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  • L’économie est la solution à l’écologie

    L’économie est la solution à l’écologie

    « Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas. » Les peuples, notamment les plus pauvres, ne sacrifieront pas leur développement pour sauver la planète.

    Si l’écologie est punition, restriction, taxation, elle n’a aucune chance. Or elle l’est trop souvent. Notamment dans le discours sur la « décroissance » ou sur « la fin du capitalisme». Nicolas Hulot a proposé de renoncer à tous les traités de libre-échange avec les pays qui ne respectent pas un certain nombre de critères écologiques. Ce serait un appauvrissement mondial comme seul Trump sait le provoquer dans sa guerre commerciale avec la Chine.

    Ne pas punir les peuples

    Ce serait surtout interdire aux pays émergents de se développer et de trouver des solutions aux crises écologiques. Drôle de fraternité, drôle de progrès pour l’humanité. Quelqu’un peut-il croire que l’on sauvera l’Amazonie contre les Brésiliens ? Que l’on dépolluera le Nil sans les Egyptiens ? Quel mépris pour eux, et méconnaissance de lois de l’échange. Le libre-échange permet une meilleure allocation des investissements, procure donc globalement, pour les partenaires de l’échange, des ressources supplémentaires, qui peuvent être investies dans de nouveaux projets.  Ce sont ceux là qui comptent.

    Les 100 milliards de Merkel

    Angela Merkel vient de décider que l’Allemagne allait investir 100 milliards d’euros dans la transition écologique. C’est plus que les accords de Paris pour l’aide au développement dans le cadre de la transition écologique. On en est à 75 milliards, l’objectif est de 100 milliards en 2025. L’Allemagne peut investir 100 milliards, parce qu’elle a un budget excédentaire et des taux d’intérêt négatifs. La France, qui emprunte désormais plus de 200 milliards par an, n’a malheureusement pas cette possibilité. Dommage. Elle profitera néanmoins de ce budget d’investissement allemand, comme toute l’Europe. Comme le reste du monde, y compris les pays pauvres. A crise écologique mondiale, solutions mondiales qui passent par l’investissement. Comme toujours. Et un succès local devient mondial.

    Ne pas ignorer les problèmes, encore moins les solutions

    « Vous ne pouviez pas dire que vous ne saviez pas » : Ne pas être du coté de ceux qui ignorent les solutions. Elles sont là, en train de naître, partout dans le monde. Casser l’économie, dénoncer le développement, le productivisme, le libre-échange, non seulement n’a aucune chance de convaincre, mais va à rebours des solutions que l’on connait déjà.

    Ecologie et économie ont la même racine, ils sont quasiment interchangeables. Le capitalisme est un système de création de plus values. Fondamentalement, il déteste le gâchis. Le consumérisme débridé est anticapitaliste. La production même de déchets est contraire à « l’esprit du capitalisme », qui est l’épargne- et l’investissement. La valorisation des déchets, l’économie circulaire, sont les solutions déjà en œuvre. Elles n’en sont qu’au début. Et ne sont qu’un début de solutions.

    Les déchets sont des ressources

    La réponse aux problèmes de la planète, de l’urbanisation, de la chimie invasive, des plastiques, de l’air, sont dans la révolution de l’économie de la connaissance. Les études en biologie, en nanotechnologies, en nouveaux matériaux, en production, stockage et distribution d’énergie, en traitements des données, en traçage des produits, sont en train de passer au stade « industriel ». Les déchets sont des ressources. Les sciences du vivant et l’étude de la biodiversité ouvrent un nouvel univers de connaissance, et donc de richesses. Pour l’agriculture comme pour l’industrie, le mode de production ou de consommation.

    L’avenir de l’énergie est-il dans les algues ou dans la transformation du plastique en essence ? Les deux, sans compter les quinze, vingt, cent autres solutions à l’étude.

    Les solutions sont dans l’économie

    Quand les déchets plastiques deviendront une source de pétrole, il n’y en aura plus beaucoup qui traineront. Tel est par exemple le message concret que porte le bateau Plastic Odyssey, en Méditerranée, ou l’association Earthwake, pour parler des dernières initiatives que j’ai rencontrées. Il y en a mille autres. Beaucoup aux Etats-Unis. L’Inde est en pleine demande. Aurait-il fallu l’exclure parce qu’elle ne respectait pas les critères écologiques (et encore moins les critères sociaux) ?

    Sacrifier l’économie à l’écologie est un non sens. Promettre la pauvreté et la fermeture des frontières comme solution pour la planète est une insulte à l’intelligence, au travail et aux difficultés des vraies gens. Ceux qui ramassent les cartons en Afrique utilisent les applications des smartphones pour les revendre.

    Les économies verteou bleue, quoiqu’opposées, selon les définitions plus ou moins prometteuses qu’on leur donne, veulent remplacer la rouge, celle de l’industrie passée et prétendent à un nouveau modèle. Elles représentent évidemment un formidable potentiel de croissance et de développement.

    Economie verte, bleue, rouge

    Mais comme l’industrie fut créée à partir de l’économie agricole et des foires commerciales, comme les services infusent l’industrie et l’agriculture, les économies « bleue » ou « verte » viennent des circuits, surplus et transformations de la « rouge ». Toutes se fondent dans la révolution de l’économie de la connaissance, du digital, de la mondialisation. Ces catégories sont artificielles, on ne favorise pas l’une en bridant l’autre. L’économie, l’échange, même rouge, fera l’économie verte ou bleue. Les industries rouges vont se verdir, investir dans le bleu. C’est le rêve de l’Afrique.

    Moins de temps sur les retraites, plus sur la science

    C’est pourquoi il est dommage que la France ne puisse faire son plan à cent milliards comme l’Allemagne. Elle  traine ses 200 milliards de déficits annuels comme un boulet, dans la lourdeur de son vieil Etat du XXème siècle. Ensemble, France et Allemagne, avec des investissements à deux cents milliards, transformeraient l’Europe. Et la société. Car on ne garderait pas le même type d’administration, d’enseignement, d’urbanisme etc… A ce prix, on referait tout.

