montréal et désormais sénateur PS). Elle arrive, ainsi, à conserver son siège.

    Nouveaux grands électeurs pour le Sénat

    On le voit, la droite traditionnelle a totalement disparu du paysage montréalais ! Une mauvaise nouvelle pour les nombreux candidats LR et apparentés à l’élection sénatoriale de septembre 2023.

    Par contre, EELV se trouve renforcé avec de nouveaux grands électeurs, ce qui éloigne la perspective d’une candidature NUPES à l’automne 2023.

    Renaissance peut aussi être satisfait, avec 3 nouveaux grands électeurs, le parti présidentielle conforte sa réserve de voix pour obtenir un deuxième sénateur parmi ceux issus du corps électoral des Français de l’étranger (moins de 500 personnes).

    En attendant ces nouveaux combats, les élus des Français de Montréal vont devoir s’atteler à constituer le conseil consulaire et à élire son président. Avec 3 sièges au conseil et une alliée naturelle en la personne de Gwenaëlle Olivié, Ramzi Sfeir devrait être élu à ce poste. Puis, comme les autres conseils, il faudra que les nouveaux élus trouvent leur place dans le dispositif consulaire avant de s’attaquer à leurs obligations comme la commission pour les bourses scolaires…

    Procès-verbal du taux de participation

    Procès-verbal des élus au conseil consulaire

    Procès-verbal des élus comme délégués consulaires

  • Terrain miné au Maroc pour Olivier Becht

    Terrain miné au Maroc pour Olivier Becht

    Olivier Becht avait une lourde mission la semaine dernière lors de sa visite au Maroc du 18 au 20 octobre 2022. Réconcilier la République et le Royaume chérifien, alors que la décision de Paris en septembre 2021 de diviser par deux l’octroi de visas au Maroc est toujours source de rancoeur de la population, tandis que la classe politique s’inquiète d’un éventuel glissement de la position d’Emmanuel Macron en faveur de l’indépendance du Sahara Occidental.

    Hostilité sur les réseaux sociaux

    Tout avait déjà mal commencé. Première bourde : le 18 octobre, l’ambassade de France au Maroc annonce dans une vidéo la visite au Maroc, qualifié de «partenaire d’exception de la France», par le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, Olivier Becht.

    Mais comme c’est le cas depuis plusieurs mois, cette publication, au même titre que toutes celles que poste l’ambassade de France au Maroc, a suscité bon nombre de commentaires négatifs sur la toile marocaine. Il faut dire que la décision des autorités françaises d’humilier les Marocains demandeurs de visas est en train de ruiner –peut-être de façon irréversible– le capital sympathie dont bénéficiait ce pays au Royaume et l’engouement pour la culture et la langue françaises, naguère bien enracinées chez une grande partie de la population.

    Cela aurait pu en rester là… Mais, à l’étonnement général et en contradiction avec les usages diplomatiques, l’ambassadrice de France, Anne-Sophie Avé, qui occupe ce poste depuis septembre 2022, est rentrée dans un ping-pong de tweets avec les opposants à la France. Alors qu’un Marocain demandait le départ de nos entreprises de son pays, l’ambassadrice a répondu «Quid des milliers d’employés marocains ? Chômage marocain ?», en référence aux employés de ces entreprises françaises au Maroc qui se retrouveraient sur le carreau si celles-ci venaient à quitter le territoire marocain.

    Autant dire que cette publication a fait mouche, mais pas dans le bon sens du terme, et a littéralement suscité une vague d’indignations au Maroc. Les internautes ont réagi en nombre, rappelant à l’ambassadrice que «ces sociétés seront récupérées par des capitaux marocains et gérées par des compétences marocaines», en cas de départ du Maroc.

    Olivier Becht arrive donc au Maroc alors que l’opinion publique est déjà chauffée à blanc. Pourtant, le ministre des Français de l’étranger et du Commerce extérieur venait dans ce royaume avec la volonté de relancer les relations entre les deux pays, et animé d’une volonté d’apaisement.

    La France, premier investisseur au Maroc

    En effet, Olivier Becht était porteur de bonnes nouvelles avec le renforcement des investissements industriels dans le Maroc, le « hub vers l’Afrique » de notre pays. Pour rappel, la France est, déjà, le premier investisseur étranger au Maroc. En 2021, les échanges commerciaux de la France avec le Maroc se sont élevés à 10,7 milliards d’euros.

    A Rabat, Olivier Becht a mené des entretiens avec Mohcine Jazouli, ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, et Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce. Tandis qu’à Casablanca, Olivier Becht a visité la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM) que préside Jean-Pascal Darriet (Lydec) et que dirige Jean-Charles Damblin. La CFCIM assure, dans le cadre d’une concession de service public de Business France, les prestations d’accompagnement des PME et ETI françaises au Maroc.

