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  • l’Union au quotidien – 11 exemples

    Eloignée, distante, ou déconnectée du quotidien, voilà les griefs qu’on entend le plus souvent sur l’Union européenne.  Les eurosceptiques font de l’Europe une chimère et dénoncent ses institutions européennes pléthoriques. Les directives votées à Bruxelles ont pourtant des incidences concrètes sur le quotidien des Européens.

     La fin des sacs plastiques

    En France, depuis le 1er juillet 2016, les sacs plastiques de caisse à usage unique sont interdits à la distribution, qu’ils soient gratuits ou payants. Les sacs doivent désormais être réutilisables et d’une épaisseur supérieure à 50 microns, ou bien être fabriqués en papier. Depuis le 1er janvier 2017, cette interdiction a été étendue aux sacs « fruits et légumes ». Seuls des sacs biodégradables ou en papier, ou des sacs réutilisables peuvent être proposés.

    Ce changement émane de la directive européenne du 29 avril 2015, qui impose de nouvelles règles pour limiter la consommation des sacs en plastique et réduire le nombre d’emballages. Les objectifs fixés par les parlementaires visent une baisse du nombre de sacs plastiques légers de 90 sacs par personne et par an en 2019, à 40 sacs par personne et par an, d’ici à 2025.

    Le droit à l’oubli numérique

    Bruxelles s’est également penché sur la protection des données personnelles. Dans sa décision du 13 mai 2014, la Cour de justice de l’UE a confirmé l’application du droit de la protection des données aux moteurs de recherche. Cette décision permet aux internautes qui le demandent, sous certaines conditions, d’obtenir la suppression de liens vers des informations portant atteinte à la vie privée. Tout citoyen peut ainsi saisir l’exploitant d’un moteur de recherche pour lui demander le déréférencement d’une page web. L’exploitant examinera alors le bien-fondé de la demande, au regard des conditions fixées par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Google a ainsi procédé à l’examen de 91 000 demandes de suppression, pour un total de 328 000 liens.

    Suppression des frais d’itinérance sur la téléphonie mobile

    Finies les surtaxes sur les forfaits de téléphones mobiles. Les parlementaires européens ont pris des dispositions légales pour ne plus avoir à payer de frais supplémentaires, appelés « frais d’itinérance », lorsque l’on voyage d’un pays européen à un autre. Cette règle s’applique pour les appels vers les téléphones fixes et mobiles, l’envoi de SMS et l’utilisation de services de données à l’étranger.

    Les indemnités des compagnies aériennes

    Dès la signature du traité de Rome en 1957, la problématique des transports a fait partie des prérogatives de l’UE. En la matière, l’Europe a notamment contraint les compagnies aériennes à verser des compensations financières en cas de surréservation. La réglementation européenne relative aux droits des passagers aériens prévoit en effet, sous certaines conditions, une indemnité de la part de la compagnie aérienne pouvant aller de 250 à 600 euros pour un vol en partance ou en provenance d’un pays de l’UE.

    Plus généralement, l’Union européenne a permis aux voyageurs de se déplacer à moindre coût en Europe. En bannissant les restrictions sur les tarifs et les horaires, de nouvelles compagnies aériennes ont vu le jour, notamment des compagnies dites « à bas coût » qui ont fait chuter les tarifs de l’ensemble des compagnies.

    La sécurité des aliments

    E162, E300 ou encore E957… Les conservateurs, colorants, antioxydants, arômes mentionnés sur les étiquettes des produits alimentaires font l’objet de normes strictes et réglementées de près par l’Union européenne. Avant d’être mis sur le marché, tout additif est au préalable soumis à une évaluation par l’Autorité européenne de sécurité des aliments pour s’assurer qu’il ne présente aucun danger pour la santé.

    Par ailleurs, un système d’Alerte rapide pour les denrées alimentaires (RASFF) a été mis en place pour retirer le plus rapidement possible tout aliment qui présenterait un risque sanitaire. Ce système, qui couvre tous les États membres de l’Union européenne, traite chaque année près d’un millier d’alertes concernant des risques immédiats souvent détectés dans les poissons et les viandes.

    Les rendez-vous sportifs diffusés gratuitement

    Les Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016 ont rassemblé plus de 3,6 milliards de téléspectateurs devant la télévision. Il n’est pas inintéressant de savoir que c’est le Parlement européen qui est à l’origine de la législation autorisant la diffusion des événements d’importance majeure pour la société sur des chaînes de télévision gratuites. Pour chaque grand rendez-vous sportif, les différents pays de l’Union doivent sélectionner à l’avance les manifestations qu’ils veulent retransmettre à la télévision. La liste est ensuite publiée au Journal officiel de l’Union européenne.

    La neige sur les pistes de ski

    Rien de tel qu’une bonne poudreuse pour skier sur les pistes. Mais la neige n’est pas toujours au rendez-vous. Le programme Horizon 2020 de l’UE finance la recherche sur la production de neige, notamment un nouveau canon à neige qui utilise 15 % d’énergie en moins pour produire 8 % de neige en plus, tout en étant moins bruyant. L’Union européenne soutient aussi un projet qui vise à créer un système de prévisions météorologiques à l’intention de l’industrie du ski, afin de prévoir la quantité de neige d’une semaine à plusieurs mois à l’avance.

    Le Wifi gratuit dans les espaces publics

    Besoin de Wifi dans un espace public ? Depuis 2018, un programme européen, WIFI4EU, offre un soutien financier aux autorités locales afin de fournir un service de Wifi gratuit aux gens de passage dans les bibliothèques, les édifices publics, les hôpitaux ou les espaces en plein air accessibles à tous. L’UE encourage les communications Internet rapides dans tous les pays de l’Union, y compris dans les régions rurales ou reculées.

    Les achats en ligne

    L’Europe est également présente dans les achats en ligne. Une grande partie des droits des consommateurs sont protégés par les règles communautaires. L’UE permet de commander des produits sans droits de douane ni taxes supplémentaires dans les autres pays européens. Elle protège également le consommateur en lui permettant de renvoyer un produit acheté, sans justification, dans un délai de 14 jours.

    Dans ce domaine, de nouvelles règles européennes devraient entrer en vigueur ces prochaines années, comme l’interdiction aux vendeurs de rediriger automatiquement un consommateur vers une boutique en ligne souvent plus chère, ou la réduction des coûts de livraison parfois prohibitifs.

