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  • The Curators : une galerie d’art 2.0, notre partenaire pour les Arts

    The Curators : une galerie d’art 2.0, notre partenaire pour les Arts

    Fondée en 2017 par deux jeunes français établis à New York, la Galerie en ligne The Curators représente une centaine d’artistes contemporains à travers le monde.
    Lea Simone Allegria est écrivain. Son premier roman, Loin du Corps, publié aux éditions du Seuil, raconte l’histoire d’une étudiante en arts devenue mannequin. Une analyse du monde des images inspirée de sa propre vie. Son deuxième roman, Le Grand Art, paraîtra chez Flammarion en janvier.
    Augustin Doublet est photographe, producteur et réalisateur. Passionné d’art contemporain, il organise des expositions et des performances depuis son atelier d’artistes à Bushwick, Brooklyn, depuis près de dix ans.
    Ces deux français de l’étranger se sont rencontrés autour d’un projet commun : « utiliser les nouveaux outils de communication pour faire connaître les artistes que nous aimons, et en rencontrer de nouveaux. »
    Un nouveau marché de l’art 
    Grâce à la vente en ligne et aux réseaux sociaux, le monde de l’art s’ouvre, se démocratise.
    Les curateurs, ou commissaires d’exposition, créent des collections uniques pour la galerie. « Ils apportent une valeur aux œuvres, simplement parce qu’ils les ont choisies. » Lea et Augustin misent sur les nouvelles idoles des reseaux sociaux, les influenceurs. « Nous collaborons avec des influenceurs suivis pour leur goût ; ils sont designers, architectes d’intérieur, bloggeurs, ils mêlent la mode à l’art contemporain, au street art, à l’histoire de l’art. »
    L’oeil des influenceurs est une boussole pour les collectionneurs. Ils sont de plus en plus nombreux à  venir débusquer sur Instagram les artistes de demain. La galerie The Curators est avant tout une communauté – « nous mettons en relation artistes, curateurs et collectionneurs, dans le monde digital mais aussi dans le monde réel. »
    Une galerie itinérante
    Les Américains sont férus de vente en ligne – ils n’hésitent pas à acheter de l’art sans l’avoir vu. Les Français sont encore frileux ; peu sautent le pas, nous confient les Curators. Heureusement, une galerie en ligne ne signifie pas la fin des expositions physiques, loin de là ! « Il est primordial d’avoir un contact humain avec les artistes, comme avec les collectionneurs. »
    The Curators prévoit d’organiser des pop-ups, ou expositions éphémères, partout où vivent leurs artistes. « La première expo se tiendra bien sûr à Bushwick, Brooklyn, à la rentrée. Puis nous irons à Paris, à Londres, à Buenos Aires, et enfin à Beyrouth. »
    Suivez les pérégrinations de la galerie à travers le monde :
    @the.instagram
  • La gauche et les Verts boycottent l’« équipe de France » européenne

    La gauche et les Verts boycottent l’« équipe de France » européenne

    Les eurodéputés de gauche et écologistes ont décidé de ne pas se rendre à la rencontre organisée par le gouvernement français, refusant de faire front derrière un projet français au côté des élus du Rassemblement national.

    L’appel à jouer collectif du gouvernement français aux 79 eurodéputés fraîchement élus n’est pas passé. Invités à Matignon par le premier ministre français Edouard Philippe et la secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, afin de discuter des «priorités» françaises au niveau européen,  la gauche et les écologistes français élu le 26 mai dernier ont décliné.

    L’objectif affiché par le gouvernement de créer une « équipe de France au Parlement européen » n’a pas convaincu. « Nous ne marquerons pas de but contre notre camp au Parlement européen, où nous siégeons par groupe politique. Les membres de la délégation appartiennent à l’équipe de la gauche pour changer l’Union européenne », a affirmé à Euractiv Sylvie Guillaume, la présidente de la délégation socialiste/place publique.

    Coordination 

    La coordination du travail entre les parlementaires européens et les différents services du gouvernement français en charge de l’Europe est une pratique habituelle. Mais l’appel à faire front commun derrière les priorités françaises établies par le  gouvernement a heurté les eurodéputés des autres familles politiques. Tout autant que le carton envoyé au Rassemblement national et ses 24 élus, qui assisteront à la réunion du 7 juin.

    Aucun des eurodéputés socialistes/Place publique ne se rendra donc à la réunion, à l’exception de Sylvie Guillaume, qui devrait jouer le rôle d’émissaire. « Mais je porte une appréciation négative sur l’attitude du gouvernement en convoquant cette réunion », précise la présidente.

    Du côté de la France Insoumise, la politique de la chaise vide sera aussi appliquée, puisqu’aucun des élus ne se rendra à Matignon. « Notre délégation européenne ne se rendra pas à l’invitation du gouvernement ce vendredi. Porteurs des engagements pris devant nos électeurs, nous n’avons pas de consignes à recevoir de sa part sur nos positions des 5 prochaines années de mandat », a précisé la tête de liste Manon Aubry. Chez les Verts, l’invitation a aussi été déclinée par les 13 eurodéputés, malgré l’appel de pied très clair d’Amélie de Montchalin.

    « Dans ce groupe Verts, il y a des gens qui ont cette culture de la coalition, cette culture du compromis. Les Verts allemands travaillent comme cela », a-t-elle souligné lors d’une interview sur France 3, affirmant qu’elle serait ravie de travailler avec Yannick Jadot.

