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  • Les six scénarios d’alliances possibles au Parlement européen

    Les six scénarios d’alliances possibles au Parlement européen

    Maintenant que les électeurs ont parlé, vient la question de la coalition d’un Parlement élu à la proportionnelle où aucun camp n’a la majorité toute seule. Écologistes et libéraux sont en position de force.

    Une coalition qui irait de Laurent Wauquiez à Raphaël Glucksmann ? Voilà un scénario qui pourrait prendre forme au Parlement européen à la vue des résultats aux élections pour élire les eurodéputés dimanche 26 mai.

    Pour la première fois depuis 1979, la droite (Parti populaire européen, PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) ne seront pas majoritaires à eux deux avec 180 sièges pour l’un (23,97 %) et 152 pour l’autre (20,24 %). Soit 332 sièges (44,21 %) au lieu des 376 requis pour avoir la majorité. Ils ont donc besoin d’alliés, notamment avec l’ADLE qui obtient 13,98 % des sièges et les Verts (8,92 %).

    Déjà, lors de la dernière mandature, les majorités ont fortement fluctué selon les sujets : certaines délégations nationales du PPE ou du S&D refusant de voter un texte, il fallait trouver des compromis avec des élus issus des centristes libéraux de l’ADLE (Alliance des démocrates et Libéraux) ou des écologistes (Les Verts), voire de la gauche de la gauche (GUE-NGL).

    Lesfrancais.press et EURACTIV  vous propose de regarder quelle majorité est possible, selon les dernières projections fournies par le Parlement européen.

    Scénario n° 1 : la très grande coalition

    Même si le PPE et le S&D sont encore en tête dans les sondages avec presque 24 % et 20,24 % des sièges, une très grande coalition de 67,2 % des sièges permettrait de s’assurer de trouver une majorité quels que soient les textes et les réticences de certaines délégations nationales en fonction des propositions.

    Autre argument en faveur de cette majorité très large, la perspective d’une coalition entre Verts et CDU en Allemagne permettrait d’être testée sur les bancs de l’hémicycle de Strasbourg.

    Scénario n° 2 : la coalition centrale

    Les sociaux-démocrates et les conservateurs n’ont pas nécessairement besoin des Verts. En effet, une alliance avec les forces de Guy Verhofstadt et d’Emmanuel Macron permettrait d’atteindre une majorité confortable de presque 58,19 % des voix.

    Scénario n° 3 : la petite coalition

    Une alliance PPE-S&D et Verts serait possible et obtiendrait 53,13 % des sièges. Cependant, il s’agirait d’une majorité fragile, dont le Parlement européen n’a pas l’habitude. Jusqu’à présent, les très larges majorités permettaient aux eurodéputés d’avoir une forte liberté de vote. Là, la moindre défection pourrait compter.

    Une telle alliance permettrait à Yannick Jadot d’EELV de justifier son discours appelant à faire de l’écologie le « nouveau centre de gravité » du Parlement européen, mais cela créerait aussi des remous au sein d’Europe écologie les verts (EELV) où une grande partie des adhérents n’imagine pas devoir s’allier avec le groupe où siègent François-Xavier Bellamy, Nadine Morano ou Brice Hortefeux des Républicains.

    Scénario n° 4 : la coalition minoritaire

    Après les résultats du 26 mai, une telle hypothèse semble très compromise tant le PPE et le S&D sont en recul. En 2014, les deux groupes représentaient 54,32 % des sièges. Cette fois, ils obtiendraient un peu plus de 48,2 %.

    Ou alors, ils décident de former une coalition minoritaire qui fluctuerait en fonction des votes en s’alliant avec les libéraux ou les écologistes.

    Scénario n° 5 : la coalition entre la gauche et le centre

    Avec près de 48,73 %, une coalition allant des eurodéputés de la France insoumise aux troupes de La République en Marche – MoDem serait proche d’une majorité. Si une telle majorité réussissait à attirer tous les partis qui n’ont pas encore d’affiliation, ils sont encore 3,99 % classés dans « autres », la principale difficulté résulterait moins du contrat de coalition à obtenir que de la capacité des chefs de partis nationaux à assumer une telle alliance.

    Cependant, une telle majorité est techniquement possible et répondrait aux ambitions de « voter à gauche et non plus avec le PPE » qu’a appelé régulièrement dans cette campagne Raphaël Glucksmann (PP-PS).

    Sur les textes portant sur des enjeux sociétaux, une telle alliance a déjà été trouvée à de nombreuses reprises au Parlement européen. Mais sur les questions économiques, l’écart des positions semble trop grand pour trouver un contrat de coalition.

    Politiquement, on voit mal les eurodéputés de La France insoumise accepter de faire alliance avec les troupes macronistes. Or, pour une telle majorité, il faut qu’aucune voix ne manque…

    Scénario n° 6 : la coalition entre droite et nationalistes

    Le camp eurosceptique a progressé avec 19 eurodéputés supplémentaires lors de ces élections européennes, mais est encore très loin d’être majoritaire, malgré les promesses de victoires tenues par Marine Le Pen ou Jordan Bardella.

    Dispersés dans trois groupes, les eurosceptiques n’arrivent pas à se mettre d’accord pour n’en former qu’un seul, malgré les tentatives récentes de l’Italien Matteo Salvini. Entre eurosceptiques et antieuropéens, libéraux et étatistes, pro et anti-Poutine, l’alliance semble impossible à réaliser.

    En 2014, ils n’étaient que 20 %. Les résultats fournis par le Parlement européen les placent à seulement 22,90 %. En grande partie en raison de leur faible présence dans de nombreux pays, malgré de très bons scores en France, Italie ou au Royaume-Uni.

    Cependant, avec une alliance avec le PPE, où siège le sulfureux Premier ministre hongrois Viktor Orban, les conservateurs et les eurosceptiques atteindraient près de 47 % des sièges. À la différence de la coalition regroupant les forces de gauche avec le centre, les réserves de voix semblent peu nombreuses.

    Surtout, comme pour une alliance allant de la GUE de Mélenchon à l’ADLE de Macron, une coalition au Parlement européen entre les troupes du PPE de Laurent Wauquiez à l’ENF de Marine Le Pen semble très difficile à faire accepter au niveau national.

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Tribune : Le RN est-il si fort? De quoi se nourrit-il ?