    Ne pas en avoir les moyens nous oblige à changer encore plus vite. Passer moins de temps sur les retraites, plus sur l’économie de la connaissance, l’économie verte, l’économie bleue, toutes les couleurs de l’espérance – et de la science.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société Editrice du site “Lesfrancais.press”

  • Enseignement français à l’étranger: importantes annonces du gouvernement

    Enseignement français à l’étranger: importantes annonces du gouvernement

    Les ministres des affaires étrangères Le Drian et de l’éducation nationale Blanquer, accompagnés par le secrétaire d’Etat Lemoyne ont donné ce 3 octobre une conférence de presse concernant l’avenir de l’enseignement français à l’étranger.

    « puissance éducative » – M. Le Ministre de l’Education nationale – M. Blanquer

    Sujet majeur et récurrent pour les Français résidant hors de France, l’enseignement français à l’étranger est complexe : outre l’agence officielle AEFE, qui dispose, souvent en gestion directe, de près de 500 établissements à travers le monde, il existe la mission laïque française, plus de 100 établissements, et une multitude d’acteurs privés comme par exemple le réseau Odyssey.

    97,2% de réussite au bac

    Le ministre Le Drian a tout d’abord salué les spectaculaires résultats au baccalauréat des Lycées français. Avec 97,2% de réussite, le réseau participe à la diplomatie d’influence de la France dans le monde.

    Le lycée français de Bogota

    Parlant de « puissance éducative », Jean-Michel Blanquer souligna l’exemple de Bogota ou la demande est particulièrement forte, tout comme dans le reste de l’Amérique du sud ainsi qu’en Afrique. Le Ministre reconnait cependant que des opportunités pourraient être développées en Asie du Sud-Est ainsi que dans certains pays de la francophonie.

    Limitation à 6 ans du détachement des futurs professeurs

    Parmi les annonces, la limitation à 6 ans du détachement des futurs professeurs. Le ministre annonce que cela se fera au bénéfice des lycées et aussi de la France dans une vision fluide.

    Cela pose cependant plusieurs questions : quid de celles et ceux qui construisent une vie à l’étranger, fondent une famille, ont un projet, cherchent à acheter un bien ? Sur ce point, le syndicat enseignant SNES, que nous avons contacté, est extrêmement circonspect.

    25 millions d’euros pour l’AEFE et 1000 postes supplémentaires

    Autre élément, déjà annoncé précédemment, 25 millions d’euros supplémentaires alloués à l’AEFE et 1000 postes de titulaires supplémentaires sur le réseau.

    Ghassan Ayoub, Elu AFE

    La plupart des intervenants soulignent que cela est positif mais beaucoup pensent que ce n’est pas suffisant. Pour la co-secrétaire générale du SGEN CFDT français de l’étranger, que nous avons contacté, cela ne règle pas tout car cela ne compense pas les 33 millions d’euros de coupes budgétaires. Un avis partagé par le syndicat SNES également joint.

    Une opinion également de Ghassan Ayoub, élu AFE membre de la commission en charge de l’éducation. Pour M. Ayoub, « c’est un petit pas ». L’élu qui souligne que 500 postes ont été supprimés et qu’ils seront principalement des postes de résidents à la charge des familles.

    La question de l’homologation et des partenariats privés au cœur des débats

    Soulignée, régulièrement, par la majorité présidentielle, la question de la participation d’interlocuteurs privés, fondations ou entreprises, est largement au cœur des échanges.

    Mehdi Benlahcen, élu AFE

    Certains, en particulier les syndicats, sont particulièrement hostiles à l’intervention des interlocuteurs privés. Souhaitant que les nouveaux 16 pôles régionaux, qui vont chapeauter les lycées, un peu comme des rectorats, soient gérés uniquement par l’AEFE, les acteurs syndicaux sont également sceptiques sur les possibilités pour de nouveaux organismes du secteur privé à être en mesure de proposer un enseignement aux standards de l’éducation nationale.

    L’élu AFE du Portugal Medhi Benlahcen, lui même issu du corps enseignant, et  qui a naturellement suivi de près l’ouverture de l’école Redbridge de Lisbonne estime, pour sa part, que ces réseaux peuvent compléter l’offre de l’AEFE. En effet, le lycée de Lisbonne a une liste d’attente importante, mais il invite à la vigilance quant au sérieux et à la faisabilité des projets. Le Portugal a déjà vécu un abandon de projet. 

    Le ministre, lui, parle de complémentarité entre l’AEFE, les partenaires privés historiques tel que la Mission Laïque française, et de nouveaux acteurs comme Odyssey.

    Et les parents d’élèves ? Et les élèves ?

    Ceux dont, tout de même il fut question, les élèves et les parents de ces derniers, firent l’objet de certaines annonces.

    Le gouvernement a annoncé souhaiter le doublement du nombre de représentants des associations de parents d’élèves au conseil d’administration de l’AEFE, actuellement limité à deux, ainsi que la présence d’un représentant des anciens élèves.

    Il souhaite aussi et surtout que les associations soient prévenus et consultées en amont des décisions des établissements notamment pour les questions budgétaires. Une décision qui interpelle le SNES, qui estime que le fait de payer, parfois très cher, pour la scolarité ne donne pas nécessairement de droits sur le processus décisionnel. Un antagonisme qui risque de ne pas améliorer les relations entre certains des acteurs…

  • Attaque au couteau à Paris – Vidéo

    Attaque au couteau à Paris – Vidéo

    Un agent de la préfecture de police de Paris a agressé plusieurs policiers, ce jeudi, dans l’enceinte du bâtiment, ont affirmé des sources proches du dossier à 20 Minutes, confirmant une information de RTL. Après avoir tué quatre policiers, l’assaillant a été abattu par les forces de l’ordre, ont confirmé ces mêmes sources.