    « Il est nécessaire que nous créions une équipe de France avec tous ceux qui sont prêts à travailler pour la France, qu’on puisse travailler ensemble sur un certain nombre de priorités que nous partageons », avait plaidé la secrétaire d’État.

    Outre les élus de la République En Marche, seuls ceux du Rassemblement national et une poignée des élus Les Républicains – dont Geoffroy Didier se rendront donc à Matignon.

    Un mauvais départ pour les élus LREM, qui tablent sur une large coalition avec la gauche et les Verts au Parlement européen.

    « Cette réunion intervient beaucoup trop tôt, certains groupes au Parlement européen ne sont même pas constitués, aujourd’hui on en est seulement à négocier la feuille de route », explique Karima Delli, eurodéputée écologiste.

    Cordon sanitaire

    Le candidat tête de liste de PS/Place publique, Raphaël Glucksmann a lui aussi dénoncé sur Twitter l’organisation d’une rencontre sous les auspices du gouvernement, en critiquant cette fois l’invitation des eurodéputés du Rassemblement national (RN).

    « Je ne fais partie d’aucune « équipe » avec le Rassemblement National et me sens plus proche d’un socialiste espagnol que d’un nationaliste français », a-t-il affirmé sur Twitter.

    « L’équipe de France est un terme très mal choisi : on est pas des coéquipiers du  Rassemblement national  », confirme l’eurodéputé Karima Delli. « De plus, en tant qu’eurodéputés nous sommes là pour servir tous les européens, et pas  les priorités du gouvernement  français ».

    Cécile Barbière

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Entrepreneurs Français: Michel Hasselwander, le guide des plaisirs bruxellois

    Entrepreneurs Français: Michel Hasselwander, le guide des plaisirs bruxellois

    Arrivé de Saint-Tropez en 1976 à Bruxelles, Michel Hasselwander a tout de suite été séduit par la capitale belge, qui présente selon lui tous les avantages d’une capitale et de la campagne. Il lança il y a 25 ans cette année « Fun in Brussels », magazine indique aux lecteurs les restaurants, hôtels, lieux culturels et événements dans la capitale belge.

    Michel Hasselwander

    Disponible en 4 langues, français anglais neerlandais et chinois, le magazine est distribué à 30 000 exemplaires et disponible dans des centaines de lobbys d’hôtels, restaurants, magasins.

    L’étendue de ce qu’il couvre est extrêmement large: 3600 restaurants pour tous les goûts, une rubrique shopping, une autre consacrée aux musées, théatres et cinémas par exemple.

    Son format poche était à la création du magazine, inédit. L’idée étant de pouvoir l’avoir toujours sur soi facilement. Fun in Brussels est par ailleurs membre de l’assocation des journalistes périodiques belges et étrangers.

    Un secteur de niche que M. Hasselwander pourrait envisager d’étendre à d’autres régions belges, pourquoi pas à l’avenir à Anvers et à Liège, mais en bon professionnel et fin connaisseur du secteur, il ne le ferait que si il est sûr de trouver sur place les professionnels connaissant finement le secteur.

    En attendant, bien dans sa vie et dans sa ville, Michel Hassewander s’implique aussi dans son quartier d’Ixelles nord, dans le centre de la capitale belge. Un quartier qui compte une forte communauté française expatriée. Ceux-ci, tout comme les touristes de passage, consultent régulièrement ce périodique qui reprend tout ce que Bruxelles compte comme activités récréatives.

    Le succès de fun in Brussels tient en effet au fait que le magazine est sans doute le plus précis et complet sur les différentes offres qui existent dans la capitale belge pour avoir du « fun ».

  • Coupe du Monde : Ca commence aujourd’hui ! Pronostics

    Coupe du Monde : Ca commence aujourd’hui ! Pronostics

     Aujourd’hui, en France,  débute la Coupe du monde féminine.

    Les Bleues attaquent la compétition avec  la Corée du Sud, ce vendredi à 21 h (CET) au Parc des Princes. Les joueuses de Corinne Diacre sont les favorites pour décrocher une étoile le 7 juillet.

    Avant de crier cocorico, notons que les  Françaises auront de la concurrence, avec notamment les États-Unis, l’Allemagne, l’Angleterre ou encore le Japon.

    L’équipe de France, en tant que pays hôte, aura de la concurrence pour imiter les hommes de 1998. À moins qu’une surprise ne se révèle durant la compétition ? À l’instar des Pays-Bas, lors du dernier Euro, qui ont décroché le titre à domicile, alors que les Bataves n’étaient pas forcément attendues à ce niveau-là.

    Allemagne

    Avec une quatrième place décevante lors du dernier Mondial, les Allemandes comptent sur cette édition 2019 pour reconquérir un titre qu’elles ont décroché à deux reprises (2003, 2007). Pour cela, la Mannschaft pourra compter sur sa meneuse de jeu lyonnaise Dzsenifer Marozsán qui ne sera pas dépaysée en France.

    Véritable épouvantail en Europe avec pas moins de huit Euros à son palmarès, l’Allemagne d’Alexandra Popp composée principalement de joueuse évoluant outre-Rhin se trouve dans un groupe à sa portée, mais devra se méfier de la Chine et de l’Espagne, nation émergente ces dernières saisons.