    Olivier Becht à la CCI France-Maroc ©CCI

    Olivier Becht a aussi rencontré des représentants de l’écosystème aéronautique, avec une visite à l’Institut des métiers de l’aéronautique et à l’usine Safran Nacelles, dans la zone franche de Midparc de Casablanca. Enfin, il était l’invité d’honneur du Choiseul Africa Business Forum, toujours à Casablanca, réseau d’affaires qui réunit chaque année des décideurs africains.

    «Nous pouvons sans doute encore intégrer davantage le Maroc dans les chaînes de valeur hexagonales et tirer un meilleur parti de notre proximité géographique, linguistique et culturelle»,

    Olivier Becht au Maroc

    Froid diplomatique

    Mais malgré la bonne volonté du ministre et de ses équipes, il est difficile de relancer les relations entre les deux pays, quand le Maroc, simultanément, rappelle son ambassadeur. En effet, le 19 octobre, le palais royal confirmait le départ de Mohamed Benchâaboun de son poste d’ambassadeur du Maroc près de France.

    Présenté par la presse locale comme une promotion, ce rappel serait une façon pour Rabat de montrer son mécontentement par rapport à de nombreux actes posés dernièrement par Paris et qui semblent porter à confusion sur sa position concernant le Sahara. En effet, le Maroc est persuadé que Paris fait le jeu d’Alger, alors que les tensions sont encore vives avec l’Algérie, malgré le voyage d’Emmanuel Macron sur place en septembre 2022.

    Sahara Occidental

    Si au cours des mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, il n’y avait aucun doute sur la position de la France concernant le Sahara, ce n’est plus le cas aujourd’hui avec l’actuel président. Rabat voit d’un mauvais œil le fait que son allié stratégique qu’est la France se soit fait damner le pion par les États-Unis et l’Espagne sur la question du Sahara. Pour le roi Mohammed VI, la position de ses alliés sur la question ne devrait souffrir d’aucune ambiguïté… La création d’une section La République en Marche (le parti d’Emmanuel Macron rebaptisé depuis Renaissance) par des expatriés pour le Sahara Occidental a été particulièrement mal prise.

    Politique des visas

    L’autre point de tension entre les deux pays, c’est la baisse de moitié du quota de visas français octroyés aux citoyens marocains comme pour les Algériens. Une situation que dénonce le député des Français du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, Karim Ben Cheïkh. L’ancien diplomate, nouveau député, avait bien anticipé les conséquences diplomatiques et économiques de cette décision. Poussée par Gérald Darmanin qui veut améliorer le taux effectif des OQTF (ordre de quitter le territoire français), cette disposition devait contraindre Rabat à accepter la reconduction vers le Maroc de leurs citoyens « sans papiers ». Interviewé par le journal marocain l’Économiste, Olivier Becht indiquait qu’il était, aussi, venu régler certaines questions dont celles liées aux visas. Mais malgré ses nombreux échanges avec les responsables marocains, aucune solution n’a été annoncée.

    Olivier Becht
    Olivier Becht avec Karim Ben Cheïkh à Rabat ©Karim Ben Cheïkh

    La communauté française au Maroc

    Olivier Becht est en charge du commerce extérieur mais aussi des Français de l’étranger. Et comme il l’avait promis lors de sa prise de fonction, Olivier Becht, comme à Singapour ou en Indonésie, a rencontré nos compatriotes installés sur place.

    Sur le continent africain, le royaume chérifien est le premier pays d’accueil de la communauté française. Et s’ils sont 53 800 à être inscrits sur les registres consulaires, on estime à 80 000 le nombre de ressortissants français établis au Maroc, un chiffre en constante augmentation.

    « Il faut dépasser ces tensions pour construire des projets communs »

    Olivier Becht devant la communauté française à l’ambassade de France au Maroc

    Une communauté forte en nombre mais aussi en capacité financière et d’innovations. En effet, parmi nos compatriotes sur place se mélangent des binationaux de retour au Maroc avec une formation française, des retraités au pouvoir d’achat conséquent pour le pays, mais aussi de nombreux investisseurs dans l’immobilier (on se souvient de la ruée sur les riads dans les années 2000-2010), les nouvelles technologies mais aussi la construction navale et ferroviaire comme l’aéronautique.

    Hommage à Stéphane Sachet

    Olivier Becht s’est aussi rendu au Lycée français Lyautey à Casablanca dont le proviseur, Stéphane Sachet, est décédé ce lundi 17 octobre. Il lui a évidemment été rendu hommage avec tous les élèves de l’établissement.