    20 Minutes fait le point sur l’attaque à la préfecture de police de Paris, qui se trouve sur l’île de la Cité, dans le centre de la capitale.

    Que s’est-il passé ?

    Un homme a fait irruption dans l’enceinte de la préfecture de police, ce jeudi midi, armé d’un couteau. Quatre policiers sont morts, un autre a été blessée, ont confirmé des sources proches du dossier à 20 Minutes. Lors de l’attaque, les policiers ont riposté avec leurs armes, tuant l’assaillant, selon des sources concordantes.

    Regardez la vidéo de 20 minutes.fr

    Selon nos informations, l’homme est d’abord rentré dans un des bâtiments et a attaqué une policière au couteau. Il a ensuite descendu les escaliers et s’est attaqué à une autre policière qu’il a croisée. Il est sorti dans la cour et c’est à ce moment-là qu’il a été neutralisé par d’autres policiers.

    Qui est l’assaillant ?

    D’après nos informations, l’agresseur est un agent administratif de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). Les enquêteurs explorent notamment la piste d’un conflit personnel, ont précisé plusieurs sources, mais ses motivations restent, pour l’heure, inconnues.

    Comment l’enquête s’organise-t-elle ?

    Le parquet de Paris a confié l’enquête à la brigade criminelle de la police judiciaire, ont confirmé plusieurs sources proches du dossier à 20 Minutes. Contacté par nos journalistes, le parquet national antiterroriste (PNAT) confirme qu’il n’est toujours pas « saisi » de l’enquête à cette heure. Le parquet de Paris a également précisé que « la situation est en cours d’évaluation avec le parquet national antiterroriste ». La piste terroriste n’est donc ni privilégiée, ni exclue à ce stade.

    Emmanuel Macron, le président de la République, le Premier ministre Edouard Philippe, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner et le secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, sont sur place. Selon nos informations, le procureur de Paris doit, lui aussi, se rendre sur les lieux.

  • La démographie européenne vue de ses régions

    La démographie européenne vue de ses régions

    La direction statistique de l’Union européenne, Eurostat, a publié une étude sur la démographique des régions économiques de l’Union. Ces régions ne correspondent pas aux entités institutionnelles mais aux bassins économiques.

    Paris, première zone urbaine d’Europe

    55% de la population mondiale vit en milieu urbain. Ce taux est de 76% pour l’Union européenne. Les grandes métropoles continuent d’attirer une part croissante de personnes à la recherche d’un emploi et d’un certain mode de vie. L’Union européenne se caractérise par une grande diversité au niveau de ces villes. De nombreux centres urbains comptent entre 50 000 et 100 000 habitants. Face à ce tissu de villes de taille moyenne, plusieurs grandes métropoles dominent avec des populations dépassant plusieurs millions de personnes.

    L’agglomération parisienne avec 12,8 millions de personnes arrive en tête devant Londres (12,1 millions de personnes). Les autres grandes métropoles arrivent loin derrière. En effet, Madrid occupe la troisième place avec 6,6 millions d’habitants. Suivent Berlin et Milan. Six des 20 plus grandes zones urbaines fonctionnelles étaient situées en Allemagne, quatre au Royaume-Uni, trois en Italie et deux en Espagne. Budapest, en Hongrie, était la seule zone urbaine fonctionnelle des États membres de l’Est de l’Union à figurer parmi ces 20 plus grandes zones, tandis qu’aucune zone urbaine fonctionnelle des États membres du Nord n’y apparaissait. La France ne place que Paris dans ce classement.

    Age médian, le grand écart entre la Mayotte et la Grèce

    Au sein de l’Union européenne, l’âge médian de la population a atteint 43,1 ans au début de l’année 2018. Avec le vieillissement, il progresse d’année en année. Il était de 38,6 ans en 2002. Un cinquième de la population européenne a plus de 65 ans. Cette proportion a augmenté de 2,5 points en dix ans. Les âges médians les plus bas ont été enregistrés dans deux régions ultrapériphériques françaises, à savoir Mayotte (18,1 ans) et la Guyane (26,1). Les migrations dans ces territoires expliquent ce faible âge. De nombreuses Comoriennes viennent en particulier accoucher à Mayotte.

    En Europe continentale, ce sont cinq régions urbaines du Royaume-Uni qui enregistrent l’âge médian le plus faible : Nottingham (29,9), Manchester (30,0), Tower Hamlets – Est de Londres (31,2), Leicester (31,8) et Southampton (32,2). Ces régions se caractérisent par une forte proportion d’étudiants en leur sein. Les régions présentant les âges médians les plus élevés comprenaient la région Evrytania au centre de la Grèce (55,0 ans), la région Arr. Veurne dans le nord-ouest de la Belgique (53,8) et neuf régions est-allemandes (âge médian entre 53 et 53,8 ans)

    Taux d’emploi des diplômés, l’Allemagne en tête

    Les diplômés de l’enseignement supérieur bénéficient d’un fort taux d’emploi au sein de l’Union européenne. Le taux est de 80,6% en 2018, proche de l’objectif de 82% fixé à la politique Europe 2020. En 2018, le taux d’emploi des diplômés récents était égal ou supérieur au critère de référence de 82% dans 155 des 269 régions pour lesquelles des données sont disponibles. Le taux dépasse 90% dans plusieurs régions concentrées en Tchéquie, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche et en Suède. Le taux le plus élevé a été constaté dans le Niederbayern dans le sud-est de l’Allemagne (97,6%). À l’opposé, les taux les plus faibles ont été enregistrés dans le sud de l’Italie notamment en Sicile 7 (27,3%). La Grèce est l’autre État européen où le taux d’emploi des diplômés est particulièrement faible.