    Alexandra Popp, la capitaine de la Mannschaft, veut ramener le trophée en Allemagne. | REUTERS

    Angleterre

    Il aura fallu quelques années pour que l’Angleterre ne mise sur sa sélection féminine. Grâce à un championnat dont le niveau s’est considérablement élevé ces dernières années, les formations anglaises attirent désormais des joueuses de calibre international. Cela s’en est ressenti lors des performances des Lionesses qui sont désormais n° 3 au classement Fifa, juste devant la France.

    Médaillée de bronze lors de la dernière Coupe du monde au Canada, les Anglaises espèrent au moins faire aussi bien cet été dans l’Hexagone. Emmenée par des joueuses qui ont disputé la Ligue des champions cette saison, comme Toni Duggan (Barcelone, finaliste face à l’OL), Lucy Bronze (sacrée avec Lyon) ou encore Millie Bright, Carly Telford et Karen Carney (demi-finalistes avec Chelsea), l’Angleterre peut nourrir de réelles ambitions.

    L’Angleterre semble armée pour remporter un premier titre de championne du monde. | REUTERS

    États-Unis

    Triples championnes du monde les Américaines sont LA référence dans le monde du football féminin. Tenantes du titre, les partenaires de Carli Lloyd auront à cœur d’asseoir encore un peu plus leur domination au niveau international. Alors qu’elles n’ont jamais manqué un seul Mondial depuis que le tournoi est organisé par la Fifa (1991), les Stars and Stripes pourront compter sur des joueuses de renom telles que Megan Rapinoe, Julie Ertz ou encore Alex Morgan afin de ramener une nouvelle fois le trophée de l’autre côté de l’Atlantique.

    Dans un groupe relativement abordable composé du Chili, de la Thaïlande et de la Suède, seules les Scandinaves semblent en mesure de pouvoir bousculer les Américaines. Les n° 1 mondiales pourront compter sur de nombreux spectateurs ayant fait le déplacement jusqu’en France puisqu’il y a un mois, la FFF annonçait que 16 % des billets avaient été achetés aux États-Unis.

    Les Américaines sont les plus titrées, avec trois Coupes du monde à leur palmarès. | AFP

    France

    Devant leur public, les Françaises espèrent pouvoir rééditer la performance réalisée par les hommes au soir du 12 juillet 1998 et un premier titre de champion du monde. Alors qu’elles vont disputer leur premier match officiel depuis deux ans, les joueuses de Corinne Diacre devront gérer la pression d’un tel événement à domicile. Devant un Parc des Princes à guichets fermés ce vendredi soir face à la Corée du Sud, difficile de prédire comment les Françaises, peu habituées à évoluer devant des stades pleins, réussiront à appréhender ce moment. Cependant, elles pourront compter sur une ossature lyonnaise et parisienne, qui joue régulièrement devant plusieurs milliers de spectateurs, notamment en Ligue des champions.

    Le tirage au sort a mis la Corée du Sud, la Norvège et le Nigeria sur le chemin des Bleues. Au premier abord, le tirage semblait clément, mais les Françaises devront se méfier de ces trois nations et principalement de la Norvège, privée de son Ballon d’Or Ada Hegerberg, en froid avec sa fédération.

    La Française Wendie Renard, une des cadres des Bleues. | EPA

    Japon

    Titrées en 2011 quelque peu à la surprise générale face aux États-Unis, les Japonaises font désormais partie du gratin du football féminin mondial. Régulières, les Nipponnes étaient de nouveau finalistes l’édition suivante au Canada, s’écroulant devant la supériorité américaine cette fois-ci. Équipe très rigoureuse, elle sera guidée par sa capitaine Saki Kumagai, qui porte les couleurs de l’Olympique Lyonnais.

    Sacrées championnes du monde U20 l’été dernier en Bretagne, plusieurs d’entre elles ont intégré l’équipe A pour ce Mondial 2019. Le football japonais vit de très belles heures côté féminin et espère surfer sur cette vague pour inscrire une nouvelle ligne à son palmarès.

    Saki Kumagai et les Japonaises vont-elles réussir à décrocher un nouveau titre de championnes de monde ? | EPA
  • Trump s’en va-t-en guerre

    Trump s’en va-t-en guerre

    Guerre commerciale avec la Chine, c’est parti. Sur le papier, les Etats-Unis ont moins à perdre que la Chine. Ils sont la première puissance économique mondial, ils sont moins dépendants du commerce mondial, ils ont le dollar. D’où l’étonnement de Trump de constater que loin de céder, la Chine a tenté de le manœuvrer. Les Chinois pensent avoir le temps et la capacité d’encaisser les coups : ils comptent en décennies et n’ont pas d’électeurs. Les dirigeants chinois seraient plus fragilisés en perdant la face qu’avec un ralentissement économique. La guerre commerciale sino-américaine ferait perdre 0.5% de Pib mondial, dit le FMI, payé par les Américains, les Chinois, et le reste du monde, à commencer par les pays les plus pauvres.  Mais il n’y a pas que ce conflit, il y a un climat guerrier.

    Le tour de l’Inde.Comme le déficit se creuse aussi avec l’Inde, Trump la menace aussi de sanctions commerciales. En face de lui, Modi, un Premier ministre triomphant, renforcé par les élections, ultranationaliste hindou. Se laisserait-il impressionné, lui qui envoya quelques troupes préélectorales au Pakistan?