    Le financement du cinéma

    La moitié des films européens diffusés en salles ont été en partie financés par le programme Media de l’Union européenne. En 2014, sept des 18 films en compétition officielle pour le Festival de Cannes ont bénéficié de ce programme de soutien dont « Deux jours, une nuit », des frères Dardenne, ainsi que la Palme d’or, « Winter Sleep », du Turc Nuri Bilge Ceylan. Depuis le début des années 2000, dix films financés par l’UE ont été palmés à Cannes.

    En matière de culture, l’Union européenne dispose également du programme Europe Créative 2014-2020. Doté d’un budget de 1,46 milliard d’euros, ce fonds d’aide permettra de soutenir le cinéma, la télévision, la musique, la littérature, les arts du spectacle et le patrimoine dans 38 pays et financera quelque 250 000 artistes et professionnels de la culture.

    ET SURTOUT :
    Le droit de s’installer, vivre et 
    travailler ou simplement visiter  les pays membres de l’espace Schengen

    La coopération Schengen, qui débute en 1985 hors du cadre communautaire, instaure un espace de libre circulation des personnes entre les Etats signataires et associés (suppression des contrôles aux frontières intérieures) tout en garantissant une protection renforcée aux frontières extérieures de cet espace.

    L’espace Schengen compte 26 membres :

    • 22 des 28 Etats membres de l’Union européenne : Allemagne, Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche, Suède, Finlande, Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Danemark, Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovénie, Slovaquie et Malte ;
    • 4 Etats associés : Islande, Norvège, Suisse, Liechtenstein.

    En 1985, 5 pays de l’UE (l’Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas) décident de créer entre eux un territoire sans frontières intérieures, l’espace Schengen, du nom de la ville luxembourgeoise où furent signés les 1ers Accords.

    Signés en 1985 et en 1990, les accords de Schengen autorisent la libre circulation des personnes et harmonisent les contrôles des voyageurs au sein de l’espace constitué par ces Etats. Inclus dans le traité d’Amsterdam en 1997, ils font partie intégrante du droit communautaire.

    Par la suite, la majorité des Etats membres adhèrent progressivement à cet espace, ainsi que 4 Etats associés : l’Islande (1999), la Norvège (1999), la Suisse (2008) et le Liechtenstein (2011). Ces derniers participent à l’élaboration des décisions concernant la coopération Schengen, mais sans droit de vote, et choisissent les mesures qu’ils souhaitent reprendre.

    Les cas du Royaume-Uni et de l’Irlande

    Non membres de l’espace Schengen, le Royaume-Uni et l’Irlande bénéficient d’un statut particulier : ils ont obtenu de ne participer qu’à une partie des dispositions Schengen (clause d’opting-in).

    Le Royaume-Uni participe notamment à certaines dispositions de la coopération policière et judiciaire en matière pénale, de la lutte contre les stupéfiants et du Système d’information Schengen (SIS). L’Irlande, quant à elle, participe essentiellement au SIS.

    Les deux Etats conservent ainsi le droit de contrôler les personnes à leurs frontières et de ne pas intégrer dès leur adoption les mesures concernant les visas, l’asile et l’immigration.

    L’élargissement de 2007

    Le 21 décembre 2007, neuf nouveaux pays membres de l’UE sont entrés dans l’espace Schengen : l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque, la Slovénie, la Slovaquie et Malte. Les contrôles aux frontières terrestres et maritimes ont ainsi été levés à cette date. Les contrôles aux frontières intérieures dans les aéroports ont été levés le 30 mars 2008.

    Chypre reste pour le moment en dehors de cet espace, tout comme la Roumanie, la Bulgarie, et la Croatie. Les contrôles aux frontières entre ces pays et la zone Schengen demeurent.

    Système juridique et institutionnel

    Depuis l’intégration de l’Acquis de Schengen dans le droit communautaire en 1997, la coopération Schengen rejoint le cadre juridique et institutionnel de l’UE. A chaque mesure prise en application de la Convention de Schengen correspond une base juridique dans les traités européens.

    Dans ce domaine, la Commission européenne a le pouvoir d’initiative, le Conseil des ministres décide à la majorité qualifiée et la procédure d’adoption des actes en matière de visa, asile et immigration est la procédure législative ordinaire.

  • Rénovation de Roland Garros : 400 Millions d’euros investis sur 2 ans

    Plus haut (avec des tribunes perchées à 26 m pour le court Philippe-Chatrier), plus aéré grâce à des allées élargies, plus profond, Roland-Garros (qui court sur 12 hectares, contre 8,5 avant), s’étire maintenant sur 800 m d’ouest en est (16 courts de compétition). Le changement est visible à l’œil nu. « En dix ans, un demi-milliard d’euros, dont 160 millions pour le court Philippe-Chatrier, a été investi dans ce stade. Un financement sans aides publiques, la moitié par un emprunt bancaire, l’autre un autofinancement en raison des réserves constituées sur les marges du tournoi », résume Jean-François Vilotte, le directeur général de la Fédération française.

    Gilles Jourdan, directeur des travaux lancés à l’automne 2015, présente : « L’idée de départ, c’était de trouver des mètres carrés et d’apporter de la fluidité. Avant, tout était concentré autour du Central ; on va étendre le public. C’est la raison pour laquelle il y a un court important à l’extrême ouest, le 14, et un court important à l’extrême est, le court Simonne-Mathieu, et au milieu se trouvent les deux plus grands courts. On espère que ce qu’on a fait va marcher. » Visite guidée, entre patrimoine et nouveautés.

