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  • Bataille navale entre Paris et Londres pour défendre la pêche

    Bataille navale entre Paris et Londres pour défendre la pêche

    Un navire de guerre français a forcé un bateau de pêche anglais à se dérouter vers la France ce 28 octobre 2021. La menace avait été brandie à maintes reprises ces dernières semaines, faisant à chaque fois monter la tension entre Paris et Londres sur les droits de pêche. Pour Elvire Fabry, chercheuse à l’Institut Jacques Delors et spécialiste des questions européennes, cette décision des Britanniques de distribuer au compte-gouttes les licences de pêche est un « mauvais esprit ».

    « Au lendemain de la négociation de l’accord de décembre 2020, ils ont rajouté une complication administrative qui faisait que les navires français devaient prouver qu’ils avaient travaillé dans les eaux de Jersey entre 2012 et 2016. Ce n’était pas prévu et surtout tous les bateaux n’ont pas les équipements pour prouver des données »,

    Elvire Fabry, chercheuse à l’Institut Jacques Delors

    Pourtant, les Britanniques sont dépendants de l’accès aux ports européens pour pouvoir vendre du poisson. 80 % de la vente britannique de poissons se fait dans l’Union Européenne.

    Ipso facto, deux navires britanniques ont été verbalisés par la gendarmerie maritime française dans la baie de Seine. Et donc l’un d’entre eux a même été dérouté jusqu’au port du Havre. Il était en train de pêcher dans les eaux françaises, sans autorisation.

    A British trawler Cornelis Gert Jan is seen moored in the port of Le Havre after France seized on Thursday a British trawler fishing in its territorial waters without a licence, in Le Havre, France, October 28, 2021. REUTERS/Sarah Meyssonnier

    Les contrôles sont, donc, déjà renforcés alors que la France vient de lancer ce 28 octobre un ultimatum aux Britanniques. Et pour le coup, ce ne sont pas juste des mots. Mais bien une date butoir, celle du 2 novembre, et l’ultimatum est clair : si Londres reste inflexible, les sanctions tomberont  graduellement à partir de mardi prochain.

    Une véritable joute verbale s’est immiscée dans le conflit franco-britannique. Le porte-parole, Gabriel Attal, avertissant que « nous ne laisserons pas la Grande-Bretagne s’essuyer les pieds sur les accords de Brexit » ; la ministre de la Mer, Annick Girardin, a martelé que si « ce n’est pas une guerre, c’est un combat » ; et le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, assurant carrément que le gouvernement de Boris Johnson « ne comprend que le langage de la force »…

    Autant dire que le tête-à-tête prévu lors de ce long week-end de la Toussaint entre Emmanuel Macron et Boris Johnson s’annonce viril.

    Rencontre bilatérale entre Emmanuel Macron et Boris Johnson ?

    Entre les deux pays, les frictions s’accumulent depuis le Brexit, du terrible dossier des migrants de Calais à l’ubuesque guéguerre des zone de pêches, sans oublier bien sûr le rôle pivot de Londres dans le camouflet diplomatique et commercial infligé à Paris lors de l’affaire des sous-marins australiens. Pour tenter d’atténuer la crise, le Président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson doivent se rencontrer au Sommet du G20 qui se déroulera à Rome du 30 au 31 octobre 2021.

    Nul doute qu’ils ne parleront pas que de droits de pêche…

    Et, si rien ne bouge d’ici mardi, le gouvernement français promet alors, « progressivement », a précisé Annick Girardin au micro de RTL le jeudi 28 octobre 2021, d’interdire « le débarquement des navires de pêche britanniques dans les ports français » que sont Cherbourg, Granville, Barneville-Carteret, Boulogne-sur-Mer, Le Havre et Brest. À cette première mesure s’ajoutent le « renforcement des contrôles sanitaires et douaniers », celui « des contrôles des camions à destination et en provenance du Royaume-Uni » et des « contrôles systématiques de sécurité des navires britanniques ».

    Tensions à répétitions entre la France et le Royaume-Uni

    Ainsi le Royaume-Uni a condamné les menaces « injustifiées » de la France et va convoquer l’ambassadrice Catherine Colonna, dans une escalade sur les droits de pêche post-Brexit. Madame Colonna fera, donc, un petit détour par la Foreign Office à Londres avant d’accompagner Emmanuel Macron à Glasgow en Écosse.

    Et, la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss a appelé, vendredi, à des pourparlers, demandant à l’ambassadrice d’expliquer « ces menaces décevantes et disproportionnées ».

    Cependant, le secrétaire à l’Environnement George Eustice a insisté sur le fait que l’Union Européenne avait accordé une licence au chalutier et a déclaré qu’il n’était « pas clair » pourquoi, selon les rapports, il a ensuite été retiré de la liste donnée à l’UE.

    Crise post-Brexit avant la COP26

    La chef de la diplomatie britannique, Liz Truss a donné pour instruction dans un tweet à sa secrétaire d’État chargée de l’Europe, Wendy Morton, de « convoquer l’ambassadrice française », a annoncé un porte-parole du gouvernement britannique dans un communiqué.

    Et, Clément Beaune, ministre français des Affaires européennes, a encore fait monter la pression jeudi en affirmant que Downing Street revenait à son obligation de maintenir l’accès des pêcheurs français à ses eaux côtières par convenance politique.

    « Je pense qu’il vaut toujours mieux négocier, car nous savons tous que si nous partons en guerre, les pêcheurs des deux pays seront perdants. J’en suis convaincu. »

    Ainsi Olivier Lepretre, président du Conseil régional des pêches des Hauts-de-France

    Toujours le 28 octobre 2021, le Premier ministre Jean Castex a déclaré aux Halles de Lorient (Morbihan) : Paris est « ouvert aux discussions » si Londres « respecte ses engagements ». Il s’est exprimé au lendemain d’annonces de mesures de rétorsion par le gouvernement français sur les licences de pêche post-Brexit. D’après Jean Castex, « de l’ordre de 40% » de ces licences britanniques n’ont pas été accordées aux bateaux français. »

    Le Premier ministre estime que Londres « a les clés » de la « désescalade » appelée par le gouvernement britannique ce jeudi.