    Face au Mexique, un mur de taxes douanières.Parce qu’il ne peut pas construire son mur anti-immigrant, Trump taxe les produits mexicains pour obliger le gouvernement mexicain à contrôler lui-même l’immigration. Sauf que l’économie américaine a besoin des importations mexicaines.

    L’Europe se demande quand viendra son tour. Trump promet au Royaume-Uni le jackpot d’un traité commercial très avantageux en cas de Brexit dur. Ce qui parait illusoire, mais ceux qui ont cru aux mensonges de Boris Johnson peuvent croire à ceux de Trump. D’autant que Trump milite aussi pour un nouvel accord de libre échange avec l’UE, enfonçant un coin entre la France et l’Allemagne. Merkel a regretté publiquement le refus français.

    Dans le conflit  avec l’Iran, l’arme économique joue déjà à plein. S’y ajoutent les menaces militaires.On en est passé aux menaces directes, aux dénonciations d’actions terroristes et aux livraisons d’armes record à l’Arabie saoudite, déjà en guerre contre le Yemen, tandis que le Qatar est victime d’un blocus.

    Ceux qui disent que Trump est fou ont tort. Il est en campagne. Taper sur les Chinois, les Mexicains, les Allemands, les Français, les experts du FMI, qui alertent sur les folies d’une guerre commerciale, peut émouvoir les démocrates de New York, mais pas les Texans ni le Midwest. Trump doit conserver les Swing States arrachés aux Démocrates. Or les sondages donnent l’avantage à Joe Biden, favori des primaires démocrates, notamment dans l’Ohio et la Pennsylvanie.

    Pour mobiliser ses électeurs, rien de tel que déclarer la guerre.Si l’économie tient, c’est la preuve que la stratégie est la bonne. Pour l’instant elle tient. Dix ans de croissance. Le chômage au plus bas. Les taux baissent. Le prix du pétrole aussi.

    Maischaque jour qui passe augmente la probabilité de voir la fin du cycle. D’autant que les taxes sur les produits importés seront  payées par les contribuables américains et non par les Chinois : 800$ par tête. Quand les Américains vont-ils s’en apercevoir ? Avant ou après les élections ? Si l’économie flanche, Trump dira que c’est la faute aux Chinois, Indiens, Mexicains et Européens.

    A moins qu’une crise forte n’ait lieu avant, financière ou militaire.Notamment à cause de l’imprévisibilité de Trump. Les discours martiaux et nationalistes peuvent s’enflammer et créer des situations irréversibles. De coups de mentons en coups de mentons, de coups de bluffs en coups de bluffs, on se retrouve prisonnier de ses postures et des craintes que l’on a créées. Trump vit de l’imprévisible et croit grandir du conflit. La seule réponse à cela, c’est la devise du Cadre noir de Saumur: « Calme, droit, en avant ».  Encore faut-il, pour la France comme pour l’Europe, aller en avant. Avec une nouvelle Commission, c’est le moment.

    Laurent Dominati 

    A. Ambassadeur de France
    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Les cinq recommandations économiques de la Commission aux États membres

    Les cinq recommandations économiques de la Commission aux États membres

    Alors que les finances publiques de tous les États membres de l’UE sont désormais en dehors de la zone rouge, la Commission européenne a encore des recommandations de politique économique strictes pour l’Espagne, l’Italie, la Belgique, la Grèce et l’Allemagne.

    La fiesta en Espagne…pour le moment

    Comme prévu, la Commission a proposé de fermer la procédure de déficit excessif contre l’Espagne. Les États membres devraient donner leur bénédiction à cette recommandation dans les semaines à venir.

    Une fois l’Espagne sortie de cette procédure, il ne restera aucun pays au sein du programme de surveillance budgétaire de l’UE, par rapport à 24 pays en 2011.

    Le déficit espagnol a fini par passer sous la barre des 3 % du PIB en 2018 (à 2,5 %) et restera sous cette limite cette année et la prochaine.

    « C’est la fin du cycle de procédures de déficit excessif qui a débuté avec la crise », a déclaré Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques.

    Même si la décision « marque la fin d’un chemin difficile », les problèmes perdurent pour l’économie ibérique, a-t-il ajouté. Avec en premier lieu le haut niveau de chômage dans le pays, le recours généralisé aux contrats temporaires et le haut volume de dette publique.

    À cet égard, Madrid fait encore face à une rude bataille pour équilibrer ses comptes publics. Le pays détient le record du plus grand déficit structurel de la zone euro (3 % du PIB, soit environ 36 milliards d’euros). Et depuis 2017, le pays n’a fait aucun effort pour le réduire.

    Pour régler ce problème, le vice-président de la Commission en charge de l’euro, Valdis Dombrovskis, a déclaré que l’Espagne devait consentir un effort structurel de 0,65 % de son PIB (soit environ 7,8 milliards) en 2019 et en 2020, soit en augmentant les impôts soit en réduisant les dépenses.

    Toutefois, le programme de stabilité soumis par Madrid présente un risque de « déviation importante » de cet objectif, prévient-il.

    Drame italien

    Après avoir évalué les efforts de l’Italie pour réduire la dette publique élevée (environ 132 % du PIB), la Commission a conclu que le gouvernement avait échoué à réaliser ces efforts imposés.

