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  • NZIA : l’UE officialise le caractère « stratégique » du nucléaire

    NZIA : l’UE officialise le caractère « stratégique » du nucléaire

    Les États membres et le Parlement européen ont reconnu mardi (6 février) le nucléaire comme technologie stratégique pour la décarbonation de l’UE, après des mois d’âpres négociations à Bruxelles autour du Net-zero industry act (NZIA).

    Mi-mars 2023, la Commission européenne présentait un projet de règlement pour accélérer le développement des industries « vertes » face à l’écart qui se creuse avec la Chine et les Etats-Unis.

    À cette fin, la loi pour une industrie « zéro net » (Net-Zero Industry act, NZIA, en anglais) prévoit d’accélérer le déploiement de sites de production de composants pour les technologies propres sur le sol européen, liés notamment aux énergies renouvelables, batteries électriques ou pompes à chaleur.

    Dans ce cadre, les négociateurs du Parlement européen et des États membres, réunis en « trilogues », ont confirmé mardi (6 février) le caractère « stratégique » des projets relatifs à l’énergie nucléaire, intégrée dans une liste unique de technologies qui profiteront des dispositions du NZIA.

    C’est, en somme, « un mix des deux mandats [conseil de l’UE et Parlement], avec une liste plus complète que celle proposée par les États membres », explique Christophe Grudler à Euractiv France à la sortie des négociations auxquelles il a pris part en tant que référent du groupe Renew Europe sur le dossier et fervent défenseur de l’atome.

    Sont ainsi couvertes les technologies nucléaires déjà éprouvées et les technologies futures de 3e et 4e génération, c’est-à-dire de petits réacteurs modulaires avec technologies existantes (small modular reactors, SMR, en anglais), les réacteurs de technologies avancées (advanced nuclear reactors, AMR, en anglais). Sont aussi concernées leurs chaînes de combustibles.

    La déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire, Valérie Faudon, y voit « un vrai réveil de l’Europe sur une technologie clef pour la décarbonation », dit-elle à Euractiv France.

    Délais raccourcis

    Concrètement, cela signifie que les usines de production de composants pour ces technologies profiteront de facilités de déploiement.

    Les États membres pourront ainsi mettre en place des délais d’octrois de permis raccourcis pour leurs projets en matière de composants nécéssaire aux centrales nucléaires. Les délais seront de 18 à 9 mois en fonction de la taille et s’il est mesurable en mégawatts (18 à 12 mois) ou non.

    Le développement des infrastructures nécessaires à l’expansion de l’énergie nucléaire sur le sol européen sera également facilité par des critères de priorisation de ces projets dans le cadre des appels d’offres publics.

    Les négociateurs ont ajouté une liberté d’action, puisque chaque État membre sera en effet souverain pour définir, sur son sol, les projets qui seront considérés comme stratégiques et qui bénéficieront, à ce titre, de facilités de déploiement, d’octrois de permis et d’accélération administrative.

    Dès lors, « les deux types d’énergies [renouvelables et nucléaires] sont enfin traités de façon égale dans le cadre de la réindustrialisation », se réjouit M. Grudler.

    NZIA
    Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton et l’eurodéputé Renew Christophe Grudler, lors de la conférence de presse sur le programme de connectivité sécurisée IRIS², le 14 février 2023, à Bruxelles. [Union européenne 2023]

    Le nucléaire n’était pas stratégique, selon la Commission

    Initialement, ce n’était pas gagné. La proposition de la Commission européenne de mars 2023 présentait deux listes de technologies – l’une regroupant les industries considérées comme « stratégiques » pour la décarbonation de l’UE et l’autre pour les technologies reléguées à un statut inférieur.

    Seules les technologies nucléaires de 3e et 4e génération y faisaient leur apparition. Et encore, c’était sur la moins prisée des deux listes.

    La situation a provoqué un tollé chez les défenseurs du nucléaire après que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ait publiquement insisté sur le caractère non stratégique du nucléaire. Une expression « malheureuse »vue de Paris.

    « L’essentiel était que le nucléaire soit dans le texte. Il l’est »nous glissait à l’époque Christophe Grudler, « confiant » sur les évolutions à venir avec les débats parlementaires.