    « Nous sommes ouverts en permanence aux discussions, matin, midi et soir », a-t-il dit, rappelant une nouvelle fois que « les Britanniques doivent respecter leurs engagements ».  « Comprenez que nous soyons intransigeants sur le fait que (…) les engagements souscrits soient tenus », a poursuivi le chef du gouvernement français. Avant d’affirmer : « Nous veillerons au respect de nos intérêts et au respect de la parole donnée ».

    le Premier ministre Jean Castex aux Halles de Lorient (Morbihan) 

    Une nouvelle rencontre aura sans doute lieu entre Emmanuel Macron et Boris Johnson à Glasgow pour le Sommet de la COP26

    Qu’en pensent les pêcheurs français ?

    Les pêcheurs français privés de licence saluent la fermeté de la France, mais restent très inquiets pour la suite. À l’instar de Sophie et David, pêcheurs dans le port de Cherbourg. Deux de leurs bateaux n’ont toujours pas de licence pour pêcher dans les eaux britanniques. Leurs revenus baissent et un quart de leur équipage a préféré arrêter le métier. 

    « Je suis très satisfait que le gouvernement français tape du poing sur la table. C’est normal, depuis le temps qu’on attend ça »

    Sophie et David, pêcheurs dans le port de Cherbourg

    Comment réagissent les pêcheurs britanniques ?

    Les pêcheurs britanniques sont, eux aussi, inquiets de cette situation et ne comprennent pas l’attitude de la France, explique Élise Stern, correspondante de TF1 au Royaume-Uni.

    Et les représentants nationaux de la profession pointent le fait que la France a peut-être plus à perdre dans ce conflit, car il y a plus de pêcheurs français à venir dans les eaux britanniques que l’inverse. 

    Cette riposte française était très attendue par le Comité national des pêches. Et une nouvelle rencontre aura lieu entre Emmanuel Macron et Boris Johnson à Glasgow pour le Sommet de la COP26.

    Mais les tensions sur le Brexit et la pêche ne disparaîtront pas du jour au lendemain.

  • New Delhi, une élection aux enjeux multiples

    New Delhi, une élection aux enjeux multiples

    Nous vous proposons aujourd’hui un nouveau débat en vue des élections consulaires de New Delhi. Sur notre plateau, Monsieur Pascal Chazot, de la liste « Français du Monde », soutenue par Europe Ecologie les Verts. Il s’est cependant retiré des élections pour protester contre les conditions de vote, et notamment l’absence de vote par voie électronique. Face à lui, le candidat Franck Barthelemy, de la liste « Ensemble en Asie ». Comme les deux candidates de Pondichéry, Messieurs Chazot et Barthelemy ont à cœur l’éducation et de fournir le meilleur service éducatif à leurs électeurs.

    Se retirer des listes pour les élections comme protestation politique

    Pascal Chazot

    Pascal Chazot a un doctorat en sciences de l’éducation, et a étudié à l’Université Paris 13 et Paris Nord. Il est le chef d’établissement depuis 2001 de la Mahatma Gandhi International School, à Ahmedabad. Ses diplômes sont nombreux, comportant un doctorat d’honneur en psychologie de l’éducation, obtenu à Paris. Passionné par l’éducation, il a animé des stages de formation pour les personnels enseignants, travaillant dans des écoles autorisées par l’office du baccalauréat international. Enfin, il est conseiller consulaire élu représentant les Français d’Asie du sud. Il a reçu la Médaille du Ministère des Affaires Etrangères (dite médaille du président) pour son engagement et ses multiples travaux. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages, en passant des articles aux dictionnaires français-népali. Monsieur Chazot est un intellectuel qui se donne pour ses électeurs. Il considère ces élections comme un « déni démocratique », car il est convaincu que le vote par voie électronique aurait grandement facilité la vie de ses électeurs. Il s’inquiète d’un faible taux de participation de ces derniers, qui devront le 7 novembre faire plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres pour aller voter.

    Un candidat aux consulaires touche-à-tout et fin connaisseur de la circonscription

    Frank Barthelemy

    Franck Barthélémy, qui a décidé de se présenter malgré les difficultés, a entamé sa carrière politique en 1993. Il a été attaché commercial à Mumbai après avoir été diplômé de l’EDHEC. Entrepreneur dans l’industrie du pétrole pour Exxon et BP, il a fini par devenir Conseiller du Commerce Extérieur de la France pour l’Inde en 2015, à la demande du Premier ministre français. Curieux de tout, il est musicien depuis ses trois ans et est marchand d’art à Bangalore. Depuis sept ans, il est présent au conseil des élus et participe activement à la vie des communautés et de la vie consulaire. Il promet de rester à l’écoute et de défendre les projets des électeurs.

    Dans ce débat, les questions d’environnement et d’éducation à New Delhi ont été débattues entre les deux candidats. Un saut a été fait sur les moyens de protester contre l’élection consulaire et l’absence de vote sur internet, qui semblent nécessaire dans un territoire aussi grand. La pandémie joue encore un grand rôle dans leur mission et dans ces élections, bien que les campagnes de vaccination de la ville ont été un franc succès. La peur d’un résultat partial et inégal du scrutin reste présente dans leur esprit, et les deux ont opté pour différentes façons de protester. S’ils se rejoignent sur certaines idées, chacun développe sa méthode pour aider les Français de l’étranger dans toutes leurs démarches. 

    Ecoutez le podcast de Franck Barthélémy et Pascal Chazot

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  • Les présidentielles et les Français de l’étranger

    Les présidentielles et les Français de l’étranger

    A six mois de l’élection présidentielles, les ressortissants français établis à l’étranger et leurs élus commencent à se mettre en branle. Des idées de programme émergent et lancent doucement le débat.

    Nous sommes à six mois des présidentielles et le paysage politique apparait déconstruit. Si l’on en suit la logique des sondages, le deuxième tour est composé de personnes qui ne sont pas encore candidats, à savoir Emmanuel Macron et Eric Zemmour, tandis que trois partis majeurs sont, pour l’instant, sans candidat officiels : La République En Marche, Les Républicains et le MoDem. Ce dernier ayant annoncé qu’il suivrait le candidat LREM et espère que ce sera le président sortant.

    De fait, les campagnes peinent à démarrer et ce, même pour les partis avec un candidat déclaré. Par conséquent personne n’a vraiment commencer à se mettre en place auprès des Français de l’étranger. Car oui, encore une fois, les Français hors de France sont et vont surement être les grands oubliés du débat pour la course à la présidentielle.