  • Rouen :  L’entreprise Lubrizol est pleinement responsable de l’incendie et des pollutions selon l’Etat

    Rouen : L’entreprise Lubrizol est pleinement responsable de l’incendie et des pollutions selon l’Etat

    Les produits chimiques qui ont brûlé lors de l’incendie de l’usine Lubrizol, le 26 septembre 2019, sont connus, mais la dangerosité sur la santé des populations exposées, notamment à Rouen, pose question. Lors d’une conférence de presse, mercredi 2 octobre 2019, les services de l’État ont tenté de lever certaines inquiétudes. Le préfet de Seine-MaritimePierre-André Durand a insisté à plusieurs reprises sur le fait que « l’entreprise est pleinement responsable » :

    Toutes les dépenses de sécurité et d’analyses devront clairement être supportées par l’entreprise. – Préfecture

    « Nous ne pouvons pas dire qu’il n’y a pas de pollution à la dioxine »

    La grande inquiétude porte sur la présence massive ou non de dioxine dans le secteur impacté par le panache de fumée émis lors de la catastrophe. Les dioxines sont des molécules cancérigènes présentes dès lors qu’il y a combustion. « On n’a pas identifié de manière majeure de la dioxine dans les produits chimiques qui ont brûlé », indique Raymond Cointe, directeur général de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Cependant, des premiers prélèvements ont été effectués par les sapeurs-pompiers lors de leur intervention. Sur les cinq lingettes analysées, deux présentent des taux trois fois supérieurs à la lingette témoin.

    Les résultats de ces analyses vont de 0,04 à 0,20 nanogramme par mètre carré, lorsque la lingette témoin, située hors du panache de fumée, comprend 0,06 nanogramme. « Cette présence provient soit des produits stockés qui ont brûlé, soit de la combustion des bâtiments de l’usine, indique Raymond Cointe. Nous sommes dans des niveaux relativement faibles. Cependant, à ce stade, nous ne pouvons pas dire qu’il n’y a pas de pollution à la dioxine. »

    Selon Frédéric Poitou, expert judiciaire en chimie et pollution, « n’importe quel expert chimiste vous dira que dans une combustion d’usine avec autant de produits chimiques, il y a un risque non négligeable et même probable de productions de dioxines ».

    Quelles craintes pour la sécurité alimentaire ?

    Le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, lors d'une conférence de presse, mercredi 2 octobre 2019.
    Le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, lors d’une conférence de presse, mercredi 2 octobre 2019. (©AFP)

    Des analyses sur d’autres lingettes doivent être effectuées et des résultats d’analyses de prélèvements de végétaux sont attendus. Ces résultats seront déterminants pour lever ou renforcer les mesures conservatoires sur les productions agricoles, effectives dans 112 communes de Seine-Maritime, mais également dans l’Oise, la Somme, l’Aisne et le Nord. Pour le moment, les services de l’État assurent que « tous les produits commercialisés sont consommables ».

    « Les contrôles ont été effectués dès vendredi [27 septembre, ndlr] et se poursuivent de manière quotidienne », assurent les services de l’État. Pour le moment, 150 prélèvements ont été effectués dans 40 exploitations.

    De l’amiante toujours recherchée

    L’État avait mis plusieurs jours pour reconnaître que les bâtiments incendiés étaient notamment fabriqués en amiante. « L’exploitant a réalisé à ses frais, des analyses dans les 300 mètres. Il a été mesuré trois fibres d’amiante par litre d’air, ce qui est très peu », appuie Patrick Berg, directeur de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Normandie.

    Cependant, « de nouvelles investigations vont être menées dans un périmètre élargi à 800 mètres autour de l’usine », sur demande du gouvernement. « Toutes ces opérations seront assumées par l’entreprise », insiste encore le préfet.

    « Je fais mon métier, j’explique, j’assume »

    Le préfet Pierre-André Durand a été interrogé sur sa démission demandée par une partie de la population. L’énarque n’a pas répondu avec précision, mais a redit qu’il assumait sa stratégie, notamment, de ne pas déclencher les sirènes dès le début de l’incendie vers 3 heures du matin et de n’en déclencher que deux. Il a reconnu que ses décisions pouvaient être « critiquées », mais a maintenu que « cette orientation opérationnelle était la bonne ». « Je fais mon métier, j’explique, j’assume », a appuyé le préfet.

    Qui a dit que la presse nationale ne s’intéressait pas à ? La conférence de presse du @Prefet76

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    Interrogé sur sa démission demandée par une partie de la population après , le @Prefet76 répond : « Je fais mon métier, j’explique, j’assume »

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    Évacuation de 160 fût endommagés

    Il reste à évacuer de l’usine 160 fûts endommagés, a redit mercredi Pierre-André Durand, en souhaitant aussi que l’opération de pompage des huiles encore sur le site soit achevé « en fin de semaine ».

    Plus de 100 maires et élus normands ont demandé mercredi la reconnaissance rapide de « l’état de catastrophe technologique » et la mise en place d’un registre de suivi médical.

    Les députés ont décidé de créer une mission d’information. Ils devaient auditionner la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne, mercredi soir. Du côté du Sénat, une commission d’enquête est « dans les tuyaux ».

    Un numéro vert

    Par ailleurs, le gouvernement va demander « à l’ensemble des dirigeants des sites Seveso d’effectuer des contrôles de sécurité », a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

    Il a aussi mis en place un numéro vert pour répondre aux questions sur les conséquences de l’incendie : 0800 009 785

  • Audition compliquée pour Sylvie Goulard au Parlement européen

    Audition compliquée pour Sylvie Goulard au Parlement européen

    Les partis de droite et de gauche ont concentré leurs questions sur les enjeux d’intégrité plutôt que d’évoquer le fond des dossiers.