    Plus qu’une liste élargie au Parlement

    L’intégration du nucléaire par les parlementaires n’était pas gagnée non plus. Au final, le nucléaire fut bien inscrit, en novembre dernier, dans la liste unique de 17 technologies proposée par le rapporteur du texte, l’eurodéputé allemand Christian Ehler du Parti populaire européen (PPE).

    En outre, toutes les technologies nucléaires étaient couvertes : existantes et futures, fission, fusion, et cycle du combustible.

    Les parlementaires ne se sont toutefois pas fait d’illusion : «c’est typiquement le genre de texte qui gonfle au Parlement et qui redégonfle après», avait déclaré l’eurodéputé français Renew et président de la commission parlementaire Environnement, Pascal Canfin.

    À nouveau deux listes au Conseil

    En renouant avec la logique des deux listes, les États membres consacrent finalement le nucléaire en deux phases.

    La fission et le cycle du combustible au sein des technologies « stratégiques »  ; les autres technologies nucléaires au sein des technologies « net zéro ».

    L’approche est saluée par la France, moins par l’Allemagne et ses alliés, Autrichiens et Luxembourgeois notamment.

    Finalement, la logique de la liste unique a été retenue mardi. Les technologies liées au nucléaire bénéficieront bien de facilités « au même titre que celles pour les renouvelables », y compris en matière de recherche et développement, conclut M. Grudler.

    Sans surprises, la situation ne sied pas aux associations environnementales. L’ONG allemande Action pour l’environnement (Deutsche Umwelthilfe, en allemand) « y voit un compromis douteux en faveur des technologies coûteuses à haut risque ».

    Avec l’inclusion du nucléaire et des technologies de stockage et capture de carbone, les technologies comme l’éolien ou le solaire « sont menacées » selon l’ONG.


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 08.02.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 08.02.24

    Bonjour à tous, nous sommes le jeudi 08 février, vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui, on revient sur l’hommage national aux 42 victimes françaises du Hamas et de l’arrivée de Salah Abdeslam en France. 

    « Nous sommes 68 millions de Français endeuillés »

    C’est par ces mots qu’Emmanuel Macron a rendu hommage aux 42 victimes françaises des attaques du Hamas en Israël ce mercredi 7 février à l’Hôtel des Invalides, à Paris, quatre mois jour pour jour après l’offensive sanglante du mouvement islamiste ayant entraîné la mort de plus d’un millier de personnes présentes dans l’État hébreu. Entouré des portraits des victimes, le président de la République a pris la parole après l’interprétation du Kaddish (chant de deuil) de Maurice Ravel. Le chef de l’État a pris le soin de citer les prénoms des trois Français (Ohad, Ofer, Orion) toujours détenus par le Hamas, rappelant que la France continue de travailler à leur libération.

    « Cette barbarie a défiguré la France »

    A déclaré Meyer Habib à notre micro ce mercredi. Il revient d’ailleurs, dans le podcast à découvrir sur lesfrancais.press et la French Radio, sur la présence des parlementaires de « La France insoumise » lors de l’hommage aux Invalides. Pour le député des Français de la région, la présence de LFI fut une « immense provocation », voire « une gifle ». Il nous explique pourquoi au cours de cette interview. 

    Meyer Habib
    Meyer Habib

    De retour en France malgré l’opposition de la justice belge

    Réclamé par les autorités et les associations de victimes, et initialement prévu par une convention judiciaire signée entre les deux pays, le transfert de Salah Abdeslam a été retardé par une procédure lancée en Belgique. Le 3 octobre dernier, la cour d’appel de Bruxelles accédait, dans le cadre d’une procédure en référé, c’est-à-dire en urgence, à la demande de suspendre le transfert du jihadiste vers la France, considérant qu’un tel transfert risquait d’entrer en violation avec la Convention européenne des Droits de l’homme. Pourtant, les deux Etats ont décidé de procéder au transfert, ce qui n’a pas manqué de faire réagir les avocats des deux côtés de la frontière. Pour ces derniers, faire respecter l’état de droit en ignorant la décision d’un tribunal est un très mauvais signal. 