    Le court Philippe-Chatrier, l’élégance à la parisienne

    L’écrin. Le 20 juin 2018, dix jours après la balle de match offrant à Rafael Nadal un 11e sacre à Roland-Garros, les travaux ont débuté. Le court central a été détruit à 80 %. « La chose qui n’a pas été modifiée, c’est la surface de jeu. La sueur de monsieur Lacoste, elle est là, en dessous. C’est la même chose depuis 1928 », raconte Gilles Jourdan, avant de détailler le contre-la-montre. « Un défi. On y est jour et nuit depuis six mois. Il y aura des “pétouilles”, mais c’est un exploit formidable d’avoir monté ce truc-là. Que voulait-on ? Du béton en bas avec le socle, l’histoire, les croix de Saint-André, on s’élève dans le ciel et c’est de la structure métallique. Faire tout en béton, c’était impossible en dix mois. Une structure métallique, oui. Tout le stade a été fait avant, préfabriqué. Les gradins ne sont pas coulés en place, c’est fabriqué ailleurs, on les amène, on les pose, c’est de l’industriel au millimètre près, ça tombe. Après, il y a la planification, comment on fait pour mettre notre Lego en place. Il y a plein d’endroits qui ne sont pas finis, mais ce sera planqué avec des cloisons, des bâches, une cosmétique importante, mais l’intérieur du court va être sympa. » Les premières rencontres seront disputées dimanche. Le central s’est élargi sur les côtés est et ouest d’une dizaine de mètres de chaque côté. La métamorphose est spectaculaire dans une enceinte qui imprime un nouveau code couleur ne retenant que l’ocre de la terre battue, le bois naturel, le gris du béton (en espérant le bleu du ciel) et un tout petit peu de jaune pour la balle. Exit le vert, sauf sur les bâches et les panneaux publicitaires. Pour laisser filer une ligne élégante. Une signature. Celle d’un tournoi qui joue la carte de l’élégance parisienne. Les courbes sont soignées avec des arrondis pour offrir plus de confort visuel et adoucir le tracé d’un court qui était rectangulaire. La capacité (15 000 places) est restée la même, mais l’assise et l’espace des spectateurs a été soigné dans un stade connecté. Une ceinture pour les hospitalités a été créée en transparence. Les joueurs disposeront de vestiaires plus spacieux et plus fonctionnels. L’ensemble n’attend plus que le toit (l’Open d’Australie en a trois, l’US Open et Wimbledon, deux). Les travaux commenceront dix jours après le tournoi 2019 pour assembler onze ailes. Le poids : 3 500 tonnes. Le toit coiffera le court en cas de pluie en 2020, les sessions de soirée n’entrant en jeu que pour l’édition 2021. Les tribunes du court passées de 18 à 26 m cette année atteindront alors 31 m.

    Le court Simonne-Mathieu, l’innovation dans les serres

    Le court semi-enterré de 5 000 places est planté dans le jardin des serres d’Auteuil, s’inspirant de l’architecture des serres historiques adjacentes de Formigé. Le projet a fait l’objet de multiples recours avant de se fondre dans le paysage pour proposer un cadre unique. Paul Guillou, responsable des espaces verts du XVIe arrondissement, indique : « Le parti prix d’aménagement dans les serres, c’est de faire un tour du monde autour du court avec les serres Afrique, Asie, Océanie et Amériques. » Autour, les bâtiments attenants, les meulières, ont été entièrement rénovés. Des hospitalités seront organisées durant le tournoi, une boutique et une épicerie s’installeront. Hors tournoi, l’ambition des organisateurs est de faire des bâtiments un lieu parisien majeur d’expositions culturelles et probablement un restaurant à l’année. Le nouveau court rend hommage à Simonne Mathieu, double lauréate des Internationaux de France (1938 et 1939), figure de la Résistance. Dans la hiérarchie des courts, il s’installera en troisième position après le court Philippe-Chatrier et le Suzanne-Lenglen. Le court no 1 sera, lui, détruit après le tournoi 2019.

    «Ici, c’est un peu l’appartement témoin de ce que l’on aura en termes de voiries, de sols, de plantations dans le reste du stade»

    Gilles Jourdan

    Le « fond des Princes », le nouvel espace

    À l’ouest du stade, la zone totalement rénovée est achevée. Elle héberge quatre nouveaux courts de compétition (nos 10, 11, 12 et 13) et deux courts d’entraînement (nos 15 et 16) posés derrière le court no 14 inauguré l’an dernier. « Avant le Suzanne-Lenglen, c’était un peu le mur de Berlin pour aller dans cette zone vers le fond du stade, on passait par le milieu, on faisait le tour, c’était compliqué », rappelle Gilles Jourdan. Avant de souligner : « La particularité c’est que, lorsqu’on se balade ici, on est au-dessus des courts. Avant, les courts étaient cloisonnés, les joueurs étaient habitués à jouer ainsi ; maintenant, c’est un peu plus sympa pour tout le monde, parce que vous voyez deux courts à la fois, vous passez de l’un à l’autre plus facilement, on déambule plus facilement. » Côté décor, promenant son regard sur le nouvel aménagement paysager, le directeur des travaux indique : « Ce qui est important pour nous, c’est de faire rentrer le bois de Boulogne, comme c’était un peu le cas dans les années 1980. On a planté des trucs partout. C’est l’ADN de Roland-Garros. Et ici, c’est un peu l’appartement témoin de ce que l’on aura en termes de voiries, de sols, de plantations dans le reste du stade, les pavés, les granits, les lampadaires, le mobilier urbain, de ce qui sera développé à l’avenir » dans ce stade qui bouge et qui, après les qualifications, attend les trois coups…

  • Explosion à Lyon : est-ce un acte terroriste ?

    Une explosion vraisemblablement provoquée par un colis piégé a fait 13 blessés ce vendredi, en fin d’après-midi. La section antiterroriste du parquet de Paris est saisie de l’enquête. L’auteur présumé aurait déclenché la bombe à distance avec son téléphone…

    Une explosion a eu lieu ce vendredi 24 mai vers 17h30, rue Victor Hugo, dans le centre-ville de Lyon, faisant 13 blessés. La piste du colis piégé a vite été privilégiée, un homme ayant été repéré par les caméras de vidéosurveillance en train de déposer un sac devant la boulangerie où a eu lieu la détonation, quelques minutes auparavant. Le principal suspect était à vélo, portait un bermuda clair, un pull noir, une cagoule et des lunettes de soleil qui lui masquaient en grande partie de visage. L’homme est activement recherché par les forces de l’ordre qui ont lancé un appel à témoin. On a appris ce samedi matin que l’auteur présumé aurait déclenché la charge à distance, sur son téléphone portable.

    Les motivations du principal suspect, toujours recherché ce matin, sont encore inconnues. La piste de l’attentat n’est pas écartée, mais n’a pas été confirmée officiellement. Emmanuel Macron, en interview au moment de l’explosion, a néanmoins évoque une « attaque ». Alors que la ministre de la Justice Nicole Belloubet a expliqué dans la soirée qu’il était « trop tôt pour qualifier l’acte de terroriste », c’est bien le parquet antiterroriste de Paris qui a été saisi de l’enquête.

    La section antiterroriste du parquet de Paris, saisie de l’enquête, a « ouvert une enquête pour association de malfaiteurs terroriste mais il faut attendre les résultats de cette enquête qui est actuellement en cours (…) Au vu des résultats, on pourra effectivement qualifier cette enquête« , a déclaré la ministre à BFMTV.

    Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et le procureur de Paris, Rémy Heitz, se sont brièvement rendus sur les lieux dans la soirée sans faire de déclaration devant la presse.

    Selon une source proche du dossier, il est âgé d’une trentaine d’années. Aucune piste n’est pour l’heure privilégiée quant à son profil et ses motivations.

    D’après un dernier bilan fourni, 13 personnes ont été touchées par l’explosion, dont 11 hospitalisées. Toutes ne sont blessées que légèrement, dont une petite fille de huit ans, d’après le maire du 2e arrondissement de la ville, Denis Broliquier.

    Le maire de Lyon et ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui se trouvait vendredi dans l’avion au retour d’un voyage au Japon, s’est exprimé ce matin .

  • Les Français restent majoritairement attachés à l’Europe

    Selon un sondage du journal La Tribune avec BVA, 53% des personnes interrogées disent être « attachés à l’Union européenne », parmi lesquels 21% « très attachés ».

    Si le Rassemblement national (RN) apparaît bien placé pour l’emporter dimanche face à la liste Renaissance de la République en marche (LREM), ce face-à-face illustre l’attitude ambiguë des Français face à l’Union européenne (UE).

    Ainsi, notre sondage La Tribune-BVA sur « Les Français et l’Union européenne » montre que si 53% des Français disent être « attachés à l’Union européenne », ils ne sont que 21% à être « très attachés » contre une proportion importante de 40% qui ne sont « pas attachés » dont 14% « pas du tout attachés ».

    Désamour

    Ce désamour pour l’Europe que l’on mesure aussi dans le faible intérêt pour cette élection recoupe des tendances sociales et politiques marquées. Ainsi, 70% de ceux qui ont une proximité politique avec le Rassemblement national ne sont pas attachés à l’Europe, tandis que 53% des employés et des ouvriers et 49% des personnes âgées entre 50 et 64 ans ne se reconnaissent pas dans la construction européenne.

    A contrario, et sans surprise, 90% de ceux qui se sentent proches de La République en marche y sont attachés, tout comme ceux qui penchent pour le Parti socialiste (78%) et Europe-Ecologie-Les Verts (70%). L’Europe reste importante pour les plus âgés (65 ans et plus), qui ont connu la période de l’après-guerre, les « baby boomers », qui l’approuvent à 68%. Par ailleurs, les proeuropéens se retrouvent en majorité chez les cadres (74%) et se concentrent en milieu urbain, notamment dans l’agglomération parisienne (61%).

    Liberté de circuler

    De façon plus précise, les Français déclarent un très fort attachement à la liberté de circuler dans les pays de l’UE (72%). Ils sont légèrement moins nombreux à se déclarer attachés à l’euro (56%) et les positions varient fortement sur ce point entre un attachement fort à l’euro chez les sympathisants LREM (95%), PS (85%), les 65 ans et plus (78%), les cadres (72%) et les habitants de grandes agglomérations (63%), et un attachement plus réduit chez les employés et ouvriers (37%), les ruraux (47%) et les sympathisants RN (28%).

    L’attachement est plus limité à l’égard de la présence du Parlement européen à Strasbourg (39%), au sujet duquel les 65 ans et plus sont les seuls à déclarer un attachement majoritaire (52%)… tout comme les habitants de la région Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine (50%).

    La division des Français sur l’Europe se retrouve dans l’évaluation des avantages et désavantages de l’appartenance à l’UE. Ainsi, ils sont une courte majorité à la trouver bénéfique (52% dont 11% très bénéfique) contre 34% à estimer le contraire. Dans ces derniers, on trouve surtout ceux qui se disent proches du Rassemblement national (63%), ou vivent dans les zones rurales (43%) ou se situent là encore dans la génération des 50-64 ans (43%). En revanche, parmi ceux qui considèrent l’appartenance bénéfique, les plus enthousiastes sont ceux qui sont proches de LREM (93%) ou occupent des postes de cadres (72%).

    Pour autant, on peut être proeuropéen et trouver qu’il faut réformer la construction européenne. En effet, ils ne sont que 6% à être satisfaits par son fonctionnement actuel contre 48% qui veulent que l’UE revoie en profondeur son action. Parmi ceux-là, on compte les retraités (62%), les sympathisants de Les Républicains (65%) et une majorité d’hommes (55%). En revanche, le Frexit, même s’il reste marginal (11%, soit la moitié des intentions de vote du RN), attire ceux qui ne voient pas les bénéfices de l’UE pour eux. On retrouve les sympathisants RN (32%), les employés et ouvriers (16%) et la génération 50-64 ans (15%).

    Au regard de cette franche division sur l’Europe, qui recoupe celle que l’on constate au plan national, il n’est donc pas surprenant de voir que 34% des personnes interrogées voteront dimanche en prenant en compte le contexte national particulier, dont le mouvement des « Gilets jaunes » surdétermine le choix. Ils n’étaient que 28% dans ce cas en mai 2009 et 22% en 2014. Ils sont notamment plus du quart (27% contre 18% en 2009 et 2014) à affirmer qu’ils se serviront du vote européen pour « exprimer avant tout leur opposition à la politique actuelle du gouvernement ».

    Une Europe qui protège ?

    Il y a en revanche une large approbation (71%) pour considérer que face aux grandes puissances économiques, États-Unis et Chine au premier chef, seule l’Union européenne est capable de peser au niveau mondial, signifiant qu’aucun pays membre de l’UE n’est capable de le faire seul. Et ils sont 57% à considérer que l’UE doit bénéficier d’un pouvoir supranational pour imposer des décisions à ses Etats-membres, dont on peut supposer qu’il vise avant tout à pouvoir agir au mieux face aux superpuissances au nom de l’unité de l’UE, ce qui remet en cause le sacro-saint principe de l’unanimité des pays membres où chaque pays quels que soit sa taille et son poids compte pour une voix.

    Quant à la place de la France, la moitié des personnes interrogées (47%) considèrent que sa voix est bien prise en compte au niveau européen contre (42%) qui jugent le contraire, ce qui contraste avec l’idée que l’Allemagne imposerait son agenda non seulement à l’ensemble des membres mais surtout à la France dans la relation qu’entretient le « couple franco-allemand ».