    « Moment de recueillement au Lycée Lyautey à Casablanca, établissement emblématique du réseau de l’enseignement français à l’étranger dont le proviseur Stéphane Sachet est décédé ce lundi. Nous nous souviendrons de l’excellence de son parcours et de son humanité, reconnus de tous »

    OIivier Becht sur Facebook
    Olivier Becht lors de l’hommage à Stéphane Sachet ©Olivier Becht

    Le voyage d’Olivier Becht a rempli, sur le papier, tous ses objectifs, en rencontrant les acteurs politiques et économiques du Maroc, sans oublier la communauté des Français du Maroc. Mais sur le fond, son voyage ne restera pas dans les annales, car du côté marocain on espère vraiment une visite rapide d’Emmanuel Macron. A défaut, les autorités marocaines pourraient penser que la France prend le parti de l’Algérie.

  • Démission de Truss : la réaction des élus français au Royaume-Uni

    Démission de Truss : la réaction des élus français au Royaume-Uni

    Liz Truss a démissionné de son poste jeudi 20 octobre 2022, en tant que leader du Parti conservateur, dans une déclaration à l’extérieur du 10 Downing Street. Une course au leadership est lancée. Elle quittera ses fonctions de Première Ministre quand un nouveau leader sera choisi. 

    Elle a déclaré qu’elle abandonnait son poste parce qu’elle ne pouvait pas remplir le mandat pour lequel elle a été élue à la tête des conservateurs. Les Tories doivent maintenant trouver leur prochain chef conservateur et Premier ministre : le Chancelier de l’Echiquier, Jeremy Hunt, ne se présente pas, mais Rishi Sunak, Boris Johnson et Penny Mordaunt sont tous considérés comme des prétendants. 

    Nous avons voulu interroger les responsables politiques des Français de Londres pour connaître leurs réactions. 

    “Nous soutenons les partis de l’opposition pour la tenue des élections générales.” 

    Charlotte Minvielle, co-Secrétaire d’EELV au Royaume-Uni, se félicite de la démission de la première ministre Liz Truss, qui avait tenté de mettre en place des mesures budgétaires néo-libérales avec des baisses d’impôts pour les plus riches.

    Charlotte Minvielle
    Charlotte Minvielle

    “Dans un tel moment de crise sans précédent, où des pays européens instaurent ou envisagent des taxes sur les super-profits, son plan allait complètement à l’encontre de ce dont le pays a besoin. Nous soutenons les partis d’opposition de gauche, le Labour et le Green Party, dans leur demande d’élections anticipées pour un réel changement de politique et un gouvernement qui mette en place plus de justice sociale.” 

    Charlotte Minvielle, co-Secrétaire d’EELV au Royaume-Uni

    Les problèmes du Brexit persistent 

    Nicolas Hatton, élu consulaire, élu divers droite indépendant, a aussi partagé avec nous sa réaction.

    Nicolas Hatton
    Nicolas Hatton

    “La démission de Liz Truss entrera dans les annales pour sa brièveté au 10 Downing Street, et cela prête à sourire tant le monde politique anglais est devenu absurde depuis le référendum européen de 2016 et la sortie de l’Union Européenne qui s’ensuit. Ayant vendu un Brexit dur à son électorat tout en niant toute conséquence néfaste pour la société, les conservateurs sont dans un cul-de-sac politique, et courageux celle ou celui qui succédera à Liz Truss, car la situation sociale est devenue tendue à l’extrême, avec une crise du coût de la vie qui s’ajoute à l’état piteux des services publics et à une économie en détresse. Ayant rencontré Liz Truss en 2017 lors de l’université d’été du parti conservateur, je me rappelle avoir été accueilli par un retentissant ‘Hello Bargaining Chip’ en référence au badge que je portais symbolisant la campagne de mon association the3million pour les ressortissants européens. 5 ans plus tard et sa carrière politique est finie, mais les problèmes créés par la folie du Brexit restent.” 

    Nicolas Hatton, élu consulaire sur la liste Un Monde de projets et fondateur du mouvement  « the3million« 

    Pas de stabilité en ramenant Boris Johnson

    Patricia Connell, conseillère des Français de l’Etranger au Royaume-Uni de Renaissance (La République En Marche), estime que « les quarante-cinq derniers jours ont été particulièrement pénibles pour tous ».