    Salah Abdeslam transféré en France ©Belga

    C’est tout pour aujourd’hui. On devrait se retrouver demain matin avec le nom du ministre des Français de l’étranger. En tout cas, la rédaction partage avec vous les échos de ce remaniement : 2 députés des Français de l’étranger devraient rejoindre le banc des ministres. A suivre donc ! Belle journée à tous ! A demain 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Meyer Habib : « Cette barbarie a défiguré la France »

    Meyer Habib : « Cette barbarie a défiguré la France »

    Ce 7 février, la France rend un hommage national aux victimes de l’attaque du Hamas en Israël. 4 mois, jour pour jour, après les attentats qui ont fait plus de 1000 morts, dont 42 Français. Plusieurs de nos compatriotes ont également été pris en otage. Ils sont aujourd’hui encore aux mains de leurs ravisseurs. 

    Pour évoquer cette situation, Lesfrancais.press a interrogé Meyer Habib. Il est député apparenté LR de la 8ème circonscription des Français établis hors de France. Son territoire recouvre notamment nos compatriotes vivant en Israël. Dans ce podcast, il nous livre, sans ambages, sa position sur les événements.

    Ecoutez le podcast avec Meyer Habib

    Victimes françaises du Hamas : l’hommage national de la France

    Le membre de l’Assemblée nationale participe aujourd’hui, au côté du Président Macron, à la cérémonie officielle. Celle-ci se déroule au monument pour les victimes du terrorisme dans les jardins des Invalides. Meyer Habib aura l’occasion d’échanger avec le Président de la République. Les deux hommes se connaissent. A notre micro, le représentant au palais Bourbon des Français d’Israël nous dévoile ce qu’il dira à Emmanuel Macron. Découvrez-le en écoutant le podcast. 

    La présence de LFI aux Invalides : « une immense provocation »

    Meyer Habib
    Meyer Habib

    Des parlementaires de « La France insoumise » souhaitent prendre part à l’hommage national aux victimes du Hamas. Pour Meyer Habib, la présence de LFI serait une « immense provocation », voire « une gifle ». Il nous explique pourquoi au cours de cet entretien. 

    Le 7 octobre : « le plus grand pogrom de l’histoire »

    Lors de cette interview, Meyer Habib, nous donne des nouvelles des familles des victimes françaises en Israël. « Elles sont toutes dans un traumatisme absolu » déclare-t-il. Il n’hésite d’ailleurs pas à qualifier « de plus grand pogrom de l’histoire » ce qui s’est passé le 7 octobre dernier en Israël. « Cette barbarie a défiguré la France » ajoute-t-il. 

    ONU – Unrwa : stop ou encore ?

    Pendant cet entretien, Meyer Habib rappelle que des employés de l’Unrwa ont participé aux attentats. Plusieurs pays ont depuis stoppé leur financement envers cet organisme rattaché aux Nations Unies. Qu’en est-il de la France ? Notre invité nous éclaire sur ce point dans ce podcast. Pour rappel, cette entité onusienne est l’office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient. 

    «La haine d’Israël, nouveau visage de l’antisémitisme»

    L’antisémitisme est abordé au cours de cet échange. Pour le député, il a un « nouveau visage » qui est « la haine d’Israël ». Le parlementaire évoque alors l’extrême gauche et les actions entreprises dans ce contexte. Il parle même du « gourou Mélenchon ». Pour savoir pourquoi, il vous suffit d’écouter en intégralité cette entrevue Lesfrancais.press.    


    decouvrez nos articles sur le hamas

    Les 3 otages français au 7 Février ©LFP2024-CharlotteB
    Les 3 otages français au 7 Février ©LFP2024-CharlotteB
  • Daniel Rouach « La résilience de l’économie israélienne est incroyable »

    Daniel Rouach « La résilience de l’économie israélienne est incroyable »

    Ce 7 février marque les quatre mois du début du conflit entre Israël et le Hamas. Quatre mois qui ont déstabilisé la région et l’ensemble de son écosystème.  Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Israël, Daniel Rouach revient pour LesFrançais.Press sur les conséquences de cette crise, son impact sur le tissu économique israélien. Il en retient la résilience de l’économie israélienne et la solidarité nationale autant qu’internationale. 