    Il est par conséquent « justifié » de lancer une procédure de déficit excessif en fonction du critère de la dette du programme de stabilité et de croissance, explique Valdis Dombrovskis.

    Les États membres devraient décider dans les prochaines semaines d’approuver cette recommandation. La procédure pourrait mener à une amende de 3,5 milliards d’euros pour Rome (ou 0,2 % du PIB italien).

    La situation s’est empirée depuis décembre dernier, quand l’exécutif européen a effacé la procédure de sanction contre Rome.

    Le commissaire français a souligné que la situation économique de l’Italie en décembre était différente. La croissance était censée atteindre 1,1 % cette année, mais n’a finalement atteint que 0,1 %, soit un point de moins que prévu. De plus, la décision prise à cette période était basée sur des prévisions et des plans budgétaires, alors qu’aujourd’hui il s’agit d’un verdict a posteriori, fondé sur l’exécution budgétaire de 2018, a expliqué le commissaire.

    La Commission a soutenu sa décision avec de nombreux chiffres, et en premier lieu avec la dette publique croissante (censée dépasser 135 % du PIB l’année prochaine) et le déficit (3,5 % du PIB en 2020).

    Pour Pierre Moscovici, reste à savoir si la procédure de déficit excessif pourrait contribuer à créer une marge de croissance et à assainir les finances publiques.

    « Ma porte est ouverte », a-t-il ajouté, en déclarant aux journalistes qu’il était prêt à avoir une « discussion factuelle » avec le gouvernement populiste italien sur la manière d’éviter la procédure de sanction.

    En pleine crise avec la France, le président du Conseil des ministres italien est intervenu à Strasbourg au Parlement européen durant une séance houleuse. Les principaux partis ont condamné l’attitude économique et politique de son gouvernement.

    Doutes belges

    L’Italie n’est pas le seul pays faisant l’objet d’un examen rigoureux. La Commission a également préparé des rapports sur la France, Chypre et la Belgique afin d’évaluer leurs efforts pour équilibrer leurs comptes publics.

    Mais contrairement à l’Italie, la Commission a déclaré qu’elle n’avait pas trouvé suffisamment de raisons pour recommander une procédure de sanction contre l’un de ces pays.

    La Belgique a été le cas le plus difficile à déterminer. Comme Moscovici l’a reconnu, le pays se trouve « à la limite ». Malgré le niveau élevé de la dette publique (102 % du PIB), le pays n’a pas fait d’effort structurel pour la réduire en 2018 et 2019.

    Toutefois, la Commission n’a pas trouvé son analyse suffisamment concluante pour faire passer le pays à l’étape suivante de la procédure de sanction.

    C’est la deuxième année consécutive que l’exécutif européen ne parvient pas à prendre de décision concernant la Belgique. Dans son rapport, l’institution blâme « les grandes incertitudes liées aux facteurs clés de la performance budgétaire en 2017 et 2018 », en particulier sur le caractère structurel de l’amélioration budgétaire. Si ces incertitudes sont prises en compte, l’écart significatif semble être « très faible », peut-on lire dans le rapport.

    La bonne nouvelle pour la Belgique est que les partis nationaux luttent désormais pour forger une coalition suite à des élections nationales non concluantes le 26 mai dernier.

    L’absence d’exécutif pourrait en effet limiter les dépenses publiques, comme cela a été le cas la dernière fois que le pays s’est retrouvé sans gouvernement pendant près de 20 mois.

    Retard grec

    Après avoir atteint ses objectifs budgétaires ces dernières années, le gouvernement de gauche mené par Alexis Tsipras a reçu de sérieux avertissements de la Commission à cause des dernières mesures anti-austérité annoncées à l’approche des élections anticipées du mois prochain.

    Les dernières décisions de la Grèce ne vont pas « dans la bonne direction politique », a déclaré Valdis Dombrovskis. « Il est important de ne pas gâcher les efforts consentis ces dernières années », a-t-il ajouté, rappelant que la dette publique du pays s’élève actuellement à 180 % du PIB, dont l’essentiel est dû à ses partenaires européens.

    Pierre Moscovici a également souligné les « retards » dans la mise en œuvre du programme « cash-for-reform » (« du liquide contre des réformes »)  lancé en 2010.

    La Grèce est sortie de son programme de sauvetage en août dernier. Mais les réductions d’impôts annoncées et les paiements pour les retraités ont mis à rude épreuve les relations entre Athènes et ses créanciers européens.

    Valdis Dombrovskis a déclaré que le paquet proposé par Alexis Tsipras annulait une partie du programme de réforme et présentait un risque pour la concrétisation de l’objectif convenu d’un excédent primaire de 3,5 % du PIB pour cette année et au-delà.

    Dans le cadre de la stratégie de sauvetage, la Grèce a convenu avec ses créanciers de la zone euro d’atteindre un excédent budgétaire primaire annuel de 3,5 % jusqu’en 2022.

    Dépenses allemandes

    Le mandat 2014-2019 de cette Commission européenne se termine comme il a commencé : avec un fort accent sur l’investissement. Alors que le principal problème en 2014 était le faible niveau d’investissement par rapport aux volumes d’avant la crise, la priorité est désormais la qualité des dépenses et un meilleur alignement entre réformes et investissements.