    Patricia Connell

    « Le départ de Liz Truss est bien sûr un grand soulagement. Personnellement, je n’ai jamais pensé qu’elle serait encore Première ministre à la fin de l’année, donc ce n’est pas une grande surprise. Tout le monde en a assez. Mes amis britanniques ont honte de ce qui se passe dans leur pays et n’en peuvent plus que leur pays soit devenu la risée de tous avec six premiers ministres en 6 ans, le même nombre que dans les 40 années précédentes. Reste à voir maintenant si les parlementaires conservateurs vont se réveiller et avoir le courage de faire ce qui est juste pour leur pays ou s’ils vont une fois de plus penser à leur intérêt personnel ou encore à la survie de leur parti. Le mot d’ordre dans leur rang devrait être : le pays avant le parti ! Là est bien la question. Le RU a maintenant besoin de stabilité et ce n’est certainement pas en ramenant Boris Johnson que cela va arriver. Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous se demandent ce qu’il est advenu du pays que nous avons connu et dans lequel nous avons choisi de vivre. Maintenant, il reste deux façons de voir les choses : 1) cela ne peut pas être pire ou  2) nous n’avons pas encore touché le fond. Malheureusement, j’ai l’impression que l’option deux est probablement plus probable que la première. A suivre…”

    Patricia Connell, Conseillère des Français de l’Etranger au Royaume-Uni

    Jeudi, le Président français Emmanuel Macron a, évidemment, aussi réagi à la démission de Liz Truss.

    « Je souhaite que la Grande-Bretagne puisse trouver le plus rapidement possible la stabilité.” 

    Emmanuel Macron, Président de la République

    Un sommet franco-britannique doit avoir lieu en 2023. Il a été organisé par Macron et Truss. Mais finalement, le Président de la République devra travailler avec un quatrième Premier Ministre britannique. Cela montre que la politique au Royaume-Uni est instable, à l’image de la période que traverse le pays. Il devra sans doute apprendre à coopérer avec Larry le Chat, très populaire en ce moment, il est l’occupant le plus ancien du 10 Downing Street !

    Larry le Chat du 10 Downing Street – Londres
  • Skiptax : La détaxe en 3 clics

    Skiptax : La détaxe en 3 clics

    Les expatriés qui se sont installés hors de l’Union européenne sont éligibles à la détaxe. Jusqu’à présent, les voyageurs devaient présenter leur(s) bordereau(x) de détaxe Simply Tax Free au visa de la douane du point de sortie de l’Union Européenne, munis de leur passeport et des marchandises détaxées. Pour cela, il devaient constituer un petit dossier avec l’ensemble des preuves d’achats, respecter un ensemble de règles contraignantes, etc. Depuis quelques années, des applications de détaxe ont vu le jour avec l’ambition de simplifier la procédure et démocratiser la détaxe. Parmi ces dernières, notre partenaire Skiptax fut la première à recevoir l’agrément des douanes françaises, un gage de sérieux que les Français de l’étranger ont bien compris.

    Les achats éligibles

    Sur les différents sites dédiés à la détaxe, vous constatez qu’il faut réaliser un certain volume de dépenses, au moins 100 euros, dans une boutique, en 3 jours maximum pour obtenir le bordereau de détaxe du commerçant. Une contrainte qui limite forcément le champs d’application de la détaxe ou qui pousse, et c’était l’objectif cachée de cette disposition, à dépenser plus !

    Grâce à l’application Skiptax, vous pouvez oublier cette contrainte. Fidèle à son objectif de démocratiser la détaxe, Skiptax fait tout le boulot pour vous. Pour cela, il suffit de scanner avec votre smartphone dans l’application vos factures unitaires, même d’un montant inférieur à 100 euros, et Skiptax ajoutera tous vos achats dans une facture unique. Par contre, le cumul des factures doit être au minimum égal à 100 euros. Une somme facile à atteindre au fil des achats dans différentes boutiques.

    Une sortie du territoire facilitée

    L’autre frein à la détaxe fut longtemps la procédure à l’aéroport auprès des douaniers ! En effet, il fallait sortir tous ses bordereaux, souvent un par établissement commercial, compiler l’ensemble dans un bordereau récapitulatif et se présenter au bureau des douaniers. On le devine, ils étaient nombreux à abandonner.

    Depuis 2007, un système informatisé avait facilité la dernière étape, le fameux dispositif PABLO. Mais grace à Skiptax, cette dernière étape est réduite à son minimum. Il suffit de scanner le bordereau, le QRcode ou le code barre fourni par l’application via un simple bouton et en quelques secondes toutes vos factures et autres justificatifs sont transmis. Vous voilà conforme et prêt à décoller vers votre pays de résidence… en quelques secondes.

    Un remboursement rapide et sûr

    Enfin, la dernière étape et c’est celle qui compte, est la récupération des fonds soit la quote-part de la TVA que l’Etat français doit vous rembourser.

    Là aussi, la procédure était fastidieuse, une fois la procédure faite, il fallait fournir un compte français ou accepter de recevoir un chèque. Désormais avec Skiptax, tout se fait dans l’app en 3 clics.