    Ainsi l’effondrement tant redouté n’aura pas eu lieu. Les grands groupes de la Tech sont restés en Israël, les banques, le secteur de l’énergie, les infrastructures de transport n’ont pas failli. Toutefois la guerre a un coût et les aides américaine et européenne ont permis de surmonter un premier cap difficile. Un soutien bienvenu même si le pays présentait avant le début de la guerre une situation économique et financière plus que positive : plein emploi, inflation limitée et croissance à la hausse. Une bulle qui n’empêche pas les moments plus délicats, les bulletins et comptes-rendus quotidiens relatant les dernières avancées militaires ou le nombre de victimes

    Ecoutez le podcast avec Daniel Rouach

    La mobilisation d’une start-up nation

    Si les investissements sont au ralenti, que le secteur du tourisme est durement touché, Daniel Rouach l’affirme : Israël ne doute pas. « Les gens se sont pris en main. Israël est le pays de l’entrepreneuriat, une start-up nation. » En outre, le gouvernement israélien a développé des fonds pour accompagner les entreprises de l’innovation, l’armée a aménagé ses bases pour que les réservistes puissent continuer à travailler, les salaires sont payés par les assurances.

    Dans cet environnement, il y a assez peu d’expatriés français en Israël par rapport aux émigrés qui font leur Alyah. Selon les chiffres avancés par Daniel Rouach, ils seraient entre 6 000 et 10 000 juifs de France à s’installer en Israël chaque année. Ils travaillent dans l’innovation, la finance, certains créent leur commerce, tous sont particulièrement bien intégrés dans le tissu social du pays. Ils en adoptent la philosophie qui consiste à continuer, à ne pas subir le conflit. « C’est une manière d’être, un combat permanent. » Et la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Israël participe à l’effort collectif notamment à travers son site Internet, Israël-Valley. 

    Une solidarité sans faille

    Ces derniers mois, c’est une véritable chaîne de solidarité qui s’est formée dans la sphère économique, de la diaspora aux bénévoles assistant les entrepreneurs sur le terrain, en passant par les politiques publiques qui se sont rapidement adaptées. La force de l’habitude peut-être. « On est mentalement prêts à ce qu’une situation dégénère en quelques heures, quelques jours. C’est une manière d’être face à l’adversité. Israël est un pays de combat, un pays de guerre, il nous faut trouver des solutions. » 

    Les 3 otages français au 7 Février ©LFP2024-CharlotteB
    Les 3 otages français au 7 Février ©LFP2024-CharlotteB
  • Report de la présidentielle au Sénégal : le pays divisé, la communauté internationale préoccupée

    Report de la présidentielle au Sénégal : le pays divisé, la communauté internationale préoccupée

    L’annonce par le président Macky Sall du report de la présidentielle prévue le 25 février a plongé le Sénégal dans la crise. De nombreux candidats d’opposition dénoncent un « coup d’État constitutionnel » et comptent mener campagne. Les réactions sont divisées sur le plan national, et préoccupées sur la scène internationale.

    L’annonce par le président Macky Sall, samedi 3 février, du report de la présidentielle au Sénégal prévue le 25 février a été accueillie et commentée dans la classe politique sénégalaise de façon diamétralement opposée, comme une victoire ou au contraire une violation de la démocratie. 

    Le lendemain, des heurts ont éclaté dans l’après-midi à Dakar où les gendarmes sénégalais ont dispersé à coups de gaz lacrymogènes des centaines de personnes venues manifester contre le report de la présidentielle à l’appel de plusieurs candidats. Des manifestants en fuite ont par endroits jeté des pierres.

    Une « victoire » de parlementaires contre le Conseil constitutionnel

    En première ligne de ceux qui s’en réjouissent, se trouvent les partisans de l’opposant Karim Wade, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. Il conteste sa disqualification le 20 janvier par le Conseil constitutionnel pour sa double nationalité. Ses députés du Parti démocratique sénégalais (PDS), sont à l’initiative de la création d’une commission parlementaire d’enquête accusant de corruption deux des sept juges du Conseil constitutionnel. C’est l’une des raisons invoquées par le président Macky Sall pour justifier le report du scrutin.

    Réunis lors d’un rassemblement organisé par le PDS après l’annonce du report du scrutin, ceux qui se présentent comme les candidats à la présidentielle spoliés déclarent dans une déclaration commune à la presse, qu’ils « se réjouissent de l’éclatante victoire » et « lancent un appel solennel à toutes les forces démocratiques pour un renforcement continu de notre unité ».