    La candidate française Sylvie Goulard, proposée pour le poste du marché intérieur a subi un interrogatoire animé, devant les commissions du marché intérieur, de l’Industrie, des affaires juridiques et des affaires culturelles. Un feu croisé de questions qui ont plus porté sur ses activités passées et son intégrité que sur son portefeuille et ses compétences en matière de politique industrielle, de défense, de marché unique ou des enjeux culturels.

    Une situation qui s’explique par un Parlement européen divisé, et des premières auditions compliquées. Les élus de droite du parti populaire européen ont été les plus agressifs à son égard, alors que le PPE prend mal le fait qu’un de ses candidats ait déjà été désavoué par la commission des affaires juridiques, qui a d’emblée éliminé le candidat hongrois, mais aussi une candidate du parti socialiste roumain.

    « C’est un règlement de compte, le PPE et les sociaux-démocrates ont perdu des candidats, ils veulent se venger sur un candidat Renew » souffle une source au Parlement européen.  Le chef de parti de Renew, Dacian Ciolos, avait déjà indiqué qu’il n’entrerait pas dans des négociations d’alcôve, contrairement à ce que les chefs de parti ont l’habitude de pratiquer au Parlement européen. Pas question pour lui de gérer en amont des auditions le sort des commissaires.

    Le résultat n’est pas des plus productifs, puisque l’audition ne s’est pas tellement porté sur le fond du portefeuille de la candidate, la plupart des candidats des deux plus grands partis posant des questions sur sa collaboration avec le think-tank américain Berggruen lorsqu’elle était eurodéputé, une question évoquée pour la première fois sur Euractiv en 2014.

    L’eurodéputé Les Républicains Geoffroy Didier s’est étonné des montants importants de sa rémunération auprès de ce think-tank . Or selon sa propre déclaration d’intérêt, l’élu déclare lui-même 10.000 euros par mois en tant qu’avocat, en plus de sa rémunération d’eurodéputé, ce qui le place dans une situation comparable.

    De nombreuses questions ont aussi porté sur la démission d’un de ses collaborateurs, alors que la justice française poursuit plusieurs membres de son parti d’alors, le Modem , soupçonnant des emplois fictifs. La candidate a expliqué avoir à la demande du secrétaire général du Parlement européen remboursé  45.000 euros, somme correspondant à la rémunération sur quelques mois de son collaborateur lors de la fin de son contrat.

    « Un usage existe en France, depuis les années 1990, selon lequel tout ministre, à partir du moment où il serait mis en examen, devrait démissionner », a-t-elle expliqué, ajoutant que « dans les institutions européennes, un tel usage n’existe pas » tout en indiquant qu’elle tirerait les conséquences si elle était mise en examen, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.

    Sur le fond, la candidate a montré qu’elle avait sérieusement travaillé ces dossiers, et s’est offert le luxe de répondre en quatre langues aux questions des candidats, affichant des compétences linguistiques auxquelles peu de candidats à la Commission actuelle peuvent prétendre.

    Elle a en revanche eu peu de temps pour s’exprimer sur les autres sujets durant les trois heures d’audition, si ce n’est quelques mots sur l’intelligence artificielle, l’objectif de neutralité carbone de l’UE, le diesel gate l’industrie de la défense ou encore l’audiovisuel, des échanges détaillés en direct ici.

    Interrogée par l’élu allemand Christian Ehler sur le fait qu’il faudrait un Hercule féminin pour pouvoir gérer trois directions générales de la Commission, la candidate a répondu par une réplique qui a néanmoins fait rire l’assemblée : « Wir Schaffen dass » a-t-elle répliqué, répétant la célèbre phrase d’Angela Merkel sur la question de l’accueil des réfugiés.

    Elle a aussi convaincu sur son engagement européen en conclusion, en insistant sur la nécessité de lutter contre les frontières, et en citant Jean Monnet sur la nécessité d’unir les nations : l’assemblée a terminé l’audition en l’applaudissant.

    Le coordinateur de la commission Industrie a réagi en indiquant  qu’il demandait une nouvelle audition et des questions écrites de la commissaire ; les autres commissions ont embrayé, comme les différents groupes politiques à l’exception de Renew qui a sans surprise confirmé son soutien à sa candidate.

  • Un 1er octobre chaotique à Hong Kong

    Un 1er octobre chaotique à Hong Kong

    Journée placée sous haute sécurité, ce mardi 1er octobre à Hong Kong, fête nationale célébrant les 70 ans de la création de la République populaire de Chine, a été une fois de plus le terrain de violence avec une dizaine de milliers de manifestants « pro démocratie » qui ont défilé dans les rues de l’ancienne colonie britannique. Regain de tension avec une détermination affirmée des manifestants et une forte tension du côté des forces de l’ordre.

    Par Catya Martin du magazine

    180 arrestations, le réseau de transport partiellement fermé

    Des manifestations géantes ont régulièrement lieu dans l’ancienne colonie

    Plus de 180 arrestations (chiffre le plus important en une journée depuis le début du mouvement) risquant chacun jusqu’à 10 ans de prison. Un grand nombre de blessés du côté des manifestants, dont deux dans un état critique et deux autres dans un état grave (un jeune homme de 18 ans, ayant été blessé par balle) et 25 policiers blessés. Un porte-parole de l’Autorité hospitalière a affirmé à l’Agence France Presse que 15 personnes avaient été hospitalisées dans la foulée de ces manifestations. La moitié du réseau de transport a été fermé tout comme un grand nombre de boutiques.

    L’appel à la loi décrétant l’état d’urgence

     » Nous exhortons fortement l’administrateur général à activer l’Ordonnance sur l’état d’urgence et à légiférer sur une loi anti-masque « 

    Face à cette violence, plusieurs syndicats ont appelé à une loi décrétant l’état d’urgence « pour rétablir l’ordre à Hong Kong ». Le bureau de deux fédérations syndicales a été vandalisé. « Nous exhortons exhortons fortement l’administrateur général à activer l’Ordonnance sur l’état d’urgence et à légiférer sur une loi anti-masque », ont-ils déclaré dans un communiqué.