    « C’est une évidence et ça touche tous les partis. Il n’y a aucune prise en compte des 2,5 millions de Français établis hors de France, de la part de la métropole. En tant qu’élu nous avons quelques fois l’impression de travailler dans le vide. Très peu de propositions sont faites pour les Français de l’étranger. Je veux bien croire qu’il y a des sujets plus importants mais nous sommes quand même une composante. »

    Alexandre Château-Duclos – Responsable des Français de l’Étranger pour Europe Écologie Les verts et élu consulaire au Luxembourg
    Présidentielle de 2022

    L’élection la plus suivie à l’étranger

    La présidentielle est le rendez-vous électoral des Français établis hors de France. Tant en termes d’engagements, qu’en termes de taux de participation. Effectivement, en 2017, ils étaient 45% en moyenne à s’être déplacés aux urnes pour les deux tours. Un chiffre qui contraste fortement avec celui des élections consulaires. Cette année, par exemple, 15% de la communauté de Français de l’étranger a voté pour élire leurs représentants locaux.

    Les présidentielles sont donc un moment important de la vie politique des expatriés. Pour beaucoup d’entre eux, c’est l’occasion de garder un lien fort avec la métropole, de se sentir présent. Mais pas seulement. Ils sont en effet directement concernés car la politique mise en place en métropole les impacte. Pendant la pandémie de Covid-19, la politique gouvernementale établie a fortement impacté les Français de l’étranger et leur famille, en termes d’accessibilité au territoire national ou à la vaccination.

    Comme tous les Français, ils sont aussi particulièrement attachés à la fonction présidentielle. Non seulement elle incarne la nation, mais elle est également le visage de la France à l’extérieur. Ainsi, le profil de la personne qui l’incarne déterminera le regard que le monde porte sur notre pays mais aussi sur ses ressortissants.

    A titre d’exemple, l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 avait permis de relancer de nombreux marchés et accords comme d’importants projets faisant vivre les expatriés. Nous pouvons donc nous inquiéter des répercussions qu’entrainerait l’élection d’un candidat à l’hostilité déclarée à l’égard de la communauté musulmane en France comme Marine Le Pen ou d’Éric Zemmour sur la sécurité des ressortissants français à l’étranger. Rappelons que le discours sur la laïcité prononcé par Emmanuel Macron, le 2 octobre 2019 aux Mureaux, avait engendré une vague d’émeutes à travers le monde musulman. Des drapeaux français avaient été brûlés, des appels au meurtre de Français avaient été lancés au Pakistan ou en Arabie Saoudite.

    Les élus locaux, relais des candidats

    En outre, si les enjeux sont majeurs et les citoyens motivés, leur ciblage par les différents partis politiques demeure difficile. Les QG de campagne s’appuient donc sur les élus consulaires.

    « Il y a un engouement certain pour ces élections et il y a des demandes. Les Français sont avides de savoir ce que chacun des candidats a à leur dire. Ils veulent connaitre leur vision, leur programme. »

    Christophe-André Frassa, sénateur représentant les Français hors de France, secrétaire national Les Républicains

    En effet, les élus locaux sont le plus souvent investis par un parti. Sur place, ils prennent donc le relais. C’est leur fonction militante d’organiser des débats, des conférences ou autre pour propager les idées politiques de leur candidat. Seulement, c’est un travail de longue haleine et difficile car les Français de l’étranger ne sont pas toujours réunis dans une seule et même ville. Si des rencontres en présentiel restent limitées, les outils de campagne en ligne, eux, seront utilisés massivement.

    Pour augmenter la mobilisation électorale, les élus de l’étranger ont à cœur d’inscrire les préoccupations de leurs représentés au sein du programme de leur candidat.

    Des ébauches de programmes

    Pour l’instant, la gauche semble plus avancée en termes de préparation que la droite. Celle-ci est prise par l’organisation de son congrès afin de désigner son candidat.

    divergence des économies

    La France insoumise et l’impôt universel

    Du côté de La France Insoumise, plusieurs Français de l’étranger ont assisté aux premières conventions organisées par le parti, comme celle tenue à Reims le week-end du 23 et 24 octobre. Parmi les propositions évoquées, le député Eric Coquerel soutient ardemment un mécanisme d’imposition universelle, qui concernerait les plus riches Français de l’étranger sous critère de nationalité et non de résidence fiscale. Pour l’élu, interrogé par le magazine Capital, cet impôt aurait une double vertu.

    « D’une part, il resserre le lien entre citoyenneté et impôt en se fondant sur la nationalité, et d’autre part il permet de lutter contre l’optimisation et l’évasion fiscale. »

    Eric Coquerel, député LFI au magazine Capital le 25 septembre 2019

    Toutefois, la France ayant signé plus d’une centaine d’accords bilatéraux régissant les mécanismes d’imposition avec des pays étrangers, des doutes persistent quant à la plausibilité d’un tel impôt universel.

    Europe Écologie – Les Verts et la sécurité sociale

    D’après Alexandre Château-Duclos, les membres du parti EELV des Français établis hors de France, souhaitent faire intégrer plus de 90 de leurs propositions au sein du programme national. Parmi ces résolutions, la facilité d’accès à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) leur tient particulièrement à cœur. Face au coût que représentent les soins dans certains pays, de nombreux concitoyens abandonnent en effet l’idée de se faire soigner s’ils ne parviennent pas à obtenir ou payer une assurance maladie.

    La République en Marche et les consulats

    Anne Genetet – Députée des Français de l’Etranger – LREM

    Les institutions et les services de l’État français à l’étranger sont nombreux et parfois leur logique nous échappe. Il apparait normal qu’entre le consulat, le conseil consulaire et l’Assemblée des Français de l’étranger, certains citoyens se sentent perdus. Si ces trois organes ont des modes opératoires et des champs d’action différents, ils empiètent régulièrement sur les responsabilités des autres.

    Pour Anne Genetet, députée LREM des Français établis hors de France, il apparait donc important de réformer cet ensemble. Son plan est d’inscrire au programme du candidat LREM, qui elle l’espère sera Emmanuel Macron, une meilleure représentation des Français au sein des institutions consulaires. Par conséquent, elle voudrait réviser et mieux définir les rôles de chaque instance. Une idée dont elle parlera surement dans les prochains mois. 

    Le silence de la droite

    Comme nous le disions plus haut, Les Républicains n’ont pas encore nommé leur candidat officiel. Ils préfèrent donc se focaliser sur le Congrès qui aura lieu du 1er au 4 décembre prochains. Les élus consulaires sont ainsi dans l’attente pour lancer la campagne officielle. Pour l’instant, les échanges et débats restent ouverts mais tous ont la même consigne : ne pas faire comme si un des candidats était déjà investi et partir en campagne.