    Les élus PDS à l’Assemblée nationale ont emporté le vote pour la création de la commission d’enquête par 120 voix sur 165 notamment grâce aux soutiens des députés de la majorité présidentielle, l’Alliance pour la République. Pourtant, le candidat choisi comme dauphin par le président Macky Sall, le Premier ministre Amadou Ba, est mis en cause dans certaines accusations de corruption.

    Si ce dernier n’a pas réagi à l’annonce du report, ce n’est pas le cas du ministre Secrétaire général du gouvernement sénégalais Abdou Latif Coulibaly qui a annoncé sa démission. Frère d’un des juges soupçonnés de corruption, cet ancien journaliste réputé au Sénégal a dit partir « pour pouvoir défendre mes opinions et mes convictions politiques. Cette liberté m’est indispensable en cette période ».

    Dans une déclaration faite aux journalistes et publiée sur son compte Facebook, le candidat Idrissa Seck, ancien Premier ministre, prend position avec gravité face à cette situation. Il lance un « appel un solennel à tous les dirigeants, à toute la société, à tous les citoyens pour que nous comprenions quelles que soient nos divergences, notre diversité  que la priorité absolue est de garantir la paix, la sécurité et la stabilité de notre pays ».

    Sénégal
    Des gaz lacrymogènes sont tirés par les forces de police contre des manifestants partisans d’un candidat d’opposition à la présidentielle Daouda Ndiaye, Dakar, au Sénégal, 4 février 2024. ©AP Photo/Stefan Kleinowitz

    Les candidats de l’opposition rejettent le report

    Pour un grand nombre de candidats à la présidentielle, c’est le tollé immédiat après l’annonce du président.

    Le candidat Khalifa Sall a des mots particulièrement durs envers Macky Sall. « En décidant unilatéralement de stopper « subitement » le processus électoral, sans aucune base légale, le président de la République vient de perpétrer un coup d’Etat constitutionnel », écrit-il dans un message sur son compte Facebook.

    Et l’ex-maire de Dakar de lancer « un appel à toutes les forces vives de notre nation à faire face à cette forfaiture. Nous demandons à toutes les forces vives de dresser des barricades contre la monarchisation de notre pays. »

    Au-delà des réactions sur les réseaux sociaux, plusieurs candidats à la présidentielle ont tenu à donner un point de presse conjoint le jour même de l’annonce du report qu’ils rejettent.

    « Aucun texte ne donne au président le pouvoir de reporter l’élection présidentielle, ni dans la Constitution, ni dans le code électoral », dénonce Amadou Ba, représentant du candidat Bassirou Diomaye Faye, choisi par Ousmane Sonko et lui aussi détenu en prison. « Seul le Conseil constitutionnel dans des cas bien précis a le pouvoir de suspendre l’élection présidentielle », insiste-t-il. Et d’ajouter que la coalition Diomaye Faye président « engage tous ses militants à poursuivre la campagne électorale ce soir à partir de minuit comme convenu par la Constitution et les textes légaux et réglementaires. »

    « Le peuple sénégalais ne mérite pas ce que le président Macky Sall a fait aujourd’hui », s’indigne le candidat du parti de l’unité et du rassemblement (PUR) Ali Mamadou Dia. Il appelle à « la mobilisation totale et générale de l’ensemble du peuple sénégalais ».

    « Nous qui avons fait régulièrement toutes les étapes du processus, ce n’est pas aujourd’hui qu’il va nous demander de nous arrêter », souligne le candidat Déthié Fall qui confirme la décision commune de démarrer ensemble le lendemain leurs campagnes.

    « Macky Sall vient de montrer son vrai visage » dénonce la candidate Anta Babacar Ngom. Elle fustige « un hold-up électoral » et un « coup d’État constitutionnel« .

    Le candidat Thierno Alassane Sall s’adresse lui « aux forces de défense et de sécurité » : « vous n’obéissez pas à un homme, vous obéissez à une Constitution, à partir du moment où la Constitution dit que le terme du président de la République est le 2 avril, le 2 avril vous ne lui devez plus obéissance« .

    Le candidat Habib Sy invite lui « les observateurs internationaux à venir constater l’état du processus électoral au Sénégal » mais aussi « la presse internationale » pour être « témoins des dérives autoritaires de Macky Sall et de son pouvoir de régression démocratique au Sénégal ».