    L’extrême-droite bascule pour la deuxième fois d’affilée en tête des européennes avec un score un peu tassé en pourcentage, mais en hausse en nombre de voix. C’est le constat assez implacable que n’importe qui pourrait faire.
    Une nouvelle fois, on assiste à une confirmation dans les urnes de ce que David Goodhart indiquait dans son récent livre, davantage orienté sur le vote du Brexit, où il distinguait les « somewhere » et les « anywhere », ceux qui sont attachés à un lieu, un terroir, une frontière, une identité et ceux qui sont chez eux partout. On est également sur une carte électorale qui ressemble à celle de Christophe Guilluy et sa « France périphérique » mais aussi de son avant-dernier livre, beaucoup plus « politique » qui s’appelle le « Crépuscule de la France d’en haut » et décrit les Métropoles mondialisées comme étant de nouvelles forteresses médiévales qui se sont protégées en construisant des remparts inaccessibles aux classes moyennes.

    C’est ce schéma-là qui, élection après élection, se confirme et coupe la France en deux entre avec un « marécage » entre les deux de plus en plus morcelé.

    Mais au fond, pourquoi les gens votent-ils RN ? A quelle offre politique inexistante ailleurs correspond le FN ? Ou plutôt que cherchent ses électeurs ? Quelle offre politique n’existe pas et est prise par le RN ?

    Le RN ne peut pas être résumé au vote d’une France qui sent le renfermé. Les quelques secteurs où, occasionnellement, il connait des baisses, sont souvent des communes où les élus locaux sont très attachés aux valeurs républicaines, à la laïcité, au régalien. Ce sont des communes dont les Maires sont courageux, dans le sens sens où ils luttent contre le communautarisme et où ils tentent de résoudre les problèmes de base des habitants : sécurité, économie, emploi, éducation.

    Et cela le RN le comprend bien. Son programme n’est pas théoriquement élaboré, il ne parle que des besoins de base des français, il ne s’adresse qu’à ce que les français voient au quotidien, pas à ce qu’ils ne peuvent qu’imaginer.
    Alors comment faire baisser le RN ? Déjà, en réfléchissant à ce qui manque politiquement : un pôle laïque et républicain fort. Mais avant de se précipiter tête baissée, réfléchissons de nouveau : qu’est-ce que sont les « valeurs de la République » ? Avons-nous une définition précise de tout cela ? Non. Cette définition n’existe pas car elle semble aller de soi. Elle ne va pas de soi, c’est désormais une évidence.

    Un pôle républicain et laïque, qu’il soit de droite ou de gauche, ou des deux, ne peut pas faire l’économie d’une réflexion sur ce que sont ces valeurs et sur ce à quoi elles renvoient de concret. Et ce pôle laïque, n’est pas une lubie : toutes les enquêtes récentes montrent qu’une laïcité républicaine ferme est plébiscitée par les Français. Or, cette option est absente des programmes des partis politiques classiques.

    Créer une offre Républicaine qui concurrence le RN, certains l’ont fait au niveau local, inspirons-nous de cela. Sachons enfin réfléchir à ce qu’est la France, ce que sont ses valeurs et ce que souhaite son peuple.

    Arnaud Lacheret

    Directeur MBA à la French Arabian School (ESSEC) de Bahrein

    Ancien chef de Cabinet du Maire de Rillieux-la-Pape  (UMP devenu LR – Banlieue Lyonnaise)

     

  • En France, bilan des élections européennes

    La liste RN arrive en tête (23,31 %), devant celle du parti présidentielle (22,41 %) et des Ecolos (13,47 %). La participation est de 50,12 %

    ► RN et LREM, les meilleurs ennemis

    Le Rassemblement national et la majorité macroniste partageaient une stratégie commune, qui s’est avérée gagnante : réduire le débat à une alternative binaire, « mondialistes » contre « patriotes » pour Marine Le Pen ; « progressistes » contre « nationalistes » pour Emmanuel Macron. Cette fois, c’est l’extrême droite qui sort gagnante de ce duel.

    ► Marine Le Pen, la revanche

    La jeune tête de liste du Rassemblement national, Jordan Bardella, termine à la première place des élections européennes. Par procuration, Marine Le Pen prend ainsi sa revanche de la présidentielle.

    Le score de l’extrême droite est cependant inférieur à celui des européennes de 2014, où le FN (devenu RN) était déjà arrivé en tête. Le contexte est néanmoins bien différent : l’effondrement de la droite (environ 8 % pour LR, 2,5 % pour l’UDI) et la stagnation de Nicolas Dupont-Aignan (3,5 %) semblent l’ériger en unique force d’alternance à vocation majoritaire à la droite de la majorité macroniste.

    L’enjeu pour le RN est maintenant celui de la crédibilité en tentant de faire oublier le désastreux entre-deux tours de 2017.

    ► Après le PS, LR s’effondre à son tour

    La recomposition de la vie politique provoquée en 2017 par le face-à-face, au second tour de la présidentielle, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, est confirmée. Les anciens partis de gouvernement, de droite et de gauche, ne parviennent en effet plus à rivaliser électoralement avec le centre et l’extrême droite.

    Siphonné lors de la présidentielle, le PS – qui avait investi comme tête de liste Raphaël Glucksmann (Place publique) – reste au sol mais parvient finalement à dépasser le seuil de 5 % des exprimés, et donc à avoir des élus. Le parti Les Républicains chute à son tour en passant lui aussi sous la barre symbolique de 10 %.

    ► EELV, en tête à gauche

    Yannick Jadot donne à l’écologie politique son deuxième meilleur score historique, après les européennes de 2009. Surtout, Europe Écologie Les Verts (EELV) devient la première force de gauche, loin devant La France insoumise (qui baisse) et le PS (qui se maintient à un niveau bas).

    La tête de liste avait toutefois brouillé les pistes : si son programme défendait une réorientation écologique et antilibérale de l’Union européenne, Yannick Jadot avait tactiquement affiché un positionnement « ni de droite ni de gauche ».

    ► La France insoumise, retour à la case départ

    Les lendemains d’élection s’annoncent difficiles pour La France insoumise, qui retrouve son étiage de 2009 et 2014. Même en ajoutant le score du PCF (2,5 % pour la liste conduite par Ian Brossat), allié de Jean-Luc Mélenchon aux précédents scrutins, le résultat de l’addition est décevant (9 % environ).

    Non seulement La France insoumise est devancée, à gauche, par EELV, mais en plus elle se retrouve au même niveau que le PS, l’ancien parti de Jean-Luc Mélenchon.