    Et bonus, vous êtes remboursé plus rapidement que si vous aviez fait la démarche seul ! Skiptax vous avance le remboursement et se charge de récupérer les fonds auprès de l’Etat. Merci Skiptax ! En plus si vous parrainez quelqu’un sur l’app, Skiptax vous rembourse 100% de la TVA et non 80% comme c’est l’usage.

    Un accompagnement 7/7

    Enfin, Skiptax propose un accompagnement client 5 étoiles ! Où que vous soyez, quel que soit le fuseau horaire, le personnel de Skiptax vous répond 24h/24 et tous les jours en français ou en anglais via le chat inclus dans l’application. Rassurant et utile pour bien comprendre son remboursement !

    Un bonus pour les lecteurs du site Lesfrancais.press

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  • TNTSAT : Canal + n’est pas obligé de réintégrer TF1 et ses chaînes soeurs

    TNTSAT : Canal + n’est pas obligé de réintégrer TF1 et ses chaînes soeurs

    Canal + a gagné en appel dans le litige l’opposant à TF1 jeudi, selon les informations de l’AFP. Le groupe n’a pas à rétablir la diffusion des chaînes de TF1 sur son offre TNT Sat. Actuellement, TF1 est de nouveau disponible sur le satellite Astra qui diffuse l’offre de Canal + mais en clair et hors numérotation de TNTSAT. Une situation qui ne peut rester en l’état alors qu’en diffusant sans restriction, la filiale de Bouygues est en infraction sur les droits d’auteur, à seulement un mois de la prochaine Coupe du monde au Qatar, TF1 doit réagir.

    TF1 débouté

    TF1 a été débouté par la cour d’appel de Paris, jeudi 20 octobre, selon les informations de l’AFP. Canal + n’a pas ainsi à rétablir la diffusion de TF1 sur son offre TNT Sat, le service d’accès par satellite aux chaînes gratuites de la TNT. C’est une nouvelle victoire pour le groupe Canal, qui avait emporté le procès en première instance, et un nouveau coup dur pour la Une.

    Pas d’accord pour la diffusion

    Les deux géants de l’audiovisuel sont en conflit depuis l’arrêt de la diffusion en septembre par le groupe Canal des chaînes de TF1 sur ses canaux de distribution (TNT Sat, My Canal, box). Ils n’ont toujours pas trouvé d’accord financier pour le renouvellement du contrat de diffusion.

    TF1 réclamait devant la justice la fin de l’écran noir sur ses cinq chaînes gratuites (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI) durant quatre mois via l’offre TNT Sat. Le temps pour ses téléspectateurs de trouver une autre offre satellite ou d’attendre un accord au conflit. Les Français de l’étranger vont devoir faire vite un nouveau choix pour suivre la Coupe du monde et leurs programmes préférés diffusés par les chaînes du groupe TF1. Notre partenaire TVcorner, spécialisé dans les offres pour Français résidant hors de France, peut vous aider à faire le bon choix et à trouver le bon installateur.

  • Élections consulaires partielles à Montréal : on prend les mêmes et on recommence

    Élections consulaires partielles à Montréal : on prend les mêmes et on recommence

    C’est ce week-end que les Français de Montréal sont appelés à voter pour les élections consulaires partielles de la IVe circonscription du Canada des Français de l’étranger. 

    Des bureaux de vote seront ouverts ce samedi 22 octobre 2022 de 08h00 à 18h00 aux adresses suivantes : 

    • Montréal : au collège Stanislas de Montréal, 760, boulevard Dollard , H2V 3G5
    • Moncton : au Consulat général de France, 777, rue Main, suite 700, Moncton, E1C 1E9
    • Ottawa : à l’ambassade de France, 42, promenade Sussex, Ottawa, K1M 2C9

    Vous pouvez voter en personne muni d’une pièce d’identité en cours de validité. Il vous faudra au préalable vérifier que vous êtes bien inscrit sur la liste électorale consulaire. Normalement vous avez reçu une convocation par voie électronique.

    Marquée par une forte abstention (seulement 15% des inscrits ont participé), la précédente élection a été annulée suite au recours du groupe de la majorité présidentielle au motif que certains candidats usurpaient le soutien de personnalités politiques dont celui d’Emmanuel Macron. Cette nouvelle votation risque elle aussi d’être émaillée de quelques problèmes.