    Afin de relever ces défis, la Commission a inclus pour la première fois des recommandations d’investissement dans son paquet économique.

    L’Allemagne, comme toujours, représente un cas particulier. Selon la Commission, la hausse de l’excédent de l’Allemagne reflète « un niveau d’investissement intérieur faible par rapport à l’épargne dans les secteurs privé et public ».

    Par conséquent, la recommandation numéro un pour la plus grande économie de la zone euro est d’accroître les investissements privés et publics, en particulier au niveau local et régional, dans des domaines tels que l’éducation, l’innovation, le haut débit, les transports durables et le logement.

    Malgré une augmentation de l’investissement public l’an dernier (7,7 %), la Commission a souligné que le taux d’investissement restait inférieur à la moyenne de la zone euro. L’exécutif européen a ajouté qu’il restait un important arriéré d’investissements publics dans les infrastructures et l’éducation, et a déploré que l’Allemagne n’ait pas profité de conditions de financement favorables.

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Trump promet un accord commercial «phénoménal» à Londres

    Trump promet un accord commercial «phénoménal» à Londres

    Le président américain a promis un accord commercial « phénoménal » au Royaume-Uni post-Brexit. Il envisage de multiplier par plus de deux les échanges commerciaux, mais prévient que les conditions devront être négociées.

    Donald Trump, en visite d’État au Royaume-Uni, a félicité Theresa May, Première ministre sortante, sur sa gestion des négociations du Brexit. Lors d’une conférence de presse commune, il a aussi estimé que les deux pays partageaient « la plus belle alliance que le monde ait jamais connue ».

    Plus tôt dans cette deuxième journée de Donald Trump à Londres, les deux dirigeants ont discuté de l’avenir de leur coopération sur le commerce, la défense et les renseignements. Le président américain a aussi réitéré son appel pour que les membres de l’OTAN, dont le Royaume-Uni, respectent leur engagement d’allouer 2 % de leur PIB à la défense.

    La perspective d’un accord de libre-échange avec les États-Unis ne fait cependant pas moins de vagues au Royaume-Uni qu’au sein de l’UE, où l’accord a finalement été abandonné.

    Le Royaume-Uni a inclus une clause dans l’accord UE-Canada afin de clarifier que son service de santé (NHS) ne serait pas obligé de s’ouvrir à la concurrence des firmes canadiennes. Le gouvernement a aussi promis que la NHS ne serait remise en cause dans aucun de ses futurs accords. Sur la question d’un plus grand accès des producteurs agricoles américains au marché britannique, le gouvernement actuel est divisé.

    Cela ne décourage pas Donald Trump, qui assure que pour qu’il y ait un accord « tout doit être renégocié ». « En ce qui concerne le commerce, tout est négociable, la NHS ou quoi que ce soit d’autre. Bien d’autres choses. Tout est négociable. »

    « Pas tant que je serai là », a rétorqué le ministre à la Santé, Matt Hancock, un des candidats au poste de Premier ministre.

    Même son de cloche du côté d’Angus MacNeil, président de la commission du commerce international à la Chambre des communes : « ce serait une erreur catastrophique que de se précipiter dans des négociations avec les États-Unis sans vraie stratégie commerciale globale ».

    Selon les chiffres du trésor britannique, un accord commercial avec les États-Unis ne ferait monter le PIB que de 0,2 %.

    Donald Trump a également rejeté les rumeurs selon lesquelles les États-Unis pourraient limiter le partage de renseignements avec Londres si le Royaume-Uni utilisait l’infrastructure du géant chinois des télécommunications Huawei, insistant pour que les deux pays parviennent à un accord sur cette question.

    L’impétueux président américain a fait preuve de retenue lors de sa conférence de presse avec Theresa May, saluant ses efforts, qui ont mis selon lui le Royaume-Uni dans une « bonne situation ». Par le passé, il s’est toujours félicité de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, estimant que ce serait « merveilleux » durant la visite de Theresa May à Washington, en janvier.

    Theresa May a pour sa part indiqué qu’elle n’avait pas suivi le conseil du président, qui lui proposait de poursuivre l’UE en justice, et s’est montrée prudente quant à un accord commercial.

    Donald Trump a également pris pour cible le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn, qui a refusé de se joindre au banquet organisé par la Reine. Le travailliste est « une force quelque peu négative », a dit le président, ajoutant qu’il avait refusé de le rencontrer pendant sa visite. Il a plus tard fait marche arrière, indiquant qu’il n’aurait « aucun problème » à rencontrer le travailliste, après les révélations selon lesquelles il a notamment rencontré Nigel Farage en privé.

    À quelques encablures dans le centre de Londres, Jeremy Corbyn était l’orateur principal d’une manifestation contre la visite de Donald Trump à laquelle ont participé des dizaines de milliers de manifestants, accusant le président américain d’avoir « créer un sentiment accru de haine ».

    Les huées et les moqueries des manifestants à l’extérieur de Downing Street étaient audibles durant la conférence de presse Trump-May. Fidèle à sa réputation, le président américain a pourtant minimisé l’importance de la manifestation contre sa visite à l’extérieur de Downing Street comme une « fake news » et a affirmé, à tort, que des milliers de personnes s’étaient rassemblées dans les rues pour l’encourager.

    Jamais étranger à la controverse, Donald Trump a également poursuivi sa querelle avec le maire de Londres, Sadiq Khan, qu’il décrivait lundi comme un « perdant ». Sadiq Khan a lui répondu en expliquant ses arguments dans une vidéo.