    Quant au parti du Rassemblement National, malgré nos sollicitations nous n’avons pas eu de retour. Tandis que chez Eric Zemmour, si les équipes ont été formées à Bruxelles et à Londres pour piloter la campagne auprès des expatriés (Ndrl : dans une consultation sur notre site, ils étaient près de 25% à se déclarer près à voter pour un tel candidat), elles ne désirent pas encore s’exprimer.

    Succession d’élections

    Pour l’instant, la plupart des mouvements politiques sont concentrés sur l’élection de l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE), décalée au 5 décembre prochain. Le retard est dû à la pandémie de Covid-19 qui a imposé aux circonscriptions d’Inde et de Madagascar de repousser leurs élections consulaires partielles au week-end du 30 novembre.  Effectivement, les 442 conseillers des Français de l’étrangers doivent être élus pour procéder à l’élection au scrutin indirect des 90 membres de l’AFE.

    Mais rapidement le rythme va s’accélérer aves les premiers jours de 2022. Comme à chaque scrutin présidentiel, afin de se prémunir des risques d’intervention externes via un piratage, le vote en ligne ne sera pas possible. Cependant, le vote par correspondance devrait faire son retour. L’objectif pour tous sera d’augmenter le taux de participation à l’élection présidentielle et de créer une dynamique pour les élections législatives, l’autre grand enjeu de l’année à venir.

  • Vaccinated Travel Flights ?

    Voyager comme avant ? Ce n’est toujours pas possible, surtout lorsqu’il s’agit de destinations long-courriers. De nombreuses destinations asiatiques, américaines et africaines appliquent des règles strictes : tests PCR, obligations de quarantaine. Tout cela a un impact direct sur la vie des expatriés, qui se retrouvent parfois bloqués dans leur pays de résidence. Pour pallier ces inconvénients, une solution mise en place par quelques compagnies aériennes se développe : le Vaccinated Travel Flights !

    Vols réservés aux vaccinés !

    Dans le secteur aérien, on parle de « Vaccinated Travel Flights » (en français : « vols de vaccinés »). Cela signifie qu’en pratique, seuls les passagers vaccinés sont susceptibles d’être à bord.

    Sont éligibles les passagers qui sont entièrement vaccinés avec un vaccin de Pfizer-BioNTech ou Moderna, entre autres. Le respect des règles sanitaires reste effectif, tel le port du masque et la distanciation physique entre les passagers. De plus, il n’y a pas de restriction de nationalité pour ces vols. Le seul impératif est d’être vacciné dans l’État de départ ou de destination, et ce afin de mieux assurer le traçage en cas de contamination. Et avant le départ, il faut avoir passé 21 jours consécutifs dans le pays duquel vous décollerez et ayant signé l’accord de bulle aérienne incluant les Vaccinated Travel Flights.

    Toujours les tests PCR

    En outre, deux tests PCR négatif sont toujours requis : un avant le départ et un à l’arrivée. Sur place, il est impératif de rester dans son logement jusqu’à la réception du résultat du second test (celui après l’arrivée sur place). En outre, d’autres tests PCR pourraient être imposés en fonction de la durée du séjour.

    L’effort reste important, mais il permet de voyager plus sereinement. Cette solution montre à quel point les compagnies aériennes tentent désespérément d’augmenter à nouveau le nombre de réservations – souvent de leur propre initiative en attente de disposition mondiale comme le IATA Vaccinal Passport, qui tarde à être mis en place. Si le IATA est désormais disponible, il n’est effectif qu’avec les compagnies aériennes qui ont signé un accord.

    Premier test entre l’Allemagne et Singapour

    Le respect des règles sanitaires sur un vol international.

    La compagnie de la cité-État avait déjà lancé début septembre entre Singapour et l’Allemagne d’une part, et Singapour et Brunei d’autre part, des Vaccinated Travel Flights.

    Depuis le 20 octobre cette mesure test a été étendue à 8 nouveaux pays et 14 destinations, dont la France.

    Ouverture à la France

    Ainsi Singapour a ouvert sa frontière aux voyageurs vaccinés en provenance de France qui pourront séjourner dans le pays sans avoir à observer une période de quarantaine obligatoire à leur arrivée. C’est un grand soulagement pour les expatriés qui étaient bloqués dans cette ville depuis près 2 ans.

    En fin d’année, les compagnies aériennes et États qui surveillent le déroulé de cette expérience pourraient généraliser ce type de vols. On pourrait donc voir ce type de déplacement devenir la norme en 2022/2023.

  • 50ème édition du festival du film français à Hong-Kong

    50ème édition du festival du film français à Hong-Kong

    Un véritable feu d’artifice cinématographique pour la 50ème édition du festival du film français.

    Avec :

    • 22 films dans le cadre de la sélection de l’année, le « French cinépanorama », dont les deux films d’ouverture, Eiffel de Martin Bourboulon avec Romain Duris et Emma Mackey et Titane, palme d’or de Cannes de Julia Ducournau.
    • Une rétrospective qui couvre le meilleur du ciné de ces 50 dernières années avec près de 30 films, un véritable florilège du cinéma français.
    • Enfin ancrage dans les problématiques contemporaines avec une section « Cinema for the climate », reprise de Cannes avec 4 documentaires engagés, présentés en partenariat avec Greenpeace qui fête aussi cette année ses 50 ans, le LFI et les programmes universitaires.
    Jean-Sébastien Attié, directeur de l’Alliance répond aux questions de lafrench.radio

    Cette sélection très large permettant à tous de trouver son bonheur.

    En tant que pionnière des festivals de cinéma, l’Alliance Française de Hong Kong a projeté plus de 1.600 films français depuis 1953. La 50ème édition continuera à apporter le meilleur et le plus récent du cinéma français aux cinéphiles de Hong Kong. Cette manifestation inspira aussi d’autres Alliances Françaises comme en Australie.

    Depuis 1972, en collaboration avec le LCSD, le festival est devenu un événement annuel régulier à Hong Kong.

    Toutes les informations (programmes, tickets, salles) :

    https://www.hkfrenchfilmfestival.com/

    Ecoutez le podcast avec Jean-Sébastien Attié, Directeur de l’Alliance, qui répond aux questions de lafrench.radio

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    Un podcast de la French Radio Hong-Konk

  • Migrants : Emmanuel Macron désire un nouveau traité

    Migrants : Emmanuel Macron désire un nouveau traité

    Mardi, Emmanuel Macron a réaffirmé son souhait de gérer le problème des migrants au niveau européen. Il a soumis la volonté d’instaurer un nouveau traité Europe-Afrique pour prévenir les migrations.