    En revanche, la politique européenne menée par Emmanuel Macron ne recueille que 28% d’avis favorables, correspondant pratiquement à ceux qui continuent de le soutenir puisqu’elle se concentre à 88% chez les sympathisants LREM, à 44% chez les cadres et 38% chez les plus âgés (65 ans et plus). Parmi ceux qui ne sont pas satisfaits (60%), les critiques les plus vives viennent des sympathisants du Rassemblement national (88%) et de ceux de la France Insoumise (75%) et de la catégorie professionnelle des ouvriers et employés (69%) et de ceux qui habitent plutôt en zone rurale (71%). On retrouve là une partie des motifs de la contestation portés par le mouvement des « Gilets jaunes » depuis 6 mois.

    S’agissant des orientations que devrait se fixer l’UE, les personnes interrogées considèrent que la priorité doit être donnée à 64 % à une politique écologique et à 57% à une politique plus sociale. En revanche, une politique plus libérale ne recueille que 25% de soutien, de même qu’une politique plus favorable à l’accueil des migrants n’emporte qu’une approbation marginale (15%).

    Si l’on rentre dans le détail des thèmes européens qui vont motiver le vote de dimanche, on retrouve sans surprise celui de l’emploi (80%) et du pouvoir d’achat (77%), et l’on retrouve à nouveau l’une des principales revendications portées par le mouvement des « Gilets jaunes » à laquelle Emmanuel Macron a apporté des réponses concrètes, mais, semble-t-il, insuffisantes. La sécurité pèse également avec 77% qui veulent une lutte efficace contre le terrorisme et le maintien de la paix en Europe. Si l’éducation, le climat, les inégalités sociales, l’agriculture et les retraites influenceront le vote à plus de 70%, il est à souligner que l’immigration et la compétitivité économique seront les thèmes qui pèseront le moins dans le choix européen des Français, avec respectivement 66% et 61%.

    L’ensemble des résultats montrent que le contexte national, qui se caractérise par une division entre ceux qui soutiennent la politique d’Emmanuel Macron et ceux qui la rejettent, structure en large partie la vision européenne des Français, ce qui se retrouve par la forte polarisation sur la compétition entre le Rassemblement national et la LREM, qui se redouble par une certaine désaffection traditionnelle pour le scrutin européen. Interrogés à J-5 des élections européennes, 34% des Français ont déclaré qu’ils exprimeraient un vote lié au contexte national : 27% pour manifester leur opposition à la politique actuelle du gouvernement et 7% pour exprimer leur soutien à l’exécutif.

    À l’inverse, 35% des Français déclarent qu’ils se prononceront en fonction d’enjeux européens, une opinion que l’on retrouve plus fortement chez les sympathisants PS (52%), LREM (54%) et LR (53%). Ce qui tend à prouver qu’une majorité de Français restent insatisfaits par la construction européenne telle qu’elle est menée, ce que même le président de la république, proeuropéen affirmé, reconnaît en ayant proposé des axes de réformes tant dans son discours à la Sorbonne de 2017 que dans sa récente lettre aux Européens.

  • Le Lycée Français de Hong Kong s’éloigne de l’enseignement français

    Comme nous l’indiquions dans un précédent article , les tensions sont fortes entre certains parents d’élèves et l’AEFE. Cette dernière a proposé une nouvelle convention, sur une période d’un an.

    3 régimes existent au sein du réseau : les Lycées gérés en propre par l’AEFE, ceux qui sont conventionnés et ceux, et la relation est plus libre, qui sont en partenariat. Le Lycée d’Hong Kong appartient jusqu’à présent à la deuxième catégorie. Lors d’un vote peu suivi, 55% de participation, et qui lui-même faisait suite à une recommandation du Conseil d’Administration du Lycée (le Board), les parents d’élèves ont voté à 58% pour le partenariat et à 41% pour la poursuite de la convention.

    Selon le groupement  avenir des lycées français en danger , le Board aurait confirmé ce jeudi 23 mai la décision.

    Le Ministre Lemoyne et des élus consulaires souhaitent poursuivre le dialogue avec l’AEFE

    « Je souhaite la poursuite du dialogue avec l’AEFE » Jean-Baptiste Lemoyne

    Un éloignement donc du réseau AEFE qui inquiète certains dans un contexte local très tendu. Le Ministre Lemoyne que notre correspondant à Anne ont interrogé souhaite la prolongation des relations étendues entre l’AEFE et le Lycée de Hong Kong, qu’il qualifie de Lycée d’excellence.

    « Notre communauté se déchire et il y a eu trop d’informations (fausses ou réelles) qui ont circulé. » Catya Martin Elue consulaire LR

    Catya Martin

    L’élue consulaire Catya Martin (LR) est sur la même ligne que le ministre et estime que les parents n’ont pas assez été informés des enjeux et des conséquences de ce choix, et ce alors que la possibilité de renouvellement de la convention sur une période d’un an seulement pouvais apaiser le débat et permettre des échanges constructifs.

    Un Lycée d’excellence dans un réseau mondial

    Fondé en 1963, ce Lycée qui se répartit sur 4 sites, compte 2600 élèves venant de dizaines de nationalités différentes. Ecole de référence au sein de l’ancienne colonie, le Lycée Français International, son appellation officielle, propose deux cursus : celui, actuellement conventionné, en français, et un cursus international basé sur le système britannique.

    Le réseau de l’AEFE, qui compte près de 500 établissements partout dans le monde, est unique. Il est critiqué aussi, avec de récentes fins de détachements de professeurs français qui ont engendré des tensions notamment à Madrid. Le partenariat ne signifie pas la rupture des relations avec l’AEFE, mais il est symptomatique d’une rupture de confiance et d’une volonté de certains parmi les parents d’élèves d’une plus grande autonomie de l’établissement. Cette autonomie se reflète ailleurs aussi par une volonté parfois très marquée de confier la gestion des Lycées français à des fondations privés qui s’assurent également de leur financement. Un modèle notamment très largement mis en œuvre dans les Lycées français aux Etats-Unis.

  • Theresa May ouvre la porte à un second référendum

    Theresa May a proposé aux députés britanniques réfractaires « une dernière chance » pour adopter son accord sur le Brexit la semaine prochaine. Un appel reçu par un silence glacial.

    Le nouvel accord sur le Brexit de la Première ministre, contenu dans un accord de retrait de 100 pages, comprend une série d’incitatifs pour les députés récalcitrants, allant d’engagements sur l’emploi et les normes environnementales à la perspective d’un second référendum.

    S’exprimant le 22 mai, Theresa May a prévenu que l’impasse politique continue sur le Brexit risquait « d’ouvrir la porte au cauchemar d’une politique perpétuellement polarisée ».