    Benjamin Fox

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Cérémonie des 75 ans du débarquement allié en Normandie – VIDEO (TF1)

    Cérémonie des 75 ans du débarquement allié en Normandie – VIDEO (TF1)

    Les présidents Donald Trump, Emmanuel Macron, et la reine Elizabeth II se sont réunis mercredi à Portsmouth (sud de l’Angleterre) avec des centaines de vétérans  pour célébrer le 75e anniversaire du Débarquement allié en Normandie, lors d’une cérémonie émouvante qui a rendu hommage à ceux qui donnèrent leurs vies pour libérer l’Europe « nazi ».

    Portsmouth fut le port de départ pour Sword Beach, la plage normande la plus orientale des cinq choisies pour le débarquement des Alliés en Normandie (ouest de la France), la plus grande opération de l’histoire de ce type en nombre de navires engagés.

    Au soir du 6 juin 1944, plus de 150 000 Alliés avaient pris pied sur le sol français, dont plus de 10 000 furent tués, blessés ou disparurent dans l’opération, selon les chiffres du Mémorial de Caen.

    Les célébrations, qui se poursuivront jeudi en France, ont commencé par la projection sur un écran géant d’images du «D-Day» montrant ces soldats qui, au péril de leur vie, débarquèrent sur les plages de Normandie.

    Seize pays représentés

    Une dizaine de vétérans sont ensuite montés sur scène, émus, parfois s’appuyant sur une canne, avant d’être salués par une ovation debout du public et de représentants ou dirigeants de seize pays, dont la Belgique.

    Aux côtés de la reine et de MM. Trump et Macron figuraient notamment la chancelière allemande Angela Merkel, les Premiers ministres britannique Theresa May, canadien Justin Trudeau, belge Charles Michel, néerlandais Mark Rutte et luxembourgeois Xavier Bettel.

    M. Trump, qui concluait à cette occasion une visite d’État au Royaume-Uni entamée lundi, a sobrement lu une prière que son prédécesseur Franklin D. Roosevelt déclama à la radio au soir du 6 juin 1944 en soutien à ceux qui combattaient alors pour «libérer une humanité souffrante».

    M. Macron a ensuite lu pour sa part la lettre d’adieu déchirante d’un jeune résistant, Henri Fertet, fusillé à l’âge de 16 ans.

    Après 87 jours d’emprisonnement et de torture, il écrivit à ses parents: «Je meurs pour ma patrie. Je veux une France libre et des Français heureux. […] Quelle mort sera plus honorable pour moi que celle-là?».

    Après la lecture de la lettre, en français, le baryton britannique Willard White a entonné «Le Chant Des Partisans».

    Mme Merkel a elle souligné dans un communiqué que le Débarquement avait «libéré» les Allemands du «national-socialisme» et permis «la réconciliation, l’unification au sein de l’Europe».

    Dans la soirée, les dirigeants encore présents devaient assister à l’embarquement de 300 vétérans britanniques qui rejoindront la France en bateau.

    Sans la Russie

    Pour commémorer cette journée historique, les pays représentés à Portsmouth ont adopté une «Déclaration» pour «faire en sorte que les sacrifices du passé ne soient jamais vains et jamais oubliés».

    «Au cours des 75 dernières années, nos nations ont défendu la paix en Europe et dans le monde, la démocratie, la tolérance et l’État de droit», écrivent-ils.

    «Nous travaillerons ensemble en tant qu’alliés et amis pour défendre ces libertés chaque fois qu’elles seront menacées».

    Absente des commémorations, la Russie a appelé à ne pas «exagérer» l’importance du Débarquement, et à ne pas «minorer» ainsi le rôle de l’URSS dans la défaite du dictateur Adolf Hitler.

    Retrouvez le programme en vidéo

     

  • Attention aux aviseurs fiscaux !

    Attention aux aviseurs fiscaux !

    Depuis 2017, l’Etat Français a le droit de rétribuer un informateur qui lui apporte des renseignements lui permettant, ainsi, de débusquer une fraude fiscale via l’étranger. L’administration ne s’est emparée que très prudemment de cette nouvelle prérogative mais elle y prend ses habitudes à la vue des résultats. En effet ces bons tuyaux ont déjà permis de faire rentrer 90 millions dans ses caisses.

    Pour débusquer les fraudeurs à l’impôt, rien ne vaut un bon tuyau. Enfants spoliés d’héritage, divorcés en conflit, familles déchirées, concurrents jaloux, collaborateurs maltraités : dans la plupart des grandes affaires de suspicion de fraude fiscale qui ont défrayé la chronique ces dernières années (Wildenstein, Takieddine, Bettencourt, Wendel, Dassault, Balkany…), les révélations sont venues d’un connaisseur du montage de l’intérieur plutôt que d’une découverte après inspection des contrôleurs fiscaux. Sans parler des véritables lanceurs d’alerte à l’origine des listes HSBC, UBS, LuxLeaks, Panama Papers, Paradise Papers, Football Leaks, qui, en fuitant des fichiers aux médias, ont carrément dévoilé des tricheries aux taxes par milliards à l’échelle mondiale.