    « L’un de mes objectifs sous la présidence française (de l’Union européenne)  est d’essayer de rebâtir un traité de paix et d’amitié avec l’Afrique, où une des données sera comment les Européens donnent la capacité à la jeunesse africaine d’avoir des opportunités dans son continent », a-t-il plaidé lors d’un dîner de bienfaisance organisé à Paris par un réseau d’entrepreneurs protestants.

    « Il faut penser avec les Etats d’origine une politique migratoire beaucoup mieux organisée, en particulier avec l’Afrique », a-t-il dit, tout en réclamant une meilleure protection contre les migrations illégales, leur reconduite systématique dans leur pays d’origine et une réforme de l’espace Schengen.

    Groupe de réfugiés de Syrie et Afghanistan en chemin pour rejoindre l’Union européenne. Ils sont ici dans les Balkans, entre la Croatie et la Serbie. Automne 2015

    Différencier l’asile des autres migrations

    Face à « une pression migratoire beaucoup plus forte que ces dernières années, dans des sociétés en crise d’intégration, avec aussi des personnes qui viennent de pays plus difficiles à intégrer », a-t-il dit.

    « Il faut améliorer l’intégration, y compris pour ceux qui sont là depuis longtemps, mais essayer dans le même temps de prévenir les nouvelles arrivées car elles sont insoutenables pour nos sociétés, pour le continent européen, car une large majorité de ceux qui arrivent en demandant l’asile ne sont pas éligibles à l’asile », a-t-il insisté.

    « La plupart de ceux qui viennent pour demander l’asile viennent de pays avec lesquels nous entretenons des relations diplomatiques parfaites, auxquels nous donnons des dizaines voire des centaines de milliers de visas. Au bout d’un an, ils se sont installés, dans une situation souvent d’illégalité et ont pu construire une vie normale ».

    « Chaque cas individuel, vous arriverez à me convaincre en tant qu’homme qu’il faut les garder, mais en tant que président je ne peux pas vous dire que cette situation soit viable, car cela vide de son sens ce qu’est l’asile », a-t-il dit, réclamant une distinction nette entre l’asile et toutes les autres migrations.

    Le chef de l’Etat répondait au président de la Fédération protestante de France, François Clavairoly qui lui a rappelé « l’exigence du droit d’asile » et regretté que « l’accueil soit nié par des discours de haine ».

  • Consulaires à Pondichéry : la parole donnée aux candidates

    Consulaires à Pondichéry : la parole donnée aux candidates

    En cette période d’élections consulaires partielles, nous nous retrouvons pour un nouveau débat, avec deux candidates de Pondichéry. Nous avons interrogé Chantal Samuel-David, tête de liste « Unis pour le changement », soutenue par Français du Monde. Face à elle Audrey Pelerin, tête de liste « Mouvement solidaire et écocitoyen de Pondichéry », soutenue par Europe Ecologie Les Verts. Les deux femmes confrontent leur programme.

    Consulat de Pondichery

    Des candidates très impliquées dans la vie de Pondichéry

    Audrey Pelerin

    Audrey Pelerin a grandi en France, et est d’origine pondichérienne. Elle a toujours été soucieuse des problématiques sociétales et environnementales en Inde et dans les pays d’Asie du Sud ; ingénieure en environnement, elle s’est installée à Pondichéry il y a trois ans. Elle est aujourd’hui consultante indépendante dans le domaine du développement durable et du zéro waste. Audrey Pelerin est aussi Vice-Présidente du Club des Entrepreneurs Français de Pondichéry, afin de développer l’entreprenariat à Pondichéry. De par son histoire et parcours, elle a à cœur d’assurer la liaison entre l’Inde et la France.

    L’éducation au cœur de leur campagne des candidates

    Chantal Samuel David

    Chantal Samuel David est tout autant engagée à Pondichéry. Elle a grandi à New Delhi et Pondichéry, où elle a intégré le lycée français. Elle a ensuite effectué son parcours universitaire à Paris, où elle s’est engagée dans la vie associative et éducative de la ville. Son domaine de prédilection est l’éducation, elle qui a été la secrétaire générale de l’Association des Parents d’Élèves du Lycée Français de Pondichéry (APELFP) à son retour. Elle parle cinq langues, s’assure de toujours se faire comprendre par les Français non francophones de Pondichéry, et veille à leur transmettre toutes les informations dans leur langue. Présente depuis plus longtemps sur la scène politique de la ville, Chantal Samuel David nous raconte son expérience et ses diverses missions au sein de l’ancien comptoir français en Inde. Lors de ce débat de quinze minutes, l’éducation, leur rôle de liaison entre les électeurs et le consulat, ainsi que la campagne de vaccination de ce dernier sont les sujets abordés.

    Les candidates nous relatent notamment les obstacles linguistiques auxquelles elles ont pu faire face durant leur campagne électorale, ainsi que leur implication dans le domaine de l’éducation et du lycée français de Pondichéry. Elles détaillent chacune leur programme et des mesures qu’elles souhaitent mettre en place pour faciliter la vie de ces Français de Pondichéry. Nous vous proposons d’écouter leur débat dès maintenant.

    Ecoutez le podcast avec Chantal Samuel David et Audrey Pelerin

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  • Frontaliers : avez-vous le droit au chèque carburant ?

    Frontaliers : avez-vous le droit au chèque carburant ?

    Jean Castex a promis une prime carburant de 100 euros à tous les Français qui touchent moins de 2.000 euros net par mois. Pour les salariés, ce sont les employeurs qui doivent verser l’indemnité. Comment vont faire ceux dont les patrons ne sont pas français ? Les frontaliers qui travaillent dans une entreprise du territoire national vont-ils pouvoir toucher le coup de pouce gouvernemental ?

    Le premier ministre Jean Castex l’a annoncé la semaine dernière : les Français qui touchent moins de 2000 euros net par mois toucheront une prime de 100 euros. Elle sera versée en décembre, janvier ou un peu plus tard, en fonction de s’ils sont salariés, chômeurs ou encore retraités. Pour les personnes salariées, c’est l’employeur qui versera directement cette prime. Ce dernier sera ensuite remboursé par l’Etat. Mais quid des travailleurs frontaliers, dont l’employeur n’est pas français ? C’est le problème soulevé par Christophe Arend, député LREM de la circonscription de Forbach, dans un courrier envoyé à Jean Castex dès vendredi dernier. 