    Des citoyens avec des problèmes bien différents des hexagonaux

    On ne s’en rend pas forcément compte au début, mais lorsque l’on quitte l’hexagone pour vivre dans un autre pays, on emmène dans nos bagages plusieurs petits problèmes administratifs avec nous. La langue française est une langue d’exception, la loi et l’administration française aussi. Cumul des retraites, accès à la sécurité sociale ou encore fiscalité, autant de points qui font du Français de l’étranger un citoyen d’exception. En choisissant de vivre hors de France, on choisit aussi de rendre tous ces points plus complexes qu’ils ne le sont déjà. Ce n’est donc pas étonnant de voir que ces sujets sont les principales préoccupations des Français du Québec. 

    Ce furent d’ailleurs les axes de campagne de la plupart des candidats lors de l’élection précédente avec une nouvelle arrivée, la possibilité, ou non, de retourner en France quand on le veut. En effet au plus fort de la pandémie de COVID-19, les Français du Canada ont été désagréablement surpris d’apprendre qu’aucun retour au pays n’était possible. Cela était également valable pour les Français en voyage au Canada. Il aura fallu pas moins de deux recours au Conseil d’Etat pour voir cette discrimination levée. Une première fois qui a été contournée par le Gouvernement en introduisant l’obligation de “motifs impérieux” pour entrer sur le territoire, puis tout bonnement annulée par le Conseil d’État à la suite du second recours. On comprend donc aisément que ce point fait partie des considérations majeures de ces électeurs.

    La question des motifs impérieux et la façon dont a été gérée la COVID au Québec a été vécue extrêmement difficilement par les Français. Elle cristallise (la question du motif impérieux) un sentiment qui est beaucoup plus large chez les expats et les immigrés français. Que quand on a quitté la France on devient un Français de seconde zone. Puis on s’en fiche, puis on ne compte plus.

    Alaric BOURGOIN, Tête de liste Union Française des Indépendants

    Une élection annulée marquée par une forte abstention

    La précédente élection consulaire ne peut pas vraiment être qualifiée de représentative. On estime que seulement un Français sur deux s’inscrit au registre consulaire, qui dénombre un peu plus de 52 000 inscrits sur la liste électorale consulaire de Montréal et environ 100 000 Français réellement sur place. Malgré la mise en place du vote en ligne pour ces élections, seulement 8 644 votants se sont exprimés pour choisir leur conseiller consulaire. C’est donc le choix de ces 8 644 personnes qui est censé représenter celui d’environ 150 000 Français de la circonscription (soit 7% de la communauté). Une abstention qui est motivée par plusieurs facteurs. 

    Une personne sur deux passe sous les radars parce qu’ils n’ont pas compris l’intérêt pour eux de s’inscrire au consulat. Il y a des intérêts : soit des intérêts de sécurité, soit des intérêts pour faire des démarches administratives, soit pour résoudre des problèmes sociaux… Il y a des aides d’urgence qui peuvent être offerte par le consulat

    Florent Pigeyre, Tête de liste En Marche, MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE

    La plupart des Français de l’étranger méconnaissent le rôle de leur conseiller consulaire. Cette catégorie de concitoyens est connue pour délaisser le droit de vote. En quittant la France, ils laissent derrière eux un pays mais aussi son administration et les droits qui leur sont rattachés, cependant au fil des mois ils se rendent compte qu’ils ont encore besoin de l’administration française. D’ailleurs une bonne partie d’entre eux s’inscrivent au consulat après quelques années sur place. Avec le temps beaucoup réalisent la nécessité de conserver un lien avec l’administration française. Ce lien, plus terre-à-terre que civique, est motivé par des considérations concrètes en relation avec le quotidien de ces Français. Il n’est donc pas étonnant de voir un taux d’abstention si élevé pour une élection incomprise des électeurs.

    La précédente élection consulaire vient elle aussi alourdir la barque, car lorsque l’on voit 2 listes soutenues par le président de la république, ou une autre qui l’est par Nicolas Hulot, et que l’on apprend que certains de ces soutiens sont usurpés, la mauvaise publicité qui en découle fait s’éloigner un peu plus de ce droit de vote le peu d’inscrits au registre consulaire. 

    Election consulaire

    Des listes aux programmes similaires

    C’est dans ce contexte que les Français du Canada sont amenés à voter ce samedi 22 octobre 2022, reste à choisir pour qui. Une fois les circulaires de profession de foi récupérées, on réalise très vite que la plupart des points des différents programmes se ressemblent fortement. A vrai dire, ils reprennent tous les préoccupations majeures des Français du Québec, une bonne chose en soi. Cela dit, cela ne permet pas toujours de faire un choix. Choix qui se résume donc à l’adhésion ou à une couleur politique.

    Interrogé sur le sujet, Florent PIGEYRE, tête de liste En Marche MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE, nous explique que son unique point différenciant est son rattachement à la majorité présidentielle.

    Le rôle de conseiller c’est d’être une personne hyper connectée et qui aide et met en relation les gens pour résoudre les problèmes.