    ► Nicolas Dupont-Aignan, le pari raté

    La progression électorale de Nicolas Dupont-Aignan, continue entre 2009 et 2017, est stoppée. L’ex-UMP qui avait soutenu Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2017 n’est pas parvenu à fidéliser un électorat.

    Une partie de ses électeurs potentiels a sans doute voté « utile » contre Emmanuel Macron en choisissant Jordan Bardella (RN). Nicolas Dupont-Aignan n’ira donc pas siéger au Parlement européen et conservera son fauteuil à l’Assemblée nationale.

  • Recul des partis traditionnels au Parlement Européen – LREM permet aux libéraux de devenir les 3 ème groupe

    Les 450 millions d’électeurs de l’Union européenne ont élu 751 députés européens.

     

     

    751 députés européens ont donc été élus ce dimanche par les électeurs des 28 pays de l’UE, Grande-Bretagne incluse. Selon de premières estimations, de la société de sondages Kantar, pour le parlement européen, voici à quoi pourrait rassembler le prochain parlement.

    Le Parti populaire européen (PPE) garde le plus gros groupe avec 177 élus, selon les premières estimations du Parlement. Il perd toutefois beaucoup de terrain puisqu’il avait 217 eurodéputés dans la mandature précédente. C’est loin de la majorité.

    L’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S & D) perd elle aussi des sièges. Elle en obtiendrait 147 sièges, contre ses 186 précédemment.

    Les centristes de l’ALDE progressent et auraient 101 élus (contre 68 précédemment) dont LREM.

    Les Verts sont la 4e force du Parlement avec 69 eurodéputés. Ils avaient jusqu’alors 52 élus.

    Les partis de chaque pays ont jusqu’au début de la première session du Parlement européen, le 2 juillet, pour s’organiser en groupes politiques.

  • Une vague verte déferle en Europe

    La mobilisation des jeunes pour le climat s’accompagne d’un sentiment grandissant d’urgence climatique qui s’est traduit dans les urnes de plusieurs pays d’Europe ce dimanche 26 mai.

    Europe écologie les Verts obtient la 3ème place du podium en France, avec 12,8 % des voix, une hausse de 4 % par rapport à 2014 (8,95 %). L’Hexagone devrait donc envoyer entre 12 et 13 eurodéputés écologistes au Parlement européen.

    « Face à la victoire du RN, on va continuer à montrer que les solutions écolos sont des solutions pour toutes les personnes qui ne se sentent pas représentées », a déclaré sur France 2 Karima Delli, eurodéputé EELV tout de suite après l’annonce des résultats.

    « Je suis très heureux que les jeunes notamment se soient emparés du scrutin et il n’est pas exclu que l’écologie soit la première force politique des jeunes. C’est un magnifique message d’avenir », a déclaré Yannick Jadot, tête de liste de EELV. « Ce soir, nous prenons l’engagement solennel de mettre en place un comité citoyen de surveillance sur l’Europe.»

    En France, la mobilisation a pris de l’ampleur depuis l’été 2018, après la démission fin août de Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique découragé par la puissance du lobbying et l’inaction politique, un été caniculaire, et les multiples grèves des lycéens pour le climat.

    Plus d’un million de jeunes, collégiens, étudiants sont descendus dans les rues de 120 pays le vendredi 24 mai pour la deuxième grève mondiale pour le climat. Appeler les dirigeants politiques à agir davantage contre le dérèglement climatique, telle est la revendication du mouvement baptisé « Fridays for Future » et initié par la jeune Suédoise Greta Thunberg.

    « Nous avons le sentiment que de nombreux adultes n’ont pas encore complètement compris que nous, les jeunes, ne pouvons pas arrêter la crise du climat tout seuls », insistait-elle jeudi dernier avec son homologue allemande, Luisa Neubauer dans une tribune publiée jeudi par le journal allemand Süddeutsche Zeitung.

    Ce vendredi 15 mars, des centaines de milliers de jeunes suivent le mouvement de « grève scolaire », lancée par la Suédoise Greta Thunberg. Plus de 1 700 villes dans 112 pays sont mobilisées. Qui sont-ils ? Ouest-France a fait une sélection d’activistes du climat.

    Forte progression des Verts en Irlande, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique 

    Un appel qui a été entendu dans plusieurs autres pays européens, où les Verts ont réalisé des percées sans précédent. À commencer par l’Irlande, où les Verts sont arrivés troisièmes avec 15 %, contre 4,92 % en 2014. « La vague Verte a déferlé sur les côtes irlandaises», s’est réjoui samedi Bas Eickhout, candidat des Verts à la présidence de la Commission européenne.

    En Allemagne, les Verts réalisent aussi une percée sans précédent avec 22 % des voix – soit le double par rapport à 2014 – et arrivent en seconde position après le parti de centre-droit (CDU/CSU) d’Angela Merkel.

    En Belgique, les écologistes doublent leur score en Wallonie avec environ 20 %, ce qui les place au coude-à-coude avec le parti libéral du Premier ministre Charles Michel, qui céderait entre trois et sept points par rapport à mai 2014.

    À Bruxelles, le parti Ecolo-Groen, qui a surfé sur la forte mobilisation pour le climat ces derniers mois, devient la première force politique, détrônant les socialistes. Il pourrait aspirer à présider la région-capitale.

    Après un duel entre parti libéral au pouvoir et extrême droite, la victoire des travaillistes a surpris aux Pays-Bas. Les Verts ont quant à eux obtenu un siège de plus qu’en 2014, avec 10,50 % des voix (3 eurodéputés) contre sept en 2014.

    Au total le groupe des Verts devrait rassembler 71 eurodéputés au Parlement européen selon les projections du Parlement européen.

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Elections européennes : résultats et analyses en France et dans les Consulats

    La première surprise fut la participation, sous réserve des chiffres définitifs, importante des Français de l’Etranger.

    Que ce soit à Bruxelles, New-York, Berlin ou Hong Kong, les files d’attentes furent longues, en Chine (à Pékin moins de 700 électeurs se sont déplacés) comme en Inde, la participation fut faible. La proximité avec l’environnement occidental semble avoir été facteur d’information et de mobilisation pour cette élection. Une mobilisation de 37% a été enregistrée à Faro, région du Portugal, tandis que Lisbonne s’aligne sur la moyenne des capitales d’Europe du Sud avec un taux de 25%.