    « Des dizaines de milliers de travailleurs salariés en Allemagne. Mais au-delà, c’est plusieurs centaines de milliers de Français qui sont concernés, au Luxembourg, en Belgique, mais aussi, plus loin de chez nous, en Espagne, en Italie, dont les patrons ne verseront pas cette prime« 

    Christophe Arend, député LREM de la circonscription de Forbach

    Des travailleurs qui roulent beaucoup

    Ces travailleurs sont fortement touchés par les hausses des prix des carburants. En effet, ils doivent bien souvent rouler de nombreux kilomètres pour rejoindre leur lieu de travail. Pour cela ils doivent utiliser la voiture car les autres solutions de mobilité intra-européennes ne sont pas assez développées. Pour eux, c’est un peu la double-peine : ils sont obligés de prendre leur voiture et vont avoir des difficultés à récupérer cette indemnité.

    Car oui, pour les salariés du privé employés dans une entreprise étrangère, l’obtention de la prime va se révéler être un parcours du combattant.

    Si, au Luxembourg, les salaires sont bien souvent beaucoup plus élevés qu’en France, c’est beaucoup moins vrai pour l’Allemagne ou en Belgique et Christophe Arend le constate dans sa circonscription.

     « C’’est évident qu’il y a beaucoup de petits salaires en Allemagne, notamment avec la réglementation sur les ‘mini-jobs’ – des contrats à temps partiel plafonnés à 450 euros par mois, très développés outre-Rhin, ndlr. A titre d’exemple, j’ai été saisi plus d’une dizaine de fois, directement après l’annonce du premier ministre, par des citoyens concernés par le problème. » 

    Christophe Arend, député LREM de la circonscription de Forbach

    Quelle solution pour les frontaliers résidant en France ?

    Pour l’instant, il n’y en a pas. Il faudrait imaginer que l’entreprise étrangère s’identifie auprès des autorités françaises, que soient vérifiés le nombre de travailleurs et la nationalité de ces derniers. Une très longue procédure, chronophage, que les employeurs étrangers ne vont pas mettre en place, si elle existait, pour un ou deux salariés français dans leurs entreprises.

    Cependant le député reste confiant :

    « Chaque fois que l’on met en place une nouvelle réglementation, on pense d’abord au plus grand nombre, et on doit ensuite faire des ajustements techniques pour les situations plus exceptionnelles. Mais je suis persuadé que le gouvernement va trouver une solution.« 

    Christophe Arend, député LREM de la circonscription de Forbach

    Quid des expatriés travaillant en France ?

    Pour eux la situation est beaucoup plus facile. Leur employeur, de droit français, sera complètement soumis à la nouvelle disposition. Où que soit le lieu de résidence de l’employé(e), l’entreprise versera la prime de 100 euros. Elle sera par contre fiscalisée dans votre pays de résidence comme un complément de revenu ou une prime.

    La prime sera donc bien versée. Cependant, elle sera amputée dans le futur par votre pays de résidence si vous y êtes aussi résident fiscal. Ce qui est le cas le plus commun.

    Une mesure qui a le mérite d’exister et qui au final touchera tous les Français travaillant en France et peut-être ceux qui n’y travaillent pas mais qui y vivent… A suivre.

  • Violences urbaines en France

    Les policiers de Limoges ont été violemment pris à partie dans la nuit du 23 au 24 octobre. A Alençon, quinze véhicules incendiés dans la soirée du 26 octobre à Perseigne et tirs de mortiers ont été subis par la police.

    Guet-apens à Limoges

    Un guet-apens a été organisé contre les forces de l’ordre à Limoges ce week-end. Il s’est transformé en bataille rangée dans le quartier de Beaubreuil.

    1h30 dimanche matin. Les pompiers sont appelés suite au signalement d’un véhicule en flammes sur la chaussée de la rue Rhin et Danube. Quelques minutes plus tard, comme la procédure l’exige, ils sont rejoints par des forces de police. 8 véhicules, 17 policiers nationaux, 6 municipaux.

    Ils constatent en s’avançant dans la rue que des caddies enflammés barrent la route. Très vite, ils sont victimes de tirs de mortier et de jets de projectiles divers et variés. Ils répliquent par des tirs de LBD et de lance-grenade Cougar en direction d’une trentaine d’individus cagoulés ou masqués.

    Il leur faudra deux heures pour ramener le calme et éteindre les différents incendies. Bilan de la nuit : un policier légèrement blessé à l’oreille. Pas d’interpellation, mais une enquête est en cours. Des violences qualifiées d’exceptionnelles par les représentants du commissariat de Limoges. Aucune interpellation, ni saisie de drogue importante n’a été opérée ces derniers jours qui justifierait ce guet-apens selon eux. 

    Nuit agitée à Alençon pour les pompiers

    Tirs de mortiers sur la police

    Le quartier de Perseigne à Alençon, dans l’Orne est le théâtre d’une flambée de violence dans la nuit du mardi 26 au 27 octobre 2021.

    Peu avant minuit, plusieurs voitures et utilitaires sont partis en flammes à plusieurs endroits du quartier : rue Jean-de-la-Varende, rue Victor-Hugo, rue Guillaume-le-Conquérant et place de la Paix, au pied de la tour Pascal ou encore rue Paul-Claudel. Au moins sept voitures ou véhicules utilitaires sont alors la proie des flammes.

    De la fumée et des odeurs de voitures calcinées planent dans tout le quartier. « Les gens bougent leurs voitures pour ne pas se la faire cramer », explique Mohamed, un riverain, alors qu’une huitième voiture commence à se consumer rue JF-Kennedy. Un début de barricade a même été constituée rue Paul-Claudel.

    Vers minuit et demi, plusieurs voitures sont garées en travers des rues principales, pendant que des jeunes gens de la cité, capuches sur la tête, cassent des vitres de voiture avant de jeter à l’intérieur des cocktails molotov.

    Pendant que des guetteurs sont postés aux différentes entrées du quartier, une quinzaine de jeunes encapuchonnés sillonnent la cité, à pied ou en voiture. Une cinquantaine d’autres jeunes assiste à ces scènes, depuis les halls d’immeuble tandis que de nombreux habitants du quartier sont à leurs fenêtres pendant que les explosions de voitures en feu se font régulièrement entendre…

    Les jeunes disent allumer les feux de voiture afin de caillasser ensuite les pompiers et provoquer l’arrivée des policiers pour en découdre avec eux.