    Florent Pigeyre, Tête de liste En Marche, MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE

    Voter pour lui c’est s’assurer du vote LREM pour les sénatoriales. Et de continuer « Ramzi SFEIR, pour ne pas le nommer, d’EELV-LFI, lui votera pour son sénateur ». Du côté de François LUBRINA, tête de liste de la Droite unie, c’est tout simplement les éléments de langage du RN qui sont repris. De même pour Anne DE BOYER D’ÉGUILLES, tête de la Liste d’union pour la défense et la protection des libertés, soutenue par le parti Reconquête d’Eric ZEMMOUR. 

    Certains candidats cherchent tout de même à se différencier dans leur programme comme les deux têtes de listes apolitiques Virginie BEAUDET (Écologie, urgence climatique et solidarité sociale) et Alaric BOURGOIN (Union Française des Indépendants). 

    Pour Virginie BEAUDET, ce sont les luttes sociales et les droits des femmes qui lui servent de différenciant. Luttes contre les violences faites au femmes et contre les discriminations, maintien de l’IVG, transition écologique sont autant de thèmes que l’on peut retrouver dans son programme.

    Alaric BOURGOIN prône lui pour l’établissement d’une « Maison France », une démarche beaucoup plus inclusive que ses concurrents. Cette liste rassemblant 3 des précédentes listes indépendantes de l’élection consulaire annulée a pour idées de campagne principales de renforcer l’esprit communautaire et d’entraide entre les Français du Québec et d’avoir un rôle de représentation auprès de l’administration française mais aussi canadienne.

    Parfois les gens comprennent mal mon projet, parce que les gens de droite pensent que c’est de l’assistanat de gauche et les gens de gauche pensent que c’est de l’entre-soi un peu facho. Non ce n’est pas du tout ça ! On veut réellement apporter une solution technique, pragmatique et communautaire à un ensemble de gens. Je leur dis : faites le choix d’un projet d’intégration au Québec par opposition à un projet de défense des droits français.

    Alaric BOURGOIN, Tête de liste Union Française des Indépendants

    Une élection qui sera elle aussi marquée par l’abstention

    Vous l’aurez compris, tous les ingrédients sont réunis pour que cette élection consulaire soit de nouveau marquée par une forte abstention. Pire encore, les mêmes travers ayant conduit à l’annulation de la précédente élection, sont encore présents dans celle-ci. Ainsi Laurent GONIN continue de jouer sur les mots et d’utiliser le visage du Président de la république dans sa profession de foi, leurrant ainsi les électeurs sur un potentiel soutien de la part de notre chef de l’Etat. 

    Pour couronner le tout, un problème contractuel avec le prestataire mettant en place le vote en ligne rend ce dernier impossible pour cette élection. Les Français de province devront se déplacer à Montréal, Moncton ou Ottawa pour voter.

    L’année dernière le vote en ligne était possible. Et globalement c’était une réussite puisqu’il donnait aux gens la possibilité de voter sans la contrainte de se déplacer. Surtout ceux qui sont à plusieurs heures.

    Florent Pigeyre, Tête de liste En Marche, MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE

    Les candidats, à l’image de Florent PIGEYRE, Alaric BOURGOIN ou encore Anne DE BOYER D’ÉGUILLES, profitent de cette campagne pour tenter de sensibiliser les Français du Québec à la fonction de conseiller consulaire et ainsi les convaincre d’aller voter.

    Car ces presque bénévoles de l’administration française ont un rôle important pour les Français du Canada. En plus de remonter les considérations des Français de l’étranger aux députés, ce sont des grands électeurs aux sénatoriales. Cette élection peu connue des Français de l’étranger a pourtant un impact important dans la vie politique de la France puisqu’elle peut permettre au gouvernement d’obtenir une majorité parlementaire et de faire plus aisément des modifications constitutionnelles. Les conseillers consulaires peuvent également permettre la remontée des besoins des Français de l’étranger au Parlement et ainsi défendre leurs intérêts, à l’instar de la résidence de repli. Elle est aussi l’une des seules occasions pour ces Français de participer à la vie citoyenne locale. La fonction de l’élu consulaire prendra plus d’ampleur dans les années qui viennent avec le renforcement du nombre de Français sur place au vu des campagnes du Québec pour les attirer.

    Afin de vous aider à faire votre choix, on vous a rassemblé les professions de foi de chaque candidat.