     

    Certains n’hésitant pas à « exhorter » la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam, à « prendre des mesures rapides pour rétablir la loi et donc la paix à Hong Kong ».

    L’union européenne appelle à une désescalade

    L’Union européenne (UE) a, de son côté, appelé à une « désescalade » de cette violence et « une retenue ». « Alors que des mesures positives sont initiées pour engager un dialogue avec la population et divers secteurs de la société, des efforts supplémentaires sont nécessaires afin de rétablir la confiance », a déclaré la porte-parole de l’UE, Maja Kocijancic.

    « des efforts supplémentaires sont nécessaires afin de rétablir la confiance « 

    « Plus de trois mois après le début des manifestations, le droit de réunion et le droit de manifester pacifiquement doivent continuer d’être respectés conformément à la loi fondamentale et aux engagements internationaux », poursuit la porte-parole de la Commission européenne.

    Des tirs à balles réelles pour la première fois

    Mercredi 2 octobre, lendemain de ce jour chaotique, des centaines de personnes étaient de nouveau dans les rues de Hong Kong pour s’élever contre la police qui, pour la première fois, a tiré à balle réelle sur un manifestant pro démocratie. Les manifestants ont défilé avec comme slogan « La police de Hong Kong commet intentionnellement un meurtre » ou encore « démanteler la police dès maintenant. ».

  • Ursula von der Leyen contrainte par les eurodéputés de remanier son équipe

    Ursula von der Leyen contrainte par les eurodéputés de remanier son équipe

    La future présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, a été contrainte lundi de remanier son équipe, les eurodéputés la forçant à réclamer à la Roumanie et à la Hongrie deux nouveaux candidats aux postes de Commissaires.

    Avant même leur oral de confirmation, la sociale-démocrate roumaine Rovana Plumb (Transports) et le Hongrois Laszlo Trocsanyi (PPE, droite, Voisinage et Elargissement) ont été jugés « inaptes » par les eurodéputés en raison de conflits d’intérêts présumés.

    Après ce revers, la conservatrice allemande von der Leyen a prié les deux capitales de lui présenter des solutions alternatives. Elle a déjà dû affronter une vive polémique à propos de l’intitulé d’un portefeuille de commissaire associant migrations et « mode de vie européen », qu’elle a pour l’instant refusé de modifier.

    Après le rejet de son candidat initial, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a proposé un nouveau nom, celui de l’ambassadeur hongrois à Bruxelles, Oliver Varhelyi.  M. Orban a expliqué avoir volontairement choisi cette fois-ci « un technocrate », et non « un politique ». « Son CV fait bonne impression », a commenté le porte-parole de Mme von der Leyen.

    Avec les Roumains, « nous sommes encore en discussion », a-t-il ajouté. Le président roumain Klaus Iohannis (centre droit) a convoqué sa Première ministre sociale démocrate Viorica Dancila pour discuter mercredi du nom d’un nouveau prétendant à la Commission.

    Le rejet de futurs commissaires est une première pour la commission des Affaires juridiques (JURI), chargée de valider leurs déclarations d’intérêt.

    La Roumaine est dans le viseur du Parlement pour deux prêts litigieux. Et M. Trocsanyi a été interrogé sur ses liens avec le cabinet d’avocats qu’il a fondé en 1991, avant de devenir ministre de la Justice de Viktor Orban.

    Faible marge de manœuvre

    Il s’agissait d’une étape préliminaire avant une série d’auditions des candidats par les eurodéputés, qui ont débuté lundi et s’achèveront le 8 octobre.

    Le feu vert du Parlement européen est obligatoire pour l’entrée en fonction des 26 commissaires.

    Dans le passé, il n’a pas hésité à recaler, en 2014, une candidate slovène. Quant au socialiste français Pierre Moscovici et au conservateur espagnol Miguel Arias Canete, ils n’avaient été approuvés qu’à la faveur d’un arrangement entre les deux principales forces politiques du parlement.

    Petite éclaircie dans le ciel nuageux au-dessus de l’équipe von der Leyen, l’office antifraude européen, l’Olaf, a clôturé vendredi soir l’enquête concernant le Polonais Janusz Wojciechowski. Il a recommandé le remboursement de frais de voyage datant de son mandat de député européen, à hauteur de 11 250 euros, mais a écarté des poursuites administratives ou judiciaires. Ce recouvrement a déjà été effectué.

    L’Olaf mène une deuxième enquête sur un commissaire candidat, la Française Sylvie Goulard, elle aussi ancienne eurodéputée. Le dossier est toujours ouvert, mais elle a d’ores et déjà remboursé 45 000 euros correspondant à plusieurs mois de salaires de son ancien assistant parlementaire, dans l’affaire des emplois fictifs des eurodéputés du MoDem.

    Mme Goulard (Marché intérieur) a reçu le feu vert de la Commission des Affaires juridiques, mais ne devrait pas échapper à la curiosité des eurodéputés en charge de son audition, tout comme une poignée d’autres collègues dont les cas seront scrutés attentivement.

    « Tous les candidats auront une chance équitable, mais les candidats doivent nous convaincre qu’ils sont qualifiés pour le poste et que leur intégrité est sans reproche », résument les députés issus du groupe PPE à l’approche des auditions.

    Face aux critiques du Parlement, la marge de manœuvre de Mme von der Leyen est très étroite puisqu’elle a été confirmée par les députés avec une majorité de seulement 9 voix. Elle doit entrer en fonction avec ses commissaires le 1er novembre.