    Hong-Kong
    Hong-Kong

    Au final, au niveau national, Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes en France, devançant légèrement la liste soutenue par le président Emmanuel Macron, qui échoue dans son objectif de remporter le scrutin, selon les premières estimations, avec une troisième place surprise pour les écologistes.

    La première surprise de ce scrutin, le premier depuis le début du quinquennat, a été la participation nettement plus forte qu’attendu malgré une campagne atone. Le nombre d’électeurs s’élèverait selon les instituts de sondage entre 51% et 54%, soit sept à dix points de plus que lors du dernier scrutin de 2014.

    Selon les différentes estimations à 20H00, le mouvement d’extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella obtiendraient entre 23 et 24,2% des suffrages, proche de son score des européennes de 2014 (24,9%).

    La liste Renaissance pro-Macron menée par l’ex-ministre Nathalie Loiseau est elle créditée de 21,9% à 23%, légèrement en deçà du résultat d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle (24,01%).

    Berlin
    Berlin

    Surprise écolo 

    Ce duo de tête, le même qu’en 2017, devance nettement les autres listes.

    Mais les écologistes d’Europe Ecologie-Les Verts sont la principale surprise du scrutin, en arrivant troisièmes selon les instituts, entre 12 et 12,7%.

    Autre surprise de taille: les Républicains emmenés par François-Xavier Bellamy obtiennent leur pire score de l’histoire de la droite, tombant sous la barre des 10% (8% à 9%), très loin du score de l’UMP en 2014 (20,81%).

    L’échec est cinglant également pour la liste de la France Insoumise (LFI) emmenée par Manon Aubry, qui navigue selon les estimations entre 6 et 7%, très loin du score réalisé par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (19,58%).

    Quant à l’alliance Parti-Socialiste-Place Publique menée par Raphaël Glucksmann, elle recueille également entre 6 et 7%, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet néanmoins de garder des eurodéputés.

    Les autres listes ont obtenu moins des 5% nécessaires pour envoyer des représentants au Parlement européen. Un nombre record de 34 listes, dont deux listes issues des « gilets jaunes », concouraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique.

    Revers pour Macron? 

    Après six mois de crise des « gilets jaunes », la deuxième place de la liste Renaissance (LREM-Modem-Agir…) constitue un nouveau revers pour l’exécutif d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre Edouard Philippe, qui s’étaient tous deux activement impliqués dans la campagne. Même si la majorité semble limiter les dégâts au vu des premières estimations.

    Le chef de l’Etat avait affirmé le 9 mai qu’il allait « mettre toute (son) énergie pour que le RN ne soit pas en tête ». Le Premier ministre a pour sa part écumé une dizaine de meetings depuis début mai.

    Depuis les premières élections européennes de 1979, la liste soutenue par le chef de l’Etat ne l’a emporté qu’à deux reprises (1979 sous Giscard D’Estaing et 2009 sous Nicolas Sarkozy). Sinon, elle a systématiquement été battue.

    La liste Renaissance évite toutefois les récentes déroutes de partis au pouvoir, comme le PS de 2014 (14%).

    Chez les Français de l’étranger  le désenchantement ne s’est pas (encore?) produit, de manière générale, nos compatriotes exilés ont reconduit leur confiance à la majorité présidentielle, comme en Belgique où la liste Renaissance est arrivée en tête selon les premières corrections.

    Marine Le Pen avait fait de ce scrutin un référendum anti-Macron. « Du vote de dimanche dépend tout le reste du quinquennat », a-t-elle lancé vendredi lors du dernier meeting, en lançant un appel large aux électeurs de droite, LR et DLF, et de la France insoumise pour les inciter à voter « utile » contre le chef de l’Etat.

    Emmanuel Macron est rentré en fin d’après-midi à l’Elysée après avoir voté à la mairie du Touquet à la mi-journée. Marine Le Pen a voté dans son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

    Effondrement des LR

    Georges-Francis Seingry, Vice-président de l’Assemblée des Français de l’étranger

    Le mouvement de Droite qui fut longtemps majoritaire en France et à l’étranger se retrouve plombé par 2017 et son virage catho-traditionnel après l’arrivée du courant Sens Commun. Et c’est, donc, l’amertume qui préside donc à la soirée. Un élu historique des Français de l’Etranger, George Françis Seingry (LR – Vice Président de l’AFE – élu consulaire Belgique) a réagi ce soir :  « je veux dire toute ma tristesse et ma déception des résultats de la liste LR. FX Bellamy a fait une remarquable campagne, défendant sans tabou les valeurs de la droite républicaine, avec un discours sans compromis ni renoncements. Ce résultat témoigne que la droite républicaine ne s’est pas remise de 2017 et qu’un long chemin plein d’humilité nous attend pour la refondation de notre formation politique, refondation à laquelle il faut s’atteler dès ce soir. »

    Abstention en recul 

    La participation, au-delà des 50%, s’annonce comme la plus forte pour un scrutin européen depuis un quart de siècle (52,7% en 1994), voire depuis 35 ans (56,7%) en 1984, rompant avec l’érosion du vote lors des récents scrutins européens.

    A 17H00, la participation s’élevait à 43,29%, en hausse de huit points par rapport à 2014 (35,07%), selon le ministère de l’Intérieur.

    Ce taux est déjà supérieur à la participation finale d’il y a cinq ans, qui s’élevait à 42,4% pour la France entière.

    Près de 47 millions d’électeurs étaient appelés à désigner les 79 eurodéputés français, soit cinq de plus qu’en 2014, après la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Les cinq derniers élus devront toutefois attendre que le Brexit soit effectif pour siéger.

    Droite et gauche se partagent le pouvoir de manière quasi ininterrompue depuis 1979 au Parlement de Strasbourg.

    Partout dans l’Union européenne, les résultats officiels ne seront publiés qu’à 23H00, heure de clôture du scrutin en Italie.