    Réactions internationales préoccupées

    Sur la scène internationale, les États-Unis ont donné le ton dès le 3 février. Ils se sont déclarés « profondément préoccupés » par l’annonce du report sine die de l’élection présidentielle au Sénégal et ont pressé les autorités de fixer « rapidement et dans le calme » une nouvelle date.

    « Nous exhortons tous les participants au processus électoral sénégalais à s’engager pacifiquement dans l’effort important visant à fixer rapidement une nouvelle date et les conditions d’une élection libre et équitable », affirme sur X (anciennement Twitter) le Bureau des Affaires africaines du département d’État, ajoutant que le Sénégal « a une forte tradition démocratique et de transitions pacifiques du pouvoir ».

    La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a elle aussi publié sur les réseaux sociaux samedi soir un communiqué de la même teneur.

    La Cédéao « exprime son inquiétude face aux circonstances qui ont conduit au report de l’élection et appelle les autorités compétentes à favoriser les procédures afin de fixer une nouvelle date ». Elle appelle la classe politique à « donner la priorité au dialogue ».

    La France a appelé dimanche 4 février le Sénégal « à lever les incertitudes autour du calendrier électoral pour que les élections puissent se tenir dans le meilleur délai possible et dans le respect des règles de la démocratie sénégalaise », selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères. 

    Stéphane Séjourné, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a lui-même qualifié cette situation de très préoccupante.

    De même, la porte-parole de l’Union européenne Nabila Massrali a déclaré le même jour que le report sine die du scrutin ouvre une « période d’incertitude ». 

    « L’Union européenne (…) appelle tous les acteurs à œuvrer, dans un climat apaisé, à la tenue d’une élection, transparente, inclusive et crédible, dans les meilleurs délais et dans le respect de l’Etat de droit, afin de préserver la longue tradition de stabilité et de démocratie au Sénégal », a-t-elle ajouté dans un communiqué. 

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  • « Job Dating » : La nouvelle tendance pour trouver un job

    « Job Dating » : La nouvelle tendance pour trouver un job

    Le concept de « speed dating », c’est-à-dire une succession de rendez-vous rapides avec différents candidats pour trouver l’âme sœur, a également fait son entrée dans le monde du travail sous le nom de « job dating ». Cette méthode de sélection innovante gagne du terrain dans les services RH des entreprises et des institutions, avec des résultats intéressants.

    Ce nouveau mode prend de l’importance dans le monde du travail

    Paris, le 29 janvier 2024 – Les entretiens sont une étape clé du processus de sélection pour trouver le candidat idéal. En France, mais aussi dans d’autres parties du monde, une nouvelle méthode d’approche de ce processus, appelée « job dating », se répand. Dans ce contexte, la plateforme CVapp s’est intéressée à son fonctionnement et aux raisons pour lesquelles, en France, ce nouveau mode prend de l’importance dans le monde du travail.

    S’inspirant de la pratique bien connue du speed dating, le job dating consiste à organiser des entretiens rapides comme l’éclair avec plusieurs candidats, environ 10 à 15, en alternant les interlocuteurs. Chaque entretien dure généralement de 5 à 15 minutes et se déroule en même temps. De cette manière, les deux parties peuvent savoir en un clin d’œil si elles sont face au bon choix, car le mot d’ordre est bien l’efficacité. Les employeurs apprécient cette nouvelle pratique qui leur permet de gagner du temps et d’accélérer le processus. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Pôle Emploi, devenu France Travail depuis janvier 2024, s’est prononcé en faveur de ce mode de sélection des candidats.

    Pôle Emploi promeut dans de plus en plus de régions cette nouvelle forme d’entretien

    Pôle Emploi promeut dans de plus en plus de régions cette nouvelle forme d’entretien et a déjà organisé plusieurs événements de job dating en 2023. En effet un bal a été organisé par Pôle Emploi Rhône dans le but d’abattre les barrières formelles entre recruteur et demandeur d’emploi. Mais d’autres événements sont organisés selon la demande et l’intérêt des entreprises et des candidats.

    Par exemple, un job dating en aéronautique a eu lieu en septembre 2023 à Méaulte (Somme) grâce à l’association de Pôle Emploi (France Travail), Airbus Atlantic et Les Entreprises s’engagent. Une trentaine d’entreprises et plus de 300 demandeurs d’emploi étaient présents. En janvier, un autre job dating appelé « Un Café contre un CV » a été organisé, cette fois par Lidl à Rennes. L’objectif principal de cette opération était de rencontrer en direct les candidats autour d’un café et de les renseigner sur les métiers proposés.