  • Rencontre avec Marc Villard, Président de l’Assemblée des Français de l’étranger

    Rencontre avec Marc Villard, Président de l’Assemblée des Français de l’étranger

    A l’occasion du 70ème anniversaire de la représentation française à l’étranger, lesfrancais.press ont rencontré le Président de l’AFE, Marc Villard. Fiscalité, enseignement français, réforme des institutions, M. Villard fait le point pour nous.

    Que vous inspire cet anniversaire de la représentation française à l’étranger ?

    C’est une institution importante et il est normal de la célébrer. Elle a été créée au sortir de la deuxième guerre mondiale mais en réalité les prémices de la mise en place de la représentation officielle remonte à 1927 pour remercier les compatriotes de l’étranger tombés pendant la grande guerre [Avec entre autres la création de l’UFE NDLR].

    Jusqu’en 1982, les représentants étaient élus au suffrage indirect avec des représentants cooptées ou désignées.

    Je ne suis pas pour une réforme de fond de ce qui a été mis en place en 2014 mais plus pour une amélioration ce qui a été mis en place, avec 443 conseillers consulaires, ce qui est un progrès!

    Il s’agit notamment d’assister nos compatriotes et les administrations dans leurs interactions. Le centre des impôts, par exemple, affirme qu’il est enrichissant pour eux d’avoir des élus qui peuvent répondre à certaines questions techniques.

    Et que pensez-vous de la structure de la représentation française à l’étranger ?

    Il faut améliorer l’organisation des conseillers consulaires, ils n’ont pas d’organisation de corps, ce n’est pas un corps constitué, pas d’appui administratif.

    Là où les conseillers AFE ont essayé d’organiser des rencontres avec les conseillers consulaires, cela fonctionne assez bien. Il faut créer dans les circonscriptions des liens. Je n’ai pas la recette mais, j’ai demandé, par exemple, que les conseillers AFE puissent être invités à se rendre aux réunions des conseillers consulaires. Nous pourrions peut-être aussi organiser des réunions trimestrielles, des visio-conférences…

    Dans la circonscription Asie Océanie de très grande taille [celle de M. Villard NDLR], c’est compliqué mais toutes les circonscriptions n’ont pas cette taille.

    Quels sont les rapports avec les parlementaires ?

    Marc Villard Président de l’Assemblée des Français de l’étranger

    Le ministre parle de la désafection des parlementaires. Les Sénateurs ne sont plus membres de droit de l’AFE certains ont pu peut-être mal le vivre.

    Les liens avec les élus AFE commencent à se renouer. Chacun doit rester dans son domaine de compétences, un Sénateur ou un député ne pourra jamais avoir de nos communautés une connaissance aussi fine qu’un conseiller consulaire qui les côtoit au quotidien.

    Et que pensez-vous de la réforme envisagée de la représentation parlementaire, avec une réduction du nombre de députés des Français de l’étranger (11 actuellement) et qui seraient regroupés, à la proportionnelle, dans une circonscription unique monde ?

    Cette réforme des députés ne va pas dans le bon sens. Il fait sens d’avoir deux représentations différentes : une « généraliste » les sénateurs, et le député avec sa circonscription. Si on réduit le nombre de parlementaires en France  il est normal aussi de le réduire chez les Français de l’étranger. Cependant déjà lors des dernières élections législatives, la barre était à 1 député pour 100 000 inscrits sur la liste consulaire. Nous payons un peu le fait de ne pas voter en masse.

    Comment augmenter le taux de participation ?

    Pour augmenter le vote, je ne suis pas certain que le mode de vote, et l’introduction du vote électronique, soit le moyen d’améliorer la participation. Le vote électronique facilite la participation pour ceux qui sont loin, mais il faut d’abord réconcilier l’électeur avec le politique. Les statistiques sur l’évolution de l’abstention montrent le désintérêt des Français pour la chose politique. Pour les conseillers consulaires, il faut que les compatriotes comprennent à quoi ils servent et ce qu’ils peuvent leur apporter.

    Quels sont les problématiques principales des Français de l’étranger ?

    Parmi les principaux problèmes, il y a la fiscalité, avec notamment les débats récents, le budget avec l’annonce de baisse de celui du ministère, l’éducation, et la protection sociale.

    Au Vietnam, par exemple, il n’y a pas de problème de sécurité, et de manière générale il y a les mêmes problèmes que partout ailleurs, tel le coût de la scolarité, la protection sociale des compatriotes, personnes âgées qui n’ont jamais cotisé aussi par exemple. C’est une vrai préoccupation, tout comme au Japon, en Thaïlande, au Cambodge…

    Sur l’éducation, les bourses scolaires avec les nouveaux barèmes laissent une part trop importante du coût aux familles. Les Français de l’étranger partagent tous les mêmes préoccupations.

  • Le système éducatif français n’est ni le meilleur, ni le pire  du monde.

    Le système éducatif français n’est ni le meilleur, ni le pire du monde.

    L’OCDE a réalisé son étude 2019 « Regards sur l’éducation », sur l’état des systèmes éducatifs parmi les États membres. Si la France a tendance à reculer dans les classements concernant le niveau des élèves du secondaire et des étudiants, son système éducatif compte néanmoins parmi les meilleurs au sein des pays occidentaux.

    Des dépenses importantes mais en stagnation

    La France consacre 155 milliards d’euros à l’éducation de ses enfants, soit 6,7 % du PIB (source Ministère de l’Éducation nationale – 2017). Entre 2010 et 2016, les dépenses publiques d’éducation en France ont augmenté moins rapidement que les dépenses publiques totales (+1% contre +6% sur la période). La tendance est similaire dans les pays de l’OCDE (+4% des dépenses publiques d’éducation, comparée à une croissance de 6% des dépenses publiques totales). L’État finance 57,5% des dépenses d’éducation, les collectivités locales 23%, les entreprises 8,5% et les ménages 8%. Les salaires et les charges représentent 75% des dépenses. L’investissement est à l’origine de 7% des dépenses. Le premier degré absorbe 29% des dépenses, le second degré39 %, le supérieur 20% et la formation continue 10%.