    Que ce soit par soif de vengeance ou par souci moral, les dénonciateurs s’avèrent donc de précieux alliés pour l’administration fiscale. D’ailleurs, de tout temps, un discret bureau de la Direction nationale d’enquêtes fiscales, le service de renseignement du fisc, reçoit et traite toutes sortes de signalements (sauf ceux parvenus de façon anonyme, non pris en compte). Mais ce qui est plus récent -et méconnu-, c’est que, depuis le 1er janvier 2017, l’administration fiscale peut indemniser les  » aviseurs fiscaux  » (c’est le terme officiel) s’il s’avère que leurs confidences ont abouti à pincer un gros contribuable cachottier. La possibilité de rémunérer des indics, d’abord introduite comme un test, a été entérinée par la dernière loi de lutte contre la fraude fiscale du 23 octobre 2018.

    bâtiment Centre des Finances Publiques Paris 6em

    La pratique est strictement encadrée : les informations transmises doivent porter à la connaissance du fisc  » des faits graves  » (c’est-à-dire portant sur des centaines de milliers d’euros d’impôts escamotés) et  » décrits avec précision  » (avec souvent des documents à l’appui), susceptibles de justifier une enquête et déclencher un contrôle fiscal fructueux. Surtout, seuls les renseignements sur un schéma de fraude internationale -les plus difficiles à détecter par les contrôleurs- se qualifient : infractions liées aux règles de domiciliation en France, à l’obligation de déclarer les comptes et trusts détenus à l’étranger pour les résidents, montages abusifs d’optimisation fiscale off-shore pour les entreprises… Pas question de récompenser le grincheux qui dénoncerait son voisin pour avoir creusé une piscine non déclarée ou parce qu’il se vante de ne pas acquitter la redevance audiovisuelle ! Le barème de rémunération, lui, reste confidentiel. On sait juste qu’il est calé en proportion au montant de l’impôt éludé ainsi récupéré.

    Est-ce du fait de ces contraintes, du délai des contrôles ou de la prudence de l’administration ? En tout cas, à mi 2018, soit après un an et demi d’expérimentation, un seul aviseur avait jusqu’ici été payé pour ses renseignements. Sur 61 demandes d’indemnisation, 39 ont été jugées extérieures au cadre de la loi ou ont été classées sans suite; 10 demandes font encore l’objet d’échanges avec l’aviseur; 10 sont en cours de contrôles fiscaux et, donc, une demande a fait l’objet d’une indemnisation définitive, selon les chiffres donnés par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin lors des discussions parlementaires sur le vote de la loi de lutte contre la fraude.  » Ce dispositif nous permet de recueillir des informations précieuses, a indiqué le ministre. Les contrôles engagés sur la base des renseignements obtenus ont permis de notifier plus de 86 millions d’euros de droits et pénalités, dont 80 millions ont déjà été recouvrés. Cette méthode a ses avantages et a prouvé qu’elle pouvait donner des résultats.  » Notant que  » les lanceurs d’alerte ont contribué ces dernières années à la manifestation de la vérité sur les affaires les plus spectaculaires et permis la récupération concrète de deniers publics « , le ministre appelle les services fiscaux à  » davantage s’appuyer sur eux  » :  » Nous devons faire évoluer notre culture administrative : un seul aviseur, ce n’est pas assez.  »

    Aux Etats-Unis, record à 104 millions de dollars

    De fait, en France, le sujet est sensible. Quand, en 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a réglementé ces pratiques, jusqu’alors opaques et discrétionnaires, de rémunération des informateurs, courantes notamment dans la police et les services secrets, il a été décidé que, à Bercy, seules les douanes auraient ce droit, mais plus le fisc. Cependant, par la suite, les fuites de lanceurs d’alerte, tel Hervé Falciani, qui a transmis le fructueux fichier HSBC, ont remis la question sur le tapis. Non sans polémique face au tir de barrage des mouvements patronaux et avocats fiscalistes criant à « l’encouragements à la délation comme aux pires heures de notre histoire ». Au sein de l’administration fiscale aussi, il y a une certaine réticence de principe à recourir à cette pratique.

    Mais la morale a changé de camp. Surtout que d’autres pays d’Europe achètent des informations, telle l’Allemagne où le Land de Rhénanie-Westphalie a acheté, entre 2012 et 2015, onze CD et clefs USB de données volées à des banques suisses ou du Liechtenstein pour 19 millions d’euros et en a retiré 7 milliards de recettes fiscales supplémentaires. Le record vient des Etats-Unis où le banquier repenti Bradley Birkenfeld a touché, en 2013, une commission de 104 millions de dollars de la part du fisc pour avoir retourné sa veste et balancé les noms et numéros de comptes de centaines de contribuables qui dissimulaient dollars, lingots et diamants chez UBS. Dans l’affaire, le fisc américain a récupéré plus de 15 milliards de dollars qui échappaient jusqu’alors à ses radars… et les Etats-Unis ont forcé la Suisse à mettre fin à son secret bancaire. En 2017, outre-Atlantique, 242 délateurs se sont partagés 34 millions de dollars représentant 18% des rappels d’impôts ainsi récupérés par le fisc.

    En France, les sommes en jeu sont évidemment beaucoup plus modestes. Et avis aux candidats qui auraient l’intention de nuire à un ennemi en le dénonçant au fisc : l’administration n’hésite pas à transmettre à la justice les noms d’auteurs de délations calomnieuses.

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