    L’accord du Brexit, que Theresa May a conclu avec les dirigeants européens en novembre dernier, a été rejeté trois fois par la Chambre des communes. Le 29 mars, date où le Royaume-Uni était censé quitter le bloc, l’accord n’avait été rejeté « que » de 58 voix.

    L’incapacité à faire passer l’accord de retrait en deuxième lecture au parlement la semaine prochaine forcera le gouvernement à officiellement l’abandonner. La Première ministre tente donc le tout pour le tout pour convaincre les députés de l’opposition du Parti travailliste, des libéraux et démocrates et du Parti national écossais de le soutenir.

    Suite à la défaite du 29 mars, des négociations entre partis ont été lancées avec le parti travailliste, mais n’ont débouché sur aucun compromis. Le chef de file des travaillistes, Jeremy Corbyn assurant que Theresa May refusait d’avancer sur ses demandes clés d’union douanière permanente entre l’UE et le Royaume-Uni.

    La Première ministre a reconnu que négocier un accord de Brexit avec des partis politiques récalcitrants s’était avéré « beaucoup plus difficile que prévu ». Dans sa nouvelle proposition de compromis, elle propose la possibilité d’un référendum pour valider son accord, si les députés y sont favorables.

    « Je ne crois pas que nous devons emprunter cette voie, car je pense que nous devons appliquer le résultat du premier référendum […] Mais je reconnais qu’une partie de la chambre des Communes s’y oppose de manière sincère et authentique. »

    Elle a également promis de présenter un projet de loi distinct pour garantir que les droits des travailleurs et les normes environnementales ne soient pas en-dessous de ceux de l’UE, et les députés auront l’occasion de voter à nouveau sur une union douanière temporaire sur les biens. Si les travaillistes remportent les prochaines élections générales, ils pourraient transformer cette mesure en une disposition permanente.

    La proposition a toutefois rapidement été rejetée par les eurosceptiques conservateurs et le parti travailliste. Environ 20 députés conservateurs ayant voté pour l’accord sur le Brexit le 29 mars ont déjà signalé qu’ils s’opposeraient au compromis.

    « Il n’y a rien de nouveau ou d’audacieux dans ce mauvais buffet d’options de non-Brexit », a déclaré l’ancien ministre du cabinet, Iain Duncan Smith. « Le filet de sécurité est encore là, et à part son nom, c’est en tout une union douanière. Bruxelles aura encore le contrôle de notre destin », a-t-il ajouté.

    Jeremy Corbyn a quant à lui rejeté la proposition et l’a qualifié de « version remodelée du même vieil accord ».

    Le parti de Theresa May devrait subir une lourde défaite lors des élections européennes de jeudi, où les conservateurs devraient obtenir moins de 10 % et finir à la cinquième place derrière le parti du Brexit de Nigel Farage, les travaillistes, les Libéraux et démocrates et les Verts.

    Les conservateurs n’ont pas vraiment fait campagne en vue du scrutin européen et pourrait se retrouver avec seulement trois des 73 sièges britanniques au Parlement européen.

    La semaine dernière, Theresa May aurait répondu à la demande de ses députés d’arrière-ban pour établir le calendrier de sa démission à la tête du parti si son accord est rejeté pour la quatrième fois.

    La démission de la Première ministre signalerait le début d’une course à la présidence du parti qui ne devrait pas être conclue avant que le parlement britannique parte en vacances à la mi-juillet. La fenêtre d’opportunité est donc très étroite pour donner la chance au successeur de Theresa May d’ouvrir les négociations avec les négociateurs européens et au parlement britannique d’adopter un accord avant la nouvelle date prévue de sortie, le 31 octobre.

    Benjamin Fox

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Europe et Démocratie, même combat.

    La campagne pour les élections européennes s’achève. Elle a été décevante, comme toutes les campagnes. C’est un peu la règle du jeu. En Inde, aux Etats-Unis, au Brésil aussi, les campagnes furent décevantes. C’est une constante de la démocratie de décevoir ses partisans. Et pourtant, quelle chance ! Et quel succès à travers le monde, qui n’a jamais connu autant de pays démocratiques. La démocratie, c’est un peu comme l’Europe, elle est toujours en crise. Tout le monde la critique et la méprise, mais c’est ce qui marche. Démocratie en crise, Europe en crise,  à voir.

    L’Europe souffrirait de défauts congénitaux :

    Ce serait une création américaine. C’est sans doute pour quoi les Américains, depuis la chute du Mur de Berlin, ont rejoint les Russes dans l’ambition de la diviser et la détruire. Il n’y a que les Européens qui sont pour l’Europe, normal.

    Ce serait le temple du « néolibéralisme » (si ce terme a un sens). C’est pourquoi dans le monde, les pays où les inégalités sont les moins grandes, où la part de la population sous le seuil de pauvreté est la plus basse, sont quasiment tous en Europe.

    Ce serait une économie de libre échange « naïve ». C’est pourquoi elle est la première puissance commerciale du monde, représente trois le volume d’échange de la Chine ou des Etats-Unis, avec un solde commerciale largement excédentaire.

    Sa monnaie, l’Euro serait un échec. C’est pourquoi elle est la deuxième monnaie de réserve mondiale et représente dix fois le Yuan. Que 48% des exportations européennes se font désormais en Euros plutôt qu’en dollars. Que les taux européens sont les plus bas du monde (avec le Japon). C’est pourquoi La Grèce s’y est accrochée comme une désespérée.

    L’Europe serait une « passoire ». Tout les malheureux de la terre y accourent. Il y avait déjà plus de 300.000 réfugiés par an en France en 1958, avant l’Europe, presque autant qu’aujourd’hui. C’est pourquoi Les Etats européens, malgré leurs divergences sur la crise des réfugiés et le droit d’asile, confient de plus en plus de responsabilité à Frontex, et ont laissé l’UE négocier avec la Turquie.

    L’Europe serait incapable de se défendre seule. C’est pourquoi la France seule dépense plus en budget militaire que la Russie. Les dépenses militaires européennes représentent le deuxième budget militaire mondial.

    L’Europe oublierait l’homme, ne jurerait que par le marché et l’économie. C’est pourquoi les écoles, la médecine, les universités y sont tant subventionnés, presque gratuites. L’espérance de vie y bat des records.