    En 2016, les dépenses annuelles par élève dans l’enseignement primaire sont de 7 600 dollars en France contre 8 500 dollars en moyenne au sein de l’OCDE Pour l’enseignement secondaire, la France est légèrement au-dessus de la moyenne avec 10 600 dollars contre 9 900.

    Pour l’enseignement supérieur, la France consacre par élève 14 100 dollars contre une moyenne de 10 400 dollars. Cette situation s’explique par l’importance des établissements publics dans l’enseignement supérieur. En raison de la forte augmentation du nombre d’étudiants en France (+11% entre 2010 et 2016), la dépense par élève a baissé lors de ces cinq dernières années dans l’enseignement supérieur (-5% sur la même période).

    Au sein de l’OCDE, les dépenses continuent à augmenter mais avec des progressions moins fortes du nombre d’étudiants. En France, comme dans de nombreux pays européens, les frais de scolarité dans les établissements publics sont peu élevés : 240 dollars par an en master 1 et 500 dollars pour un programme de doctorat.

    Des rémunérations  plus élevées que dans la moyenne de l’OCDE

    En France, 58% des dépenses courantes d’établissements publics d’enseignement primaire et secondaire sont affectées à la rémunération des enseignants. Ce chiffre est inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE et de l’Union européenne (63%). Une part plus importante des dépenses est allouée au personnel non enseignant en France (22% en France contre 15% en moyenne). Les salaires réels des enseignants français sont supérieurs à la moyenne de l’OCDE à tous les niveaux de l’enseignement sauf pour le primaire. Au collège, la moyenne dans l’Hexagone est à 45 212 dollars contre 42 394 dollars dans l’OCDE. Au lycée, elle atteint 50 820 dollars contre 45 639 dollars. Dans l’élémentaire, en revanche, elle se situe à 39 270 dollars contre 40 370 dollars.

    L’organisation internationale souligne également que les enseignants débutent en France avec un salaire 7 % inférieur à la moyenne constatée dans les États membres. Les rémunérations les plus importantes pour le corps professoral sont constatées aux Pays-Bas, en Autriche, en Australie, au Danemark et aux États-Unis. En revanche, les rémunérations des professeurs sont nettement inférieures à la moyenne en Italie et en Grèce.

    Contrairement à certaines affirmations, le temps de travail des enseignants est plus élevé en France, 900 heures par an pour les professeurs des écoles, par exemple, contre une moyenne OCDE de 783 heures. En France, selon l’étude TALIS, la plupart (85%) des enseignants du premier cycle de l’enseignement secondaire étaient satisfaits de leur emploi, et 74% ont déclaré qu’ils deviendraient encore enseignants s’ils pouvaient choisir à nouveau. Ces chiffres sont proches des moyennes de l’OCDE (90% et 76% respectivement). Cependant, cette satisfaction est à relativiser car 45% des enseignants de ce niveau estiment que les avantages de leur profession ne l’emportent pas sur ses inconvénients (24% dans les pays de l’OCDE). 7% seulement des enseignants dans le secondaire inférieur estiment que leur profession est correctement valorisée par la société. Au sein de l’OCDE ce taux est de 26%.

    En France, les enseignants sont en moyenne plus jeunes que dans les autres pays de l’OCDE, en particulier ceux du primaire. La part des enseignants âgés de plus de 50 ans est significativement plus faible en France (22% contre 33% en moyenne au sein de l’OCDE) Dans l’enseignement secondaire, les enseignants sont les plus âgés : 31% d’entre eux avaient plus de 50 ans en 2017.

    La France en pointe pour la scolarisation des jeunes enfants

    En France, presque tous les enfants de 3 ans sont inscrits dans l’enseignement préprimaire en 2017, la moyenne des pays de l’OCDE étant de 77%. Notre pays se caractérise par l’importance de l’école publique qui scolarise 87% des enfants en préprimaire contre une moyenne de 73% au sein de l’Union européenne. Dans les écoles primaires et secondaires, le taux de scolarisation dans le public est de 80%. Il est en légère baisse depuis une dizaine d’années. (Source : INSEE)

    Des classes un peu plus surchargées dans le pré-primaire

    Dans le pré-primaire, le nombre d’enfants de 3 à 5 ans par enseignant est de 23 (7 enfants de plus que la moyenne de l’OCDE). En prenant en compte les appuis dont bénéficient les enseignants, le ratio tombe à 16 contre 12 en moyenne au sein de l’OCDE. Depuis la rentrée 2010/2011, les enseignants pré-primaires doivent être titulaires d’une maîtrise en France. La France est un des pays les plus exigeants en la matière. Dans les autres pays, la règle est d’avoir simplement un niveau de fin d’études secondaires. La taille des classes est en moyenne légèrement supérieure en France par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE pour le primaire et le secondaire (24 et 25 comparé à 21 et 23 en moyenne dans les pays de l’OCDE). Depuis la rentrée 2017, la France a progressivement mis en place des mesures visant à réduire de moitié l’effectif des classes au cours de la première et de la deuxième année du primaire (CP et CE1) dans les établissements implantés en zones défavorisées.

    La France, un pays d’accueil des étudiants étrangers

    Les étudiants en mobilité internationale inscrits dans l’enseignement supérieur français représentaient, en 2017, 10% des effectifs. Ils étaient au-dessus de la moyenne des pays de l’Union européenne (9%) et de l’OCDE (6%). Les doctorants étrangers représentent 40% des effectifs. (26 500 sur les 66 900 inscrits). Ce taux est également supérieur à la moyenne de l’OCDE et de l’Union européenne (22%). Parmi les étudiants internationaux en France, 31% viennent d’Afrique et 32% d’Asie.

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