    Le Résultat en sièges – (projection)

    Jordan Bardella Prenez le pouvoir, liste soutenue par Marine Le Pen 24% entre 22 et 26 sièges

    Nathalie Loiseau Renaissance soutenue par la République en marche, le Modem et ses partenaires 22.5% entre 20 et 24 sièges

    Yannick Jadot Europe Écologie 12.5% entre 11 et 14 sièges

    François-Xavier Bellamy Union de la droite et du centre 8.5% entre 7 et 10 sièges

    Manon Aubry La France insoumise 6.5% entre 5 et 8 sièges

    Raphaël Glucksmann Envie d’Europe écologique et sociale 6.5% entre 5 et 8 sièges

     

     

     

     

     

  • Elections européennes: participation en hausse dans les bureaux de vote français en métropole et à l’étranger à la mi-journée

    Hong-Kong crédits photos : Jean-François Amadei

    A midi, la participation est en hausse de manière significative. En particulier chez les Français de l’étranger, à HongKong où le vote est fini, les files d’attentes furent dignes des présidentielles, à Bruxelles, Capitale de l’Europe, les français sont en train de voter en masse tandis que New-York où le vote commence une affluence inhabituelle est annoncée.

    On souligne en Europe, que la gestion des inscrits sur les listes nationales ou de résidences fut encore compliquée. Des élus consulaires nous ont alerté sur cette possibilité de double vote.

    Au niveau national, La participation aux élections européennes s’élevait à 19,26% dimanche à midi en métropole, en hausse de 3,5 points par rapport à 2014, pour ce scrutin aux lourds enjeux y compris nationaux.

    En 2014, le taux à la mi-journée s’établissait à 15,70%.

    Depuis 20 ans, moins d’un électeur sur deux se déplace en France pour élire les eurodéputés. Il y a cinq ans, le pourcentage de votants n’avait atteint en fin de journée que 42,4% pour la France entière.

    La tendance est la même au niveau européen: si le Parlement n’a cessé d’accroître ses pouvoirs au fil des années, le scrutin est généralement marqué par une faible participation (42,6% en 2014), particulièrement spectaculaire à l’Est. La Slovaquie avait battu le record il y a cinq ans avec 13% de votants.

    New-York crédits photo : Consulat de New-York

    « Les Européennes, c’est important. L’UE s’occupe de l’agriculture, des routes, des infrastructures, c’est eux qui décident de l’argent qu’ils accordent à chaque pays », souligne Jeanne, retraitée de la Fonction publique, à la sortie de son bureau de vote de l’école Sadi Carnot, à Pantin (Seine-Saint-Denis).

    Si elle a « suivi la campagne », elle a « mis du temps » à faire son choix. « Je me suis décidée ce matin », reconnait-elle. « Je trouve qu’on ne dit jamais exactement tout ce que l’Europe fait. C’est dommage, si on était plus clair, les jeunes voteraient davantage », estime-t-elle.

    Les têtes de liste ont montré l’exemple, Jordan Bardella (Rassemblement national), à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Ian Brossat (PCF) Raphaël Glucksmann (PS/Place Publique), Nathalie Loiseau (La République en marche), Manon Aubry (LFI) et Yannick Jadot (EELV) à Paris et François-Xavier Bellamy (LR) à Versailles.

    Bruxelles – Crédits photos : Union des Français de Belgique

    Emmanuel Macron a voté à la mairie du Touquet à la mi-journée en prenant tous les bulletins présentés, après s’être offert un bain de foule et serré plusieurs mains. La présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen a voté dans son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), sans faire de commentaire.

    Près de 47 millions d’électeurs sont appelés à désigner les 79 eurodéputés français, soit cinq de plus qu’en 2014, après la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Les cinq derniers élus devront toutefois attendre que le Brexit soit effectif pour siéger.

    Le Parlement européen compte au total 751 membres, élus par les quelque 427 millions de citoyens des 28 pays de l’Union.

    Après l’explosion d’un colis piégé vendredi à Lyon, le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets un renforcement de la sécurité des lieux accueillant du public.

    A la mairie du 8e arrondissement de la ville, Cyrille, 60 ans, n’a « pas particulièrement » ressenti une ambiance différente des autres élections même si les contrôles à l’entrée ont été renforcés. Les bureaux de vote dans l’Hexagone fermeront à 18H00, 20H00 dans les grandes villes.

    En Outre-mer, le scrutin est en cours depuis 07H00 (heure de Paris) à Mayotte et même à 06H00 à La Réunion, où dans plusieurs bureaux, les opérations de vote donnent lieu à de petites files d’attente. Les électeurs mettent du temps à récupérer la trentaine de bulletins « et cela forme des embouteillages comme sur la route », plaisante un président de bureau à la Possession (ouest).

    Le vote est déjà terminé dans plusieurs territoires ultramarins, qui ont voté dès samedi. En Guyane, la participation s’est affichée en progression: 10,2% à 17H00 (contre 7,3% en 2014), tout comme en Martinique (10% contre 8%) et en Guadeloupe (12,10% contre 7,42%). En revanche, elle était en baisse à Wallis-et-Futuna (26,6% contre 38,7% en 2014), et en Nouvelle-Calédonie (16,2% contre 18,2%).

    – « Le vote c’est l’essentiel » –

    « Il est toujours utile de rappeler à nos concitoyens » que « dans une démocratie, le vote c’est l’essentiel », a glissé le Premier ministre Edouard Philippe, qui a fait son devoir civique au Havre, par un vote électronique.

    Trente-quatre listes sont en lice, dont la moitié seulement émanent des partis traditionnels. Deux listes sont issues des « gilets jaunes ». Pour leur 28e samedi consécutif de manifestations, à la veille du scrutin européen, ils étaient environ 12.500 dans toute la France, selon le ministère de l’Intérieur, la mobilisation la plus faible de ce mouvement social. A Pantin, sur un panneau d’affichage vide devant le bureau de vote, un tag pronait: « le vote, c’est tous les samedi, #gilets jaunes ».

    Partout dans l’Union européenne, les résultats officiels ne seront publiés qu’à 23H00, heure de clôture du scrutin en Italie, avec les premières estimations prévues dès 20H00.

    Un envol des mouvements nationalistes et populistes est attendu, ce qui devrait faire perdre du terrain aux deux groupes les plus importants au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE, droite pro-européenne), actuelle première force, et le Parti socialiste européen (PSE).

    Droite et gauche se partagent le pouvoir de manière quasi ininterrompue depuis 1979 au Parlement de Strasbourg.

    En France, pour ces premières élections intermédiaires du quinquennat d’Emmanuel Macron, la liste du RN pourrait devancer celle de LREM, avec une avance oscillant entre 0,5 et 2,5 points selon les sondages, très loin devant les autres listes.