    Enfin l’Europe serait contre les Nations. C’est sans doute que les Nations  n’avaient pas tendance à se détruire entre elles. L’Europe les unit, et défend même les minorités nationales au sein de chaque nation. On oublie que les Etats-nations sont des inventions récentes, comme les passeports, et assez factices quand on regarde de près l’histoire, la culture et les frontières.

    Certes, l’Europe a beaucoup de défauts  et pourrait mieux faire dans beaucoup de domaines. Comme la démocratie. C’est pourquoi il faut des démocrates et des Européens pour s’en soucier. Sinon qui ? Et qui, ailleurs, dit mieux, ce que peut être une civilisation humaniste ?

    Laurent Dominati 

    A. Ambassadeur de France
    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • La décentralisation des fonds européens, une petite catastrophe à la française

    La décentralisation de la gestion des fonds européens a entraîné retards de paiement et dysfonctionnements. Le FEADER et le logiciel Osiris sont en première ligne des critiques de la Cour des Comptes.

    La France gère-t-elle bien ses nombreux fonds européens ? Bien que très concernée, en raison du montant des fonds dont bénéficient ses territoires, la rigueur n’est pas toujours au rendez-vous selon la Cour des comptes française.

    Cette dernière vient de rendre un avis cinglant sur le sujet.  « L’organisation actuelle ne peut perdurer » selon la Cour qui pointe des coûts de gestion ubuesques et des retards très pénalisants, notamment pour les exploitants agricoles.

    L’auditeur français s’est en effet penché sur le transfert aux régions de la gestion des fonds structurels (et d’investissement, sous l’acronyme FESI). Une déconcentration décidée pour des motifs politiques. En arrivant au pouvoir en 2012, François Hollande s’était assuré le soutien de la puissante Association des Régions de France en décidant de cette réforme, qui a contribué à garnir les caisses des collectivités locales. Mais au lieu d’alléger le poids administratif, la décentralisation semble l’avoir alourdi, en tout cas pour certains fonds.

    Le fonds européen de développement régional (Feder) a changé de tutelle sans trop d’anicroches. En revanche, le Feader, (Fonds européen agricole pour le développement rural) subit des désordres multiples. Ce dernier obéit à la fois à un cadrage national, qui doit être validé par la Commission européenne, et une déclinaison locale. Et personne ne sait plus qui fait quoi, si bien que les fonds ne sont pas alloués et les retards s’accumulent.

    Au total, les Fonds européens structurels et d’Investissement (FESI) pour la période 2014-2020 n’ont été engagés qu’à hauteur de 61 %, soit moins que la moyenne des autres pays européens, même si le décalage n’est pas énorme (65 % en moyenne).

    Si le transfert a été mal anticipé, il doit être amélioré, avancent les experts. « On a pas pu tout transférer : le Feder oui, mais le Fonds Social européen (FSE) traduit des compétences partagées entre collectivités locales et l’État », explique Dominique Antoine, rapporteur à la Cour des comptes, qui était auditionné par la commission des affaires européennes, le 22 mai.

    Le Feader, noeud inextricable

    Il ajoute que « le nœud le plus inextricable, c’est le Feader », pointant  des logiques croisées entre le monde de l’agriculture, qui a résisté à la décentralisation, et les collectivités locales qui souhaitent gérer les fonds.

    Le rapport s’interroge aussi sur le pilotage financier des régions. L’argent arrive plus vite qu’il n’est dépensé. Les régions ont visiblement une vision assez rock’n roll de la gestion de fonds européens, et certaines n’hésitent pas à utiliser des excès pour rembourser des dettes d’agriculteurs par exemple, en dépit de toute logique. Le parquet de la Cour de comptes  a été saisi sur le sujet.

    « La France n’est pas en retard dans ses paiements par rapport à la moyenne européenne, nous suivons le rythme moyen des autres États : il n’y a pas eu de dégagement d’office des fonds. Mais il y a une mauvaise pratique : « des réserves de fond sont constituées dans les conseils régionaux », ce qui n’est pas satisfaisant regrette l’auditeur.

    Malgré ces déboires, la Cour des comptes ne conseille pas de revenir en arrière. Si les coûts de gestion ont augmenté avec la décentralisation avec notamment une hausse des dépenses globales de personnel, un retour en arrière risquerait d’entraîner des coûts encore supérieurs.

    En revanche, la Cour des comptes propose des pistes de travail différentes pour deux dispositifs :  le logiciel Osiris et le Feader «Il y a un outil, Osiris, qui est une vraie catastrophe, et qui n’est pas adapté à la déconcentration » assure Christine de Mazieres, de la Cour des comptes, qui a présenté les conclusions du rapport. La Cour propose de supprimer Osiris et de le remplacer au plus vite. « Osiris, c’est en théorie le dieu de l’agriculture, mais en l’occurrence, c’est le démon de l’agriculture ! » a ironisé le député Charles de Courson.

    Le logiciel de paiement a pris très longtemps a être paramétré, laissant des centaines de projets sur le carreau, surtout parce que les régions et l’État ne sont pas parvenus à  travailler ensemble correctement sur l’outil informatique.

    Quant au Feader, comme la Commission européenne, la Cour des comptes propose que, comme dans 20 des 28 États membres, la France reprenne la totalité de sa gestion. « Le scénario est rejeté par les régions », reconnait-elle. Le dossier devrait en tout cas être tranché par le gouvernement, alors que des milliers de projets attendent encore leur financement. Et il y a urgence : la prochaine programmation pluriannuelle des fonds européens démarre en 2021.

    Sans compter qu’à quelques jours des élections européennes, le sujet assombrit inutilement l’image de l’Europe qui dépense pourtant des milliards pour financer les territoires.

    « On a une image dramatique du sujet : on dit c’est l’Europe, alors que c’est l’État qui gère très mal les fonds» se désole un député français.

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Lier l’accord de Paris sur le climat au libre échange, une fausse bonne idée.

    Emmanuel Macron a signifié son refus à l’Union Européenne d’engager des négociations avec les Etats-Unis sur un nouveau traité de libre échange, parce que ceux-ci s’étaient retirés des Accords de Paris sur le climat. Ce faisant, la France a été mise en minorité et a affiché un désaccord de fonds avec l’ensemble des pays européens et l’Allemagne. Une position compréhensible du point de vue électoral, mais peu raisonnable au fond. Refuser d’entamer les négociations sans les bloquer vraiment est la reconnaissance d’une fragilité, au mieux d’une légèreté. D’autant que toute initiative européenne doit être le résultat d’un accord franco-allemand. Ce qui a accru l’incompréhension allemande, comme l’a exprimé récemment  Angela Merkel.