    Tirs de mortiers sur la police et les pompiers

    Le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis 61) a mobilisé des pompiers pour intervenir, mais ceux-ci ne pouvaient pas le faire sans l’appui des forces de l’ordre. Il est environ 1 h du matin quand les policiers et les gendarmes arrivent… Et sont aussitôt la cible de tirs de mortiers.

    Une dizaine de véhicules de police et de gendarmerie sont sur place. Les pompiers essaient à leur tour d’intervenir… Mais essuient eux aussi des tirs de mortiers.

    Retour au calme à 2h du matin

    Armés de lanceurs de balles de défense (LBD), une vingtaine de policiers sont regroupés. Un peu plus loin, une trentaine de jeunes gens du quartier leur font face. Mais d’autres jeunes viennent calmer le jeu auprès des casseurs et, vers 1 h 30, ces derniers se dispersent.

    Suivis par leurs véhicules, les policiers progressent à pied vers le centre de Perseigne, pendant que certains de leurs collègues arrivent par une autre entrée du quartier. Ce qui permet également aux pompiers d’intervenir à nouveau, sous la protection de la gendarmerie.

  • La Russie, 30 ans après la fin de l’URSS

    La Russie, 30 ans après la fin de l’URSS

    L’Union des républiques socialistes soviétique (URSS) a disparu, il y a trente ans, le 25 décembre 1991 après 69 ans d’existence. Cette union imposée par Staline et Lénine met un terme au processus d’autodétermination des peuples qui avait prévalu après la chute du tsar en 1917. La guerre, les craintes d’une contrerévolution et le risque de fragmentation du pays avec la sécession de l’Ukraine entraînent l’abandon de l’expérience fédérale pour un système centralisé autour du parti communiste. L’URSS proclamée le 30 décembre 1922, sera dotée le 31 janvier 1924 d’une constitution. L’URSS connaîtra la consécration avec la victoire contre l’Allemagne nazie en 1945 avec la création d’une zone d’influence allant jusqu’au cœur de l’Europe. Ceci donna lieu à un célèbre discours de Winston Churchill. Prononcé le 5 mars 1946 devant les étudiants de Fulton dans le Missouri, il marqua le début de la guerre froide.

    « De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu sur le continent. Derrière cette ligne se trouvent toutes les capitales des anciens États d’Europe centrale et orientale. Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia ; toutes ces villes célèbres et leurs populations sont désormais dans ce que j’appellerais la sphère d’influence soviétique, et sont toutes soumises, sous une forme ou une autre, non seulement à l’influence soviétique mais aussi au contrôle très étendu et dans certains cas croissant de Moscou ».

    Winston Churchill

    Durant une quarantaine d’années, au-delà des atteintes aux libertés individuelles, l’empire soviétique réussit, plus ou moins bien, à faire illusion. La compétition avec l’Occident servit de paravent pour masquer ses échecs économiques. La guerre en Afghanistan engagée en 1979, l’accroissement sans fin des dépenses militaires pour contrecarrer la guerre des étoiles du Président Ronald Reagan, et surtout la déliquescence du système politique provoquèrent la chute de l’URSS.

    De la déliquescence de l’URSS à l’avènement de la nouvelle Russie

    Après le long règne de Leonid Brejnev (1966/1982), l’URSS connaît une instabilité avec la nomination successive de deux chefs d’État en mauvaise santé, Iouri Andropov et Konstantin Tchernenko qui feront des mandats très courts.

    En 1985, Mikhaïl Gorbatchev est nommé à la tête de l’URSS. Il entend rapidement réformer le régime pour combattre la stagnation économique. La perestroïka (restructuration économique) n’atteint pas les objectifs qui lui étaient assignés. Les pénuries se multiplient tout comme les inégalités sociales entraînant une montée de la contestation au sein de la population. Gorbatchev lance alors un projet de démocratisation du régime, avec la glasnost (transparence). Ce projet aboutit à une exacerbation des conflits interethniques et à la montée des nationalismes. À bout de ressources et pour sortir d’une guerre sans fin, Gorbatchev décide au mois de février 1989 le retrait des troupes russes d’Afghanistan. Ce retrait et le mouvement de libéralisation interne à l’URSS sont perçus comme une opportunité. Mais aussi comme un aveu de faiblesse de part des populations des démocraties populaires.

    La dislocation de l’URSS

    La Hongrie est la première à entamer un processus de libéralisation. Elle sera suivie par les autres pays d’Europe centrale avec, comme symbole, la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989. En 1990, pour la première fois depuis le début de l’ère soviétique, des élections libres ont lieu. De plus, les partis politiques sont autorisés. Dans les États fédérés de l’URSS, les courants autonomistes et nationalistes l’emportent. Au mois de juin 1990, Boris Eltsine, président du Soviet suprême de la République de Russie déclare la souveraineté de cette dernière.

    En août 1991, un putsch organisé par des généraux conservateurs se produit à Moscou pour mettre un terme au processus de libéralisation. Les réformistes emmenées par Boris Eltsine l’emportent en ralliant une part importante de l’armée. Cet évènement conduit les républiques constituantes de l’URSS à proclamer, au cours de l’automne 1991, l’une après l’autre, leur indépendance. Cela contraint Gorbatchev à démissionner de son poste de Président de l’URSS vidé de son pouvoir le 25 décembre 1991. Le CAEM (Conseil d’Assistance Économique Mutuelle) créé en 1949 afin de concurrencer la CEE en regroupant économiquement les pays d’Europe de l’Est, et le Pacte de Varsovie, l’alliance militaire concurrente de l’OTAN née en 1955, disparaissent dans la foulée.

    Carte de la Guerre froide

    Une chute du PIB de 50%, une inflation de 1000%

    Avec la disparition de ses liens avec les anciennes démocraties populaires qui se tournent vers les États-Unis et l’Europe occidentale, la Russie a enregistré, au début des années 1990, une chute de son PIB de plus de 50%. L’inflation atteint alors 1 000% et le chômage plus de 15% de la population active.

    La période est marquée par d’importants mouvements de populations. D’un côté, il y a l’arrivée de Russes en provenance des États devenus indépendants. De l’autre, l’émigration de Russes diplômés qui fuient leur pays en raison des difficultés économiques et de la violence.