    Les Républicains espèrent ravir la troisième place avec 12,5 à 14% des suffrages. Les autres candidats ont plutôt peiné à émerger. Eparpillée en cinq listes (PCF, LFI, Générations, PS/Place publique, EELV), la gauche notamment est apparue plus divisée que jamais.

     

  • Fête des mères en France

    Non, la Fête des mères n’a pas été créée par les rois du marketing, ni dans les année 40 par le maréchal Pétain. Retour sur son histoire, l’origine exacte de sa célébration, ses symboles… et ses colliers de nouilles.

    A quelle date la célèbre-t-on?

    En France, on la fête le dernier dimanche de mai. Une exception: si la Pentecôte tombe le dernier dimanche de mai, alors la Fête des mères a lieu le premier dimanche de juin.

    En revanche, dans une majorité de pays -dont le Canada, la Belgique, l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande, le Brésil, l’Australie, ou encore les Etats-Unis-, la Fête des mères a lieu le deuxième dimanche de mai.

    Le Royaume-Uni et l’Irlande, eux, la célèbrent trois semaines avant Pâques. Auparavant, ce jour était connu comme Mothering Sunday.

    Dans plusieurs pays du Moyen-Orient, la Fête des mères a lieu lors de l’équinoxe de mars.

    A noter: si la Belgique fête les mères le deuxième dimanche de Mai, la ville d’Anvers, elle, les célèbre le 15 août.

    Des origines multiples

    Non, la Fête des mères n’est pas née au cours d’une réunion marketing d’entreprise de fleuristes. Trois célébrations en sont à l’origine.

    La mythologie grecque célébrait déjà la mère de Zeus, Rhéa (ou Cybèle) au printemps. Elle n’était pas la seule honorée puisque cette saison était déjà, dans les rites païens, l’occasion de célébrer la fertilité.

    Les chrétiens, catholiques et les protestants, avaient également une forme de célébration de la maternité lors du quatrième dimanche de Carême: le dimanche de Laetare. L’introït -chant grégorien marquant le début d’une messe- y fait alors référence au lait maternel: « Réjouis-toi, Jérusalem! Et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez. Soyez dans le bonheur réjouissez-vous avec allégresse, vous qui avez été dans la tristesse: vous pouvez bondir de joie et vous rassasier du lait de consolation qui est pour vous. »

    En parallèle, des croyants profitaient de ce jour pour se rendre, non pas dans l’église la plus proche de chez eux, mais dans « l’église mère », c’est-à-dire la cathédrale ou l’église la plus importante de la région. Les familles s’y retrouvaient entières, une fois par an.

    Ce dimanche de la maternité est donc né d’un mélange entre le passage de l’introït sur le lait et la visite à « l’église mère ». D’ailleurs, au Royaume-Uni, la Fête des mères a longtemps été appelée Mothering Sunday, en référence à cette cérémonie religieuse.

    Aux Etats-Unis, l’activiste Julia Ward Howe initia en 1870 la Proclamation de la Journée de la mère, invitant les mamans du monde entier à s’unir afin d’obtenir la paix. Mais c’est surtout Anna Jarvis (1864-1948) qui est considérée comme responsable de la version internationale que l’on connaît aujourd’hui. Elle fonda en effet des « clubs » spécifiques aux mères, dans le même but d’union pacifique.

    Elle était elle-même très proche de sa mère, décédée le 9 mai 1905. Le 10 mai 1908, elle dirigea une cérémonie au sein de l’église épiscopale et méthodiste Andrews afin d’honorer sa mère, « parmi toutes les mères ». Ne pouvant y assister, elle envoya un télégramme et 500 oeillets blancs. Ce qui associa pour la première fois cet événement à des fleurs. En 1912, elle crée l’association internationale pour la Journée de la mère.

    En 1914, les Etats-Unis en font une fête nationale officielle. Aujourd’hui encore, l’oeillet y demeure un symbole: blanc pour une maman encore en vie, rouge pour une maman décédée.

    La Première puis la Seconde Guerre mondiale ont été un facteur déclenchant pour l’officialisation de la Fête des mères dans d’autres pays, laquelle permet d’honorer nombre de parents y ayant perdu leur(s) enfant(s).

    La Fête des mères en France

    Non, ce n’est pas le maréchal Pétain qui est à l’origine de la Fête des mères en France… Outre le rappel historique ci-dessus, l’Hexagone n’a pas vu débarquer ce jour-événement en 1942 mais en 1906.

    En 1906, le village d’Artas (Isère) organise une cérémonie en l’honneur des mères de familles nombreuses. Deux mères de neuf enfants se voient décerner le prix de Haut mérite maternel. Le village continue aujourd’hui de revendiquer la création de la Fête des mères en France.

    En 1918, Lyon suit le mouvement né aux Etats-Unis et rend hommage aux mères et épouses qui ont perdu leurs fils et/ou mari durant la Première Guerre mondiale. Cette Journée des mères a été officialisée par le gouvernement en 1929.

    En 1942, le maréchal Pétain donne un ton plus solennel à l’événement, notamment dans un message à la radio: « Vous seules, savez donner à tous ce goût du travail, ce sens de la discipline, de la modestie, du respect qui font les hommes sains et les peuples forts. Vous êtes les inspiratrices de notre civilisation chrétienne. » Plutôt que de fêter les mamans, il s’agit de tout mettre en oeuvre pour relancer le taux de natalité en France.

    En 1950, la politique nataliste est toujours de rigueur. La loi du 24 mai indique que « la République française rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises au cours d’une journée consacrée à la célébration de la Fête des mères ». Elle fixe la date au quatrième dimanche de mai, excepté si la Pentecôte tombe le même jour. Dans ce cas, la Fête des mères a lieu le premier dimanche de juin. Le ministère de la Santé et l’Unaf (Union nationale des associations familiales) sont en charge de l’organisation de la célébration.

    Une affaire commerciale rondement menée

    Rapidement, la Fête des mères est vue par les commerçants comme une opportunité à ne pas manquer. D’ailleurs, déjà en son temps, Anna Jarvis, considérée comme l’instigatrice de la version moderne, a critiqué la tournure commerciale qu’avait pris la fête qu’elle avait lancée aux Etats-Unis. Tant et si bien qu’elle a tout tenté pour faire annuler ce jour national.