    La politique européenne doit être fondée sur des accords franco-allemands, qui doivent être des compromis à partir desquels on formule des initiatives pour l’Europe entière. La politique européenne ne peut être fondée sur des désaccords initiaux entre la France et l’Allemagne, car ni la France, ni l’Allemagne, ne sont des pays comme les autres en Europe. Qui plus est, on retrouvera les désaccords à la fin.

    Fort de ce qu’il a du néanmoins considéré comme une nouvelle stratégie, Emmanuel Macron a fait inclure dans le programme de LREM pour les européennes la même disposition : pas d’accord de libre échange sans adhésion aux Accords de Paris sur le climat.

    L’argument : les pays avec lesquels l’Europe commerce ne doivent pas faire du dumping écologique. A priori, c’est imparable. Sauf que : Les accords de Paris ont laissé à la Russie, à la Chine, au Brésil et à l’Inde des permis de polluer incroyables qui leur permettent de construire des centaines de centrales à charbon. Qui seront, au mieux, remplacés que par des centrales nucléaires. Les écologistes avaient dénoncé, à l’époque, les dits accords comme un acte d’abdication. Les négociateurs de l’accord de Paris (Hollande, Fabius et Royal) avaient lâché tout ce qu’ils pouvaient lâcher afin d’avoir la signature des grands pollueurs afin d’afficher un succès. En fait, l’essentiel de l’effort reposait sur l’Europe, et -un peu- les Etats-Unis. Désormais ils ne reposent plus que sur l’Europe. D’où les milliards dits « de la transition écologique », que les gouvernements cherchent désespérément, surtout quand ils sont déjà au maximum de la pression fiscale. (7 d’impôts énergétiques supplémentaires en France, en France, le double en Allemagne, mais l’Allemagne a des finances plus saines et des impôts plus bas)

    La proposition initiale de Macron quant aux Accords de Paris était beaucoup plus réaliste, ce sur quoi il avait amené Trump à discuter : les prolonger, les adapter, c’est-à-dire les revoir, dans un sens plus pragmatique, plus efficace, et plus équilibré.

    Faut-il imposer dans les accords commerciaux des clauses sociales et environnementales ?

    Ce serait tout simplement imposer à certains pays des contraintes qui handicaperaient leur développement. Une bonne partie du monde n’a pas accès à l’eau potable, ou à l’électricité. Faut-il lui interdire le charbon, le pétrole, le nucléaire ? Ou faut-il nous contraindre un peu plus, au risque, comme on le fait avec la Chine, d’interdire nos usines ici pour les faire construire là bas, ce qui est sans intérêt pour la planète ?

    Et si la bonne solution, c’était, justement, le libre échange ?

    Dans un traité de libre échange, on ne parle pas que de droits de douane. On en parle de moins en moins. On parle surtout de normes, d’appellations, de descriptions techniques, de droits des brevets, de propriété intellectuelle, de traçabilités, qui décrivent aussi des modes de production, d’investissements. La consommation modèle autant la production que l’inverse.

    C’est pourquoi l’Europe a intérêt, hors considération commerciale, à négocier des traités de libre échange, car elle impose aussi ses normes et ses modes de contrôle. Evidemment, on ne peut préjuger du résultat des négociations. Mais refuser de les entamer a priori est se priver d’atouts.

    L’Europe est la première puissance commerciale du monde, loin devant la Chine (c’est pourquoi ceux qui fustigent la « naïveté » de l’Europe sont plus que naïfs). Les négociations avec le Canada, et avec le Japon furent des succès. La puissance européenne s’établit ainsi. C’est une erreur de la  limiter  en la liant a priori à des Accords de Paris qui ont plus d’effets symboliques que réels. C’est ce que les Allemands et la majorité des pays européens ont parfaitement compris, notamment ceux qui ont plus investi dans la lutte contre les pollutions que nous. Les postures, en politique, sont faciles mais rarement efficaces. Elles visent à flatter l’opinion pour capter des voix plus volatiles et moins dupes qu’on ne le croit.

    La bonne démarche est de discuter avec les Allemands pour trouver un compromis de base, de s’appuyer sur ce compromis dans le mandat de négociations de l’UE pour discuter avec les Américains, avec la force de l’Europe.

    Laurent Dominati

    A.Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

  • Européennes : modalités de vote avant le jour J

    Les européennes approchent à grands pas ! 250 millions de citoyens des 28 Etats membres, le Royaume-Uni contre toute attente participant également au scrutin, sont invités à se rendre aux urnes pour renouveler les plus de 700 députés du Parlement européen.

    Assemblée jouant un rôle majeur dans la rédaction des Règlements et Directives qui jouent un rôle si important dans le quotidien des européens, le Parlement est également l’instance qui confirme le nom du nouveau Président de la Commission européenne. Jean-Claude Juncker ne se représentant pas, c’est cette année un enjeu crucial avec plusieurs candidats potentiels, dont le Français Michel Barnier.

    L’interdiction du double vote pour les Français de l’UE

    Les Français résidant dans un autre pays de l’UE ont la possibilité de voter, et même d’être candidats, sur une liste nationale de ce pays. Il est en revanche interdit par ailleurs de voter aussi sur les listes françaises. Ceux qui se sont ainsi inscrits auprès des autorités de ce pays renonce de fait à choisir parmi les candidats en France. Toute tentative de double vote constitue un délit qui est passible de poursuites.

    Les dates des élections varient également. Le Royaume-Uni votera le 23 mai, la Tchéquie, Slovaquie, Malte, la Lettonie le 25 et le reste de l’Union européenne le 26. Pour les Français hors UE, ce sont les consulats qui organisent les modalités et réservent des locaux pour le vote quand ils ne l’organisent pas dans leurs propres bâtiments. Toutes les informations sont disponibles dans votre consulat respectif.

    Un risque de fragmentation du Parlement

    Les résultats, qui devraient être connus dimanche 26 vers 20-21 heure CET pourrait voir une balkanisation du Parlement. Actuellement dominé par le PPE (droite européenne qui compte notamment LR) et le PSE (socialiste), il pourrait compter dans ses rangs une forte délégation populiste eurosceptique, menée notamment par le RN, la Ligue de M. Salvini et l’AFD allemande.

    La mobilisation des électeurs est souvent faible à ce scrutin pourtant crucial, rendez-vous aux urnes le 26 mai !

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