    Efficacité à faciliter des rencontres brèves entre candidats et recruteurs

    Parmi les avantages du job dating, on peut citer son efficacité à faciliter des rencontres brèves entre candidats et recruteurs, ce qui accélère le processus de sélection. La structure temporelle limitée encourage la concision, ce qui permet d’analyser rapidement les compétences et les aptitudes des candidats. En outre, cela réduit ainsi le temps de recrutement, optimisant de cette manière les ressources de l’entreprise.

    Toutefois, comme certains pensent, le job dating peut favoriser une sélection basée sur l’impression immédiate, négligeant des qualités cruciales qui ne sont pas évidentes lors d’un entretien de courte durée. Son efficacité peut également varier en fonction du secteur et des postes recherchés.

    Participer à un job dating nécessite une préparation minutieuse

    Participer à un job dating nécessite une préparation minutieuse afin de maximiser les chances de réussite. Tout d’abord, il est essentiel de mener des recherches approfondies sur l’entreprise et de comprendre sa culture et ses valeurs. Avant l’événement, il est conseillé de se préparer en rédigeant un curriculum vitae complet et détaillé.

    En outre, il peut être utile de rédiger une présentation courte et incisive, mettant en évidence ses compétences et ses objectifs. Pendant la rencontre, il est important de garder une attitude positive et de poser des questions aux recruteurs, ce qui démontre l’intérêt et le professionnalisme de chacun. Après l’événement, il est conseillé d’envoyer un e-mail de remerciement pour l’opportunité qui a été offerte et réaffirmant votre intérêt.

  • La France et l’Allemagne « agree to disagree » sur l’accord UE-Mercosur

    La France et l’Allemagne « agree to disagree » sur l’accord UE-Mercosur

    Le Premier ministre Gabriel Attal était à Berlin lundi (5 février) pour un échange avec son homologue allemand Olaf Scholz, afin de redonner un souffle au couple franco-allemand après des mois de flou. Mais le désaccord qui anime les deux hommes autour de l’accord UE-Mercosur n’a en rien été résolu.

    Ce passage éclair à Berlin marquait le tout premier déplacement à l’étranger de M. Attal en sa qualité de Premier ministre, dans un souci de « rappeler l’importance de l’amitié franco-allemande », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.

    Les deux hommes auraient abordé une palette de sujets lors d’un entretien bilatéral, dont le soutien à l’Ukraine, l’économie européenne, ou encore le pacte Asile et Migration. L’échange a été « riche, dense et direct », a affirmé le Premier ministre français.

    Cette rencontre intervient à quelques mois d’une visite d’État d’Emmanuel Macron en mai, et à un moment où le couple franco-allemand – que les Allemands nomment plus pudiquement le « tandem » – semble battre de l’aile.

    En octobre, des représentants des gouvernements français et allemand s’étaient retrouvés pour une retraite historique de deux jours à Hambourg afin de donner à leur relation bilatérale un second souffle, après que des désaccords fondamentaux sur les questions énergétiques, industrielles et de défense ont émergé au cours des deux dernières années.

    Trois mois plus tard, les désaccords ne sont plus qu’une vieille histoire, semble souffler Gabriel Attal« L’amitié franco-allemande, c’est une volonté de construire, de se parler pour mieux se comprendre et de se retrouver toujours sur l’essentiel ».

    Ce que confirme Olaf Scholz, qui parle d’une « relation très spéciale », synonyme d’un « grand bonheur de notre histoire ».

    accord UE-Mercosur
    « Il peut arriver que sur certains sujets, on ne soit pas d’accord, mais […] ‘we agree to disagree’ » a affirmé le Premier ministre français, usant d’une formule anglo-saxonne qui signifie accepter de ne pas être d’accord. [CLEMENS BILAN/EPA-EFE]

    Désaccords fondamentaux

    Mais derrière les beaux discours, de réelles dissensions persistent entre Paris et Berlin, notamment sur les négociations en cours autour d’un potentiel accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur – le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay.

    Cet accord, dont les premières négociations remontent à 1999, s’annonce, s’il est adopté, comme le plus gros accord commercial au monde.