    « Une carte pré-remplie ne signifie rien, expliquait-elle. Sinon que vous êtes trop fainéant pour écrire un mot à la femme qui a fait plus pour vous que quiconque au monde. Quant aux bonbons… vous offrez la boîte à votre mère, puis en mangez la majorité. Un bien beau geste. »

    Pour la petite histoire, Anna Jarvis n’a pu continuer sa lutte pour « dénationaliser » la Fête des mères car elle fut envoyée dans un sanatorium. La légende va jusqu’à dire que des membres de l’industrie des cartes de voeux et des fleuristes ont payé les factures, afin qu’elle y reste!

    En 2015, aux Etats-Unis, 84% des Américains ont célébré la Fête des mères, et 21,2 milliards de dollars (18,8 milliards d’euros) ont été dépensés à cette occasion, soit une moyenne de 173 dollars (153 euros!) par personne. En France, selon un sondage Toluna/LSA, le budget moyen alloué à la Fête des mères en 2015 était de 54,15 euros.

    Et le collier de nouilles, alors?

    Pour les écoles maternelles, c’est avant tout une activité idéale: réaliser un cadeau -pas cher- pour sa maman, certes, mais avec des pâtes comestibles. Si l’enfant croque dedans, ce n’est pas grave, alors que dans une perle en plastique… Même les peintures pour enfants sont désormais ingérables. Ils peuvent donc allègrement peindre sans risque les macaronis, coquillettes ou autres farfalle. Aujourd’hui toutefois, peut-être passées de mode, de plus en plus d’écoles leur préfèrent la confection de cartes. Aux papas de prendre le relais à la maison!

  • Elections européennes : aux urnes citoyens

    Près de 300 millions de citoyens européens sont appelés au vote ce dimanche pour les élections européennes. Elles ont déjà commencé aux Pays-Bas, en Tchéquie et au Royaume-Uni, elles continuent dans les autres pays ce dimanche.

    L’assemblée, de 756 députés, sera renouvelée avec peut-être des surprises. Le groupe du PPE, qui regroupe les partis de droite et du centre droit, devrait conserver la première place. A l’issue, le choix du Président de la Commission européenne en remplacement de Jean-Claude Juncker. Aussi le choix des commissions parlementaires.

    La gauche, incarnée par le S&D devrait, et en tout cas espère, avoir le deuxième rôle. Cela lui permit d’avoir la présidence du Parlement pendant un mi-mandat. Mais les groupes populistes ainsi que les libéraux espère lui prendre cette deuxième place.

    Une recomposition du Parlement en cours

    Le Parlement européen a un rôle essentiel pour des sujets cruciaux pour les citoyens. Citons notamment Erasmus, le Roaming, ou encore les lois en faveur de la protection des données. La recomposition actuelle pourrait amener à l’élection d’un large groupe populiste, mené notamment par le Rassemblement National et la Ligue de M. Salvini.

    Trois institutions qui contrôlent l’UE, dont le Parlement

    Il existe au sein de l’Union européenne trois institutions essentielles : la Commission européenne, le Conseil, et le Parlement. Ce dernier est notamment en première ligne pour le vote des Directives et Règlements européens. Ces textes peuvent régir une partie importante de la vie des citoyens français. Citons notamment les programmes réussis sur la fin du roaming et le programme erasmus qui permettent à des millions d’Européens de voyager et de communiquer au sein du marché unique.

    Le Parlement, remodelé, pourrait proposer la modification des traités. C’est peut probable, et le PPE (centre droit) et le S&D (centre gauche) devraient continuer à dominer. Pour autant, et vue l’importance des dossiers, citons notamment la présidence de la commission et les accords de libre-échange, il est crucial que le Parlement européen ait une ligne claire.

    La France divisée entre deux lignes

    En France, deux positions s’affrontent, celle de Marine Le Pen et celle du Président. La première est eurosceptique et la deuxième veut plus d’intégration. Les deux sont données au coude à coude lors de ce scrutin.

    Une ligne d’affrontement qui préfigure, peut-être, les conflits au Parlement européen. Une ligne nationaliste contre une liste européiste ? L’Europe mérite mieux que cela.

    Citoyens, aux urnes !

  • Cannes 2019 – Le Palmarès – Video (Le monde)

    Pendant 12 jours, ce 72e Festival de Cannes a célébré des artistes et des films de tous horizons, faisant du cinéma une fête de découvertes et de retrouvailles partagées aux quatre coins du monde. Ce soir, sur la scène du Grand Théâtre Lumière, le maître de Cérémonie, Edouard Baer, a accueilli le Jury des Longs Métrages présidé par Alejandro Gonzalez Iñárritu, pour l’annonce du Palmarès 2019.

    LONGS MÉTRAGES 

    PALME D’OR

    GISAENGCHUNG (Parasite) réalisé par BONG Joon-Ho

    La Palme d’or a été remise par Catherine Deneuve et Alejandro González Iñárritu.

    Bong Joon Ho a déclaré: « Je suis désolé de ne pas avoir préparé de discours en français, mais je ne m’attendais pas à remporter la Palme d’or. Je suis très honoré. J’ai toujours été inspiré par le cinéma français. Je tiens à remercier deux réalisateurs : Henri-Georges Clouzot et Claude Chabrol. L’aventure de Parasite a été très particulière. Je tiens à remercier toute l’équipe du film et sa société de production basée en Corée du Sud. Ce film n’aurait pas existé sans mes acteurs, qui ont été incroyables. J’étais un petit garçon de douze ans, fanatique de cinéma, quand j’ai décidé que je deviendrais réalisateur. Je suis très étonné de pouvoir toucher ce prix, qui signifie quelque chose de très important pour moi. Merci. »

    GRAND PRIX

    ATLANTIQUE réalisé par Mati DIOP

    Le Grand Prix a été remis par Sylvester Stallone.

    La réalisatrice franco-sénégalaise a rendu hommage à son équipe, entre la France et Dakar. « Je crois que cela s’appelle l’aventure du cinéma. Il y a un an, je terminais ce film à Dakar. Ce film est aussi une déclaration à cette ville, aux rues de Dakar. Je suis ici, mais aussi là-bas. »

    PRIX DE LA MISE EN SCÈNE

    LE JEUNE AHMED réalisé par Jean-Pierre & Luc DARDENNE

    Le Prix de la Mise en Scène a été remis par Viggo Mortensen.