    La guerre en Tchétchénie marquée par la défaite de la Russie en 1995/1996 marque profondément l’opinion publique. En effet, elle symbolise le déclin d’une armée soviétique sacralisée depuis 1945. Les problèmes économiques s’accumulent durant les années 1990 au point d’aboutir à un défaut de paiement partiel de la dette russe le 17 août 1998. Le PIB enregistre un fort recul entraînant une nouvelle montée de la pauvreté. En 1999, la Russie doit faire face à une série d’attentats causant la mort de 293 personnes. Les autorités accusent les Tchéchènes d’en être responsables, ce qui conduit à une nouvelle guerre au sein de la république séparatiste.

    De plus en plus contesté, le 31 décembre 1999, Boris Eltsine annonce son retrait du pouvoir. Il le confie à Vladimir Poutine, un ancien du KGB, maire de Saint Pétersbourg et proche du clan Berëzovski.

    La Russie à la recherche de sa voie sur fond de nationalisme

    En instaurant un régime présidentiel fort, Vladimir Poutine prend des mesures rapides afin de lutter contre la fraude fiscale et l’inflation. Il décide l’arrestation d’oligarques qui avaient profité des privatisations pour se construire de petits empires économiques. L’augmentation des cours des matières premières et de l’énergie permettent, par ailleurs, le retour de la croissance, la Russie entrant ainsi dans le club des pays émergents. Jusqu’à la crise financière de 2008, le taux de croissance annuelle atteignait 7% par an.

    Un processus de modernisation est engagé avec à la clef l’essor du secteur tertiaire et notamment des banques. Après la crise financière, l’activité économique tend à s’étioler et les relations avec l’Occident se compliquent.

    La politique étrangère menée par Poutine

    La Russie tend à restaurer sa sphère d’influence au sein de plusieurs anciens États de l’URSS (Ukraine, Biélorussie, Ossétie, Tchétchénie, etc.). Vladimir Poutine mène, en effet, une politique étrangère de plus en plus active. Pour cela, il s’appuie sur la puissance renforcée de l’armée russe. La Russie est redevenue un acteur clef au Moyen Orient en s’impliquant aux côtés de la Syrie lors de la guerre civile.

    L’état dispose de sa propre alliance l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC). Créée en 2002, elle regroupe la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan et le Kirghizistan. La Russie multiplie des accords militaires en Asie comme en Afrique tant en réaction à l’influence croissante de la Chine qu’en opposition avec les États-Unis.

    La crainte de l’encerclement avec l’adhésion éventuelle de l’Ukraine à l’OTAN et la volonté de contrôler cet État qui est considéré par les Russes comme partie intégrante de leur pays entraîne, en 2014, une crise frontale avec les États-Unis et l’Union européenne, surtout après l’annexion de la Crimée. La mise en place d’embargos et la chute des cours du pétrole en 2016 provoquent une nouvelle crise économique. Les effets sont moindres que ceux constatés en 1998 grâce aux réserves constituées dans le cadre de plusieurs fonds souverains. La Russie se tourne davantage vers la Chine et vers les États-membres de l’Union Économique Eurasiatique (UEE). Cette union fondée par la Biélorussie, le Kazakhstan et la Russie a été, depuis, rejointe par l’Arménie.

    L’Union Européenne reste le premier partenaire économique de la Russie

    Vladimir Poutine

    L’Union européenne reste le premier partenaire de la Russie même si ses parts de marché dans les échanges extérieurs sont passées de 49 à 38 %, entre 2013 et 2020, en raison notamment des embargos. Malgré les sanctions mises en œuvre à partir de 2014 par l’Union européenne et les États-Unis, l’économie russe fait preuve de résilience. La crise sanitaire a entraîné une chute des prix du pétrole et du gaz, principales sources de recettes pour l’État et le pays. Mais celle-ci a été de courte durée. Elle a pu être compensée par les fonds souverains sans recours massif à l’endettement. La dette extérieure russe s’élevait fin avril à 459 milliards de dollars, en recul de 37 % par rapport à son niveau de 2013.

    Les comptes extérieurs de la Russie restent excédentaires de plus de 2 % du PIB. Avec la hausse du cours du pétrole depuis la fin de l’été, celui-ci devrait s’accroître. Les comptes publics sont relativement sains même si la dépendance au pétrole reste forte. Après un déficit de 3,9 % du PIB en 2020, le solde public devrait être à nouveau positif en 2021. La dette publique demeure faible à 18 % du PIB. Après avoir atteint des sommets à la fin des années 1990, le taux de chômage demeure faible en Russie, aidé par la baisse de la population active. En juin 2021, il s’élevait à 4,7%.

    Chute démographique

    Au-delà des chocs conjoncturels, la croissance potentielle de la Russie est faible. En raison, notamment, de son déclin démographique et de la faiblesse de l’investissement. De 1991 à 2020, la population russe est passée de 149 à 145 millions d’habitants, après avoir connu un point bas à 143 millions dans les années 2000. L’épidémie de covid a entraîné une diminution de la population de plus de 500 000 personnes. La Russie se caractérise par une faible natalité qui s’accompagne d’une mortalité précoce, l’espérance de vie étant de 72 ans. Pour contrecarrer la diminution de la population active, les autorités ont décidé en 2018 de reculer l’âge de la retraite.

    Malgré la succession des plans de modernisation, la Russie reste dépendante de la rente pétrolière. La transition énergétique l’oblige à revoir son modèle. Le gouvernement a comme atouts d’importantes réserves de terres rares nécessaires pour l’essor des énergies renouvelables. Le gaz qui est moins émetteur de gaz à effet de serre que le pétrole, permettrait de palier également au déclin programmé de ce dernier.

    A la recherche d’un modèle de croissance

    La place de la Russie dans le commerce international est amplement discutée au sein du pouvoir. Certains souhaiteraient réduire l’influence des échanges en optant pour un isolationnisme quand d’autres souhaitent les maintenir tout en développant des outils pour s’affranchir des États-Unis, en particulier en ce qui concerne les moyens de paiements.

    De l’époque des tsars à celle d’aujourd’hui en passant par le régime soviétique, les problématiques russes sont constantes : la crainte de l’encerclement, l’isolationnisme ou la tentation de l’immersion soit à l’ouest soit à l’est dans le commerce international, ainsi que la réflexion autour de la constitution d’une grande zone d’influence. Le plus grand pays du monde en termes de superficie, doté, en quantité, d’importantes réserves de matières premières et soutenu par une histoire millénaire est toujours à la recherche, quels que soient les régimes en place, d’un modèle de croissance viable.

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