    Mais, après des années de tergiversations, les négociations sont à nouveau au point mort alors que l’accord est pointé du doigt par des agriculteurs en colère qui disent ne plus pouvoir tenir face à une « concurrence déloyale » qu’impose l’importation de biens non-européens vers le Vieux continent.

    Tandis que Berlin a toujours cru en un accord, le président Emmanuel Macron a déclaré jeudi (2 février) qu’en l’état, une signature n’était pas envisageable.

    « Il faudrait tout de même finir ces négociations », a expliqué M. Scholz lors de la conférence de presse, affirmant que la politique commerciale européenne était d’une valeur « géostratégique ».

    Mais M. Attal s’en est tenu à une ligne radicalement différente, qui rend toute approbation de l’accord par la France impossible tant que des « clauses miroirs », qui imposent une réciprocité des règles environnementales, sociales et sociétales des produits échangés, ne sont pas ajoutées au texte.

    « Il peut arriver que sur certains sujets, on ne soit pas d’accord, mais […] ‘we agree to disagree’ », a affirmé le Premier ministre français, usant d’une formule anglo-saxonne qui signifie accepter de ne pas être d’accord.

    En matière de défense, les deux dirigeants se sont dits optimistes quant au développement d’un système de combat aérien du futur (SCAF), un programme européen sans précédent de création et production d’avions de chasse dont font partie le français Dassault Aviation, l’allemand Airbus et l’espagnol Indra Sistemas.

    Le projet, dans les tuyaux depuis plusieurs années, peine à aller de l’avant, en raison de désaccords sur les rôles et responsabilités de chaque producteur.


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.02.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.02.24

    Bonjour et bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du mercredi 07 février. Dans nos titres : Retour sur le voyage de Gabriel Attal à Berlin – Quand un bien loué échappe à l’impôt sur la fortune immobilière – L’assaillant de la Gare de Lyon mis en examen 

    Sus aux extrêmes 

    C’est le message que Gabriel Attal a délivré lundi matin à la communauté française de Berlin. Au sein de la résidence qui jouxte la porte de Brandebourg, le premier ministre a tenu un discours pleinement politique, tourné vers les élections européennes qui se tiendront en juin prochain. «Que nos deux nations se divisent et c’est l’Europe tout entière qui hésite. Cette brèche de la division, c’est celle qu’attendent les populistes, celle dont se repaissent les extrêmes, guettant la moindre de nos différences pour flatter les plus bas instincts et tenter de saborder l’Europe», a-t-il répété. 

    Gabriel Attal
    Gabriel Attal face à la Communauté française à Berlin ce 05 février 2024 – ©ATtal/Titter

    Compter les revenus nets 

    Pour admettre que l’activité de loueur en meublé justifie la non-imposition des immeubles concernés, au titre de « biens professionnels exonérés », la loi exige que le propriétaire soit inscrit au registre du commerce comme loueur professionnel, qu’il réalise plus de 23.000 euros de recettes par an. Or, pour être un revenu professionnel, ce revenu imposable doit être prépondérant dans les revenus du foyer fiscal, a rappelé la Cour de cassation par un arrêt rendu en décembre, et il faut donc qu’il représente plus de 50% des revenus constitués par les traitements et salaires, bénéfices industriels et commerciaux, agricoles, non-commerciaux, etc.

    impôt
    ©Stockadobe

    Mis en examen pour tentative d’assassinat aggravée 

    Le suspect, un homme de 32 ans d’origine malienne et qui avait présenté des papiers d’identité italiens aux policiers, a affirmé à ces derniers lors de sa garde à vue que son geste avait été prémédité et qu’il s’inscrivait dans un esprit de vengeance, disant « souffrir de la situation que la France a imposé à son grand-père ». Le suspect a affirmé avoir choisi d’agir à Paris puisqu’il s’agit de la capitale du pays, mais ne pas avoir choisi ses victimes.

    Des policiers déployés en gare de Lyon, à Paris, le 3 février 2024, après une attaque qui a fait 3 blessés. © THOMAS SAMSON / AFP

    C’est tout pour ce mercredi ! Cependant restez à l’écoute, aujourd’hui, nous devrions connaître le nom du nouveau ministre des Français. À demain et belle journée à tous !

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