    Jean-Pierre et Luc Dardenne ont déclaré : « Merci au Jury pour cette récompense, pour un film qu’on a voulu comme une ode à la vie. Nous avons filmé un jeune fanatique religieux en ces temps difficiles. En filmant cela, nous avons voulu filmer un appel à la vie, à l’étranger, à la différence. Ce qui est aussi la vocation du cinéma. Nous tenons à remercier le jeune Idir, qui a si bien su interpréter Ahmed. »

    PRIX DU JURY EX-ÆQUO

    Les Prix du Jury ont été remis par Michael Moore.

    LES MISÉRABLES réalisé par Ladj LY

    Ladj Ly a déclaré : « Merci à Thierry Frémaux d’avoir eu l’audace de choisir ce film. Je suis très ému… Le seul ennemi en commun entre les habitants et les policiers en banlieue c’est la misère. Je vais dédier ce prix à tous les Misérables de France. »

    BACURAU réalisé par Kleber MENDONÇA FILHO & Juliano DORNELLES

    Kleber Mendonça Filho : « C’est ma vingtième année au Festival. Au début, j’étais critique de cinéma et j’ai découvert de nombreux films. Cela fait bizarre de recevoir ce prix et de me retrouver de l’autre côté. Merci. »

    PRIX D’INTERPRÉTATION MASCULINE

    Antonio BANDERAS dans DOLOR Y GLORIAréalisé par Pedro ALMODÓVAR

    Le Prix d’interprétation masculine a été remis par Zhang Ziyi.

    Antonio Banderas a déclaré : « Lorsque je montais les marches, on m’a demandé combien de temps cela m’avait pris pour venir jusqu’ici. J’ai répondu : 40 ans… C’est un prix pour lequel je suis très reconnaissant en tant qu’acteur mais aussi pour mon personnage. Il ne fait de mystère pour personne que ce personnage est Pedro Almodovar. Nous avons tourné huit films ensemble. Je l’aime, je le respecte, il est mon mentor. Cette récompense doit lui être dédiée. Derrière le métier d’acteur, on connaît beaucoup de douleur mais il y a aussi des soirs de gloire et ce soir, c’est mon soir de gloire. Le meilleur est à venir. »

    PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE 

    Emily BEECHAM dans LITTLE JOE réalisé par Jessica HAUSNER

    Le Prix d’interprétation féminine a été remis par Reda Kateb.

    Emily Beecham a remercié Jessica HAUSNER de l’avoir choisie: « C’est un film magnifique.»

    PRIX DU SCÉNARIO

    Céline SCIAMMA pour PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU

    Le Prix du Scénario a été remis par Gael García Bernal.

    Céline Sciamma a déclaré : «  Moi qui allais mettre fin à ma carrière de scénariste… ce prix me ramène à ma solitude initiale contredite par la suite de cette aventure. Permettez-moi de parler de ceux qui ont donné la vie à ce film, à toute mon équipe. Je leur dois un merci éternel. »MENTION SPÉCIALE

    À Elia SULEIMAN pour IT MUST BE HEAVEN

    La mention spéciale a été remise par l’actrice Chiara Mastroianni.

    Elia Suleiman a déclaré: « Merci beaucoup aux producteurs qui ont contribué et travaillé sur ce film. Merci beaucoup à l’Institut sans lequel le film n’aurait pas vu le jour. »

    COURTS MÉTRAGES

    PALME D’OR

    THE DISTANCE BETWEEN US AND THE SKYréalisé par Vasilis KEKATOS

     

    MENTION SPÉCIALE DU JURY

    MONSTRUO DIOS réalisé par Agustina SAN MARTÍN

    La Palme d’or et la mention spéciale du Jury pour les Courts Métrages ont été remis par la Présidente du Jury des Courts Métrages et de la Cinéfondation, Claire Denis et par Nadine Labaki, Présidente du Jury Un Certain Regard.

     

    UN CERTAIN REGARD

    PRIX UN CERTAIN REGARD

    A VIDA INVISÍVEL DE EURÍDICE GUSMÃO (La Vie invisíble d’Eurídice Gusmão) réalisé par de Karim AÏNOUZ

    PRIX DU JURY

    O QUE ARDE (Viendra le feu) réalisé par Oliver LAXE

    PRIX D’INTERPRÉTATION

    CHIARA MASTROIANNI pour CHAMBRE 212 réalisé par Christophe HONORÉ

    PRIX DE LA MISE EN SCÈNE

    KANTEMIR BALAGOV pour BEANPOLE (UNE GRANDE FILLE)

    PRIX SPÉCIAL DU JURY

    LIBERTÉ réalisé par Albert SERRA

     

    COUP DE COEUR DU JURY EX-ÆQUO

    LA FEMME DE MON FRÈRE réalisé par Monia CHOKRI

    THE CLIMB réalisé par Michael Angelo COVINO

     

    MENTION SPÉCIALE DU JURY

    JEANNE réalisé par Bruno DUMONT

    CAMÉRA D’OR

    NUESTRAS MADRES réalisé par César DÍAZ présenté dans le cadre de LA SEMAINE DE LA CRITIQUE

    Le prix de la Caméra d’or a été remis par le Président du Jury de la Caméra d’or, Rithy Panh et par l’actrice Valeria Bruni-Tedeschi.

    César Diaz a déclaré : « Merci au Festival de Cannes, au Jury et à la Semaine de la Critique de m’avoir invité. Je voudrais dédier ce prix aux 250.000 victimes guatémaltèques et à ces femmes qui restent debout. »

     

    CINÉFONDATION

    PREMIER PRIX

    MANO A MANO réalisé par Louise COURVOISIER
    CinéFabrique, France


    DEUXIÈME PRIX

    HIẾU réalisé par Richard VAN
    CalArts, États-Unis

     

    TROISIÈME PRIX EX AEQUO

    AMBIENCE réalisé par Wisam AL JAFARI
    Dar al-Kalima University College of Arts and Culture, Palestine

    DUSZYCZKA réalisé par Barbara RUPIK
    PWSFTviT, Pologne

     

    Le Prix CST de l’Artiste-Technicien 2019 est attribué à : Flora VOLPELIERE pour le montage et Julien POUPARD pour le cadre et la lumière du film de Ladj LY : LES MISÉRABLES.

    Une mention spéciale est attribuée à Claire MATHON, la Directrice de la Photographie des films ATLANTIQUE et PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU.

    Le jury tient à souligner l’exceptionnelle Direction Artistique de LEE Ha-jun sur GISAENGCHUNG (Parasite)

     

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