    Ensemble avec la majorité parlementaire

    Union française des indépendants

    Union pour l’écologie et la solidarité

    En marche ! Majorité présidentielle

    Rassemblement citoyen, social, écologique & solidaire

    La droite unie

    Union pour la défense et la protection des libertés

    Écologie, urgence climatique & solidarité sociale

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 21.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 21.10.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier flash de cette semaine ! Ce vendredi 21 octobre, on vous rappelle que l’élection consulaire partielle à Montréal aura lieu ce week-end, on revient sur la disparition d’un couple de Français au Mexique et on évoque le rejet par le Sénat d’une loi pour introduire le droit à l’avortement dans la constitution qui fut portée par une sénatrice des Français de l’étranger.

    A Montréal, on revote ! 

    La période électorale n’est pas finie pour les Français de Montréal, après les consulaires en 2021, les législatives et la présidentielle, nos compatriotes sont rappelés aux urnes pour une nouvelle consulaire. 3 bureaux de vote les attendent ce samedi, vous pouvez retrouver les adresses sur le site Lesfrancais.press dès ce vendredi matin. Vous y trouverez aussi les professions de foi des listes candidates et l’analyse des enjeux de cette élection partielle ! Petit bémol, pas de vote en ligne, une annulation d’élections n’avait pas été anticipée lors de la conclusion du contrat avec le prestataire. 

    Au Mexique, 2 corps retrouvés 

    Et selon les médias locaux, les deux corps retrouvés seraient ceux de nos compatriotes qui ont disparu le 12 septembre. Le mystère s’éclaircit, ils auraient été liquidés par un Néerlandais pour récupérer une auberge dédiée aux touristes que ces Français du Mexique géraient. Toute la rédaction se joint à moi pour présenter nos condoléances à leurs familles et à leurs nombreux amis parmi la communauté des expatriés dans ce pays d’Amérique latine. 

    Le Sénat dit non à Vogel 

    Alors que 81% des Français soutiennent l’inscription du droit à l’avortement dans notre constitution, la majorité au Sénat, soit les LR, a rejeté la proposition de loi soutenue par les 7 autres groupes de la haute assemblée, et que la sénatrice des Français de l’étranger, élue EELV, défendait au Palais du Luxembourg à Paris. Parmi les sénateurs qui ont rejeté le texte, 5 sénateurs et sénatrices des Français de l’étranger Les Républicains ont voté contre le texte, seul Ronan Le Gleut s’est abstenu. Des votes que ne comprennent pas les élus consulaires qui avaient, LR inclus, soutenu cette proposition lorsque Mélanie Vogel était venue la défendre à l’AFE au début de ce mois. On note aussi que 2 sénatrices des Français de l’étranger ont voté contre. 

    droit à l'avortement dans la constitution

    C’est tout pour cette semaine, lundi vous retrouverez Radwan, pour ma part je vous donne rendez-vous le mercredi 02 novembre ! 

    Prenez soin de vous où que vous soyez ! 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Français disparus au Mexique : ils ont été assassinés

    Français disparus au Mexique : ils ont été assassinés

    Alors que deux corps sans vie ont été découverts le week-end dernier dans une auberge de Valladolid, dans la province du Yucatán au Mexique, le mystère entourant la disparition de Michel Amado, 57 ans, et de Assya Madjour, 50 ans, reste entier.

    Plus d’un mois sans nouvelles

    Pour rappel, les deux Français, en vacances dans le sud-est du Mexique, sont portés disparus depuis le 12 septembre dernier. « Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a été informé de la disparition de ces deux ressortissants français », indiquait ainsi début octobre l’ambassade de France au Mexique.

    La dernière fois que le couple a été aperçu, il se trouvait dans un centre spirituel à San Cristobal de las Casas, une des principales destinations touristiques du Mexique, indique le journal mexicain Reforma.

    Double homicide

    Plusieurs médias locaux rapportent toutefois que les deux Français auraient été victimes d’un double homicide, probablement commis par un homme proche du couple. Les deux corps découverts par les autorités locales auraient par ailleurs été retrouvés enterrés, ce qui renforce la thèse d’un double meurtre, comme le suggère le Mexico Daily Post.

    D’après le Diario de Yucatán, le principal suspect serait un Néerlandais à qui l’auberge, dans laquelle les deux corps ont été retrouvés, appartenait auparavant. À l’origine du drame, un possible désaccord autour de la vente de cette auberge, L’Hostal Catrina, à Michel Amado.

    Effets personnels retrouvés

    Le journal mexicain rapporte en effet que le Néerlandais et le Français auraient « conclu il y a plusieurs années un marché pour que le premier vende l’auberge au second », mais que l’opération n’avait pas été finalisée et les documents notariés jamais établis.

    D’autre part, le Diario de Yucatán indique que « certains effets personnels du Néerlandais ont été retrouvés » dans l’auberge. De quoi renforcer les soupçons autour de cette piste criminelle, même si la prudence reste encore de mise.

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